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Collisions avec la faune : les phares LED et l’éclairage renforcé des véhicules réduisent les risques

Les collisions entre véhicules et grands mammifères sauvages représentent un enjeu majeur de sécurité routière dans de nombreux pays. Cerfs, chevreuils et sangliers sont impliqués chaque année dans des centaines de milliers d’accidents qui causent des dégâts matériels considérables, mais aussi des milliers de blessés et plusieurs centaines de décès. La majorité de ces collisions survient de nuit ou dans des conditions de faible luminosité. Une étude menée pendant deux ans en Caroline du Sud (États-Unis) s’est intéressée à l’influence de différents systèmes d’éclairage automobile sur le comportement du cerf de Virginie et du sanglier, lors de l’approche d’un véhicule. Les chercheurs ont comparé l’effet des phares halogènes traditionnels et des phares à LED, tout en évaluant l’apport d’un éclairage supplémentaire grâce à une barre lumineuse installée sur le véhicule. Au total, 95 parcours nocturnes ont été réalisés sur un itinéraire de 75 kilomètres afin d’observer les réactions des animaux dans des conditions réelles. Les résultats montrent que les phares LED n’ont pas modifié le comportement d’évitement des cerfs. En revanche, chez les sangliers, ils ont entraîné une réaction de fuite plus précoce, permettant aux animaux de s’éloigner davantage avant l’arrivée du véhicule. Les chercheurs estiment que cette différence pourrait être liée à la sensibilité visuelle particulière des sangliers aux longueurs d’onde émises par les LED. L’ajout d’un éclairage frontal renforcé s’est révélé particulièrement intéressant. Chez les cerfs, il a réduit les situations où les animaux restaient immobiles face au danger et diminué le nombre de rencontres jugées critiques lorsque les véhicules circulaient à vitesse élevée. Chez les sangliers, cet éclairage supplémentaire a également augmenté la distance de fuite, offrant davantage de temps de réaction aux conducteurs. Les auteurs concluent que de simples améliorations des équipements d’éclairage pourraient contribuer à réduire le nombre de collisions avec la faune sauvage. Contrairement aux clôtures ou aux passages à faune, souvent coûteux à mettre en place, ces solutions embarquées pourraient être déployées à grande échelle et bénéficier à l’ensemble des usagers de la route confrontés au risque de collision avec les grands ongulés.


Sangliers : la démographie qui menace forêts, cultures et équilibre rural...

Allons-nous être envahis ou la population de sangliers est-elle maitrisée ? La France fait aujourd’hui face à une progression des populations de sangliers, devenue l’un des plus grands défis de gestion de la faune sauvage. Les derniers chiffres publiés par le réseau Ongulés sauvages de l’Office français de la biodiversité et de la Fédération nationale des chasseurs confirment cette dynamique : plus de 881 000 sangliers ont été prélevés durant la saison 2024-2025, un niveau jamais atteint auparavant en France. Pourtant, malgré ces prélèvements records, les populations continuent de progresser dans de nombreux territoires. Le sanglier s’est imposé partout : grandes forêts, plaines céréalières, zones de montagne, périphéries urbaines et parfois même centres-villes. Cette expansion s’explique par plusieurs facteurs qui se combinent. Le réchauffement climatique joue un rôle majeur avec des hivers plus courts et moins rigoureux favorisant la survie des jeunes. Les ressources alimentaires se sont également multipliées grâce à l’extension des cultures attractives comme le maïs, le tournesol ou certaines céréales d’hiver. À cela s’ajoutent les remarquables capacités d’adaptation du sanglier, animal opportuniste capable d’exploiter tous les milieux. Dans plusieurs régions, la diminution des activités humaines traditionnelles en milieu rural et l’augmentation des zones peu chassées offrent également des refuges particulièrement favorables à l’espèce. Certaines zones périurbaines, réserves naturelles ou secteurs où la chasse reste limitée deviennent ainsi de véritables réservoirs démographiques à partir desquels les animaux recolonisent rapidement les territoires voisins. Les conséquences économiques atteignent désormais des niveaux très préoccupants. Les dégâts agricoles imputés principalement aux sangliers représentent aujourd’hui près de 90 millions d’euros par an d’indemnisation, financés majoritairement par les chasseurs....

