Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

Pour se procurer ce Traité de technique usuelle et Exercices pratiques : c'est ICI 

« Attention, on marche sur des œufs... »

Lancée le 2 avril 2026, l’opération nationale « Attention, on marche sur des œufs ! » revient pour une 7e édition sur l’ensemble du littoral français, en métropole comme en outre-mer. Portée notamment par le Conservatoire du littoral, l’Office français de la biodiversité et l’Office national des forêts, cette campagne vise à protéger les espèces qui se reproduisent sur les plages, dunes et hauts de rivage. Chaque printemps, ces milieux accueillent la nidification de nombreuses espèces sensibles : 19 espèces d’oiseaux et une tortue marine en métropole, auxquelles s’ajoutent 14 espèces d’oiseaux et 4 tortues en outre-mer. Invisibles ou presque, leurs œufs et leurs poussins sont particulièrement vulnérables aux dérangements humains. L’opération repose sur trois axes : protection des nids, mobilisation des acteurs locaux et sensibilisation du public. Sur le terrain, bénévoles et gestionnaires identifient les zones de ponte, installent des balisages ou des enclos et échangent avec les usagers. En 2025, plusieurs centaines de nids ont ainsi été protégés, permettant des succès de reproduction encourageants, notamment pour le gravelot à collier interrompu. Mais les menaces persistent : piétinement, chiens non tenus en laisse, véhicules ou nettoyage inadapté des plages. L’enjeu est donc de rappeler que le littoral est un écosystème vivant. Un geste simple, rester sur les sentiers, éviter certaines zones, peut suffire à préserver une génération entière d’espèces protégées.


837 millions d’€ pour le fonds vert 2026

Le Fonds vert est reconduit en 2026 avec une enveloppe de 837 millions d’euros, confirmant son rôle majeur dans le financement de la transition écologique des territoires. Destiné à accompagner les collectivités locales, notamment après les élections municipales, il vise à soutenir les élus et leurs partenaires dans la conception et la mise en œuvre de projets concrets en faveur de l’environnement. Les demandes d’aide peuvent désormais être déposées via la plateforme « Aides-territoires », simplifiant ainsi l’accès aux financements. Depuis sa création il y a trois ans, ce dispositif a déjà permis de financer plus de 25 000 projets portés par plus de 13 000 acteurs locaux, dont une large majorité de communes en métropole et en outre-mer. Au total, 4,5 milliards d’euros de subventions ont été engagés par l’État, illustrant l’ampleur de ce soutien. Le Fonds vert s’impose ainsi comme un levier essentiel pour répondre aux grands enjeux environnementaux et d’aménagement durable. Trois axes principaux structurent son action : l’adaptation au changement climatique (prévention des inondations, feux de forêt, renaturation), l’électrification des usages (rénovation énergétique des bâtiments publics, développement des mobilités durables) et l’amélioration du cadre de vie (qualité de l’air, recyclage foncier, mobilités rurales). Pour 2026, une priorité forte est donnée à l’adaptation au changement climatique, en particulier à la prévention des inondations. Les moyens alloués à cet objectif sont fortement renforcés. Une nouvelle mesure est également introduite pour soutenir la biodiversité, en finançant notamment des atlas communaux et des actions de restauration de la nature. Par ailleurs, certaines mesures sont réorientées, notamment celles liées à la qualité de l’air et aux mobilités durables dans les zones rurales. Le Fonds vert reste aussi un outil privilégié pour financer les projets inscrits dans les stratégies locales de planification écologique. Sa gestion déconcentrée, confiée aux préfets de région, permet d’adapter les financements aux besoins spécifiques de chaque territoire, tout en offrant un dispositif simple et accessible, sans appel à projets formel.


La semaine en bref...

