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Lieutenants de louveterie : l'Assemblée nationale reconnaît enfin leur engagement

À l'issue de l'examen du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 2 juin dernier, plusieurs dispositions destinées à moderniser le statut des lieutenants de louveterie ont été intégrées au texte. Une avancée saluée par Sophie Pantel, députée de la Lozère, Jean-François Rousset, député de l'Aveyron, et Marc Fesneau, député du Loir-et-Cher, à l'origine de cette initiative transpartisane. Faute d'avoir pu inscrire leur proposition de loi spécifique à l'ordre du jour de l'Assemblée, en raison d'un calendrier législatif particulièrement chargé, les parlementaires ont choisi d'en reprendre les principales dispositions sous forme d'amendements adoptés lors de l'examen de l'article 14. Les mesures votées consacrent dans la loi le caractère bénévole de l'engagement des lieutenants de louveterie, tout en rappelant qu'ils concourent, sous l'autorité du préfet, à une mission de service public et d'intérêt général. Elles précisent également les conditions de recrutement et d'exercice de leurs fonctions, sécurisent juridiquement leur intervention et renforcent l'encadrement des relations avec leurs employeurs afin de faciliter la conciliation entre activité professionnelle et missions de terrain. Institués il y a plus de deux siècles, les lieutenants de louveterie constituent aujourd'hui encore un maillon essentiel de la politique de gestion de la faune sauvage. Nommés par le préfet pour une durée déterminée, ils interviennent notamment dans l'organisation des battues administratives, la régulation des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts ou encore dans le cadre des dispositifs de protection des élevages confrontés à la prédation. Cette reconnaissance législative apparaît d'autant plus importante que ces missions reposent sur l'engagement volontaire d'environ 1 800 lieutenants de louveterie répartis sur l'ensemble du territoire national. Souvent mobilisés dans l'urgence, parfois au cœur de situations sensibles, ils exercent leurs responsabilités sans rémunération, au service de l'intérêt général. Pour les députés à l'origine de ces amendements, il s'agit donc d'une première étape visant à mieux reconnaître et sécuriser l'action de ces auxiliaires historiques de l'administration, dont le rôle demeure plus que jamais d'actualité dans les territoires ruraux.


Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse...

Célébrée chaque année le 17 juin, la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse vise à sensibiliser l'opinion publique aux conséquences de la dégradation des terres et à promouvoir des solutions durables pour préserver les ressources naturelles. Instituée par les Nations unies en 1994, à la suite de l'adoption de la Convention sur la lutte contre la désertification, cette journée rappelle que la qualité des sols constitue l'un des fondements de la sécurité alimentaire, de la biodiversité et du développement économique. Selon les estimations internationales, jusqu'à 40 % des terres émergées seraient aujourd'hui dégradées, affectant directement près de la moitié de la population mondiale. L'intensification des sécheresses, la déforestation, certaines pratiques agricoles inadaptées ou encore l'urbanisation excessive contribuent à fragiliser les écosystèmes. Chaque année, des millions d'hectares de terres fertiles perdent ainsi leur capacité de production. Longtemps perçue comme un phénomène touchant principalement les régions arides d'Afrique ou d'Asie, la désertification concerne désormais de nombreuses zones tempérées. En Europe, plusieurs pays méditerranéens sont particulièrement exposés. En France, certaines régions du sud connaissent déjà des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, avec des conséquences sur l'agriculture, les ressources en eau et les milieux naturels. La Journée mondiale du 17 juin constitue donc un appel à l'action. Restaurer les sols dégradés, préserver les zones humides, développer des pratiques agricoles plus résilientes ou améliorer la gestion de l'eau figurent parmi les solutions mises en avant. Les experts rappellent qu'un sol en bonne santé stocke davantage de carbone, limite l'érosion et favorise la biodiversité. Au-delà des enjeux environnementaux, la lutte contre la désertification représente aussi un défi social et économique majeur. Protéger les terres, c'est garantir des moyens de subsistance à des millions de personnes et renforcer la capacité des territoires à faire face aux effets du changement climatique. Une responsabilité collective qui concerne désormais l'ensemble de la planète.


Les plumes des oiseaux : un système de climatisation naturel plus sophistiqué qu’on ne l’imaginait...

