Canon-Fronsac Château du Gazin

Brame du cerf en Haute-Marne : quand on massacre la gestion, il ne reste plus qu’à écouter le silence...

Il y a des saisons de chasse qui laissent un sentiment de satisfaction pour la tâche accomplie. Et puis, il y a celle qui oblige à se demander ce que l’on a fait de plusieurs décennies de travail. Le brame 2026 appartient à cette seconde catégorie. Dans les grands massifs haut-marnais, où l’on entendait les maîtres de place, les forêts ont souvent répondu par un silence inhabituel. Quelques raires ici ou là, des cerfs isolés, et surtout l’impression que quelque chose s’est défait. Deux constats devraient pourtant suffire à résumer l’absurdité de la situation. Les grands cerfs, dont les trophées étaient exposés à Joinville en mai dernier n’ont pas participé au brame 2026. Ils n’étaient plus là pour défendre leur territoire, regrouper les biches et transmettre leurs qualités à la génération suivante. En revanche, les jeunes cerfs et ceux que l’on pouvait considérer comme sans intérêt au regard des objectifs d’une gestion qualitative, ont, eux, participé à la reproduction. Pour une gestion raisonnée des grands cervidés, difficile d’imaginer une démonstration plus cinglante. Il faut avoir parcouru ces massifs, les avoir sillonnés en long, en large et quelquefois même en travers, pour mesurer ce que représente un brame aussi terne. Dans les secteurs réputés, la nature semblait en berne. Aucune harde de biches digne de ce nom n’a été observée. Quelques esseulées, accompagnées de leurs faons de l’année et parfois de bichettes, ont bien été aperçues. Mais où étaient les rassemblements qui donnaient aux forêts leur caractère, leur beauté et leur intérêt ? Où étaient les animaux qui, par leur présence, justifiaient tant d’années d’efforts, de suivis et de discussions sur la gestion de la grande faune ? Ce n’est pas seulement une question de spectacle. Le brame est l’un des moments où l’on peut apprécier la structure d’une population de cerfs, sa dynamique, la présence de mâles adultes et l’organisation sociale des hardes. Certes, il ne suffit pas, à lui seul, à établir un diagnostic scientifique, mais sa faiblesse, lorsqu’elle est constatée, mérite autre chose qu’un haussement d’épaules...

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Challenge national des chasseurs de France : les anciennes Journées Saint-Hubert essaiment dans les départements

Le Challenge National des Chasseurs de France commence à s’installer dans le calendrier cynégétique français. Depuis la fin de l’été, les épreuves départementales se multiplient et vont se poursuivre jusqu’à la fin de ce mois d’octobre, avant les finales régionales, puis la finale nationale prévue le 12 décembre en Ille-et-Vilaine. Derrière cette appellation récente se trouve une histoire beaucoup plus ancienne. Le Challenge est en effet l’héritier direct des Journées et Rencontres Saint-Hubert, organisées depuis plus de trente ans à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs et de la Société centrale canine, avec le concours du Saint Hubert Club de France et, à l’époque, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Jusqu’en 2024 encore, ces rencontres étaient organisées dans de nombreux départements et donnaient accès à des sélections régionales puis nationales. L’année 2025 marque le changement de nom et une volonté d’harmonisation nationale. La première édition sous son nouveau nom est alors déclinée dans les départements, avec l’objectif affiché de permettre à chaque chasseur de petit gibier de participer à une épreuve près de chez lui. Le principe reste celui d’une épreuve de chasse pratique avec un chien d’arrêt ou un leveur de gibier. Après la présentation du candidat, de son chien et de son matériel, le binôme effectue un parcours d’environ vingt minutes. Le jury juge notamment le travail et l’éducation du chien, la conduite du chasseur, la sécurité, la complicité entre l’homme et l’animal ainsi que l’adresse au tir. Deux oiseaux au maximum peuvent être prélevés pendant l’épreuve. En 2026, la deuxième édition prend de l’ampleur. Des épreuves ont déjà eu lieu les 26 et 27 septembre notamment dans la Drôme, les Vosges et la Savoie. D’autres sont programmées dans le Cher, la Côte-d’Or, l’Eure-et-Loir, l’Ille-et-Vilaine, la Loire, le Loir-et-Cher ou encore le Morbihan. L’objectif dépasse donc désormais la simple compétition locale : faire du couple chasseur-chien une vitrine d’une chasse au petit gibier présentée comme sportive, sécurisée, conviviale et attentive au milieu naturel. Les meilleurs concurrents de chaque catégorie accéderont aux finales régionales, avant la finale nationale de décembre.