- Ardèche : le président du département, Olivier Amrane (LR), a récemment appelé à la suppression de l’OFB, dénonçant des contrôles qu’il juge excessifs et déconnectés des réalités locales. Dans un communiqué offensif, il estime que « la situation devient intenable » pour les élus, les agents territoriaux et les agriculteurs. Il s’appuie notamment sur plusieurs exemples récents : un maire mis en cause pour avoir salé des routes afin d’assurer la sécurité de ses administrés, ou encore des agents départementaux inquiétés après des opérations de débroussaillement pourtant jugées nécessaires. Pour Olivier Amrane, ces situations illustrent un « excès de zèle administratif » et même une forme de « harcèlement » institutionnel à l’encontre d’acteurs de terrain. Selon lui, des réglementations trop rigides finissent par décourager ceux qui œuvrent au quotidien pour l’entretien et la sécurité des territoires. Il dénonce une pression croissante, vécue parfois comme une humiliation, et appelle à revoir en profondeur le rôle de l’OFB, voire à le supprimer. Si cette position reste clivante, elle commence néanmoins à trouver un écho chez certains élus locaux et acteurs ruraux. L’idée, encore marginale il y a peu, semble désormais faire son chemin dans le débat public.

 

- Corse : pour sa quatrième édition, Caccia d’Oru innove en quittant L’Île-Rousse pour s’installer à Corte, au cœur de la Corse, à l’Espace Chabrières, facilement accessible avec un parking gratuit pour les visiteurs. Devenu un rendez-vous incontournable, l’événement séduit autant les passionnés de chasse que les curieux et les familles, grâce à une ambiance conviviale et des échanges riches autour des pratiques cynégétiques insulaires. Le programme 2026 s’annonce dense, avec près de 50 exposants, des démonstrations de chiens d’arrêt et des recherches de gibier blessé encadrées par l’UNUCR (Union Nationale des Utilisateurs de Chiens de Rouge). Le salon mettra également à l’honneur la gastronomie, avec des démonstrations culinaires réalisées par des chefs. Sont aussi annoncées la présence de l’École d’armurerie de Liège et une exposition de véhicules spécialisés (quads, 4x4). Côté animations, les visiteurs pourront s’initier au tir à l’arc, au ball-trap laser ou encore au tir sportif. Une démarche écoresponsable sera mise en place avec le ramassage des douilles. Un espace restauration, des animations pour enfants et un concert live le samedi soir complètent l’événement.

 

- Côte d’Or : à Fain-lès-Montbard, sept daims ont été tués le jeudi 9 avril 2026 sur une propriété privée. Le propriétaire des animaux a alerté les autorités après avoir découvert plusieurs carcasses autour d’un plan d’eau situé près de son habitation. Sur place, les gendarmes, accompagnés d’un agent de l’OFB et d’un lieutenant de louveterie, ont identifié l’animal en cause. Il s’agissait en réalité d’un grand chien en divagation, décrit comme un croisement entre un husky et un chien-loup tchèque. L’animal, retrouvé à proximité des daims morts, a été capturé sans difficulté. Les constatations ont permis d’établir qu’il était responsable de la mort de plusieurs bêtes, majoritairement égorgées. Un appel à témoins diffusé par la commune a permis de retrouver rapidement son propriétaire. Aucun élément ne confirme la présence d’un loup dans ce secteur. Les faits relèvent d’un cas de divagation animale ayant entraîné des pertes importantes pour le propriétaire concerné.

 

- Côtes d’Armor : la Cour d’appel de Rennes a confirmé la condamnation d’un propriétaire forestier des Côtes-d’Armor, pour avoir exploité un élevage clandestin de sangliers. L’homme écope d’une amende de 25 000 euros, dont 10 000 euros ferme, pour des faits remontant à plusieurs années. L’installation avait été découverte en mars 2022 par des agents de l’OFB, au cœur d’une propriété de 225 hectares. Un enclos de 3,6 hectares, grillagé et électrifié, abritait une trentaine de sangliers sans marquage ni traçabilité. Aucun dossier administratif ni autorisation n’avait été déposé. Lors de l’audience du 13 février 2026, le prévenu a maintenu sa défense, affirmant avoir conservé un dispositif existant avant l’achat du terrain, remontant selon lui à 1975. Il a également soutenu relâcher des animaux en compensation de ceux prélevés à la chasse. Ces arguments ont été rejetés par la cour, qui a confirmé la culpabilité pour détention illégale d’animaux sauvages, tout en prononçant une peine légèrement inférieure à celle infligée en première instance.

