Le courlis cendré (Numenius arquata), plus grand limicole nicheur d’Europe, connaît depuis plusieurs décennies un déclin marqué de ses effectifs, tant à l’échelle nationale qu’internationale. En France, l’espèce est classée « vulnérable », avec une population estimée entre 1 000 et 1 200 couples reproducteurs. Au-delà de la diminution des effectifs, les observations récentes mettent en évidence un succès reproducteur extrêmement faible, caractérisé par une forte proportion d’œufs non éclos et une mortalité précoce des poussins. Les causes de cette situation apparaissent multifactorielles, résultant de l’interaction entre pressions anthropiques, contraintes écologiques et modifications environnementales globales.
La perte et la dégradation des habitats de reproduction constituent un facteur majeur. Le courlis cendré niche préférentiellement dans les prairies humides, landes ouvertes et zones alluviales, milieux largement affectés par le drainage, la conversion agricole et la fragmentation paysagère. La réduction de ces habitats entraîne une diminution des sites favorables à la nidification et une concentration accrue des couples sur des espaces résiduels, augmentant la vulnérabilité des nids. L’intensification des pratiques agricoles joue également un rôle central. Les dates de fauche précoces, l’usage de matériel agricole lourd et l’homogénéisation des prairies conduisent à la destruction directe des nids ou à l’exposition des œufs et des poussins. Par ailleurs, la modification de la structure végétale et des sols peut altérer la disponibilité des ressources trophiques indispensables à l’élevage des jeunes. La prédation constitue un autre facteur déterminant de l’échec reproducteur. Espèce nichant au sol, le courlis cendré est particulièrement exposé à des prédateurs généralistes (renards, corvidés), dont les populations peuvent être favorisées par les paysages anthropisés. Dans certaines régions, la majorité des nids suivis sont détruits avant l’éclosion. À ces pressions s’ajoutent le dérangement humain (activités de loisirs, circulation) et les effets du changement climatique, susceptibles de désynchroniser la période de reproduction avec les conditions hydriques et alimentaires optimales. Des épisodes climatiques extrêmes peuvent également affecter directement la viabilité des œufs. Enfin, l’analyse en cours de coquilles et d’œufs non éclos vise à explorer d’éventuels facteurs physiologiques ou toxicologiques, tels que des déficiences nutritionnelles ou une contamination environnementale, susceptibles d’altérer le développement embryonnaire. La convergence de ces facteurs explique en grande partie l’effondrement du succès reproducteur observé. Elle souligne l’urgence de mesures intégrées de conservation, associant restauration des habitats, adaptation des pratiques agricoles, limitation du dérangement et poursuite des recherches scientifiques ciblées.
Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.
L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.
Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.
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Leur lente dégradation explique leur accumulation dans les sols, l’eau et les organismes vivants, avec des conséquences sanitaires et environnementales majeures. L’étude évalue les coûts liés à l’impact des Pfas sur la santé humaine ainsi qu’aux opérations de dépollution des sols et des ressources en eau. Quatre scénarios ont été modélisés selon le niveau d’action de l’Union européenne. Le coût total varierait ainsi de 330 milliards à 1 700 milliards d’€ d’ici à 2050. Le scénario le plus onéreux inclut une dépollution massive des sols et le traitement des eaux usées afin de respecter des normes environnementales strictes pour une vingtaine de Pfas. À l’inverse, l’estimation la plus basse correspond à une interdiction totale de leur production et de leur utilisation, sans traitement supplémentaire de l’eau potable ni des eaux usées. Le rapport alerte également sur les conséquences sanitaires : près d’un Européen sur six, soit environ 76,5 millions de personnes, pourrait être contaminé et développer une maladie liée à l’exposition aux Pfas en l’absence de mesures correctives. Ces substances sont notamment associées à une augmentation du cholestérol, à des risques accrus de cancers, ainsi qu’à des effets sur la fertilité et le développement des fœtus. Face à ces enjeux, la Commission européenne envisage d’interdire les Pfas dans les produits de consommation courante, tout en prévoyant des dérogations pour certains secteurs stratégiques. Toutefois, une proposition législative ne devrait pas voir le jour avant fin 2026, Bruxelles attendant deux avis clés de l’Agence européenne des produits chimiques sur les risques sanitaires et l’impact socio-économique d’une interdiction.
