Le Sénat a adopté, jeudi 22 octobre 2026, en première lecture, une proposition de loi visant à sécuriser le financement de l’Office national des forêts (ONF) et à clarifier sa gouvernance. Déposé par la sénatrice Anne-Catherine Loisier (Union centriste et indépendants), le texte a été approuvé par 325 voix contre 17. Cette initiative répond à une décision du Conseil constitutionnel du 10 avril 2026, qui a censuré les modalités de recouvrement de la contribution aux frais de garderie et d’administration versée par les communes forestières. Cette recette, estimée à 33 millions d’euros par an, participe au financement de la surveillance et de la gestion des forêts soumises au régime forestier.
Une nouvelle base légale doit être établie avant le 31 décembre 2026 pour éviter une interruption de ce financement. Le texte sécurise également le recouvrement de la contribution additionnelle de deux euros par hectare. La proposition de loi entend aussi apaiser les relations entre l’ONF et les collectivités forestières. Jusqu’à présent, le calcul de la contribution pouvait intégrer des revenus provenant d’activités sans lien direct avec la gestion forestière. Le Sénat a donc voté l’exclusion de plusieurs recettes : celles issues des carrières, des installations photovoltaïques et des infrastructures de transport ou de distribution de gaz et d’électricité. Cette modification réduirait les recettes de l’ONF d’environ 4,5 millions d’euros par an. Elle vise toutefois à rendre la contribution plus acceptable pour les communes, en limitant son assiette aux revenus jugés pertinents au regard des missions de l’établissement. Le second volet concerne la gouvernance de l’Office. Depuis 2023, les salariés de droit privé sont majoritaires au sein de l’établissement. Cette situation aurait pu entraîner, lors du renouvellement du conseil d’administration prévu en décembre 2027, l’application de la loi de 1983 sur la démocratisation du secteur public, avec un élargissement important de l’instance. Le texte adopté par le Sénat prévoit d’écarter l’ONF de ce dispositif afin de préserver son organisation actuelle. Son conseil d’administration restera composé de 30 membres, représentant notamment l’État, les collectivités territoriales, le personnel et la filière forêt-bois. Adoptée en première lecture, la proposition de loi doit encore poursuivre son parcours parlementaire avant de pouvoir entrer en vigueur.
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La chasse... demain !

À l’approche de l’élection présidentielle, l’association entend interpeller les candidats sur la prise en compte des spécificités montagnardes dans les politiques publiques. Elle insiste notamment sur les surcoûts liés à l’aménagement, les contraintes géographiques et climatiques, le maintien des services publics et l’adaptation des dotations aux collectivités. L’ANEM rappelle également le rôle de ces territoires dans la préservation de la biodiversité, la gestion de la ressource en eau, le tourisme durable et le maintien des activités agricoles et rurales. Elle attend des candidats des engagements concrets afin de construire un pacte renouvelé entre l’État et les territoires de montagne.
La fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue, représente une part importante de cette hausse. Le nombre moyen d’événements exceptionnels notifiés est passé de 9,1 par an entre 2015 et 2022 à 38 par an entre 2023 et 2025, notamment en raison de l’expansion du sérotype BTV-3 en Europe du Nord-Ouest à partir de l’automne 2023. Les signalements de fièvre du Nil occidental ont également progressé, passant de huit événements annuels en moyenne à 55. Par ailleurs, la dermatose nodulaire contagieuse a étendu son aire géographique de l’Afrique vers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie. La WOAH souligne que ces chiffres reflètent les événements déclarés et ne mesurent pas directement l’évolution réelle de l’incidence. L’intensification de la surveillance et l’amélioration des capacités diagnostiques peuvent aussi expliquer une partie de la hausse observée. Le changement climatique contribue toutefois à modifier la répartition des vecteurs. La hausse des températures, l’évolution des précipitations et les changements d’utilisation des terres peuvent prolonger leur période d’activité et favoriser leur implantation dans des régions auparavant moins exposées. Les mouvements d’animaux, le commerce et les perturbations écologiques participent également à ces évolutions. Pour anticiper les risques, l’organisation préconise une approche intégrée dite « Une seule santé », associant services vétérinaires, santé publique et acteurs de l’environnement. Elle recommande notamment d’améliorer la surveillance des vecteurs, de renforcer les laboratoires, de signaler rapidement les foyers et de déployer des mesures de lutte adaptées, dont la vaccination lorsqu’elle est disponible. La WOAH soutient également des outils d’alerte précoce, comme le projet PROVNA en Afrique du Nord, qui combine données climatiques, observations satellitaires et informations sanitaires pour repérer les zones favorables à la transmission. L’objectif est de passer d’une réponse aux épidémies à une prévention anticipée, essentielle pour protéger la santé animale, la biodiversité et la sécurité alimentaire.
