L’ourse qui a chuté dans les Pyrénées est blessée, mais vivante

Dans la montagne de Castille-et-León, en Espagne, l’ourse, victime de l’attaque d’un mâle en protégeant son petit, dimanche dernier, a été localisée, blessée mais vivante dans une grotte. L’ourson est revenu auprès d’elle, et les deux animaux font l’objet, pour l’instant, d’une surveillance discrète à distance, mais continue. Les spécialistes du service de l’environnement de Castilla-et-Leon cherchent à déterminer la gravité des blessures, qui éventuellement pourraient déclencher une opération de capture pour prodiguer des soins à la mère et sauver son petit. L’ourse avait fait face au mâle et les deux animaux avaient chuté d’une bonne trentaine de mètres, dans les rochers. L’ours n’a pas survécu et son cadavre a été évacué a rapporté « El Diario Montanés », qui publie des photos de l’opération de recherches. Les autorités ont par ailleurs confirmé que le second ourson de la portée avait été tué trois jours plus tôt par le même mâle. Ce combat fatal a été saisi par un randonneur qui se trouvait fortuitement sur le versant opposé.

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PPA : la France renforce la surveillance

Depuis la découverte d’un foyer de peste porcine africaine, en Allemagne, le 25 mai dernier, le réseau SAGIR prend désormais en compte « la situation épidémiologique dans l’ouest de l'Allemagne », vient d’indiquer le ministère de l’Agriculture, dans une instruction technique publiée le 4 juin. Le foyer découvert dans un élevage en plein air inquiète d’autant plus qu’il est situé à quelques kilomètres seulement de la frontière. En conséquence, le niveau de surveillance de la faune sauvage a été renforcé dans 14 communes du Bas-Rhin (Artolsheim, Bindernheim, Boofzheim, Bootzheim, Diebolsheim, Friesenheim, Mackenheim, Marckolsheim, Rhinau, Richtolsheim, Saasenheim, Schoenau, Sundhouse, Wittisheim), où il est passé au niveau « 2B ». Ce niveau, qui concerne les « zones limitrophes d’une zone infectée », est déjà appliqué dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis le 7 janvier dernier, à la suite de la découverte de sangliers infectés par la PPA dans le nord de l’Italie. Ce niveau de surveillance s’applique également dans les départements de Haute-Corse, de Corse-du-Sud, de Mayotte et de La Réunion, ainsi que dans l’ancienne zone blanche le long de la frontière avec la Belgique, constituée par une partie des départements des Ardennes, de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse.

Quand le sanglier sort du bois !

Les sangliers sont dans la plaine… Il s’agit plus là d’opportunités alimentaires que de changement de mœurs, mais depuis une dizaine de jours, l’activité des bêtes noires est visible. Cela signifie que les laies, en fin de période de lactation, se déplacent, entrainant derrière elles des marcassins qui commencent à avoir un solide appétit. En forêt, à cette période de l’année, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous le groin alors qu’un peu plus loin, en plaine, les épis des céréales commencent leur stade laiteux. Les risques de dégâts vont donc se multiplier, et c’est ce qui a déclenché, à partir du premier juin et dans quasiment tous les départements, le tir possible des bêtes noires. Chacun, selon son territoire et les nécessités du moment interviendra à sa façon, mais rappelons que cette chasse d’été a surtout pour objectif d’aider les agriculteurs. Attention donc à ne pas déstructurer les compagnies, ce qui aurait un effet inverse au résultat recherché. Le tir d’un marcassin ou d’une bête rousse, éventuellement une petite bête de compagnie, suffit généralement à décantonner la compagnie et à assurer la tranquillité des lieux pour une quinzaine de jours…