Au cœur du projet se trouve un mécanisme encore peu intégré aux modèles actuels : la thigmomorphogénèse, c’est-à-dire la capacité des arbres à modifier activement leur croissance en réponse aux sollicitations mécaniques. Contrairement à l’idée d’une croissance purement passive, les arbres perçoivent les oscillations induites par le vent et y répondent en adaptant leur architecture. « La croissance doit être envisagée comme un processus d’acclimatation », souligne Jana Dlouhá, responsable scientifique du projet. Sous l’effet répété des rafales, les cellules du tronc, des branches et des racines subissent de micro-déformations comparables à celles de muscles en mouvement. Ces signaux mécaniques déclenchent des ajustements : renforcement de la base et des racines, limitation de la croissance en hauteur, modification des propriétés du bois. L’arbre cherche ainsi un compromis entre l’accès à la lumière et la sécurité mécanique. Cet enjeu est crucial pour la gestion forestière. Le vent représente déjà plus de 40 % des pertes de biomasse forestière en Europe, et ce chiffre pourrait augmenter avec le changement climatique. Pourtant, la vulnérabilité mécanique des peuplements est encore évaluée à l’aide de modèles empiriques, notamment après des interventions sylvicoles comme les éclaircies. Or les ouvertures de canopée, liées aux coupes ou aux mortalités d’arbres, ont augmenté de 24 à 30 % depuis le début du 21e siècle, exposant temporairement les arbres restants à un risque accru. Wind-Sweep vise précisément à mieux comprendre et anticiper cette phase critique. En montrant que le vent n’est pas seulement un aléa destructeur mais aussi un architecte de la forme et de la résistance des arbres, Wind-Sweep ouvre la voie à une gestion forestière plus fine, capable d’intégrer les forces naturelles plutôt que de les subir.
l’Ardèche, le Tarn, les Pyrénées-Orientales, la Vienne, la Meuse, la Corrèze, le Puy-de-Dôme, l’Aude, l’Ain, la Haute-Loire, la Creuse, le Cantal, la Haute-Garonne, l’Allier, la Haute-Marne, le Vaucluse, la Haute-Saône, l’Yonne, la Haute-Vienne, la Seine-Maritime, le Loiret, le Bas-Rhin, et même le Finistère parmi d’autres. Aux attaques répétées sur les ovins du Puy-de-Dôme, qui ont fait plusieurs victimes en janvier 2026, s’ajoutent des constats quasiment quotidiens d’éleveurs dépassés par la prédation. La Dreal et les associations agricoles pointent une progression sur tout l’arc méridional et vers le nord-ouest, jusqu’à des signalements dans les départements de Mayenne, Manche et Orne, ce qui n’était pas le cas. Face à cette situation, l’État déploie un arsenal réglementaire complexe, des plans d’actions successifs, des systèmes d’indemnisation, des « tirs de défense », des réseaux de suivi et des expertises scientifiques, mais le coût pour les contribuables explose, tandis que de nombreux éleveurs restent sans réelle protection effective. Le débat s’enlise entre écologie strictement protectionniste et nécessité de sauvegarder des filières d’élevage, souvent héritées de siècles de pastoralisme. Quand donc s’arrêtera cette mascarade ?
Présenté à l’exposition de Châteauroux 2024, ce cerf remarquable est estimé à plus de dix ans. Il se distingue par une anomalie morphologique peu fréquente : un dédoublement du merrain gauche prenant naissance juste au-dessus de l’andouiller d’œil. Cette particularité donne lieu à deux perches bien individualisées. La première porte une fourche sommitale classique, tandis que la seconde, presque aussi longue, se termine par une pointe sommitale nettement courbée, conférant à l’ensemble une silhouette atypique et spectaculaire. Le bois droit, plus conforme aux standards, présente une configuration de dix cors, avec toutefois une fourche antérieure très courte, signe possible d’un ralentissement de croissance lié à l’âge. L’ensemble du trophée traduit le vécu d’un animal âgé, chez lequel l’usure physiologique et les perturbations de croissance s’expriment pleinement. Une tête singulière, emblématique de la variabilité naturelle observée chez les grands cervidés matures.
