Le petit journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Restauration de la nature : la loi est adoptée par les Etats membres

La loi sur la restauration de la nature a été adoptée, après l'approbation de la majorité des États membres. Le Parlement européen et le Conseil (États membres) s’étaient déjà mis d’accord sur le texte du règlement lors des négociations de novembre 2023. Le règlement vise à restaurer au moins 20 % des zones terrestres et maritimes de l’UE d’ici 2030, et tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici 2050. « C’est une bonne nouvelle pour les populations de petit gibier d’Europe » a déclaré la FACE pour qui la politique européenne d’aménagement du territoire est l’un des principaux facteurs de perte de biodiversité. La FACE plaide depuis longtemps pour une plus grande priorité à la restauration des habitats, et le vote du 17 juin signifie que des mesures de restauration peuvent être conçues, tout en garantissant un financement et des incitations adéquats aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers. Pour l’avenir, le succès de cette loi dépend également d’un soutien politique fort, et de la participation active de tous les acteurs ruraux : agriculteurs, gestionnaires de terres, forestiers, pêcheurs et chasseurs, dont les efforts collectifs peuvent transformer cette loi en initiatives concrètes sur le terrain. La FACE, qui a déjà rassemblé des centaines de projets de restauration à petite échelle gérés par des chasseurs locaux souligne les progrès significatifs déjà réalisés grâce au travail des chasseurs à travers l’Europe. La loi sur la restauration de la nature présente une opportunité unique d'amplifier ces actions, avec une planification au niveau national et des ressources dédiées, inspirant une nouvelle vague d'efforts de restauration.


Chevrotines : ces petits pois qui vont nous rester sur l'estomac...

L’arrêté du ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, publié le 7 juin dernier, a ceci de grave : il n’a suscité aucune réaction de la part des défenseurs d’une chasse propre. Le retour de ces « grains » de plomb, interdits depuis 1986 tellement ils étaient inefficaces, montre l’incapacité des chasseurs à régler le problème sanglier, que même les trois fédérations qui avaient réclamé, et obtenu, ces munitions, n’ont pu résoudre après des années d’utilisation. Et manifestement, il n'y a plus, derrière cette mesure, une notion de sécurité. Seule compte désormais la destruction des bêtes noires, quelle que soit la manière de faire...

Extraits de cet arrêté portant autorisation de l’emploi de chevrotines pour le tir du sanglier en battues collectives pour les saisons cynégétiques 2024-2025, 2025-2026 et 2026-2027 :

Vu le code de l’environnement…

Vu les demandes des présidents des fédérations départementales des chasseurs ;

Vu l’avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage du 9 février 2024 et le vote dématérialisé du 7 mai au 17 mai 2024 ;

Sur proposition des préfets des départements, arrête :

- Art. 1er. – L’emploi de chevrotines est autorisé pour le tir du sanglier en battues collectives dans les départements mentionnés en annexe du présent arrêté.

- Art. 2. – Les schémas départementaux de gestion cynégétiques des départements mentionnés à l’article 1er du présent arrêté fixent les conditions dans lesquelles l’emploi de chevrotines est autorisé pour le tir du sanglier en battues collectives.

- Art. 3. – Les préfets des départements et les chefs de service départementaux de l’Office français de la biodiversité, sont chargés de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Les départements concernés :

Ain (01) ; Ardennes (08) ; Aube (10) ; Aude (11) ; Calvados (14) ; Charente (16) ; Charente-Maritime (17) ; Cher (18) ; Corrèze (19) ; Corse-du-Sud (2A) ; Haute-Corse (2B) ; Creuse (23) ; Gard (30) ; Haute-Garonne (31) ; Gers (32) ; Gironde (33) ; Isère (38) ; Landes (40) ; Loir-et-Cher (41) ; Loire-Atlantique (44) ; Lot (46) ; Lot-et-Garonne (47) ; Maine-et-Loire (49) ; Pyrénées-Atlantiques (64) ; Hautes-Pyrénées (65) ; Pyrénées-Orientales (66) ; Haute-Savoie (74) ; Tarn-et-Garonne (82) ; Vienne (86) ; Yonne (89) ».

Espérons donc qu’aucun de ces trente présidents de FDC, n’aura l’ambition de briguer le fauteuil de Willy Schraen, à la présidence de la FNC...   


