Dimanche 2 août 2026 : Grande fête Chasse et Campagne à Bresse sur Grosne (Saône et Loire)

Feux de forêts : les agriculteurs appelés à renforcer les secours dans un cadre coordonné

Face aux violents incendies qui frappent la Gironde, le ministère de l'Agriculture souligne la forte mobilisation du monde agricole aux côtés des sapeurs-pompiers et des services de secours. Tracteurs équipés de tonnes à eau, citernes, matériels agricoles ou encore personnels volontaires : les exploitants apportent un soutien précieux pour lutter contre les flammes et protéger les populations. Cette solidarité, saluée par les autorités, doit toutefois s'inscrire dans une organisation rigoureuse. Le ministère rappelle que toute intervention spontanée, aussi généreuse soit-elle, peut exposer les volontaires à des dangers importants et compliquer le travail des secours déjà engagés sur le terrain. C'est pourquoi les agriculteurs souhaitant participer aux opérations sont invités à se déclarer au préalable auprès de la Chambre d'agriculture de la Gironde, en indiquant leur identité, leurs coordonnées ainsi que les matériels dont ils disposent. Cette procédure permet, en lien avec la préfecture, de recenser les moyens mobilisables et de les orienter vers les secteurs où les besoins sont les plus importants. Le dispositif vise également à éviter les interventions dans des zones dangereuses ou déjà prises en charge par les services d'incendie et de secours. Une coordination étroite entre les agriculteurs, la préfecture et les sapeurs-pompiers constitue ainsi la meilleure garantie d'une action efficace, utile et réalisée dans des conditions de sécurité optimales. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a tenu à rendre hommage à l'engagement du monde agricole. « Je salue l'engagement des agriculteurs aux côtés des combattants du feu... ». Elle insiste toutefois sur la nécessité d'un engagement organisé : « Pour être pleinement efficace et garantir la sécurité de tous... ».


Canicule et tularémie : les fortes chaleurs favorisent-elles l'émergence de la maladie chez le lièvre ?

La tularémie, provoquée par la bactérie Francisella tularensis, est une zoonose largement répandue dans l'hémisphère Nord. Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) en constitue l'un des principaux réservoirs en Europe occidentale, aux côtés de nombreux petits rongeurs. Si les épisodes de canicule ne provoquent pas directement la maladie, plusieurs mécanismes écologiques montrent qu'ils peuvent créer des conditions favorables à son apparition, à sa circulation et à sa détection. Les fortes chaleurs constituent avant tout un facteur de stress physiologique. Chez le lièvre, espèce particulièrement sensible aux températures élevées, l'hyperthermie s'accompagne d'une augmentation de la dépense énergétique, d'une déshydratation progressive et d'une diminution des capacités immunitaires. Cette immunodépression peut favoriser l'expression clinique d'une infection jusque-là latente ou augmenter la sensibilité des individus à une contamination récente. La chaleur modifie également le comportement des animaux. Les lièvres réduisent leurs déplacements diurnes et recherchent des secteurs plus frais et plus humides, où se concentrent également les tiques et d'autres arthropodes hématophages susceptibles de transmettre Francisella tularensis. Cette concentration des animaux autour des mêmes points d'eau ou des zones ombragées accroît mécaniquement les contacts entre individus et les possibilités de transmission indirecte. Les épisodes de sécheresse influencent aussi la survie de la bactérie dans l'environnement. Si Francisella tularensis résiste relativement bien dans les eaux fraîches, les sols humides ou les cadavres, les températures élevées accélèrent généralement sa destruction dans les milieux fortement exposés au rayonnement solaire. En revanche, les alternances de sécheresse et d'orages peuvent favoriser la dispersion de matières contaminées et maintenir localement des foyers infectieux. La canicule agit également sur les vecteurs biologiques. Les tiques, principaux vecteurs de la maladie en Europe, voient leur activité fortement dépendre de l'humidité. Une sécheresse prolongée limite leur quête d'hôtes, mais les populations se concentrent alors dans les secteurs encore humides, où le risque de transmission peut devenir localement plus élevé. D'autres insectes piqueurs, comme certains taons ou moustiques, peuvent également participer à la diffusion mécanique de la bactérie. Chez les lièvres atteints, les signes cliniques restent souvent peu spécifiques : abattement, amaigrissement, comportement inhabituel, parfois conjonctivite ou inflammation oculaire. Toutefois, ces symptômes ne permettent pas, à eux seuls, de distinguer la tularémie d'autres affections, notamment de la myxomatose récemment apparue chez le lièvre européen. À ce jour, aucune étude ne démontre qu'une canicule déclenche directement une épizootie de tularémie. En revanche, les connaissances actuelles convergent pour considérer les fortes chaleurs comme un facteur aggravant. Dans un contexte de réchauffement climatique marqué par des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses, la surveillance sanitaire des populations de lièvres apparaît donc plus que jamais indispensable, tant pour la conservation de l'espèce que pour la prévention de cette zoonose chez l'homme.


