Alors que l’utilité, le coût et l’avenir de l’ADEME alimentent les interrogations, l’Office français de la biodiversité vient apporter un soutien pour le moins concret à l’agence. En juin 2026, les deux organismes ont lancé « ACT Biodiversité », une méthode destinée aux grandes entreprises pour évaluer la crédibilité et l’efficacité de leur stratégie en faveur du vivant. Et le moins que l’on puisse dire est que l’ADEME y conserve une place centrale.
Directeur général de l’OFB, Olivier Thibault a présenté ACT Biodiversité comme une déclinaison de l’initiative ACT (Accelerate Climate Transition) développée par l’ADEME. Le dispositif reprend ses neuf critères historiques, depuis les objectifs de décarbonation jusqu’à la gouvernance, en passant par les investissements, les fournisseurs, les clients et les modèles économiques. L’OFB y ajoute les cinq grands facteurs d’érosion de la biodiversité identifiés par l’IPBES : changement d’usage des sols, exploitation des ressources, changement climatique, pollutions et espèces exotiques envahissantes. Autrement dit, loin de fonctionner chacun dans son coin, les deux établissements publics ont construit un outil commun destiné à pousser les grandes entreprises à modifier leurs pratiques. Pour Olivier Thibault, l’enjeu est loin d’être théorique : selon la Banque centrale européenne, 72 % des entreprises de la zone euro dépendent de manière critique des écosystèmes. La dégradation de ceux-ci constitue donc aussi un risque économique. Cette coopération n’est d’ailleurs pas improvisée : elle résulte de trois années de recherche, de développement méthodologique, de concertation et d’expérimentation. Treize grandes entreprises, parmi lesquelles Carrefour, Engie Solutions, Michelin, Pierre Fabre, la RATP et Renault, ont participé à la phase pilote....
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La chasse... demain !

Le Grand Tétras, lui, avait encore fait l’objet de quotas départementaux très faibles avant le moratoire ; dans les Hautes-Pyrénées, par exemple, le prélèvement était déjà fixé à zéro pour 2025-2026, comme celui du Lagopède. La chasse constitue donc désormais une pression supprimée ou appelée à l’être. Mais elle n’était pas la seule. Pour le Grand Tétras, l’OFB et l’Observatoire des galliformes de montagne évoquent une combinaison de facteurs : qualité et fragmentation des habitats, dérangement lié aux activités humaines, usages de la montagne et évolution des relations prédateurs-proies. Pour le Lagopède, le constat est encore plus directement lié au climat : oiseau adapté au froid, il subit la réduction de l’enneigement, le réchauffement, les parasites et la diminution de ses habitats favorables. Le Conseil d’État a d’ailleurs relevé que, même si la chasse n’est pas considérée comme le principal facteur du déclin du Lagopède, cette circonstance ne faisait pas obstacle à la suspension de sa chasse. La véritable question commence donc après l’interdiction de tirer. Que fait-on pour que ces oiseaux puissent réellement vivre, se reproduire et reconquérir leurs territoires ? Pour le Grand Tétras, cela passe par la restauration et la gestion des habitats forestiers : conserver des peuplements adaptés, préserver les zones de reproduction, limiter le dérangement durant les périodes sensibles et réduire les obstacles ou infrastructures susceptibles de provoquer des collisions. Pour le Lagopède, le défi est encore plus difficile car il s’agit d’une espèce de haute montagne particulièrement exposée au changement climatique. Restaurer l’habitat ne suffira pas si les conditions thermiques continuent de se dégrader : il faut donc agir simultanément sur le dérangement, les infrastructures, le pastoralisme lorsque celui-ci dégrade les milieux favorables, les activités touristiques et la connaissance des populations. Le Grand Tétras et le Lagopède alpin nous rappellent ainsi une évidence : protéger une espèce, ce n’est pas seulement empêcher qu’on la prélève. C’est surtout faire en sorte qu’elle puisse encore trouver demain un endroit où vivre.
Dans tous les cas, le principe reste le même : réduire l’exposition au danger. Certains animaux recherchent rapidement un refuge lorsque les vents se renforcent. D’autres modifient leurs déplacements pour contourner la zone la plus exposée, parfois sur de longues distances. Les espèces qui restent sur place peuvent, elles aussi, adopter des comportements permettant de mieux supporter les rafales, les fortes pluies ou les modifications brutales de leur environnement. Les tempêtes ne se limitent toutefois pas à leurs effets immédiats. Le vent peut détruire la végétation, les précipitations provoquer des inondations et les submersions modifier durablement les milieux. Ces bouleversements peuvent entraîner des mortalités, mais aussi modifier la disponibilité des ressources, l’abondance des espèces et leur reproduction. La leçon vaut bien au-delà des régions tropicales étudiées par les chercheurs : face à un épisode météorologique violent, la faune cherche d’abord à survivre en s’adaptant rapidement à son environnement. Et une fois la tempête passée, elle doit encore composer avec les changements laissés derrière elle.