Balistique : au diable les calculs…

La balistique n’a rien d’une science récente. Dès l’apparition des premières armes à feu, les hommes ont cherché à comprendre pourquoi un projectile, après avoir quitté son canon, ne poursuivait pas une trajectoire parfaitement rectiligne. Au 14e siècle déjà, les premiers canons posaient cette question avec une redoutable simplicité : comment prévoir le point où tombera ce qui vient d’être propulsé ? Il faudra plusieurs siècles pour transformer cette interrogation empirique en véritable science du tir. En 1537, l’Italien Niccolò Tartaglia publie notamment ses travaux consacrés au mouvement des projectiles. Il établit que leur trajectoire est courbe et cherche à déterminer l’angle permettant d’obtenir la portée maximale. La valeur de 45° s’impose alors dans les raisonnements de l’époque, même si la réalité d’un tir effectué dans l’atmosphère est évidemment plus complexe. Galilée, au 17e siècle, apporte ensuite une contribution majeure à l’étude de la chute des corps et du mouvement balistique. Puis Isaac Newton permet de mieux comprendre les forces qui gouvernent ces phénomènes. Mais une difficulté demeure : une théorie, aussi élégante soit-elle, doit pouvoir être confrontée à la réalité. C’est dans cette perspective que l’Anglais Benjamin Robins invente, au 18e siècle, son pendule balistique, permettant de mesurer expérimentalement la vitesse d’un projectile. Les progrès de l’instrumentation, puis ceux de l’électricité et de la chronométrie, vont progressivement rendre les mesures toujours plus précises. L’apparition de la poudre sans fumée marque ensuite un véritable bouleversement. Les vitesses augmentent, les portées s’allongent et les armes deviennent capables de performances qui rendent indispensable une connaissance beaucoup plus fine de leur comportement. En France, les travaux de la Commission de Gâvre contribuent à l’établissement de tables de tir destinées aux armes militaires. La chasse bénéficiera ensuite de connaissances similaires, adaptées aux caractéristiques propres aux munitions civiles. Car derrière chaque cartouche se retrouve finalement la même réalité physique : une masse propulsée à grande vitesse, soumise aux lois de la mécanique. La balistique moderne n’est donc pas née d’un goût immodéré pour les chiffres, mais d’une nécessité très concrète : savoir ce que devient un projectile quand il quitte le canon...

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Feux de forêt en Aquitaine : de la catastrophe de 1949 au mégafeu de 2026, deux incendies, deux époques…

Il y a près de huit décennies, les Landes de Gascogne furent frappées par l’un des incendies les plus meurtriers de l’histoire contemporaine française. En août 1949, les flammes ravagèrent des dizaines de milliers d’hectares et coûtèrent la vie à 82 personnes. En 2026, un nouveau mégafeu a parcouru une superficie presque comparable en Gironde. Pourtant, les deux catastrophes racontent des sociétés rurales profondément différentes. Entre les deux, la forêt a changé, les villages se sont urbanisés, les populations se sont multipliées et les moyens de secours ont connu une révolution. Mais une même réalité demeure : face au feu, le massif landais reste un territoire où quelques heures peuvent suffire à transformer durablement un paysage.

