Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

De la forêt à l’assiette : la venaison française, future filière d’avenir ?

Longtemps cantonnée au monde de la chasse et à quelques circuits gastronomiques confidentiels, la venaison française pourrait bientôt changer de dimension. Un amendement reconnaissant sa valorisation a été adopté et ajouté au projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le député IDL (Identité Libertés) Eddy Casterman, cet amendement reconnait la venaison comme une véritable filière agricole d’avenir. Le sujet quitte donc progressivement le seul terrain cynégétique pour entrer dans le débat économique, alimentaire et territorial. Le constat est en effet paradoxal : alors que la France prélève chaque année plus de 850 000 sangliers, près de 600 000 chevreuils, 100 000 grands cervidés et environ 10 000 chamois et isards, le pays importe encore plus de la moitié de la viande de gibier consommée sur son territoire, notamment en provenance d’Europe de l’Est ou de Nouvelle-Zélande. Selon plusieurs estimations professionnelles, près de 36 000 tonnes de venaison sont consommées chaque année en France, mais une part majeure provient encore de l’importation. Dans certains rayons ou restaurants, le consommateur croit déguster du gibier français alors qu’il consomme parfois du cerf d’élevage néo-zélandais ou du sanglier venu des pays de l’Est. Derrière cette situation se cache une immense faiblesse structurelle : la France chasse beaucoup mais transforme peu. Une grande partie du gibier finit encore en autoconsommation, en dons privés ou parfois détruite faute de débouchés organisés. L’objectif affiché par les parlementaires favorables au texte consiste désormais à intégrer pleinement la production, la transformation et la commercialisation du gibier sauvage dans les politiques agricoles nationales, avec une logique de souveraineté alimentaire et de valorisation des ressources locales. Car la venaison possède aujourd’hui de nombreux arguments capables de séduire les consommateurs modernes. Viande sauvage par excellence, elle ne nécessite ni élevage intensif, ni alimentation importée, ni artificialisation supplémentaire des terres agricoles, et son empreinte carbone reste particulièrement faible comparée à certaines productions industrielles...

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Loups : l’Assemblée nationale assouplit les tirs de défense pour protéger les élevages

L’Assemblée nationale a adopté plusieurs dispositions visant à renforcer les moyens de protection des élevages confrontés à la prédation du loup, dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole. Les députés ont notamment validé un assouplissement des procédures encadrant les tirs de défense ainsi qu’une augmentation du plafond annuel de prélèvement de l’espèce. Le texte prévoit désormais un relèvement du plafond de destruction de 19 à 21 % de la population estimée de loups présents sur le territoire national, avec une possibilité de porter ce seuil à 23 % en cas de nécessité. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, cette évolution pourrait permettre le prélèvement d’environ 227 individus contre 192 auparavant, sur une population estimée à près de 1 082 loups. Par ailleurs, les députés ont approuvé un amendement autorisant, sous conditions, l’utilisation de dispositifs de visée nocturne ou thermique dans le cadre des tirs de défense réalisés par les chasseurs et les éleveurs. Cette disposition a été adoptée malgré les réserves exprimées par le ministère chargé de la Transition écologique, qui a évoqué des enjeux liés à la sécurité publique. Le texte adopté simplifie également les modalités administratives applicables aux tirs de défense des bovins et équins. Jusqu’à présent soumis à un régime d’autorisation préalable, ces tirs relèveront désormais d’un dispositif déclaratif, aligné sur celui applicable aux élevages ovins, sous réserve du respect des conditions réglementaires en vigueur. Un amendement porté par Christophe Bentz, Rassemblement National, député de la circonscription de Chaumont-Langres (52) a en outre été adopté contre l’avis du gouvernement. Celui-ci prévoit que le tir de défense soit présumé légitime en cas d’attaque imminente ou d’intrusion manifeste d’un loup, sans nécessité d’autorisation préalable ni de récépissé administratif, sous réserve d’une constatation a posteriori des faits. Le gouvernement a défendu ces évolutions en mettant en avant l’augmentation continue des dommages liés à la prédation. Selon les données présentées dans l’hémicycle par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, 4 400 attaques ont été recensées en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, pour environ 12 500 animaux domestiques victimes. Plusieurs groupes parlementaires de gauche et écologistes ont contesté l’utilité de ces mesures, estimant qu’elles relèvent principalement d’un affichage politique et plaidant pour un renforcement des dispositifs de protection des troupeaux. Le gouvernement affirme pour sa part que ces ajustements visent à maintenir un équilibre entre la préservation du loup dans un état de conservation favorable et la protection des activités d’élevage dans les territoires ruraux.


