Canon-Fronsac Château du Gazin

Les éleveurs pourront à nouveau effaroucher les ours : une mesure attendue sur le terrain

Les éleveurs confrontés à la prédation de l'ours pourraient bientôt retrouver un outil supplémentaire pour protéger leurs troupeaux. Un projet d'arrêté actuellement soumis à consultation publique (jusqu'au 29 juin 2026) prévoit en effet de rétablir la possibilité, pour des intervenants extérieurs à l'OFB, de réaliser des opérations d'effarouchement simple ou renforcé. Une évolution réclamée de longue date par les professionnels de l'élevage, qui dénoncent régulièrement des délais d'intervention incompatibles avec la réalité du pastoralisme en montagne. Concrètement, les éleveurs membres d'un groupement pastoral, les gestionnaires d'estive, les bergers et les lieutenants de louveterie pourraient être autorisés à intervenir directement afin d'éloigner les ours dont la présence répétée menace les troupeaux. L'objectif affiché par les pouvoirs publics est de gagner en réactivité et d'améliorer l'efficacité des dispositifs de protection. Cette décision intervient dans un contexte de tension croissante dans les massifs pyrénéens. Pour de nombreux éleveurs, les attaques répétées représentent bien plus qu'une perte économique. Elles engendrent une détresse psychologique, des nuits de surveillance supplémentaires, une désorganisation du travail et remettent parfois en question la poursuite même de l'activité pastorale. Beaucoup rappellent que l'élevage extensif constitue un pilier de l'économie montagnarde, mais aussi un acteur essentiel de l'entretien des paysages, de la biodiversité et de la prévention des incendies. Le futur dispositif restera toutefois strictement encadré. Les personnes habilitées devront suivre une formation spécifique dispensée par l'OFB, comprenant des volets théoriques et pratiques. Une autorisation préfectorale sera également requise, tandis qu'un compte rendu détaillé devra être transmis dans les 72 heures suivant chaque intervention. Pour les organisations agricoles, cette évolution va dans le bon sens, même si elle ne répond pas à l'ensemble des difficultés rencontrées sur le terrain. Elles estiment néanmoins qu'il est indispensable de redonner aux éleveurs des moyens d'action adaptés afin qu'ils ne soient plus les seuls à supporter le poids de la coexistence avec les grands prédateurs.


La semaine en bref...

- Allier : l’Equipage du Percevent donne rendez-vous aux passionnés de vénerie et de trompe de chasse samedi 20 juin 2026, au château de l’Augère, à Agonges, pour une grande journée placée sous le signe des traditions cynégétiques et de la convivialité. De 8 h à 22 h, le public pourra découvrir l’univers de la chasse à courre à travers plusieurs animations ouvertes à tous. La journée débutera par un stage de trompe de chasse avec des cours proposés à tous les niveaux, du débutant au sonneur confirmé. Une occasion rare de s’initier ou de perfectionner sa pratique auprès de passionnés. L’après-midi, de 14 h à 17 h, l’Equipage du Percevent ouvrira exceptionnellement les portes de son chenil au public. Les visiteurs pourront découvrir le fonctionnement d’un équipage de vénerie, échanger avec les veneurs et mieux comprendre le rôle des chiens dans cette tradition ancestrale. À 17 h 30, une présentation officielle de l’équipage sera suivie d’une curée froide sonnée par l’ensemble des trompes présentes. La journée se prolongera enfin par une soirée brasero, animée au son des trompes et des chants de vénerie. Snack et buvette seront proposés sur place de 19 h à 22 h, sans réservation.

