A proximité du village du Général De Gaulle : un gite accueillant

L’arbre de l’année 2025

Le concours L’Arbre de l’année 2025 a une nouvelle fois mis en lumière le patrimoine arboré français à travers des arbres remarquables par leur histoire, leur beauté et leur rôle écologique. Organisé par le magazine Terre Sauvage, l’Office national des forêts et l’association A.R.B.R.E.S., le concours a rassemblé cette année 120 candidatures venues de toute la France. Après une première sélection réalisée par un jury d’experts, 13 arbres ont été retenus pour représenter chacun une région. Ces finalistes, aux essences variées (hêtre, chêne, cèdre, frêne, tulipier ou encore micocoulier...) racontaient 13 histoires singulières, mêlant mémoire locale, biodiversité et paysages. Du 7 novembre au 22 décembre 2025, le public a été invité à voter pour son arbre favori afin de désigner le lauréat du Prix du public. La mobilisation a été remarquable, avec près de 26 000 votants, soit plus du double de l’édition précédente.

 

Le Prix du Public : il a été attribué à un ginkgo biloba exceptionnel situé dans le parc du domaine de Saint-Hilaire, à Meung-sur-Loire, en région Centre-Val de Loire. Âgé d’environ 170 ans, haut de 27 mètres et doté d’un tronc de plus de cinq mètres de circonférence, cet arbre d’origine chinoise a séduit par son allure majestueuse et son feuillage spectaculaire à l’automne. Découvert par ses propriétaires lors de l’achat du domaine, il est aujourd’hui considéré comme l’âme du lieu. Labellisé « Arbre remarquable », il représentera la France au concours européen de l’Arbre de l’année en février 2026.

 

Le Prix du Jury : 

il a distingué le hêtre laciné du parc François-Mitterrand, à Hellemmes, près de Lille. Ce spécimen emblématique du patrimoine arboré local, âgé d’environ 155 ans, se caractérise par son port majestueux et sa silhouette élégante. Lui aussi labellisé « Arbre remarquable », il symbolise le lien fort entre nature et espaces urbains.

 

Le Prix Coup de Coeur : il a récompensé le chêne pédonculé de la ferme de Chanceron, dans l’Aube. Véritable témoin vivant de l’histoire paysagère et écologique du territoire, ce géant rural, âgé de 500 à 800 ans, impressionne par ses dimensions exceptionnelles et sa longévité.

 

À travers ces trois distinctions, le concours rappelle l’importance de préserver et de transmettre ce patrimoine naturel unique, profondément ancré dans les territoires et les mémoires collectives.

Réchauffement climatique : la planète franchit le seuil critique plus tôt que prévu

L’année 2025 s’est imposée comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, confirmant la tendance inquiétante d’un réchauffement climatique rapide et persistant. Selon l’observatoire Copernicus, la température moyenne globale a atteint 14,97 °C, soit +1,47 °C au-dessus de l’ère préindustrielle (1850-1900). Ce seuil critique n’avait jamais été franchi de manière aussi nette et durable que durant la période 2023-2025, marquant la première période triennale excédant durablement +1,5 °C, un indicateur clé fixé par l’Accord de Paris. Les données mensuelles montrent que tous les mois de 2025, à l’exception de février et décembre, ont été plus chauds que n’importe quel mois équivalent avant 2023, avec janvier 2025 enregistrant des records historiques. Ces résultats sont corroborés par les scientifiques de Berkeley Earth, qui observent une accélération du réchauffement entre 2023 et 2025, suggérant une intensification du changement climatique d’origine humaine, principalement due aux émissions continues de gaz à effet de serre issues de la combustion de charbon, pétrole et gaz. Face à ces constats, les climatologues anticipent que 2026 figurera parmi les cinq années les plus chaudes jamais mesurées, et pourrait même rivaliser avec 2025 en termes de température moyenne annuelle. Comme le souligne Samantha Burgess, directrice adjointe du service climat de Copernicus, la trajectoire est « très, très claire » et pourrait être encore accentuée si le phénomène El Niño, connu pour son effet réchauffant, venait à se manifester. D’autres facteurs influencent également ce réchauffement. Paradoxalement, la réduction mondiale des émissions de dioxydes de soufre des navires depuis 2020, bénéfique pour la qualité de l’air, a atténué l’effet refroidissant des aérosols atmosphériques, augmentant légèrement l’impact du réchauffement global. Carlo Buontempo, directeur du service changement climatique de Copernicus, reconnaît que le dépassement du seuil de +1,5 °C est désormais inévitable, et que le véritable enjeu est de déterminer comment gérer au mieux ses conséquences sur les sociétés humaines et les écosystèmes naturels. Copernicus estime désormais probable que le réchauffement durable au-delà de +1,5 °C soit officiellement confirmé d’ici la fin de cette décennie, soit plus d’une décennie plus tôt que prévu.