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Conservation et chasse durable : les candidatures pour le Prix Markhor 2026 sont ouvertes...

La conservation de la biodiversité peut-elle s'appuyer sur l'utilisation durable de la faune sauvage ? Pour le Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC) et la Wild Sheep Foundation (WSF), la réponse est clairement positive. Les deux organisations viennent d'ouvrir les candidatures pour l'édition 2026 du Prix Markhor, une distinction internationale qui récompense tous les deux ans les initiatives ayant démontré des résultats concrets en matière de conservation, grâce à une gestion durable des espèces sauvages. Créé pour mettre en lumière des projets exemplaires, le Prix Markhor s'adresse aussi bien aux institutions qu'aux associations, entreprises, collectivités ou particuliers engagés dans la préservation de la biodiversité. Son objectif est de valoriser les démarches capables d'associer protection de la nature, développement local et utilisation raisonnée des ressources naturelles. Le nom du prix fait référence au markhor (Capra falconeri), majestueuse chèvre sauvage des montagnes d'Asie centrale. Longtemps menacée, l'espèce est aujourd'hui souvent citée comme l'un des exemples les plus emblématiques de conservation réussie, grâce à une chasse strictement réglementée. Les revenus générés par cette activité ont permis de financer la protection des habitats, de lutter contre le braconnage et d'inciter les communautés locales à préserver une espèce devenue une ressource économique durable. Résultat : dans plusieurs régions du Pakistan et d'Asie centrale, les populations de markhors ont connu une nette progression. Décerné lors de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP Biodiversité) et soutenu par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Prix Markhor est devenu au fil des années, une vitrine internationale des projets démontrant que conservation et utilisation durable ne sont pas incompatibles, mais peuvent au contraire se renforcer mutuellement. Cette vision s'inscrit pleinement dans le Cadre mondial pour la biodiversité à l'horizon 2030. Son objectif 5 reconnaît explicitement le rôle de l'utilisation durable des espèces sauvages dans les stratégies de conservation, en soulignant l'importance des bénéfices économiques et sociaux pour garantir l'adhésion des populations locales. Les candidatures sont ouvertes à l'échelle mondiale, sans restriction liée au pays ou au mode de gouvernance. Tous les projets démontrant une contribution mesurable à la conservation, y compris à travers la chasse durable, peuvent être présentés. Les dossiers seront évalués selon la qualité des résultats obtenus, l'implication des communautés locales et la possibilité de reproduire ces modèles dans d'autres territoires. Les candidatures devront être déposées avant le 14 août 2026.