​​​​​​​Premier cas de tularémie de l'année 2022

Aux Etats-Unis, le département de la santé du comté de Pueblo, dans le Colorado, a confirmé le premier cas humain de tularémie de l'année 2022. Le patient est un enfant. Le Département de la santé publique et de l'environnement rappelle que la bactérie responsable (Francisella tularensis), potentiellement mortelle, peut infecter les animaux à sang chaud : chiens, chats, lapins, lièvres, campagnols, castors et les humains. Les animaux infectés excrètent la bactérie dans leurs laissées et urine, et de très nombreuses bactéries sont présentes dans les carcasses, où elles peuvent persister de longues périodes. L'homme, lui, peut être infecté à la suite d'un contact avec un animal, en touchant le sol contaminé, en consommant de la viande de chasse mal cuite ou en buvant de l'eau contaminée. Les symptômes de la tularémie comprennent de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs articulaires, des vomissements, une toux sèche et des difficultés respiratoires. Des précautions sont à prendre : - évitez les zones où il a été trouvé du gibier mort ; - portez des gants lors de la manipulation du petit gibier; - lavez-vous les mains après avoir retiré les gants ; - faites bien cuire toutes les viandes de gibier.

Selon l’INRAE, une agriculture zéro pesticide, c'est possible…

Le plan Ecophyto, qui prévoit de réduire de moitié l’utilisation des pesticides de synthèse d'ici à 2025, soulève la question : comment se nourrir demain en préservant la planète ? L'idée est donc d’inventer (ou plutôt de réinventer) une agriculture sans pesticide, en utilisant la biodiversité comme moyen de défense. Une expérimentation vient d’être lancée sur 120 hectares, dans la région de Dijon (Côte d'Or), où des chercheurs de l'INRAE testent toutes sortes d'hypothèses de cultures, avec ou sans labours, engrais ou irrigation, et sans aucun pesticide. Cette plateforme expérimentale, baptisée « CA-SYS » (acronyme en anglais de « co-designed agroecological system experiment ») explore sur 50 parcelles des systèmes d'agroécologie, mesure leurs performances environnementales et leur rentabilité à moyen terme. « Ici, on va prendre des risques qui vont au-delà de ce que peuvent faire les agriculteurs, explorer et apprendre de nos échecs » a expliqué Stéphane Cordeau, qui pilote ce projet, ajoutant : « En France, où 35% de ce que nous mangeons est lié à l'action des insectes pollinisateurs, le plan Ecophyto, révisé en 2018, s'est donné comme objectif de réduire de 50% l'usage des pesticides de synthèse d'ici à 2025. Un objectif fixé à 2030 au niveau européen… ».

Au moins 70 ours et 8 loups identifiés dans les Pyrénées franco-espagnoles

Le projet européen « LoupO », coordonné par l'Université autonome de Barcelone (UAB), a identifié au moins 70 ours et 8 loups dans les Pyrénées franco-espagnoles et en Andorre. Selon l'UAB, l'objectif principal de ce projet était de développer un plan transfrontalier de surveillance et de suivi, notamment génétique, des populations d'ours et de loups, deux espèces qui font partie du patrimoine naturel de l'Espagne, de la France et d'Andorre. Les chercheurs ont certifié que les deux espèces présentent des distributions transfrontalières : l'ours avec une population reproductrice dans les Pyrénées centrales (Haute Garonne, Ariège, Val d'Aran et Pallars) et le loup, par la présence de quelques mâles erratiques installés dans les Pré-Pyrénées et dans les Pyrénées orientales. Plus de 500 échantillons non invasifs (poils, fèces, urine dans la neige) ont été collectés pour identifier les ours et les loups, auxquels il faut ajouter les données génétiques et écologiques obtenues grâce aux caméras, aux observations, à la localisation des animaux sauvages et des proies domestiques, ont permis d'identifier un minimum de 70 ours différents dans l'ensemble des Pyrénées et un minimum de 4 loups sur le seul versant catalan.

