Brocard à perruque

La tête à perruque est l’échantillon même de l’une des bizarreries de la nature. Au-delà de son côté spectaculaire, la perruque révèle souvent un problème hormonal. Chez les cervidés, les anomalies testiculaires entraînent des malformations de la ramure. A titre d’exemple, la castration accidentelle, ou la perte des deux testicules par infection, entraîne une chute avancée du trophée et une repousse d’embryons de bois qui restent en permanence sous velours. Quand la castration intervient pendant le refait, la calcification s’arrête et le tissu sous-jacent se développe de façon totalement anarchique. Cette prolifération entraîne alors la formation d’une perruque. Ce phénomène reste très rare chez le cerf, mais plus fréquent chez le chevreuil. Mais l’absence ou une anomalie des bois n’est pas forcément provoquée par une altération des testicules. Les conditions climatiques sont parfois à l’origine de têtes bizarres. C’est notamment le cas pour le brocard qui refait ses bois pendant l’hiver. Des carences alimentaires continues ou répétées ne favorisent pas la croissance des bois, qui peuvent alors pousser de façon complètement anarchique. D’autre part, une longue période de froid très intense pendant le refait peut aller jusqu’à geler le velours qui irrigue les bois naissants. Ce genre d’aléa climatique exceptionnel entraîne alors une perturbation dans le développement de la ramure. Au niveau hormonal, le cycle est intimement lié à la concentration sanguine en testostérone. Ce taux est au plus bas pendant le refait et doit remonter à son maximum pour favoriser la chute des velours. La moindre perturbation de ce cycle peut donc entraîner les mêmes troubles.

Le chevreuil et son trophée

Dans une dizaine de jours, les passionnés de chevreuil vont sillonner la plaine à la recherche des premiers brocards à éliminer. A l’origine de cette chasse d’été, se trouvait la volonté de faire évoluer la qualité des animaux et des trophées, à une époque où les populations étaient moins conséquentes qu’aujourd’hui. Le mois de juin était donc consacré à retirer, avant le rut, les mâles que l’on ne souhaitait pas voir participer à la reproduction : les animaux chétifs, les malades, les accidentés et les porteurs de trophées déficients. Cette philosophie est souvent oubliée, sauf sur des territoires où la gestion prime. Les premières sorties de juin ne devraient être consacrées qu’à l’observation et à l’inventaire des animaux, les prélèvements sélectifs devant être terminer pour le 20 juin. Ensuite, il est conseillé de laisser le territoire au repos une quinzaine de jours, puis, à partir du 5 juillet, le monde du petit cervidé entrera en ébullition…

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Trophées de mai : la sélection de Jean-Marc Thiernesse

Extraordinaire sanglier

 

Le 13 février dernier, lors d’une battue sur un territoire ouvert du département de la Marne, un solitaire à la défense bien visible, est signalé dans la traque. Il arrive alors à la ligne de rabatteurs, qu’il force pour s’échapper en retour. Sébastien Roginski attend prudemment le bon moment pour tirer en toute sécurité. Le sanglier accuse le coup, puis fait ferme devant les chiens. Il est alors fini à la dague par le tireur…

 

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​​​​​​​Châteauroux : une belle fête populaire autour du cerf

Suspendu durant deux saisons en raison de la pandémie, le traditionnel « Rendez-vous des cerfs » a retrouvé toute sa superbe, pour sa 20ème édition qui s’est déroulée comme par le passé, hall des Expositions de la ville. Dès le samedi, de nombreux visiteurs, chasseurs et autres, étaient déjà sur les lieux pour découvrir le tableau de chasse départemental de l’Indre, de l’espèce cerf. Tous les coiffés étaient systématiquement présentés, par unité de gestion et par classes d’âge, un étiquetage rassemblant les principales composantes du prélèvement...

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​​​​​​​Trophées : la sélection de Jean-Marc Thiernesse

Ardennes : un beau solitaire

Ce beau sanglier a été tiré par Raphaël Urano, en forêt domaniale de Caillaumont, dans les Ardennes, le 5 janvier dernier. Pas excessivement lourd, puisque l’animal accusait, non vidé, 105 kg sur la bascule, il est néanmoins bien armé et offre un trophée de grande qualité. Les défenses mesurent respectivement 19,2 et 19,5 cm, pour une largeur de 25,5 et 25,9 mm. La circonférence du grès gauche est de 7 cm, et celle du grès droit de 7,1 cm. La cotation, enrichie de 3 points de beauté, est arrêtée à 113,55 points…

 

Ile de France : daguet pendulaire 

Exposé à l’occasion du salon de la chasse de Mantes la Jolie, en mars dernier, ce daguet pendulaire provient d’un massif forestier de l’Ile de France. C’est à la suite d’une fracture du pivot que le bois de gauche a poursuivi sa croissance vers le bas… et ainsi produire un trophée vraiment atypique, d’autant plus qu’une partie du velours du bois de gauche n’est pas entièrement frayée.