Les plumes des oiseaux ne servent pas uniquement au vol, au camouflage ou à la parade. Une étude menée par des chercheurs américains révèle qu’elles jouent également un rôle majeur dans la régulation thermique, grâce à des mécanismes beaucoup plus complexes que la simple couleur du plumage. Publiés dans la revue Integrative Organismal Biology, ces travaux montrent que les oiseaux utilisent des propriétés invisibles des plumes pour absorber, réfléchir ou évacuer la chaleur en fonction des conditions climatiques. Jusqu’à présent, les scientifiques considéraient surtout que les plumages foncés absorbaient davantage la chaleur que les plumages clairs. Mais cette approche ne tenait compte que de la lumière visible. Or, plus de la moitié de l’énergie solaire se situe dans le proche infrarouge, une partie du spectre invisible à l’œil humain. Les chercheurs ont constaté que les plumes interagissent fortement avec ces longueurs d’onde et que cette interaction varie selon les espèces, voire entre différentes populations d’une même espèce. Ainsi, des oiseaux vivant dans des régions chaudes tendent à réfléchir davantage le rayonnement infrarouge, tandis que ceux des zones froides en absorbent une plus grande proportion afin de conserver la chaleur. L’étude met également en évidence une autre capacité remarquable : les plumes permettent d’évacuer efficacement la chaleur corporelle vers l’atmosphère. Les oiseaux, dont la température interne avoisine 37 °C, émettent naturellement un rayonnement infrarouge qui peut traverser ce que les physiciens appellent la « fenêtre de transparence atmosphérique ». Grâce à une forte capacité d’émission thermique, les plumes fonctionnent ainsi comme un système de refroidissement passif, particulièrement utile dans les environnements chauds ou secs où l’évaporation est limitée. Les résultats montrent enfin que ces adaptations thermiques peuvent évoluer indépendamment de l’apparence visible du plumage. Deux oiseaux au coloris identique peuvent donc présenter des performances thermiques très différentes. Cette découverte éclaire d’un jour nouveau la manière dont les espèces s’adaptent aux contraintes climatiques sans compromettre d’autres fonctions essentielles, comme le camouflage ou la communication. Elle pourrait également inspirer le développement de matériaux innovants capables de réguler leur température sans apport d’énergie extérieure.


Biodiversité : à force d’alerter, certaines associations ont-elles oublié d’agir ?

À chaque nouvelle étude sur l’effondrement de la biodiversité, le scénario se répète. Les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme, dénoncent l’inaction des pouvoirs publics, lancent des pétitions, organisent des campagnes de communication et sollicitent de nouveaux dons. Cette semaine encore, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s’inquiète de la disparition de millions d’oiseaux en Europe et dresse un constat alarmant sur l’état de l’avifaune. Le diagnostic est sans doute juste. Mais une question mérite d’être posée : qu’ont réellement accompli ces grandes organisations au cours des dernières décennies pour inverser la tendance qu’elles dénoncent aujourd’hui ? Car si les oiseaux disparaissent depuis quarante ans, cela fait également quarante ans que certaines associations occupent le devant de la scène médiatique. Elles comptent les oiseaux, publient des rapports, organisent des colloques et multiplient les communiqués. Pourtant, les résultats annoncés sont toujours plus inquiétants. À force de mesurer le déclin, ne devrait-on pas aussi mesurer l’efficacité des actions menées ? On peut s’interroger sur tout ce qui aurait pu être entrepris à grande échelle : programmes massifs de replantation de haies, création de réseaux de refuges réellement connectés, restauration d’habitats agricoles fonctionnels, accompagnement technique des agriculteurs, partenariats pragmatiques avec les chasseurs, les forestiers ou les collectivités rurales. Où sont les grands projets nationaux capables de produire des résultats mesurables sur le terrain ? Trop souvent, l’énergie semble concentrée sur la communication, les recours juridiques, les campagnes de mobilisation et les appels aux dons. Les procédures administratives et contentieuses se multiplient, tandis que les actions concrètes paraissent parfois marginales au regard des moyens financiers collectés. La protection de la nature ne peut pourtant pas se résumer à publier des chiffres alarmants, réclamer davantage de subventions ou percevoir des dommages et intérêts après chaque victoire judiciaire. La biodiversité ne se sauvera pas dans les tribunaux ni dans les studios de radio. Elle se restaure dans les champs, les forêts, les zones humides et les espaces ruraux. Cela exige du travail de terrain, des investissements lourds, des compromis et une présence quotidienne auprès des acteurs locaux. Les associations de protection de la nature jouent un rôle d’alerte, mais lorsque les indicateurs qu’elles produisent deviennent chaque année plus mauvais, il est légitime de s’interroger non seulement sur les politiques publiques, mais aussi sur leur propre stratégie. Une organisation qui constate l’échec permanent des résultats qu’elle annonce devrait peut-être consacrer moins d’énergie à dénoncer et davantage à construire.


