​​​​​​​Un vaccin contre la peste porcine africaine ?

La nouvelle vient du Vietnam qui a déclaré, mercredi dernier, avoir développé avec succès un vaccin à administrer aux porcs, pour lutter contre la peste porcine africaine, une maladie dévastatrice chez les suidés. La maladie, qui a été détectée pour la première fois au Vietnam en février 2019, avait contraint la pays à abattre des milliers de porcs, mettant en péril son approvisionnement. « C'est une étape importante pour l'industrie vétérinaire » a déclaré le vice-ministre de l'agriculture Phung Duc Tien dans un communiqué. Avec ce vaccin, qui est en développement depuis novembre 2019 en partenariat avec des experts américains, cinq essais cliniques ont eu lieu. Ils ont permis de déterminer qu’il avait une immunité de six mois. Les essais cliniques se poursuivent, dans l’espoir de pouvoir l’exporter, mais aucune date n’a été approchée.

Haute-Savoie : suivi renforcé du loup

La FDC de Haute-Savoie et la FDSEA des Savoie se sont associées pour proposer un suivi renforcé du loup. Soutenu par un engagement fort du Conseil départemental, le protocole a été validé par le préfet du département et le préfet référent « loup » au niveau national. Il s’appuiera sur la mise en place d’un réseau départemental réparti en 19 secteurs. Sur chacun d’entre eux, trois référents (un chasseur, un agriculteur et un lieutenant de louveterie) seront chargés d’animer ces territoires pour collecter l’ensemble des informations liées à la présence de loups (observations visuelles, indices de présences, constats de prédations), dans l’application du protocole officiel défini par l’OFB. Pour faciliter le travail de terrain et la collecte de données, 200 pièges photographiques et 20 caméras thermiques ont été distribués aux référents des 19 secteurs. Des enregistreurs sonores devraient prochainement être mis à disposition.

​​​​​​​Ourse tuée dans l'Ariège : manifestation de soutien aux chasseurs placés en garde à vue

Vendredi dernier, répondant à l’appel de Jean-Luc Fernandez, président de la FDC de l'Ariège, environ 200 personnes sont venues manifester devant la gendarmerie de Saint-Girons, afin de soutenir les chasseurs, auditionnés sous le régime de la garde à vue, dans le cadre de l’enquête diligentée par le Parquet de Foix. Sur le fond, il y a évidemment la mort de cette ourse, tuée par un chasseur en état de légitime défense, et ses graves blessures l’attestent. Mais sur le droit, il s’agit aussi de déterminer si les chasseurs, le jour de cet accident, pouvaient chasser sur la réserve du mont Vallier, où ils vont régulièrement, mais avec l’autorisation explicite de l’ONF, qui, pour ce jour fatidique, a déclaré ne pas l’avoir donné. Pour faire baisser la pression, le procureur de la République a apporté les précisions suivantes : « L’enquête en cours est réalisée sous l’autorité et le contrôle du juge d’instruction de Foix, lequel peut recourir, conformément aux dispositions issues du Code de procédure pénale, à tous les actes qu’il juge utiles à la manifestation de la vérité. A ce titre, et afin de faire toute la lumière sur les circonstances des faits dont il est saisi, il a décidé d’entendre au cours de la semaine écoulée plusieurs personnes sous le régime de la garde à vue, conformément aux dispositions de l’article 77-2 du Code de procédure pénale. La nécessaire recherche de la vérité, dans les conditions et les limites fixées par la loi doit être entreprise de manière sereine et apaisée... ».