La chasse de juin du brocard : gestion avant tout

La chasse d’été du chevreuil, qui débute traditionnellement en juin, répond avant tout à une logique de gestion raisonnée des populations. Bien loin de l’image d’une chasse opportuniste, elle s’inscrit dans un objectif précis : prélever en priorité les brocards déficients avant la période du rut. Ce tri sélectif permet d’écarter des individus présentant des anomalies morphologiques, des défauts de développement ou un état sanitaire dégradé, susceptibles de transmettre ces caractéristiques à la descendance. En intervenant en amont du rut, le chasseur participe ainsi activement à l’amélioration qualitative de la population. Cette période offre par ailleurs des conditions favorables à un tir maîtrisé : végétation encore relativement basse, animaux souvent calmes et prévisibles, et tirs réalisés à l’approche ou à l’affût. La précision prime alors sur la puissance, dans une pratique qui s’apparente davantage à un tir de gestion qu’à une action de chasse classique. Le choix du calibre et des munitions doit donc répondre à un double impératif : efficacité létale rapide et respect de la venaison. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre puissance suffisante et limitation des dégâts, dans le respect de l’éthique cynégétique. Pour le choix du calibre, nous nous limiterons ici à des calibres courants, dont les munitions sont facilement disponibles. Le chevreuil étant un animal léger, il ne nécessite pas de calibres surpuissants. En revanche, les projectiles trop légers, très rapides, restent sensibles au vent et aux obstacles (végétation), ce qui peut nuire à la précision...

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Les chemins, maillons essentiels de la ruralité

Les chemins ruraux font partie de ces éléments du paysage que l’on remarque à peine… jusqu’au jour où ils disparaissent. Pourtant, ils constituent un maillon essentiel de la ruralité française. Hérités d’anciens tracés agricoles, forestiers ou communaux, ces voies permettent depuis des siècles de relier villages, parcelles, bois et pâtures tout en offrant au public un accès privilégié à la nature. Selon plusieurs estimations, près de 250 000 kilomètres de chemins auraient disparu en France depuis les années 1950, absorbés par l’urbanisation, les remembrements agricoles ou simplement abandonnés faute d’entretien. Une disparition silencieuse qui soulève aujourd’hui des enjeux à la fois environnementaux, patrimoniaux et sociaux. Il convient tout d’abord de distinguer les différents types de voies rurales. Les chemins ruraux appartiennent au domaine privé des communes, contrairement aux voies communales qui relèvent du domaine public routier. Le Code rural précise, dans son article L.161-1, qu’un chemin rural est un chemin appartenant à la commune, affecté à l’usage du public et qui n’est pas classé comme voie communale. Ils sont donc affectés à l’usage du public sans pour autant bénéficier du même régime juridique qu’une route classique. À côté de ces chemins, existent également les chemins d’exploitation ou chemins d’associations foncières, généralement réservés à la desserte des parcelles agricoles et appartenant aux propriétaires riverains ou à des structures foncières spécifiques. Cette distinction est essentielle car elle conditionne les droits de circulation, les obligations d’entretien et les responsabilités en cas de litige. Les chemins ruraux restent en principe ouverts à tous : promeneurs, randonneurs, cavaliers, cyclistes ou chasseurs peuvent les emprunter librement, sauf arrêté municipal motivé. En revanche, le passage sur des chemins privés repose souvent sur une simple tolérance du propriétaire, qui peut être retirée à tout moment. C’est là que naissent de nombreux conflits de terrain. Certains chemins historiquement utilisés par le public se retrouvent labourés, clôturés ou intégrés à des exploitations agricoles. Dans plusieurs régions, des associations se mobilisent désormais pour défendre ce patrimoine rural et obtenir la réouverture de voies oubliées. Car au-delà de leur fonction de circulation, ces chemins jouent aussi un rôle écologique majeur : véritables corridors naturels, ils favorisent le déplacement de la faune, préservent des haies, des talus et des zones refuges pour la biodiversité...