La semaine en bref...

- Alpes-Maritimes : le Tribunal de police de Nice a rendu, le 5 janvier 2026, sa décision dans une affaire de chasse illégale au chamois sur la commune de Venanson. Trois chasseurs étaient poursuivis pour des faits qualifiés d’organisés et répétés. L’enquête menée par l’OFB a établi l’abattage illégal d’un éterlou femelle âgé de moins d’un an lors d’une battue, avec l’usage prohibé d’un chien, en présence du président de la société de chasse et d’un garde particulier. Une seconde battue illégale constatée en octobre 2024 a confirmé l’organisation des infractions. L’affaire a été examinée à l’audience du 1er décembre 2025, l’Association Stéphane Lamart s’étant constituée partie civile. Par jugement, le tribunal a déclaré les trois prévenus coupables. Le chasseur rabatteur a été condamné à une amende de 300 euros et à une suspension du permis de chasser de trois mois. Le président de la société de chasse a écopé d’une amende de 500 euros, d’une suspension du permis d’un an et de la confiscation de la carabine utilisée. Le garde particulier a été condamné à une amende de 500 euros et à une suspension du permis de chasser de six mois. Sur le plan civil, les prévenus ont été condamnés à indemniser les préjudices moral et écologique reconnus par le tribunal.

 

- Ardèche : la préfecture a pris un arrêté autorisant un louvetier à réguler, jusqu’au 6 février, les populations de sangliers et de chevreuils sur la commune de Saint-Péray. Cette décision, demandée par le domaine viticole de Vichouere, vise à limiter les dégâts sur les parcelles agricoles, en particulier les vignes. Les chevreuils, dont la population locale semble se concentrer, causent des pertes importantes pour les viticulteurs. Guillaume Gilles, vigneron à Saint-Péray et Cornas, a ainsi constaté au printemps dernier des rameaux totalement endommagés, estimant ses pertes à plusieurs milliers d’euros. Avec deux autres domaines, les pertes sont évaluées à environ 15 000 euros. Ce dispositif permet au louvetier d’intervenir « par tout moyen autorisé par la réglementation » pour protéger les cultures. Pour les exploitants, il ne s’agit pas de supprimer la faune mais de maintenir un équilibre nécessaire face à des populations qui deviennent localement trop importantes.

 

Ardèche encore : même les routes semblent participer à la saison de la chasse. Le samedi 10 janvier, un chasseur de l’ACCA de Saint-Julien-le-Roux, engagé dans une battue au sanglier, a vécu une mésaventure pour le moins… piquante. Alors qu’il circulait tranquillement sur la RD 21, entre le hameau de Roissac et le col de Serre-Mure, son véhicule a soudainement rendu les armes : crevaison nette de la roue arrière droite. La cause ? Un bois de chevreuil solidement encastré en plein cœur du pneu. Une rencontre inattendue entre caoutchouc et ramure, remportée sans appel par la nature. Les chevreuils perdant leurs bois en cette période, l’un d’eux avait visiblement décidé de se poster au bord de la chaussée, prêt à l’embuscade. Bilan chez le garagiste : pneu irréparable. Comme quoi, en hiver, certains trophées ne se ramassent pas sans risque…

 

