Dimanche 6 septembre 2026 : Château de Maulnes (Yonne) : Fête de la Chasse

Semaine Nationale du Chien : le meilleur ami de l’homme à l’honneur

Du 26 septembre au 4 octobre 2026, la Centrale Canine organise la quatrième édition de la Semaine Nationale du Chien. Placée sous le thème « Le chien au cœur de nos vies », cette manifestation se déroulera dans des dizaines de villes françaises, avec des centaines d’animations destinées à faire découvrir les multiples facettes de cet animal et la relation qui l’unit à l’homme. Portes ouvertes dans les clubs, villages canins, conférences, balades, expositions, démonstrations et initiations rythmeront cette semaine. Les visiteurs pourront notamment s’essayer à différentes disciplines : canicross, agility, pistage, obéissance, dog dancing, caniVTT ou encore attelage. Des démonstrations de chiens de recherche, d’intervention et d’assistance mettront également en lumière les capacités de ces auxiliaires dans la société. L’événement comporte un volet pédagogique important. Les futurs adoptants pourront s’informer sur les besoins d’un chien, son éducation et les responsabilités liées à son accueil. La Centrale Canine rappelle qu’adopter un animal constitue un engagement d’une quinzaine d’années. Des ateliers d’approche du chien permettront aussi de mieux comprendre ses comportements et d’apprendre à interagir avec lui. Les organisateurs souhaitent ainsi réunir les passionnés, les familles et les professionnels autour de moments de partage, tout en encourageant une relation responsable entre l’animal et son propriétaire. Les clubs d’éducation et d’utilisation affiliés à la Centrale Canine, les associations canines territoriales et les élus locaux participent à la mise en place des rendez-vous. L’intérêt du public pour cette quatrième édition s’annonce important. Selon les chiffres communiqués par la Centrale Canine, 82 % des Français déclarent aimer les chiens et un tiers en possède au moins un. Plus de huit Français sur dix considèrent le chien comme un membre de leur famille. La Semaine Nationale du Chien entend valoriser cette place particulière, mais aussi rappeler que la complicité se construit par l’éducation, la connaissance des besoins de l’animal et des activités adaptées.

 

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Budget de la France 2027 : l’écologie sommée de réduire son train de vie

Le projet de budget 2027 prévoit de nouvelles suppressions de postes dans les établissements publics de l’environnement, alors que la France vient de traverser un été marqué par les canicules, les incendies et la sécheresse. Les arbitrages budgétaires concernent notamment les agences de l’eau, l’Office français de la biodiversité (OFB), les parcs nationaux et l’Agence de la transition écologique (Ademe). Dans les six agences de l’eau, 15 postes doivent disparaître en 2027, puis 20 en 2028 et 20 en 2029, soit 55 emplois sur trois ans pour environ 1 500 agents. Ces réductions interviennent après la suppression de 12 postes en 2025 et de 13 en 2026. Les parcs nationaux sont également concernés, avec 10 suppressions annoncées sur un effectif de 812 emplois permanents. L’OFB devrait perdre 24 emplois, tandis que les réductions à l’Ademe restent à préciser. Une autre réforme concerne le quasi-statut des contractuels de l’environnement. Bercy conditionne sa revalorisation, qui n’a pas eu lieu depuis plus de dix ans selon le SNE-FSU, à l’arrêt des recrutements sous ce régime à partir de 2028. Ce dispositif encadre les carrières et la mobilité de nombreux agents spécialisés. Les métiers concernés se retrouvent ainsi au cœur des arbitrages budgétaires, au-delà des seules suppressions de postes. Le 15 septembre, une quarantaine d’organisations se sont rassemblées devant Bercy pour réclamer des moyens à la hauteur de l’urgence climatique. Parmi elles figuraient des associations environnementales, des syndicats de fonctionnaires et des organisations de pompiers et d’infirmiers. Au-delà des effectifs, les arbitrages portent également sur les conditions d’emploi et l’organisation des métiers de l’environnement. Le projet de budget 2027 confirme ainsi que les établissements chargés de la protection de la nature et de la gestion des ressources sont directement concernés par les choix de dépenses publiques.                            


