Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

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Le 103e Jägerball à Vienne : au rythme des valses, la chasse fait entendre sa voix en Europe

Véritable vitrine mondiale de la chasse moderne, le 103e Jägerball, organisé dans le cadre prestigieux de la Hofburg à Vienne, a une nouvelle fois démontré la place centrale de la culture cynégétique dans la vie civique, politique et culturelle européenne. Réunissant plus de 4 000 participants (responsables gouvernementaux, représentants d’organisations de chasse nationales et internationales, experts de la conservation et partenaires institutionnels) cet événement emblématique a illustré avec éclat la capacité de la chasse à fédérer traditions, science et dialogue politique de haut niveau. Pour le Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC), le Jägerball s’impose comme un forum unique où se rencontrent décideurs publics et acteurs de terrain, autour d’une vision commune : une gestion durable, responsable et scientifiquement fondée de la faune sauvage. En amont du bal, le dîner de bienvenue organisé avec Jagd Österreich a offert un cadre privilégié d’échanges informels, illustrant la relation étroite et historique entre le CIC et la communauté cynégétique autrichienne. Sous l’impulsion de son président, Philipp Harmer, le CIC a profité de cette séquence pour renforcer ses liens avec les plus hauts représentants politiques, notamment Christian Stocker, ainsi qu’avec les dirigeants des grandes organisations européennes de chasse et de gestion des territoires, dont la Fédération européenne pour la chasse et la conservation (FACE). Les discussions ont porté sur des enjeux majeurs : formation des chasseurs, reconnaissance du rôle sociétal de la chasse, politiques rurales, et nécessité absolue de maintenir des décisions basées sur des données scientifiques solides. Le Jägerball a également réaffirmé la relation privilégiée entre le CIC et l’Autriche, État membre exemplaire par son engagement en faveur de la chasse, de la sylviculture et de la conservation. La forte mobilisation des associations autrichiennes a mis en lumière un partenariat de confiance, dans lequel Jagd Österreich joue un rôle moteur pour promouvoir des standards professionnels élevés et une image responsable de la chasse auprès du grand public européen. Plus qu’un événement mondain, le Jägerball s’affirme ainsi comme une plateforme stratégique de diplomatie cynégétique, démontrant que la chasse réglementée contribue activement à la conservation de la biodiversité, au dynamisme des territoires ruraux et à la préservation du patrimoine culturel européen.


Ne pas confondre tir et chasse : pour une approche globale, utile et nécessaire

La chasse continue d’être trop souvent réduite, dans le débat public comme dans certaines représentations médiatiques, à l’acte de tirer. Cette confusion est non seulement réductrice, mais elle est surtout intellectuellement fausse. Le tir n’est qu’un instant bref, parfois absent, dans une pratique qui s’inscrit dans le temps long, mobilise des compétences multiples et repose avant tout sur une responsabilité collective vis à vis des territoires et du vivant. Dans la réalité du terrain, l’acte de tirer représente une part infime de l’engagement cynégétique. Des heures, des jours, parfois des années sont consacrés à observer, comprendre, anticiper et gérer, là où quelques secondes seulement peuvent correspondre à un prélèvement. Insister sur le tir comme élément central de la chasse revient à ignorer tout ce qui le précède et, bien souvent, tout ce qui conduit à y renoncer. Car une chasse respectueuse suppose précisément de savoir ne pas tirer : lorsque les populations sont fragiles, lorsque les conditions ne sont pas réunies, lorsque l’acte n’a aucun sens écologique. La sélectivité, la retenue et l’acceptation de l’échec font partie intégrante de l’éthique du chasseur. Réduire la chasse à l’arme, c’est donc passer sous silence une culture de l’observation, de la patience et de la connaissance fine du milieu, acquise au fil des saisons et transmise de génération en génération. C’est aussi ignorer le cadre réglementaire extrêmement strict dans lequel s’inscrit le prélèvement, pensé non comme un plaisir du tir, mais comme un outil ponctuel au service d’objectifs de gestion...