 

- Creuse : la Région Nouvelle-Aquitaine a confié à l’ONF la gestion de la forêt de l’île de Vassivière, en Limousin, avec l’objectif de concilier production forestière, préservation paysagère et valorisation artistique. Un plan d’aménagement sur quatorze ans (2026-2040) a ainsi été adopté, illustrant la logique de temps long propre à la gestion forestière. L’île, propriété régionale, abrite une forêt de 34 hectares façonnée par l’homme. Issue de plantations mêlant feuillus et résineux, elle a évolué au fil des décennies, notamment après la tempête de 1999, qui a conduit à renforcer la part des feuillus pour améliorer la résilience des peuplements face aux aléas climatiques. Mais la singularité du site tient aussi à sa dimension culturelle. L’île de Vassivière est un véritable musée à ciel ouvert, où plus de soixante œuvres de land art jalonnent les chemins. L’ONF doit donc intégrer cette contrainte dans sa gestion : préserver les perspectives, garantir l’accessibilité et éviter toute intervention qui nuirait à la mise en valeur des œuvres. Ce projet incarne une approche multifonctionnelle de la forêt, conciliant écologie, création artistique et accueil du public, dans un contexte de changement climatique qui impose d’adapter durablement les modes de gestion.

 

- Doubs : un jeune lynx a été découvert piégé dans les filets d’une pisciculture, à Cusance. Le gérant, d’abord surpris, pensait avoir affaire à un simple chat avant d’identifier l’animal sauvage. Par prudence, il a rapidement contacté un agent de l’Office français de la biodiversité pour signaler la situation. Des pompiers spécialisés, accompagnés d’un vétérinaire, sont intervenus rapidement. L’opération de dégagement a été menée en quelques minutes seulement. Toutefois, la jeune femelle lynx, estimée à une dizaine de kilos, était blessée. Lors de l’intervention, un pompier a également été légèrement touché, sans gravité, et pris en charge selon le protocole habituel. Les secours ont précisé que les blessures de l’animal n’étaient pas liées à l’intervention. Après sa capture, le lynx a été confié à un centre de soins, avec l’objectif, si son état le permet, d’être réintroduit dans son milieu naturel...

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Offre de stage : Politique agricole et biodiversité (Bruxelles)

La FACE (Fédération des Associations des Chasseurs Européens), basée à Bruxelles, recrute un stagiaire en politique agricole pour renforcer son équipe. Ce stage rémunéré s’inscrit dans une priorité stratégique : améliorer la biodiversité des terres agricoles et les conditions de vie du petit gibier en Europe. Dans un contexte de réforme de la politique agricole commune (PAC), la FACE souhaite développer des solutions concrètes et fondées sur des données scientifiques pour enrayer le déclin de la faune sauvage en milieu agricole. Le stagiaire participera activement à ce travail en contribuant au suivi des politiques européennes et à la préparation d’outils de plaidoyer. Ses missions incluront la collecte et l’analyse d’informations, la rédaction de notes et rapports, ainsi que l’appui aux échanges avec les membres et partenaires à travers l’Europe. Le poste s’adresse à un candidat intéressé par les politiques agricoles et environnementales, doté de solides capacités d’analyse et de rédaction. Une excellente maîtrise de l’anglais est requise. Le stage, d’une durée de six mois, renouvelable, est basé à Bruxelles avec possibilité de télétravail. Les candidatures sont attendues avant le 4 mai 2026. Principales responsabilités :

- soutenir le travail de la FACE sur la réforme de la politique agricole commune (PAC),