France Ruralités : trois ans après son lancement, des résultats concrets mais des défis persistants

Trois ans après le lancement du plan France Ruralités et un an après le Comité interministériel aux ruralités de juin 2025, le gouvernement dresse un premier bilan de son volet « Solutions », destiné à améliorer le quotidien des habitants des campagnes. Déployé dans les 30 596 communes rurales, ce programme concerne près de 22 millions de Français et s'appuie aujourd'hui sur 41 mesures, dont 18 sont considérées comme pleinement mises en œuvre. Selon les ministres Françoise Gatel et Michel Fournier, les premiers résultats traduisent l'efficacité d'une action publique construite au plus près des territoires. En matière de commerce de proximité, près de 1 200 communes ont bénéficié du fonds de soutien au commerce rural, permettant la création ou le maintien de près de 800 commerces, fixes ou itinérants. Dans le domaine de la santé, la ruralité concentre désormais 1 573 maisons de santé pluriprofessionnelles, soit plus de la moitié des structures existantes en France. Par ailleurs, 89 % des communes rurales sont couvertes par une communauté professionnelle territoriale de santé. L'accès aux services publics continue également de progresser grâce au réseau France Services, dont 58 % des espaces sont implantés en zone rurale. Les efforts portent aussi sur la mobilité, avec 418 projets soutenus depuis 2024 via le Fonds vert, représentant plus de 31 millions d'euros d'investissements. En matière d'éducation, 261 Territoires éducatifs ruraux ont été labellisés, au bénéfice de plus de 440 000 élèves. Le logement constitue un autre levier majeur de revitalisation. Grâce aux dispositifs mis en place, 1 935 logements vacants ont été remis sur le marché locatif. Le plan soutient également la vie culturelle et associative, avec 117 circuits de cinéma itinérant actifs dans près de 2 400 communes rurales et une montée en puissance du dispositif Guid'Asso. L'État mise enfin sur un accompagnement renforcé des élus locaux. Le programme Villages d'Avenir concerne désormais 3 081 communes, tandis que Petites Villes de Demain accompagne 1 646 collectivités, générant plusieurs milliards d'euros d'investissements. Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent : l'accès aux soins, le vieillissement de la population, les tensions sur le logement ou encore la baisse des effectifs scolaires. Pour le gouvernement, ce bilan ne constitue donc pas un aboutissement mais une étape. Les années 2026 et 2027 devront permettre d'amplifier les actions engagées afin de conforter l'attractivité et la vitalité des territoires ruraux, considérés plus que jamais comme des acteurs essentiels de l'équilibre national.


Forêts : 157 000 hectares supplémentaires placés sous protection renforcée

L'annonce est spectaculaire : 157 000 hectares de forêts supplémentaires protégés. À y regarder de plus près, l'essentiel de cette avancée se situe pourtant à plus de 7 000 kilomètres de Paris. Présentée comme une avancée majeure dans le cadre de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030, cette mesure mérite toutefois d'être examinée dans le détail. Car derrière ce chiffre impressionnant, une réalité saute aux yeux : plus de 156 000 hectares concernent une seule et même réserve située en Guyane, celle des Pitons rocheux d'Armontabo. Autrement dit, plus de 99 % des nouvelles surfaces annoncées se trouvent déjà au cœur d'un territoire amazonien parmi les plus préservés de la planète. Cela ne retire rien à l'intérêt écologique de cette décision. Les forêts guyanaises constituent un patrimoine naturel exceptionnel qu'il convient de préserver. Mais il est permis de s'interroger sur la portée concrète d'une communication laissant croire à un vaste mouvement de sanctuarisation à l'échelle de l'Hexagone, alors que les nouvelles réserves métropolitaines représentent, à elles toutes, moins d'un millier d'hectares. Ces nouvelles protections concernent néanmoins des milieux remarquables : hêtraies-sapinières des Vosges, forêts anciennes de Meuse, massifs méditerranéens de l'Hérault ou encore boisements périurbains de Seine-et-Marne. Certaines deviennent des réserves biologiques intégrales, laissées en libre évolution sans exploitation forestière, tandis que d'autres relèvent du statut de réserve biologique dirigée, impliquant une gestion active destinée à maintenir des habitats fragiles. Avec ces désignations, la France compte désormais 276 réserves biologiques. La part du territoire bénéficiant d'une protection forte atteint 6,43 %, contre 6,2 % auparavant, l'objectif fixé étant d'atteindre 10 % d'ici 2030. L'existence de ces réserves rappelle surtout que la protection des écosystèmes forestiers n'est pas une nouveauté. Depuis plusieurs décennies, l'ONF met en œuvre des dispositifs conciliant préservation de la biodiversité, connaissance scientifique et gestion durable des espaces boisés. Si la progression annoncée est donc bien réelle, elle illustre aussi les limites de la communication par les grands nombres. Entre l'effet d'annonce et la réalité du terrain, il existe parfois un fossé... large de 156 000 hectares guyanais.


