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Brame du cerf en Haute-Marne : quand on massacre la gestion, il ne reste plus qu’à écouter le silence...

Il y a des saisons de chasse qui laissent un sentiment de satisfaction pour la tâche accomplie. Et puis, il y a celle qui oblige à se demander ce que l’on a fait de plusieurs décennies de travail. Le brame 2026 appartient à cette seconde catégorie. Dans les grands massifs haut-marnais, où l’on entendait les maîtres de place, les forêts ont souvent répondu par un silence inhabituel. Quelques raires ici ou là, des cerfs isolés, et surtout l’impression que quelque chose s’est défait. Deux constats devraient pourtant suffire à résumer l’absurdité de la situation. Les grands cerfs, dont les trophées étaient exposés à Joinville en mai dernier n’ont pas participé au brame 2026. Ils n’étaient plus là pour défendre leur territoire, regrouper les biches et transmettre leurs qualités à la génération suivante. En revanche, les jeunes cerfs et ceux que l’on pouvait considérer comme sans intérêt au regard des objectifs d’une gestion qualitative, ont, eux, participé à la reproduction. Pour une gestion raisonnée des grands cervidés, difficile d’imaginer une démonstration plus cinglante. Il faut avoir parcouru ces massifs, les avoir sillonnés en long, en large et quelquefois même en travers, pour mesurer ce que représente un brame aussi terne. Dans les secteurs réputés, la nature semblait en berne. Aucune harde de biches digne de ce nom n’a été observée. Quelques esseulées, accompagnées de leurs faons de l’année et parfois de bichettes, ont bien été aperçues. Mais où étaient les rassemblements qui donnaient aux forêts leur caractère, leur beauté et leur intérêt ? Où étaient les animaux qui, par leur présence, justifiaient tant d’années d’efforts, de suivis et de discussions sur la gestion de la grande faune ? Ce n’est pas seulement une question de spectacle. Le brame est l’un des moments où l’on peut apprécier la structure d’une population de cerfs, sa dynamique, la présence de mâles adultes et l’organisation sociale des hardes. Certes, il ne suffit pas, à lui seul, à établir un diagnostic scientifique, mais sa faiblesse, lorsqu’elle est constatée, mérite autre chose qu’un haussement d’épaules...

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Chasses traditionnelles : le Conseil d’État valide l’encadrement de la chasse aux pantes

Le Conseil d’État a rejeté les recours dirigés contre les arrêtés encadrant la chasse aux pantes des alouettes dans le Sud-Ouest. La décision intervient après plusieurs années de contentieux concernant les conditions dans lesquelles ces pratiques peuvent bénéficier d’une dérogation au titre de la directive européenne « Oiseaux ». Selon le Conseil d’État, les arrêtés contestés respectent les conditions prévues par le droit européen. La capture à l’aide de pantes est considérée comme une pratique sélective, permettant des prélèvements en petites quantités, et pour laquelle il n’existe pas d’autre solution satisfaisante au regard de la finalité recherchée. Le dossier concernait notamment les départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques. Les dispositifs prévoient des autorisations individuelles, une formation obligatoire, des quotas et des contrôles. Deux années d’expérimentations conduites sur le terrain sous le contrôle des préfectures ont également porté sur la sélectivité de la capture. La question des solutions alternatives constituait un autre volet du contentieux. Le caractère traditionnel d’une pratique ne suffit pas, à lui seul, à justifier une dérogation. Le Conseil d’État a toutefois retenu que la chasse à tir ne pouvait pas être considérée comme strictement équivalente à la chasse aux pantes pour répondre à la finalité de cette pratique. L’élevage d’oiseaux a également été examiné dans cette analyse. Pour la campagne 2025-2026, le plafond de prélèvement aux pantes était fixé à 98 702 alouettes des champs. Le texte fourni indique que ce plafond représente moins de 1 % de la mortalité annuelle moyenne estimée à 106 millions d’individus en Europe. À l’échelle européenne, l’alouette des champs est classée dans la catégorie « préoccupation mineure » (Least Concern). La décision intervient alors que la Fédération nationale des chasseurs et les fédérations départementales concernées défendent le maintien de ces pratiques, en mettant notamment en avant les savoir-faire associés à la préparation des installations, au maniement des filets, à l’utilisation des appelants et à l’observation du comportement des oiseaux. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a contesté la décision. Son président, Allain Bougrain-Dubourg, a annoncé auprès de l’AFP le dépôt prochain d’un recours européen.