La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : un chasseur de 90 ans a perdu la vie dimanche 13 septembre 2026, en fin de matinée, lors d’une sortie de chasse à Saint-Paul-sur-Ubaye. L’accident s’est produit dans une forêt de cette commune située à proximité de la frontière avec les Alpes-Maritimes. Selon les informations, l’homme a fait une chute mortelle d’environ cinq mètres. Mobilisé sur les lieux, le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Jausiers a confirmé le caractère accidentel du décès. Le corps de la victime a été évacué par hélicoptère. Cet accident rappelle les risques liés aux déplacements en terrain montagneux, notamment lors des sorties en forêt.

 

- Hautes-Alpes : un randonneur de 80 ans, porté disparu jeudi 10 septembre, a été retrouvé et secouru par les gendarmes de haute montagne dans le massif des Cerces. L’homme s’était égaré à 2 400 mètres d’altitude. Pour le localiser, les secours ont utilisé le dispositif LifeSeeker, un appareil embarqué à bord de l’hélicoptère Choucas 05. Ce système permet de repérer un téléphone portable allumé avec une précision de quelques dizaines de mètres. Les gendarmes ont recherché le retraité dans une zone de 45 km², survolée par l’hélicoptère. Après vingt minutes de recherche aérienne, le randonneur a été aperçu hors des sentiers. Il était épuisé, désorienté et transi de froid. Les secours l’ont héliporté vers l’hôpital de Briançon. Son pronostic vital n’est plus engagé. Le dispositif LifeSeeker a permis de retrouver le téléphone du disparu et de guider les secours jusqu’à lui. L’intervention s’est déroulée dans le massif des Cerces, dans les Hautes-Alpes. (Photo PGHM)

 

- Charente Maritime : un habitant de Périgny a eu une bien mauvaise surprise en découvrant qu’un projectile avait traversé le volet en bois et les vitres d’une fenêtre de son habitation avant de terminer sa course dans le mur d’une chambre. Alertés, les enquêteurs du Groupe atteinte aux biens (GAB) du Service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de La Rochelle ont mené leurs investigations afin de déterminer l’origine du tir. Les constatations effectuées ont permis d’établir une zone de départ du projectile et d’orienter les soupçons vers l’occupant d’un logement voisin. Convoqué à plusieurs reprises par les services de police, l’intéressé ne s’était toutefois pas présenté au commissariat. Le 14 septembre 2026, un dispositif de surveillance a finalement été mis en place afin de procéder à son interpellation à la sortie de son domicile. Une perquisition de son logement a ensuite permis de découvrir deux carabines de calibre.22 Long Rifle ainsi qu’une canne fusil, dissimulant un mécanisme de tir. Selon les éléments communiqués par les enquêteurs, ces armes n’étaient ni répertoriées ni déclarées. Lors de son audition, le suspect a reconnu avoir utilisé l’une des carabines pour tirer sur des oiseaux. Il a affirmé ne pas avoir eu l’intention de viser les habitations ni de provoquer de dégradations...

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Tourterelle des bois : le quota national approche déjà de son plafond

La saison 2026-2027 de la tourterelle des bois est à peine engagée que le quota national se rapproche rapidement de son maximum. Au 18 septembre, plus de 11 000 oiseaux avaient déjà été déclarés prélevés en France, pour un plafond fixé à 12 000 spécimens. La Fédération des chasseurs de la Drôme indiquait ainsi que le seuil des 11 000 prélèvements était franchi et que le quota était « susceptible d’être atteint très prochainement ». Quelques heures plus tôt, la Fédération des chasseurs de Seine-et-Marne avait publié un chiffre plus précis : 10 767 tourterelles des bois déclarées prélevées, soit près de 90 % du quota, avec 1 233 prélèvements théoriquement encore disponibles. La fédération appelait les chasseurs à vérifier systématiquement l’état actualisé du quota sur l’application ChassAdapt. Ce rythme de prélèvement constitue aussi un élément à mettre en regard de l’état des populations. Le fait que le quota soit consommé aussi rapidement montre que l’espèce reste suffisamment présente dans les territoires concernés. Il contraste avec l’image d’une espèce devenue partout rare ou absente et rappelle l’intérêt d’une gestion fondée sur des données actualisées plutôt que sur des perceptions générales. Ce plafond de 12 000 oiseaux n’est pas une estimation fédérale : il est fixé par l’arrêté ministériel du 26 août 2026, publié au Journal officiel le 29 août. Le texte autorise la chasse de l’espèce à compter du 30 août 2026 et impose l’enregistrement en temps réel de chaque prélèvement dans ChassAdapt. Si le plafond est atteint, les fédérations doivent en informer les chasseurs et les prélèvements sont alors suspendus. Le dispositif s’inscrit dans le cadre de la gestion adaptative de l’espèce. Le Conseil d’État rappelait le 11 septembre que la tourterelle des bois avait été chassée avec un plafond de 10 560 oiseaux lors de la saison précédente, avant que celui-ci ne soit porté à 12 000 pour 2026-2027. Pour connaître le nombre réellement disponible avant une sortie, c’est donc l’application ChassAdapt qui fait foi.