Orages : des milliers de petits animaux sauvages victimes de la grêle

La vague orageuse qui a traversé la France, le week-end dernier, a été meurtrière pour la petite faune, victime en masse des grêlons. Sur plus de 40 départements touchés, les animaux ont été impactés par des grêlons de plusieurs dizaines de grammes (70 à 80 pour les plus lourds) qui arrivaient au sol à près de 10 m/s. A cette vitesse, le choc est tel qu’aucun oiseau, ni levrauts à découvert, voir même des faons de chevreuils nouveaux nés, ne résistent. Le bilan global est quasiment impossible à établir, car les extrapolations sont très variables d’une région à l’autre, mais sur le terrain, les cadavres sont comptés par milliers. La région qui semble être la plus sinistrée est celle de Vichy, dans l’Allier, où pigeons, corneilles, corbeaux, moineaux et autres passereaux ont été blessés et tués, de même que des perdrix, des faisans et des canards surpris par les orages. Des sacs poubelles entiers d’oiseaux morts ont été ramassés, et, d’après les bénévoles qui ont procédé à cette collecte mortifère : « plusieurs camions d'équarrissage ont été remplis… ». En rase campagne, les chasseurs vont avoir à mesurer l’ampleur des dégâts, et prendre les dispositions qui s’imposent…

Carton vert pour la planète

A quelques mois de la Coupe du Monde de foot-ball qui se déroulera au Qatar en octobre prochain, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a rappelé son engagement en faveur de l’accord-cadre pour le sport au service de l’action climatique. Il a diffusé ce communiqué à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement du 5 juin dernier : « En tant que président de la FIFA, je demande à tous ceux qui aiment le football, et se soucient de l’environnement,  de sortir le carton vert de la FIFA pour la planète. La FIFA prendra sa part avec son objectif de proposer une Coupe du Monde neutre en carbone… Enregistrez un bref message dans lequel vous nous expliquerez ce que vous comptez faire pour préserver l’environnement et sauver notre monde. Vous pourrez ensuite le diffuser sur les réseaux sociaux. Mobilisons-nous ensemble pour cette cause ! ». Le message de Gianni Infantino est disponible en intégralité sur FIFA.com

​​​​​​​Un aigle « impérial » abattu en Autriche

Bien que l’Histoire (avec un grand H) n’en soit pas à l’origine, elle nous le rappelle : nous avons en France l’aigle royal, et les Autrichiens l’aigle impérial. Ce fut donc un véritable événement lorsque, des deux œufs du nid, un petit mâle et une petite femelle sortaient de leur coquille l'année dernière, près du lac de Neusiedl, dans l'est de l'Autriche. Le 27 juin 2021, Birdlife Autriche posait un émetteur sur chacun des deux oiseaux et pouvait suivre leurs déplacements. Alors que le jeune mâle était, en Autriche même, tué par une pale d’éolienne, la femelle, baptisée « Artésimia », s’envolait vers la Grèce, puis les Balkans, l’Allemagne du nord, les Pays-Bas, le Grand-Duché du Luxembourg, la France, puis l’Allemagne du sud pour revenir en Autriche. Et c’est là qu’elle a été touchée par un tir dont l’auteur est activement recherché. Trop gravement blessée, elle a dû être euthanasiée, comme l’a rapporté BirdLife Autriche qui a précisé : « Les examens ont révélé que l'oiseau avait manifestement été blessé par balle alors qu'il était posé. Le projectile a pratiquement sectionné les deux pattes et la perte massive de sang a condamné l’oiseau. Il est triste et honteux qu'Artemisia ait été accompagnée avec bienveillance par le public lors de son long voyage à travers l'Europe, et qu'elle ait été abattue de manière aussi brutale à peine rentrée chez elle… ».