Challenge national des chasseurs de France : les anciennes Journées Saint-Hubert essaiment dans les départements

Le Challenge National des Chasseurs de France commence à s’installer dans le calendrier cynégétique français. Depuis la fin de l’été, les épreuves départementales se multiplient et vont se poursuivre jusqu’à la fin de ce mois d’octobre, avant les finales régionales, puis la finale nationale prévue le 12 décembre en Ille-et-Vilaine. Derrière cette appellation récente se trouve une histoire beaucoup plus ancienne. Le Challenge est en effet l’héritier direct des Journées et Rencontres Saint-Hubert, organisées depuis plus de trente ans à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs et de la Société centrale canine, avec le concours du Saint Hubert Club de France et, à l’époque, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Jusqu’en 2024 encore, ces rencontres étaient organisées dans de nombreux départements et donnaient accès à des sélections régionales puis nationales. L’année 2025 marque le changement de nom et une volonté d’harmonisation nationale. La première édition sous son nouveau nom est alors déclinée dans les départements, avec l’objectif affiché de permettre à chaque chasseur de petit gibier de participer à une épreuve près de chez lui. Le principe reste celui d’une épreuve de chasse pratique avec un chien d’arrêt ou un leveur de gibier. Après la présentation du candidat, de son chien et de son matériel, le binôme effectue un parcours d’environ vingt minutes. Le jury juge notamment le travail et l’éducation du chien, la conduite du chasseur, la sécurité, la complicité entre l’homme et l’animal ainsi que l’adresse au tir. Deux oiseaux au maximum peuvent être prélevés pendant l’épreuve. En 2026, la deuxième édition prend de l’ampleur. Des épreuves ont déjà eu lieu les 26 et 27 septembre notamment dans la Drôme, les Vosges et la Savoie. D’autres sont programmées dans le Cher, la Côte-d’Or, l’Eure-et-Loir, l’Ille-et-Vilaine, la Loire, le Loir-et-Cher ou encore le Morbihan. L’objectif dépasse donc désormais la simple compétition locale : faire du couple chasseur-chien une vitrine d’une chasse au petit gibier présentée comme sportive, sécurisée, conviviale et attentive au milieu naturel. Les meilleurs concurrents de chaque catégorie accéderont aux finales régionales, avant la finale nationale de décembre.


Balistique : au diable les calculs…

La balistique n’a rien d’une science récente. Dès l’apparition des premières armes à feu, les hommes ont cherché à comprendre pourquoi un projectile, après avoir quitté son canon, ne poursuivait pas une trajectoire parfaitement rectiligne. Au 14e siècle déjà, les premiers canons posaient cette question avec une redoutable simplicité : comment prévoir le point où tombera ce qui vient d’être propulsé ? Il faudra plusieurs siècles pour transformer cette interrogation empirique en véritable science du tir. En 1537, l’Italien Niccolò Tartaglia publie notamment ses travaux consacrés au mouvement des projectiles. Il établit que leur trajectoire est courbe et cherche à déterminer l’angle permettant d’obtenir la portée maximale. La valeur de 45° s’impose alors dans les raisonnements de l’époque, même si la réalité d’un tir effectué dans l’atmosphère est évidemment plus complexe. Galilée, au 17e siècle, apporte ensuite une contribution majeure à l’étude de la chute des corps et du mouvement balistique. Puis Isaac Newton permet de mieux comprendre les forces qui gouvernent ces phénomènes. Mais une difficulté demeure : une théorie, aussi élégante soit-elle, doit pouvoir être confrontée à la réalité. C’est dans cette perspective que l’Anglais Benjamin Robins invente, au 18e siècle, son pendule balistique, permettant de mesurer expérimentalement la vitesse d’un projectile. Les progrès de l’instrumentation, puis ceux de l’électricité et de la chronométrie, vont progressivement rendre les mesures toujours plus précises. L’apparition de la poudre sans fumée marque ensuite un véritable bouleversement. Les vitesses augmentent, les portées s’allongent et les armes deviennent capables de performances qui rendent indispensable une connaissance beaucoup plus fine de leur comportement. En France, les travaux de la Commission de Gâvre contribuent à l’établissement de tables de tir destinées aux armes militaires. La chasse bénéficiera ensuite de connaissances similaires, adaptées aux caractéristiques propres aux munitions civiles. Car derrière chaque cartouche se retrouve finalement la même réalité physique : une masse propulsée à grande vitesse, soumise aux lois de la mécanique. La balistique moderne n’est donc pas née d’un goût immodéré pour les chiffres, mais d’une nécessité très concrète : savoir ce que devient un projectile quand il quitte le canon...

