Canon-Fronsac Château du Gazin

L’écologie de salon peut-elle encore donner des leçons à ceux qui entretiennent la nature ?

Il faudrait peut-être, de temps en temps, inviter les grands donneurs de leçons de l’écologie militante à quitter leurs bureaux, leurs plateaux de télévision et leurs réseaux sociaux, pour aller regarder la nature autrement qu’à travers un écran. Car, lorsqu’on entend certaines associations prétendument spécialisées dans la défense de la faune sauvage, on finit par se demander si elles connaissent réellement les territoires qu’elles prétendent protéger. Leur conception de la nature semble parfois merveilleusement simple : pas de chasse, pas d’intervention, pas de dérangement… et surtout pas de questions embarrassantes sur ce qui se passe lorsque l’on cesse de gérer les populations animales. Pendant ce temps, ce sont les ruraux, les agriculteurs, les forestiers, les chasseurs et les gestionnaires de terrain qui vivent avec les conséquences très concrètes de ces grands principes. Eux connaissent les dégâts, les déséquilibres, les maladies, les collisions, les cultures détruites, les forêts abrouties et les espèces qui prolifèrent lorsque plus personne ne veut assumer la régulation. Mais cela, évidemment, est beaucoup moins confortable qu’un communiqué dénonçant une nouvelle fois la chasse. Il est tellement plus facile de proclamer que la nature « se régulera toute seule » lorsqu’on n’a jamais eu à protéger une parcelle, une plantation ou un troupeau. À force de confondre amour de la nature et ignorance de son fonctionnement, certains finissent par défendre une nature imaginaire : une carte postale sans agriculteurs, sans forestiers, sans dégâts et, surtout, sans conséquences. Et que dire de cette écologie à géométrie variable ? Ces mêmes contempteurs de la chasse viennent volontiers profiter des espaces naturels qu’ils prétendent défendre. Ils aiment la montagne en hiver, les stations de ski, les paysages préservés, les sentiers d’altitude et les panoramas exceptionnels. Certains essaient même de grimper jusqu'au sommet du Mont-Blanc en espadrilles, comme si la montagne était un décor de vacances mis gratuitement à leur disposition. L’été venu, direction les plages, les lacs, les rivières et les zones naturelles les plus fragiles, avec parfois leur lot de véhicules, de déchets, de nuisances et de fréquentation massive. Curieusement, la morale environnementale devient alors beaucoup plus discrète. Il ne s’agit évidemment pas de mettre tous les visiteurs dans le même sac, mais de rappeler une évidence : protéger la nature suppose aussi d’accepter des contraintes, des responsabilités et parfois des renoncements. Or, ceux qui réclament l’interdiction de la chasse devraient commencer par expliquer concrètement comment ils entendent gérer les populations sauvages, prévenir les dégâts et préserver les équilibres qu’ils invoquent. Compter les animaux, publier des rapports et dénoncer les chasseurs ne constitue pas une politique de gestion. La nature n’a que faire des postures. Elle impose des réalités. Et peut-être serait-il temps que ces écolos de salon les regardent enfin en face : la nature n’est pas un décor, et ceux qui la connaissent vraiment ne sont pas nécessairement ceux qui en parlent le plus.