 

- Alpes de Haute-Provence et Hautes-Alpes : la contestation ne faiblit pas, après le transfert, dans l’arc alpin, de la louve capturée en Seine-Maritime le 10 mai dernier. Après plusieurs actions de protestation, notamment devant les locaux de l’OFB, les syndicats FDSEA et Jeunes Agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes ont décidé de saisir la justice. Dans un communiqué publié le 8 juin 2026, plusieurs sections départementales des Jeunes Agriculteurs annoncent le dépôt d’une plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui. Les organisations agricoles estiment que cette réintroduction expose directement les élevages à un risque accru de prédation et menace la pérennité de nombreuses exploitations pastorales. Les syndicats rappellent que les deux départements ont enregistré 861 attaques de loups en 2025, causant la perte de 2 116 animaux domestiques. Pour les éleveurs, l’arrivée d’un nouveau prédateur dans un territoire déjà fortement touché est incompréhensible. Les services de l’État assurent toutefois avoir choisi une zone tenant compte des enjeux agricoles, des activités humaines et des exigences écologiques de l’espèce.

 

- Haute-Garonne : quelques mois après sa construction, la nouvelle cabane des chasseurs de Fronton a été officiellement inaugurée le week-end dernier, en présence de nombreux adhérents, de représentants du monde cynégétique et d’élus du territoire. Autour de Jean-Bernard Portet, président de la FDC, avaient notamment fait le déplacement Hugo Cavagnac, maire de Fronton, et Nicolas Le Cheviller, maire de Villaudric, accompagnés de membres de leurs conseils municipaux respectifs. Près de 150 personnes, chasseurs, propriétaires terriens, bénévoles et invités, ont participé à cette journée placée sous le signe de la convivialité. Les différents intervenants ont salué l’investissement des membres de l’association locale, qui se sont fortement mobilisés pour mener à bien ce projet. Ce nouvel équipement offre désormais un espace fonctionnel pour organiser les réunions, préparer les actions de terrain et renforcer les liens entre les adhérents. Il témoigne également de l’ancrage local de la société de chasse et de son implication dans la gestion de la faune sauvage. Les festivités se sont achevées autour d’un méchoui de sanglier accompagné des vins de l’appellation AOP Fronton...    (Photo : Le Petit Journal)

 

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Cadmium, pesticides, PFAS : existe-t-il encore des sols réellement préservés en France ?

À l’heure où les députés examinent une proposition de loi visant à réduire l’exposition au cadmium dans l’alimentation, la question de l’état sanitaire des sols français revient au premier plan. Selon le rapport sur l’état de l’environnement publié en 2025 par le ministère de la Transition écologique, aucun milieu naturel n’échappe désormais totalement à la pollution. Sols, eaux et atmosphère sont concernés par une multitude de contaminants : métaux lourds comme le cadmium, le plomb ou l’arsenic, résidus de pesticides, PFAS, microplastiques et autres polluants issus des activités humaines. Les spécialistes soulignent toutefois qu’il demeure difficile d’évaluer précisément l’ampleur du phénomène. Contrairement à la qualité de l’air ou de l’eau, il n’existe pas aujourd’hui de cartographie nationale permettant d’identifier les zones totalement exemptes de pollution. Les scientifiques reconnaissent par ailleurs ne pas être en mesure de mesurer l’ensemble des substances présentes dans les sols. Les polluants historiques, tels que les métaux lourds ou certains composés organiques persistants, sont relativement bien connus, mais de nombreuses molécules plus récentes restent encore insuffisamment suivies. Le cadmium constitue l’une des préoccupations majeures. Principalement issu de certains engrais phosphatés utilisés en agriculture, il est aujourd’hui présent de manière diffuse sur une grande partie des terres cultivées. Les prairies naturelles et certaines zones peu intensivement exploitées semblent néanmoins moins touchées. Quant aux pollutions industrielles, elles se concentrent davantage dans les anciens bassins miniers et les régions fortement urbanisées. La France recense ainsi plus de 11 000 sites considérés comme pollués ou potentiellement pollués. Concernant les pesticides, les connaissances restent encore fragmentaires. Faute d’inventaire complet, les chercheurs s’appuient sur des indicateurs indirects, comme les données de vente des produits phytosanitaires. Au final, s’il subsiste probablement quelques secteurs relativement préservés, notamment dans certaines zones de montagne ou des espaces naturels peu anthropisés, les experts estiment qu’il est aujourd’hui très difficile d’affirmer qu’un sol soit totalement exempt de toute trace de contamination. La question n’est donc plus seulement de préserver les sols encore peu impactés, mais aussi de restaurer ceux qui ont déjà subi des décennies de pressions agricoles, industrielles et urbaines.