Le chamois au cœur d’un projet scientifique international

Espèce emblématique des massifs montagneux européens et asiatiques, le chamois fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux projet éditorial porté conjointement par le Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC) et la Fondation Artemisan. Les deux organisations viennent de formaliser leur coopération à travers la signature d’un accord destiné à produire un ouvrage scientifique de référence, consacré à cette espèce remarquable, dont l’importance écologique, patrimoniale et cynégétique est reconnue bien au-delà des frontières nationales. Signé par Luis de la Peña, président du CIC, et José Luis López Schümmer, président de la Fondation Artemisan, cet accord marque une nouvelle étape dans le développement de la coopération internationale en matière de recherche et de gestion durable de la faune sauvage. L’objectif est de réunir, dans un même ouvrage, les connaissances les plus récentes sur l’évolution, l’écologie, la biologie et la gestion des différentes populations de chamois réparties à travers leur vaste aire de distribution. Intitulé « Le chamois : évolution, écologie et gestion », ce futur ouvrage analysera les populations présentes dans les Pyrénées, la cordillère Cantabrique, les Alpes, les Carpates, les Balkans, le Caucase ainsi qu’en Anatolie. Il abordera notamment l’histoire évolutive de l’espèce, son adaptation aux milieux montagnards, la dynamique de ses populations, les défis sanitaires auxquels elle est confrontée ainsi que les différents modèles de gestion appliqués selon les contextes géographiques et réglementaires. L’intérêt du projet réside également dans sa dimension comparative. Pour la première fois, un travail de synthèse réunira les expériences acquises dans l’ensemble des grands massifs occupés par le chamois. Cette approche permettra de mieux comprendre les facteurs de réussite des politiques de conservation et d’identifier les bonnes pratiques susceptibles d’être partagées entre gestionnaires, chercheurs et décideurs publics. Afin de garantir la rigueur scientifique de la publication, un comité scientifique et technique conjoint supervisera l’ensemble des travaux. Des spécialistes reconnus issus de nombreux pays européens seront associés à la rédaction des différents chapitres, faisant de cet ouvrage une véritable somme de connaissances sur l’espèce. Publié en anglais et en espagnol, le livre ambitionne de devenir un outil de référence pour les scientifiques, les gestionnaires d'espaces naturels, les administrations, les universités et le monde cynégétique. À l’heure où les écosystèmes de montagne sont confrontés aux effets du changement climatique, aux évolutions de l’usage des territoires et à de nouveaux défis sanitaires, cette initiative illustre parfaitement la contribution de la science, de la gestion durable et de la coopération internationale à la conservation du patrimoine naturel. Le chamois, symbole de liberté et d’adaptation en altitude, disposera ainsi d’un ouvrage à la hauteur de son importance dans les paysages montagneux du continent.

Profitons de ce sujet pour présenter ce trophée d’isard exceptionnel, le plus grand jamais mesuré depuis la création de l’AFMT. En raison de la répartition géographique de l’espèce, il serait toutefois hasardeux de lui attribuer le titre de record mondial, mais il possède néanmoins toutes les caractéristiques d’un trophée hors norme. L’histoire de cet animal est aussi remarquable que tragique. Il a été retrouvé mort, la tête prisonnière d’une clôture métallique. Les profondes entailles visibles à la base et à l’extrémité des cornes témoignent des efforts désespérés qu’il a déployés pour tenter de se libérer. L’isard n’a malheureusement pas survécu à ce piège accidentel. Ce trophée exceptionnel était présenté sur le stand de l’ANCGG lors du Game Fair de Lamotte-Beuvron, le 14 juin dernier. Une occasion rare pour les visiteurs d’admirer un spécimen d’une qualité remarquable et de prendre conscience des risques que certaines infrastructures peuvent représenter pour la grande faune sauvage. Un grand merci à l’AFMT pour avoir partagé cette découverte hors du commun.


Forêts françaises : quand l’arbre ne cache plus la facture

Autrefois, la forêt publique française avait vocation à produire du bois, à financer sa gestion et, au minimum, à tendre vers un équilibre économique. Aujourd'hui, et pour la deuxième fois en moins de vingt ans, le modèle semble de nouveau s'inverser : alors que l'Office national des forêts (ONF) est confronté au dépérissement des peuplements et aux défis du changement climatique, l'État est une nouvelle fois appelé à ouvrir son portefeuille pour tenter de sauver les forêts de demain. En déplacement dans la forêt de Haguenau, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a promis de « se battre » à l'automne pour obtenir les financements nécessaires au fonctionnement de l'ONF. Selon elle, l'établissement devra disposer de moyens suffisants pour poursuivre ses missions d'adaptation des massifs forestiers, alors que le prochain contrat État-ONF pour la période 2026-2030 est en cours de négociation. Le constat est connu : sécheresses répétées, épisodes de chaleur extrême, ravageurs, espèces invasives ou encore déséquilibres hydriques fragilisent de nombreuses essences. Face à cette situation, l'ONF expérimente de nouvelles pratiques sylvicoles et teste l'introduction d'espèces supposées mieux adaptées au climat futur. Mais derrière ce volontarisme affiché, se cache une réalité plus dérangeante. La forêt, qui devrait constituer une richesse durable, capable de contribuer à son propre entretien grâce à la valorisation du bois, devient progressivement un secteur sous perfusion budgétaire. Après avoir vu ses effectifs fondre, passant de près de 13 000 agents en 2000 à moins de 8 000 aujourd'hui, l'établissement public réclame désormais des moyens supplémentaires pour financer des stratégies dont personne ne peut garantir l'efficacité à long terme. Car c'est bien là que réside l'interrogation. Planter aujourd'hui les forêts censées résister au climat de 2070 relève davantage du pari que de la certitude scientifique. Déplacer des essences, modifier profondément les modes de gestion ou expérimenter de nouveaux itinéraires sylvicoles peut s'avérer pertinent... ou produire des effets inattendus, voire contre-productifs. Le risque existe que le remède se révèle pire que le mal. À vouloir réinventer dans l'urgence des écosystèmes façonnés sur plusieurs siècles, avec l'argent du contribuable comme unique garantie, la prudence devrait rester de mise. Plus que jamais, la forêt mérite une vision de long terme fondée sur l'observation, l'humilité et le bon sens. Car, en matière de sylviculture, les erreurs d'aujourd'hui ne se corrigent souvent qu'à l'échelle de plusieurs générations.