Le ministère a également saisi le parquet. Un cybercriminel a parallèlement revendiqué l’attaque et affirmé détenir « des milliers de données ». Cette affirmation n’est toutefois pas confirmée par les autorités. Le ministère n’a, à ce stade, fait état d’aucune fuite avérée. Que recherchaient les attaquants ? L’hypothèse d’un vol de données constitue l’une des pistes, notamment si des comptes compromis leur ont permis d’accéder à des informations internes. Les données administratives, coordonnées d’agents, documents de travail ou identifiants peuvent ensuite être exploités pour des fraudes, du phishing ciblé ou de nouvelles intrusions. Les conséquences pourraient donc dépasser la simple interruption temporaire des sites. Une compromission durable permettrait potentiellement de pénétrer plus profondément dans les systèmes informatiques, de récupérer des informations sensibles ou d’utiliser les comptes dérobés comme portes d’entrée vers d’autres services. Les investigations devront déterminer ce qui a réellement été consulté ou extrait. Pour l’heure, l’ampleur de l’attaque et l’existence d’un éventuel vol de données restent à établir.
Mais voilà le plus savoureux : le gibier, lui, n’a pas lu l’arrêté. Les animaux qui ont fui les secteurs brûlés se réfugient à proximité, dans les parcelles voisines. Et ils y restent. Avec les conséquences que l’on imagine : cultures endommagées, jeunes plantations consommées, dégâts supplémentaires pour les propriétaires et les agriculteurs. Faudrait-il donc interdire la chasse précisément là où les animaux se sont réfugiés ? Voilà une curieuse conception de la protection de la nature : laisser les dégâts s’installer pour pouvoir ensuite expliquer qu’il faut trouver une solution aux dégâts. On pourrait continuer. Une rivière déborde ? Interdisons aux promeneurs de s’en approcher. Un chemin devient impraticable ? Interdisons d’y marcher. Un étang est vide ? Défense d’y pêcher. Et puisque la forêt brûlée présente des dangers, pourquoi ne pas interdire tout simplement aux hommes d’y penser ? Le problème n’est pas que l’État veuille réglementer : ici, l’État sait justement que la situation doit être appréciée au cas par cas. Le problème vient de ceux qui veulent administrer la nature depuis un bureau, en imaginant qu’un interdit général remplacera l’observation du terrain. Les chasseurs, eux, n’ont pas attendu ces experts autoproclamés pour comprendre qu’on ne chasse pas de la même manière dans une forêt intacte et dans une zone dévastée par le feu. La nature n’est pas un manuel scolaire. Elle bouge, elle fuit, elle revient, elle s’adapte. Encore faudrait-il, avant de prétendre la gérer, accepter de l’observer.
Cette réintroduction possède également une dimension historique : chamois et bouquetins sont représentés dans la grotte Chauvet, attestant de leur présence en Ardèche au Paléolithique. Le projet vise donc à rétablir une espèce disparue du territoire tout en développant le suivi scientifique et l’observation de la faune sauvage.
Leur non-respect peut constituer une infraction. Lorsqu’un accident survient, la responsabilité peut aller au-delà d’une sanction : blessures ou décès peuvent entraîner des poursuites pénales, une suspension ou retrait du permis de chasser. Un principe : avant de tirer, il faut être certain de ne mettre personne en danger.
La qualité de l’alimentation conditionne notamment la lactation et la croissance. Des travaux de l’ONCFS consacrés à la canicule de 2003 avaient déjà montré une forte baisse du poids des chevrillards et des effets différés sur la condition physique et la reproduction des femelles. Première urgence : compter. Comptages nocturnes, observations lors des sorties d’approche, relevés des animaux trouvés morts, poids des jeunes prélevés et remontées des territoires doivent permettre de déterminer si le phénomène est localisé ou généralisé. Le réseau Sagir constitue également un outil précieux pour documenter d’éventuelles mortalités anormales et rechercher leur origine. Si une baisse importante du nombre de chevrillards est confirmée, la gestion cynégétique devra en tenir compte. À la fin du mois d’août, les jeunes chevreuils ont atteint l’essentiel de leur taille osseuse définitive et entrent désormais dans une phase de consolidation. Un animal ayant souffert du manque de nourriture ne sera pas biologiquement rachitique, mais restera petit et conservera toute sa vie les effets de ce mauvais départ. Et comme les naissances et le poids des nouveaux nés sont corrélés au poids de la mère, la reproduction de 2028 en sera donc affectée. C’est précisément pourquoi, dans une population durement touchée, les prélèvements devraient prioritairement porter sur les jeunes animaux manifestement déficients, tandis que les femelles adultes en bon état corporel devraient être préservées autant que possible. La prudence reste toutefois indispensable : il ne s’agit pas de décider à l’échelle nationale sur la seule base de témoignages. Si des mesures sont nécessaires, elles devront être prises localement, au plus près de la réalité des populations, en fonction des résultats des comptages et de l’état corporel des animaux.
