Le petit journal de la chasse et de l'environnement : les dernières nouvelles...

 

Aide de l’Etat à l’indemnisation des dégâts de gibier : une discrétion de mauvais augure...

Emmanuel Macron a-t-il lâché Willy Schraen ? Il n'a pas l'habitude, le président des chasseurs de France, de ne pas annoncer lui-même les bonnes nouvelles, quand il y en a... Elle est donc restée étrangement silencieuse la FNC, à la suite de l’entretien qui a eu lieu lundi dernier, entre le Président de la République et Willy Schraen, accompagné par Thierry Cabanes (administrateur et secrétaire de la FNC). Seul ce dernier, et sans doute pas de sa propre initiative, a dévoilé une petite partie de l’entrevue, dont la discrétion laisse à penser que les attentes des chasseurs n’ont pas été à la hauteur de ce qu’ils espéraient. En langage diplomatique, Thierry Cabanes a déclaré : « La rencontre devait durer un peu moins d’une heure, mais finalement, l'entrevue s’est poursuivie plus d’une heure quarante. L'occasion pour la FNC d'obtenir des garanties du chef de l'État, qui s'est visiblement montré à l'écoute et animé d'une volonté d'agir et d'avancer rapidement… ». Du dossier des dégâts, qui a monopolisé une bonne partie du temps, il en est donc ressorti que : « La différence entre les sommes payées par les chasseurs en 2021, et le montant réel des dégâts commis par la faune sauvage en 2022, serait prise en charge par l’Etat, et que le système d’indemnisation sera entièrement revu d’ici 5 ans… ». Pas de quoi se réjouir et d’assurer aux FDC qu’elles pourront passer le cap de l’inflation. Quant aux chasseurs, pas de faux espoirs, il faudra continuer à payer !


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France Nature Environnement à la peine en Haute-Savoie...

Rien ne va plus entre FNE et le Conseil départemental, présidé par Martial Saddier. L'association, qui a contacté à plusieurs reprises le président du département et sa directrice de cabinet, par mail et par courrier, attend toujours une réponse. « Cela dure en réalité depuis le début du mandat de Martial Saddier. On n'a eu aucun contact avec lui depuis juillet 2021. On se sent banni alors que nous souhaitons simplement continuer à faire notre travail » déplore la présidente de FNE 74, Anne Lassman-Trappier qui ajoute : « Depuis le début de l'année 2022, les contrats se font plus rares. Certains de nos partenaires habituels ne veulent plus travailler avec nous par crainte de représailles sur leurs financements. C'est du chantage aux subventions. C'est scandaleux ». Quant à Martial Saddier, le président du Département, il est serein : « Je m'occupe du conseil départemental et des pompiers. Que les représentants des associations environnementales s'occupent des communes où ils sont élus. La Haute-Savoie ne s'en portera que mieux ! ».  Oh, que oui !


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Le statut des animaux sauvages

La faune sauvage qui vit en liberté est qualifiée de « res nullius », bien n’appartenant à personne, par opposition aux animaux domestiques ou détenus en captivité qui sont eux des « res propria » ou « privata », donc des biens appartenant à un propriétaire. Pour un chasseur, l’appropriation de l’animal chassé résulte de sa capture, l’acte d’occupation, et ce, même si cette capture résulte d’un acte illicite volontaire ou non, de braconnage. Le chasseur est responsable de la qualité sanitaire du gibier qu’il a tué, et qu’il remet à un tiers, soit en le donnant, soit en le vendant. En outre un spécimen d’une espèce de faune sauvage issue d’un élevage, donc « res propria », recouvre sa qualité de « res nullius » au moment où il est relâché volontairement dans la nature, ainsi que l’a précisé la Cour de Cassation à différentes reprises. Ainsi, dans l’arrêt n° 80-92139 du 25 février 1981, la Chambre criminelle précise que : « Ne sauraient être considérés comme des animaux apprivoisés, au sens de l’article 453 alinéa 1er du Code pénal, des faisans élevés en enclos qui ont été ensuite lâchés dans la nature pour être chassés ». La notion de gibier, en droit français, a été précisée par la Cour de Cassation par arrêt n°93-83341 du 12 octobre 1994, puis par le Conseil d’État par décision n° 120905 du 26 mai 1995. Pour ces deux cours : « Constituent du gibier, au sens de la législation sur la chasse, les animaux sans maître, appartenant à une espèce non domestique, fût-elle protégée, vivant à l’état sauvage ».