 


Outarde canepetière : le pari de la réintroduction sur le camp militaire de La Valbonne (Ain)

Disparue comme espèce nicheuse de la plaine de l'Ain dans les années 1980, l'Outarde canepetière (Tetrax tetrax) fait aujourd'hui l'objet d'un ambitieux programme de réintroduction sur le camp militaire de La Valbonne. Cette opération s'inscrit dans le cadre du projet européen LIFE La Valbonne, lancé en 2019 et coordonné par le ministère des Armées en partenariat avec le Conservatoire d'espaces naturels Rhône-Alpes et la Fédération départementale des chasseurs de l'Ain. Autrefois largement répandue dans les plaines agricoles françaises, l'Outarde canepetière a connu un déclin spectaculaire sous l'effet de l'intensification agricole, de la disparition des milieux ouverts et de la fragmentation des habitats. Aujourd'hui, l'espèce ne subsiste plus que dans quelques noyaux de population de l'ouest de la France et du pourtour méditerranéen. Dans la plaine de l'Ain, seules quelques observations ponctuelles réalisées ces dernières années témoignaient encore de sa présence. Le choix du camp militaire de La Valbonne n'est pas le fruit du hasard. Ce site de près de 1 600 hectares conserve l'un des plus vastes ensembles de pelouses sèches steppiques d'Auvergne-Rhône-Alpes. Protégés de l'urbanisation et de l'agriculture intensive par l'activité militaire, ces milieux accueillent une biodiversité remarquable et plus de 150 espèces d'oiseaux. Plus de 1 100 hectares sont par ailleurs intégrés au réseau Natura 2000. Le programme LIFE La Valbonne, doté d'un budget supérieur à 4,5 millions d'euros, vise à restaurer durablement les habitats naturels du camp tout en maintenant sa vocation militaire. Trois axes majeurs structurent l'action : la restauration de 700 hectares de pelouses sèches, la réhabilitation des anciennes lônes du Rhône et l'amélioration de la qualité écologique des massifs forestiers. La réintroduction de l'Outarde constitue l'une des opérations les plus emblématiques de ce programme. Engagée depuis 2025, cette réintroduction repose à la fois sur la restauration préalable des habitats steppiques et sur des lâchers d'oiseaux destinés à recréer une population viable. L'objectif est de rétablir durablement une espèce emblématique des milieux ouverts tout en démontrant qu'un terrain militaire peut également devenir un territoire pilote en matière de conservation de la biodiversité. Cette opération s'inscrit plus largement dans le Plan national d'actions 2019-2028 consacré à l'Outarde canepetière et constitue aujourd'hui l'une des initiatives les plus ambitieuses menées en France pour la sauvegarde de cette espèce menacée.


Interdiction de la chasse dans la Vienne : simple mesure de prévention ou nouvelle contrainte pour les chasseurs ?