- collecte et analyse des informations pertinentes en matière de politiques, de sciences et de techniques,

- préparation de notes d'information, de rapports et de documents de plaidoyer,

- soutenir l'engagement des membres de la FACE et des principales parties prenantes à travers l'Europe

Candidature : envoyer votre CV et une lettre de motivation à la FACE


Le lapin de garenne face à la myxomatose : chronique d’une résilience évolutive

Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) est un mammifère lagomorphe originaire de la péninsule Ibérique, aujourd’hui largement répandu en Europe occidentale. Espèce sociale, il vit en colonies structurées au sein de terriers complexes appelés « garennes ». Son régime alimentaire est strictement herbivore, composé principalement de graminées, de jeunes pousses et de cultures agricoles, ce qui explique son impact potentiel sur les activités humaines. Dans les milieux méditerranéens comme ceux de l’est de Montpellier, le lapin de garenne trouve des conditions particulièrement favorables : sols meubles propices au creusement, climat doux et végétation abondante. Il constitue par ailleurs une espèce clé des écosystèmes, servant de proie à de nombreux prédateurs (renards, rapaces). Toutefois, en l’absence de régulation efficace, sa forte capacité de reproduction peut entraîner des phénomènes de prolifération rapide, comme observé actuellement dans plusieurs communes de l’Hérault. Ce fut précisément pour répondre à ce type de déséquilibre qu’intervenait, en 1952, une décision radicale : l’introduction volontaire de la myxomatose, dans un objectif de régulation biologique des populations de lapins, alors considérées comme nuisibles pour l’agriculture. Le virus, naturellement présent en Amérique du Sud, provoqua chez le lapin européen une maladie extrêmement virulente, caractérisée par des lésions cutanées, un affaiblissement général et une mortalité massive. L’impact fut immédiat : en quelques années, les populations de lapins s’effondrèrent sur l’ensemble du territoire. Cette chute spectaculaire modifia profondément les équilibres écologiques, affectant notamment les chaînes alimentaires. Cependant, dès les décennies suivantes, une reprise progressive des populations fut observée, suggérant une adaptation du système hôte-pathogène. Face au déclin du lapin, devenu également une espèce d’intérêt écologique et cynégétique, plusieurs stratégies de restauration ont été envisagées. Parmi elles, des tentatives innovantes de vaccination ont été menées dans les années 1980-1990. L’une des plus originales reposait sur l’utilisation de la puce du lapin comme vecteur de vaccination. Ces puces étaient mises en contact avec des souches atténuées du virus de la myxomatose, puis relâchées dans les terriers afin d’immuniser indirectement les populations sauvages. Cette méthode visait à reproduire un processus naturel de contamination, mais avec un agent pathogène affaibli. Malgré son caractère novateur, cette approche s’est révélée difficile à maîtriser en conditions naturelles. Les résultats sont restés limités et localisés, sans impact démontré à grande échelle. Ces expérimentations n’ont donc pas profondément modifié la dynamique globale des populations de lapins...

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Éduquer un chien de pied : poser les bases dès le plus jeune âge

