Canon-Fronsac Château du Gazin

Petit gibier : six espèces, six destins, un même défi

À l’ouverture de la saison générale, le petit gibier offre un indicateur précieux de l’état des campagnes françaises. Lièvre d’Europe, lapin de garenne, perdrix grise, perdrix rouge, faisan commun et pigeon ramier ne suivent pourtant pas la même trajectoire. Certaines populations sont fragiles, alors que d’autres résistent ou progressent nettement. Le lièvre reste largement présent dans les plaines, mais avec des densités très variables selon les territoires. Ses effectifs sont suivis par des comptages nocturnes et des réseaux départementaux afin d’adapter les prélèvements à la situation locale. Le lapin de garenne présente un tableau beaucoup plus préoccupant. Les maladies, notamment la myxomatose et la maladie hémorragique virale, ont fortement réduit ses populations, mais elles n’expliquent pas tout. La disparition des haies, des ronciers, des garennes et de certains habitats favorables a également réduit la capacité d’accueil des territoires. Les perdrix connaissent elles aussi des difficultés. La perdrix grise, caractéristique des grandes plaines céréalières du Centre et du Nord, reste présente, mais son succès reproducteur est régulièrement faible. La perdrix rouge, adaptée aux paysages secs, ouverts et diversifiés, affiche elle aussi, une tendance particulièrement défavorable, avec une baisse des effectifs nicheurs de 51 % sur le long terme et de 46 % sur le court terme dans les données présentées par l’OFB. À l’inverse, le faisan commun connaît une dynamique positive : ses densités françaises progressaient entre 2008 et 2018 et les suivis des oiseaux communs font apparaître des hausses de 25 % à long terme et de 16 % à court terme. Le pigeon ramier constitue le cas le plus spectaculaire, avec une progression estimée à 124 % sur le long terme et 25 % sur le court terme. Ces trajectoires contrastées montrent une réalité essentielle : il n’existe pas un seul « petit gibier français », mais des espèces dont les populations réagissent différemment aux conditions du milieu. Leur gestion ne peut donc être uniforme et doit tenir compte des réalités propres à chaque territoire...

[ LIRE LA SUITE... ]


Maladie d’Aujeszky : les vétérinaires invités à déclarer les cas via CalypsoVet

Face à la multiplication des signalements de maladie d’Aujeszky chez des chiens de chasse, le Réseau d’épidémio-surveillance pour les animaux de compagnie (Respac), sous l’égide de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie (Afvac), renforce la surveillance de cette infection virale. Depuis le 10 septembre 2026, les vétérinaires disposent d’une fiche permettant de déclarer les suspicions et les cas confirmés directement sur la plateforme CalypsoVet. Le dispositif est financé par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). L’objectif est de mieux documenter la circulation de la maladie chez le chien, notamment chez les animaux utilisés pour la chasse au sanglier. Plusieurs cas ont été confirmés en France en 2026. La maladie d’Aujeszky est provoquée par un herpèsvirus dont les sangliers sauvages constituent un réservoir. Les chiens peuvent être contaminés notamment lors de contacts avec un sanglier infecté, par morsure, contact avec une plaie ou ingestion de viande et d’abats crus. Chez les carnivores, l’évolution est particulièrement brutale : démangeaisons intenses, troubles nerveux, salivation et, généralement, mort en 24 à 48 heures. Cette infection présente toutefois une particularité importante : elle n’est pas transmissible à l’homme. Les chiens, eux, sont considérés comme particulièrement vulnérables et la maladie est systématiquement mortelle lorsqu’elle se déclare. Il n’existe pas de traitement curatif. Dans ce contexte, la nouvelle procédure de déclaration doit permettre de recueillir davantage d’informations sur les cas rencontrés sur le terrain et d’améliorer la connaissance de leur répartition. Elle s’adresse à l’ensemble des praticiens susceptibles de prendre en charge un chien présentant des signes compatibles avec la maladie. Pour les chasseurs, cette surveillance vient compléter les mesures de prévention déjà recommandées : éviter que les chiens mordent les sangliers, les éloigner des carcasses, ne pas leur donner de viande ou d’abats crus et nettoyer le matériel potentiellement souillé.