 

Lot : un brocard tout en masse

Le caractère remarquable de ce brocard est qu’il est tout en masse. En effet, les merrains mesurent seulement 19,8 et 20,5 cm, alors que le poids net du trophée atteint 420 g, pour un volume de 185 ml ! Sa cotation, qui s’élève à 119,08 points, dont 3 pour le grain et 2,5 pour la couleur. Il a été tiré à l’approche, le 7 août 2021, sur le territoire de Laramière dans le département du Lot, par Philippe Hourriez.

 

Moselle : un cerf peu commun 

Ce cerf de 2 ans, présenté en mars dernier lors de l’exposition des trophées de cerf de la Moselle, à Dabo, est d’une structure peu commune. En effet, on pourra remarquer que les merrains, réduits à un bois de même pas 10 cm, se terminent sans pointe, comme si on leur avait donné un coup de scie, ce qui qui trahit un arrêt brutal de la croissance lors du refait. On peut encore voir que les andouillers d’œil, atrophiés, retombent en crochet. L’animal, obtenu dans le massif des Vosges du Nord, ne devait sans doute pas être en très bonne santé…

​​​​​​​En Belgique : Eifel et Hautes-Fagnes, le pays où les cerfs vieillissent…

Au nord-est de Bastogne, dans la Belgique germanophone, le Conseil cynégétique des Hautes-Fagnes-Eifel s’étend sur une surface boisée de quelques 37 000 ha, et rassemble un peu plus de 140 territoires, assujettis à des règles communes de prélèvement des cerfs. Crée en 1974, c’est aussi la plus ancienne unité de gestion officielle de l’espèce. Elle est actuellement présidée par Karl-Heinz Jost, dont l’objectif annoncé est de faire vieillir les cerfs, ce à quoi s’attachent les chasseurs depuis près de 50 ans. A ce jour, ils peuvent ainsi présenter, à leur exposition annuelle des trophées, un panel remarquable de cerfs de plus de 10 ans, et s’enorgueillir de pouvoir montrer au public, certes de très grands trophées, mais encore des cerfs ravalant comme rarement on peut en voir. L’exposition, qui n’avait pu être organisée en 2020 et 2021 pour cause de pandémie Covid, s’est tenue à Elsenborn le 26 mars dernier. Elle rassemblait 203 trophées, de toutes classes, parmi lesquels… 21 cerfs de 10 ans et plus. Innovation appréciée : tous les trophées de cette dernière catégorie étaient gratifiés d’une nouvelle médaille, spécialement créée par la délégation belge du CIC, et portant la mention « 10 + ». C’était le cas de ce canonique vétéran âgé de… 17 ans, au trophée réduit à de simples moignons. D’autres trophées de cerfs âgés étaient doublement primés, une première fois avec la médaille « 10 + » et une seconde fois avec la médaille correspondant à leur niveau de cotation, bronze, argent ou or. Précisons qu’en dépit de la rigueur du climat et du biotope, qui est loin de valoir celui des forêts d’Île de France par exemple, un trophée de plus de 210 points figurait au tableau de chasse de la saison 2021…

J-M.T.

Meurthe et Moselle : une tête atypique

 

Deux pivots et deux meules, mais un seul merrain pour ce brocard vraiment atypique ! Il a été obtenu sur la commune de Roselieures, en plein cœur du pays de la mirabelle, lors de la saison 2018/2019 par M. Cottel. L’anomalie de ce trophée peut s’expliquer par une déficience de l’état général de l’animal, qui a totalement contrarié la croissance de la perche du côté droit. Mais rien n’est moins certain, car l’intérieur de l’anneau de meule est une sorte de calice qui laisse supposer un actynophytose, laquelle est visible d’ailleurs sur la face externe, inférieure du pivot.

Moselle : petit 8 cors adulte

Ce cerf, qui provient du massif d’Abreschviller, est estimé à 8/9 ans. Il n’est pas à proprement parler un grand cerf, malgré son âge, mais sa conformation de 8 cors à surandouiller, en fait un trophée assez original, et qui apporte la preuve que, dans des conditions de vie parfois difficiles, certains individus ne parviennent pas à produire de grandes ramures en dépit de leur âge… Comme chez les hommes, les cerfs ne sont pas tous égaux face à la vieillesse ! Le trophée, de couleur brun foncé, est malgré tout assez bien perlé et d’une belle régularité. Il a été tiré le 2 octobre 2017.

Ardennes : un beau solitaire

Malgré la cassure du grès droit, ce beau sanglier a été tiré sur le territoire de Thilay, le 6 octobre 2019, par Mathieu Mouze. Avec des défenses larges de 25 mm, et qui mesurent, à gauche, 17,1 cm, et 18,9 à droite et une circonférence des grès identique de chaque côté de 6,9 cm, ce trophée est coté à 107,80 points. Un beau solitaire comme on aimerait en rencontrer plus souvent !