Indemnisation des dégâts par les FDC : un jugement qui fera jurisprudence

A la suite de dégâts causés par des sangliers à des cultures et récoltes, la FDC de Mayenne a mis en place des clôtures pour les protéger. Considérant que ces dernières sont insuffisantes, des exploitants ont obtenu du président du TGI, statuant en référé, l’instauration d’une mesure d’expertise pour : « déterminer, d’une part si ces clôtures sont adaptées, et d’autre part, les travaux à engager pour protéger les cultures ainsi que leur coût ». Les exploitants ont donc assigné la FDC sur le fondement des articles 1241 du Code civil et L. 426-5 du Code de l’environnement, afin d’obtenir la condamnation de la FDC sous astreinte à prendre en charge les travaux préconisés par l’expert, et à leur verser une provision à valoir sur la réparation de leurs préjudices. La cour d’appel d’Angers, pour condamner la FDC à prendre en charge le coût des travaux de clôture préconisés par l’expert, en ce compris la fourniture des piquets et le coût de la pose de la clôture avait jugé que : « … en application de l’article L. 426-5 précité, dans sa version issue de la loi n° 2012-325 du 7 mars 2012, la FDC doit prendre en charge les mesures de prévention des dégâts de grand gibier ». Mais cet arrêt a été cassé, le 25 mai dernier, par la deuxième chambre civile de la Cour de Cassation qui a considéré que : « Si la loi a consacré un principe général de prise en charge, par les FDC, des mesures de prévention des dégâts causés par le grand gibier, elle ne comporte, sur le fondement de ce texte, aucune disposition ouvrant à un exploitant agricole un droit à la prise en charge, par ces fédérations, du coût de mesures de prévention de dommages susceptibles d’affecter son exploitation ».

Empoisonnement de deux loups : 11 exploitations perquisitionnées

Dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet d’Albertville en avril 2021, concernant la mort de deux loups par empoisonnement dans le parc national de la Vanoise (Savoie), onze exploitations agricoles ont été perquisitionnées mardi dernier, par les forces de l’ordre et des agents de l’OFB, a annoncé la FDSEA 73. En plus des deux loups, une dizaine d’autres animaux sauvages, dont deux gypaètes barbus, un renard et une fouine, avaient également été retrouvés morts, et la cause étant inexpliquée, des analyses avaient été réalisées sur les cadavres. Les écolos pro-loups crient au massacre inutile, tandis que, de leur côté, les éleveurs dénoncent de l'« agri-bashing ». Selon des sources locales, les éleveurs, malgré la perte de 3093 animaux d’élevage nient toute responsabilité dans cette affaire, traumatisante pour les exploitants visés. Au terme des perquisitions, et malgré les importants moyens mobilisés pendant plus d'un an par la police de l'environnement et la gendarmerie nationale, aucun auteur n'a pu être identifié. La procédure va donc être classée sans suite a annoncé la procureure de la République.

​​​​​​​19 nouveaux « éco-ponts » au programme des réseaux APRR et AREA

La faune sauvage va bénéficier de la création, par les concessionnaires d’autoroutes APRR et AREA, de 19 nouveaux « éco-ponts » destinés à relier des territoires coupés et isolés par les emprises autoroutières grillagées. Ces passages supérieurs, qui devraient être fonctionnels pour la fin de l’année 2023, nécessitent cependant des travaux conséquents afin de rétablir les passages séculaires de la faune sauvage. Ils ont fait l’objet d’études et de recherches, notamment inscrites dans le schéma régional de cohérence écologique. Grâce à ces données, il a été déterminé les zones de vie de la faune sauvage et les axes préférentiels de déplacement des animaux. Il y a également, avant construction, une étude des contraintes liées à la géographie du lieu, et aux infrastructures environnantes. Pour chaque « éco-pont » réalisé, construction et intégration dans le milieu, le montant d’investissement est de l’ordre de 4 millions d'€, soit, pour les 19 projets en cours, quelque 80 millions d’€ alloués à ces constructions dédiées au respect et au maintien de la biodiversité près des axes autoroutiers.