Environ 6 600 espèces animales et 5 800 espèces végétales y ont été recensées, parmi lesquelles des orchidées, des arbres protégés, des cervidés, des sangliers, des blaireaux, des écureuils et plus de 250 espèces d’oiseaux. Sous la litière forestière vivent également des milliers d’insectes, dont certaines espèces protégées. Cette richesse explique aussi l’importance historique du massif. En 1842, Claude-François Denecourt y aménagea les premiers sentiers balisés, faisant de Fontainebleau l’un des berceaux du tourisme de nature et attirant progressivement randonneurs, artistes, grimpeurs et amoureux des paysages. En 1948, la forêt accueillit également une conférence de l’UNESCO qui contribua à la création de l’Union internationale pour la conservation de la nature, donnant au site une dimension internationale. Mais cet héritage vient de subir un choc majeur. Deux épisodes d’incendie ont ravagé environ 2 000 hectares, soit près de 10 % du massif, contraignant environ un millier d’habitants et de campeurs à évacuer. Le premier sinistre s’est déclaré le 12 juillet dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, notamment dans le secteur du Bois Rond et à proximité de l’autoroute A6. Le lendemain, plusieurs autres départs de feu ont touché la forêt domaniale de Fontainebleau, notamment dans le secteur de la Faisanderie... (
Dans son environnement rien n’échappe à ses grands yeux, et le moindre bruit capté par ses larges oreilles la mettra sur la défensive. Sa robe est presque blanche sur les jambes et le dessous du ventre, et fauve clair sur la partie supérieure du corps. Le mâle est le seul à porter des cornes, qui sont fines, courtes et cylindriques. La gazelle de Waller est un animal diurne, qui passe la plus grande partie de sa journée à ruminer. Elle vit en petit groupe d’une dizaine d’individus, composé uniquement de femelles et de leurs petits. De leur côté, les mâles, solitaires et territoriaux, ne cohabitent avec les femelles que pendant les périodes de rut. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle à un an, et les mâles à 18 mois. Au terme d’une période de gestation de 165 jours environ, un petit d’un poids de 2 à 3 kilos, voit le jour. Pour mettre bas, la femelle quitte le troupeau et choisit un endroit à l’écart. Aussitôt la naissance, la femelle nettoie sa progéniture puis mange le placenta. Elle laissera le faon seul, camouflé, qu’elle reviendra voir régulièrement pour le nourrir, le laver et consommer ses excréments afin de supprimer la moindre odeur pouvant trahir sa présence auprès des prédateurs.
Un service coordonnateur sera ensuite chargé de l’instruction du dossier. Lorsque plusieurs départements sont concernés, les préfets intéressés prendront une décision conjointe. Le nouveau régime ne signifie toutefois pas que toute destruction sera automatiquement autorisée. Le préfet pourra demander des pièces complémentaires, s’opposer au projet ou informer le porteur de projet qu’une autorisation spécifique est nécessaire en fonction des protections applicables au site. Le dispositif doit notamment articuler les règles relatives aux espèces protégées, à Natura 2000, à l’eau, aux sites classés ou encore à la protection des haies par les documents d’urbanisme. Le décret renforce également le principe de compensation. Lorsqu’une destruction ne peut être évitée, le propriétaire ou le gestionnaire doit en limiter l’ampleur et prévoir une replantation permettant d’obtenir, à terme, des fonctionnalités au moins équivalentes à celles de la haie supprimée. En l’absence d’arrêté préfectoral fixant un coefficient particulier, la compensation minimale correspond à un linéaire replanté équivalent au linéaire détruit. Autre nouveauté importante : une période d’interdiction des travaux, liée à la nidification des oiseaux, devra être respectée. Elle ne pourra être inférieure à 21 semaines, avec des possibilités de dérogation dans certaines situations exceptionnelles, notamment pour des raisons de sécurité ou pour certaines infrastructures et réseaux. Le décret prévoit enfin que la déclaration unique peut, dans certains cas, se substituer à la déclaration préalable d’urbanisme concernant la destruction d’une haie protégée. Le nouveau dispositif entend ainsi créer un cadre plus lisible, tout en maintenant un contrôle préfectoral sur les opérations susceptibles d’affecter durablement le patrimoine bocager.