Une étude révèle que la montée des océans menace bien plus de personnes que prévu

Une étude publiée dans la revue scientifique Nature met en évidence une possible sous-estimation des risques liés à l'élévation du niveau de la mer. Selon les chercheurs, la plupart des études consacrées aux inondations côtières utilisent un point de référence qui ne correspond pas au niveau réel des eaux en bord de mer, ce qui conduit à minimiser les surfaces exposées aux futures submersions. Les auteurs ont analysé plusieurs centaines de travaux scientifiques et concluent qu'environ 90 % des études sous-estiment le niveau de référence des eaux côtières d'environ 30 centimètres en moyenne. Cet écart est particulièrement marqué dans les régions du Pacifique, en Asie du Sud-Est et dans de nombreux pays du Sud, alors qu'il apparaît plus limité en Europe et sur les façades atlantiques. Selon les chercheurs, cette différence provient d'un décalage entre les méthodes utilisées pour mesurer l'altitude des terres et celles servant à mesurer le niveau de la mer. De nombreuses évaluations considèrent un niveau marin théorique, sans intégrer certains phénomènes naturels comme les marées, les courants, les vagues, le vent ou encore les variations océaniques. Ce choix méthodologique fausserait le point de départ des calculs. En corrigeant ce paramètre, l'étude estime que, dans un scénario où le niveau des mers s'élèverait de plus d'un mètre d'ici la fin du siècle, les surfaces potentiellement submergées pourraient être 37 % plus importantes que prévu. Les chercheurs soulignent également que ces résultats pourraient avoir des conséquences sur la planification des politiques d'adaptation, notamment pour les infrastructures, l'aménagement du littoral et la protection des populations. Ces travaux invitent à réexaminer les méthodes utilisées pour évaluer les risques côtiers, afin de mieux prendre en compte les conditions réelles du niveau de la mer et d'affiner les projections concernant les populations exposées aux futures submersions marines.


Natura 2000 face au changement climatique : Bruxelles prépare l'adaptation des espaces protégés

La Commission européenne vient de publier un document d'orientation destiné à accompagner les États membres dans l'adaptation du réseau Natura 2000 aux effets du changement climatique. D'emblée, Bruxelles précise toutefois qu'il ne s'agit pas d'un nouveau texte réglementaire. Ce guide n'a aucune valeur juridique contraignante et ne modifie ni les directives « Oiseaux » ni « Habitats ». Il expose simplement la position de la Commission et propose des pistes de réflexion afin d'aider les États à définir les mesures les plus adaptées à leur contexte national. Pour la Commission, le constat est sans appel : l'Europe se réchauffe près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Cette évolution se traduit par une multiplication des vagues de chaleur, des sécheresses, des incendies, des inondations et une modification progressive des écosystèmes. De nombreuses espèces animales et végétales voient déjà leur aire de répartition migrer vers le nord ou vers des altitudes plus élevées, remettant en question les stratégies de conservation mises en place depuis plusieurs décennies. Face à cette évolution, Bruxelles considère que la protection de la biodiversité constitue également un outil d'adaptation au changement climatique. Les forêts, les zones humides, les tourbières, les prairies et les autres milieux naturels jouent un rôle essentiel dans le stockage du carbone, la régulation des ressources en eau, la limitation de l'érosion et la réduction des risques d'inondation. C'est pourquoi la Commission encourage le développement de « solutions fondées sur la nature », consistant à restaurer ou gérer les écosystèmes afin qu'ils répondent simultanément aux objectifs climatiques et à ceux de la conservation. Le document recommande ainsi aux gestionnaires des sites Natura 2000 d'intégrer davantage les évolutions climatiques dans leurs plans de gestion. Il préconise d'évaluer la vulnérabilité des habitats, d'identifier les futurs refuges climatiques, de restaurer les milieux dégradés, de renforcer les continuités écologiques et, lorsque cela s'avère nécessaire, d'adapter les limites de certains sites afin d'accompagner les déplacements naturels des espèces. La Commission souligne également que les enjeux écologiques dépassent largement le cadre des espaces protégés. Elle souhaite renforcer la coordination entre les politiques de conservation, l'agriculture, la forêt, l'aménagement du territoire et la gestion des risques naturels. Cette approche s'inscrit dans les engagements pris par l'Union européenne au titre de l'Accord de Paris, de la loi européenne sur le climat et du futur règlement sur la restauration de la nature. Enfin, Bruxelles annonce la préparation d'un nouveau cadre européen intégré de résilience climatique, attendu au cours du second semestre 2026. Celui-ci devra permettre d'intégrer plus largement les enjeux climatiques dans la gestion des espaces naturels tout en renforçant leur contribution à la protection de la biodiversité, des populations et des activités économiques.