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Plomb : les conclusions de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) mises en doute…

Une étude, publiée dans la revue scientifique « Plos One » sur l'ingestion de plomb par les animaux sauvages, démontre comment les estimations actuelles des pertes d'oiseaux, en Europe, sont basées sur des hypothèses incertaines. Est visée l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour sa proposition de restriction du plomb. Les auteurs citent : « L'ECHA affirme que les populations d’oiseaux sont victimes d’une mortalité annuelle supplémentaire due au plomb. Mais, elle n’apporte pas de chiffres précis et vérifiés. Elle a estimé à 1% des populations d’oiseaux, la mortalité directe, et à 1,4% la mortalité indirecte, en se basant sur des données qui proviennent principalement du Royaume-Uni…». Les auteurs de l’étude estiment, eux, après regroupement des données collectées dans les pays d'Europe, que la mortalité directe due au plomb n’est que de 0,2%, c’est-à-dire 5 fois inférieure aux estimations de l'ECHA. Et de préciser : « Bien sûr, la méthodologie proposée dans cette étude profite aux intérêts du secteur de la chasse et du tir dans le monde entier, en particulier lorsque les régulateurs et certaines ONG ont tendance à pousser des estimations incertaines ou arbitraires. Les affirmations, selon lesquelles les munitions au plomb entraînent la mort massive de populations d'oiseaux ne sont pas scientifiquement fondées, et grossièrement exagérées. Il est important de noter que cette étude a été réalisée sur l'impact global du plomb, et pas seulement sur le plomb provenant des sports de chasse et de tir. Les avantages apportés par la chasse à la faune sauvage, à ses habitats et aux initiatives de conservation, l'emportent donc largement sur les risques minimes, posés par les munitions au plomb, pour l'environnement… ».


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Valérie Metrich-Hecquet nommée directrice générale de l’ONF

Nous le laissions entendre le 19 septembre dernier, la candidate proposée par l’Elysée, Valérie Metrich-Hecquet, haute fonctionnaire, vient d’être nommée directrice générale de l’Office national des forêts. Elle était, depuis juin 2018, directrice générale de la performance économique et environnementale des entreprises au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Durant ces quatre années, elle a piloté et mené à bien des dossiers structurants, tels que la négociation de la réforme de la PAC, l’élaboration du plan stratégique national approuvé par la Commission européenne le 31 août dernier, le volet agricole et forestier du plan de relance et la réforme de la gestion des risques en agriculture, ainsi que la participation à la présidence française de l’Union européenne. Ingénieure générale des Ponts, des eaux et des forêts, Valérie Metrich-Hecquet aura une lourde responsabilité à la tête d’un Office déboussolé par les conflits internes et le réchauffement climatique, alibi qui tombe à point pour couper des forêts afin d’y adapter des essences plus résistantes, mais surtout pour masquer les graves erreurs du passé. Puisse-t-elle garder à l’esprit cette remarque de l’un de ses lointains prédécesseurs : « En forêt, quand on replante, c’est qu’on s’est trompé ! ».


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Sanglier : comment distinguer mâle et femelle… sans les voir ?

Cela concerne principalement les chasseurs qui font le pied (chasse à tir), ou le bois (chasse à courre), ce qui permet de remiser le ou les animaux, et d’attaquer la battue ou le laisser courre directement. Dans ces conditions, savoir que l’animal seul remisé à tel endroit est bien un mâle, et non pas une femelle éventuellement suitée, ne présente que des avantages. Bien qu’une erreur de jugement soit toujours possible, ce qui explique la retenue de certains valets de limiers qui ne sont jamais affirmatifs mais préfèrent le « je crois que… », les indices de présence portent la signature de celui que les a laissés. Alors voyons plus en détail ce qui différencie les mâles et les femelles…

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Rapport de la mission chasse

Avec lucidité, le sénateur Patrick Chaize est revenu sur ce document dont il est le rapporteur. « Je savais que je n’aurai que des ennemis » a-t-il concédé, ajoutant : « Nous avons été en recherche d’efficacité, pas d’image ». Cependant, le sénateur aindinois regrette que l’absence de jour sans chasse, ou la surveillance de l’alcoolémie des chasseurs, au même titre que celle des automobilistes « qui n’est pas une évidence au vu de l’accidentologie », précise l’élu, aient suscité tant de réactions. Il met en avant le travail de fond de la commission, qui a effectué cinq déplacements sur le terrain, dont un dans l’Ain, auditionné 170 personnes durant 48 heures, pendant les dix mois de travaux. Cette mission parlementaire débouchera très probablement sur une proposition de loi, espère le rapporteur qui précise : « …avoir défendu des mesures de bon sens que préconise notre mission ». Soulignons toutefois que certaines d’entre elles ont été taxées de « timides ». Nous regrettons quand même que, dans l’esprit d’un sénateur rural, la convivialité soit encore synonyme de beuverie…

(Avec un grand merci à l'auteur de cette scène de chasse originale !)