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Feux de forêt en Aquitaine : de la catastrophe de 1949 au mégafeu de 2026, deux incendies, deux époques…

Il y a près de huit décennies, les Landes de Gascogne furent frappées par l’un des incendies les plus meurtriers de l’histoire contemporaine française. En août 1949, les flammes ravagèrent des dizaines de milliers d’hectares et coûtèrent la vie à 82 personnes. En 2026, un nouveau mégafeu a parcouru une superficie presque comparable en Gironde. Pourtant, les deux catastrophes racontent des sociétés rurales profondément différentes. Entre les deux, la forêt a changé, les villages se sont urbanisés, les populations se sont multipliées et les moyens de secours ont connu une révolution. Mais une même réalité demeure : face au feu, le massif landais reste un territoire où quelques heures peuvent suffire à transformer durablement un paysage.

1949 : le feu comme catastrophe collective

Le 19 août 1949, un incendie démarre dans le secteur de Saucats, en Gironde. L’été est exceptionnellement chaud et sec, les végétaux sont extrêmement inflammables et le vent favorise la propagation des flammes. Dans le massif des Landes de Gascogne, le feu trouve un terrain idéal : une immense forêt de pins, des sous-bois desséchés et des populations rurales habituées à vivre au rythme de la forêt et de ses activités. En quelques jours, la catastrophe prend une dimension considérable. Les données historiques retiennent environ 52 000 hectares parcourus par les flammes, dont 25 000 hectares de bois. Mais derrière la superficie, c’est surtout le bilan humain qui marque durablement les mémoires : 82 personnes perdent la vie. La plupart des victimes sont engagées dans la lutte contre l’incendie. Sapeurs-pompiers, militaires, agents des Eaux et Forêts, élus ou simples habitants participent à la bataille contre les flammes. Certains groupes sont pris au piège par la rapidité du front de feu. Dans une époque où les moyens de communication et de surveillance sont encore rudimentaires, il est difficile de mesurer en temps réel la progression du sinistre et d’anticiper ses changements de direction. Le 24 août 1949 est décrété jour de deuil national. Dans les villages forestiers, le feu laisse derrière lui un paysage bouleversé : parcelles de pins disparues, exploitations touchées, habitations détruites, scieries réduites au silence. L’Écomusée de Marquèze évoque ainsi environ 150 scieries, fermes et habitations détruites. Dans les journaux de l’époque, la catastrophe suscite une immense émotion. Le drame est raconté comme une épreuve nationale, mais aussi comme une tragédie profondément rurale...

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En Chartreuse, l’ONF cherche l’équilibre entre bois et faune

