Ardennes : un beau solitaire du massif de Sedan
Bien que la défense gauche soit cassée, voilà un grand sanglier. Il a été tiré par Philippe Chopineaux, le 26 janvier dernier, sur la chasse des Douaires en forêt domaniale de Sedan. La plus grande défense mesure 19,5 cm et la plus petite 12,1 cm pour une largeur de 27,7 mm à gauche et 27,9 mm à droite. La circonférence des grès atteint 8,5 cm à gauche et 8,2 cm à droite… Trois points de beauté (1 pour les défenses et 2 pour les grès), s’ajoutent à la cotation, alors qu’une déduction de 1 point est appliquée pour l’irrégularité des défenses. La cotation définitive s’établit à 117,90 points.

Gironde : un beau « 6 pointes »
Ce beau six-pointes, bien perlé et à la couleur presque noire, a été tiré sur le territoire de la commune de Blasimon en Gironde, par Pol Fangier. Les merrains mesurent respectivement 23,8 et 23,2 cm, pour une envergure de 6 cm. Le trophée pèse net 410 grammes pour un volume de 145 ml. La cotation définitive est établie à 109,25 points.

Vosges : un bon cerf du massif de Gérardmer
Ce cerf, aux bois presque noirs, a été tiré l’an dernier dans le massif de Gérardmer. Bien régulier, il est estimé à 10 ou 11 ans d’âge. On remarquera que les surandouillers sont très peu développés, alors que les chevillures sont placées très haut sur les merrains en particulier du côté gauche.

Meuse : un grand sanglier du massif de Verdun
Voilà des mensurations qui sont bien dignes d’un grand vieux sanglier : longueur des défenses : 24,1 cm, largeur des défenses : 25 et 25,2 mm ; circonférence des grès 7,1 cm. La cotation, fort justement gratifiée d’un point pour les défenses, et d’un autre point pour les grès, est arrêtée à 115,60 points. Ce beau solitaire a été tué par Sébastien Roginski, dans la forêt domaniale de Verdun en novembre 2019.

Nord : grand brocard des plaines
Ce brocard aux andouillers très ouverts, a été tiré le 7 juillet 2022, sur le territoire de la commune de Catillon, par Grégory Goubet. Les merrains mesurent 23,2 et 22,3 cm, et leur envergure atteint 13,2 cm. Très lourd, le trophée pèse net, 514 grammes pour un volume de 160 ml. La cotation s’élève à 125,28 points.

Aisne : daguet atypique
Ce daguet aux bois massifs provient du massif de Villers-Cotterêts. Il a été obtenu lors de la dernière saison de chasse, et doit son originalité à la dague droite, laquelle marque une courbe à 90°, aux trois-quarts de sa hauteur. Ce qui en fait une tête fort atypique.

De la beauté plastique des bois à la cotation, il y a un grand pas à franchir. En témoignent les deux premiers trophées de brocards français, qui illustrent à merveille l’équivoque qui existe entre la beauté d’un trophée due à son harmonie, et son aspect imposant qui rapporte plus de points qu’une belle géométrie. En ce qui concerne la cotation d’un trophée de brocard, les mensurations se divisent en deux parties. La première, qui est composée de la moyenne de la longueur des merrains et de leur envergure, caractérise la géométrie des bois. La seconde, où figurent le poids des bois à sec et leur volume, particularise l’ampleur du trophée. Cependant, les deux familles n’ont pas la même importance en terme de points. La moyenne de la longueur des merrains est affectée d’un coefficient de 0,5. Cela signifie qu’un écart très conséquent de 10 cm entre deux trophées, ne les sépare finalement que de 5 points. A contrario, le volume exprimé en millilitres est doté d’un coefficient de 0,3, ce qui fait qu’une petite différence de seulement 50 millilitres provoque un écart de 15 points. Il apparaît donc clairement que, pour ceux qui ont établi le barème CIC propre au chevreuil, un trophée de brocard doit avant tout être imposant pour « marquer » des points. Certes, il s’agit d’un choix discutable, mais ce système présente l’avantage d’exister et donc de servir de base de référence. D’autre part, même si les coefficients affectés respectivement à la géométrie et à l’ampleur sont discutables, ils présentent tout de même l’intérêt de l’objectivité des mesures qui elles, sont incontestables. 
C’est dans la salle Régis Arnould, au Centre de la Chasse et de la Nature de Saint-Laurent, que la FDC des Ardennes, en partenariat avec l’Association ardennaise des chasseurs de grand gibier, a présenté les trophées de cerfs obtenus lors de la saison passée. Pour l’ensemble du département, le tableau de chasse de l’an dernier s’élève à 211 cerfs, 366 biches et faons, 7008 chevreuils et 6635 sangliers.
Quelques 220 cerfs étaient exposés, classés par massifs, et les visiteurs pouvaient aussi admirer parmi les trophées remarquables exposés, 28 chevreuils, 3 sangliers, 2 daims et 2 mouflons. Les meilleurs trophées de cerfs proviennent de l’Argonne, dont un estimé à 9 ans, obtenu à Apremont sur Aire dont la cotation s’élève à 204,16 points. Trois autres suivent, s’approchant des 190 points, seuil de la médaille d’argent. Comme à l’habitude, c’est le massif de Vireux-Hargnies qui comptait le plus de cerfs « médaillés » avec 5 sujets de plus de 170 points. Quatre trophées de cette classe n’ont pu être enregistrés, car présentés sur un écusson indémontable ou encore montés en cape. Dommage !


