Vide Galerie Art à Lézat sur Lèze (Ariège) les 5 et 6 septembre 2026

Orthobunyavirus : quelles conséquences possibles chez les grands cervidés ?

L’émergence d’un nouvel orthobunyavirus de type Shamonda en France constitue un phénomène sanitaire à suivre avec attention. Détecté depuis la fin juillet dans des élevages bovins du Doubs, du Jura, de l’Ain, de la Haute-Savoie et de la Savoie, ce virus est transmis par les moucherons du genre Culicoides, les mêmes vecteurs que ceux impliqués dans la fièvre catarrhale ovine, la maladie hémorragique épizootique et le virus de Schmallenberg. Cette circulation, dans l’Est de la France, peut naturellement conduire à s’interroger sur les populations de ruminants sauvages partageant les mêmes territoires. Les cervidés, et notamment le cerf élaphe, sont susceptibles d’être exposés à des virus de ce groupe. Les travaux réalisés lors de l’émergence du Schmallenberg avaient ainsi mis en évidence une circulation du virus dans plusieurs populations françaises de cerfs élaphes, avec des animaux présentant des anticorps dans sept des neuf départements étudiés. La question de la reproduction mérite particulièrement d’être observée. Chez les ruminants domestiques, le virus de Schmallenberg a été associé à des avortements, des mortinatalités et des malformations congénitales lorsque l’infection intervient à certaines périodes de la gestation. Des observations en élevage avaient également fait apparaître une diminution de la prolificité après circulation du virus, laissant envisager un effet sur la reproduction autour de la période d’ovulation et du début de la gestation. Chez le cerf élaphe, une infection par un orthobunyavirus pourrait donc théoriquement intervenir dans la dynamique des hardes : baisse ponctuelle du succès reproducteur, pertes embryonnaires ou fœtales, mortalité néonatale ou éventuelles anomalies chez les jeunes. Cependant, des études françaises avaient d’ailleurs souligné que les conséquences du Schmallenberg sur le succès reproducteur des cervidés sauvages restaient insuffisamment documentées. La surveillance des populations sauvages permettra d’apporter des éléments sur cette éventuelle interaction.


Etat des fleuves, rivières et ruisseaux en France : un constat contrasté

Les cours d'eau français présentent aujourd'hui un visage contrasté. Si de nombreux fleuves, rivières et ruisseaux ont retrouvé une meilleure qualité qu'il y a quarante ans, grâce aux progrès de l'assainissement et à la réduction de certaines pollutions industrielles, leur état écologique demeure préoccupant sur une grande partie du territoire. Selon les dernières évaluations réalisées dans le cadre de la Directive-cadre européenne sur l'eau, un peu moins de la moitié des masses d'eau de surface françaises atteignent un bon état écologique. À l'inverse, plus de 56 % sont encore classées dans un état moyen, médiocre ou mauvais. Cette situation résulte d'un cumul de pressions exercées depuis plusieurs décennies. Les pollutions diffuses d'origine agricole restent l'un des principaux défis. Les nitrates, les résidus de produits phytosanitaires et les apports en matières organiques dégradent la qualité de nombreux bassins versants. Les rejets urbains et industriels, bien que mieux maîtrisés qu'autrefois, continuent également d'affecter certains secteurs. Le changement climatique accentue ces difficultés. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents, les débits estivaux diminuent et la température de l'eau augmente progressivement. Cette évolution fragilise les espèces exigeant des eaux fraîches, comme la truite fario ou l'ombre commun, tandis que d'autres espèces plus tolérantes gagnent du terrain. Les modifications physiques des cours d'eau constituent un autre enjeu majeur. Pour autant, plusieurs indicateurs montrent des progrès. De nombreuses grandes rivières accueillent aujourd'hui le retour d'espèces sensibles comme le saumon atlantique, la loutre d'Europe ou le castor sur certains bassins. Les stations d'épuration plus performantes et les actions des agences de l'eau ont permis une amélioration sensible de la qualité de nombreuses eaux de surface. En définitive, les fleuves, rivières et ruisseaux français ne sont ni en bon état généralisé ni en déclin irréversible. Leur situation varie fortement selon les régions et les bassins versants. Les progrès accomplis démontrent que les politiques de restauration peuvent produire des résultats, mais les effets du changement climatique, les pollutions diffuses et les pressions exercées par les activités humaines continuent de constituer les principaux défis pour préserver durablement les milieux aquatiques français. En conclusion, les rivières vont bien... Elles ne souffrent que d’un manque d’eau ! (Photo Agence de presse Meurisse. BNF)


