Sommet de l’Élevage 2026 : quatre jours au cœur du pastoralisme et... des prédateurs

Du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026, le Sommet de l’Élevage retrouvera le parc des expositions de Clermont-Ferrand-Cournon pour sa 35e édition. Le rendez-vous annonce près de 1 800 exposants et environ 2 000 animaux, avec une place importante accordée cette année au pastoralisme, aux systèmes herbagers et aux enjeux de biodiversité. Le programme officiel prévoit par ailleurs 160 conférences, ainsi que de nombreux concours et présentations animales. La première journée sera notamment marquée par les concours bovins. Le concours Aubrac se déroulera au Zénith de 8 h 30 à 11 heures, suivi notamment du concours Parthenais de 11 heures à 12 h 30. L’après-midi, le concours national Limousin prendra place de 13 heures à 17 h 30. Côté conférences, les questions agricoles et territoriales seront au centre des échanges, avec notamment, de 10 heures à midi, une rencontre consacrée aux éleveurs, aux prairies, aux revenus et à l’avenir de la PAC. Le pastoralisme constituera l’un des fils rouges de cette édition. Dès le mardi 6 octobre, une conférence consacrée au « Pastoralisme et Biodiversité » se tiendra de 18 h 30 à 21 heures. Elle abordera notamment le rôle du pâturage dans la biodiversité, l’évolution des paysages et la place des systèmes pastoraux dans les modèles agricoles futurs. Le mercredi 7 octobre, le programme approfondira cette thématique avec une matinée consacrée aux territoires d’élevage et aux systèmes herbagers et pastoraux, de 10 heures à 12 heures. Une autre conférence, de 10 h 30 à 11 h 30, portera sur les dynamiques et les enjeux actuels du pastoralisme. Jeudi 8 octobre, le rôle de l’élevage pastoral dans la préservation des paysages sera notamment abordé de 16 heures à 17 heures. Enfin, vendredi 9 octobre, une conférence consacrée au pastoralisme et aux zones humides se déroulera de 13 h 30 à 14 h 30, avant une projection documentaire sur les estives pyrénéennes de 14 h 30 à 16 heures. Le salon sera ouvert au public de 8 h 30 à 19 heures les mardi 6, mercredi 7 et jeudi 8 octobre, puis de 8 h 30 à 17 h 30 le vendredi 9 octobre.

 

Programme officiel du Sommet de l’Élevage 2026


Climat et impacts humains sur le chevauchement des niches alimentaires entre le bétail et les ongulés sauvages

Alors que les activités anthropiques continuent de s’étendre à l’échelle mondiale, l’empiètement du bétail dans les habitats de la faune sauvage menace de plus en plus les équilibres écologiques, notamment en modifiant les interactions entre espèces. Des millions d’ongulés sauvages partagent désormais les ressources végétales avec les herbivores domestiques, subissant une double pression liée à la concurrence et au stress nutritionnel provoqué par la diminution de la qualité des fourrages. Si de nombreuses recherches ont étudié les interactions potentielles entre espèces sauvages et domestiques, une synthèse quantitative de leur ampleur et de leurs principaux déterminants faisait jusqu’ici défaut. Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse portant sur 57 études évaluées par des pairs, représentant 329 cas, afin d’étudier à l’échelle mondiale le partage des ressources alimentaires entre ongulés sauvages et bétail. Les résultats montrent que les caractéristiques des espèces sauvages ainsi que le type d’élevage influencent significativement l’intensité de cette concurrence. Les conditions climatiques, les précipitations annuelles et l’importance des activités humaines modifient également les relations observées. Les régions polaires et les espèces de grande taille apparaissent particulièrement sensibles aux perturbations anthropiques. À l’inverse, dans les secteurs bénéficiant de précipitations abondantes, les variations d’intensité du partage alimentaire sont moins importantes. Ces résultats montrent que les relations entre herbivores sauvages et domestiques dépendent d’une combinaison de facteurs écologiques et humains. Pour les chercheurs, la conservation doit donc intégrer plusieurs leviers : réduire les perturbations dans les régions polaires, mieux coordonner la gestion du pâturage et la limitation des activités humaines dans les grands habitats d’ongulés, ou encore adapter la composition des troupeaux et l’apport d’aliments complémentaires dans les régions tropicales ou pauvres en eau. Le chevauchement alimentaire ne constitue toutefois qu’un des paramètres à prendre en compte : il doit être croisé avec les autres menaces pesant sur les populations sauvages afin d’obtenir une évaluation plus complète des risques de conservation.