Former un chien de pied, ou limier, est une entreprise exigeante qui repose avant tout sur une éducation fine et progressive. Si de nombreux chasseurs préfèrent utiliser un chien déjà expérimenté, d’autres font le choix ambitieux de former un chiot dès ses premières semaines. Ce pari peut s’avérer extrêmement gratifiant : un jeune chien bien formé deviendra un partenaire fidèle, durable et passionné, capable de procurer autant de plaisir à son maître qu’il en éprouve lui-même à travailler. Tout commence très tôt, dès l’arrivée du chiot au foyer, généralement autour de la huitième semaine, au moment du sevrage. À cet âge, il a déjà acquis auprès de sa mère les premiers codes sociaux, qu’il convient de renforcer avec cohérence et bienveillance. Cette période est déterminante pour son équilibre futur : un sevrage mal conduit peut engendrer des troubles comportementaux persistants. L’apprentissage doit donc se faire dans un cadre rassurant, où le jeu tient une place centrale. En effet, le chiot apprend bien mieux dans un contexte ludique, sans contrainte apparente. De courtes séances quotidiennes, de quelques minutes seulement, suffisent pour poser les bases. L’objectif est d’intégrer les premiers ordres, comme le rappel ou le « au pied », sans rigidité, en s’appuyant sur la motivation naturelle du chiot. L’utilisation d’une friandise ou d’un jouet permet de créer une association positive : le chiot vient spontanément, reçoit sa récompense, et associe l’ordre à une expérience agréable. Progressivement, les récompenses deviennent moins systématiques, mais toujours valorisantes. Ce travail en douceur permet d’ancrer des réflexes durables. En quelques semaines, le chiot devient un jeune chien attentif, capable de suivre son maître et prêt à franchir une nouvelle étape : celle de la découverte du terrain et de l’apprentissage spécifique au travail de limier...

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Le choc des visions écologistes : laisser faire ou intervenir ?

L’écologie contemporaine est traversée par une fracture profonde, souvent invisible mais déterminante : celle qui oppose une vision protectionniste du vivant à une approche gestionnaire. La première repose sur un principe simple en apparence : la nature possède ses propres équilibres, et l’intervention humaine, historiquement destructrice, doit désormais se faire la plus discrète possible. Dans cette logique, protéger revient à sanctuariser, à laisser les écosystèmes évoluer librement, quitte à accepter des déséquilibres temporaires. Les tenants de cette approche considèrent que toute action humaine, y compris la chasse, prolonge une domination sur le vivant devenue incompatible avec les enjeux contemporains de biodiversité. La disparition de certaines espèces, le retour des prédateurs ou encore les fluctuations naturelles des populations sont perçus comme des dynamiques à accepter plutôt qu’à corriger. À l’inverse, l’écologie gestionnaire part d’un constat radicalement différent : les milieux naturels européens sont profondément anthropisés, façonnés depuis des siècles par l’agriculture, la sylviculture et l’aménagement du territoire. Dans ce contexte, prétendre « laisser faire la nature » serait une illusion, car les équilibres d’origine ont déjà été bouleversés. Pour ses défenseurs, l’intervention humaine devient non seulement légitime, mais nécessaire pour maintenir des équilibres fonctionnels. La chasse s’inscrit alors comme un outil parmi d’autres, au même titre que la restauration des habitats ou la gestion des espèces. Ce clivage dépasse la simple question cynégétique : il interroge notre rapport fondamental au vivant. Sommes-nous des observateurs extérieurs, appelés à nous effacer, ou des acteurs responsables, contraints d’assumer les conséquences de notre empreinte ? C’est derrière cette opposition que se joue, en réalité, une divergence philosophique majeure sur la place de l’humain dans la nature...

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Directive Oiseaux : Bruxelles rebat les cartes...