Pourquoi pas ! Voilà la « Ligue de protection des vers de terre »

L’indispensable Annélide est partout, dans tous les milieux. Il y a des vers de compost, des vers aquatiques, des vers marins, des vers de glaciers, mais celui qui nous intéresse aujourd’hui est le ver de terre, le lombric terrestre, ingénieur des sols, l’animal le plus important sur la terre et le premier dont le comportement a été étudié. « Ils sont au cœur de l’alimentation du futur et de la préservation des sols » plaide l’agronome Christophe Gatineau, président de la toute nouvelle « Ligue de protection des vers de terre » qui a été créée le 26 avril dernier, rappelant la déclaration de 2018 de l’astrophysicien Hubert Reeves « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces… ». Voilà donc le petit gluant réhabilité, comme le soulignait le ministère de l’Agriculture : « Étrange et injuste destin, pourtant, que celui de cet être minuscule, regardé à tort avec un peu de répulsion, ou, au mieux, d’indifférence », mais fustigé par cette nouvelle ligue qui rappelle que : « L’État refuse de les préserver pour ne pas compromettre l’agriculture intensive, tout en reconnaissant officiellement leur rôle dans la bonne santé des sols ». Quelques vers de plus dans le sous-sol seront une belle récompense pour l’agronome Christophe Gatineau, auteur de « Éloge du ver de terre » (Flammarion, 2018).


Biodiversité : convention de partenariat entre l’OFB et les parcs naturels régionaux

La Fédération des parcs naturels régionaux de France et l’OFB ont signé, le mercredi 12 juin, une convention-cadre de partenariat pour la période 2024-2027, qui vise à renforcer leur collaboration pour la protection et la valorisation de la biodiversité sur l'ensemble du territoire. Dans un communiqué commun, les signataires expliquent : « « Les enjeux de cette convention sont multiples. D'une part, il s'agit de coordonner et d'optimiser les efforts de conservation et de gestion des espaces naturels, tout en favorisant la restauration des écosystèmes dégradés. D'autre part, cette convention entend renforcer l'intégration des enjeux de biodiversité dans les politiques publiques et sectorielles, telles que l'agriculture, la forêt, l'urbanisme et l'énergie, en mobilisant l'ensemble des acteurs concernés, des collectivités locales aux citoyens, en passant par les entreprises et les institutions internationales.

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Game Fair 2024 : sous le signe du succès

Rendez-vous incontournable de la chasse et de la nature, les passionnés ont parcouru, durant ces trois journées, les allées du Game Fair à Lamotte Beuvron, dont c’était la 40ème édition. Tous les espaces thématiques (Village Premium, Village Chiens, Village Chasse à l’Arc, Village Pêche, Village Artisans couteliers, Organisateurs de chasse…) étaient pris d’assaut par la foule des visiteurs, ce qui n’était pas pour déplaire aux 600 exposants présents. Armes, optiques, munitions, vêtements, accessoires, trompes de chasse, véhicules, chiens, institutionnels (FNC, OFB, FDC, SCC, FEPAM, SIA…) et les grandes associations cynégétiques (FACCC, ANCGG, ANFA, ASCA…) répondaient aux demandes, renseignaient, conseillaient et distillaient le petit plus attendu. Pays à l’honneur, la Roumanie a su montrer les facettes insoupçonnées de ses prestigieux paysages et destinations de chasse, ainsi que la qualité de sa faune sauvage. Bref, un climat bon enfant dans les allées, ce qui n’était pourtant pas le cas dans les coulisses de nos institutions cynégétiques, où le résultat de l’élection européenne a fait plus de dégâts que les façades ne veulent bien le montrer. La valse des hésitations et des ambitions a commencé, mais comme il est trop tôt pour « rendre hommage à Willy Schraen », il n’y a pas encore de candidat(s) pour donner l’estocade. Cependant, dans les starting blocks, la pression monte, et le premier qui se manifestera sera aussitôt coiffé de la casquette à double visière… Comme en politique, les alliances vont donc se faire et se défaire. Souhaitons que cette période de turbulence ne dure pas trop longtemps, et que les « égos frustrés » digèrent rapidement leur déception…

 

 


Les faits divers de la semaine

- Alpes-Maritimes : les secours et l'OFB sont intervenus, mardi dernier, à Cannes, pour saisir un jeune fennec détenu illégalement et en mauvaise santé, chez un particulier, qui a été placé en garde à vue. Au domicile du Cannois, ils ont découvert également une poule, détenue dans des conditions sanitaires douteuses. Les deux animaux ont été importés illégalement d'Algérie, et le fennec était détenu sans autorisation, alors que sa détention est strictement réglementée. Les animaux ont été transportés et confiés au zoo de Fréjus.

 

- Aveyron : au début du mois d’avril dernier, la FDSEA et les JA demandaient au préfet l’intervention immédiate de la brigade loup, suite à sept attaques sur des ovins qui touchaient six exploitations aveyronnaises. Le week-end dernier, de nouvelles attaques ont eu lieu, se soldant par deux brebis mortes et une disparue à Sainte-Eulalie-de-Cernon. Et concernant les vautours, deux vaches et leur veau respectif d’une même exploitation ont été attaqués à Ségur, plus une brebis tuée à Curan, et à Sévérac, une brebis tuée et deux blessées. « A cette allure, quel sera le bilan du nombre d’animaux victimes du loup et du vautour en 2024 ? » interrogent les deux syndicats agricoles.