1949 : le feu comme catastrophe collective

Le 19 août 1949, un incendie démarre dans le secteur de Saucats, en Gironde. L’été est exceptionnellement chaud et sec, les végétaux sont extrêmement inflammables et le vent favorise la propagation des flammes. Dans le massif des Landes de Gascogne, le feu trouve un terrain idéal : une immense forêt de pins, des sous-bois desséchés et des populations rurales habituées à vivre au rythme de la forêt et de ses activités. En quelques jours, la catastrophe prend une dimension considérable. Les données historiques retiennent environ 52 000 hectares parcourus par les flammes, dont 25 000 hectares de bois. Mais derrière la superficie, c’est surtout le bilan humain qui marque durablement les mémoires : 82 personnes perdent la vie. La plupart des victimes sont engagées dans la lutte contre l’incendie. Sapeurs-pompiers, militaires, agents des Eaux et Forêts, élus ou simples habitants participent à la bataille contre les flammes. Certains groupes sont pris au piège par la rapidité du front de feu. Dans une époque où les moyens de communication et de surveillance sont encore rudimentaires, il est difficile de mesurer en temps réel la progression du sinistre et d’anticiper ses changements de direction. Le 24 août 1949 est décrété jour de deuil national. Dans les villages forestiers, le feu laisse derrière lui un paysage bouleversé : parcelles de pins disparues, exploitations touchées, habitations détruites, scieries réduites au silence. L’Écomusée de Marquèze évoque ainsi environ 150 scieries, fermes et habitations détruites. Dans les journaux de l’époque, la catastrophe suscite une immense émotion. Le drame est raconté comme une épreuve nationale, mais aussi comme une tragédie profondément rurale...

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En Chartreuse, l’ONF cherche l’équilibre entre bois et faune

En Grande Chartreuse, l’Office national des forêts (ONF) est confronté à une équation qui résume une partie des enjeux de la politique forestière actuelle : comment produire du bois tout en préservant une forêt capable de se renouveler et d’accueillir sa faune sauvage ? Avec 8 500 hectares, dont environ 6 200 boisés, la forêt domaniale de Grande Chartreuse est la plus vaste forêt domaniale des Alpes. Gérée en futaie irrégulière, elle repose sur un renouvellement continu des peuplements et la coexistence d’arbres d’âges différents. Mais depuis plusieurs années, les forestiers constatent une forte pression des ongulés sur les jeunes pousses. Plus de la moitié des hêtres, érables et sapins observés sur les placettes présentent des traces d’abroutissement. Le sapin, l’érable et le tilleul peinent notamment à franchir le stade du semis. Pour l’ONF, l’enjeu est donc à la fois sylvicole et écologique. Une régénération insuffisamment diversifiée compromet le renouvellement des peuplements et peut limiter leur capacité d’adaptation au changement climatique. L’établissement a ainsi renforcé la pression de chasse sur le cerf à partir de la saison 2025-2026 et repris directement la gestion de deux lots de plus de 500 hectares, à Valombré et Tenaison. Mais l’ONF ne veut pas mesurer la réussite de cette politique au seul nombre d’animaux prélevés. Un dispositif scientifique doit permettre d’évaluer ses conséquences sur l’ensemble de l’écosystème. À partir de 2027, le protocole Aldous permettra notamment de suivre plus finement la végétation et l’intensité de l’abroutissement. Des enregistreurs acoustiques sont également utilisés pour suivre la gélinotte des bois, tandis que des points d’écoute concernent les oiseaux forestiers. L’expérimentation sera menée sur environ 3 000 hectares et devra permettre de déterminer, dans la durée, ce qui fonctionne et dans quelles conditions. Les premiers effets sur la végétation pourraient être visibles dans trois à cinq ans ; pour les passereaux, il faudra probablement attendre une dizaine d’années. Une manière, pour l’ONF, de ne plus opposer systématiquement production de bois et préservation de la faune, mais de chercher le niveau d’équilibre permettant aux deux de coexister dans la même forêt.


Tiques : un nouvel outil pour mieux évaluer leur abondance...