Face à la multiplication des contentieux liés à la protection des oiseaux sauvages dans l’Union européenne, la Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices visant une « application pragmatique » de la Directive Oiseaux. Ce texte, pilier de la politique européenne de biodiversité depuis 1979, impose aux États membres de protéger l’ensemble des espèces d’oiseaux sauvages présentes sur leur territoire. L’objectif de cette clarification est double : intégrer la jurisprudence récente de la Cour de justice de l'Union européenne, tout en réduisant les contraintes administratives pesant sur des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou les transports. En effet, de nombreux projets d’infrastructures (éoliennes, lignes électriques, aménagements agricoles) ont été ralentis ou contestés en raison d’un manque de lisibilité dans l’application des règles. Les lignes directrices rappellent que l’article 5 de la directive instaure une protection générale, permanente et étendue à toutes les espèces, qu’elles soient menacées ou non, et sur l’ensemble du territoire européen, y compris hors zones protégées. Elles insistent également sur l’obligation pour les États d’assurer une mise en œuvre effective sur le terrain, un point souvent critiqué par les ONG environnementales. Un apport majeur concerne la notion d’acte « délibéré ». Désormais, une action est considérée comme telle non seulement si elle est intentionnelle, mais aussi si son auteur est conscient des risques qu’elle fait peser sur les oiseaux ou leurs habitats. Cette interprétation, issue de la jurisprudence, renforce la responsabilité des porteurs de projets. Cependant, la Commission met aussi l’accent sur la prévention. Elle encourage le recours à des mesures d’évitement en amont (modification des tracés, adaptation des périodes de travaux, dispositifs anti-collision). Si ces mesures sont jugées efficaces, les impacts résiduels peuvent être considérés comme non intentionnels, ce qui limite le recours aux dérogations et simplifie les procédures administratives. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de concilier protection de la biodiversité et développement économique, notamment dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe. Le document aborde également deux espèces en forte expansion : l’oie bernache et le grand cormoran. Leur croissance démographique, favorisée par les politiques de protection, génère des tensions avec les agriculteurs et les pêcheurs, notamment en Europe du Nord et de l’Ouest. La Commission propose donc des pistes de gestion plus souples, tout en maintenant les objectifs de conservation. Sans modifier le droit existant, ces lignes directrices marquent une évolution importante : elles visent à sécuriser juridiquement les acteurs économiques tout en garantissant un haut niveau de protection des oiseaux sauvages, dans un contexte où la biodiversité européenne continue de se dégrader.


Ruralité et environnement : eau, faune et risques naturels au cœur des préoccupations des Français en 2025

En 2025, les préoccupations environnementales des Français liées aux territoires ruraux se concentrent principalement sur l’eau, la biodiversité et les risques naturels. La pollution des milieux aquatiques s’impose désormais comme un sujet majeur, en forte progression ces dernières années. Rivières, nappes phréatiques et lacs sont perçus comme particulièrement exposés, notamment en raison de polluants émergents. Cette inquiétude est particulièrement marquée chez les populations vivant hors des grandes agglomérations, plus directement confrontées à ces enjeux. La question de la biodiversité, bien que rarement citée en priorité, reste importante. La disparition d’espèces animales et végétales est régulièrement mentionnée en second choix, notamment par les jeunes générations. En milieu rural, ce sujet est davantage ressenti, en lien avec l’évolution des paysages, des forêts et des milieux naturels. Les risques naturels constituent également une préoccupation significative dans les zones rurales. Les habitants y expriment plus fréquemment des inquiétudes liées aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses, les inondations ou les épisodes de chaleur. Ces événements, souvent perçus comme les conséquences concrètes du changement climatique, affectent directement les activités agricoles, les ressources en eau et les écosystèmes forestiers. Le sentiment d’une dégradation de la nature reste présent, particulièrement en milieu rural, où près de la moitié des habitants estiment que l’état de l’environnement s’est détérioré ces dernières années. Toutefois, cette perception tend légèrement à diminuer. Les attentes des Français en matière d’action publique reflètent ces préoccupations. La lutte contre la pollution de l’eau apparaît comme une priorité, devant même certaines politiques climatiques. La préservation des espèces et la prévention des risques naturels figurent également parmi les actions jugées essentielles. Enfin, les habitants des zones rurales expriment un besoin accru d’informations sur les impacts environnementaux, notamment en matière de santé et de pollution. Ils attendent des réponses concrètes face aux enjeux qui touchent directement leur cadre de vie, entre ressources naturelles, faune sauvage et équilibre des écosystèmes.