- Aude : les zones humides du Narbonnais célèbrent en 2026 les 20 ans de leur reconnaissance internationale par le label Ramsar. Attribué en 2006 aux étangs du Narbonnais, ce label souligne l’importance majeure de ces milieux pour leur biodiversité remarquable, leurs paysages emblématiques et les activités humaines traditionnelles, comme la pêche lagunaire. Pour marquer cet anniversaire, le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée propose plusieurs temps forts ouverts au public, avec pour objectif de sensibiliser à la préservation de ces espaces naturels aussi riches que fragiles. Parmi eux, un concours photo est organisé du 3 au 25 janvier 2026. Ouvert à tous, il invite habitants et passionnés à poser leur regard sur les zones humides à travers quatre catégories : paysages, faune et flore, activités humaines et jeunes de moins de 18 ans. Les clichés seront examinés par un jury de photographes et de scientifiques. Chaque lauréat remportera un panier garni d’une valeur de 80 euros. Les résultats seront dévoilés le 6 février 2026 lors d’une soirée spéciale au Théâtre de Narbonne, mêlant projection de film et conférence scientifique, en écho à la Journée mondiale des zones humides célébrée chaque 2 février...

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Le pétrichor

C’est l’odeur caractéristique perceptible lors des premières pluies succédant à une période de sécheresse. Bien que largement reconnue sur le plan sensoriel, cette manifestation olfactive n’a été formalisée scientifiquement qu’au milieu du 20e siècle. En 1964, les chercheurs australiens Isabel Joy Bear et Richard G. Thomas introduisent le terme « pétrichor », dérivé des mots grecs petra (pierre) et ichor (fluide mythique des dieux), afin de décrire ce phénomène résultant de l’interaction entre le sol sec et l’eau de pluie. Depuis, le pétrichor constitue un objet d’étude interdisciplinaire mobilisant la chimie organique, la microbiologie des sols et la physique de l’atmosphère. Sur le plan chimique, le pétrichor est principalement attribué à la présence de composés organiques volatils, dont la géosmine et le 2 méthylisobornéol (2 MIB), des molécules produites par des micro organismes du sol, en particulier les actinobactéries. À ces composés s’ajoutent des huiles végétales hydrophobes sécrétées par certaines plantes et accumulées à la surface des sols et des roches durant les périodes sèches, contribuant à la complexité du bouquet olfactif. Les actinobactéries jouent un rôle central dans la genèse biologique du pétrichor. En conditions de stress hydrique, ces micro organismes produisent des spores contenant de la géosmine, lesquelles s’accumulent dans les couches superficielles du sol. L’arrivée de la pluie provoque leur remise en suspension et leur dispersion dans l’air. Cette libération soudaine suggère une fonction écologique potentielle, notamment en facilitant la dissémination des spores ou en agissant comme signal chimique pour certains organismes du sol ou insectes. Le mécanisme de transfert des composés odorants vers l’atmosphère repose sur un processus physique d’aérosolisation. Lorsque les gouttes de pluie impactent un sol sec et poreux, elles emprisonnent de fines bulles d’air qui remontent rapidement à la surface et éclatent. Ce phénomène projette dans l’air des micro aérosols chargés de composés organiques et microbiens. L’intensité du pétrichor dépend ainsi de plusieurs paramètres, tels que la taille et la vitesse des gouttes de pluie, la porosité et la composition du sol, ainsi que les conditions atmosphériques locales. Au delà de l’expérience sensorielle humaine, le pétrichor présente des enjeux scientifiques et écologiques notables. Il constitue un indicateur des échanges entre le sol et l’atmosphère et offre un modèle pertinent pour l’étude des aérosols naturels. Ses applications potentielles concernent des domaines variés, allant de l’agronomie à la qualité de l’air, en passant par la parfumerie. Ainsi, le pétrichor illustre la complexité des interactions invisibles reliant les processus biologiques, chimiques et physiques au sein des environnements terrestres.