​​​​​​​La Suisse n’interdira pas les trophées de chasse

Voilà, c’est fait : la motion de la Vaudoise Isabelle Chevalley, qui prônait l’interdiction de tuer des animaux sauvages pour ramener des trophées en Suisse, n’a pas passé la rampe du Conseil des États. La conseillère vaudoise affirmait que les animaux figurant dans les annexes I à III de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) étaient victimes d’une surexploitation et que leur chasse était une pression supplémentaire inutile et qui ne rapportait rien ou peu aux pays pauvres tentés par le gain financier. Les sénateurs suisses ont balayé les arguments de la dame, considérant que : « Une interdiction unilatérale de commerce serait contre-productive et entraverait la gestion durable des espèces animales et végétales. Les mesures prises à l’échelon international, dans le cadre de la CITES, sont bien plus efficaces pour la conservation des espèces menacées qu’une interdiction unilatérale de la part de la Suisse ». Matthias Michel a été plus incisif : « on ne doit pas discuter de ce qui est moralement bien ou mal dans cette chasse », mettant en exergue la récente argumentation du WWF Suisse envoyée aux sénateurs dans laquelle l’ONG (contre l’avis de 50 autres organisations de défense des animaux) estimait que les revenus générés par cette chasse étaient très importants pour les populations locales.

Une ourse tuée + des garde-à-vue = une manifestation à Saint-Girons

Rappel des faits : le 20 novembre dernier, à Seix, un chasseur avait été victime de l’attaque d’une ourse, lors d’une battue. Gravement blessé par le plantigrade, il avait pu faire usage de son arme, tuant quasiment sur le coup l’animal, suité de deux oursons. Heureusement pour le chasseur, une secouriste qui participait à la battue, sapeur-pompier volontaire, a pu prodiguer les premiers gestes d’urgence avant l’arrivée des médecins du SMUR. Mais, pour la mort de cet animal « protégé », le parquet de Foix a ouvert une information judiciaire contre X, et hier, tous les participants à la battue, y compris le blessé et la secouriste se sont retrouvés en garde à vue, dans les locaux de la gendarmerie de Saint Girons. « Trop, c’est trop » a fustigé Jean-Luc Fernandez, le président de la FDC de l’Ariège qui a ajouté : « Ces procédés sont d’une violence inqualifiable et le monde de la ruralité ne restera pas sans réponse. Nous n’allons pas rester les bras ballants face à qui s’est passé hier. Je trouve inadmissible que le chasseur blessé ce jour-là, et qui marche encore avec des béquilles, soit resté de 8 heures à 19 heures en garde à vue. Vendredi 3 juin, nous invitons tous les chasseurs à se retrouver devant la gendarmerie de Saint-Girons à partir de 9 heures… ».

Réchauffement climatique et agriculture intensive : un mélange détonnant !

Selon une étude réalisée par des chercheurs de « University College de Londres », et supervisés par Charlie Outhwaite, les populations d'insectes sont quasiment deux fois moins nombreuses dans les zones victimes du réchauffement climatique et d'une agriculture intensive, que dans les habitats les moins perturbés. Les scientifiques ont mesuré d’une part l'abondance des insectes et d’autre part, le nombre d'espèces différentes présentes dans diverses régions du monde, et ils ont comparé ces chiffres à des zones vierges et moins touchées par le changement climatique. L'étude conclut que le réchauffement et l'utilisation intensive des terres divisent de près de moitié la population totale d'insectes, mais réduit également de 27% le nombre d'espèces. C’est cette chute qui inquiète, car ses conséquences sont désastreuses pour les cultures, dont les trois-quarts dépendent de la pollinisation. La faune ailée est également touchée, les chercheurs estimant que le nombre d'insectes volants avait diminué, en moyenne, de 80% en Europe, entraînant une baisse des populations d'oiseaux.