Ardennes : un grand brocard de la forêt d’Argonne







Moselle : un grand-père qui a bien vieilli
Hérault : un grand mouflon tiré à l’arc
Haut-Rhin : un beau chamois vosgien 

Tout de bois et de matière

L’exposition annuelle des trophées de cerfs du département de la Moselle s’est tenue à la salle des sports de Baerenthal, dans les Vosges du Nord. Les trophées étaient présentés par massif, le département étant partagé en cinq unités de gestion : la Canner, Hémilly, Sarrebourg, Sarreguemines et Le Donon. C’est l’une des expositions du Grand-Est où l’on peut découvrir un échantillon important de daguets de deuxième tête, tous provenant du Donon, massif montagneux au sol pauvre. A l’occasion de cette exposition, Thierry Jung, président de l’Association départementale des chasseurs de grand gibier, et administrateur de la FDC de Moselle, a fait forte impression, lors de sa conférence très complète sur l’espèce cerf. Face à un auditoire attentif, c’est un véritable cours qu’il a dispensé au sujet de l’espèce, balayant toutes les connaissances indispensables devant conduire à une gestion des mieux adaptées de l’espèce.
C’est le titre du dernier DVD, signé Fabienne et Bernard Lazarus, vidéastes alsaciens bien connu, notamment des chasseurs du Grand-Est. Durant une heure, les images, tournées dans le massif vosgien, sélectionnées et montées par Fabienne et accompagnées d’un commentaire discret de Bernard, parfois agrémenté d’une note d’humour, ont conduit les spectateurs dans la vie intime des grands cervidés. Scènes inédites comme cet attendrissant baiser d’un cerf à une biche, combat acharné entre deux adultes, ou bien encore ces cerfs épuisés par le rut qui dorment debout, ou dans des postures les plus surprenantes. Et puis, après le brame, il y a aussi les blessés. Les boiteux, les borgnes, et même un aveugle tournant sur lui-même, ne sachant plus où aller… Le film se termine sur quelques images de chasse, au son des cors, et de quelques vocalises. Ce DVD est un beau cadeau à faire à ceux et celles que le cerf élaphe passionne, ou qui veulent tout simplement découvrir la vie du « Roi de nos forêts ». Contact : Fabienne et Bernard Lazarus, 22 Rue du Bitz, 67130 Lutzelhouse. Courriel : passioncommune@icloud.com
- Ardennes : un grand brocard bien perlé
- Aisne : massif brocard de Picardie
- Marne : solitaire du domaine militaire
Meuse : une belle tête atypique 
Alors que l’on vient de remiser le matériel, il reste aux chasseurs les souvenirs marquants de la saison écoulée. La facilité de faire des photos et des petites vidéos en fixeront quelques-uns, mais ce sont bien les trophées, et peu importe leurs tailles, qui souligneront, pour longtemps, la journée de récolte. Si les chasses locales sont pourvoyeuses de la majeure partie, les chasses exotiques marquent, par leur rareté, encore plus les esprits. Elles ont évolué avec l’essor des armes à feu, associées à l’évolution des moyens de transport. Si l’Asie et l’Inde étaient les territoires préférés des Anglais, les Européens, eux, trouvaient leur bonheur en Europe de l’Est, et en Afrique à partir des années 1850. Sur cet immense continent, derrière l’acte de capture proprement dit, une économie locale se mit en place dans les campements, avec du personnel indigène salarié (pisteurs, porteurs, cuisiniers, femmes de ménages), et dans les villages avec des artistes et artisans, et bien évidemment, des taxidermistes. Les trophées venaient d’entrer dans la catégorie des souvenirs, mais ils sont très vite devenus de véritables indicateurs de la santé de la faune sauvage. Les organisations internationales s’appuyaient alors, pour vanter la qualité de leur amodiation, principalement sur les mesures de longueur. Mais il fallait aller plus loin, et c’est dans les années 1860 que fut créée le plus ancien système de cotation, la « Rowland Ward », qui existe encore aujourd’hui, gérée par une famille sud-africaine.
Puis sont apparus le SCI (Safari Club International) aux Etats-Unis, le CIC (Conseil International pour la Conservation du Gibier) en Europe avec son antenne française l’AFMT (Association Française des Mensurations de Trophées). Aujourd’hui, alors que les pays africains revendiquent leur droit de gérer leur patrimoine cynégétique, cette économie, sous la pression des écolos, est exsangue. Résultat, les grands espaces et la faune sauvage reculent devant les défrichements et le braconnage, pour laisser la place aux cultures et au bétail. L’Afrique y a-t-elle gagné ? Pas sûr, car les nouveaux visiteurs, les « touristes », sont déjà blasés de cette nature et de cette faune qui n’ont plus rien de sauvage, et qui leur donnent l’impression de parcourir un parc zoologique. Le monde à l’an vert !