Nouveau contrat État / ONF : moins de fonctionnaires mais plus de privés

A la suite du conseil des ministres du 1er juin, le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire a présenté une ordonnance relative aux agents de l’ONF, à qui il est confié « sur les forêts publiques, à la fois des missions de service public à caractère administratif (surveillance et protection), et des missions de service public à caractère industriel et commercial (gestion et valorisation) ». Dans son communiqué, le ministère précise : « Compte tenu des évolutions des compétences et des métiers au sein de l'ONF depuis sa création, la part des salariés de droit privé s'est progressivement accrue. Ces salariés exercent des fonctions très diverses, à tous les niveaux hiérarchiques, et pour tous les domaines d’activités. Le contrat d'objectif et de performance conclu entre l’État et l'établissement pour la période 2016-2020 avait pris acte de cette évolution, et avait appelé à amplifier le mouvement en parallèle du départ à la retraite de personnels fonctionnaires. Cet objectif a été repris dans le nouveau contrat État-ONF couvrant la période 2021-2025. Dans ce contexte, sur le fondement de l’article 79 de la loi n° 2020-1525 du 7 décembre 2020 d'accélération et de simplification de l'action publique, le législateur a habilité le Gouvernement à prendre, par ordonnance, les mesures nécessaires afin de « modifier les dispositions du code forestier relatives à l'ONF afin d'élargir les possibilités de recrutement d'agents contractuels de droit privé, et de leur permettre de concourir à l'exercice de l'ensemble des missions confiées à l'Office, y compris la constatation de certaines infractions et à l'exclusion de leur recherche, par certains d'entre eux commissionnés et assermentés à cet effet ». Cette ordonnance permet d'appliquer à l'ONF le droit commun concernant les personnels des établissements publics industriels et commerciaux, de rendre plus cohérente la gestion des personnels tout en permettant également aux agents de droit privé de constater, sans les rechercher, les infractions en forêt, et participer ainsi aux politiques de prévention de feux de forêt dès l’été 2022. Ces évolutions s’inscrivent dans la volonté du Gouvernement de renforcer cet établissement public national au cœur des enjeux du changement climatique ». 

Grand tétras : 5 ans de diète pour avoir trop tardé !

En date du 1er juin, le Conseil d’Etat, saisi par sept associations de défense de l’environnement, a suspendu la chasse du grand tétras dans les Pyrénées jusqu’en 2027, « le temps que cette espèce vulnérable se reconstitue ». Cette lueur d’espoir, à laquelle les mieux informés ne croient même pas, a déclenché, coté chasseurs et coté protecteurs du grand oiseau, des réactions qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu : la survie de cette espèce emblématique. Si le but (non avoué) des écolos est d’arriver à la faire classer « espèce protégée » pour bénéficier des fonds alloués par l’Europe, les chasseurs ont sans doute trop tardé pour proposer des mesures, imposées désormais par le Conseil d’Etat. La FNC parle de « coup tordu » qui mènera à la disparition programmée du grand tétras, si les territoires ne sont plus entretenus par les chasseurs. C’est reconnaitre implicitement qu’aujourd’hui ils le sont, mais que ça ne suffit pas pour sauver l’oiseau, et c’est faire abstraction des véritables causes du déclin : la modification du biotope, la disparition des zones de quiétude, les aménagements (touristiques et d’exploitation) en montagne qui facilitent la pénétration des humains toujours plus haut, toujours plus loin. Dans les Vosges, où l’oiseau n’est plus chassé depuis un demi-siècle, il a disparu, et c’est probablement son avenir dans les Pyrénées. Avec cette décision du Conseil d'Etat, et si malheureusement cette sinistre prédiction arrive, l’opinion publique ne pourra pas accuser les chasseurs d’en être les responsables. Et c’est bien là, le seul point positif de cette affaire…

​​​​​​​Marne : « Chasse & Terroir en fête » les 17, 18 et 19 juin

C’est dans le cadre verdoyant de la Maison de la Chasse et de la Nature que se déroulera la 4e édition orchestrée par la FDC de la Marne, avec le soutien de nombreux partenaires. Cette édition 2022 sera l’occasion, à l’hippodrome du Mont-Choisy, de renouer avec les valeurs et les traditions : concert de trompe de chasse, village canin (chiens courants, chiens d’arrêt), village du terroir (productions locales), village des professionnels (stands commerciaux (accessoires et équipement pour la chasse), village des associations cynégétiques, présentation et animations variées (fauconnerie, espace biodiversité, ONF, Fédération Départementale pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques, Association Départementale des Chasseurs de Gibier d’Eau et d’Oiseaux Migrateurs (ADCOM), FDSEA, Symbiose, Chambre d’agriculture, Agrifaune, croqueurs de pommes et apiculteurs). Pour les plus jeunes : balades à poney, accrobranche, jeux en bois, animations liées à la nature… Tous les détails sur www.fdc51.com et sur la page Facebook de la FDC.