Interdiction d’importation des trophées : les Verts remettent le couvert...

Le débat sur la chasse aux trophées refait surface au Sénat. Le 13 mai dernier, les sénateurs Yannick Jadot, Arnaud Bazin, Samantha Cazebonne, Bernard Jomier et Michaël Weber ont déposé une proposition de résolution européenne visant à interdire l’importation, l’exportation et la réexportation au sein de l’Union européenne des trophées de chasse issus d’espèces protégées. Le texte s’inscrit dans une dynamique déjà portée par plusieurs pays européens et s’appuie sur des considérations éthiques ainsi que sur la volonté affichée de renforcer la protection de la biodiversité mondiale. Mais derrière une mesure qui peut paraître consensuelle à première vue, les conséquences potentielles pour plusieurs États africains soulèvent de nombreuses interrogations. Dans une partie de l’Afrique australe et orientale, la chasse touristique constitue en effet bien davantage qu’un simple loisir réservé à quelques clients fortunés. Elle représente une activité économique structurée qui génère des milliers d’emplois directs et indirects dans des régions souvent isolées. Guides professionnels, pisteurs, chauffeurs, cuisiniers, gardes de camp, taxidermistes, mécaniciens, personnels d’entretien ou artisans vivent directement ou indirectement de cette activité. À ces emplois s’ajoutent ceux du transport, de l’hôtellerie, de la restauration ou du commerce local. Dans certaines zones reculées de Namibie, de Tanzanie, du Zimbabwe ou de Zambie, la chasse est parfois la seule activité touristique économiquement viable. Le tourisme photographique, souvent présenté comme une alternative, ne peut pas toujours s’y développer en raison de l’éloignement des infrastructures, de la faible densité animale ou du manque d’attractivité paysagère. Une interdiction européenne pourrait alors entraîner une baisse significative de la fréquentation cynégétique internationale et fragiliser l’équilibre économique de nombreuses concessions. Certaines pourraient même disparaître faute de rentabilité. Les défenseurs de la mesure estiment que ces pertes pourraient être compensées par d’autres formes de valorisation de la faune. Mais la question demeure entière : quels montants représentent réellement les revenus générés par la chasse aux trophées et quelles activités pourraient, à court terme, les remplacer dans des territoires souvent dépourvus d’alternatives économiques crédibles ?...

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Équilibre sylvo-cynégétique : les vraies questions derrière le colloque OFB-FNC

Réunis le 4 juin dernier à Paris, l'Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) ont consacré une journée entière aux Indicateurs de changement écologique (ICE), outils censés mesurer l'équilibre entre les populations d'ongulés sauvages et les écosystèmes forestiers. Onze ans après le colloque de Chambord, forestiers, chasseurs, scientifiques et représentants de l'État ont dressé un constat partagé : les forêts françaises traversent une crise profonde. Sécheresses répétées, prolifération des scolytes, incendies plus fréquents, mortalité des arbres en hausse de 125 % en dix ans... Dans le même temps, les populations de grands ongulés ont fortement progressé, notamment celles des cerfs, dont les effectifs auraient été multipliés par dix en quarante ans. Pour objectiver les situations locales, l'OFB et ses partenaires mettent en avant les ICE, qui reposent sur trois grandes familles d'indicateurs : l'abondance des animaux, leur condition physique et la pression qu'ils exercent sur la végétation. Déployés dans plus de 86 départements, ces outils doivent permettre d'ajuster les plans de chasse et d'orienter les décisions de gestion. Le discours est séduisant : science, concertation, partage des données, gestion adaptative. Pourtant, derrière ce consensus affiché, plusieurs questions essentielles demeurent sans réponse. Pourquoi les forêts dépérissent-elles réellement ? Peut-on réduire leur affaiblissement à la seule pression des cervidés alors que les sécheresses, les choix sylvicoles, l'uniformisation des peuplements ou encore certaines pratiques d'exploitation sont régulièrement pointés du doigt ? Pourquoi de nombreuses forêts semblent-elles perdre leur capacité à conserver l'humidité ? Quel rôle jouent les cloisonnements d'exploitation, les pistes forestières et les ouvertures de plus en plus nombreuses qui favorisent la circulation des vents et accentuent le dessèchement des sols ? Comment expliquer les dérives observées localement dans la gestion des populations de cerfs, alors même qu'il s'agit, théoriquement, de l'espèce de grands ongulés la plus simple à réguler, une biche ne donnant naissance qu'à un seul faon par an ? Enfin, sommes-nous revenus quinze ans en arrière, lorsque, dans un contexte de fortes tensions budgétaires à l'ONF, certains résumaient la situation par cette formule : « la forêt ne pousse plus, le gibier mange tout... ». À force de focaliser le débat sur les cervidés, ne risque-t-on pas de masquer des responsabilités plus larges dans la dégradation des écosystèmes forestiers ? Car la véritable question est peut-être celle-ci : que cherche-t-on à ne pas voir lorsque toutes les réponses semblent déjà connues ?