Pucer les loups : quand la politique cherche encore une solution

Équiper certains loups de puces GPS pour alerter les éleveurs de leur présence : l’idée avancée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a de quoi surprendre. Elle a été formulée le 16 septembre, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, alors que les éleveurs du massif du Pilat font face à l’arrivée d’une meute et que les moyens de prélèvement ont récemment été élargis. Sur le papier, le principe paraît séduisant. Savoir qu’un loup approche, connaître ses déplacements et disposer d’un délai pour renforcer la surveillance d’un troupeau pourrait apporter une aide ponctuelle. Mais une alerte ne constitue pas une protection. Elle ne fait ni disparaître le prédateur, ni reculer la vulnérabilité des brebis, ni réparer les pertes économiques et morales subies par les éleveurs. La proposition risque donc d’être reçue comme un nouveau symbole de l’impuissance publique. Depuis des années, les responsables politiques annoncent des mesures, modifient les textes, accélèrent les procédures et augmentent les possibilités de tir. Pourtant, sur le terrain, les éleveurs continuent de vivre avec l’incertitude, la surveillance permanente et la crainte de découvrir leurs animaux blessés ou morts. Après douze siècles de lutte contre le loup, la France semble devoir réapprendre à composer avec sa présence. Il ne s’agit pas de nier le retour d’une espèce sauvage ni les exigences de sa conservation. Il s’agit de reconnaître que cette présence a des conséquences concrètes sur des élevages qui ne peuvent pas être protégés partout de la même manière. La puce GPS peut-elle être un outil complémentaire ? Peut-être. Mais elle ne saurait devenir une réponse politique à elle seule. Les éleveurs attendent des solutions opérationnelles, adaptées aux territoires et évaluées sur leurs résultats. Ils attendent surtout que leur parole soit suivie d’effets. À défaut, chaque nouvelle annonce, même techniquement possible, risque d’alimenter davantage le malaise : celui d’un monde rural à qui l’on demande de s’adapter encore, tandis que l’État semble toujours chercher la manière de gérer un problème qu’il n’a pas encore réussi à résoudre.


Reproduction du petit gibier : mieux ajuster les pratiques agricoles aux territoires

La protection de la faune sauvage passe aussi par une meilleure prise en compte de ses rythmes biologiques. En France, près de 1 000 kilomètres séparent le nord du sud du territoire métropolitain. Cette amplitude entraîne des différences de climat, d’altitude et de calendrier naturel. Les périodes de nidification, de mise bas ou d’élevage des jeunes ne sont donc pas identiques partout, pas plus que les dates de fauche, de moisson ou de mise au pâturage. Une étude publiée le 13 septembre 2026 dans le Journal of Applied Ecology, à partir de cinquante années de données recueillies au Royaume-Uni sur le vanneau huppé et l’huîtrier d’Europe, montre que les périodes de reproduction varient selon les espèces et la latitude. Les chercheurs préconisent ainsi d’adapter les périodes d’intervention agricole aux situations réellement observées plutôt que de s’appuyer uniquement sur des dates administratives fixes. En France, cette approche pourrait concerner des oiseaux nicheurs au sol comme le vanneau huppé, le courlis cendré ou le râle des genêts, mais aussi de nombreux petits animaux terrestres. Lièvres, lapins de garenne, hérissons, micromammifères et insectes utilisent les prairies, les bordures de champs et les haies pour se reproduire, se nourrir ou se déplacer. Les travaux agricoles peuvent exposer leurs jeunes à la destruction des abris, à l’écrasement ou au dérangement. Il ne s’agit pas d’imposer aux agriculteurs un calendrier supplémentaire, ni de méconnaître leurs contraintes. Les dates de récolte dépendent aussi de la météo, de l’état des cultures, de l’humidité des sols et du risque de perdre une production. L’objectif serait plutôt d’inviter, lorsque les conditions le permettent, à rechercher des ajustements locaux : décaler une fauche, préserver une zone refuge, réduire la vitesse des engins ou repérer les secteurs occupés avant l’intervention. Cette démarche suppose un dialogue entre agriculteurs, naturalistes, chasseurs et gestionnaires d’espaces naturels. Elle doit également s’appuyer sur des observations de terrain et des dispositifs agro-environnementaux adaptés aux territoires. La conservation des haies, bandes enherbées, prairies permanentes et zones humides complète ces précautions. En préservant les abris, les corridors et les ressources alimentaires, elle contribue à maintenir une faune diversifiée tout en permettant la poursuite de l’activité agricole.