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Dégâts de gibier : Xavier Bertrand ouvre le débat du « qui doit payer ? »

Le dossier explosif des dégâts de grand gibier vient de franchir un nouveau cap politique. En prenant publiquement position sur les réseaux sociaux, lundi 25 mai, Xavier Bertrand a repris presque mot pour mot les arguments défendus depuis plusieurs mois par la Fédération nationale des chasseurs : les chasseurs ne peuvent plus être tenus financièrement responsables dans des territoires où ils ne sont plus autorisés à réguler les populations animales. Une sortie qui résonne comme un avertissement adressé à l’État, mais aussi aux collectivités, associations et propriétaires qui contribuent à multiplier les zones interdites à la chasse. Car derrière l’augmentation continue des indemnisations agricoles se cache une réalité de terrain de plus en plus dénoncée par les fédérations départementales : sangliers et cervidés prolifèrent précisément dans les espaces sanctuarisés, où toute régulation devient impossible ou extrêmement limitée. Emprises ferroviaires, autoroutières, zones industrielles, plateformes logistiques, réserves naturelles, friches sécurisées ou secteurs périurbains forment désormais un maillage considérable de refuges pour le grand gibier. À cela s’ajoutent les territoires où la chasse peut être bloquée par opposition idéologique, refus de céder les droits de chasse ou multiplication des contraintes administratives et contentieuses. Résultat : les animaux circulent depuis ces sanctuaires vers les cultures voisines, tandis que les chasseurs continuent d’assumer, presque seuls, le coût des dégâts. Pour Xavier Bertrand, cette situation atteint aujourd’hui ses limites. Son intervention marque un tournant car elle pose ouvertement une question longtemps évitée par le monde politique : peut-on interdire la chasse tout en faisant payer les chasseurs ? Derrière cette interrogation se profile un débat financier majeur. Le système français d’indemnisation repose historiquement sur un principe simple : les chasseurs régulent le gibier et indemnisent les dégâts causés aux cultures. Mais ce modèle suppose qu’ils disposent réellement des moyens d’agir. Or, dans de nombreux territoires, les chasseurs expliquent qu’ils deviennent juridiquement responsables d’animaux qu’ils ne peuvent plus prélever efficacement...

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Montagne : les élus obtiennent une reconnaissance renforcée de leurs spécificités

Les territoires de montagne viennent de franchir une étape politique importante. L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine », portée par l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) et soutenue par 122 députés issus de plusieurs groupes politiques. Un texte que ses promoteurs présentent comme une nouvelle pierre fondatrice après la loi Montagne de 1985 et sa modernisation en 2016. À l’origine de cette initiative figurent notamment Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, et Xavier Roseren, député de Haute-Savoie. Tous défendent une même idée : reconnaître officiellement le droit à la différenciation territoriale pour des zones confrontées à des contraintes géographiques, climatiques et démographiques particulières. Le texte adopté s’articule autour de onze mesures destinées à adapter les politiques publiques aux réalités de la montagne. L’éducation figure parmi les priorités avec une volonté d’assouplir la carte scolaire afin de tenir compte de l’isolement de certaines communes. En matière de santé, les élus souhaitent garantir un accès plus rapide aux soins d’urgence dans les vallées et zones enclavées. La gouvernance locale est également concernée avec la création de commissions spécifiques « montagne » dans certaines intercommunalités. Les parlementaires entendent ainsi mieux intégrer les enjeux propres aux massifs dans les décisions locales. La question de l’eau occupe aussi une place centrale. Le texte encourage une gestion multiusage de la ressource et le développement de capacités de stockage adaptées aux besoins agricoles, touristiques et environnementaux. Dans le même esprit, les infrastructures de recharge pour véhicules électriques devraient être accélérées afin de favoriser une mobilité décarbonée dans les stations et vallées.