Les éleveurs pourront à nouveau effaroucher les ours : une mesure attendue sur le terrain

Les éleveurs confrontés à la prédation de l'ours pourraient bientôt retrouver un outil supplémentaire pour protéger leurs troupeaux. Un projet d'arrêté actuellement soumis à consultation publique (jusqu'au 29 juin 2026) prévoit en effet de rétablir la possibilité, pour des intervenants extérieurs à l'OFB, de réaliser des opérations d'effarouchement simple ou renforcé. Une évolution réclamée de longue date par les professionnels de l'élevage, qui dénoncent régulièrement des délais d'intervention incompatibles avec la réalité du pastoralisme en montagne. Concrètement, les éleveurs membres d'un groupement pastoral, les gestionnaires d'estive, les bergers et les lieutenants de louveterie pourraient être autorisés à intervenir directement afin d'éloigner les ours dont la présence répétée menace les troupeaux. L'objectif affiché par les pouvoirs publics est de gagner en réactivité et d'améliorer l'efficacité des dispositifs de protection. Cette décision intervient dans un contexte de tension croissante dans les massifs pyrénéens. Pour de nombreux éleveurs, les attaques répétées représentent bien plus qu'une perte économique. Elles engendrent une détresse psychologique, des nuits de surveillance supplémentaires, une désorganisation du travail et remettent parfois en question la poursuite même de l'activité pastorale. Beaucoup rappellent que l'élevage extensif constitue un pilier de l'économie montagnarde, mais aussi un acteur essentiel de l'entretien des paysages, de la biodiversité et de la prévention des incendies. Le futur dispositif restera toutefois strictement encadré. Les personnes habilitées devront suivre une formation spécifique dispensée par l'OFB, comprenant des volets théoriques et pratiques. Une autorisation préfectorale sera également requise, tandis qu'un compte rendu détaillé devra être transmis dans les 72 heures suivant chaque intervention. Pour les organisations agricoles, cette évolution va dans le bon sens, même si elle ne répond pas à l'ensemble des difficultés rencontrées sur le terrain. Elles estiment néanmoins qu'il est indispensable de redonner aux éleveurs des moyens d'action adaptés afin qu'ils ne soient plus les seuls à supporter le poids de la coexistence avec les grands prédateurs.


Interdiction d’importation des trophées : les Verts remettent le couvert...

Le débat sur la chasse aux trophées refait surface au Sénat. Le 13 mai dernier, les sénateurs Yannick Jadot, Arnaud Bazin, Samantha Cazebonne, Bernard Jomier et Michaël Weber ont déposé une proposition de résolution européenne visant à interdire l’importation, l’exportation et la réexportation au sein de l’Union européenne des trophées de chasse issus d’espèces protégées. Le texte s’inscrit dans une dynamique déjà portée par plusieurs pays européens et s’appuie sur des considérations éthiques ainsi que sur la volonté affichée de renforcer la protection de la biodiversité mondiale. Mais derrière une mesure qui peut paraître consensuelle à première vue, les conséquences potentielles pour plusieurs États africains soulèvent de nombreuses interrogations. Dans une partie de l’Afrique australe et orientale, la chasse touristique constitue en effet bien davantage qu’un simple loisir réservé à quelques clients fortunés. Elle représente une activité économique structurée qui génère des milliers d’emplois directs et indirects dans des régions souvent isolées. Guides professionnels, pisteurs, chauffeurs, cuisiniers, gardes de camp, taxidermistes, mécaniciens, personnels d’entretien ou artisans vivent directement ou indirectement de cette activité. À ces emplois s’ajoutent ceux du transport, de l’hôtellerie, de la restauration ou du commerce local. Dans certaines zones reculées de Namibie, de Tanzanie, du Zimbabwe ou de Zambie, la chasse est parfois la seule activité touristique économiquement viable. Le tourisme photographique, souvent présenté comme une alternative, ne peut pas toujours s’y développer en raison de l’éloignement des infrastructures, de la faible densité animale ou du manque d’attractivité paysagère. Une interdiction européenne pourrait alors entraîner une baisse significative de la fréquentation cynégétique internationale et fragiliser l’équilibre économique de nombreuses concessions. Certaines pourraient même disparaître faute de rentabilité. Les défenseurs de la mesure estiment que ces pertes pourraient être compensées par d’autres formes de valorisation de la faune. Mais la question demeure entière : quels montants représentent réellement les revenus générés par la chasse aux trophées et quelles activités pourraient, à court terme, les remplacer dans des territoires souvent dépourvus d’alternatives économiques crédibles ?...