Cerf : les caractères récessifs, entre hérédité et milieu

Si la quête des grands trophées a toujours occupé une place importante dans la chasse au cerf, la qualité d’un trophée résulte d’une combinaison complexe entre patrimoine génétique, âge, alimentation, état sanitaire et qualité du biotope. Les travaux réalisés sur l’île de Rhum, en Écosse, illustrent parfaitement cette réalité : l’hérédité n’expliquerait qu’environ 20 % des variations du poids des bois, tandis que l’âge et les conditions de milieu jouent un rôle déterminant. Un même patrimoine génétique peut ainsi produire des animaux très différents lorsque les conditions environnementales changent. L’histoire des populations françaises de cerfs en fournit une bonne illustration. Une partie importante des animaux introduits provenait notamment de Chambord, et a été implantée dans des milieux très différents. Un même génotype peut donc donner naissance à des phénotypes différents, selon les ressources et les conditions offertes par le territoire. L’hérédité n’en demeure pas moins essentielle dans la forme du trophée. Certaines caractéristiques des bois semblent se retrouver régulièrement d’une génération à l’autre : forme générale en cœur, en V ou en U, longueur des surandouillers, particularités des empaumures ou encore diamètre exceptionnel des merrains. Mais déterminer précisément si ces caractères sont dominants ou récessifs reste complexe, notamment parce que le patrimoine génétique transmis par les biches intervient également. Un grand trophée n’est donc jamais uniquement une affaire de gènes. Il est le produit d’une rencontre entre l’hérédité et le territoire. Vouloir sélectionner une population de cervidés uniquement à partir de ce que nous voyons au bout des bois pourrait bien nous faire oublier ce que nous ne voyons pas : la richesse génétique qui se cache derrière chaque cerf.


Optiques : bien choisir son équipement avant l’achat

Le choix d’une optique ne doit jamais se faire uniquement sur le grossissement ou le prix affiché. Il doit d’abord correspondre au terrain, aux distances d’observation et aux conditions de luminosité rencontrées. Pour les milieux boisés et les observations à l’aube ou au crépuscule, une optique offrant une image lumineuse et contrastée sera généralement plus intéressante qu’un modèle privilégiant uniquement un fort grossissement. La qualité du verre, les traitements des lentilles et la capacité à restituer les détails dans les faibles contrastes sont alors déterminants. En terrain ouvert ou montagneux, une longue-vue peut compléter efficacement des jumelles. Elle permet d’observer et d’identifier précisément un animal à distance, à condition d’être installée sur un trépied suffisamment stable. Les jumelles, de leur côté, doivent offrir un compromis entre grossissement, champ de vision, luminosité, poids et encombrement. Un modèle confortable à utiliser pendant plusieurs heures sera souvent préférable à un instrument plus puissant mais fatigant. Avant tout achat, il est également essentiel de ne pas négliger l’ergonomie. La mise au point doit être précise et facilement accessible, les commandes doivent rester utilisables avec des gants et l’image doit demeurer confortable après plusieurs minutes d’observation. L’étanchéité, la résistance aux chocs, la buée et les variations de température sont également à prendre en compte pour une utilisation en extérieur.

Avant d’acheter, vérifiez :

•       le type d’utilisation et le terrain ;

•       le grossissement réellement utile ;

•       le diamètre de l’objectif et la luminosité de l’image ;

•       la qualité et les traitements des lentilles ;

•       le champ de vision ;

•       le poids et l’encombrement ;

•       la facilité et la précision de la mise au point ;

•       l’ergonomie avec ou sans gants ;

•       l’étanchéité et la résistance aux intempéries ;

•       la qualité mécanique et la réputation du fabricant ;

•       la garantie et les conditions du service après-vente ;

•       la disponibilité des pièces et accessoires ;

•       la possibilité de tester l’optique avant achat ;

•       enfin, le rapport entre les performances réellement utiles et le prix demandé.

Un bon réflexe : comparer plusieurs modèles sur le terrain plutôt que de se fier uniquement aux fiches techniques ou aux avis commerciaux.


Neuf louveteaux en Haute-Marne : jusqu’où ira l’expansion du loup ?