Les tiques ne sont pas seulement associées aux massifs forestiers. Les haies, lisières, bandes enherbées et autres éléments qui structurent les parcelles peuvent également constituer des habitats favorables à leur présence. Des scientifiques d’INRAE et du CNRS ont développé un outil de simulation permettant de mieux estimer l’abondance de la tique Ixodes ricinus, principale espèce impliquée dans la transmission de la maladie de Lyme en France. Les résultats ont été publiés dans Basic and Applied Ecology. Jusqu’à présent, les cartes permettant d’évaluer le risque lié aux tiques reposaient principalement sur des données générales concernant les forêts ou les caractéristiques climatiques. Elles prenaient moins bien en compte les structures fines des paysages. Le nouvel outil permet ainsi de simuler leur abondance à différentes positions dans le paysage : au cœur des forêts, en bordure de forêt, mais également au niveau des haies. Cette approche doit contribuer à mieux comprendre la répartition spatiale des tiques et, à terme, à affiner l’évaluation des zones où les humains et les animaux sont susceptibles d’y être exposés. Cette question prend une importance particulière avec les températures élevées observées ces dernières années. La chaleur, lorsqu'elle s'accompagne d'une humidité suffisante, peut favoriser l'activité des tiques et prolonger les périodes durant lesquelles elles sont susceptibles de rechercher un hôte. Pour les chasseurs, qui évoluent régulièrement dans les bois, les broussailles, les hautes herbes et les haies, la vigilance reste donc de mise. Quelques précautions simples permettent de réduire le risque. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants, de rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes ou les chaussures lorsque les conditions s’y prêtent et d’inspecter soigneusement son corps après une sortie : jambes, plis de l’aine, aisselles, dos, cuir chevelu et zones derrière les oreilles sont notamment à surveiller. Une douche et une inspection minutieuse au retour de chasse permettent également de repérer rapidement une tique avant qu’elle ne reste fixée. Les chiens de chasse doivent eux aussi faire l’objet d’une attention particulière. Leur pelage peut dissimuler des tiques, notamment autour des oreilles, du cou, entre les doigts et sur les parties moins fournies en poils. Un contrôle systématique après chaque sortie, associé à une protection antiparasitaire adaptée et conseillée par un vétérinaire, constitue une précaution importante. Au-delà de la prévention individuelle, le nouvel outil offre surtout aux chercheurs un moyen de mieux intégrer la structure réelle des paysages dans l’étude des tiques et des risques sanitaires associés.


Trophées : la sélection d’octobre 2026

Pyrénées-Atlantiques

Un beau brocard du Sud-Ouest

Tiré par un chasseur belge dans une commune des Pyrénées-Atlantiques, ce brocard pèse net 488 g pour un volume de 180 ml. Les perches mesurent respectivement 23,3 et 21 cm, pour un écartement de 8,5 cm. Ses jolies meules lui valent trois points de beauté, tandis que les autres critères – grain, couleur, régularité, andouillers et pointes – se situent dans la moyenne. L’animal présente toutefois une particularité peu commune : un andouiller postérieur droit prend naissance juste à la base de la perche, conférant au trophée une touche de singularité. Avec une cotation de 125,88 points, cette tête atteint le niveau argent. L’ensemble offre ainsi un trophée équilibré, dont les mensurations, la qualité des meules et cette anomalie de développement constituent les principaux attraits. Une belle illustration de la diversité des formes que peuvent prendre les bois du chevreuil, même au sein d’une ramure relativement classique dans cette région.

 

Vosges

Une tête bizarre peu commune

Estimé à 12 ans, ce cerf en âge d’être récolté présente une anomalie spectaculaire de la ramure. Son bois gauche est réduit à un simple moignon portant un court andouiller, ainsi que trois bosses de couleur ivoire rappelant les extrémités d’andouillers. À droite, en revanche, le bois, de type 14 cors, est parfaitement développé et ne présente rien d’inhabituel. Ce prélèvement a été réalisé le 28 septembre 2024 par Charles Boukine, sur la commune de Senonges, dans le massif de Darney, au sud du département des Vosges. La tête devait être présentée à l’examen de l’Association pour la gestion et l’amélioration du grand gibier (AGAGG) des Vosges. Au-delà de sa valeur cynégétique, ce trophée retient surtout l’attention par le contraste saisissant entre ses deux bois : une ramure droite complète face à un bois gauche fortement régressé. Cette différence entière local vosgien.