L’Albanie rejoint officiellement le CIC et veut reconstruire une chasse durable

L’Albanie vient de franchir une étape importante dans sa politique de gestion de la faune sauvage. Le 22 mai 2026, à Tirana, le pays est officiellement devenu le 30e État membre du Conseil international pour la conservation du gibier et de la faune sauvage (CIC), rejoignant ainsi un réseau mondial rassemblant États, scientifiques, fédérations cynégétiques et organisations de conservation. L’adhésion a été signée lors d’une table ronde de haut niveau organisée par la Fédération albanaise de la chasse et de la conservation et le ministère de l’Environnement. Plusieurs représentants européens y participaient, parmi lesquels Srecko Žerjav, vice-président de FACE et président de la Fédération des chasseurs de Slovénie, ainsi que Jaroslaw Kuczaj, représentant permanent de l’Association polonaise de chasse auprès de FACE. Cette adhésion intervient dans un contexte particulier pour l’Albanie. Le pays avait instauré un moratoire national sur la chasse pendant plusieurs années afin de lutter contre le braconnage et l’effondrement de certaines populations animales. Les autorités souhaitent désormais reconstruire un modèle cynégétique moderne, mieux encadré et davantage tourné vers la conservation. Le ministre albanais de l’Environnement, Sofjan Jaupaj, a souligné que l’entrée au CIC offrirait au pays un accès direct à l’expertise internationale en matière de gestion durable de la faune, de suivi scientifique et de développement rural. Les échanges techniques ont notamment porté sur l’organisation des territoires de chasse, les systèmes de permis, la formation des gardes-chasse, le suivi sanitaire de la faune sauvage et la modernisation de la future législation. Les participants ont insisté sur le rôle central des associations locales de chasseurs, considérées comme des acteurs incontournables de terrain. Ils ont également mis en garde contre une privatisation excessive des droits de chasse qui pourrait marginaliser les communautés rurales traditionnellement impliquées dans la gestion des territoires. L’Albanie devra désormais aligner ses futures réformes sur plusieurs accords internationaux, dont l’AEWA et la Charte européenne de la chasse et de la biodiversité. Pour le CIC comme pour la FACE, cette adhésion marque le début d’une coopération durable destinée à renforcer la conservation de la faune sauvage dans les Balkans et à replacer la chasse dans un cadre transparent, scientifique et participatif.


Fontainebleau célèbre la ruralité : un grand week-end à ne pas manquer avec « Chasse, Pêche, Nature et Vénerie »

Les samedi 30 et dimanche 31 mai 2026, le Grand Parquet de Fontainebleau accueillera une nouvelle édition de « Chasse, Pêche, Nature et Vénerie », un rendez-vous devenu incontournable pour tous les amoureux des traditions rurales, de la nature et du patrimoine français. Pendant deux jours, au cœur du cadre majestueux de la forêt de Fontainebleau, passionnés, familles, cavaliers, veneurs, pêcheurs et simples curieux pourront partager un moment unique placé sous le signe de la convivialité et de la transmission. Bien plus qu’un salon, cette manifestation est une véritable immersion dans l’univers de la ruralité française, entre savoir-faire, culture et respect de la nature. Les visiteurs pourront découvrir les traditions de la vénerie dans toute leur richesse : présentation d’équipages de chasse à courre, démonstrations équestres, meutes de chiens, trompes de chasse, artisanat et rencontres avec les acteurs du monde rural. Une occasion rare de mieux comprendre un univers souvent méconnu, profondément ancré dans l’histoire française. Parmi les temps forts du week-end figure le prestigieux Championnat de France du Cheval de Chasse et du cavalier-veneur. Chaque année, près d’une centaine de couples cheval-cavalier s’affrontent dans des épreuves spectaculaires inspirées de la chasse à courre. Élégance, maîtrise et complicité seront une nouvelle fois au rendez-vous sur les pistes du Grand Parquet. Le samedi matin, l’Assemblée générale de la Société de Vénerie et du Club du Chien d’Ordre réunira également de nombreuses personnalités du monde cynégétique et politique. Les amateurs pourront ensuite assister aux concours de trompes de chasse, moment emblématique où les sonneurs feront résonner les fanfares dans l’atmosphère unique de Fontainebleau. Le samedi soir, place à la fête avec le grand dîner de la vénerie et un spectacle exceptionnel proposé par Santi Serra, célèbre pour ses performances mêlant chevaux, liberté et dressage. Tout au long du week-end, animations, stands, rencontres et démonstrations permettront au public de découvrir toutes les facettes de la chasse, de la pêche et des traditions rurales dans une ambiance chaleureuse et familiale. Ouverture : samedi de 9 h à 21 h 30 et dimanche de 9 h à 17 h 30. Renseignements : 06 81 22 23 00 ou 06 07 42 27 46.