La nouvelle a de quoi interpeller : neuf louveteaux ont été photographiés ensemble le 2 août en Haute-Marne, confirmant la reproduction du couple installé dans le département. Après une portée de sept jeunes en 2025, le phénomène prend désormais une autre dimension. Il faut toutefois éviter les raccourcis : une portée de neuf louveteaux est exceptionnelle, mais elle n’est pas sans précédent dans la biologie du loup. Ce qui inquiète surtout, c’est la dynamique locale. Depuis 2025, plusieurs jeunes sont morts, l’un a été prélevé après une attaque, et surtout le mâle reproducteur a été retrouvé mort après une collision ferroviaire le 22 juillet. Qui sont donc exactement ces neuf jeunes ? Combien d’adultes les accompagnent aujourd’hui ? Le couple initial est-il toujours constitué ? Un autre mâle a-t-il pris sa place ? Autant de questions auxquelles le suivi génétique et photographique devra répondre. À ce stade, évoquer une hybridation ou une intervention humaine serait prématuré et sans fondement établi. Mais l’évolution mérite incontestablement d’être documentée avec la plus grande rigueur. Car derrière ces images spectaculaires se trouve une réalité beaucoup moins théorique pour les éleveurs. La Haute-Marne comptait déjà plus de 190 attaques et plus de 800 victimes dans les troupeaux en 2025. Depuis le début de 2026, 90 constats attribués au loup ont déjà fait 477 victimes, selon les chiffres communiqués. La question n’est donc plus seulement de savoir si le loup s’installe : il faut désormais se demander jusqu’où cette expansion peut aller et comment les éleveurs pourront continuer à travailler avec une pression de prédation croissante. Les mesures de protection restent indispensables, mais elles ne sauraient constituer l’unique réponse lorsque la population progresse. L’État devra démontrer que la protection des troupeaux n’est pas une simple formule administrative et que les dispositifs de régulation sont réellement capables de répondre aux situations les plus difficiles. Neuf louveteaux sur une image peuvent susciter l’émerveillement. Pour un éleveur confronté à la prédation, ils représentent surtout neuf futurs prédateurs potentiels. C’est cette réalité-là qu’il faudra avoir le courage de regarder en face.


Cellules RCCI : les enquêteurs des incendies de forêt

Après un incendie de forêt, déterminer précisément où et pourquoi le feu a commencé est essentiel. C’est la mission des cellules RCCI, pour Recherche des causes et circonstances des incendies. Ces équipes spécialisées interviennent dans le cadre de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI), à la fois pour contribuer aux enquêtes judiciaires et améliorer la prévention des futurs sinistres. Créées d’abord dans les départements méditerranéens particulièrement exposés aux incendies, les cellules RCCI se sont progressivement développées ailleurs en France. Elles réunissent généralement trois compétences complémentaires : un représentant des forces de sécurité intérieure, un sapeur-pompier spécialisé et un forestier, souvent de l’ONF. Le rôle du forestier est particulièrement important. Sa connaissance des arbres, de la végétation, des sols et du comportement du feu lui permet d’interpréter les traces laissées par l’incendie. Il connaît également le terrain, les activités qui s’y déroulent et peut s’appuyer sur les informations recueillies par les patrouilles forestières. Une fois le feu maîtrisé, les enquêteurs reconstituent sa progression à partir des conditions météorologiques, des photographies, des vidéos aériennes, des témoignages et surtout des indices physiques présents sur le terrain. Une pierre noircie sur un seul côté, un arbre brûlé de manière asymétrique, l’état des cendres ou la végétation peuvent révéler le sens de propagation des flammes. En quadrillant progressivement la zone sinistrée, les enquêteurs réduisent leur périmètre de recherche jusqu’à identifier l’aire d’éclosion, voire le point précis de départ. Ils recherchent ensuite l’origine du feu : ligne électrique, travaux agricoles ou forestiers, véhicule, négligence, accident ou acte volontaire. Les indices sont photographiés, géolocalisés et, si nécessaire, placés sous scellés pour être analysés. Les résultats alimentent la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF). Ils permettent de mieux connaître les causes des incendies et d’adapter les politiques de prévention. Aujourd’hui, la cause est identifiée pour 60 à 70 % des incendies de forêt. Les cellules RCCI jouent donc un rôle essentiel : elles transforment les traces laissées par les flammes en informations utiles à la justice, aux forestiers et à la prévention.