 

Aisne

Un bon six pointes de la vallée de l’Oise

Ce brocard, coté à 123,02 points, a été tiré par Alexandre Guinet le 1er juin 2023, sur la commune d’Urvillers, au sud de Gauchis. Un peu étroits, mais d’une belle coloration brun foncé et abondamment perlés, les bois sont massifs. Leur base vient se confondre avec les meules, qui prennent naissance sur deux pivots particulièrement puissants. Le volume du trophée atteint 195 ml, pour un poids net de 371 g. Les perches mesurent 27,5 et 25,2 cm, avec un écartement de 7,2 cm. Ces mensurations sont complétées par un total de 14,5 points de beauté. L’ensemble compose une tête harmonieuse, où la couleur soutenue, la perlure et la puissance des pivots compensent une largeur un peu modeste. Ce six-pointes de la vallée de l’Oise constitue ainsi un trophée solide, bien caractérisé et récompensé par une cotation supérieure à 123 points ici local.

 

Moselle

Un modèle de dix cors à surandouiller 

Obtenu durant la saison de chasse 2025-2026 dans le massif du Donon, ce cerf présente une ramure particulièrement élégante, typique d’un beau dix cors à surandouiller. Les bois, presque noirs, montrent une distribution très symétrique des différents andouillers, tandis que les fourches sommitales sont largement ouvertes. L’ensemble dégage une impression de puissance et de régularité qui en fait un trophée remarquable à première vue. Estimé à sept ans, l’animal est pourtant considéré comme trop jeune au regard des critères de gestion retenus. La commission fédérale chargée de l’examen des trophées lui a ainsi attribué un carton rouge pour cette raison. Ce jugement rappelle que la qualité esthétique d’une ramure ne suffit pas à elle seule : l’âge de l’animal constitue également un élément déterminant dans l’appréciation du prélèvement. Malgré cette réserve, ce dix cors à surandouiller demeure un bel exemple de ramure régulière et bien structurée au sein du massif forestier.

 

Haute-Marne

Une belle tête bizarre

Tiré en juin 2024 sur le territoire d’Osnes-le-Val, ce brocard aux bois clairs donne l’impression de sortir tout juste de son velours. La ramure, assez bien perlée, doit son originalité à un traumatisme survenu à la base du bois droit, avec vraisemblablement une atteinte partielle du pivot. Cette blessure a perturbé la croissance et provoqué la formation vers le bas d’un long andouiller, qui vient couvrir la cavité orbitale. Le bois gauche présente, quant à lui, la structure d’un six-pointes, mais avec des andouillers très peu développés. Le contraste entre les deux côtés de la tête est donc particulièrement marqué. Cette configuration atypique illustre aussi les conséquences que peut avoir une atteinte du pivot sur le développement ultérieur d’une ramure. Par son aspect singulier et sa croissance profondément dissymétrique, ce trophée constitue une tête peu commune, davantage remarquable par son histoire de développement que par ses qualités classiques de beauté au regard des critères habituels.

 

Belgique

Une merveille de régularité

Symétrie parfaite dans la distribution des andouillers, régularité remarquable des épois issus des double-fourches et empaumures bien équilibrées : ce cerf mérite pleinement le qualificatif de 14 cors régulier. La qualité de la ramure est d’autant plus étonnante que son âge est estimé à 13 ans. Malgré cet âge avancé, les bois ont conservé une structure et une régularité qui pourraient facilement être celles d’un animal tout juste adulte. Ce cerf est également le plus âgé du tableau de chasse du Conseil cynégétique de la Vallée de la Semois, unité de gestion couvrant plus de 30 000 hectares, le long de la frontière française, de Carignan jusqu’au massif forestier de Sedan. Avec une cotation de 176,57 points, ce trophée reçoit une médaille de bronze, complétée par une médaille récompensant son âge, supérieur à dix ans. Une longévité remarquable associée à une ramure exceptionnelle en Belgique.


