Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Une bonne nouvelle : la réouverture de la chasse à la tourterelle des bois

Après plusieurs années de travail et quatre ans de moratoire sur la chasse à la tourterelle des bois sur la voie de migration occidentale, la Commission européenne a approuvé cette réouverture, tous les critères étant remplis. Ces critères comprennent une augmentation de la population constatée depuis 2021, un taux de croissance positif estimé par le modèle, et la mise en œuvre de systèmes réglementaires garantissant le respect des exigences convenues en matière de gestion adaptative des prélèvements. La réouverture se fera avec un quota strictement réglementé de 1,5 % de la population post-reproduction, estimée à environ 8,85 millions d'individus. Les pays concernés sont l'Espagne, la France, le Portugal et certaines régions du nord-est de l'Italie. Ce très faible taux de prélèvement a été jugé durable et prudent sur la base des cinq dernières années de recherche scientifique. Le secrétaire général de la FACE,  le Dr David Scallan,  a déclaré :  « La FACE salue cette décision, étape importante pour une chasse durable en Europe. Dans les pays où l'espèce est chassable, les chasseurs jouent un rôle essentiel dans les efforts de conservation visant à restaurer, gérer et préserver des habitats de haute qualité, essentiels à la survie de l'espèce. Cette réouverture motivera les chasseurs qui investissent des ressources considérables dans cette gestion annuelle, à soutenir les initiatives de conservation de ces espèces ».


Une moins bonne nouvelle : le Conseil d’Etat a examiné l’arrêté ESOD : décision dans quelques semaines...

En 2023, le ministère de la Transition écologique a publié un arrêté désignant plusieurs espèces comme « ESOD » (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts), permettant leur destruction jusqu'en 2026. Bien évidemment, l’arrêté a été contesté par des associations de protection de l'environnement, notamment One Voice, qui a initié des actions en justice pour faire annuler cette mesure. Le Conseil d'État a donc été saisi, les associations de protection arguant que ces classifications sont arbitraires et menacent des millions d'animaux considérés injustement comme « nuisibles » (renards, martres, belettes, fouines, corneilles noires, corbeaux freux, pies bavardes, étourneaux sansonnets et geais des chênes). Lors de l’audience du 31 mars dernier, le Conseil d'État a examiné les arguments des associations contre cet arrêté. Elles ont plaidé pour son annulation immédiate, mettant en avant l'inefficacité des mesures de destruction pour protéger les intérêts humains avancés, comme la prédation sur les élevages et les dommages aux cultures. Faisant fi de ces nuisances, la rapporteure publique a recommandé l'annulation de l'arrêté, s’appuyant sur des études (lesquelles ?) affirmant que des alternatives moins préjudiciables sont possibles, comme la sécurisation physique des bâtiments pour dissuader les intrusions. De plus, elle souligne que la destruction de certaines espèces pourrait perturber les équilibres naturels, nuisant à long terme à la biodiversité et aux écosystèmes. Insatiables, les associations de protection « exigent non seulement l'annulation de l'arrêté actuel, mais aussi une réforme profonde des pratiques de chasse et de gestion des espèces considérées comme nuisibles ». L'issue de cette bataille juridique au Conseil d'État est attendue dans les semaines à venir, mais sachant que dans 90% des cas, il suit les recommandations du rapporteur... la suite est à craindre.


2e forum « Life Artisan » : les solutions fondées sur la nature gagnent du terrain

Quatre ans après son lancement en 2020, le programme « Life Artisan » (2020-2027) a considérablement renforcé la mise en œuvre des « Solutions fondées sur la nature » (SFN) en réponse aux défis climatiques croissants. Cet effort s'inscrit dans une dynamique globale visant à adapter nos sociétés aux changements environnementaux, à travers une palette diversifiée d'approches, et une richesse d'expériences pratiques. Le récent forum Alliance nature et adaptation a marqué un moment clé pour évaluer les progrès accomplis et stimuler une collaboration collective renouvelée. Face à ces défis, les SFN montrent la puissance des écosystèmes et des processus naturels : végétalisation des espaces urbains, restauration des cours d'eau, agroécologie et gestion forestière durable. En France, le programme « Life Artisan », sous l'égide de l'OFB et avec la participation de 27 bénéficiaires, joue un rôle central dans le déploiement à grande échelle de ces SFN. Ce programme comprend des sites de démonstration, des initiatives de recherche, la diffusion d'outils techniques et la mobilisation d'animateurs régionaux travaillant en étroite collaboration avec les acteurs locaux. Cette initiative nationale a été mise en lumière lors du forum Alliance nature et adaptation, où plus de 550 professionnels issus de divers horizons ont convergé pour partager leurs connaissances et leurs expériences. Au-delà des discussions, le forum a souligné la nécessité d'une action concertée et de politiques publiques robustes pour soutenir et amplifier l'impact des SFN à l'échelle nationale et européenne. À travers ces initiatives, la France se positionne comme un acteur clé dans la promotion d'une approche durable et intégrée face aux défis environnementaux contemporains, illustrant ainsi l'engagement continu en faveur d'un avenir plus résilient et harmonieux avec la nature.