En Grande Chartreuse, l’Office national des forêts (ONF) est confronté à une équation qui résume une partie des enjeux de la politique forestière actuelle : comment produire du bois tout en préservant une forêt capable de se renouveler et d’accueillir sa faune sauvage ? Avec 8 500 hectares, dont environ 6 200 boisés, la forêt domaniale de Grande Chartreuse est la plus vaste forêt domaniale des Alpes. Gérée en futaie irrégulière, elle repose sur un renouvellement continu des peuplements et la coexistence d’arbres d’âges différents. Mais depuis plusieurs années, les forestiers constatent une forte pression des ongulés sur les jeunes pousses. Plus de la moitié des hêtres, érables et sapins observés sur les placettes présentent des traces d’abroutissement. Le sapin, l’érable et le tilleul peinent notamment à franchir le stade du semis. Pour l’ONF, l’enjeu est donc à la fois sylvicole et écologique. Une régénération insuffisamment diversifiée compromet le renouvellement des peuplements et peut limiter leur capacité d’adaptation au changement climatique. L’établissement a ainsi renforcé la pression de chasse sur le cerf à partir de la saison 2025-2026 et repris directement la gestion de deux lots de plus de 500 hectares, à Valombré et Tenaison. Mais l’ONF ne veut pas mesurer la réussite de cette politique au seul nombre d’animaux prélevés. Un dispositif scientifique doit permettre d’évaluer ses conséquences sur l’ensemble de l’écosystème. À partir de 2027, le protocole Aldous permettra notamment de suivre plus finement la végétation et l’intensité de l’abroutissement. Des enregistreurs acoustiques sont également utilisés pour suivre la gélinotte des bois, tandis que des points d’écoute concernent les oiseaux forestiers. L’expérimentation sera menée sur environ 3 000 hectares et devra permettre de déterminer, dans la durée, ce qui fonctionne et dans quelles conditions. Les premiers effets sur la végétation pourraient être visibles dans trois à cinq ans ; pour les passereaux, il faudra probablement attendre une dizaine d’années. Une manière, pour l’ONF, de ne plus opposer systématiquement production de bois et préservation de la faune, mais de chercher le niveau d’équilibre permettant aux deux de coexister dans la même forêt.


Tiques : un nouvel outil pour mieux évaluer leur abondance...

Les tiques ne sont pas seulement associées aux massifs forestiers. Les haies, lisières, bandes enherbées et autres éléments qui structurent les parcelles peuvent également constituer des habitats favorables à leur présence. Des scientifiques d’INRAE et du CNRS ont développé un outil de simulation permettant de mieux estimer l’abondance de la tique Ixodes ricinus, principale espèce impliquée dans la transmission de la maladie de Lyme en France. Les résultats ont été publiés dans Basic and Applied Ecology. Jusqu’à présent, les cartes permettant d’évaluer le risque lié aux tiques reposaient principalement sur des données générales concernant les forêts ou les caractéristiques climatiques. Elles prenaient moins bien en compte les structures fines des paysages. Le nouvel outil permet ainsi de simuler leur abondance à différentes positions dans le paysage : au cœur des forêts, en bordure de forêt, mais également au niveau des haies. Cette approche doit contribuer à mieux comprendre la répartition spatiale des tiques et, à terme, à affiner l’évaluation des zones où les humains et les animaux sont susceptibles d’y être exposés. Cette question prend une importance particulière avec les températures élevées observées ces dernières années. La chaleur, lorsqu'elle s'accompagne d'une humidité suffisante, peut favoriser l'activité des tiques et prolonger les périodes durant lesquelles elles sont susceptibles de rechercher un hôte. Pour les chasseurs, qui évoluent régulièrement dans les bois, les broussailles, les hautes herbes et les haies, la vigilance reste donc de mise. Quelques précautions simples permettent de réduire le risque. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants, de rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes ou les chaussures lorsque les conditions s’y prêtent et d’inspecter soigneusement son corps après une sortie : jambes, plis de l’aine, aisselles, dos, cuir chevelu et zones derrière les oreilles sont notamment à surveiller. Une douche et une inspection minutieuse au retour de chasse permettent également de repérer rapidement une tique avant qu’elle ne reste fixée. Les chiens de chasse doivent eux aussi faire l’objet d’une attention particulière. Leur pelage peut dissimuler des tiques, notamment autour des oreilles, du cou, entre les doigts et sur les parties moins fournies en poils. Un contrôle systématique après chaque sortie, associé à une protection antiparasitaire adaptée et conseillée par un vétérinaire, constitue une précaution importante. Au-delà de la prévention individuelle, le nouvel outil offre surtout aux chercheurs un moyen de mieux intégrer la structure réelle des paysages dans l’étude des tiques et des risques sanitaires associés.