La FNC publie les génomes de la sarcelle d’hiver et de la bécassine des marais

La Fédération nationale des chasseurs franchit une nouvelle étape dans son programme de recherche HUNTomics, avec la publication des génomes de deux espèces emblématiques des zones humides et de la chasse française : la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais. Les travaux, menés durant plusieurs années avec le CEA-Genoscope d’Évry, permettent désormais de disposer d’une véritable cartographie de référence de l’ADN de ces deux oiseaux. Les données sont mises gratuitement à disposition de la communauté scientifique internationale, notamment via l’European Nucleotide Archive (ENA). Concrètement, séquencer un génome revient à identifier et organiser les milliards d’éléments qui composent l’ADN d’une espèce, afin de reconstituer leur disposition sur les chromosomes. Cette gigantesque « bibliothèque génétique » constitue ensuite un outil de référence pour de nombreuses recherches. Les génomes publiés pourront notamment servir à étudier l’histoire démographique des populations, leur diversité génétique, leur évolution et leur capacité d’adaptation aux changements environnementaux. Ils pourront également contribuer à améliorer le suivi des populations et les connaissances nécessaires à la conservation des espèces. Pour la FNC, cette démarche s’inscrit dans une politique d’investissement dans les nouvelles technologies et les sciences de la biodiversité. Le programme HUNTomics vise ainsi à produire des données génétiques sur des espèces sauvages et à les rendre accessibles aux chercheurs. Le projet bénéficie par ailleurs d’une reconnaissance internationale puisqu’il figure parmi les réseaux associés à l’Earth BioGenome Project, vaste initiative scientifique consacrée au séquençage de la biodiversité mondiale. Avec la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais, HUNTomics enrichit donc les ressources génétiques disponibles sur les oiseaux sauvages. Au-delà de la chasse, ces données constituent un outil scientifique à long terme, susceptible d’alimenter de futurs travaux sur la dynamique, l’évolution et la conservation des populations.


Journée mondiale des animaux

Le 4 octobre, les animaux investiront à nouveau les Champs-Élysées, à l’occasion de la Journée mondiale qui leur est consacrée. Pour sa deuxième édition parisienne, la Marche des Animaux réunira chiens, familles et amoureux des bêtes dans un cortège aussi populaire qu’insolite. Après avoir accueilli des armées, des défilés nationaux et des manifestations politiques, la célèbre avenue deviendra le théâtre d’un rassemblement consacré à la place des animaux dans notre société. Créée à Nice en 2022, la Marche des Animaux entend privilégier la rencontre, la convivialité et la sensibilisation. Son arrivée à Paris, en 2025, a donné une portée symbolique à cette initiative : les faire entrer dans un espace habituellement réservé aux grandes représentations humaines. La journée sera également marquée par la Sausage Walk, la marche des teckels. Cette manifestation festive permettra aux passionnés de cette race de se retrouver dans les rues de la capitale. Elle rappelle toutefois que l’attachement aux animaux doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur les conséquences de la sélection morphologique. Le sujet n’est pas de remettre en cause l’affection des propriétaires, mais de s’interroger sur les limites à fixer lorsque des critères esthétiques peuvent affecter la santé animale. Cette réflexion dépasse largement les seuls animaux de compagnie. Les villes abritent également des hérissons, des oiseaux, des chauves-souris, des insectes, des amphibiens, des renards et parfois des sangliers. Haies, mares, prairies fleuries, nichoirs et passages à faune peuvent contribuer à leur maintien dans des milieux urbains soumis à la circulation, à la pollution lumineuse et à l’artificialisation. Lors de cette Journée mondiale des animaux, des manifestations, rencontres, opérations de sensibilisation et rassemblements seront organisés dans de nombreuses villes françaises. Partout, les participants porteront la même interrogation : quelle place voulons-nous accorder aux animaux, qu’ils soient domestiques, sauvages ou d’élevage ?