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Un réseau de communication européen et mondial

Les plus grands spécialistes et praticiens du monde œuvrant sur la chasse et l'utilisation durable, se sont rendus à Lisbonne, au Portugal, pour le séminaire international du projet « C3C » (Chasse : capacité, compétitivité et communications). L'événement était consacré à l'exploration de trois domaines de travail : gérer les risques et les menaces, ajouter de la valeur et communiquer avec la société. En passant d'un monde où la chasse faisait partie intégrante de notre société, à un monde où elle est scrutée au quotidien, ceux qui travaillent dans ce domaine ont désormais la responsabilité d'être proactifs dans l'éducation des personnes et dans les enjeux de l'utilisation durable. Étaient présents un certain nombre de personnalités de premier plan, dont le secrétaire d'État à la conservation du Portugal. Le directeur général du CIC, Tamas Marghescu a présenté le sujet « Un réseau de communication européen et mondial » et décrit le paysage pour les organisations engagées dans l'utilisation durable. La situation actuelle a été largement résumée comme étant une situation qui exige de l'action, et il a été précisé qu'il s'agit de cibler le grand public et les décideurs politiques, plutôt que d'engager des débats avec les opposants à la chasse. Des initiatives de communication nouvelles et innovantes ont également été annoncées et seront prochainement détaillées.


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Le Salon international de la chasse et de l'équitation d'Abou Dhabi

Inauguré hier en grandes pompes, la 19e édition du Salon international de la chasse et de l'équitation d'Abou Dhabi (ADIHEX) se tiendra jusqu’à dimanche prochain, 2 octobre. Plus de 900 entreprises des secteurs de la chasse, de la fauconnerie et de l’équitation, venues de 58 pays, animeront ce salon d’ampleur inégalée. Cette exposition de sept jours est placée sous le patronage de S.A. Cheikh Hamdan bin Zayed Al Nahyan, représentant du souverain dans la région d'Al Dhafra et président du Club des Faucons des Emirats (Emirates Falconers’Club EFC). ADIHEX présentera plus de 100 spécialistes ainsi que plus de 130 peintres, artistes, photographes, calligraphes, sculpteurs et galeries d'art de l'intérieur et de l'extérieur des EAU. L'exposition comprend 11 secteurs divers : arts et artisanat, équitation, fauconnerie, tourisme cynégétique et safari, équipement de chasse et de camping, armes de chasse, préservation de l'environnement et du patrimoine culturel, véhicules et équipements de loisirs de plein air, produits et services vétérinaires, équipement de pêche et sports marins, et médias. L'édition 2022 de l'ADIHEX est organisée par l'EFC. Ses sponsors officiels sont l'Agence pour l'environnement d’Abou Dhabi, le Fonds international pour la conservation de l'houbara et le Centre national des expositions d'Abou Dhabi ADNEC, où se tient l'événement.


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La valse des accidents

La saison à peine commencée, les mauvaises nouvelles arrivent. On apprenait, hier, en fin de matinée qu’un chasseur avait trouvé la mort au cours d’une battue aux sangliers, dans le Vaucluse. C’est un ami de la victime qui a donné l’alerte et appelé les secours. Quand les pompiers sont arrivés sur place l'homme était en arrêt cardio-respiratoire, et n’a pu être réanimé. Selon le maire de la commune, la victime, qui était membre de la société de chasse de Lacoste, était un chasseur confirmé. Des investigations sont en cours afin d'établir les circonstances exactes du décès. Après le blessé du Haut-Rhin, la balle qui a cassé un carreau d’une mairie de Seine-Maritime, les deux blessés par plombs en Isère, le chien tué et sa propriétaire blessée dans le Loir et Cher, le blessé du Doubs, les plombs dans une piscine dans l’Aude, la liste est déjà beaucoup trop longue. Rappelons les trois fondamentaux de la sécurité : identification, tir fichant et le respect de l’angle des 30°.


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Zones de forêts interdites pendant la chasse à courre : la justice confirme

Jeudi dernier, le Tribunal Administratif d’Amiens (Somme) a validé l’arrêté de la préfecture de l’Oise, pris en 2020, qui interdit l’accès des « zones rouges » en forêt de Laigue et Ourscamp. Cela ne concerne que les mercredis et samedis, pendant la période où la chasse à courre est autorisée, dans les « parties identifiées comme étant les plus probables pour les fins de chasse ». Le collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) avait attaqué cet arrêté de 2020. Sur sa décision, le Tribunal administratif précise : « … que l’arrêté n’est applicable que deux jours par semaine et sur uniquement six zones de la forêt où l’équipage de la Futaie des Amis se rend principalement. Il exclut les voiries forestières, les sentiers de randonnées et les pistes cyclables, les axes le plus souvent pris par les usagers… ». Les magistrats ajoutent : « le texte se fonde sur la détermination des militants anti-chasse et le climat délétère qui règne entre ces derniers et les veneurs sur certaines zones de forêt ». La mesure prise concerne les territoires de 32 communes, de Pierrefonds à Morienval. L’arrêté avait été pris pour la première fois en 2019 et reconduit chaque année.


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