Le littoral français se prépare à l’érosion : une nouvelle stratégie jusqu’en 2030

Face au recul du trait de côte et à la montée du niveau de la mer, la France adopte une nouvelle stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC). Approuvée par décret le 20 août 2026, elle vise à anticiper les évolutions du littoral et à accompagner l’adaptation des territoires exposés. Cette stratégie, élaborée par l’État en concertation avec les collectivités, les scientifiques, les acteurs socio-économiques et les associations de protection de l’environnement, constitue un cadre de référence pour repenser l’aménagement des côtes. Elle concerne la France hexagonale, la Corse et les départements et régions d’outre-mer. Son programme d’action 2025-2030 s’inscrit dans la continuité des précédents, et prend en compte la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Il encourage les territoires à construire des trajectoires d’adaptation à long terme, tout en développant des stratégies locales opérationnelles. Le dispositif repose sur cinq axes : approfondir les connaissances, engager les territoires, mobiliser les outils d’adaptation, sensibiliser les acteurs et financer les projets. Au total, 60 mesures sont prévues. Parmi les priorités figure le développement de solutions fondées sur la nature, afin de dépasser les seules logiques défensives et de mieux intégrer la préservation de la biodiversité dans les politiques d’aménagement.

Une application pour comprendre l’avenir de sa commune

Pour accompagner les collectivités et les habitants, le Cerema a développé, à la demande du ministère, l’application « Le littoral de ma commune ». Elle permet de consulter les connaissances disponibles à l’échelle communale : chiffres-clés, cartes, graphiques et éléments d’explication sur les dynamiques littorales, les enjeux humains et environnementaux, les effets du changement climatique ainsi que les trajectoires et solutions d’adaptation. Conseils d’utilisation : choisissez votre commune pour découvrir les informations proposées. Consultez les cartes et graphiques pour comprendre l’évolution du trait de côte, puis explorez les explications consacrées aux risques, aux enjeux locaux et aux solutions d’adaptation. L’application constitue un outil de sensibilisation et de connaissance pour mieux appréhender les transformations du littoral. L’application est accessible sur le site du ministère : Le littoral de ma commune.


Du château de Maulnes au Pentagone : quand la chasse croise l’histoire américaine

Le château de Maulnes (Yonne), a retrouvé, le dimanche 6 septembre, l’animation des grandes journées de chasse. À travers la 3e Fête de la chasse, le monument Renaissance a renoué avec son histoire et ses traditions, puisque la vénerie y fut pratiquée par Charles Martenot (1827–1900), ingénieur et homme politique, député de 1871 à 1876 et sénateur de 1876 à 1885.. Mais une autre histoire, américaine celle-là, se raconte entre ses murs : celle du général Pershing, dont le passage supposé à Maulnes aurait laissé une empreinte jusque dans l’architecture du Pentagone. Une énigme historique qui mérite de remonter le temps...