L'IA fabrique une fausse nature : les scientifiques tirent la sonnette d'alarme

Les progrès fulgurants de l'intelligence artificielle permettent aujourd'hui de créer des vidéos et des photographies d'animaux d'un réalisme saisissant. Si ces contenus séduisent les internautes et cumulent des millions de vues sur les réseaux sociaux, ils représentent également un danger grandissant pour la compréhension de la nature et les efforts de conservation, alertent plusieurs équipes de chercheurs. Dans une étude publiée dans la revue Conservation Biology, des scientifiques de l'université de Cordoue expliquent que ces images inventées modifient progressivement la perception du public. Des vidéos montrent par exemple des oiseaux protégeant tendrement leurs petits sous la pluie ou des prédateurs entretenant des relations affectueuses avec leurs proies. D'autres mettent en scène des ours polaires exprimant une gratitude presque humaine envers des pêcheurs venus les sauver. Ces scénarios, totalement fictifs, véhiculent une vision anthropomorphique de la faune qui ne correspond pas aux connaissances scientifiques. Le risque est loin d'être anodin. En présentant les animaux sauvages comme dociles, reconnaissants ou capables de comportements inspirés des émotions humaines, ces productions peuvent conduire le public à sous-estimer les dangers liés à la faune sauvage et à développer une perception erronée de son comportement. Elles peuvent également encourager l'engouement pour les animaux exotiques comme animaux de compagnie, alimentant indirectement le trafic d'espèces protégées. Les chercheurs craignent également que ces contenus privilégient systématiquement les espèces les plus « photogéniques », notamment les grands mammifères. Cette surreprésentation pourrait détourner l'attention et les financements des programmes consacrés à des espèces moins populaires mais tout aussi essentielles au fonctionnement des écosystèmes, comme les amphibiens, les reptiles, les insectes ou certains poissons. Autre conséquence préoccupante : la diffusion de fausses images accompagnées de localisations inventées peut attirer des visiteurs vers des sites où les espèces montrées n'existent pas, augmentant inutilement la pression touristique sur des milieux naturels déjà fragiles. Le danger ne concerne pas uniquement le grand public. Une seconde étude, publiée dans Nature Ecology & Evolution, souligne que les outils d'IA menacent désormais la qualité des données utilisées par les scientifiques...

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La semaine en bref...

- Doubs : la préfecture a arrêté les modalités du plan de chasse du chamois pour la saison 2026-2027. Le préfet Rémi Bastille fixe un prélèvement compris entre 277 et 331 animaux, contre un plafond de 451 lors de la saison précédente. Cette diminution sensible traduit une volonté d'adapter la gestion de l'espèce à l'évolution des effectifs et des observations de terrain, tout en conciliant préservation de la biodiversité et renouvellement des peuplements forestiers. Les autorités rappellent que le chamois peut exercer une pression sur les jeunes pousses d'essences forestières, notamment les érables, les frênes ou les chênes. L'objectif affiché est donc d'assurer une régénération durable des forêts, enjeu devenu encore plus important dans un contexte de changement climatique et de fragilisation des massifs. Cette décision est toutefois vivement contestée par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui estime que les populations de chamois ont fortement diminué ces dernières années et souligne le rôle de la prédation naturelle exercée par le lynx dans leur régulation. En abaissant significativement le quota maximal de prélèvement, la préfecture semble avoir privilégié une approche mesurée, cherchant à anticiper l'avenir en ajustant progressivement la gestion de cette espèce emblématique plutôt qu'en maintenant les niveaux de chasse des années précédentes.