Être chasseur le dimanche, est-ce suffisant ?

Il suffit de regarder l’actualité judiciaire de la chasse pour comprendre une chose : les associations anti chasse, elles, ne prennent jamais de vacances. Elles observent, documentent, saisissent les tribunaux, communiquent, recommencent et, surtout, capitalisent sur chaque décision obtenue. En 2026, l’ASPAS, AVES France et One Voice ont ainsi multiplié les recours contre les périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau. En Haute-Marne, dans le Cher, l’Ille-et-Vilaine, l’Aisne et l’Eure-et-Loir, plusieurs arrêtés préfectoraux ont été suspendus par les tribunaux administratifs. Le même mouvement concerne d’autres départements et des décisions portant sur des arrêtés antérieurs ont encore produit des annulations en 2026. Mais le blaireau n’est qu’un front parmi d’autres. L’ASPAS a engagé une action contre l’État concernant la gestion du renard, tandis que les associations interviennent également sur les oiseaux, les ESOD, la chasse à courre ou encore les tirs de certaines espèces. En mars dernier, cette association déposait ainsi plainte contre X à propos d’une immense bâche installée en forêt de Dreux dans le cadre d’une chasse à courre. Le plus important n’est finalement pas le nombre de procédures. C’est la constance de la stratégie. Chaque arrêté devient une occasion de recours ; chaque recours, une communication, chaque victoire, un précédent et un argument pour la bataille suivante. L’ASPAS revendique elle-même cette logique d’action juridique répétée et coordonnée avec d’autres associations. Pendant ce temps, les chasseurs donnent parfois l’impression de découvrir le combat lorsque celui-ci arrive devant leur porte. Ils savent défendre une chasse menacée, mobiliser leurs adhérents et interpeller les élus, mais leur stratégie reste souvent défensive. Les anti-chasse travaillent à transformer progressivement le rapport de force, mais les chasseurs semblent encore trop souvent travailler à empêcher qu’il change...

[ LIRE LA SUITE... ]


De Leuglay à Maubuisson : Naudet plante les forêts de demain

Créer une forêt là où il n’y en avait plus : le chantier de Maubuisson, dans le Val-d’Oise, constitue l’un des plus ambitieux projets français de création forestière. Lancé en 2019 sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, ce projet doit faire émerger, à terme, un massif de 1 340 hectares et près d’un million d’arbres. Le site, marqué pendant des décennies par l’épandage des eaux usées de l’agglomération parisienne, fait l’objet d’un vaste travail de réhabilitation et de phytostabilisation des sols. Pour réussir cette transformation, le choix des végétaux est déterminant. Les forestiers misent sur une grande diversité d’essences, adaptées aux caractéristiques des sols et aux évolutions climatiques. À l’automne 2025, une nouvelle campagne a ainsi permis de reprendre les plantations, avec 245 000 jeunes plants prévus sur 91 hectares. Au printemps 2026, le projet atteignait 918 000 arbres et arbustes plantés depuis son lancement. Les contrôles de reprise des premières plantations se révèlent particulièrement encourageants, avec un taux moyen de 93 % à cinq ans. Le pépiniériste Naudet n’est pas seulement fournisseur de plants : l’entreprise intervient également dans la plantation et le suivi des projets forestiers. Son histoire remonte à 1876 et son activité couvre aujourd’hui la production de plants, le boisement, le reboisement et l’agroforesterie. Cette expertise trouve un autre terrain d’expression à Leuglay, en Côte-d’Or. Les Pépinières Naudet y sont implantées 4, rue de Lugny, au cœur du Parc national de forêts. L’entreprise y a notamment développé un pôle agroforestier de 50 hectares, conçu entre 2019 et 2020 comme un laboratoire à ciel ouvert consacré aux interactions entre arbres, cultures, sols et biodiversité. De la création d’un nouveau massif forestier aux portes de Paris aux expérimentations conduites dans le Parc national de forêts, le fil conducteur est finalement le même : préparer aujourd’hui des forêts capables de résister aux conditions de demain. (Photo Naudet Forêt)