L’épicéa, le châtaignier et le frêne figurent parmi les arbres les plus affectés, tandis que le douglas, le pin maritime et le chêne vert sont relativement épargnés. Le Nord-Est de la France apparaît comme la région la plus touchée par cette mortalité. L’inventaire souligne également un phénomène moins attendu : les forêts implantées sur des sols capables de retenir d’importantes quantités d’eau ont connu une hausse plus forte de la mortalité. Entre les deux périodes étudiées, celle-ci a triplé sur les sols présentant un réservoir utile supérieur à 110 millimètres, contre un doublement sur les sols dont le réservoir est inférieur à 30 millimètres. Cette différence s’explique notamment par les essences présentes. Selon l’IGN, les forêts installées sur des sols disposant de bonnes réserves hydriques sont souvent constituées d’espèces moins adaptées au manque d’eau. Elles ont donc pu davantage souffrir des sécheresses récentes. Le réservoir utile du sol reste pourtant un facteur important pour la croissance forestière. La production biologique moyenne atteint 6,1 m³ par hectare et par an sur les sols dont le réservoir dépasse 110 millimètres, contre 2,9 m³ sur ceux où il est inférieur à 30 millimètres. Mais si les précipitations deviennent insuffisantes, ces réserves ne se reconstituent plus et les arbres peuvent subir un stress hydrique, ralentir leur croissance ou dépérir. La répétition des sécheresses et des fortes températures affaiblit également les arbres et les rend plus vulnérables aux ravageurs, notamment aux scolytes, ainsi qu’aux maladies fongiques. Ces résultats soulignent l’importance du choix des essences dans l’adaptation des forêts au changement climatique. La capacité d’un sol à retenir l’eau ne suffit pas à garantir la résistance des arbres si les espèces qui y poussent ne sont pas adaptées aux conditions climatiques futures.
Les informations sont récupérées lorsque les oiseaux équipés sont recapturés. Les départs se concentrent généralement autour du crépuscule, tandis que les arrivées ont souvent lieu à l’aube. Certaines étapes se prolongent toutefois en journée, notamment lorsque les oiseaux traversent des espaces où les possibilités de halte sont limitées, comme la mer ou le Sahara. L’étude corrige également certaines connaissances sur des espèces particulières. La huppe fasciée, longtemps considérée comme migratrice de jour comme de nuit, effectue ainsi 91 % de ses vols migratoires nocturnes. Le pipit des arbres réalise 71 % de ses trajets dans l’obscurité. D’autres espèces adoptent des stratégies différentes. Le guêpier d’Europe migre presque exclusivement de jour, en profitant des courants d’air chaud ascendants. Les hirondelles suivies effectuent, quant à elles, 38 % de leurs trajets nocturnes. Le bruant des neiges peut également voler en plein jour dans les régions arctiques pendant la période du soleil de minuit. Les chercheurs n’ont pas déterminé précisément les raisons de la prédominance des vols nocturnes. Plusieurs hypothèses sont avancées : des conditions atmosphériques plus stables, une moindre exposition aux rapaces diurnes, une réduction des risques de déshydratation ou la possibilité de consacrer la journée à l’alimentation. Les auteurs soulignent enfin que les résultats ne représentent pas nécessairement l’ensemble des oiseaux migrateurs, certaines espèces étant peu représentées dans l’échantillon. Ces données pourraient néanmoins contribuer à mieux identifier les périodes de migration et les risques associés à la pollution lumineuse et aux collisions avec les infrastructures.
Le virus peut se maintenir par contact direct entre animaux, mais aussi par exposition indirecte à des carcasses infectées et à des milieux contaminés, notamment les sols et l’eau. Les températures basses et les environnements forestiers sont régulièrement associés à une persistance environnementale prolongée. La détection et l’élimination des carcasses constituent ainsi des leviers importants de surveillance et de lutte. La densité des sangliers figure également parmi les facteurs de risque les plus fréquemment identifiés. Les déplacements des animaux et la connectivité des habitats peuvent favoriser la propagation du virus entre différentes sous-populations. Le couvert forestier, les caractéristiques de l’habitat et la proximité de foyers antérieurs modifient aussi le risque local. Plusieurs études signalent par ailleurs une hausse des détections pendant les mois froids, particulièrement entre novembre et avril. La transmission entre faune sauvage et élevages porcins est étudiée dans 12 publications, soit 22,2 % du corpus. Le risque concerne notamment les situations où les habitats des sangliers chevauchent des exploitations dont les mesures de biosécurité sont insuffisantes. Les voies potentielles comprennent les aliments et l’eau contaminés, le matériel de chasse, les objets souillés et les activités humaines. Enfin, seules sept études fournissent des estimations du taux de reproduction de base (R0), comprises entre environ 1,14 en Sardaigne et plus de 4 dans certains modèles saisonniers sud-coréens. Les différences de méthodes et d’hypothèses limitent toutefois les comparaisons directes. Les auteurs soulignent également des lacunes dans la validation des modèles et l’évaluation des incertitudes. Ils concluent que la prévention repose sur une combinaison de mesures adaptées aux conditions écologiques locales : surveillance, gestion des carcasses, suivi des populations et biosécurité des élevages.