 

Dimanche 6 septembre, le château de Maulnes a accueilli la 3e Fête de la chasse, une journée consacrée à la chasse, au patrimoine, à la nature et aux traditions. Dans ce cadre exceptionnel, le public a pu découvrir ou retrouver les chiens de chasse, l'équipage de vénerie Piqu’Avant Bourgogne, la fauconnerie, les trompes, le tir à l’arc et le ball-trap, mais aussi des stands cynégétiques, des photographies animalières et des produits locaux. Une manifestation qui donne à voir les pratiques d’aujourd’hui tout en rappelant l’histoire d’un lieu intimement lié à la chasse. Car Maulnes n’est pas un château comme les autres. Édifié à la Renaissance, il est considéré comme le seul château pentagonal de la renaissance française. Sa forme, immédiatement reconnaissable, intrigue autant qu’elle séduit. Elle donne au monument une silhouette presque militaire, alors qu’il s’agit avant tout d’une résidence conçue pour le plaisir, la chasse et la vie de ses occupants. À l’origine, le château s’inscrivait dans un environnement très forestier, propice aux activités cynégétiques. Le choix de son implantation et son organisation répondaient à cette vocation. La fête du 6 septembre prend ainsi une résonance particulière : elle ne se contente pas de réunir les amateurs de chasse et de nature, elle fait revivre, le temps d’une journée, l’esprit d’un domaine imaginé autour de ces pratiques. Et c’est peut-être cette continuité entre la chasse d’autrefois et celle d’aujourd’hui qui permet de comprendre pourquoi Maulnes continue de susciter autant de récits...

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Forêts françaises : la prospective au pied du mur

Il y a quelque chose de profondément inquiétant dans la manière dont la France prétend préparer l’avenir de ses forêts. Alors que la surface forestière hexagonale a progressé de 3,5 millions d’hectares depuis 1981, pour atteindre 17,6 millions d’hectares, la capacité de ces forêts à absorber le CO2 a chuté de 28 % entre 2010-2015 et 2015-2020. Le paradoxe n’est plus une anomalie statistique : il révèle l’échec d’une vision qui confond superficie et santé, plantation et résilience, volume de bois et avenir sylvicole. Car que savons-nous réellement de la forêt française de 2050, de 2100 ? Trop peu, semble-t-il, pour justifier les décisions qui s’y prennent aujourd’hui. On plante, on expérimente, on introduit de nouvelles essences, on modifie les peuplements, on teste des modèles de sylviculture. Pourquoi pas ? Mais à quel moment l’expérimentation devient-elle une politique publique irréversible ? Une forêt n’est pas un laboratoire dont on pourrait remettre les compteurs à zéro. Un choix sylvicole malheureux engage plusieurs générations, parfois un siècle. Ce sont des milliers d’hectares qui se trouvent ainsi condamnés à subir des orientations dont personne ne peut garantir la pertinence à long terme. Le plus grave n’est pas de se tromper : c’est de prétendre savoir quand on ne sait pas. Les incendies, les sécheresses, les dépérissements et les parasites ont déjà démenti bien des certitudes. La prospective forestière devrait être une discipline de l’humilité, de la pluralité des scénarios et de la réversibilité. Elle semble trop souvent se réduire à une succession de tentatives grandeur nature, habillées de vocabulaire scientifique et de promesses de résilience. Et s’il y avait, derrière cette fuite en avant, quelques bonnes raisons cachées ? Des impératifs économiques, des filières industrielles à alimenter, des aides publiques à justifier, des marchés du carbone à conquérir ? Il ne s’agit pas d’accuser sans preuve, mais de poser la question. Quand les intérêts à court terme rencontrent l’urgence climatique, qui garantit que l’avenir de la forêt ne sert pas de variable d’ajustement ? La forêt française mérite mieux qu’une politique de tâtonnement. Elle exige une prospective indépendante, contradictoire, transparente, capable de reconnaître ses incertitudes et de préserver ce qui peut encore l’être. Sinon, nous ne préparerons pas la forêt de demain : nous organiserons son appauvrissement, en espérant que les générations futures nous pardonnent nos certitudes d’aujourd’hui.