Présenté au Game Fair 2025 sur l’espace d’exposition de l’ANCGG et de l’AFMT, ce cerf prélevé en 2022 porte un trophée particulièrement expressif des derniers stades de vie d’un grand cervidé. L’ensemble se caractérise par un arrêt manifeste de la croissance des merrains, associé à une multiplication anarchique des pointes et à des déformations marquées des andouillers. Cette configuration, souvent observée chez les cerfs âgés ou en fin de cycle biologique, traduit un dérèglement des mécanismes hormonaux et métaboliques responsables de la repousse des bois. Loin des standards esthétiques classiques, ce trophée raconte l’histoire d’un animal arrivé à maturité avancée, dont le capital osseux s’exprime de manière désordonnée mais révélatrice. Ce type de tête constitue un témoignage précieux pour l’étude de la sénescence chez le cerf élaphe et rappelle l’importance d’une lecture biologique, au-delà de la seule cotation.
Présenté lors de l’exposition annuelle des trophées, ce brocard se distingue par une configuration extrêmement rare : l’absence totale des deux andouillers antérieurs. Si la perte d’un andouiller peut s’observer relativement fréquemment chez le chevreuil, la disparition simultanée des deux reste exceptionnelle. Malgré cette particularité, l’animal présente un trophée d’une grande qualité esthétique, marqué par de fortes perlures. Le merrain droit se développe en une longue dague régulière, bien perlée et élancée. Le merrain gauche, en revanche, offre une petite fourche sommitale accompagnée d’un andouiller postérieur, disposition inhabituelle inversant l’architecture classique du trophée. Cette asymétrie accentue le caractère atypique de l’ensemble, tout en témoignant d’un bon potentiel de croissance. Ce brocard illustre parfaitement la capacité de l’espèce à produire des trophées originaux, fruits de facteurs génétiques, traumatiques ou physiologiques encore partiellement inexpliqués.
Estimé à une dizaine d’années, ce cerf a été prélevé le 3 novembre 2024 sur le territoire de Grandvillers, dans le massif de Rambervillers. Il se distingue par des empaumures particulièrement harmonieuses, chacune se développant en double fourche bien marquée et remarquablement symétrique. Le trophée, de type 14 cors régulier, présente un équilibre rare entre puissance et régularité. Son poids brut atteint 6,6 kg, pour une envergure de 66 cm et des longueurs de merrains respectives de 85,8 cm et 84,9 cm. La cotation finale s’établit à 183,21 points, traduisant la qualité globale de la tête. Cette configuration témoigne d’un animal ayant bénéficié de conditions favorables tout au long de sa vie, tant sur le plan alimentaire que sanitaire. Un trophée représentatif d’une gestion équilibrée et d’un potentiel biologique pleinement exprimé.
Ce cerf de 14 cors irrégulier a été prélevé le 12 novembre 2023 sur la commune de Poiseul-lès-Saulx. Avec une cotation de 170,30 points, il franchit de justesse le seuil du niveau bronze. Le trophée affiche un poids net de 4,6 kg, avec des longueurs de merrains respectives de 86,6 cm et 87,3 cm. Les andouillers d’œil atteignent 28,2 cm et 28,6 cm, tandis que les chevillures mesurent 32,5 cm et 32,9 cm. Les circonférences des meules s’établissent à 23,8 cm et 23,3 cm, et celles des merrains oscillent entre 13,3 et 14,1 cm. Bien que légèrement irrégulier, l’ensemble reste harmonieux et bien construit. Ce trophée reflète un bon potentiel biologique et illustre la qualité des cervidés du massif d’Is-sur-Tille.
Prélevé le 8 août 2025 sur la commune de Grandes-Loges, entre Reims et Châlons-en-Champagne, ce brocard présente un trophée équilibré et finement structuré. Si la coloration générale demeure relativement claire, l’ensemble se distingue par des perlures nettes et bien réparties, signe d’une bonne vitalité. Le trophée affiche un poids net de 429 grammes pour un volume de 180 ml. Malgré une apparence discrète, la cotation finale atteint 121,15 points, permettant à ce brocard de dépasser le seuil du niveau argent. Cette tête illustre parfaitement le fait qu’un trophée n’a pas besoin d’une forte pigmentation pour exprimer sa qualité. Elle témoigne d’une croissance régulière et d’un animal bien développé, représentatif des populations de chevreuils champenois gérées dans des conditions favorables.