Fonte du permafrost : une menace pour l’environnement qui accélère

D’énormes quantité de carbone sont figées dans cette couche de terre gelée, mais, sous l’effet du réchauffement, commencent à être émises dans l’atmosphère sous forme de gaz à effet de serre. Afin de freiner la menace, des scientifiques allemands suggèrent de s’inspirer de l’expérience du parc du Pléistocène, une réserve naturelle russe située dans le nord-est de la Sibérie, qui a mis en place une vaste expérimentation visant à recréer les écosystèmes de l’ère glaciaire. Les chercheurs de l’université de Hambourg estiment que pour préserver 80% du pergélisol, il faudrait simplement augmenter les populations d’herbivores, domestiques ou sauvages. Les animaux, en cherchant leur nourriture, dispersent la neige en l’écrasant au sol, ce qui la rend plus compacte et isolante, maintenant ainsi le froid dans les couches inférieures. Sans intervention, 40% du pergélisol pourrait fondre avant la fin du siècle.

Chasses d’été : c’est parti !

A partir d’aujourd’hui, débute la chasse d’été du brocard, et dans beaucoup de départements, celle du sanglier également. L’abondance démographique du chevreuil s’accompagne logiquement de l’accroissement de la mortalité, ce qui a amené les acteurs du monde cynégétique à s’intéresser de plus près aux pathologies de ces animaux. Selon les régions et les conditions climatiques qui règnent depuis le début des naissances, le temps, cette année, a été plutôt favorable, et les premières chevrettes qui ont été aperçues, étaient apparemment en excellent état sanitaire. Dans les secteurs plus froids et humides, où la mortalité est plus forte, ne pas anticiper les corrections nécessaires dans les plans de chasse est la quasi-certitude de vivre, au minimum, deux années avant le rétablissement des densités. Certes, cela ne modifie en rien la chasse d’été du brocard, et invite à ne pas oublier les fondamentaux, c’est-à-dire se focaliser en juin, sur les animaux mâles déficients et les éliminer avant le rut, puis attendre quasiment mi-juillet pour prélever les grands trophées. De cette façon, le meilleur du potentiel génétique sera conservé. Pour la période de reproduction qui commencera à la fin de ce mois de juin, le brocard veut être seul chez lui. Il va s’y employer, et pour cela, chassera impitoyablement les éventuels concurrents. Tout juste acceptera-t-il la présence d'un tout jeune brocard, n'ayant encore aucune prétention territotiale. Quant aux sangliers, discrets depuis le printemps, ils se montrent de nouveau. Les laies meneuses, qui s’étaient isolées pour les mises bas, reconstituent leur cellule familiale. Ces compagnies, généralement composées de trois générations, deviennent plus actives au moment où, dans les champs, les épis des céréales arrivent au stade « laiteux », une gourmandise pour les bêtes noires. C’est là, près de ces cultures qu’il faut les attendre et, si possible, décantonner le groupe en éliminant une bête rousse. Les jours qui arrivent sont les plus favorables à l’observation, au balayage des sentiers de pirsch et à l’aménagement des petits postes d’affût.

Jeudi 2 juin : ​​​​​​​Webinaire de l’IUCN

Le constat est inquiétant : 43% des maladies infectieuses humaines qui ont émergé au cours des cinquante dernières années, ont pour origine la faune sauvage. Elle n’en est pas uniquement porteuse, puisque de plus en plus d’espèces développent ces maladies, ce qui constitue l’une des principales menaces pour leur survie. La prévention et une gestion efficace de leurs effectifs sont donc des facteurs cruciaux pour sauvegarder la biodiversité et assurer la santé humaine. Lors de cette session, les intervenants se pencheront sur la façon dont la conservation des espèces peut être améliorée et la façon dont la science et les activités de conservation quotidiennes peuvent constituer une première ligne de défense contre l’émergence de zoonoses. Ce webinaire a été créé avec le soutien financier de l’Union européenne et The German Cooperation, via KfW Development Bank, et, précisent les organisateurs : « son contenu relève de la seule responsabilité de l’UICN et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne et de The German Cooperation ou de KfW ».