Grand Tétras, lagopède : ne pas confondre protection et conservation

Il faut le dire sans détour : les chasseurs ne demandent pas aujourd’hui à chasser le Grand Tétras ou le lagopède. Ils demandent au Conseil d’État de préserver un principe essentiel : celui d’une conservation fondée sur la connaissance, la réversibilité et la gestion adaptative. Le moratoire permet de suspendre les prélèvements lorsque l’état d’une population l’exige, puis de réévaluer la situation à la lumière des données nouvelles. Pourquoi remplacer cet outil par une protection définitive, alors que les causes du déclin résident largement dans l’état des habitats, les dérangements et le changement climatique ? Le sujet n’est donc pas de défendre quelques fusils. Il est de savoir qui, demain, continuera à agir concrètement dans les massifs. Depuis des années, les fédérations de chasseurs financent et réalisent des suivis, des comptages, des études et des travaux d’habitat. Dans les Pyrénées-Atlantiques, elles ont notamment ouvert des clairières, restauré des sous-bois, planté des essences favorables et cartographié les biotopes potentiels. Dans les Pyrénées-Orientales, des opérations ont restauré des mosaïques de milieux et amélioré leur connectivité. Ces actions mobilisent des bénévoles, des moyens financiers. C’est précisément là que se trouve le risque d’une protection définitive. Il serait illusoire de croire que le seul changement de statut produira mécaniquement les biotopes dont ces oiseaux ont besoin. La protection juridique peut être nécessaire ; elle ne remplace ni l’entretien d’une forêt, ni l’ouverture d’un milieu, ni le suivi d’une population. Elle ne garantit pas davantage que les acteurs qui financent aujourd’hui ces opérations continueront à le faire avec la même intensité si la mobilisation du terrain disparaît. Le Conseil d’État dispose d’un précédent essentiel : sa jurisprudence sur le Grand Tétras a consacré la nécessité d’une suspension lorsque l’état de conservation l’impose, tout en laissant ouverte la possibilité d’une évolution si de nouvelles données le justifient. La gestion adaptative n’est pas un permis de chasser : c’est un engagement à ne prélever que lorsque la science le permet. Maintenir ces espèces dans le champ de cette gestion, avec des moratoires reconductibles et des quotas pouvant rester à zéro, c’est donc défendre une conservation active, mesurable et réversible. Pour le Grand Tétras comme pour le lagopède, l’enjeu n’est pas de chasser aujourd’hui. Il est de donner encore demain une chance à leurs biotopes, à leurs populations et à ceux qui les entretiennent.


Tourbières : la réhumidification porte ses fruits

Les tourbières sont des milieux humides particuliers, alimentés notamment par les eaux souterraines et caractérisés par une végétation spécialisée, notamment des carex et des plantes formant la tourbe. Cette dernière se constitue lorsque la biomasse végétale s’accumule dans un milieu saturé en eau, pauvre en oxygène. La décomposition de la matière organique y est ainsi fortement ralentie. Ce fonctionnement permet aux tourbières de stocker durablement du carbone et de retenir de grandes quantités d’eau, contribuant notamment à atténuer les effets des épisodes météorologiques extrêmes. Mais le drainage bouleverse complètement cet équilibre. Pour permettre l’exploitation agricole ou forestière, de nombreuses tourbières ont été asséchées. Lorsque la tourbe n’est plus gorgée d’eau, elle est exposée à l’oxygène : la matière organique se décompose alors plus rapidement, entraînant une perte de matières et d’importantes émissions de gaz à effet de serre. La dégradation s’accompagne également d’une modification de la disponibilité des nutriments et d’une disparition d’une partie des espèces végétales spécialisées. Une tourbière drainée peut ainsi passer du statut de puits de carbone à celui de source de carbone. La restauration repose généralement sur une opération de réhumidification, destinée à rétablir des conditions humides et pauvres en nutriments. Le retour de l’eau peut stopper les émissions liées à la dégradation de la tourbe et permettre la reprise progressive de son accumulation. Il peut aussi améliorer la capacité du milieu à absorber les précipitations importantes. Cette restauration n’est toutefois pas synonyme de retour automatique à l’état initial. C’est précisément ce que montre une étude menée dans de petites tourbières de la zone tempérée européenne, en Allemagne...