Élisabeth Claverie de Saint Martin nommée directrice générale de l’Anses

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) change de gouvernance. Par décret du 15 mai 2026, Élisabeth Claverie de Saint Martin a été officiellement nommée directrice générale de l’établissement public. Elle a pris ses fonctions le 18 mai, succédant à une période marquée par la multiplication des crises sanitaires, environnementales et agricoles. Ancienne présidente-directrice générale du Cirad depuis 2021, Élisabeth Claverie de Saint Martin possède un parcours particulièrement dense à l’interface entre recherche, diplomatie et action publique internationale. Normalienne, agrégée d’économie et ancienne élève de l’École nationale d’administration (ENA), elle débute sa carrière dans l’enseignement supérieur et la recherche avant d’intégrer la haute fonction publique au début des années 1990. Au fil de son parcours, elle occupe plusieurs postes stratégiques au sein des ministères économiques et financiers, mais aussi dans les institutions internationales. Elle travaille notamment auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur des questions de développement, d’économie agricole et de politiques publiques. Sa carrière diplomatique la conduit également dans plusieurs représentations françaises à Bruxelles, Varsovie et Madrid, où elle développe une solide expertise des négociations européennes et internationales. Depuis 2021, elle dirigeait le Cirad, organisme français de recherche agronomique spécialisé dans les régions tropicales et méditerranéennes, présent dans plus de 60 pays. Sous sa direction, l’établissement a renforcé ses travaux sur la sécurité alimentaire, la santé animale, le changement climatique, la biodiversité et les transitions agricoles. Sa nomination à la tête de l’Anses s’inscrit pleinement dans l’approche dite « One Health », qui considère les liens étroits entre santé humaine, santé animale et environnement. L’agence souligne que son expérience scientifique et internationale constitue un atout majeur dans un contexte où les enjeux sanitaires deviennent de plus en plus globaux. Lors de son audition parlementaire, Élisabeth Claverie de Saint Martin a insisté sur la nécessité de préserver une expertise scientifique indépendante capable d’éclairer les décisions publiques dans des débats souvent sensibles. Elle a également affiché sa volonté de renforcer le rayonnement scientifique international de l’Anses tout en consolidant son rôle d’appui aux politiques publiques françaises et européennes.


Ces moustiques qui empoisonnent la vie...