Avec son mouvement « Ça suffit », Patrick Sébastien revendique la voix d’une France oubliée

Connu du grand public pour sa carrière d’animateur et de chanteur, Patrick Sébastien fait un retour remarqué dans le débat public avec le lancement d’un mouvement citoyen baptisé « Ça suffit ». Né à l’automne 2025, ce projet ne se revendique ni comme un parti politique ni comme une candidature électorale, mais comme une plateforme destinée à faire remonter la parole des citoyens à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Patrick Sébastien affirme vouloir donner une voix à ce qu’il décrit comme « une France oubliée », éloignée des cercles de décision et des formations politiques traditionnelles. Le mouvement repose sur un site internet permettant aux citoyens de transmettre leurs propositions, parfois de manière anonyme, sur des sujets variés tels que le pouvoir d’achat, les services publics, la sécurité ou encore la justice sociale. L’objectif affiché est de recueillir des idées concrètes et applicables, puis d’en faire une synthèse. Le fonctionnement de « Ça suffit » repose sur une stratégie assumée d’influence plutôt que de conquête du pouvoir. Patrick Sébastien a exclu à plusieurs reprises toute candidature personnelle à une élection. Il se définit comme un porte-voix, utilisant sa notoriété pour relayer des revendications citoyennes auprès des responsables politiques. L’une des ambitions du mouvement serait de peser sur le second tour de la présidentielle en présentant aux finalistes une liste de propositions issues de la plateforme, et en appelant les électeurs à soutenir le candidat qui s’engagerait à les reprendre. Cette démarche, que l’intéressé qualifie parfois de « chantage démocratique », suscite des réactions contrastées. Certains y voient une tentative originale de revitalisation de la participation citoyenne, dans un contexte de défiance envers les partis et les institutions. D’autres dénoncent une initiative floue, portée par une figure médiatique sans cadre politique structuré ni légitimité élective. Patrick Sébastien assume ce positionnement atypique, insistant sur le caractère indépendant du mouvement. « Ça suffit » ne revendique aucune affiliation partisane et ne présente pas de programme clé en main. Il s’agit, selon son promoteur, d’un outil de pression citoyenne plus que d’un projet de gouvernement.

 

Vous pouvez envoyer vos propositions à : mouvementcasuffit@gmail.com

Biodiversité : l’urgence d’investir dans la recherche à long terme

La compréhension des dynamiques de la biodiversité et de l’évolution des espèces repose sur des observations continues inscrites dans le temps long. Les processus écologiques et évolutifs (adaptation, sélection naturelle, résilience des écosystèmes) se déploient sur des échelles temporelles de plusieurs décennies, parfois de plusieurs générations. Or, cette dimension temporelle, indispensable à l’analyse scientifique du vivant, est aujourd’hui fragilisée par une érosion des financements, une remise en cause croissante de l’expertise scientifique et la diffusion de discours de désinformation qui brouillent le débat public. Les pressions anthropiques sur les systèmes naturels (changement climatique, artificialisation des sols, pollutions, surexploitation des ressources biologiques) entraînent une accélération inédite de l’érosion de la biodiversité. Dans ce contexte, les « signaux faibles » détectés par les chercheurs deviennent rapidement des indicateurs d’alerte, annonçant des ruptures écologiques majeures aux conséquences systémiques pour le fonctionnement des écosystèmes et les sociétés humaines. Seules les recherches écologiques à long terme permettent d’identifier les trajectoires réelles de la biodiversité, de distinguer les fluctuations naturelles des tendances de fond et d’évaluer les capacités d’adaptation des espèces face aux perturbations globales. Dans un article publié dans la revue BioScience, le CNRS alerte sur les conséquences de cette fragilisation : sans infrastructures pérennes d’observation du vivant, la communauté scientifique perdra sa capacité à anticiper les points de bascule écologiques et à proposer des réponses fondées sur des données robustes. Pour répondre à cet enjeu, le CNRS a lancé le programme SEE-Life, dédié au soutien de la recherche écologique et évolutive à long terme. Ce programme vise à garantir la continuité des suivis, à renforcer l’interdisciplinarité et à produire des connaissances directement mobilisables par les politiques publiques.