Cordons dunaires et submersions marines : le guide réalisé par le Cerema et l'ONF vient de paraître

Le guide publié par le Cerema et l'ONF se concentre sur l'analyse approfondie des cordons dunaires, des formations naturelles essentielles à la protection contre les submersions marines le long des côtes françaises. Ces structures, situées à la frontière entre la terre et la mer, jouent un rôle crucial en constituant une barrière efficace contre les assauts des vagues sur les zones basses. Dans le contexte actuel de montée des eaux, la prise en compte des cordons dunaires dans l'évaluation et la prévention des risques de submersion devient impérative. C'est dans ce cadre que le Cerema et l'ONF ont collaboré, en 2023, pour produire un guide exhaustif sur l'état de ces formations littorales. Il vise à comprendre en profondeur le comportement dynamique des cordons dunaires, ainsi qu'à évaluer les conséquences potentielles de leurs défaillances. Les territoires littoraux français, tout en étant des régions dynamiques et attrayantes, sont également parmi les plus vulnérables. Les événements extrêmes tels que les tempêtes de 2010 et de l'hiver 2013-2014 ont mis en lumière la fragilité de ces formations naturelles, soulevant des préoccupations sérieuses quant à leur capacité à endiguer efficacement les montées des eaux marines. L'étude approfondie menée par le Cerema et l'ONF explore les modifications significatives subies par les cordons dunaires, révélant les préoccupations quant à la possibilité d'inondations majeures par la mer. En réponse à ces défis, le guide propose des clés essentielles pour comprendre non seulement le fonctionnement actuel de ces formations, mais aussi leur évolution à long terme dans un contexte de gestion intégrée des risques littoraux.


Les carabines de type Mauser 98 et leurs dérivés

Jusqu’à l’arrivée des culasses à verrouillage linéaire, la culasse Mauser est l’une des inventions les plus importantes en matière d’arme portative. Pour définir ce genre d’arme, nous allons admettre qu’il s’agit de versions civiles du fusil de guerre allemand, qui a servi durant les deux dernières guerres mondiales, et dont le système de culasse a été mis au point par Paul Mauser, en 1888. Cette culasse comporte deux tenons avant opposés qui trouvent leur place, en position verrouillée, dans deux mortaises ménagées à l’intérieur du boitier de culasse dans lequel est vissé le canon. Un troisième verrou de sécurité se situe un peu en arrière du levier d’armement, et il trouve sa place dans la partie inférieure, à l'arrière du boîtier de culasse. L’autre grande particularité de cette culasse réside dans la présence d’un extracteur latéral matérialisé par une lame située sur le flanc droit de la culasse. Cette lame extracteur saisit le culot de la douille durant la phase d’alimentation de la cartouche dans la chambre. Il est d’ailleurs impossible, sur un mécanisme original non rectifié, de verrouiller la culasse suite à une alimentation directe de la chambre. Toutes les cartouches doivent impérativement transiter par le magasin pour être chambrées. Cependant, certaines modifications apportées à cette culasse permettent de procéder à une alimentation directe de la chambre, suite à une rectification de l’extracteur...

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Grands carnivores : réduire les conflits par la gestion

Les représentants d'associations nationales de chasse de 30 pays de l’Union européenne élargie, se sont réunis la semaine dernière à Zagreb, pour célébrer le centenaire de la Fédération croate de chasse, en conjonction avec la réunion des membres de la FACE. Cette rencontre a été l'occasion de discuter des défis cruciaux auxquels les chasseurs européens font face. Parmi les sujets prioritaires abordés, la gestion des grands carnivores a occupé une place centrale, visant à minimiser les conflits et à promouvoir une coexistence que certains jugent toujours possible. Les délégués ont partagé les dernières données du projet « Life Wild Wolf », axées sur la réduction des conflits entre loups et chiens pendant les activités de chasse. L'importance de cette gestion proactive des espèces prédatrices pour la conservation et la régulation des populations, a été soulignée, mettant en exergue l'engagement continu envers la durabilité environnementale. En parallèle, la conférence a exploré d'autres thèmes essentiels comme la chasse aux oiseaux, le bien-être et le transport des chiens, ainsi que les nouvelles technologies pour améliorer la surveillance des espèces chassables. Des scientifiques, des universitaires et des partenaires ont collaboré pour développer des stratégies innovantes adaptées aux défis modernes de la chasse en Europe. Laurent Hoedemaker, président de la FACE, a exprimé sa gratitude envers Ivica Budor, président de la Fédération croate de chasse, pour avoir accueilli cet événement majeur. Quant à Ivica Budor, il a insisté sur l'importance de cette plateforme pour faire avancer les intérêts politiques des chasseurs européens, et souligné que cet anniversaire historique a permis un échange précieux de meilleures pratiques et de connaissances, favorisant ainsi une collaboration fructueuse à travers toute l'Europe, pour le bénéfice des communautés de chasseurs.