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Prédation du loup : l’indemnisation désormais conditionnée à la protection en cercle 2

Un décret publié au Journal officiel le 4 février 2026 modifie en profondeur les règles d’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup. Le décret n° 2026-53 du 3 février 2026 vient ainsi modifier le décret n° 2019-722 du 9 juillet 2019, en étendant la conditionnalité de l’indemnisation aux exploitations situées en cercle 2, c’est-à-dire dans les zones où la prédation est jugée possible au cours de l’année. Jusqu’à présent, le dispositif distinguait plusieurs niveaux de zonage. Le cercle 0 correspond aux foyers de prédation avérée, tandis que le cercle 1 recouvre les zones de présence permanente du loup. Dans ces secteurs, l’indemnisation des dommages était déjà conditionnée à la mise en place préalable de mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, parcs électrifiés, gardiennage renforcé, etc.). En revanche, les exploitations situées en cercle 2, souvent qualifiées de front de colonisation, pouvaient être indemnisées sans obligation préalable de protection, en raison du caractère émergent ou incertain du risque. Le nouveau décret met fin à cette distinction. Désormais, dans les zones classées en cercle 2, le versement des indemnisations sera conditionné à la mise en œuvre effective de moyens de protection au-delà de la deuxième attaque reconnue au cours de l’année. Autrement dit, les deux premières attaques restent indemnisables sans exigence de protection préalable, mais toute attaque ultérieure ne donnera lieu à indemnisation que si l’éleveur a engagé des mesures de prévention adaptées. Cette évolution marque un tournant dans la politique de gestion du risque de prédation. Elle vise à encourager l’anticipation et la généralisation progressive des dispositifs de protection dans les territoires en phase de colonisation, tout en tenant compte des difficultés techniques et économiques rencontrées par les éleveurs lors des premières attaques. Le décret apporte également une clarification terminologique importante. Jusqu’ici, certaines décisions d’indemnisation faisaient principalement référence à la mortalité des animaux. Le nouveau texte élargit explicitement le champ des indemnisations à l’ensemble des dommages subis par les troupeaux, incluant désormais les blessures, en cohérence avec la réalité des impacts économiques et sanitaires pour les exploitations. Cette réforme s’inscrit dans un contexte de progression géographique du loup et de tensions croissantes entre objectifs de conservation de l’espèce et viabilité des systèmes d’élevage extensifs. Elle renforce la logique de responsabilité partagée entre l’État et les éleveurs, en faisant de la prévention un préalable de plus en plus central à l’accès à l’indemnisation publique.


Chasse en Astarac et Magnoac

Cette structure de chasse atypique du sanglier opère sur les deux départements voisins du Gers et des Hautes-Pyrénées. Pour le département du Gers, en sont membres les communes de Bézues-Bajon, Lagarde-Hachan, Lourties-Monbrun, Samaran, Saint-Aroman et Sère, pour une surface de 6 200 hectares. Pour celui des Hautes-Pyrénées, ce sont les communes de Campuzan, Guizerix, Hachan, Peyret-Saint-André, Puntous, Vieuzos et Tournous (qui vient d’adhérer), pour presque 3 000 hectares. Soit au total treize communes et une superficie de plus de 9 000 hectares dédiés à la chasse de la « bête noire ». Pas mal non ? Cette structure a plus de vingt ans. Elle a connu des évolutions territoriales et a été marquée par un homme qui l’a dirigée pendant quinze ans : André Debat, également adjoint au maire de Samaran depuis un demi-siècle, passionné par la chasse du sanglier, mais pas que. Il est aujourd’hui vice-président du groupement. C’est un jeune homme qui dirige le groupement depuis deux ans : Nicolas Zampar, 29 ans, agriculteur, joueur de rugby à Pouyastruc et passionné de chiens courants. Avec Lisa Saint-Martin, sa jeune et meilleure amie, passionnée elle aussi, ils ont en commun une meute de dix chiens qui chassent remarquablement. Le sanglier est chassé du 15 août jusqu’à fin mars, et en cas de pression sur les cultures, des battues sont organisées à partir du 1er juin. Nous sommes sur un territoire où l’agriculture est omniprésente (maïs, céréales, prairies, élevage), et il faut être attentif aux dégâts. Les battues ont donc lieu le mercredi, le samedi et le dimanche, et davantage encore en cas de dégâts importants. Le tableau sangliers des deux dernières saisons est de 219 en 2023-2024, 149 en 2024-2025. Au 18 janvier 2026, le tableau est de 100 et il reste deux mois et demi de chasse...