Bien avant l’agriculture, la chasse façonnait déjà les paysages européens

Pendant longtemps, l’image de l’homme préhistorique a été celle d’un simple occupant de la nature, vivant au gré des saisons, sans véritable influence sur son environnement. Une étude menée par des chercheurs de l’université d’Aarhus, au Danemark, remet largement en cause cette vision. Bien avant l’apparition de l’agriculture, les chasseurs-cueilleurs transformaient déjà profondément les paysages européens. Pour reconstituer ces environnements disparus, les scientifiques ont croisé données archéologiques, analyses de pollens, modèles climatiques et simulations informatiques. Deux périodes ont notamment été étudiées : le dernier interglaciaire, il y a environ 125 000 ans, lorsque les Néandertaliens occupaient l’Europe, et le début de l’Holocène, entre 12 000 et 8 000 ans avant notre époque, lorsque les chasseurs-cueilleurs d’Homo sapiens parcouraient le continent. Le résultat est particulièrement intéressant : l’Europe préhistorique n’était pas une nature totalement sauvage et immuable. Les humains contribuaient déjà à modifier la végétation. Deux facteurs ont joué un rôle majeur : le feu, utilisé pour ouvrir certains milieux, mais aussi la chasse aux grands herbivores, dont les conséquences écologiques étaient considérables. À cette époque, l’Europe abritait une extraordinaire diversité de grands animaux : bisons, aurochs, chevaux, cerfs, rhinocéros et même éléphants. Ces herbivores entretenaient naturellement des espaces ouverts en broutant, en piétinant la végétation et en cassant les jeunes arbres. En les chassant, les hommes agissaient donc indirectement sur les paysages. Moins d’herbivores signifiait moins de pâturage et davantage de végétation susceptible de se refermer. La chasse ne se limitait ainsi pas à fournir de la viande, des peaux ou des os : elle modifiait aussi les équilibres entre forêts, clairières et espaces ouverts. Les simulations indiquent que, durant le Mésolithique, l’action des chasseurs-cueilleurs aurait pu influencer jusqu’à 50 % de la répartition des types de végétation. L’effet des Néandertaliens était plus limité, mais néanmoins mesurable. Cette découverte permet surtout de mieux comprendre le rôle historique de la chasse qui a façonné les générations humaines qui ont suivi et, avec elles, les paysages dans lesquels ces sociétés se sont développées. Pendant des millénaires, l’homme a appris à observer les animaux, à suivre leurs déplacements, à connaître leurs habitats et à intervenir dans les équilibres naturels. Lorsque l’agriculture apparaît ensuite, elle ne marque donc pas le début de l’influence humaine sur la nature : elle constitue une nouvelle étape d’une relation ancienne entre l’homme, le gibier, la végétation et les territoires. 


Prévoir les sécheresses grâce au débit des rivières

Anticiper une sécheresse avant que ses conséquences ne deviennent critiques est devenu un enjeu majeur pour la gestion de l’eau. En France, les services de l’État disposent notamment de PREMHYCE, un outil développé par la recherche et coordonné par INRAE, qui permet de prévoir l’évolution des débits des rivières jusqu’à 90 jours. Son objectif est concret : fournir aux services de l’État des indications permettant d’anticiper les périodes de faibles débits et, lorsque cela est nécessaire, de préparer les restrictions de consommation d’eau adaptées. Une baisse importante du débit des cours d’eau peut en effet avoir des conséquences très concrètes, jusqu’à compromettre localement l’accès à l’eau potable. PREMHYCE s’appuie sur les données recueillies par environ un millier de stations de mesure réparties sur le territoire français. Ces informations sont confrontées à plusieurs modèles météorologiques, climatiques et hydrologiques développés notamment par INRAE, le BRGM, EDF, Météo-France et l’université de Lorraine. À court terme, jusqu’à environ quinze jours, les prévisions utilisent notamment les précipitations attendues. Au-delà, les modèles s’appuient sur les relations observées pendant de nombreuses années entre les conditions climatiques et les débits des rivières. Les différentes simulations sont accompagnées d’incertitudes, permettant aux services des DREAL d’évaluer plusieurs scénarios avant d’informer les préfectures. L’outil permet ainsi de passer d’une simple observation de la sécheresse à une véritable démarche d’anticipation. Les données de débit constituent un indicateur essentiel pour déterminer comment une situation pourrait évoluer et quelles mesures pourraient être nécessaires. La comparaison des sécheresses de 1976 et 2022 illustre également l’intérêt de ces données. Selon INRAE, les deux épisodes étaient comparables par leur ampleur et leur extension à une grande partie du territoire, avec toutefois une situation plus marquée dans l’Est en 2022 et davantage dans l’Ouest en 1976. Les épisodes sévères ne sont pas nouveaux : des sécheresses importantes avaient déjà été observées en 1921 et 1949. Mais leur répétition et l’évolution attendue du climat rendent indispensable l’amélioration des outils de prévision. PREMHYCE, soutenu notamment par l’OFB et le ministère de la Transition écologique, s’inscrit ainsi dans une logique simple : mieux prévoir les étiages pour mieux anticiper les conséquences des sécheresses et adapter la gestion de l’eau.