[ LIRE LA SUITE... ]


DDT : le produit miracle d’hier, devenu le poison qui n’a pas fini de nous rattraper...

Il y a près de trois quarts de siècle, le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) apparaît comme une révolution. Ce produit de synthèse, dont les propriétés insecticides sont découvertes en 1939, est utilisé massivement pour lutter contre le paludisme, le typhus et d’autres maladies transmises par les insectes. Son efficacité, son faible coût et sa grande persistance séduisent rapidement l’agriculture, les collectivités et les particuliers. Le DDT tue efficacement de nombreux insectes et contribue à faire reculer certaines maladies vectorielles. Dans les campagnes, il devient également un outil majeur de protection des cultures. Mais cette efficacité exceptionnelle a un revers : à force d’être utilisé partout, le produit sélectionne des populations d’insectes résistantes, tandis que ses résidus s’accumulent dans les sols et les organismes vivants. Dans les années 1960, les premières alertes prennent une ampleur considérable, notamment avec Printemps silencieux, publié par Rachel Carson en 1962. Le problème n’est plus seulement l’insecte visé : le DDT persiste dans l’environnement, se concentre dans les tissus graisseux et remonte les chaînes alimentaires. Chez les oiseaux, son métabolite DDE provoque notamment un amincissement des coquilles d’œufs, contribuant au déclin spectaculaire de plusieurs rapaces. Le plus étonnant est peut-être sa capacité à voyager. Le DDT peut être transporté sur de très longues distances par l’atmosphère. Des décennies après son utilisation, ses résidus sont encore détectés dans des régions où il n’a jamais été employé, jusqu’à l’Arctique. Certaines données font également état de traces chez les poissons, les oiseaux, les mammifères marins et les ours polaires. Le DDT est désormais considéré comme un polluant organique persistant. Son utilisation agricole a été interdite dans la plupart des pays dès les années 1970-1980. La convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, en restreint aujourd’hui fortement l’usage, tout en permettant encore son emploi, sous conditions, pour lutter contre certains vecteurs du paludisme lorsqu’aucune alternative suffisamment efficace et accessible n’existe. La leçon dépasse donc largement le seul DDT : un produit peut sembler miraculeux à court terme et révéler plusieurs décennies plus tard les conséquences de sa persistance. Aujourd’hui, l’enjeu est double : poursuivre la surveillance des contaminants historiques et surtout éviter que les pesticides actuels ne deviennent les polluants persistants de demain.


Les oiseaux migrateurs ne connaissent pas les frontières : les chasseurs s’organisent