Face aux fortes chaleurs et au risque accru d'incendie, la préfecture de la Vienne a pris un arrêté interdisant, jusqu'à nouvel ordre, toutes les activités impliquant l'usage d'une arme à feu. La mesure concerne notamment la chasse, le ball-trap et l'ensemble des activités susceptibles de provoquer un départ de feu dans un contexte de sécheresse marqué. Sur le fond, l'objectif affiché paraît difficilement contestable. Partout en France, les épisodes caniculaires se multiplient et les autorités cherchent à limiter au maximum les risques d'incendie. Dans plusieurs départements, des restrictions d'accès aux massifs forestiers ou des limitations d'activités sont régulièrement mises en place lorsque les conditions météorologiques deviennent critiques. L'arrêté de la préfecture de la Vienne s'inscrit donc dans cette logique de précaution. Pour autant, cette décision soulève aussi des interrogations dans le monde cynégétique. Si l'été n'est pas la période la plus intense pour la chasse, certaines activités demeurent essentielles, notamment dans le cadre de la gestion de certaines espèces. Consciente de cette réalité, la préfecture a maintenu la possibilité de réaliser des battues administratives, tout en interdisant leur déroulement entre 14 heures et 20 heures, période correspondant généralement au pic de chaleur. Les chasseurs à l'arc ne sont également pas concernés par cette mesure. La question qui se pose est donc celle de l'équilibre entre impératif de sécurité et maintien des activités de terrain. Pour certains chasseurs, ces restrictions apparaissent comme une mesure de bon sens dictée par des circonstances exceptionnelles. D'autres s'interrogent sur la multiplication des limitations qui touchent progressivement les activités de nature et craignent que ces décisions temporaires ne deviennent, à terme, la norme. À ce stade, rien n'indique que l'arrêté de la Vienne poursuive un autre objectif que la prévention des incendies. Mais dans un contexte où la chasse fait régulièrement l'objet de débats et de restrictions, la vigilance demeure. La véritable question est peut-être moins celle de l'interdiction elle-même que celle de sa proportionnalité et de sa durée.


Avec Zacharie, la chasse entre dans l’ère du numérique sanitaire

Présentée à l’occasion du Game Fair 2026 par le ministère de l’Agriculture, l’application Zacharie pourrait bien marquer une étape importante dans la modernisation de la filière venaison française. Derrière ce nom biblique se cache un outil numérique gratuit, destiné à simplifier le suivi sanitaire du gibier sauvage tout en renforçant la traçabilité des carcasses destinées à la consommation humaine. Concrètement, l’application permet aux chasseurs formés à l’examen initial de la venaison d’enregistrer directement sur le terrain les informations relatives aux animaux prélevés. Fini les formulaires papier, les documents égarés ou les démarches administratives fastidieuses : les données sont saisies en temps réel et peuvent être transmises rapidement aux services vétérinaires compétents. L’intérêt de cette innovation dépasse largement le simple confort d’utilisation. À l’heure où la valorisation alimentaire du gibier constitue l’un des grands enjeux de la chasse moderne, la question sanitaire est devenue centrale. La France prélève chaque année plusieurs centaines de milliers de sangliers, chevreuils et cervidés, mais seule une partie de cette ressource rejoint les circuits commerciaux. Parmi les freins identifiés figurent justement la complexité des procédures sanitaires et le manque de fluidité dans la transmission des informations. En facilitant la traçabilité des carcasses, Zacharie répond à une attente ancienne de la filière. L’application contribue à sécuriser l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis le prélèvement jusqu’au consommateur final. Elle offre également une meilleure visibilité aux services vétérinaires et permet un suivi plus efficace des éventuelles anomalies. Autre atout majeur : sa dimension pédagogique. Les chasseurs peuvent bénéficier de retours d’expérience et d’un accompagnement technique leur permettant d’améliorer leurs pratiques. Cette approche favorise une montée en compétence collective tout en renforçant l’image d’une chasse moderne, responsable et soucieuse des exigences sanitaires. À l’heure où la venaison est de plus en plus présentée comme une ressource locale, durable et porteuse d’avenir, Zacharie apparaît comme un outil particulièrement pertinent. En rapprochant le monde de la chasse des standards modernes de traçabilité alimentaire, l’application pourrait contribuer à lever l’un des principaux obstacles au développement d’une véritable filière française du gibier sauvage.