Tourterelle des bois : le quota de chasse porté à 12 000 oiseaux

Après plusieurs années de moratoire, la tourterelle des bois pourrait être chassée en France lors de la saison 2026-2027. Le projet d’arrêté soumis à consultation prévoit même une hausse du plafond national, porté à 12 000 oiseaux, contre 10 560 la saison précédente. Une décision qui s’inscrit dans le dispositif de gestion adaptative mis en place pour accompagner le redressement des populations sur l’axe migratoire occidental. Le chiffre mérite toutefois d’être mis en perspective : le quota de 10 560 oiseaux attribué en 2025-2026 n’avait pas été atteint. 7 483 tourterelles avaient finalement été prélevées et déclarées, soit environ 71 % du plafond. Pour la prochaine saison, chaque prélèvement devra de nouveau être déclaré immédiatement dans ChassAdapt. Les données seront transmises quotidiennement à l’OFB et au ministère. Une fois les 12 000 oiseaux atteints, les déclarations seront bloquées et tout prélèvement supplémentaire deviendra illégal. Selon les données reprises par le Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA), celle-ci comptait environ 2,12 millions de couples reproducteurs en 2025. Depuis la mise en place du moratoire, les effectifs auraient progressé de 46,6 %, soit une hausse moyenne de 9,6 % par an entre 2021 et 2025. Les indicateurs de survie des adultes et des jeunes se sont également améliorés. C’est sur cette dynamique que repose le principe d’une reprise encadrée de la chasse. Le niveau de prélèvement retenu correspond à une fraction limitée de la population de la voie migratoire, puis répartie entre les différents pays. Dans cette logique, les experts considèrent que les 12 000 oiseaux attribués à la France peuvent être compatibles avec une exploitation durable à l’échelle de cette population ouest-européenne. Pour les chasseurs, cette évolution constitue donc un signe encourageant. La gestion adaptative prend ici tout son sens : lorsque les indicateurs progressent, le prélèvement peut évoluer lui aussi, sans remettre en cause le principe de surveillance scientifique.


Sécheresse : comment aider la faune sauvage sans lui apporter d’eau ?