Un canard qui niche en Finlande peut très bien passer l’hiver en France. Entre les deux, il aura traversé plusieurs pays, parfois des milliers de kilomètres. Pour les oiseaux migrateurs, les frontières administratives n’existent pas. Leur survie dépend de la qualité des habitats disponibles tout au long de leur parcours, de la zone de reproduction aux sites d’hivernage, en passant par les haltes migratoires. Le Canard siffleur en fournit une parfaite illustration. Une partie de ses zones de reproduction européennes se situe dans le nord de la Scandinavie et les pays baltes, tandis que l’essentiel de la population niche bien plus à l’est, en Russie. La Finlande constitue ainsi un territoire majeur pour sa reproduction en Europe. Or, comme pour plusieurs autres espèces de sauvagine, la qualité et la disponibilité des zones humides favorables à la reproduction sont aujourd’hui sous pression. La disparition des zones humides est donc un problème qui dépasse largement les frontières d’un seul pays. Urbanisation, artificialisation, évolution des pratiques agricoles ou aménagement du territoire contribuent à réduire les habitats disponibles. Pour les chasseurs de gibier d’eau, cette évolution est particulièrement préoccupante : une chasse durable suppose avant tout des populations sauvages en bonne santé et des habitats capables de les accueillir. C’est dans cette logique qu’une initiative mérite d’être particulièrement mise en avant. Des organisations cynégétiques de sept pays d’Europe du Nord ont créé le Waterfowlers’ Network, un réseau destiné à favoriser la gestion transfrontalière de la sauvagine et son utilisation durable. L’originalité de la démarche est de ne pas se limiter à défendre la chasse. Le réseau investit également dans la restauration et la création d’habitats de reproduction, notamment en Finlande. Des financements sont ainsi mobilisés pour transformer concrètement des territoires dégradés en nouvelles zones favorables à la reproduction des oiseaux d’eau. L’initiative appelle désormais les chasseurs et leurs organisations dans toute l’Europe à participer à cet effort. Les contributions collectées sont destinées à financer des projets de restauration, en coopération avec les programmes déjà engagés sur le terrain. Cette démarche porte un message particulièrement intéressant : la défense de la chasse au gibier d’eau peut aussi passer par l’investissement direct dans la conservation des habitats. Car protéger les zones de reproduction en Finlande, en Scandinavie ou ailleurs, c’est aussi contribuer à préserver les oiseaux qui fréquenteront quelques mois plus tard les zones humides françaises. Puisque les oiseaux ne connaissent pas les frontières, leur conservation ne devrait pas en connaître non plus...


Le moringa contre les microplastiques : une piste qui intéresse aussi la chasse

Le moringa, parfois surnommé « arbre miracle », pourrait trouver une nouvelle application dans le traitement de l’eau. Une étude menée par des chercheurs de l’Université d’État de São Paulo, au Brésil, et publiée dans ACS Omega, montre qu’un extrait salin obtenu à partir de ses graines serait capable d’éliminer plus de 98 % de particules de microplastiques en PVC présentes dans l’eau testée. Le principe repose sur la coagulation : les substances contenues dans les graines neutralisent les charges électriques qui maintiennent les particules de plastique séparées. Celles-ci s’agglomèrent alors en flocs suffisamment gros pour être retenus par une filtration sur sable. Dans les essais, le moringa s’est montré aussi performant que le sulfate d’aluminium, un produit couramment utilisé dans le traitement de l’eau, avec une efficacité supérieure sur une plage plus large de pH. L’intérêt environnemental est évident. Le moringa pousse rapidement, supporte relativement bien la sécheresse et demande peu d’eau. Mais attention : les résultats restent expérimentaux. L’étude devra notamment être confirmée à plus grande échelle et vérifier la question du carbone organique dissous libéré pendant le traitement. Pourquoi cette découverte peut-elle intéresser les chasseurs ? Parce que la qualité de l’eau est aussi une question de qualité des habitats. Étangs, mares, marais et rivières constituent des zones essentielles pour le gibier d’eau, notamment les canards et les limicoles. Or les microplastiques ne concernent pas seulement l’eau potable : ils circulent dans les milieux aquatiques et peuvent entrer dans les chaînes alimentaires. Les zones humides sont également des lieux où chasseurs, pêcheurs, agriculteurs et gestionnaires de l’environnement se côtoient. Disposer demain de solutions de traitement moins dépendantes de produits chimiques pourrait donc contribuer à préserver ces milieux. Le moringa ne constitue évidemment pas encore une solution miracle. Mais cette recherche rappelle une chose essentielle : la préservation du gibier d’eau commence aussi par celle de son habitat, et donc par la qualité de l’eau.


Olivier Thibault au secours de l’ADEME ?

