
Alors que l’on vient de remiser le matériel, il reste aux chasseurs les souvenirs marquants de la saison écoulée. La facilité de faire des photos et des petites vidéos en fixeront quelques-uns, mais ce sont bien les trophées, et peu importe leurs tailles, qui souligneront, pour longtemps, la journée de récolte. Si les chasses locales sont pourvoyeuses de la majeure partie, les chasses exotiques marquent, par leur rareté, encore plus les esprits. Elles ont évolué avec l’essor des armes à feu, associées à l’évolution des moyens de transport. Si l’Asie et l’Inde étaient les territoires préférés des Anglais, les Européens, eux, trouvaient leur bonheur en Europe de l’Est, et en Afrique à partir des années 1850. Sur cet immense continent, derrière l’acte de capture proprement dit, une économie locale se mit en place dans les campements, avec du personnel indigène salarié (pisteurs, porteurs, cuisiniers, femmes de ménages), et dans les villages avec des artistes et artisans, et bien évidemment, des taxidermistes. Les trophées venaient d’entrer dans la catégorie des souvenirs, mais ils sont très vite devenus de véritables indicateurs de la santé de la faune sauvage. Les organisations internationales s’appuyaient alors, pour vanter la qualité de leur amodiation, principalement sur les mesures de longueur. Mais il fallait aller plus loin, et c’est dans les années 1860 que fut créée le plus ancien système de cotation, la « Rowland Ward », qui existe encore aujourd’hui, gérée par une famille sud-africaine.
Puis sont apparus le SCI (Safari Club International) aux Etats-Unis, le CIC (Conseil International pour la Conservation du Gibier) en Europe avec son antenne française l’AFMT (Association Française des Mensurations de Trophées). Aujourd’hui, alors que les pays africains revendiquent leur droit de gérer leur patrimoine cynégétique, cette économie, sous la pression des écolos, est exsangue. Résultat, les grands espaces et la faune sauvage reculent devant les défrichements et le braconnage, pour laisser la place aux cultures et au bétail. L’Afrique y a-t-elle gagné ? Pas sûr, car les nouveaux visiteurs, les « touristes », sont déjà blasés de cette nature et de cette faune qui n’ont plus rien de sauvage, et qui leur donnent l’impression de parcourir un parc zoologique. Le monde à l’an vert !
Du côté des Trophées et curiosités...



- Moselle : un grand cerf du massif de la Canner
- Ardennes : un grand cerf des trois frontières départementales





Estimé à 13 ans, ce vieux cerf au trophée atypique, est présenté avec ses mues de 2018, 2019 et 2020, ce qui est assez rare dans les expositions annuelles de trophées. En dépit de son âge, on remarquera que son trophée a, malgré tout, assez bien progressé jusqu’en 2020. Et c’est en 2021 qu’apparaît, sur le merrain droit, la pliure caractéristique du grand âge. En plus, le bois de gauche, présente un dédoublement de la perche juste au-dessus du surandouiller, ce qui en fait une tête bizarre vraiment remarquable. Cet animal, qui pesait 155 kg vidé, a été tiré sur la commune de Hombourg-Budange, à l’est de Thionville, le 25 septembre 2021. Il a aussi été récompensé par une médaille octroyée par la FDC de Moselle.
Ardennes : un beau solitaire
Meurthe et Moselle : brocard pendulaire
Le secteur de Champsevraine, en limite de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, est riche d’un biotope propice aux grands cervidés. Depuis quelques années, c’est là que sont prélevés les plus grands cerfs du département 52, en témoigne ce nouveau trophée récolté en septembre 2021, par Jean-Michel Venck, de Corgirnon. Bien perlé et de couleur presque noire, le trophée s'inscrit dans une architecture de 14 cors irrégulier, l'ensemble des empaumures totalisant 7 épois. La longueur des merrains frôle le mètre, pour un poids total et sec du trophée de 7,880 kg, ce qui lui vaut une cotation officielle effectuée par Michel Valette, cotateur officiel de l’AFMT (Association Française de Mensurations des Trophées), arrêtée à 191,72 points CIC. Rappelons qu’en 2020 déjà, Jean-Michel Venck avait pu prélever, sur ce même secteur, un autre grand cerf portant 15 cors, pour un poids de trophée de 9,740 kg et côté 209,03 points CIC, à la limite de la médaille d’or qui est de 210 points.
Un jeune chasseur de Boucau a eu le bonheur de mettre à son tableau le nouveau record départemental, avec un sanglier de 185 kg. Le chasseur, Nicolas Duchon, raconte : « J’étais posté à la sortie d’une coulée que les sangliers empruntent. J’ai entendu un halètement monstre, pas normal. Il est sorti de la coulée et j’ai tiré un premier coup qui l’a juste sonné, car le crâne est dur comme un tronc et la chevrotine ne rentre pas dedans. Il n’a pas aimé du tout, m’a chargé la gueule ouverte. J’ai bien aperçu dents et défenses avant de tirer de nouveau. Le deuxième coup a fait vaciller l’animal, qui rebrousse chemin. Un troisième coup l’a cloué au sol, avant le quatrième coup d’achèvement. Voilà qui méritait d’être souligné…
Indre : fracture de pivot
Un beau solitaire de l’Argonne
Jeune cerf déficient de Meurthe et Moselle 