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Équilibre sylvo-cynégétique : les vraies questions derrière le colloque OFB-FNC

Réunis le 4 juin dernier à Paris, l'Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) ont consacré une journée entière aux Indicateurs de changement écologique (ICE), outils censés mesurer l'équilibre entre les populations d'ongulés sauvages et les écosystèmes forestiers. Onze ans après le colloque de Chambord, forestiers, chasseurs, scientifiques et représentants de l'État ont dressé un constat partagé : les forêts françaises traversent une crise profonde. Sécheresses répétées, prolifération des scolytes, incendies plus fréquents, mortalité des arbres en hausse de 125 % en dix ans... Dans le même temps, les populations de grands ongulés ont fortement progressé, notamment celles des cerfs, dont les effectifs auraient été multipliés par dix en quarante ans. Pour objectiver les situations locales, l'OFB et ses partenaires mettent en avant les ICE, qui reposent sur trois grandes familles d'indicateurs : l'abondance des animaux, leur condition physique et la pression qu'ils exercent sur la végétation. Déployés dans plus de 86 départements, ces outils doivent permettre d'ajuster les plans de chasse et d'orienter les décisions de gestion. Le discours est séduisant : science, concertation, partage des données, gestion adaptative. Pourtant, derrière ce consensus affiché, plusieurs questions essentielles demeurent sans réponse. Pourquoi les forêts dépérissent-elles réellement ? Peut-on réduire leur affaiblissement à la seule pression des cervidés alors que les sécheresses, les choix sylvicoles, l'uniformisation des peuplements ou encore certaines pratiques d'exploitation sont régulièrement pointés du doigt ? Pourquoi de nombreuses forêts semblent-elles perdre leur capacité à conserver l'humidité ? Quel rôle jouent les cloisonnements d'exploitation, les pistes forestières et les ouvertures de plus en plus nombreuses qui favorisent la circulation des vents et accentuent le dessèchement des sols ? Comment expliquer les dérives observées localement dans la gestion des populations de cerfs, alors même qu'il s'agit, théoriquement, de l'espèce de grands ongulés la plus simple à réguler, une biche ne donnant naissance qu'à un seul faon par an ? Enfin, sommes-nous revenus quinze ans en arrière, lorsque, dans un contexte de fortes tensions budgétaires à l'ONF, certains résumaient la situation par cette formule : « la forêt ne pousse plus, le gibier mange tout... ». À force de focaliser le débat sur les cervidés, ne risque-t-on pas de masquer des responsabilités plus larges dans la dégradation des écosystèmes forestiers ? Car la véritable question est peut-être celle-ci : que cherche-t-on à ne pas voir lorsque toutes les réponses semblent déjà connues ?

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Quand les protecteurs de la nature deviennent les fossoyeurs de la biodiversité...