Alors que l’utilité, le coût et l’avenir de l’ADEME alimentent les interrogations, l’Office français de la biodiversité vient apporter un soutien pour le moins concret à l’agence. En juin 2026, les deux organismes ont lancé « ACT Biodiversité », une méthode destinée aux grandes entreprises pour évaluer la crédibilité et l’efficacité de leur stratégie en faveur du vivant. Et le moins que l’on puisse dire est que l’ADEME y conserve une place centrale. Directeur général de l’OFB, Olivier Thibault  a présenté ACT Biodiversité comme une déclinaison de l’initiative ACT (Accelerate Climate Transition) développée par l’ADEME. Le dispositif reprend ses neuf critères historiques, depuis les objectifs de décarbonation jusqu’à la gouvernance, en passant par les investissements, les fournisseurs, les clients et les modèles économiques. L’OFB y ajoute les cinq grands facteurs d’érosion de la biodiversité identifiés par l’IPBES : changement d’usage des sols, exploitation des ressources, changement climatique, pollutions et espèces exotiques envahissantes. Autrement dit, loin de fonctionner chacun dans son coin, les deux établissements publics ont construit un outil commun destiné à pousser les grandes entreprises à modifier leurs pratiques. Pour Olivier Thibault, l’enjeu est loin d’être théorique : selon la Banque centrale européenne, 72 % des entreprises de la zone euro dépendent de manière critique des écosystèmes. La dégradation de ceux-ci constitue donc aussi un risque économique. Cette coopération n’est d’ailleurs pas improvisée : elle résulte de trois années de recherche, de développement méthodologique, de concertation et d’expérimentation. Treize grandes entreprises, parmi lesquelles Carrefour, Engie Solutions, Michelin, Pierre Fabre, la RATP et Renault, ont participé à la phase pilote....

[ LIRE LA SUITE... ]


Forêt brûlée : quand les cancres de la nature veulent donner des leçons…

Il fallait y penser. Pour protéger la nature, certains demandent désormais d’interdire la chasse sur les parcelles ravagées par les incendies. Une idée lumineuse, qui confirme surtout une chose : on peut aimer la nature sans toujours très bien la connaître. Car expliquer à un chasseur qu’il ne doit pas chasser sur une parcelle réduite en cendres, c’est un peu comme interdire à un pêcheur de jeter sa ligne dans un étang à sec. Le chasseur, figurez-vous, est capable de regarder autour de lui. Il constate qu’un incendie a détruit un territoire, que le gibier l’a déserté ou s’est déplacé, et il adapte naturellement sa pratique. Pas besoin pour cela d’un décret, d’une circulaire ou d’une application pour smartphone. Mais voilà le plus savoureux : le gibier, lui, n’a pas lu l’arrêté. Les animaux qui ont fui les secteurs brûlés se réfugient à proximité, dans les parcelles voisines. Et ils y restent. Avec les conséquences que l’on imagine : cultures endommagées, jeunes plantations consommées, dégâts supplémentaires pour les propriétaires et les agriculteurs. Faudrait-il donc interdire la chasse précisément là où les animaux se sont réfugiés ? Voilà une curieuse conception de la protection de la nature : laisser les dégâts s’installer pour pouvoir ensuite expliquer qu’il faut trouver une solution aux dégâts. On pourrait continuer. Une rivière déborde ? Interdisons aux promeneurs de s’en approcher. Un chemin devient impraticable ? Interdisons d’y marcher. Un étang est vide ? Défense d’y pêcher. Et puisque la forêt brûlée présente des dangers, pourquoi ne pas interdire tout simplement aux hommes d’y penser ? Le problème n’est pas que l’État veuille réglementer : ici, l’État sait justement que la situation doit être appréciée au cas par cas. Le problème vient de ceux qui veulent administrer la nature depuis un bureau, en imaginant qu’un interdit général remplacera l’observation du terrain. Les chasseurs, eux, n’ont pas attendu ces experts autoproclamés pour comprendre qu’on ne chasse pas de la même manière dans une forêt intacte et dans une zone dévastée par le feu. La nature n’est pas un manuel scolaire. Elle bouge, elle fuit, elle revient, elle s’adapte. Encore faudrait-il, avant de prétendre la gérer, accepter de l’observer.