Un beau brocard du nord meusien
Tête bizarre du massif de Lancôme
Une tête vraiment atypique

Grand cerf d’Ille et Vilaine
Du Lot, ce beau brocard au fémur ressoudé
Un brocard déficient de l’Aisne
Scan », une technologie 3D révolutionnaire utilisée pour numériser, marquer et reproduire les trophées de toutes les espèces de gibier, dans le but d’en faire une méthode officielle de mesure. « Ce logiciel de notation est le plus avancé actuellement, et ses process brevetés révolutionnent la façon dont nous étudions, évaluons, mesurons, notons, conservons et préservons les espèces de gibier » a déclaré
W. Laird Hamberlin, président du SCI, qui ajoute : « Les chasseurs sont encouragés à utiliser Trophy Scan pour générer un modèle 3D qui détermine le score SCI de leur trophée. Puis les scans seront confirmés et vérifiés par un mesureur officiel SCI, avant d’être intégré au livre des records ». Une fois scanné, le chasseur dispose non seulement d'une feuille de score, mais il a en plus un catalogue complet d'options commémoratives disponibles sur Trophy Scan avec une réplique exacte de son trophée pour marquer des cartes de visite, des dessus de carafe, des bijoux, et autres objets usuels ou d’art. Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site : https://trophyscan.com
Seine et Marne : un beau 10 cors irrégulier
Hautes Pyrénées : un bon brocard de récolte
Indre : cerf de plus de 10 ans 
Aisne : un mini andouiller bien mal placé





Bois creux



La tête à perruque est l’échantillon même de l’une des bizarreries de la nature. Au-delà de son côté spectaculaire, la perruque révèle souvent un problème hormonal. Chez les cervidés, les anomalies testiculaires entraînent des malformations de la ramure. A titre d’exemple, la castration accidentelle, ou la perte des deux testicules par infection, entraîne une chute avancée du trophée et une repousse d’embryons de bois qui restent en permanence sous velours. Quand la castration intervient pendant le refait, la calcification s’arrête et le tissu sous-jacent se développe de façon totalement anarchique. Cette prolifération entraîne alors la formation d’une perruque. Ce phénomène reste très rare chez le cerf, mais plus fréquent chez le chevreuil. Mais l’absence ou une anomalie des bois n’est pas forcément provoquée par une altération des testicules. Les conditions climatiques sont parfois à l’origine de têtes bizarres. C’est notamment le cas pour le brocard qui refait ses bois pendant l’hiver. Des carences alimentaires continues ou répétées ne favorisent pas la croissance des bois, qui peuvent alors pousser de façon complètement anarchique. D’autre part, une longue période de froid très intense pendant le refait peut aller jusqu’à geler le velours qui irrigue les bois naissants. Ce genre d’aléa climatique exceptionnel entraîne alors une perturbation dans le développement de la ramure. Au niveau hormonal, le cycle est intimement lié à la concentration sanguine en testostérone. Ce taux est au plus bas pendant le refait et doit remonter à son maximum pour favoriser la chute des velours. La moindre perturbation de ce cycle peut donc entraîner les mêmes troubles.