Oreilles de sanglier, bois de cerf et peaux torsadées : les récompenses naturelles au service du chien

Des oreilles de sangliers séchées, peaux torsadées, tendons, sabots, bois de cerf ou friandises à base de viande : les récompenses naturelles occupent une place croissante dans l’alimentation et les activités des chiens. Plus authentiques en apparence que les biscuits industriels, ces produits sont avant tout destinés à être mâchés, manipulés et explorés avec la gueule. Leurs odeurs, leurs textures et leur résistance stimulent l’intérêt de l’animal et lui offrent une occupation adaptée à ses besoins. Mais ces gourmandises réveillent-elles pour autant l’instinct de chasse ? Pas nécessairement. L’attirance pour une oreille de sanglier ou un morceau de viande ne se confond pas avec la poursuite d’un gibier. La quête, le mouvement, la piste et le travail olfactif jouent un rôle bien plus direct dans l’expression des comportements de chasse. Cependant, ces récompenses aident dans l’éducation et l’épanouissement du chiot et bien après. Utilisées après un rappel réussi, une marche au pied, un arrêt ou un moment de calme, les friandises naturelles deviennent des récompenses associées à un comportement attendu. Elles peuvent ainsi renforcer la motivation du chien, favoriser son attention et consolider la confiance avec son maître. Le plaisir de mâcher constitue également une activité d’occupation intéressante, à condition de choisir un produit adapté à la taille, à l’âge et aux habitudes de l’animal. La prudence reste toutefois indispensable. Certains bois de cerf ou os très durs peuvent provoquer des fractures dentaires. Les morceaux trop petits présentent un risque d’étouffement ou d’ingestion. Les produits crus doivent provenir d’une filière sûre et être manipulés avec une hygiène rigoureuse. Enfin, certains chiens peuvent défendre leur friandise, surtout lorsqu’elle est très appétente. Bien choisies, surveillées et utilisées avec mesure, ces récompenses ne transforment donc pas automatiquement un chien en chasseur. Elles peuvent surtout contribuer à son équilibre et à une relation harmonieuse avec son maître. Pour découvrir ces produits, rendez-vous chez Kat animal’rie : des produits sains pour des chiens heureux. Sur Facebook ou au 06 21 97 31 51.


Venaison française : une filière à construire malgré des prix qui peinent à décoller

La Fédération nationale des chasseurs (FNC) veut faire de la venaison française une véritable filière alimentaire. L’ambition est de valoriser une ressource abondante, locale et de haute qualité, tout en réduisant la dépendance aux importations. Mais entre le gibier prélevé dans les territoires et la viande proposée aux consommateurs, le chemin reste long. Et le faible prix de la venaison complique sérieusement la mise en place d’une organisation économiquement viable. Le paradoxe est de taille : la France dispose d’un gibier sauvage abondant, mais plus de la moitié des volumes commercialisés proviennent de l’étranger. Selon le dossier de la FNC, 17 500 tonnes de viande sans os de grand gibier français seraient disponibles chaque année, alors que seulement 7,2 % rejoindraient le marché. L’essentiel est autoconsommé ou distribué dans un cadre privé, faute de circuits de collecte, de transformation et de commercialisation suffisamment structurés. La difficulté est d’abord économique. Le prix d’achat de la venaison reste bas, alors que sa valorisation exige des investissements importants : chambres froides, véhicules réfrigérés, ateliers de découpe et établissements de traitement. Pour les collecteurs et les professionnels, l’équation est délicate. Comment financer ces équipements et rémunérer les différents maillons de la chaîne avec une matière première dont la valeur marchande demeure limitée ? Le risque est de voir les initiatives se multiplier sans parvenir à atteindre une rentabilité durable. La FNC entend pourtant faire évoluer cette situation. L’expérimentation de découpe en circuits courts, engagée à la suite de l’arrêté du 26 juin 2024, permet à des chasseurs autorisés de vendre directement des morceaux de gibier à des professionnels dans un rayon de 80 kilomètres. En Normandie, six chambres froides ont été inaugurées dans la Manche pour faciliter la collecte et l’approvisionnement des bouchers et restaurateurs. L’enjeu est d’autant plus important que la venaison possède des qualités nutritionnelles remarquables. Naturellement maigre, riche en protéines, en fer et en zinc, elle provient d’animaux vivant en milieu naturel, sans intervention humaine ni antibiotiques. Le dossier de la FNC indique une moyenne de 2,3 % de matières grasses et 22 % de protéines. Reste à convaincre les consommateurs et à rendre cette viande accessible. La marque « Gibiers de France », lancée en octobre 2025, entend garantir son origine et sa traçabilité. Le défi sera désormais de transformer cette qualité en valeur économique, pour que la venaison française trouve durablement sa place dans les assiettes.