Et si l’AMOC s’arrêtait ? Ce qui changerait en Europe et dans le monde

Et si l’un des grands régulateurs du climat mondial venait à fortement ralentir ? La circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, ou AMOC, transporte vers le nord une immense quantité de chaleur et joue un rôle majeur dans le climat de l’Atlantique Nord. Elle englobe notamment le Gulf Stream, mais ne se confond pas avec lui : l’AMOC désigne l’ensemble du système de circulation océanique, en surface comme en profondeur. Son fonctionnement repose notamment sur la température et la salinité de l’eau. Dans l’Atlantique Nord, les eaux chaudes remontent vers le nord, se refroidissent, deviennent plus denses et plongent vers les profondeurs avant de repartir vers le sud. Le réchauffement climatique et l’apport croissant d’eau douce provenant notamment de la fonte du Groenland peuvent perturber cette mécanique. Un ralentissement est attendu, mais un arrêt brutal n’est pas acquis. Le GIEC estime très probable un affaiblissement de l’AMOC au cours du 21e siècle, tout en évaluant avec une confiance moyenne l’absence d’effondrement complet durant cette période. Des travaux récents montrent toutefois qu’un effondrement pourrait provoquer des bouleversements régionaux considérables. En Europe, le paradoxe serait spectaculaire : dans un monde globalement plus chaud, l’Europe du Nord-Ouest pourrait connaître un refroidissement marqué, surtout en hiver, avec davantage d’extrêmes froids et une activité accrue des tempêtes. Les précipitations européennes diminueraient également dans plusieurs scénarios, aggravant les risques de sécheresse estivale.


Petit gibier : n’avons-nous pas raté quelque chose ?

Il faut parfois accepter de se regarder dans le miroir. A quelques jours de l'ouverture de la chasse, une question mérite d’être posée sans détour : n’avons-nous pas, cette année, raté quelque chose ? Les épisodes de chaleur extrême, les sécheresses, les incendies et les conditions météorologiques particulièrement difficiles ont durement éprouvé la petite faune. Perdrix, faisans, lapins, lièvres et autres espèces ont payé un lourd tribut à ces conditions parfois catastrophiques. Ne parlons pas ici des endroits incendiés et totalement sinistrés, où les chasseurs ont été à la hauteur, mais des autres territoires où les comptages sont préoccupants et la reproduction médiocre. Face à ce constat, notre communication n’a peut-être pas été à la hauteur. Nous avons beaucoup expliqué que la chasse était une activité de gestion. Très bien. Mais une gestion crédible suppose aussi de savoir anticiper. Pourquoi ne pas avoir davantage pris les devants ? Pourquoi ne pas avoir dit clairement : là où les populations de petit gibier ont été durement touchées, nous réduirons les prélèvements, voire nous suspendrons temporairement la chasse de certaines espèces ? Non pas sous la pression des associations anti-chasse, mais parce que nous savons gérer nos territoires et que nous entendons le démontrer. Cette position n’aurait rien d’un aveu de faiblesse. Elle serait au contraire une preuve de maturité. Car il faut parallèlement rappeler une autre réalité : toutes les espèces ne connaissent pas la même situation. Le grand gibier, dont les populations demeurent importantes dans de nombreux secteurs, voire excessives, doit continuer à faire l’objet d’une régulation soutenue. Sangliers, cervidés et autres grands animaux peuvent provoquer des dégâts agricoles considérables, multiplier les collisions routières et ferroviaires, et poser des problèmes sanitaires. Réduire ici tout en protégeant là où c’est nécessaire n’a rien de contradictoire : c’est précisément cela, gérer. Le chasseur ne peut donc pas réclamer simultanément davantage de reconnaissance comme gestionnaire de la faune et refuser toute adaptation de ses propres prélèvements. La crédibilité se gagne sur le terrain, pas dans les communiqués. Il ne s’agit évidemment pas de tendre le bâton aux adversaires de la chasse. Ceux qui rêvent de transformer chaque mauvaise année en moratoire général n’ont pas besoin que nous leur fournissions nous-mêmes leurs arguments. Mais il serait tout aussi dangereux de leur laisser le monopole du discours sur la protection du petit gibier. Prenons les devants. Comptons, constatons, expliquons et adaptons. Suspendre une chasse localement lorsque la population est trop fragile n’est pas renoncer à la chasse. C’est préparer sa continuité. Parce que le meilleur défenseur du petit gibier n’est pas celui qui veut absolument le chasser chaque année. C’est celui qui veut encore pouvoir le chasser dans dix ans.