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Maladie d’Aujeszky : le retour silencieux d’un virus mortel chez le chien

Longtemps associée aux élevages porcins, la maladie d’Aujeszky refait aujourd’hui parler d’elle dans un tout autre contexte : celui de la chasse au grand gibier. Cette affection virale, provoquée par le Suid herpesvirus 1 (SHV-1), est également connue sous le nom de « pseudo-rage » en raison de certains symptômes neurologiques qu’elle provoque, sans aucun lien avec le virus de la rage. Si la France est officiellement reconnue indemne dans les élevages porcins domestiques depuis 2008, à l’exception de la Corse, le virus continue de circuler activement chez le sanglier, devenu son principal réservoir sauvage. Les données issues des réseaux vétérinaires spécialisés font état d’une augmentation préoccupante des cas diagnostiqués chez les chiens, avec un nombre de suspicions et de confirmations qui aurait pratiquement triplé ces dernières années. Les sangliers infectés présentent rarement des signes cliniques visibles. Comme d’autres herpèsvirus, le SHV-1 peut rester latent pendant de longues périodes avant d’être réactivé sous l’effet de différents facteurs de stress. Chez le chien, en revanche, l’issue est presque toujours fatale. La contamination survient généralement lors de contacts étroits avec des sangliers infectés : morsures, attaques au ferme, exposition au sang ou aux sécrétions, ingestion de viande ou d’abats crus. Après une incubation très courte, les symptômes apparaissent brutalement : agitation intense, hypersalivation, démangeaisons sévères localisées au niveau de la tête ou du cou, troubles digestifs, difficultés respiratoires et atteintes neurologiques graves. L’évolution est fulgurante et la mort intervient souvent en moins de quarante-huit heures. Même si cette maladie n’est pas transmissible à l’homme, elle représente désormais un enjeu sanitaire majeur à l’interface entre faune sauvage, médecine vétérinaire et activités cynégétiques...

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Quand les protecteurs de la nature deviennent les fossoyeurs de la biodiversité...