Avec le retour des beaux jours, la France métropolitaine est entrée depuis le 1er mai en période de surveillance renforcée des arboviroses, qui se poursuivra jusqu’au 30 novembre. Dengue, chikungunya ou encore virus West Nile représentent désormais une menace sanitaire bien réelle. En 2025, la France a enregistré un nombre inédit de cas autochtones, notamment plus de 800 cas de chikungunya et plusieurs dizaines de cas de dengue. Le virus West Nile continue également sa progression avec 62 cas humains recensés dans six régions françaises, dont certaines touchées pour la première fois. Cette augmentation s’explique notamment par la prolifération du moustique tigre, aujourd’hui implanté dans 83 départements métropolitains. Les conditions climatiques plus chaudes et plus humides favorisent son développement et prolongent sa période d’activité. Tous les moustiques ne transmettent pas les mêmes maladies. Le moustique tigre (Aedes albopictus), actif surtout en journée, est le principal vecteur de la dengue et du chikungunya. Pour limiter sa présence, il est essentiel de supprimer toutes les eaux stagnantes autour des habitations : coupelles, gouttières, pneus, récupérateurs d’eau ou seaux oubliés. Le port de vêtements longs et l’utilisation de répulsifs adaptés restent fortement recommandés. Le virus West Nile est, quant à lui, transmis principalement par les moustiques du genre Culex, très actifs au crépuscule et la nuit. Ils se développent davantage dans les zones humides, proches des marais, étangs ou cours d’eau. Les chevaux peuvent être touchés par cette maladie. Dans les écuries, il est conseillé d’installer des moustiquaires, de limiter les points d’eau stagnante et, lorsque cela est possible, de rentrer les animaux à la tombée de la nuit. Les voyageurs revenant de zones tropicales jouent également un rôle important dans l’introduction des virus en métropole. En cas de fièvre, douleurs articulaires ou fatigue après un voyage, il est important de consulter rapidement un médecin afin d’éviter toute transmission locale. La prévention reste aujourd’hui l’arme la plus efficace. Chacun peut agir à son niveau pour limiter la prolifération des moustiques et réduire les risques sanitaires. Une vigilance collective, associée à des gestes simples du quotidien, permettra de mieux protéger les populations face à ces maladies émergentes dont la progression semble désormais favorisée par le changement climatique.


Peste porcine africaine : l’Europe replonge dans la crise sanitaire

La peste porcine africaine (PPA) connaît une nouvelle flambée inquiétante en Europe. Selon le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le nombre de foyers a fortement progressé en 2025, aussi bien chez les porcs domestiques que chez les sangliers sauvages. Au total, 585 foyers ont été recensés dans les élevages européens, soit une hausse de 76 % par rapport à 2024. La Roumanie concentre à elle seule plus de 80 % des cas signalés dans l’Union européenne. La majorité des contaminations touche de petites exploitations de moins de 100 animaux, mais plusieurs élevages industriels de plus de 10 000 porcs ont également été atteints, notamment en Roumanie, en Estonie, en Lettonie et en Slovaquie. Chez les sangliers, la situation est encore plus préoccupante. Plus de 11 000 foyers ont été enregistrés en 2025, un niveau inédit depuis 2021. La Pologne et l’Allemagne regroupent près de la moitié des cas européens. Fait marquant, l’Espagne a détecté de nouveaux foyers en Catalogne, une première depuis l’éradication officielle de la maladie en 1995. Les analyses génétiques n’ont pas permis d’identifier précisément l’origine de cette réapparition, ce qui alimente les inquiétudes des autorités sanitaires. Pour tenter de contenir l’épizootie, l’Union européenne a considérablement renforcé sa surveillance. Plus de 518 000 échantillons ont été analysés chez les porcs domestiques et 618 000 chez les sangliers. La surveillance dite « passive », basée sur l’analyse d’animaux morts ou présentant des symptômes suspects, s’est révélée particulièrement efficace, permettant de détecter l’essentiel des foyers. La maladie conserve par ailleurs une forte saisonnalité. Les élevages sont davantage touchés durant l’été, tandis que les cas chez les sangliers explosent surtout en hiver. Plusieurs pays, comme la Tchéquie et certaines régions du sud de l’Italie, ont toutefois obtenu des résultats encourageants grâce à des campagnes intensives de régulation et de surveillance des populations de sangliers. Très contagieuse mais sans danger pour l’homme, la peste porcine africaine provoque des pertes économiques considérables pour la filière porcine européenne. L’extension continue de la maladie chez le sanglier sauvage demeure aujourd’hui le principal défi sanitaire pour les États membres.