Découvert mort dans le massif du Donon, ce cerf estimé à plus de dix ans s’est vu décerner la médaille du trophée le plus original du secteur de montagne par la Fédération départementale des chasseurs. Le bois gauche présente des signes marqués de ravalement : disparition de la chevillure au profit d’une pliure d’âge, déformation prononcée de l’andouiller d’œil et absence totale d’empaumure. Ces éléments traduisent un net déclin physiologique, caractéristique d’un animal très âgé. Le bois droit, en revanche, conserve une structure plus classique de type dix cors, avec un surandouiller, restant globalement dans la norme morphologique. Ce contraste saisissant entre les deux bois confère à l’ensemble un caractère unique. Ce trophée constitue un exemple particulièrement instructif des effets du vieillissement sur la croissance osseuse chez le cerf élaphe en milieu montagnard.
C’est dans cette perspective que plusieurs ministères en charge de la transition écologique, de la biodiversité, de l’aménagement du territoire, des transports, de la ville et du logement, ont élaboré une stratégie de recherche commune. Construite en lien étroit avec leurs services et les organismes scientifiques partenaires, cette démarche vise à mieux articuler les besoins des politiques publiques avec les capacités de la recherche publique, afin de répondre concrètement aux attentes des citoyens. La stratégie définie permet d’identifier les priorités de connaissance nécessaires pour concevoir, ajuster et évaluer les politiques publiques. Elle s’organise autour de trois grands enjeux scientifiques majeurs. Le premier concerne la mise en œuvre d’une transition écologique juste, attentive aux inégalités sociales et territoriales, afin qu’aucune population ni aucun territoire ne soit laissé de côté. Le deuxième enjeu vise la construction d’un avenir vivable et respectueux du vivant, en préservant la biodiversité, les ressources naturelles et les équilibres écologiques. Enfin, le troisième enjeu porte sur le renforcement de la résilience des territoires et des acteurs face aux crises climatiques, environnementales et sociales, appelées à se multiplier dans les années à venir. L’ambition de cette stratégie est claire : rapprocher durablement la recherche scientifique des décideurs publics, pour appuyer la transition écologique tout en contribuant au développement économique et à la cohésion des territoires. Au cœur de ce dispositif, le réseau scientifique et technique, animé par le Commissariat général au développement durable, rassemble près de quarante organismes aux compétences complémentaires en matière de recherche, de données, d’ingénierie et d’expertise.
Le bouquetin est une espèce protégée, malheureusement non chassable en France. Aucun chasseur, aucune FDC n’a donc demandé, organisé ces abattages administratifs. Assimiler cette opération à un acte de chasse relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi. On parle ici d’une décision sanitaire de l’État, prise par arrêté, exécutée par ses services. Point final. Deuxième quiproquo, soigneusement entretenu par certaines organisations écologistes : faire croire que ces abattages seraient une concession au « lobby de la chasse » ou à une pulsion destructrice d’un État autoritaire. En réalité, le cœur du problème est ailleurs. Depuis le début, la gestion de la brucellose dans le Bargy est pensée presque exclusivement à travers le prisme de l’élevage et de la filière fromagère locale. Et pas n’importe laquelle : celle des producteurs de Reblochon, et le bouquetin, animal sauvage protégé, sert ici de variable d’ajustement. C’est là que le discours des écolos devient franchement indécent. En prétendant défendre la biodiversité, ils piétinent allègrement l’élevage de montagne, pourtant déjà sous pression. Leur combat n’est ni social ni scientifique : il est idéologique. Ce qui compte, c’est de gagner en justice, de faire tomber le préfet et d’alimenter le récit d’un État destructeur. Ironie finale : à force de postures, on obtient exactement l’inverse de ce qui est affiché. La brucellose circule toujours et l’élevage reste sous tension... Un quiproquo, certes, mais un quiproquo mortel !