États-Unis : Washington veut « redynamiser le patrimoine cynégétique américain »

Le Boone and Crockett Club, organisation américaine historique engagée dans la conservation de la faune et la défense de la chasse, a salué le décret présidentiel du 17 septembre 2026 intitulé « Reinvigorating America’s Hunting Heritage » (« Redynamiser le patrimoine cynégétique américain »). Le texte a été annoncé lors d’un dîner organisé à la Maison-Blanche en présence de responsables de la conservation, de la chasse et de la pêche. Le décret s’articule autour de plusieurs priorités : faciliter l’accès des chasseurs aux terres fédérales, développer l’éducation et le recrutement de nouveaux pratiquants, favoriser des populations de gibier et accroître le don de viande de gibier. Il demande notamment aux administrations fédérales de proposer des mesures élargissant les possibilités de chasse, de pêche et de tir sur certains terrains publics, tout en prévoyant des actions concernant les habitats, les espèces invasives et certains facteurs limitant les populations de gibier. Le texte prévoit également des mesures en faveur de la formation des jeunes chasseurs et le développement de programmes permettant de distribuer de la venaison aux écoles et aux banques alimentaires. Le Boone and Crockett Club indique vouloir travailler avec les agences concernées sur les espèces dont certaines populations restent fragiles, notamment le cerf mulet et le mouflon d’Amérique. Derrière ces mesures apparaît une conception particulière de la philosophie cynégétique américaine. Depuis Theodore Roosevelt, fondateur du Boone and Crockett Club en 1887, une partie importante du mouvement des chasseurs-conservationnistes défend l’idée que la chasse réglementée peut participer directement au financement, à la gestion et à la protection de la faune. Le principe de « fair chase », ou chasse loyale, constitue l’un des fondements de cette tradition : le chasseur doit rechercher le gibier dans des conditions éthiques, sans avantage déloyal, et considérer l’expérience de chasse comme aussi importante que le prélèvement. Cette vision s’inscrit dans le North American Model of Wildlife Conservation, fondé notamment sur la gestion scientifique des populations, l’accès public à la faune et le principe selon lequel les ressources sauvages constituent un patrimoine collectif.


Abandons : pas de chiens de chasse parmi les profils cités...

Près de 39 000 chiens n’ont pas pu être accueillis en 2025 par les structures de protection animale, faute de places disponibles. C’est l’un des enseignements de la deuxième étude consacrée à l’abandon et à l’adoption, réalisée par la SPA et la Fondation Affinity auprès de 880 structures. Au total, celles-ci ont pris en charge environ 111 000 chiens, majoritairement des adultes. Le profil du chien recueilli est assez éloigné de certaines représentations. L’étude indique une forte présence de molosses, qui représentent 23 % des chiens pris en charge, notamment des Rottweilers ou des American Bully, ainsi que de malinois, à hauteur de 19 %. Ces chiens sont souvent plus difficiles à replacer en raison de leur comportement, des contraintes réglementaires ou des préjugés qui les entourent. Le rapport présente plutôt un chien type de taille moyenne ou grande, croisé et adulte. Il indique également que 37 % des chiens pris en charge proviennent d’un abandon direct par leur propriétaire, tandis que 46 % sont considérés comme des animaux errants. Distinction importante : contrairement aux chats, les chiens arrivent principalement dans les structures à la suite d’une séparation avec leur propriétaire. Les changements de vie, les difficultés financières ou la perte d’autonomie, mais aussi les problèmes de comportement, font partie des motifs régulièrement déclarés. Un élément mérite d’être relevé : les races de chiens de chasse ne figurent pas parmi les profils détaillés par l’étude. Cette absence est d’autant plus notable que le chien de chasse occupe une place importante dans la population canine française. Les chiffres disponibles ne permettent pas de recenser précisément ces animaux, mais les estimations généralement avancées dans le monde cynégétique évoquent environ quatre millions de chiens de chasse ou apparentés, sur un total d’environ huit millions de chiens en France. La France compte par ailleurs près d’un million de pratiquants de la chasse, ce qui donne une idée du nombre de propriétaires de chiens de chasse. Ces animaux sont principalement sélectionnés pour une fonction précise : chiens d’arrêt, courants, broussailleurs, rtetrievers, de terriers, d'ordre, ou chiens spécialisés dans la recherche du gibier blessé.