Par Pierre Périé

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Ernest Menault (1812-1891) : entre la science descriptive et les premières approches modernes de l’écologie

Ernest Menault, né le 12 octobre 1812 à Paris, issu d’une famille de la petite bourgeoisie cultivée, fils de Pierre-Auguste Menault, notaire, et de Marie-Claire Lefèvre, femme de lettres amateur, s’inscrit dans la tradition des savants naturalistes du 19e siècle, à une époque où l’étude du vivant repose autant sur l’observation minutieuse que sur une ambition encyclopédique. Médecin de formation, il s’oriente très tôt vers la zoologie et l’histoire naturelle, disciplines alors en pleine structuration scientifique. Ernest Menault appartient à cette génération charnière qui fait le lien entre la science descriptive héritée du siècle des Lumières, et les premières approches modernes de l’écologie, bien avant que le terme ne s’impose. Il se distingue par une attention particulière portée aux relations entre les espèces et leur milieu, ainsi qu’à la diversité du monde animal dans ses contextes géographiques et culturels. Collaborateur de plusieurs institutions savantes et revues scientifiques, il contribue à diffuser le savoir naturaliste auprès d’un public élargi, mêlant rigueur scientifique et souci pédagogique. Son travail s’inscrit dans un mouvement plus large de vulgarisation savante, caractéristique du 19e siècle, qui vise à rendre la science accessible sans la dénaturer. Menault ne se limite pas à l’étude des animaux européens : il s’intéresse également aux faunes exotiques, dans un contexte d’expansion coloniale où les récits de voyages, les collections zoologiques et les cabinets d’histoire naturelle alimentent la réflexion scientifique. Toutefois, contrairement à certains de ses contemporains, son approche demeure mesurée et analytique, cherchant moins l’exotisme que la compréhension des mécanismes biologiques et comportementaux. Son œuvre reflète ainsi une conception du naturaliste comme observateur attentif du vivant, soucieux de classification, mais également sensible aux interactions écologiques et aux équilibres naturels, notions encore émergentes à son époque...

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Chasse du grand gibier : la recherche de la mort rapide et ses mécanismes

Après une journée de chasse, il est fréquent que le chasseur s’interroge sur les raisons d’un tir manqué ou, plus grave encore, d’un animal blessé. Le risque de blessure fait partie intégrante de l’acte de chasse, particulièrement en battue, où les projectiles peuvent entraîner trois issues principales : la mort immédiate ou quasi immédiate, la mort par effets secondaires, ou une survie au terme de longues souffrances, souvent accompagnée de séquelles. Toute balle provoque un orifice d’entrée caractéristique, un trajet interne plus ou moins destructeur, et parfois un orifice de sortie. Son pouvoir de pénétration dépend essentiellement de sa masse et de sa vitesse, et son objectif éthique reste de provoquer la mort le plus rapidement possible. La mort instantanée constitue l’idéal moral du chasseur : elle survient lorsque les centres nerveux vitaux sont détruits, notamment au niveau de l’encéphale ou de la partie haute de la moelle épinière. Dans ce cas, l’animal s’effondre immédiatement, privé de conscience et de toute perception. Des blessures cardiaques majeures entraînent également une mort rapide : l’hémorragie massive fait chuter brutalement la pression sanguine, interrompant l’irrigation cérébrale. L’animal peut alors parcourir quelques dizaines de mètres avant de s’effondrer. Les atteintes du foie provoquent une issue fatale plus lente, sur plusieurs minutes, laissant au gibier la capacité de fuir sur de longues distances. Enfin, certaines blessures dites « immobilisantes », touchant la colonne vertébrale, ne sont pas immédiatement mortelles mais paralysent l’animal, imposant l’intervention finale du chasseur. Ces situations rappellent que seule une localisation précise du tir permet d’allier efficacité et respect de l’éthique cynégétique...