Grand tétras : un combat perdu d'avance ?

Après plus d'un demi-siècle consacré à l'étude et à la protection du grand tétras dans le massif jurassien, Bernard Leclercq dresse un constat particulièrement sombre sur l'avenir de cette espèce emblématique. Ornithologue de formation et ancien enseignant, il estime que le principal facteur du déclin du grand tétras ne réside ni dans le dérangement touristique, ni dans la prédation, ni même dans le changement climatique, mais dans l'évolution de la gestion forestière. Selon lui, la disparition progressive des forêts anciennes compromet directement la survie du plus grand galliforme sauvage d'Europe. Le grand tétras, ou coq de bruyère, est présent dans le Jura depuis la fin des périodes glaciaires. Cet oiseau discret dépend d'écosystèmes forestiers complexes associant grands arbres, peuplements d'âges variés, sous-bois diversifiés et clairières naturelles. Dès les années 1970, alors qu'il participe à une mission scientifique consacrée aux causes de régression de l'espèce en France, Bernard Leclercq observe une corrélation entre le recul des populations de tétras et la disparition progressive de ces forêts matures qui constituaient son habitat privilégié. Cette conviction le conduit à s'investir durablement dans la conservation de l'espèce. Avec d'autres acteurs locaux, il participe à la création du Groupe Tétras Jura, structure réunissant naturalistes, chasseurs, forestiers, élus et représentants du tourisme. L'objectif est alors de mettre en œuvre une gestion concertée permettant de préserver les habitats du grand tétras tout en conciliant les différents usages de la forêt. Durant plusieurs décennies, différentes mesures voient le jour. Des zones de tranquillité sont instaurées, des arrêtés de protection de biotope sont adoptés et certaines pratiques forestières sont adaptées afin de maintenir des habitats favorables à l'espèce. Pour Bernard Leclercq, ces initiatives ont longtemps nourri l'espoir d'un redressement des populations. Cependant, il considère aujourd'hui que ces efforts ont été progressivement affaiblis par une orientation de la gestion forestière davantage tournée vers la production de bois que vers la préservation des écosystèmes...

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Rage : le retour inquiétant d’une maladie que l’Europe croyait maîtrisée

Longtemps considérée comme quasiment éradiquée au sein de l’Union européenne, la rage connaît depuis quelques années une résurgence préoccupante en Europe centrale. Après plusieurs décennies de recul, la maladie est réapparue à partir de 2021 en Pologne, avant de gagner la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie. Le premier signal d’alerte est venu de Pologne. Alors que le pays ne recensait plus que quelques cas isolés chaque année, 113 animaux infectés ont été identifiés en 2021, dont plus d’une centaine de renards. L’année suivante, la situation s’est dégradée dans les pays voisins. La Hongrie et la Slovaquie, qui n’avaient plus enregistré de cas depuis plusieurs années, ont de nouveau détecté le virus. En Roumanie, la circulation de la maladie reste particulièrement active avec jusqu’à 109 cas recensés en 2025. Pour comprendre cette réémergence, les chercheurs du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy, laboratoire de référence de l’Union européenne, ont analysé des échantillons provenant des pays touchés mais également d’Ukraine et de Moldavie. Leurs travaux, publiés début 2026, montrent que deux lignées virales circulent désormais simultanément. À la souche dite NEE, présente en Europe centrale depuis les années 1990, s’ajoute désormais le groupe C, un variant originaire du sud de la Russie et de l’est de la Turquie qui n’avait plus été observé dans l’Union européenne depuis près d’une décennie. La géographie des foyers soulève également des interrogations. La plupart des cas recensés se situent à moins de 50 kilomètres des frontières ukrainienne et moldave. Pour les spécialistes, la guerre en Ukraine pourrait avoir favorisé la propagation du virus. Les campagnes de vaccination des renards par largage aérien d’appâts vaccinaux ont été fortement perturbées, tandis que les destructions d’habitats et les déplacements de la faune sauvage ont pu accélérer la diffusion de la maladie. Cette situation rappelle que la rage demeure l’une des zoonoses les plus redoutables. Transmise principalement par morsure, elle peut infecter tous les mammifères, y compris l’homme. Une fois les premiers symptômes déclarés, l’issue est presque toujours fatale. En 2025, un Roumain est ainsi décédé après avoir été mordu par un chien errant, premier décès humain lié à la rage terrestre enregistré dans l’Union européenne depuis 2012. Face à cette menace, les autorités sanitaires privilégient aujourd’hui une stratégie fondée sur la surveillance internationale et surtout sur la vaccination orale des renards roux, principal réservoir du virus. Les résultats obtenus en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie montrent que cette méthode demeure l’outil le plus efficace pour contenir puis éliminer durablement la maladie.