PPA : les sangliers au cœur des nouvelles règles sur le commerce des viandes de suidés

Face à la progression de la peste porcine africaine (PPA) en Europe, l’administration française rappelle les règles applicables au commerce et aux mouvements des viandes de porcs et de sangliers. Publiée début septembre 2026, l’instruction technique DGAL/SDSSA/2026-531 précise les conditions permettant les échanges depuis les zones réglementées. Le sanglier constitue un enjeu particulier. La PPA, qui ne présente pas de danger pour l’homme, peut en revanche provoquer de lourdes mortalités chez les suidés sauvages et domestiques. Le virus possède par ailleurs une importante capacité de survie dans les produits carnés. Il peut notamment persister plusieurs mois dans de la viande de porc congelée et jusqu’à 300 jours dans certains jambons secs. Cette résistance explique l’importance accordée aux mouvements de viandes. Des produits contaminés peuvent contribuer à diffuser la maladie sur de longues distances. L’un des risques identifiés est celui du « sandwich » : des restes de viande contaminée abandonnés dans la nature peuvent être consommés par des sangliers et participer ainsi à l’introduction du virus dans une population sauvage. Pour les viandes provenant de suidés sauvages, une exigence supplémentaire s’applique : elles doivent être associées à un test de dépistage de la PPA négatif. L’instruction apporte également une précision importante concernant les sangliers chassés. La commercialisation ou la distribution de carcasses en peau de suidés sauvages provenant d’autres États membres touchés par la PPA est désormais interdite dans les circuits non agréés. La règle est encore plus stricte pour les sangliers provenant d’une zone française réglementée vis-à-vis de la PPA : leur entrée sur le territoire est interdite, y compris lorsqu’il s’agit d’un usage domestique privé. Ces dispositions renforcent donc la surveillance des flux de viandes et de carcasses de sangliers, alors que les échanges et déplacements de produits issus de zones contaminées constituent l’un des moyens possibles de propagation de la peste porcine africaine.


La semaine en bref...

- Aisne : les chasseurs ont clairement rejeté la suspension hivernale de l’agrainage du sanglier lors du référendum organisé le 19 septembre par la FDC. Sur les 2 250 votants, 1 433, soit 63,7 %, se sont prononcés contre l’interdiction, tandis que 817 (36,3 %) l’ont approuvée. La participation représente un peu plus de 20 % des quelque 11 000 chasseurs du département. La consultation portait sur une mesure inscrite dans le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) 2026-2032, approuvé par le préfet en mai dernier. Celle-ci prévoit de suspendre l’agrainage du 15 octobre au 15 février, tout en maintenant la pratique en dehors de cette période selon les conditions prévues par le schéma. Le sujet est particulièrement sensible dans un département où près de 20 000 sangliers ont été prélevés lors de la dernière saison et où les dégâts agricoles indemnisés atteignent environ 2 millions d’euros. La FDC avait défendu cette suspension, considérant que l’agrainage pouvait contribuer au maintien de fortes densités de sangliers. À l’inverse, ses opposants estiment qu’il constitue un outil de dissuasion permettant notamment de limiter les déplacements des animaux vers les cultures. Le résultat du référendum ne supprime pas automatiquement la disposition du SDGC. Le président de la FDC, Nicolas Hansen, a toutefois annoncé qu’il respecterait le vote et porterait auprès de l’administration la demande de levée de l’interdiction.

 

- Allier : depuis 2022, la FDC mène un vaste programme de création et de restauration de mares. Quatre ans plus tard, près de 600 points d’eau ont déjà été réhabilités ou créés dans le département. Et le programme se poursuit, les demandes continuant d’affluer. Pour Jean-Pierre Gaillard, président de la fédération bourbonnaise, chaque mare constitue un véritable petit écosystème : « À chaque fois que vous créez ou restaurez une mare, vous recréez un écosystème favorable aux insectes, aux batraciens, à une espèce rare comme la cistude d’Europe, et à la biodiversité en général ». Ces points d’eau rendent également service à l’agriculture, notamment en offrant des ressources pour l’abreuvement du bétail. Ils bénéficient enfin à la faune chassable en favorisant le retour des oiseaux d’eau, qui disposent ainsi de nouveaux habitats entre cours d’eau et grands étangs.