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Impact de l’influenza aviaire sur la faune sauvage

L’influenza aviaire hautement pathogène (HPAI) constitue aujourd’hui une menace majeure pour la biodiversité mondiale. Les oiseaux sauvages migrateurs, en particulier les espèces aquatiques, représentent le principal réservoir naturel de ces virus et jouent un rôle central dans leur dissémination à grande échelle. Les souches H5 sont associées à une mortalité élevée chez de nombreuses espèces et à des perturbations écologiques significatives. Depuis 2021, la HPAI est devenue une épizootie mondiale, affectant plusieurs continents et un nombre inédit d’espèces d’oiseaux et de mammifères, soulevant des préoccupations croissantes en matière de conservation et d’approche One Health. Les données récentes illustrent l’ampleur et la persistance du phénomène. En Europe, une activité exceptionnellement élevée a été observée lors de la migration automnale 2025, avec un nombre de détections chez les oiseaux sauvages multiplié par quatre par rapport à 2024, atteignant des niveaux inégalés depuis 2016. Dans les régions subantarctiques, des infections ont été signalées chez les éléphants de mer du sud, aggravant des déclins démographiques déjà sévères. Par ailleurs, dans les îles Malouines, des épidémies récurrentes ont entraîné une diminution notable des effectifs nicheurs d’albatros à sourcils noirs en 2024 et 2025. Ces événements de mortalité massive ont des conséquences écologiques profondes, notamment des déclins de population, des échecs reproductifs et des perturbations des interactions interspécifiques, susceptibles d’affecter durablement la stabilité des écosystèmes. Le débordement viral vers les mammifères renforce également les enjeux sanitaires à l’interface entre faune sauvage, animaux domestiques et santé humaine. La limitation des impacts de la HPAI repose sur une surveillance renforcée et coordonnée de la faune, une caractérisation génomique rapide des virus, un partage accru des données et l’intégration d’actions de conservation ciblées.


Les sites naturels du Patrimoine mondial de l'UNESCO de plus en plus menacés...

Les experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les menaces pesant sur les sites naturels du Patrimoine mondial atteignent un niveau sans précédent. Selon eux, 43 % des sites naturels sont désormais fortement menacés par le climat, les espèces invasives et les maladies, alors que cette proportion était de 33 % seulement en 2020. Les espèces exotiques envahissantes constituent la deuxième menace la plus répandue, affectant près de 30 % des sites, tandis que les maladies de la faune et de la flore connaissent une progression inquiétante. Le risque lié aux agents pathogènes est désormais jugé élevé ou très élevé dans 9 % des sites (contre 2 % il y a cinq ans). Des maladies comme la grippe aviaire, la chytridiomycose des amphibiens ou encore des pathologies touchant les mangroves et les primates fragilisent des écosystèmes entiers et menacent des espèces clés. Le rapport, fondé sur dix années d’évaluations, montre une dégradation globale des perspectives de conservation. Les sites reconnus pour leur exceptionnelle biodiversité sont les plus durement touchés. Les auteurs soulignent le caractère interconnecté des menaces, le changement climatique favorisant la propagation des espèces invasives et des agents pathogènes, parfois amplifiée par un tourisme non durable. Face à ce constat, l’UICN insiste sur le rôle déterminant d’une gestion efficace et durable. Or, seulement la moitié des sites bénéficient actuellement d’un niveau de protection satisfaisant, et 15 % souffrent d’un manque critique de financements. À l’inverse, des progrès notables ont été observés sur treize sites entre 2020 et 2025, notamment en Afrique, grâce à des investissements ciblés, à la lutte contre le braconnage et à l’implication des communautés locales. Les experts soulignent le rôle des peuples autochtones, dont les savoirs et la gestion traditionnelle ont démontré leur efficacité pour améliorer la résilience des sites. (à gauche : le site naturel de la forêt de Yakushima au Japon, et à droite le site culturel de Machu Picchu au Pérou).