Certaines productions, comme le pois chiche en Occitanie, se révèlent difficiles, tandis que le blé, les betteraves et les pommes de terre obtiennent de bons résultats dans plusieurs secteurs. L’abandon des pesticides s’accompagne d’aménagements écologiques, notamment de bandes fleuries composées de 22 espèces végétales, parmi lesquelles coquelicots, bleuets et phacélies. Ces espaces fournissent nourriture et abris aux insectes auxiliaires. Les syrphes, dont les larves consomment les pucerons, contribuent ainsi à la régulation naturelle des ravageurs. Cette diversité végétale peut également profiter à la petite faune sauvage : les insectes nourrissent oiseaux insectivores et petits mammifères, tandis que les graines et la végétation offrent des ressources à différentes espèces. La présence de campagnols attire aussi des rapaces, illustrant les interactions entre les composantes de l’écosystème agricole. Ces bénéfices dépendent toutefois des pratiques locales et de la qualité des habitats. Sans protection chimique, les adventices et les maladies deviennent des enjeux majeurs. Les chercheurs ont donc combiné rotations plus longues, désherbage mécanique, labour ponctuel et adaptation des dates de semis. Le choix de variétés résistantes constitue un autre levier : le blé Géopolis, notamment, présente des résistances à plusieurs maladies courantes. Pour l’Inrae, la performance de ces systèmes ne peut se mesurer au seul rendement. L’amélioration des sols, la préservation de la biodiversité et la réduction des coûts de dépollution et de santé publique doivent aussi être considérées. L’expérience ouvre ainsi des perspectives pour une agriculture moins dépendante de la chimie, sans occulter les difficultés de sa généralisation.
Reconnaissable à ses longues épines, qui lui servent de moyen de défense, le porc-épic à crête est principalement nocturne et discret. Sa présence ne signifie toutefois pas nécessairement qu’une population est durablement implantée sur le territoire français. Des observations complémentaires seront nécessaires pour déterminer si cet individu est isolé ou s’il témoigne d’une extension plus large de l’aire de répartition de l’espèce. (Photo : Commune de Castellar)
Un programme de réintroduction a été lancé en 1985 avec quatre animaux dans un enclos à Quenza, à partir de cerfs provenant de Sardaigne, où l’espèce avait survécu. Les premiers lâchers en milieu naturel ont débuté en 1998. Entre cette date et 2017, vingt opérations ont permis de relâcher 329 cerfs dans cinq secteurs de Corse. Le programme européen LIFE « One deer two islands », conduit entre 2012 et 2018 avec plusieurs partenaires sardes et italiens, a accompagné cette restauration. Selon le Parc naturel régional de Corse, la population insulaire est aujourd’hui estimée entre 4 000 et 5 000 individus, contre environ 650 en 2012 et 1 200 à 1 300 en 2015. Le suivi repose notamment sur l’analyse génétique, la télémétrie GPS et des comptages nocturnes. L’espèce demeure protégée et figure sur la liste rouge de l’UICN. Trois sentiers équipés de miradors permettent de l’observer sans la déranger...
En 2025, une étude publiée dans la revue scientifique People and Nature a analysé les réactions de 17 353 participants, répartis sur tous les continents, face à des images de 184 espèces animales. Les chercheurs ont montré que la peur ne dépend pas uniquement de la dangerosité objective : l’âge, la région de résidence et les peurs préexistantes influencent également les réponses. Certaines espèces relativement inoffensives suscitent ainsi une crainte importante. L’étude ne démontre toutefois pas que le sanglier est spécifiquement victime de cette distorsion.