Selon les éléments actuellement disponibles, les données susceptibles d’avoir été concernées incluent notamment : le nom, le nom de naissance, les prénoms, la date et la ville de naissance, l’adresse postale, les numéros de téléphone fixe et portable, la nationalité, l’adresse électronique, le numéro de permis de chasser, ainsi que des informations liées aux démarches administratives et à l’examen du permis (convocations, dates, présence, résultats, inscription au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes). L’OFB précise qu’aucune donnée bancaire, de santé ou relative à la détention d’armes n’a été compromise dans le cadre de cet incident. Dès la découverte de la cyberattaque, plusieurs mesures ont été mises en œuvre :
Après avoir été médicalisé sur place, le chasseur a été hélitreuillé, puis évacué par les airs vers un centre hospitalier lyonnais. Au total, une quinzaine de secouristes ont été mobilisés pour cette opération d’envergure. Une enquête devra permettre de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
À quatre reprises, un prédateur s’en est pris au troupeau, provoquant la mort d’environ quarante brebis. Les premières constatations effectuées sur place laissent envisager la piste du loup, sans que cette hypothèse ne soit, à ce stade, formellement confirmée. Les investigations se poursuivent sous l’autorité des services de l’État. Face à l’ampleur des pertes, la famille d’éleveurs est sous le choc et le patron exprime une vive colère. Il dénonce ce qu’il qualifie de « silence et d’hypocrisie » de la Sous-préfecture de Limoux, estimant manquer d’informations claires et de réponses concrètes. Alors que l’attente des conclusions officielles se prolonge, cette série d’attaques ravive les inquiétudes du monde agricole local et relance le débat sur la protection des troupeaux et l’accompagnement des éleveurs confrontés à la prédation.
Leur déclin, observé de manière continue depuis les années 1960, est aujourd’hui largement documenté par les suivis cynégétiques, les programmes STOC et les travaux de l’ex ONCFS, puis de l’OFB. Contrairement à une idée encore répandue, ce recul n’est pas principalement imputable à la pression de chasse, mais à une combinaison de facteurs structurels :
simplification des paysages agricoles, disparition des infrastructures écologiques (haies, bandes enherbées, jachères), augmentation de la mortalité juvénile liée aux pratiques culturales, protection de certains prédateurs et dérèglement climatique affectant la reproduction. La dynamique de ces espèces repose sur un équilibre fin entre reproduction, survie et qualité de l’habitat. Les études montrent que, sans restauration fonctionnelle des milieux, aucune politique de restriction des prélèvements ne permet un redressement durable des populations. À l’inverse, les territoires ayant engagé des programmes intégrés (aménagements paysagers, régulation raisonnée des prédateurs opportunistes, limitation volontaire du tir) observent des recolonisations progressives mais mesurables. Ces résultats confirment que le petit gibier sédentaire ne peut être géré comme une simple ressource cynégétique, mais comme un compartiment à part entière de la biodiversité ordinaire...
L’Italie constitue à ce titre un terrain d’étude majeur. Depuis plus d’une décennie, des équipes de recherche, notamment issues de l’Université La Sapienza de Rome, mènent des analyses génétiques approfondies sur des individus retrouvés morts ou capturés dans différentes régions de la péninsule. Ces travaux ont permis d’identifier des loups porteurs de marqueurs génétiques canins, parfois issus d’hybridations récentes de première ou deuxième génération. Les chercheurs italiens soulignent cependant que ces cas sont localisés et hétérogènes, dépendant fortement du contexte écologique et humain. Toutefois, la répétition de ces événements dans certaines zones alimente une inquiétude croissante. « En Italie, l’hybridation loup–chien ne peut plus être considérée comme un événement marginal : elle est récurrente, localisée, mais persistante dans le temps », notent les équipes de La Sapienza. Le principal enjeu réside dans la fragilité génétique du loup italien, population issue d’un fort goulot d’étranglement historique. Dans ce contexte, même une faible introgression canine peut avoir des conséquences disproportionnées. Comme l’explique le biologiste évolutif Carles Vilà : « Même à faible fréquence, l’introgression de gènes canins peut représenter une menace sérieuse pour la conservation des populations de loups, en particulier lorsque celles-ci ont déjà subi un goulot d’étranglement génétique »...