L’Anses renforce son rôle dans la lutte contre la trichinellose

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a désigné le Laboratoire de santé animale de l’Anses comme laboratoire de référence international pour cette maladie parasitaire. Isabelle Vallée, cheffe de l’unité Biologie et immunologie parasitaires, est chargée de ce nouveau mandat. Cette reconnaissance vient consacrer une expertise déjà ancienne : l’Anses est depuis 2014 centre collaborateur de l’OMSA dans le domaine des parasites transmissibles à l’être humain par les aliments et laboratoire national de référence pour ces parasites, dont Trichinella. Il s’agit du vingt-septième mandat international confié à l’Agence. La trichinellose est provoquée par des vers parasites du genre Trichinella, dont les larves s’installent dans les muscles. Chez l’être humain, la contamination intervient principalement après la consommation de viande infectée insuffisamment cuite. Diarrhées, fièvre, gonflement du visage et douleurs musculaires peuvent apparaître, avec, dans les formes graves, des complications neurologiques ou visuelles. En Europe, le porc, le sanglier et le cheval figurent parmi les animaux susceptibles de transmettre le parasite. En France, les contrôles sanitaires réalisés sur les espèces à risque ont rendu les contaminations humaines très rares. Les cas recensés sont toutefois le plus souvent associés à des viandes non contrôlées, notamment issues de la chasse ou d’importations illégales. Dans le cadre de son nouveau mandat, l’Anses apportera un soutien scientifique et technique aux pays membres de l’OMSA. L’Agence pourra notamment contribuer à améliorer les capacités de détection, former les personnels de laboratoire, organiser des essais interlaboratoires et intervenir lors de situations de crise. Elle participera également à l’actualisation des recommandations internationales concernant le diagnostic de la trichinellose. En parallèle, ses équipes poursuivent leurs recherches sur de nouvelles méthodes de détection, la prévention des contaminations et le suivi de leur origine. L’Anses conserve par ailleurs une importante collection de souches de Trichinella, constituant une ressource scientifique majeure pour mieux surveiller et combattre ce parasite à l’échelle internationale.


Plantes invasives : restaurer les milieux aquatiques pour préserver aussi le gibier d’eau

La lutte contre les plantes aquatiques exotiques envahissantes rappelle combien la gestion des zones humides est un exercice délicat. Deux expériences récentes, présentées dans Hydromag en juin 2026, montrent que les solutions les plus évidentes ne sont pas toujours les plus efficaces à long terme. Un enjeu qui concerne aussi directement les chasseurs de gibier d’eau, tant la qualité des marais, étangs et cours d’eau conditionne la présence de nombreuses espèces. À Reims, le plan d’eau du parc Léo-Lagrange, d’environ un hectare, est depuis plusieurs années envahi par le myriophylle à feuilles variables (Myriophyllum heterophyllum). Pour préserver les activités récréatives et l’intérêt paysager du site, la municipalité a choisi une gestion intégrée associant arrachage, faucardage, traitement de la vase, aération et application mensuelle d’un colorant destiné à limiter la pénétration de la lumière. Des engins amphibies extraient ainsi d’importantes quantités de végétation. Mais le remède peut aussi entretenir le problème : le myriophylle est capable de repartir à partir de simples fragments de tiges laissés dans l’eau. Surtout, la multiplication des techniques rend difficile l’évaluation de leur efficacité respective. Certaines pratiques, comme l’utilisation de craie sur les sédiments ou de colorant, restent par ailleurs insuffisamment documentées. Des résultats chiffrés et un suivi dans le temps seraient donc indispensables. En Loire-Atlantique, dans la basse vallée du Don, la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) pose un problème depuis 1997. Malgré vingt ans d’arrachages mécaniques et manuels et plus de 700 000 euros engagés, son expansion n’a pas été durablement stoppée. Depuis 2023, une autre voie est expérimentée : modifier la morphologie du cours d’eau pour accélérer localement le courant et rendre le milieu moins favorable à la plante. Cette démarche intéresse directement la chasse au gibier d’eau. Un marais ou un étang en bon état écologique offre davantage de diversité végétale, d’invertébrés, de zones d’alimentation et de quiétude aux canards, limicoles et autres oiseaux d’eau. Restaurer les milieux plutôt que multiplier les interventions ponctuelles peut donc bénéficier à la biodiversité… mais aussi aux territoires de chasse. La leçon est simple : gérer, c’est d’abord observer, mesurer et adapter. En matière de zones humides, la restauration du fonctionnement naturel pourrait bien être l’une des meilleures armes contre les invasives.


Modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD)

L’article 2 de l’arrêté du 10 août 2026 précise les conditions dans lesquelles peuvent être détruites les espèces indigènes classées « susceptibles d’occasionner des dégâts ». Il encadre les différentes méthodes autorisées (piégeage, tir et déterrage) ainsi que les périodes et les lieux où elles peuvent être mises en œuvre. Pour la belette, la fouine et la martre, le piégeage est autorisé toute l’année, mais dans des secteurs précisément définis : à moins de 250 mètres des bâtiments, élevages ou installations avicoles, ainsi que dans certains secteurs consacrés à la conservation du petit gibier. La destruction à tir peut également être autorisée par le préfet entre la fermeture générale de la chasse et le 31 mars, lorsqu’un intérêt protégé par le Code de l’environnement est menacé. Ces opérations sont toutefois suspendues dans les parcelles faisant l’objet de traitements chimiques contre les campagnols. Le renard peut être piégé et déterré toute l’année. Sa destruction à tir nécessite une autorisation préfectorale entre la fermeture générale et le 31 mars, avec une possibilité de prolongation au-delà de cette date sur les terrains consacrés à l’élevage avicole. Là encore, les opérations sont suspendues pendant certaines campagnes de lutte chimique contre les campagnols. Le corbeau freux et la corneille noire peuvent être détruits à tir jusqu’au 31 mars, avec des prolongations possibles jusqu’au 10 juin, voire jusqu’au 31 juillet pour prévenir des dommages agricoles importants. Le piégeage reste autorisé toute l’année. Le tir dans les nids est interdit et l’utilisation d’appâts carnés dans les cages à corvidés est fortement encadrée. La pie bavarde peut être détruite à tir jusqu’au 31 mars, avec des prolongations préfectorales possibles jusqu’au 10 juin ou au 31 juillet dans certaines situations. Le tir est limité à des secteurs précis, notamment les cultures maraîchères, vergers et zones de conservation du petit gibier. Le piégeage y est également possible. Le geai des chênes peut être détruit à tir jusqu’au 31 mars, sous autorisation préfectorale et lorsque certaines conditions sont réunies. Son piégeage est également autorisé dans les vergers et vignobles durant des périodes déterminées. Enfin, l’étourneau sansonnet peut être détruit à tir jusqu’au 31 mars, avec une possibilité de prolongation jusqu’à l’ouverture générale de la chasse. Le piégeage reste autorisé toute l’année. L’article 2 constitue ainsi le cadre national général de régulation des ESOD, tandis que l’article 4 permet d’appliquer, dans certains départements, des restrictions ou conditions particulières précisées dans l’annexe.

 

Pour consulter l’arrêté complet sur Légifrance, c’est ICI


Grand tétras : quatre jeunes oiseaux viennent contredire les Cassandre

Pendant que les opposants au programme vosgien « Grand Tétras » se réjouissaient déjà de son possible abandon après 2029, le seigneur des forêts vient d’apporter une réponse autrement plus concrète : au moins quatre jeunes oiseaux ont été détectés dans la réserve naturelle nationale du massif du Grand Ventron. Une poule accompagnée de quatre jeunes a été observée début août. Des prélèvements biologiques ont été réalisés pour confirmer et documenter cette reproduction. Une autre information est venue renforcer l’intérêt de ces observations : la femelle « Nora », relâchée en 2024 dans le cadre du programme, a été photographiée le 25 juillet dernier, plus de 820 jours après sa remise en liberté. Ces constats interviennent alors que les cinq associations écologistes opposées au renforcement de la population vosgienne dénoncent depuis le début une opération qu’elles jugent vouée à l’échec. La mortalité des premiers oiseaux relâchés a évidemment alimenté leurs critiques, jusqu’à la perspective annoncée d’un arrêt du programme au terme de sa période actuelle, en 2029. Mais l'expérimentation n'est pas terminée. Et surtout, elle vient de produire ce qui constitue précisément l'un de ses objectifs : de la reproduction. Le PNR des Ballons des Vosges poursuit son travail de suivi et documente les déplacements, la survie et la reproduction des oiseaux. En 2026, 17 nouveaux grands tétras ont ainsi été introduits, venant renforcer une population relictuelle estimée entre trois et cinq individus. Bien sûr, tout n'est pas gagné. La prédation, évaluée à 33 % au cours des deux premières années, demeure un facteur préoccupant et la mortalité des oiseaux déplacés doit continuer à être analysée. Mais tirer dès maintenant la conclusion définitive d'un échec paraît pour le moins prématuré. Une expérimentation scientifique se juge au terme de l'expérience, pas au gré des satisfactions militantes. Les quatre jeunes du Grand Ventron ne constituent pas encore une victoire définitive. Mais ils sont incontestablement une raison de poursuivre l'observation plutôt que de proclamer trop vite l'échec. Pendant que certains annoncent déjà la fin de l'histoire, le Grand Tétras, lui, semble avoir décidé d'écrire la suite.