Agriculture biologique : la Fnab et le Conservatoire du littoral scellent un partenariat pour les territoires côtiers

La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et le Conservatoire du littoral ont annoncé la mise en place d’un « partenariat stratégique » visant à favoriser le développement de l’agriculture biologique sur les espaces littoraux et lacustres. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de fortes attentes en matière de préservation de la biodiversité, de qualité de l’eau et d’adaptation au changement climatique. Le Conservatoire du littoral est un établissement public chargé de la protection de plus de 218 000 hectares de rivages, zones humides et espaces naturels sensibles en France. Une partie de ces terrains est exploitée par des agriculteurs dans le cadre de baux ruraux environnementaux, qui encadrent les pratiques agricoles afin de concilier production et protection des milieux naturels. Le partenariat avec la Fnab vise à renforcer cette orientation en accompagnant les exploitants vers des pratiques biologiques ou agroécologiques. Selon le communiqué commun, la Fnab apportera son expertise technique et son réseau pour soutenir les agriculteurs déjà installés sur les terres du Conservatoire, mais aussi ceux susceptibles de s’y installer. L’accompagnement portera notamment sur l’évolution des systèmes de production, la conversion à l’agriculture biologique et la valorisation économique de pratiques jugées favorables à la biodiversité et au climat. L’objectif affiché est de sécuriser les parcours de transition, dans un contexte où la conversion au bio peut représenter un risque économique pour les exploitations. Le partenariat prévoit également de mieux valoriser les modèles agricoles déjà en place sur les sites du Conservatoire du littoral. Ces territoires accueillent majoritairement de l’élevage extensif et des cultures à faible intrant, considérés comme compatibles avec la préservation des sols, des zones humides et des espèces protégées.

Agriculteurs en colère au port du Havre : contrôles et dénonciation d’une concurrence jugée déloyale

La colère agricole ne retombe pas et s’est installée durablement sur le port du Havre. Depuis le week-end du 10 janvier 2026, des agriculteurs normands multiplient les actions pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qu’ils accusent d’organiser une concurrence jugée déloyale. Barrages filtrants, contrôles de camions frigorifiques et coups de disqueuse : les exploitants veulent vérifier, preuves à l’appui, la provenance des denrées importées. Samedi dernier, près de 150 agriculteurs avaient déjà bloqué le pont de Normandie avant de rejoindre la zone portuaire. Certains ont passé la nuit dans leurs tracteurs devant les entrepôts de Seafrigo, acteur majeur du transport frigorifique international. L’action de lundi 12 janvier, préparée depuis plusieurs jours, a marqué une montée en puissance. Dès 6 heures du matin, les agriculteurs se sont improvisés « douaniers agricoles », filtrant systématiquement les camions à l’entrée et à la sortie des terminaux. Objectif affiché : contrôler ce qui entre sur le territoire. « Ils contrôlent ce qui sort, nous contrôlons ce qui rentre », résume Tom Gremont, éleveur à Dieppe. À l’aide de disqueuses, plusieurs remorques ont été ouvertes. Verdict répété à plusieurs reprises : « la viande n’est pas française ». Derrière le geste symbolique, l’argument est avant tout économique. Selon les organisations agricoles, le coût de production d’un kilo de viande bovine en France dépasse souvent 5 à 6 euros, contre 2 à 3 euros dans certains pays d’Amérique du Sud. En cause : des salaires et des charges sociales élevées, des normes sanitaires et environnementales strictes. À l’inverse, les producteurs étrangers bénéficient de coûts salariaux bien plus faibles et de réglementations moins contraignantes, leur permettant d’exporter à des prix imbattables. Les agriculteurs dénoncent aussi un risque de pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs français, déjà fragilisés par la hausse des charges énergétiques et des intrants. À la mi-journée lundi, une quinzaine de camions avaient été contrôlés, sans incident avec les forces de l’ordre, restées en observation. Les actions pourraient se poursuivre, les agriculteurs affirmant ne pas être prêts à lever les barrages tant que leurs revendications économiques et financières ne seront pas entendues.