 

- Haute-Garonne : la FDC vient de franchir une nouvelle étape en rejoignant un vaste programme national consacré au suivi des espèces migratrices. Depuis le mois de juin, elle est équipée d'un radar ornithologique installé à son siège de Carbonne, dans le cadre d'un projet d'écocontribution piloté par la FNC. La FDC 31 fait ainsi partie des sept fédérations françaises sélectionnées pour intégrer ce réseau de surveillance de haute technologie. Fonctionnant 24 heures sur 24 et quelles que soient les conditions météorologiques, ce radar est capable de détecter les oiseaux migrateurs, mais aussi les chauves-souris et les insectes. Il enregistre avec précision leur altitude, leur vitesse, leur direction et leurs trajectoires de vol. Les données recueillies alimenteront le réseau scientifique national AéroRad, qui rassemble déjà plusieurs dizaines de millions de signaux librement accessibles aux chercheurs et au grand public. Après une première analyse par les techniciens de la FDC 31, les informations seront transmises à la FNC afin d'enrichir cette base de connaissances. Au-delà du suivi des migrations, cet équipement permettra d'étudier les effets du changement climatique, de la pollution lumineuse ou encore des parcs éoliens sur les déplacements de l'avifaune, renforçant ainsi les connaissances scientifiques au service de la biodiversité.

 

- Jura : l'Association communale de chasse agréée (ACCA) de Montrond donne rendez-vous aux chineurs, collectionneurs et habitants du secteur, le dimanche 2 août pour la 34e édition de son traditionnel marché aux puces. Installée sur la place du village, cette manifestation est devenue, au fil des ans, un rendez-vous incontournable de l'été. Comme chaque année, de nombreux exposants proposeront une grande variété d'objets : mobilier ancien, vaisselle, livres, jouets, outils, décoration, vêtements, collections et curiosités en tout genre. Les visiteurs auront ainsi l'occasion de dénicher la perle rare tout en profitant d'une ambiance chaleureuse et conviviale. Les bénévoles de l'ACCA seront mobilisés tout au long de la journée pour assurer l'organisation et accueillir le public dans les meilleures conditions. Avec cette 34e édition, l'association perpétue une tradition locale qui contribue à l'animation du village et au dynamisme de la vie associative...

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À force de démonter les retenues, la France laisse filer son eau