 

- Ariège : une matinée de chasse mouvementée s’est terminée par un heureux dénouement, dimanche 20 septembre, à La Tour-du-Crieu. Les sapeurs-pompiers ont été appelés après la chute d’un chien de chasse dans un puits situé au milieu d’un champ de maïs. L’animal était prisonnier à environ cinq mètres de profondeur, rendant toute intervention particulièrement délicate. Six sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour mener à bien cette opération de sauvetage, qui aura duré près d’une heure. Compte tenu de la configuration du terrain et de l’accès difficile au puits, les secours ont dû réaliser une manœuvre d’excavation afin d’approcher progressivement l’animal. Chaque étape a été effectuée avec précaution pour éviter de le blesser davantage et garantir la sécurité des intervenants. Les pompiers sont finalement parvenus à atteindre le chien et à le sortir de son piège, sain et sauf...

[ LIRE LA SUITE... ]


La portée des tirs au grand gibier : la sécurité avant l’efficacité

Avec la reprise des chasses en battue, une question doit se poser avant chaque tir : où ira la balle si elle manque le gibier ? Avec les armes et munitions modernes, un projectile peut parcourir une très grande distance tout en conservant une énergie importante. La sécurité dépend donc autant de la cible que de tout ce qui se trouve dans son prolongement. Avant de tirer, le chasseur doit être certain de l’identité du gibier, de la direction du tir et surtout de la présence d’un arrière-plan capable d’arrêter le projectile. Cette vigilance est particulièrement importante en battue, où végétation, relief, déplacement des animaux et présence d’autres chasseurs compliquent l’analyse de la situation. Un tir qui paraît évident à première vue peut devenir dangereux quelques mètres plus loin. La position du tireur intervient également. Depuis un mirador, la hauteur apporte généralement une composante descendante, mais elle ne transforme pas pour autant un secteur dangereux en zone sûre. Relief, pente, fossé, végétation ou déplacement du sanglier peuvent modifier la trajectoire et tromper l’appréciation visuelle. Il faut donc connaître son poste avant la chasse, repérer les secteurs interdits, identifier les zones de tir et respecter les consignes du responsable de battue. En cas de doute sur l’arrière-plan, le tir doit être abandonné. La hauteur du mirador ne dispense jamais de cette vérification. De même, distances et angles ne peuvent être considérés comme des recettes universelles : chaque terrain possède ses particularités. La prudence repose finalement moins sur un calcul théorique que sur une discipline permanente et la capacité à renoncer lorsque toutes les conditions ne sont pas réunies...

[ LIRE LA SUITE... ]


Le ministère de la Transition écologique se réorganise : une nouvelle direction pour regrouper eau, biodiversité et risques

Le ministère de la Transition écologique accélère sa réorganisation. Annoncée en juin 2026 par la ministre Monique Barbut, la réforme prévoit la création d’une Direction générale de l’environnement (DG Environnement) regroupant plusieurs compétences aujourd’hui réparties entre différentes directions. Les premiers macro-organigrammes ont été présentés lors du comité de suivi du 9 septembre. Le projet vise notamment à réunir au sein d’une même structure les politiques consacrées à l’eau, la biodiversité, la prévention des pollutions et des risques, mais aussi la santé environnementale, le droit de l’environnement et l’économie circulaire. Selon la ministre, l’objectif est de rendre l’organisation plus lisible et de mieux coordonner des politiques qui sont de plus en plus interdépendantes. Le périmètre des missions serait maintenu et la réforme ne serait officiellement motivée ni par une réduction des effectifs ni par des économies budgétaires. La réforme repose sur trois grands axes : création de la nouvelle DG Environnement, recentrage de la DGALN sur le logement, la construction, l’urbanisme et l’aménagement, et regroupement de plusieurs fonctions transversales au sein du secrétariat général. Une nouvelle direction consacrée aux statistiques, aux études et à la recherche doit également voir le jour. Brice Huet a été chargé de préfigurer la future DG Environnement. La mise en œuvre est prévue pour début 2027. Cette réorganisation suscite toutefois des interrogations syndicales. La CFDT estime notamment qu’un regroupement administratif ne suffira pas nécessairement à améliorer les arbitrages si les moyens humains et budgétaires diminuent. Elle souligne également le risque que certains dossiers moins visibles deviennent orphelins au sein d’une structure beaucoup plus importante. L’enjeu est particulièrement important pour l’eau et la biodiversité, deux politiques désormais confrontées à des pressions croissantes liées au changement climatique, aux pollutions et à la dégradation des milieux. L’Union européenne souligne elle-même l’interdépendance croissante entre qualité de l’eau, biodiversité et pollution. La nouvelle architecture administrative devra donc démontrer qu’elle permet réellement de mieux coordonner ces politiques, au-delà du simple changement d’organigramme.