Et de trois !

Treize cors, merrains de 99 et 100 cm, 8,100 kg de poids brut, âge estimé à 5/6 ans, pour 197,54 points CIC, c’est la cotation d’un 3e cerf qui a fini tristement, toujours dans la région du plateau de Langres. Côté par Christian Bolmont et Michel Valette, cet animal a été découvert à Noidant-Chatenoy, le 30 septembre dernier, gravement blessé à la suite d’un sévère combat pendant le brâme. C’est le président de la FDC lui-même, Thomas Corvasce, qui l’a aperçu agonisant, au cours d’une sortie randonnée à vélo. Alerté, Sébastien Pécher, le technicien de la FDC responsable du secteur, s’est rapidement rendu sur les lieux et a mis fin aux souffrances de ce jeune cerf prometteur, confirmant pour la troisième fois, le très fort potentiel des grands cervidés qui colonisent la région. Ce cerf, qui comme beaucoup d’autres malheureusement est mort trop jeune, pourrait provenir comme les précédents (voir en rubrique trophées) de Haute-Saône ou du GIC du sud haut-marnais.

Encore un « géant » du sud haut-marnais

Décidément, le secteur de Saulles, en limite de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, est propice aux grands cerfs. Nous avons vu, il y a quelques jours, celui qui a été trouvé mort dans un puits, porteur d’un trophée de 200,8 points (voir en rubrique Trophées « Triste fin pour ce grand cerf »). Le trophée qui est présenté aujourd’hui vient d’être également côté par Michel Valette, cotateur officiel de l’AFMT (Association Française de Mensurations des Trophées) et l'un des quatre « STJ » français agréé par le CIC. L’animal a été récolté en septembre dernier, en forêt de Champsevraine, par Jean–Michel Venck, de Corgirnon. Le trophée, qui porte 15 cors pour un poids sec de 9,740 kg, arrive, avec 209,03 points au seuil de la médaille d’or CIC (210 points). En plus de la puissance qui se dégage, il a la particularité d’avoir sur le crâne et à la base du pivot gauche, un andouiller de… 48 cm. Malheureusement, cet andouiller surnuméraire n’étant pas implanté sur le merrain, ne peut être compté, ce qui l’a privé du point qui lui aurait permis de franchir le cap de la médaille d’or. La présence de cet andouiller est certainement due à un choc ou une blessure à cet endroit du crâne, qui a entraîné un saignement et la formation de ce merrain annexe.  Concernant les « STJ » (Senior Trophy Judges) du CIC, rappelons qu'ils sont quatre en France : Alain François, Hubert Lefranc, Dominique Menjoz et Michel Valette. Ils forment la Commission nationale de l'AFMT chargée d'officialiser les très grands trophées.

Plus de 200 points dans les Ardennes

Le 16 janvier dernier, en forêt communale de Gespunsart, Vivian Moutarde tirait un très grand cerf… Avec une cotation finale qui atteint 201,49 points, ce 14 cors irrégulier, estimé à 9 ans, vient d’ailleurs s’inscrire à la 8e place du classement des meilleurs cerfs du département. Surmonté de deux empaumures totalisant quelques 14 épois de plus de 15 cm, le trophée est d’une élégance indiscutable confortée par une couleur presque noire, des pointes bien blanches, de longs surandouillers et un grain très bien marqué. Ainsi totalise-t-il 13 points de beauté. Pour les principales mensurations, on entre dans la cour des grands : - poids net : 7,4 kg ; - longueur des merrains : 105,5 et 105,7 cm ; - longueur des andouillers d’œil : 40,5 et 40,8 cm ; - longueur des chevillures : 39 et 37,2 cm ; - circonférences des meules : 26,4 et 25,4 cm ; circonférences des merrains : 16,1 et 15,8 cm pour le bas, et 14,3 et 15,1 cm pour le haut. A ce jour, les cerfs de plus de 200 points sont au nombre de 9 dans le département des Ardennes, et leur classement s’établit conformément au tableau.

 

J-M.T.

Un grand dix cors vosgien

Estimé à 8 ans, ce très beau dix cors régulier, à surandouillers, a été tiré par Michel Joly le 11 novembre 2018, en forêt domaniale du Ban d’Harol, à l’ouest d’Epinal. Bien perlé et de couleur brun foncé, le trophée pèse net 6,600 kg. Il présente de longs andouillers aux pointes bien blanches. Leur implantation est aussi d’une symétrie quasi géométrique, ce qui confère à l’ensemble des bois une esthétique indiscutable. Prélevé à l’âge adulte, on peut tout de même reconnaître que ce cerf à fourches, est d’une beauté qui n’a rien à envier aux cerfs à empaumures. La cotation, effectuée par Daniel Anders et Bertrand Pfeiffer, est arrêtée à 180,45 points.

 

J-M.T.