Lorsque la sécheresse s’installe et que les températures s’envolent, la tentation est grande de vouloir intervenir directement : remplir des abreuvoirs, déposer de la nourriture ou multiplier les points d’eau. Pourtant, aider la faune sauvage ne consiste pas nécessairement à prendre en charge chaque animal individuellement. La meilleure réponse est souvent de préserver le milieu dans lequel il vit. En période de forte chaleur, les ronces, les broussailles, les haies, les bandes enherbées et les lisières jouent plusieurs rôles essentiels. Ils procurent des abris, permettent aux animaux de se déplacer à couvert et constituent des zones de repos et de fraîcheur qui limitent leur exposition directe au soleil. Dans une campagne soumise à la sécheresse, chaque îlot de végétation peut ainsi devenir un refuge précieux. Sans apporter la moindre goutte d’eau, il est également possible de favoriser le maintien d’une certaine humidité dans les sols. Conserver une couverture végétale, éviter de laisser les terres totalement nues et préserver la matière organique contribuent à ralentir leur dessèchement. L’objectif n’est alors plus de fournir artificiellement de l’eau à la faune, mais de retenir le plus longtemps possible celle que la nature apporte encore. Lorsqu’un point d’eau naturel subsiste, sa préservation devient évidemment prioritaire. Une mare, un fossé humide ou une zone marécageuse constituent des ressources précieuses qu’il convient de préserver. Éviter de dégrader leurs abords, de supprimer la végétation qui les entoure ou d’y multiplier les dérangements permet de maintenir des refuges utiles à de nombreuses espèces. La question des déplacements est également essentielle. Une haie, un fossé végétalisé, une bande boisée ou une succession de bosquets permettent aux animaux de rejoindre différents secteurs favorables. En période de sécheresse, lorsque les ressources deviennent plus dispersées, ces continuités prennent une importance particulière. Elles peuvent aussi limiter les déplacements forcés vers les routes, les zones urbanisées ou les espaces agricoles fréquentés. Reste enfin un conseil qui peut sembler paradoxal : savoir ne pas intervenir. Nourrir ou abreuver systématiquement les animaux sauvages peut les concentrer artificiellement, modifier leurs comportements et favoriser certains problèmes sanitaires. La faune sauvage doit rester… sauvage. La meilleure aide n’est pas toujours celle qui se voit. Parfois, protéger la faune consiste simplement à ne pas détruire les derniers refuges qu’elle possède.


La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : un vautour a été secouru mercredi 12 août 2026 après s’être retrouvé immobilisé sur le terre-plein central de l’autoroute A51, à hauteur de La Brillanne. Vers 10h30, plusieurs automobilistes ont alerté les autorités après avoir aperçu le rapace au sol, incapable de repartir. Deux patrouilles du peloton motorisé de Peyruis, accompagnées d’un patrouilleur de Vinci Autoroutes, sont intervenues pour sécuriser les lieux et récupérer l’oiseau. L’opération s’est déroulée sans incident et le vautour a pu être mis en sécurité. Les militaires l’ont ensuite transporté chez un vétérinaire à Peyruis afin qu’il soit examiné. L’intervention aura permis d’éviter qu’un nouvel accident ne survienne sur cette portion très fréquentée de l’autoroute et de donner une chance au vautour de retrouver la liberté. (Photo DR Gendarmerie 04)

 

- Ariège : un nouvel incident impliquant un ours brun a été signalé vendredi 7 août, sur l’estive d’Arréou. Un éleveur de brebis s’est retrouvé directement confronté au plantigrade alors qu’il se trouvait avec son troupeau. Selon les premiers éléments disponibles, l’ours a chargé sa chienne, provoquant une situation particulièrement tendue. Cette rencontre intervient dans un contexte déjà très difficile pour les éleveurs, régulièrement confrontés à la présence de l’ours et à des attaques sur leurs troupeaux. L’estive avait notamment subi en 2025 une forte concentration de prédations, avec plusieurs dizaines de brebis tuées et des animaux disparus. La situation de 2026 reste à documenter précisément, mais cet épisode relance les inquiétudes concernant la sécurité des bergers et l’efficacité des dispositifs de protection. Le groupement pastoral d’Arréou avait d’ailleurs demandé la possibilité de participer directement à des opérations d’effarouchement non létal. Une modification réglementaire a été engagée en ce sens en 2026.