L’affaire de Doñana, en Espagne, devrait résonner bien au-delà des frontières ibériques. Elle constitue un avertissement sévère pour tous ceux qui, depuis des décennies, prétendent défendre la nature à coups d’interdictions, de slogans et de postures idéologiques. Pendant des années, certaines organisations écologistes ont obtenu l’exclusion de la chasse de nombreux espaces naturels, persuadées que la nature retrouverait spontanément son équilibre dès lors que l’homme s’effacerait. La réalité leur inflige aujourd’hui un démenti cinglant. À Doñana, l’un des plus prestigieux sanctuaires ornithologiques d’Europe, les populations de sangliers ont explosé. Ces animaux détruisent désormais massivement les nids d’oiseaux nichant au sol. Dans certains secteurs, 70 à 80 % des pontes sont anéanties. Les espèces que l’on prétendait protéger deviennent les premières victimes d’une politique fondée davantage sur le dogme que sur l’observation du terrain. Les scientifiques eux-mêmes parlent désormais « d’urgence écologique ». Le plus frappant est que cette situation n’a rien d’imprévisible. Partout en Europe, les gestionnaires d’espaces naturels, les agriculteurs, les forestiers et les chasseurs alertent depuis des années sur les conséquences de la prolifération de certaines espèces. Dégâts agricoles, destruction des habitats, prédation sur la petite faune, risques sanitaires et accidents routiers : les signaux étaient connus. Mais ils ont souvent été balayés d’un revers de main par ceux qui considèrent toute intervention humaine comme une atteinte à la nature. Cette vision relève d’un romantisme naïf qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Les paysages européens ne sont plus des espaces sauvages intacts depuis des siècles. Ils sont façonnés par les activités humaines. Dans ces conditions, croire que la nature retrouvera seule un équilibre parfait relève davantage de la croyance que de l’écologie scientifique. Le véritable bon sens consiste à reconnaître que l’homme a désormais la responsabilité de gérer certains déséquilibres qu’il a lui-même contribué à créer. Réguler une espèce surabondante n’est pas détruire la nature ; c’est parfois la seule manière de préserver les autres. Protéger la biodiversité ne consiste pas à multiplier les interdictions ou à désigner des boucs émissaires, mais à accepter une gestion active, pragmatique et fondée sur les résultats. Doñana est un rappel brutal : lorsqu’une idéologie refuse d’entendre le terrain, ce sont souvent les espèces les plus fragiles qui en paient le prix. Les véritables défenseurs de la nature devraient avoir le courage de reconnaître leurs erreurs...


Genève... ou la grande illusion perdue du « sans chasse »

Pendant des années, certains mouvements écologistes ont présenté Genève comme la preuve éclatante qu'une société moderne pouvait se passer de chasse. Les chasseurs ? Des vestiges d'un autre âge. La régulation ? Une excuse. La nature ? Elle s'équilibrerait toute seule, pour peu que l'homme cesse d'intervenir. Le conte était séduisant. La réalité, elle, l'est beaucoup moins. Car voilà que le Conseil d'État genevois vient d'annoncer la reconduction des tirs de régulation des cerfs, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027 dans les bois de Versoix et de Collex-Bossy, et une nouvelle saison d'intervention pourrait même être programmée en 2027-2028 si la situation le justifie. Parallèlement, les tirs de régulation concerneront également les sangliers. Pourquoi ? Parce que les populations explosent, que les dégâts forestiers s'accumulent et que les cultures subissent les conséquences d'une gestion déconnectée du terrain. Les mêmes autorités qui vantaient l'exemplarité du modèle genevois reconnaissent désormais la nécessité de prélever des animaux pour préserver les équilibres écologiques. La différence ? On ne parle plus de chasse, mais de « tirs de régulation ». On ne fait plus appel à des chasseurs bénévoles formés et passionnés, mais à des gardes de l'environnement salariés. Le résultat est pourtant identique : des animaux sont abattus parce que c'est devenu indispensable. Cette situation met surtout en lumière une certaine hypocrisie. Pendant des années, le monde cynégétique a été caricaturé, accusé de tous les maux et désigné comme incompatible avec la protection de la nature. Or, lorsque les réalités biologiques et agricoles reprennent leurs droits, ce sont précisément les principes de gestion défendus depuis longtemps par les chasseurs qui s'imposent. Non, la nature ne s'autorégule pas miraculeusement dans des territoires fragmentés, urbanisés. Non, il ne suffit pas d'installer quelques clôtures pour résoudre durablement les problèmes. Et non, remplacer le mot « chasse » par « régulation » ne change rien aux nécessités du terrain. Peut-être est-il temps de reconnaître que les chasseurs ne sont pas le problème, mais font partie de la solution. Genève ne démontre donc pas que la chasse est inutile. Elle prouve exactement l'inverse : même dans le laboratoire rêvé des anti-chasse, la régulation demeure indispensable. Seul le vocabulaire change. La réalité, elle, finit toujours par rattraper l'idéologie.