Plomb dans les munitions : derniers développements

Le comité REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals) de l’Union européenne, rattaché au règlement européen sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et la restriction des substances chimiques, doit se réunir à nouveau dans les prochaines semaines afin d’examiner l’évolution de la proposition visant à limiter l’usage du plomb dans les munitions. Lors de la précédente réunion, un point important a été acté : les balles ont été retirées du champ d’application du projet. Ainsi, la proposition actuelle se concentre désormais uniquement sur les munitions au plomb, en particulier celles utilisées pour la chasse et le tir sportif. Cette évolution marque une inflexion notable du texte initial, qui était plus large. Le compte rendu des discussions montre toutefois que plusieurs États membres de l’Union européenne continuent d’exprimer des réserves, notamment concernant le calendrier de mise en œuvre de cette restriction. Les débats ont également porté sur la durée de la période transitoire, jugée cruciale pour permettre aux acteurs concernés de s’adapter. Une prolongation de cette période, actuellement envisagée à trois ans, pourrait être étendue à cinq ans pour certaines cartouches utilisées à la chasse. Cette demande reflète des préoccupations concrètes liées aux impacts économiques, aux capacités industrielles de substitution et aux contraintes logistiques. Dans ce contexte, la Commission européenne devrait intégrer les remarques formulées par les États membres et pourrait soumettre une version révisée du texte dans les mois à venir, avant un éventuel vote. De son côté, la Fédération des associations pour la chasse et la conservation de la faune sauvage de l’Union européenne (FACE) suit de près ce dossier stratégique. Celui-ci revêt une importance majeure pour environ 7 millions de chasseurs européens ainsi que pour l’ensemble des filières liées à la chasse et au tir, directement concernées par ces évolutions réglementaires.


Campagne vidéo de la FNC : beaucoup d’images, peu d’impact, et... toujours les mêmes questions

Une fois de plus, la campagne de communication de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) s’est achevée dans une relative indifférence. Diffusée du 15 mars au 5 avril 2026, cette sixième offensive médiatique, portée par trois spots TV et un dispositif digital conséquent, n’a guère marqué les esprits. Et pour cause : elles se suivent et se ressemblent, au point que nombre de chasseurs eux-mêmes s’interrogent désormais sur leur utilité réelle. Le concept est pourtant bien rodé. Montrer un quotidien urbain contraint, presque subi (embouteillages, écrans, anxiété...), puis proposer la chasse comme échappatoire, comme retour à l’essentiel. Le message est clair, simple, presque trop. Car à force de simplification, il en devient caricatural. Qui, aujourd’hui, peut sérieusement croire qu’un spot de 20 secondes suffira à faire basculer un non-chasseur vers la pratique ? La promesse affichée : « Qui va à la chasse… trouve sa place », se veut inclusive, moderne, ouverte. Mais elle sonne creux à force d’être répétée sans évolution notable du discours. Les déclinaisons ciblant jeunes, femmes ou quadragénaires relèvent davantage d’un habillage marketing que d’une réelle réflexion sur les attentes profondes de ces publics. Là encore, l’intention est louable, mais l’exécution manque de substance. Quant au choix de la chanson de Michel Delpech, il joue sur la corde nostalgique, mais interroge : faut-il vraiment regarder en arrière pour tenter de séduire de nouveaux pratiquants ? Cette esthétique du « retour aux sources » parle avant tout à ceux qui sont déjà convaincus. Plus troublant encore : l’ampleur des moyens mobilisés. Plus de 1 400 diffusions TV, une présence massive sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs… pour quel résultat concret ? Où sont les indicateurs ? Combien de nouveaux chasseurs recrutés grâce à ces campagnes successives ? La question reste posée, et elle dérange. Car au fond, le problème est peut-être là. À vouloir « vendre » la chasse comme un produit de consommation, on en oublie sa complexité, ses exigences, son ancrage territorial. La chasse ne se résume pas à une parenthèse de liberté entre deux contraintes urbaines. Elle est engagement, apprentissage, responsabilité. À quoi servent donc ces campagnes, sinon à rassurer en interne et à donner l’illusion d’une dynamique ? À force de répéter les mêmes recettes, le risque est grand de parler dans le vide. Il serait peut-être temps de changer de regard, de discours… et surtout de stratégie.