 

- Aveyron : la FDC constate un regain d’intérêt pour la chasse, notamment chez les jeunes. Les femmes sont également de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs, tandis que certains actifs et retraités découvrent la pratique plus tardivement. Malgré cette évolution positive, le renouvellement des générations ne compense pas encore les départs liés à l’âge. Le département compte environ 9 000 chasseurs, qui prélèvent chaque saison plus de 15 000 sangliers, 10 000 chevreuils et 1 500 grands cervidés. Ces volumes témoignent de l’importance du grand gibier dans le département et représentent également une quantité conséquente de venaison à valoriser. Pour la FDC12, le manque d’effectifs se fait particulièrement sentir lors des opérations de terrain, la charge de travail reposant sur un nombre plus limité de chasseurs. Deux possibilités permettent de découvrir la chasse. Le permis est accessible dès 16 ans après réussite d’un examen théorique et pratique. La chasse accompagnée permet, dès 15 ans, de découvrir gratuitement la pratique pendant un an aux côtés d’un titulaire du permis depuis au moins cinq ans. Une formation préalable est obligatoire et, sur le terrain, une seule arme est autorisée pour deux participants...

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Les rivières à sec : qui assumera enfin ses responsabilités ?

Les images sont accablantes. Des rivières réduites à un filet d'eau, des lits de galets brûlés par le soleil, des poissons agonisants, des amphibiens piégés dans quelques flaques boueuses. Ce qui devait arriver est arrivé, et bien plus tôt que prévu. Pourtant, ceux qui, depuis des années, ont applaudi la destruction de milliers d'ouvrages hydrauliques au nom de la sacro-sainte « continuité écologique » restent étrangement silencieux. Pas un mot. Pas un mea culpa. Pas la moindre remise en question. Pendant des décennies, des seuils, moulins, chaussées et retenues ont constitué autant de réserves d'eau réparties sur les territoires. Ils ralentissaient les écoulements, maintenaient des niveaux d'eau en période sèche, et contribuaient à préserver une partie des milieux aquatiques. Mais au nom d'une vision idéologique de la restauration des cours d'eau, nombre de ces ouvrages ont été arasés ou supprimés avec l'aval de l'administration et sous la pression de certaines associations. Aujourd'hui, où sont les responsables ? Où sont ceux qui expliquaient que supprimer ces retenues ne produirait que des bénéfices ? Où sont les grandes leçons de morale environnementale ? En mars dernier encore, les spécialistes annonçaient des nappes phréatiques globalement bien rechargées après l'hiver. Trois mois plus tard, les restrictions d'eau se multiplient, les cours d'eau disparaissent par endroits et les milieux aquatiques souffrent comme rarement auparavant. Cette évolution résulte évidemment de multiples facteurs, au premier rang desquels les épisodes de chaleur et le déficit de précipitations. Mais comment ne pas s'interroger sur les choix d'aménagement qui ont conduit, dans certains territoires, à accélérer l'évacuation de l'eau plutôt qu'à la retenir lorsqu'elle était disponible ? Poser cette question n'est pas un crime. Refuser d'y répondre serait une faute. Les premiers à payer le prix de ces politiques sont précisément les espèces que l'on prétendait protéger. Les amphibiens, les poissons et toute la petite faune aquatique ne vivent pas de slogans. Ils ont besoin d'eau. Lorsque les ruisseaux disparaissent dès le début de l'été, ce sont des écosystèmes entiers qui s'effondrent. L'écologie ne peut plus être une religion qui interdit toute autocritique. Une politique publique se juge à ses résultats, pas à ses intentions. Si certaines décisions ont aggravé la vulnérabilité de nos territoires face aux sécheresses, il faut avoir le courage de les réévaluer. Gouverner, ce n'est pas persister dans l'erreur ; c'est savoir reconnaître ses responsabilités. Les Français méritent mieux que le silence. Ils méritent un véritable débat sur la gestion de l'eau, fondé sur les faits, l'expérience de terrain et le bon sens, plutôt que sur des certitudes idéologiques. Car face à des rivières qui meurent, continuer à chercher des coupables partout sauf dans ses propres choix serait, cette fois, la plus grave des sécheresses : celle de la responsabilité.