Courlis cendré : analyse multifactorielle d’un échec de reproduction

Le courlis cendré (Numenius arquata), plus grand limicole nicheur d’Europe, connaît depuis plusieurs décennies un déclin marqué de ses effectifs, tant à l’échelle nationale qu’internationale. En France, l’espèce est classée « vulnérable », avec une population estimée entre 1 000 et 1 200 couples reproducteurs. Au-delà de la diminution des effectifs, les observations récentes mettent en évidence un succès reproducteur extrêmement faible, caractérisé par une forte proportion d’œufs non éclos et une mortalité précoce des poussins. Les causes de cette situation apparaissent multifactorielles, résultant de l’interaction entre pressions anthropiques, contraintes écologiques et modifications environnementales globales. La perte et la dégradation des habitats de reproduction constituent un facteur majeur. Le courlis cendré niche préférentiellement dans les prairies humides, landes ouvertes et zones alluviales, milieux largement affectés par le drainage, la conversion agricole et la fragmentation paysagère. La réduction de ces habitats entraîne une diminution des sites favorables à la nidification et une concentration accrue des couples sur des espaces résiduels, augmentant la vulnérabilité des nids. L’intensification des pratiques agricoles joue également un rôle central. Les dates de fauche précoces, l’usage de matériel agricole lourd et l’homogénéisation des prairies conduisent à la destruction directe des nids ou à l’exposition des œufs et des poussins. Par ailleurs, la modification de la structure végétale et des sols peut altérer la disponibilité des ressources trophiques indispensables à l’élevage des jeunes. La prédation constitue un autre facteur déterminant de l’échec reproducteur. Espèce nichant au sol, le courlis cendré est particulièrement exposé à des prédateurs généralistes (renards, corvidés), dont les populations peuvent être favorisées par les paysages anthropisés. Dans certaines régions, la majorité des nids suivis sont détruits avant l’éclosion. À ces pressions s’ajoutent le dérangement humain (activités de loisirs, circulation) et les effets du changement climatique, susceptibles de désynchroniser la période de reproduction avec les conditions hydriques et alimentaires optimales. Des épisodes climatiques extrêmes peuvent également affecter directement la viabilité des œufs. Enfin, l’analyse en cours de coquilles et d’œufs non éclos vise à explorer d’éventuels facteurs physiologiques ou toxicologiques, tels que des déficiences nutritionnelles ou une contamination environnementale, susceptibles d’altérer le développement embryonnaire. La convergence de ces facteurs explique en grande partie l’effondrement du succès reproducteur observé. Elle souligne l’urgence de mesures intégrées de conservation, associant restauration des habitats, adaptation des pratiques agricoles, limitation du dérangement et poursuite des recherches scientifiques ciblées.