Le Concours général agricole des pratiques agroécologiques

Le Concours général agricole des pratiques agroécologiques récompense chaque année des agriculteurs dont les pratiques d’élevage ou de culture contribuent activement à la préservation de la biodiversité, à la qualité des productions agricoles et à la durabilité des territoires ruraux. Créé en 2010 à l’initiative des Parcs nationaux de France et des Parcs naturels régionaux, ce concours s’inscrit dans une volonté de reconnaissance des savoir-faire agricoles conciliant performance économique et respect des équilibres naturels. À l’origine, le concours était consacré à la valorisation des prairies naturelles non semées, riches en espèces végétales, utilisées pour l’alimentation du bétail. Ces prairies jouent un rôle essentiel dans le stockage du carbone, l’infiltration des eaux, la préservation des sols et l’accueil d’une petite faune sauvage et d’une flore diversifiées. En 2020, le concours s’est élargi avec l’introduction d’une seconde catégorie dédiée à l’agroforesterie, afin de mieux refléter la diversité des pratiques agroécologiques mises en œuvre sur le terrain. Deux catégories structurent désormais le concours. La catégorie « Prairies & Parcours » distingue les pratiques de fauche et de pâturage sur des prairies naturelles à forte diversité floristique. Ces milieux produisent un fourrage de qualité, apprécié des animaux, et favorisent des produits agricoles reconnus pour leurs qualités gustatives. En intégrant arbres et haies, ces systèmes offrent également des habitats favorables à de nombreuses espèces animales. La catégorie « Agroforesterie » récompense quant à elle l’association de l’arbre à l’agriculture sous différentes formes : haies, bocages, prés-vergers, alignements d’arbres en grandes cultures ou en maraîchage. Ces pratiques limitent l’érosion, renforcent le stockage du carbone, améliorent le bien-être animal et peuvent constituer un complément de revenu pour les exploitations. L’organisation du concours repose sur deux niveaux de sélection. Au niveau local, des structures organisatrices compétentes (collectivités, chambres d’agriculture, parcs naturels, associations ou groupements d’intérêt économique et environnemental) accompagnent les agriculteurs candidats dans l’inscription et le choix des parcelles. Des jurys indépendants, réunissant des compétences variées (botanique, agronomie, entomologie, ornithologie…), évaluent ensuite les pratiques selon des grilles d’analyse spécifiques et désignent les lauréats locaux. Ces finalistes accèdent au niveau national, piloté par un comité d’orientation rassemblant notamment les chambres d’agriculture, l’INRAE, l’INAO, les ministères concernés, l’Office français de la biodiversité et les réseaux des parcs naturels. Les lauréats nationaux sont enfin récompensés lors d’une cérémonie officielle au Salon international de l’Agriculture, consacrant des pratiques agricoles exemplaires au service de la biodiversité et des territoires.

 

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Au Groenland, le dôme de glace de Prudhoe témoin sensible du changement climatique...

Le dôme de glace de Prudhoe, situé sur la côte nord-ouest du Groenland, représente une calotte glaciaire d’une épaisseur moyenne de 500 mètres et couvrant environ 2 500 km², soit une surface comparable à celle du Luxembourg. Des recherches récentes montrent que cette masse de glace, longtemps considérée comme stable, est particulièrement sensible aux variations climatiques, et pourrait être confrontée à une fonte importante sous l’effet du réchauffement global anthropique. En 2023, un projet conjoint mené par GreenDrill et l’Université de Buffalo a prélevé des échantillons de sédiments à 508 mètres de profondeur sous la calotte. Les scientifiques ont utilisé la datation par luminescence, une méthode reposant sur le piégeage d’électrons dans les grains minéraux lorsqu’ils sont enfouis. L’exposition à la lumière permet ensuite de déterminer la dernière période où le sédiment a été à l’air libre. Les résultats ont révélé que le dôme de Prudhoe avait fondu il y a environ 7 000 ans, au début de l’Holocène. Cette période correspond à une phase post-glaciaire où les températures globales étaient déjà 3 à 5 °C supérieures à celles de l’époque préindustrielle. Ces observations suggèrent que le dôme de Prudhoe est très sensible à des réchauffements modérés et que même de petites augmentations de température peuvent déclencher sa fonte. Si la calotte venait à disparaître, les conséquences seraient majeures : l’apport de cette glace pourrait provoquer une élévation mondiale du niveau de la mer pouvant atteindre 73 centimètres. Les chercheurs soulignent également que la fonte passée de Prudhoe s’est produite dans un contexte climatique stable, où l’activité humaine était limitée à des pratiques agricoles émergentes. Comme l’explique Jason Briner, codirecteur de l’étude et professeur de sciences de la Terre : « Si un changement climatique naturel et modéré a suffi à provoquer la fonte du dôme de Prudhoe il y a 7 000 ans, il n’est probablement plus qu’une question de temps avant qu’il ne recule à nouveau sous l’effet du changement climatique d’origine humaine actuel ». L’équipe prévoit de poursuivre les forages pour affiner les modèles de dynamique de fonte et évaluer la vitesse à laquelle la calotte pourrait disparaître. Ces travaux sont cruciaux pour mieux comprendre la sensibilité des calottes glaciaires au réchauffement et pour anticiper les impacts sur le niveau des mers et sur les écosystèmes côtiers.