La semaine en bref...

- Ain : la présence d'un loup a été officiellement confirmée par l'OFB, après une observation réalisée dans un lotissement. Plusieurs habitants ont aperçu et filmé le canidé alors qu'il traversait tranquillement le quartier avant de disparaître vers une zone boisée située à proximité. D'abord pris pour un grand chien par certains riverains, l'animal a finalement été identifié comme un loup gris (Canis lupus) grâce à l'analyse des images transmises à l'OFB. Les agents se sont appuyés sur différents critères morphologiques, notamment la silhouette générale, le port de la queue et les caractéristiques de la robe. Selon l'établissement public, aucun comportement inhabituel n'a été constaté. L'animal n'a manifesté aucune agressivité et s'est contenté de poursuivre sa route en évitant les contacts avec l'homme. Cette apparition rappelle la progression de l'espèce sur le territoire national et sa capacité à fréquenter ponctuellement les abords des zones habitées.

 

- Hautes-Alpes : huit nouveaux lieutenants de louveterie ont officiellement reçu leurs insignes, mercredi 17 juin, lors d'une cérémonie organisée à la préfecture, à Gap. Les distinctions leur ont été remises par le préfet Philippe Bailbé, en présence des représentants de la louveterie départementale. Ces bénévoles assermentés, recrutés à l'issue d'un appel à candidatures lancé au printemps, viennent renforcer un dispositif particulièrement sollicité dans un département fortement touché par la prédation du loup sur les troupeaux domestiques. Leur mission consistera notamment à participer aux opérations de régulation, aux battues administratives et aux actions de décantonnement mises en œuvre sous l'autorité préfectorale. Au cours de la cérémonie, le préfet a également remis la médaille d'honneur de la louveterie à Bruno Drevet, président de l'association départementale et doyen des lieutenants de louveterie, en reconnaissance de douze années d'engagement au service de l'État. Avant de pouvoir être pleinement opérationnels, les huit nouveaux louvetiers devront suivre une formation théorique et pratique. Leur nomination vise à renforcer le maillage territorial dans plusieurs secteurs particulièrement exposés aux attaques de loups, notamment dans le Gapençais, l'Embrunais et le Champsaur-Valgaudemar. Leur mandat s'étendra jusqu'au 31 décembre 2029.

 

- Ariège : le paysage politique ariégeois pourrait bien être bousculé à l'occasion des élections sénatoriales du 27 septembre prochain. Jean-Luc Fernandez, président de la FDC, a officialisé sa candidature, créant la surprise dans le département. Connu pour son franc-parler et son engagement en faveur du monde rural, il entend porter au Palais du Luxembourg les préoccupations des élus locaux et des habitants des territoires de montagne. « Croyez-moi, si je suis élu, on entendra parler de l'Ariège », a-t-il lancé pour expliquer sa démarche. Figure bien identifiée en Ariège à travers ses responsabilités cynégétiques, Jean-Luc Fernandez souhaite défendre des dossiers tels que la ruralité, la gestion de la faune sauvage, l'agriculture ou encore le maintien des services publics de proximité. Sa candidature introduit un nouvel acteur dans la campagne sénatoriale et pourrait rebattre les cartes à quelques mois du scrutin réservé aux grands électeurs...

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