L’Europe face au coût vertigineux des polluants éternels

Selon un rapport commandé par la Commission européenne et publié le jeudi 29 janvier, les substances per- et polyfluoroalkylées (Pfas), surnommées « polluants éternels », pourraient coûter une fortune à l’Union européenne, d’ici à 2050, si aucune mesure ambitieuse n’est prise. Ces substances chimiques, extrêmement persistantes dans l’environnement, sont aujourd’hui omniprésentes dans le quotidien des Européens. Utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur, les Pfas se retrouvent dans de nombreux produits de consommation courante : cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages alimentaires ou textiles. Leur lente dégradation explique leur accumulation dans les sols, l’eau et les organismes vivants, avec des conséquences sanitaires et environnementales majeures. L’étude évalue les coûts liés à l’impact des Pfas sur la santé humaine ainsi qu’aux opérations de dépollution des sols et des ressources en eau. Quatre scénarios ont été modélisés selon le niveau d’action de l’Union européenne. Le coût total varierait ainsi de 330 milliards à 1 700 milliards d’€ d’ici à 2050. Le scénario le plus onéreux inclut une dépollution massive des sols et le traitement des eaux usées afin de respecter des normes environnementales strictes pour une vingtaine de Pfas. À l’inverse, l’estimation la plus basse correspond à une interdiction totale de leur production et de leur utilisation, sans traitement supplémentaire de l’eau potable ni des eaux usées. Le rapport alerte également sur les conséquences sanitaires : près d’un Européen sur six, soit environ 76,5 millions de personnes, pourrait être contaminé et développer une maladie liée à l’exposition aux Pfas en l’absence de mesures correctives. Ces substances sont notamment associées à une augmentation du cholestérol, à des risques accrus de cancers, ainsi qu’à des effets sur la fertilité et le développement des fœtus. Face à ces enjeux, la Commission européenne envisage d’interdire les Pfas dans les produits de consommation courante, tout en prévoyant des dérogations pour certains secteurs stratégiques. Toutefois, une proposition législative ne devrait pas voir le jour avant fin 2026, Bruxelles attendant deux avis clés de l’Agence européenne des produits chimiques sur les risques sanitaires et l’impact socio-économique d’une interdiction.


Loups, élevage et argent public : jusqu’où ira cette mascarade de biodiversité ?

Dans toute la France, les attaques de loups sur le bétail se multiplient et concernent désormais une très large série de départements bien au-delà des Alpes historiques. Les bilans officiels du « Plan National d’Actions loup » montrent que des élevages ont subi des attaques dans des zones aussi variées que les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Isère, les Hautes-Alpes, la Drôme, la Haute-Savoie, la Lozère, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, le Var, la Saône-et-Loire, la Nièvre, les Pyrénées-Atlantiques, le Jura, le Doubs, l’Ardèche, le Tarn, les Pyrénées-Orientales, la Vienne, la Meuse, la Corrèze, le Puy-de-Dôme, l’Aude, l’Ain, la Haute-Loire, la Creuse, le Cantal, la Haute-Garonne, l’Allier, la Haute-Marne, le Vaucluse, la Haute-Saône, l’Yonne, la Haute-Vienne, la Seine-Maritime, le Loiret, le Bas-Rhin, et même le Finistère parmi d’autres. Aux attaques répétées sur les ovins du Puy-de-Dôme, qui ont fait plusieurs victimes en janvier 2026, s’ajoutent des constats quasiment quotidiens d’éleveurs dépassés par la prédation. La Dreal et les associations agricoles pointent une progression sur tout l’arc méridional et vers le nord-ouest, jusqu’à des signalements dans les départements de Mayenne, Manche et Orne, ce qui n’était pas le cas. Face à cette situation, l’État déploie un arsenal réglementaire complexe, des plans d’actions successifs, des systèmes d’indemnisation, des « tirs de défense », des réseaux de suivi et des expertises scientifiques, mais le coût pour les contribuables explose, tandis que de nombreux éleveurs restent sans réelle protection effective. Le débat s’enlise entre écologie strictement protectionniste et nécessité de sauvegarder des filières d’élevage, souvent héritées de siècles de pastoralisme. Quand donc s’arrêtera cette mascarade ?