Les recherches en psychologie confirment que les perceptions de dangerosité, d’imprévisibilité et de perte de contrôle contribuent fortement aux peurs animales. Un gibier puissant, capable de charger et difficile à maîtriser, peut donc provoquer une réaction émotionnelle qui dépasse l’évaluation rationnelle de la situation. Les récits d'incidents spectaculaires peuvent également marquer les esprits, même si leur influence varie selon les individus. Pour autant, le sanglier n’est pas un animal inoffensif. Une laie accompagnée de marcassins, un individu blessé ou un animal surpris à courte distance peuvent présenter un danger réel. Les blessures provoquées par les sangliers sont documentées dans la littérature médicale, notamment lors de rencontres rapprochées et d’actions de chasse. Il serait donc aussi erroné de nier le risque que de considérer chaque sanglier comme une menace. En action de chasse, la peur peut surtout devenir problématique lorsqu’elle altère le jugement. Une réaction précipitée, une mauvaise appréciation de la trajectoire de l’animal ou un tir effectué dans des conditions incertaines peuvent compromettre la sécurité des chasseurs et des tiers. La connaissance du comportement du gibier, la maîtrise de soi et le respect des règles de sécurité restent les meilleures réponses. Le terme de biophobie invite ainsi à réfléchir à notre rapport au vivant, mais il doit être employé avec discernement : toute crainte n’est pas une phobie, et toute prudence n’est pas irrationnelle. L’enjeu n’est pas de ridiculiser ceux qui redoutent le sanglier, mais de distinguer l’émotion du risque objectivement évalué. À la chasse, le sang-froid est une qualité bien plus utile que la peur...
La moelle épinière, protégée par le canal vertébral, assure notamment la transmission des commandes motrices entre l’encéphale et les membres. Une lésion médullaire grave peut donc interrompre brutalement cette transmission et entraîner une paralysie en aval de la zone atteinte. L’animal peut alors s’effondrer sans être pour autant mort, ni nécessairement inconscient. La persistance de fonctions vitales dépend notamment de la localisation et de l’étendue des lésions. Le rachis comprend plusieurs régions : cervicale, thoracique, lombaire, sacrée et caudale. Une atteinte haute peut affecter simultanément plusieurs territoires moteurs et, selon sa localisation, compromettre également les fonctions respiratoires. Une lésion plus basse peut, quant à elle, provoquer des déficits limités principalement à l’arrière-train.
Les conséquences ne sont donc pas identiques d’un impact à l’autre. Il serait notamment inexact d’affirmer qu’une section médullaire supprime systématiquement la douleur : celle-ci dépend des structures lésées et des mécanismes nerveux encore fonctionnels. Ces éléments anatomiques expliquent pourquoi une chute brutale ne permet pas, à elle seule, de conclure au décès. Un animal immobilisé peut rester vivant et souffrir ; toute situation de ce type exige une intervention rapide et adaptée, dans le respect des règles de sécurité et de mise à mort. En pratique, la recherche d’un arrêt instantané ne doit pas faire oublier l’objectif essentiel d’un tir de chasse : provoquer une mort aussi rapide que possible, en limitant les souffrances et les risques de blessure. Une atteinte de la région thoracique peut toucher des organes vitaux, notamment le cœur et les poumons, et entraîner une hémorragie grave. Toutefois, l’effet réel dépend toujours des structures effectivement atteintes et ne peut être garanti par la seule localisation apparente de l’impact. La connaissance de l’anatomie permet ainsi de distinguer trois notions trop souvent confondues : l’arrêt de la locomotion, la perte de conscience et la mort. En matière de chasse, cette distinction n’est pas théorique : elle engage directement la responsabilité du tireur et le souci du bien-être animal.
Simple et presque trop beau pour être vrai. Cependant, il existe une distinction plus conforme aux pratiques : la vénerie sous terre, la vénerie à pied et la vénerie montée. Trois univers, trois façons de servir les chiens et de poursuivre un animal. Voilà des différenciations qui reposent sur la nature même de la chasse, plutôt que sur le tour de taille de celui que l’on poursuit. La vénerie sous terre, avec ses exigences et ses particularités, mérite à elle seule un chapitre. Laissons donc aux veneurs déterreurs le soin de défendre leur art, et saluons, au passage, un travail souvent méconnu. Réguler une population d’animaux discrets dans leurs sorties, mais parfois beaucoup moins dans les dégâts qu’ils occasionnent, demande des connaissances qui ne s’improvisent pas. Intéressons-nous, ici, à la vénerie à pied et à la vénerie montée. Pourquoi leur associe-t-on aujourd’hui cette hiérarchie entre petite et grande vénerie ? Et si cet ordre, loin d’être né d’une savante classification zoologique, avait trouvé son origine dans les travers bien humains de quelques veneurs ? Car les hommes ont ceci de commun avec les animaux : ils laissent des traces. Seulement là où le chien suit une voie, l’historien doit parfois suivre un souvenir, une anecdote ou une confidence transmise par les anciens. Pour comprendre cette histoire, remontons donc le temps, jusqu’à une époque où les fortunes nouvelles se faisaient, où les équipages renaissaient et où l’ambition de chasser à courre n’était pas toujours accompagnée du talent nécessaire pour y parvenir. Direction la Restauration, et qui sait, peut-être allons-nous découvrir que derrière une appellation bien installée, se cache une petite affaire de prestige, quelques déconvenues cynégétiques et un amour-propre que les années n’ont pas complètement guéri...