L’affaire de Doñana, en Espagne, devrait résonner bien au-delà des frontières ibériques. Elle constitue un avertissement sévère pour tous ceux qui, depuis des décennies, prétendent défendre la nature à coups d’interdictions, de slogans et de postures idéologiques. Pendant des années, certaines organisations écologistes ont obtenu l’exclusion de la chasse de nombreux espaces naturels, persuadées que la nature retrouverait spontanément son équilibre dès lors que l’homme s’effacerait. La réalité leur inflige aujourd’hui un démenti cinglant. À Doñana, l’un des plus prestigieux sanctuaires ornithologiques d’Europe, les populations de sangliers ont explosé. Ces animaux détruisent désormais massivement les nids d’oiseaux nichant au sol. Dans certains secteurs, 70 à 80 % des pontes sont anéanties. Les espèces que l’on prétendait protéger deviennent les premières victimes d’une politique fondée davantage sur le dogme que sur l’observation du terrain. Les scientifiques eux-mêmes parlent désormais « d’urgence écologique ». Le plus frappant est que cette situation n’a rien d’imprévisible. Partout en Europe, les gestionnaires d’espaces naturels, les agriculteurs, les forestiers et les chasseurs alertent depuis des années sur les conséquences de la prolifération de certaines espèces. Dégâts agricoles, destruction des habitats, prédation sur la petite faune, risques sanitaires et accidents routiers : les signaux étaient connus. Mais ils ont souvent été balayés d’un revers de main par ceux qui considèrent toute intervention humaine comme une atteinte à la nature. Cette vision relève d’un romantisme naïf qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Les paysages européens ne sont plus des espaces sauvages intacts depuis des siècles. Ils sont façonnés par les activités humaines. Dans ces conditions, croire que la nature retrouvera seule un équilibre parfait relève davantage de la croyance que de l’écologie scientifique. Le véritable bon sens consiste à reconnaître que l’homme a désormais la responsabilité de gérer certains déséquilibres qu’il a lui-même contribué à créer. Réguler une espèce surabondante n’est pas détruire la nature ; c’est parfois la seule manière de préserver les autres. Protéger la biodiversité ne consiste pas à multiplier les interdictions ou à désigner des boucs émissaires, mais à accepter une gestion active, pragmatique et fondée sur les résultats. Doñana est un rappel brutal : lorsqu’une idéologie refuse d’entendre le terrain, ce sont souvent les espèces les plus fragiles qui en paient le prix. Les véritables défenseurs de la nature devraient avoir le courage de reconnaître leurs erreurs...


Genève... ou la grande illusion perdue du « sans chasse »

Pendant des années, certains mouvements écologistes ont présenté Genève comme la preuve éclatante qu'une société moderne pouvait se passer de chasse. Les chasseurs ? Des vestiges d'un autre âge. La régulation ? Une excuse. La nature ? Elle s'équilibrerait toute seule, pour peu que l'homme cesse d'intervenir. Le conte était séduisant. La réalité, elle, l'est beaucoup moins. Car voilà que le Conseil d'État genevois vient d'annoncer la reconduction des tirs de régulation des cerfs, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027 dans les bois de Versoix et de Collex-Bossy, et une nouvelle saison d'intervention pourrait même être programmée en 2027-2028 si la situation le justifie. Parallèlement, les tirs de régulation concerneront également les sangliers. Pourquoi ? Parce que les populations explosent, que les dégâts forestiers s'accumulent et que les cultures subissent les conséquences d'une gestion déconnectée du terrain. Les mêmes autorités qui vantaient l'exemplarité du modèle genevois reconnaissent désormais la nécessité de prélever des animaux pour préserver les équilibres écologiques. La différence ? On ne parle plus de chasse, mais de « tirs de régulation ». On ne fait plus appel à des chasseurs bénévoles formés et passionnés, mais à des gardes de l'environnement salariés. Le résultat est pourtant identique : des animaux sont abattus parce que c'est devenu indispensable. Cette situation met surtout en lumière une certaine hypocrisie. Pendant des années, le monde cynégétique a été caricaturé, accusé de tous les maux et désigné comme incompatible avec la protection de la nature. Or, lorsque les réalités biologiques et agricoles reprennent leurs droits, ce sont précisément les principes de gestion défendus depuis longtemps par les chasseurs qui s'imposent. Non, la nature ne s'autorégule pas miraculeusement dans des territoires fragmentés, urbanisés. Non, il ne suffit pas d'installer quelques clôtures pour résoudre durablement les problèmes. Et non, remplacer le mot « chasse » par « régulation » ne change rien aux nécessités du terrain. Peut-être est-il temps de reconnaître que les chasseurs ne sont pas le problème, mais font partie de la solution. Genève ne démontre donc pas que la chasse est inutile. Elle prouve exactement l'inverse : même dans le laboratoire rêvé des anti-chasse, la régulation demeure indispensable. Seul le vocabulaire change. La réalité, elle, finit toujours par rattraper l'idéologie.