Les limites du réensauvagement

Depuis une vingtaine d’années, le réensauvagement s’impose progressivement comme une approche complémentaire aux politiques classiques de conservation de la nature en Europe. Loin d’opposer protection stricte et activités humaines, cette démarche repose sur une idée centrale : restaurer les processus naturels à grande échelle afin de permettre aux écosystèmes de retrouver leur fonctionnalité, malheureusement sans tenir compte des réalités sociales, économiques et culturelles des territoires. Les adeptes du réensauvagement considèrent que les paysages sont le produit d’interactions complexes entre espèces, milieux et activités humaines, et qu’en laissant davantage de place aux dynamiques naturelles, la nature démontre une capacité de régénération rapide. Pour ces écolos, la réussite des projets menés en Europe repose donc sur la coexistence entre biodiversité et usages : élevage, sylviculture, chasse, tourisme, randonnée. Mais le retour d’espèces emblématiques pose aussi des défis concrets. La gestion de la faune sauvage ne peut plus être pensée de manière sectorielle ou idéologique. Elle doit s’appuyer sur des données scientifiques, une régulation adaptée des populations et un dialogue constant entre protecteurs de la nature, agriculteurs, chasseurs et usagers de l’espace rural. Dans ce cadre, la chasse raisonnée conserve un rôle essentiel. Elle participe à l’équilibre des populations, limite certains conflits d’usages et s’inscrit dans une tradition de gestion durable lorsqu’elle est encadrée, proportionnée et fondée sur des objectifs écologiques clairs. Les succès observés pour de nombreuses espèces en Europe reposent d’ailleurs sur une combinaison de protection juridique, d’actions de conservation ciblées et d’évolution des pratiques cynégétiques. Enfin, le réensauvagement ne peut s’inscrire durablement sans modèle économique viable. Valorisation des services écosystémiques, tourisme de nature, produits forestiers diversifiés ou filières locales constituent autant de leviers pour ancrer la biodiversité dans les économies rurales. À condition de corriger certaines distorsions liées aux subventions et de favoriser les initiatives locales, cette approche offre une voie pragmatique pour concilier nature vivante, activités humaines et acceptabilité sociale.

La France interdit l’importation de denrées traitées avec cinq pesticides bannis dans l’UE

À l’initiative d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, et de Serge Papin, ministre chargé des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, la France a décidé de suspendre l’importation, l’introduction et la mise sur le marché de denrées alimentaires végétales traitées avec certaines substances phytopharmaceutiques interdites dans l’Union européenne en raison de leurs risques pour la santé humaine. Cette décision s’inscrit dans un principe de cohérence, d’équité et de justice, visant à mettre fin à une distorsion de concurrence pénalisant les producteurs européens, soumis à des règles plus strictes que leurs concurrents extra-européens. Dès décembre 2025, la ministre de l’Agriculture avait saisi la Commission européenne afin de demander l’abaissement des limites maximales de résidus (LMR) au niveau de la plus petite quantité mesurable pour plusieurs substances interdites dans l’UE. Cinq substances ont été ciblées en priorité en raison de risques documentés : un herbicide, le glufosinate, et quatre fongicides, le mancozèbe, le thiophanate méthyl, le carbendazime et le bénomyl. Dans l’attente d’une décision européenne, les ministres ont activé une clause de sauvegarde, prévue par le droit alimentaire européen, par un arrêté interministériel du 6 janvier 2026. Celui-ci interdit en France l’importation et la commercialisation, à titre gratuit ou onéreux, de denrées alimentaires contenant des résidus de ces substances. La mesure sera présentée aux États membres lors du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale du 20 janvier, avec l’objectif d’une extension à l’échelle européenne....

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