Depuis plusieurs années, au nom de la « continuité écologique », des centaines de seuils, moulins, chaussées et petites retenues ont été arasés sur les rivières françaises. Présentée comme une victoire pour les milieux aquatiques, cette politique soulève pourtant une question de plus en plus préoccupante : en supprimant ces ouvrages, n'a-t-on pas sacrifié une fonction essentielle des cours d'eau, celle de retenir et de diffuser progressivement l'eau dans les sols ? Pendant des siècles, ces retenues ont façonné les paysages ruraux. Elles ralentissaient naturellement l'écoulement, relevaient le niveau des rivières sur plusieurs centaines de mètres et augmentaient considérablement la surface d'eau en contact avec les berges et le sous-sol. Derrière chaque seuil, l'eau stagnait ou s'écoulait lentement, laissant le temps à une partie de son volume de s'infiltrer dans les terrains riverains et de participer à l'alimentation locale des nappes phréatiques. Aujourd'hui, une fois ces ouvrages supprimés, la situation est radicalement différente. Le niveau de la rivière s'abaisse parfois de plusieurs dizaines de centimètres, voire davantage. L'eau se concentre dans le chenal principal et s'écoule rapidement sur le fond du lit. La surface de contact entre l'eau et les sols diminue fortement. L'infiltration existe toujours, mais dans de nombreux secteurs elle est potentiellement réduite par la baisse du niveau d'eau et par la diminution des zones durablement immergées. Cette réalité est rarement évoquée dans les débats publics, alors même que la France connaît des sécheresses de plus en plus longues et que la recharge des nappes phréatiques devient un enjeu stratégique. Le plus étonnant est que cette politique est justifiée par la nécessité de restaurer une prétendue continuité écologique qui, dans de nombreux cours d'eau, n'avait jamais véritablement disparu. Depuis des décennies, voire des siècles, poissons, amphibiens, insectes, oiseaux, mammifères et végétation ont colonisé l'ensemble des rivières françaises, des confluents jusqu'aux sources. Les écosystèmes observés aujourd'hui se sont construits autour de ces ouvrages anciens, devenus eux-mêmes des habitats pour une biodiversité riche et parfois remarquable. Vouloir effacer systématiquement ces héritages hydrauliques au nom d'une vision uniforme des rivières apparaît comme une approche particulièrement dogmatique. Chaque ouvrage possède sa propre histoire, ses caractéristiques hydrologiques et ses enjeux écologiques. Les traiter indistinctement revient à ignorer la diversité des territoires. À l'heure où l'eau devient une ressource stratégique, la priorité devrait être de ralentir les écoulements plutôt que de les accélérer. Restaurer ou maintenir certaines retenues, lorsqu'elles présentent un intérêt hydraulique et environnemental, pourrait contribuer à soutenir les niveaux d'eau en période sèche, favoriser l'infiltration locale, limiter les assecs et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. Il est temps d'abandonner les réponses idéologiques au profit d'une véritable gestion de bon sens. Avant de poursuivre le démantèlement d'ouvrages parfois pluriséculaires, un bilan scientifique complet de leurs effets sur les nappes, les étiages, les zones humides et la biodiversité devrait être réalisé. Car lorsque l'eau quitte trop vite les territoires, ce sont les rivières, les agriculteurs, les milieux naturels… et finalement tous les usagers qui en paient le prix.


Tribune : après les incendies, la biodiversité mérite mieux que les postures anti-chasse

Les images des incendies qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau sont bouleversantes. Deux mille hectares partis en fumée, des paysages dévastés, une faune éprouvée, des animaux brûlés, blessés ou contraints de fuir leur territoire. Face à un tel drame, chacun partage le même sentiment de tristesse. Mais cette émotion ne doit pas servir de prétexte à des revendications idéologiques sans fondement scientifique. À peine les flammes éteintes, certaines associations de protection animale réclament déjà la suspension de la chasse, estimant que les populations de gibier auraient besoin de se reconstituer. Présentée comme une mesure de bon sens, cette demande relève pourtant davantage de l'affichage militant que de la gestion rationnelle de la faune sauvage. La première réalité est d'ordre écologique. Les incendies ont effectivement détruit 2 200 hectares du massif de Fontainebleau. C'est considérable à l'échelle locale, mais cela représente environ 10 % d'une forêt de plus de 22 000 hectares. À l'échelle nationale, la situation mérite également d'être replacée dans son contexte. Depuis le début de l'année, 43 000 hectares ont brûlé en France. Un chiffre inquiétant, certes, mais rapporté aux 17,5 millions d'hectares de forêts métropolitaines, cela représente moins de 0,25 % du couvert forestier national. La seconde réalité est biologique. Les grands mammifères ne disparaissent pas avec les flammes. Cerfs, chevreuils ou sangliers disposent d'une remarquable capacité de déplacement et rejoignent rapidement les secteurs épargnés, où nourriture, eau et couvert restent disponibles. Les territoires incendiés sont rarement isolés, ils s'inscrivent dans un vaste réseau forestier où les animaux recolonisent progressivement les espaces sinistrés au fur et à mesure de leur régénération. Suspendre la chasse sur de vastes territoires ne ferait d'ailleurs qu'accentuer les déséquilibres. Les animaux survivants se concentreraient dans les massifs voisins, augmentant localement les densités, les dégâts agricoles, les collisions routières et la pression sur la végétation déjà fragilisée. Les plans de chasse, établis chaque année à partir de suivis biologiques précis, perdraient toute cohérence. La gestion adaptative de la faune ne se décide pas sous le coup de l'émotion, mais à partir de données de terrain. Il est d'ailleurs frappant de constater que les mêmes associations qui réclament aujourd'hui un arrêt de la chasse demeurent beaucoup plus discrètes lorsqu'il s'agit d'évoquer les véritables causes de ces catastrophes...

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