Sommet de l’Élevage 2026 : quatre jours au cœur du pastoralisme et... des prédateurs

Du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026, le Sommet de l’Élevage retrouvera le parc des expositions de Clermont-Ferrand-Cournon pour sa 35e édition. Le rendez-vous annonce près de 1 800 exposants et environ 2 000 animaux, avec une place importante accordée cette année au pastoralisme, aux systèmes herbagers et aux enjeux de biodiversité. Le programme officiel prévoit par ailleurs 160 conférences, ainsi que de nombreux concours et présentations animales. La première journée sera notamment marquée par les concours bovins. Le concours Aubrac se déroulera au Zénith de 8 h 30 à 11 heures, suivi notamment du concours Parthenais de 11 heures à 12 h 30. L’après-midi, le concours national Limousin prendra place de 13 heures à 17 h 30. Côté conférences, les questions agricoles et territoriales seront au centre des échanges, avec notamment, de 10 heures à midi, une rencontre consacrée aux éleveurs, aux prairies, aux revenus et à l’avenir de la PAC. Le pastoralisme constituera l’un des fils rouges de cette édition. Dès le mardi 6 octobre, une conférence consacrée au « Pastoralisme et Biodiversité » se tiendra de 18 h 30 à 21 heures. Elle abordera notamment le rôle du pâturage dans la biodiversité, l’évolution des paysages et la place des systèmes pastoraux dans les modèles agricoles futurs. Le mercredi 7 octobre, le programme approfondira cette thématique avec une matinée consacrée aux territoires d’élevage et aux systèmes herbagers et pastoraux, de 10 heures à 12 heures. Une autre conférence, de 10 h 30 à 11 h 30, portera sur les dynamiques et les enjeux actuels du pastoralisme. Jeudi 8 octobre, le rôle de l’élevage pastoral dans la préservation des paysages sera notamment abordé de 16 heures à 17 heures. Enfin, vendredi 9 octobre, une conférence consacrée au pastoralisme et aux zones humides se déroulera de 13 h 30 à 14 h 30, avant une projection documentaire sur les estives pyrénéennes de 14 h 30 à 16 heures. Le salon sera ouvert au public de 8 h 30 à 19 heures les mardi 6, mercredi 7 et jeudi 8 octobre, puis de 8 h 30 à 17 h 30 le vendredi 9 octobre.

 

Programme officiel du Sommet de l’Élevage 2026


Climat et impacts humains sur le chevauchement des niches alimentaires entre le bétail et les ongulés sauvages

Alors que les activités anthropiques continuent de s’étendre à l’échelle mondiale, l’empiètement du bétail dans les habitats de la faune sauvage menace de plus en plus les équilibres écologiques, notamment en modifiant les interactions entre espèces. Des millions d’ongulés sauvages partagent désormais les ressources végétales avec les herbivores domestiques, subissant une double pression liée à la concurrence et au stress nutritionnel provoqué par la diminution de la qualité des fourrages. Si de nombreuses recherches ont étudié les interactions potentielles entre espèces sauvages et domestiques, une synthèse quantitative de leur ampleur et de leurs principaux déterminants faisait jusqu’ici défaut. Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse portant sur 57 études évaluées par des pairs, représentant 329 cas, afin d’étudier à l’échelle mondiale le partage des ressources alimentaires entre ongulés sauvages et bétail. Les résultats montrent que les caractéristiques des espèces sauvages ainsi que le type d’élevage influencent significativement l’intensité de cette concurrence. Les conditions climatiques, les précipitations annuelles et l’importance des activités humaines modifient également les relations observées. Les régions polaires et les espèces de grande taille apparaissent particulièrement sensibles aux perturbations anthropiques. À l’inverse, dans les secteurs bénéficiant de précipitations abondantes, les variations d’intensité du partage alimentaire sont moins importantes. Ces résultats montrent que les relations entre herbivores sauvages et domestiques dépendent d’une combinaison de facteurs écologiques et humains. Pour les chercheurs, la conservation doit donc intégrer plusieurs leviers : réduire les perturbations dans les régions polaires, mieux coordonner la gestion du pâturage et la limitation des activités humaines dans les grands habitats d’ongulés, ou encore adapter la composition des troupeaux et l’apport d’aliments complémentaires dans les régions tropicales ou pauvres en eau. Le chevauchement alimentaire ne constitue toutefois qu’un des paramètres à prendre en compte : il doit être croisé avec les autres menaces pesant sur les populations sauvages afin d’obtenir une évaluation plus complète des risques de conservation.