 

- Côte d’Or : passionné de photos, Jean-Pierre Dambrun a eu la chance d'observer un vautour fauve, le dimanche 9 juin, sur une falaise, près de Mâlain en Côte-d'Or. Contacté par France 3, il raconte : « Je me suis rendu dans la matinée sur des falaises calcaires proches de Mâlain, à la recherche des faucons pèlerins qui y nichent depuis de nombreuses années. Après 2 heures d'affût, j’ai vu une tache énorme, de la taille d'un mouton, sur le rebord de la falaise. Il n'y avait pas de doute sur l'espèce… Il est resté sur place pendant 45 minutes. Les photos ne sont pas très nettes… » regrette le photographe qui se trouvait entre 150 et 200 mètres du vautour…

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Mort de Morgan Keane en 2020 : audience sur les intérêts civils

Le mercredi 12 juin, s’est tenue devant le Tribunal judiciaire de Cahors, une audience sur les intérêts civils, après la mort de Morgan Keane, tué le 2 décembre 2020, par la balle d’un chasseur. Une demande d'indemnisation de plus d'un million d'euros avait été demandée contre l’auteur du coup de feu et l'organisateur de la battue, déjà condamnés pénalement en janvier 2023, respectivement à deux ans et 18 mois de prison avec sursis. Lors de l’audience de mercredi dernier sur les intérêts civils, l'avocat de la défense a réclamé solidairement au chasseur et au directeur de battue, la somme de 1 442 588 € au titre du préjudice subi par la victime, et du préjudice moral subi par son frère Rowan. « Les assurances n’ont pris aucune initiative pour proposer des solutions, alors que le dommage est reconnu dans un jugement pénal devenu définitif. Ça en est presque indécent » déplorait Me Benoit Coussy, portant au cœur des débats les barèmes d'indemnisation des assurances, argumentant que : « Pour que ça change, il faut taper au porte-monnaie ». Et, dans la logique de sa plaidoirie, il demandait « l'application symbolique des plafonds de garantie à double titre. Le premier, parce que ces plafonds devraient être applicables en cas d'homicide, car rien d'autre n'a plus de valeur que la vie d'un être humain. Et le second, car il vise à responsabiliser l'ensemble des chasseurs… » ajoutant : « Si les plafonds de garantie sont appliqués, cela va avoir des répercussions sur les polices d'assurance. Elles vont augmenter significativement… et les chasseurs y réfléchir à plusieurs fois avant de tirer… En touchant au porte-monnaie, on responsabilise chaque chasseur lors des parties de chasse à venir ». Quant au montant d'indemnisation proposé par les parties adverses, il est très loin de celui réclamé par la partie civile. La décision sera rendue le 5 août 2024.


Tir d’été du sanglier : la dissuasion au bout du champ

Lorsqu’il s’agit de protéger les cultures, l’élimination d’une bête rousse ou de compagnie est sans doute le plus efficace pour décantonner une compagnie. Elle videra les lieux immédiatement et ne s’y risquera plus pendant une dizaine de jours, le temps du répit. Avant de tirer, le premier point est d’estimer la distance qui vous sépare de l’animal convoité. Si vous ne disposez pas d’un télémètre, il faudra l’évaluer par tranches. C’est simple : mémorisez une longueur de vingt à trente mètres que vos connaissez bien (votre cour, votre propriété…) et reportez-la mentalement, le nombre de fois nécessaire, jusqu’à la cible. En général et sous les 200 mètres, la marge d’erreur ne dépasse pas 10 à 15%, ce qui permet d’appliquer éventuellement la correction utile. Le second point porte sur l’aspect physique de l’animal (sexe et poids). Si, jusqu’à la bête de compagnie, l’allure générale ne permet pas de faire la distinction entre mâle et femelle, la différenciation morphologique sera possible au stade suivant. Chez les ragots, le pinceau pénien est devenu visible, la partie avant est plus forte et plus trapue que le train arrière. Le ventre est légèrement en retrait et les cuisses sont musclées mais pas rebondies, ce qui donne à l’ensemble une forme trapézoïdale. Chez les laies ragotes, le corps, de profil, aura une forme rectangulaire, présentant un dos longiligne, des cuisses arrondies et un ventre légèrement tombant. Pour l’estimation du poids, le kilo au centimètre est toujours d’actualité. Une bête rousse de 40 cm de haut pèse approximativement 40 kg, et une bête de compagnie de 60 cm : 60 kg. Si vous chassez à l’affût, plantez en terre, à environ 80 mètres de votre poste, une branche que vous casserez à 60 cm de haut. Ce repère visuel vous aidera. En revanche, ne vous fiez jamais à la couleur des soies, car plus elles seront noires, plus le sujet semblera lourd.