- Moselle : un grand cerf du massif de la Canner
- Ardennes : un grand cerf des trois frontières départementales





Estimé à 13 ans, ce vieux cerf au trophée atypique, est présenté avec ses mues de 2018, 2019 et 2020, ce qui est assez rare dans les expositions annuelles de trophées. En dépit de son âge, on remarquera que son trophée a, malgré tout, assez bien progressé jusqu’en 2020. Et c’est en 2021 qu’apparaît, sur le merrain droit, la pliure caractéristique du grand âge. En plus, le bois de gauche, présente un dédoublement de la perche juste au-dessus du surandouiller, ce qui en fait une tête bizarre vraiment remarquable. Cet animal, qui pesait 155 kg vidé, a été tiré sur la commune de Hombourg-Budange, à l’est de Thionville, le 25 septembre 2021. Il a aussi été récompensé par une médaille octroyée par la FDC de Moselle.
Ardennes : un beau solitaire
Meurthe et Moselle : brocard pendulaire
Le secteur de Champsevraine, en limite de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, est riche d’un biotope propice aux grands cervidés. Depuis quelques années, c’est là que sont prélevés les plus grands cerfs du département 52, en témoigne ce nouveau trophée récolté en septembre 2021, par Jean-Michel Venck, de Corgirnon. Bien perlé et de couleur presque noire, le trophée s'inscrit dans une architecture de 14 cors irrégulier, l'ensemble des empaumures totalisant 7 épois. La longueur des merrains frôle le mètre, pour un poids total et sec du trophée de 7,880 kg, ce qui lui vaut une cotation officielle effectuée par Michel Valette, cotateur officiel de l’AFMT (Association Française de Mensurations des Trophées), arrêtée à 191,72 points CIC. Rappelons qu’en 2020 déjà, Jean-Michel Venck avait pu prélever, sur ce même secteur, un autre grand cerf portant 15 cors, pour un poids de trophée de 9,740 kg et côté 209,03 points CIC, à la limite de la médaille d’or qui est de 210 points.
Un jeune chasseur de Boucau a eu le bonheur de mettre à son tableau le nouveau record départemental, avec un sanglier de 185 kg. Le chasseur, Nicolas Duchon, raconte : « J’étais posté à la sortie d’une coulée que les sangliers empruntent. J’ai entendu un halètement monstre, pas normal. Il est sorti de la coulée et j’ai tiré un premier coup qui l’a juste sonné, car le crâne est dur comme un tronc et la chevrotine ne rentre pas dedans. Il n’a pas aimé du tout, m’a chargé la gueule ouverte. J’ai bien aperçu dents et défenses avant de tirer de nouveau. Le deuxième coup a fait vaciller l’animal, qui rebrousse chemin. Un troisième coup l’a cloué au sol, avant le quatrième coup d’achèvement. Voilà qui méritait d’être souligné…