La proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine entre dans sa phase décisive. Fruit de plus d’un an de concertation menée par l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM), avec les parlementaires et les acteurs de terrain, ce texte, cosigné par 122 députés, sera prochainement examiné en commission à l’Assemblée nationale. En amont de cette échéance, les élus de montagne se sont réunis le 29 avril afin d’harmoniser leurs positions, préciser les priorités et préparer les débats parlementaires.
Portée par Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM, et Xavier Roseren, vice-président, cette initiative vise à répondre aux mutations profondes que connaissent les territoires de montagne : changement climatique, pression touristique, accès aux services publics ou encore maintien des activités économiques traditionnelles. L’objectif affiché est clair : garantir la vitalité, l’attractivité et la souveraineté de ces territoires souvent confrontés à des contraintes spécifiques. Le texte prévoit notamment une refondation du contrat entre la Nation et les territoires de montagne, afin de mieux reconnaître leurs particularités et leurs besoins. Il ambitionne également d’adapter les politiques publiques aux réalités des massifs, en tenant compte des enjeux d’isolement, de mobilité et d’aménagement. Parmi les priorités figurent le maintien de l’accès à l’école, aux soins et aux services publics de proximité, indispensables à la vie quotidienne des habitants. La proposition de loi insiste aussi sur la nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire et énergétique, en soutenant les filières locales et les initiatives adaptées aux ressources des territoires. Enfin, le texte entend valoriser les activités agricoles, forestières et les productions de montagne, en reconnaissant leur rôle essentiel dans l’économie locale et la préservation des paysages. À l’approche de son examen, cette proposition de loi cristallise de fortes attentes pour l’avenir des territoires de montagne.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Pourtant, il serait malhonnête d’ignorer un fait essentiel : l’homme a modelé les paysages, modifié les chaînes trophiques et artificialisé les écosystèmes au point que la nature ne s’autorégule plus spontanément. Dans ce contexte, la chasse, lorsqu’elle est rigoureuse, ciblée, contrôlée, contribue au maintien des équilibres faunistiques. Ce n’est ni une absolution ni un passe-droit, mais une responsabilité issue des dégâts que l’humain a causés. Ce paradoxe nourrit une crise de légitimité alimentée autant par les excès cynégétiques que par l’oubli collectif du rôle de l’homme dans le désordre écologique actuel. Accidents, braconnage, destruction d’espèces protégées, complaisance envers certaines pratiques, discréditent l’ensemble du monde de la chasse. Pourtant, la majorité des chasseurs ne se reconnaît pas dans ces dérives ; beaucoup revendiquent une éthique exigeante, un savoir naturaliste solide, et une implication réelle dans la restauration des milieux. C’est d’ailleurs souvent sur eux que reposent les opérations de comptage, de suivi, de réhabilitation ou de lutte contre les espèces invasives. Dès lors, la question ne doit pas être de condamner ou d’absoudre la chasse, mais d’examiner ce que signifie exercer aujourd’hui une activité qui manipule la vie dans un monde écologiquement fragilisé. Ce débat est moins un duel idéologique qu’un examen moral : peut-on encore prélever du vivant tout en cherchant à le protéger ? Oui, à condition que la réponse soit humble, transparente et compatible avec les impératifs du 21e siècle...
Pour répondre à ces enjeux, les agents de l’OFB, appuyés par leurs partenaires (parcs nationaux, Office national des forêts, gendarmerie, Conservatoire du littoral), sont mobilisés sur l’ensemble du territoire, en métropole comme en outre-mer. Le dispositif couvre tous les milieux : littoral, zones humides, forêts, montagnes et cours d’eau. L’objectif est double : sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques et sanctionner les comportements infractionnels. Les contrôles portent notamment sur la circulation des véhicules motorisés hors des voies autorisées, le dérangement d’espèces protégées, la divagation des chiens, les feux interdits, les dépôts de déchets ou encore le non-respect des réglementations spécifiques aux espaces protégés. Les sanctions encourues varient selon la gravité des faits. Les infractions les plus courantes relèvent de contraventions pouvant atteindre 135 à 1 500 euros (voire 3 000 euros en cas de récidive). En revanche, les atteintes aux espèces protégées (destruction, perturbation volontaire) constituent des délits passibles de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. La circulation illégale de véhicules en espaces naturels peut également être sanctionnée par des amendes, voire la confiscation du véhicule. Des peines complémentaires, comme la remise en état des sites dégradés, peuvent être prononcées. Cette opération s’inscrit dans la continuité des éditions précédentes. En 2025, plus de 17 000 contrôles avaient été réalisés, donnant lieu à près de 900 infractions relevées, preuve de la nécessité de maintenir une présence renforcée sur le terrain. Le bilan de la campagne 2026 sera publié début juin, mais l’enjeu reste constant : concilier activités de loisirs et préservation durable des milieux naturels, en rappelant que leur protection repose aussi sur le respect des règles par chacun.
Les chercheurs se sont intéressés à Ixodes ricinus, principale tique vectrice en Europe de maladies comme la Maladie de Lyme. Leur objectif : comprendre comment la tique contrôle sa salivation, un mécanisme clé pour s’alimenter en sang et infecter son hôte. En effet, la salive empêche la coagulation et affaiblit les défenses immunitaires, facilitant ainsi la transmission de virus et bactéries. Grâce à des techniques de microscopie avancée et de modélisation, les scientifiques ont mis en évidence un double contrôle nerveux des glandes salivaires. Deux voies de signalisation complémentaires, impliquant des récepteurs sensibles à l’acétylcholine, régulent la production de salive. L’une permet une sécrétion continue, tandis que l’autre participe à la composition du « cocktail » salivaire indispensable au repas sanguin. En testant 37 substances, dont certains alcaloïdes, les chercheurs ont identifié des composés capables de bloquer ces mécanismes. Fait majeur : l’un des récepteurs ciblés est spécifique aux invertébrés, ce qui ouvre la voie à des traitements ciblés sans risque pour l’humain ou les animaux. Ces travaux, publiés dans Nature Communications, montrent qu’empêcher la tique de saliver revient à bloquer à la fois son alimentation et sa capacité à transmettre des pathogènes. Cette avancée pourrait déboucher sur de nouvelles stratégies de lutte, plus efficaces et respectueuses de l’environnement, face à un enjeu sanitaire en forte croissance.
En piétinant le sol, en broutant certaines plantes et en dispersant des graines, ces grands herbivores joueraient un rôle structurant comparable à celui qu’ils occupaient autrefois dans les paysages européens. Ces arguments s’inscrivent dans une vision plus large de « réensauvagement », qui consiste à restaurer des dynamiques naturelles en réintroduisant des espèces disparues. Les partisans de cette approche mettent en avant des bénéfices écologiques mesurables, ainsi qu’une meilleure résilience des milieux face au changement climatique. Cependant, ces conclusions suscitent des réserves. Certains acteurs du monde rural pointent le manque de recul scientifique sur ces expérimentations et s’interrogent sur leur transposabilité à des territoires fortement anthropisés. Les impacts sur les activités humaines, notamment agricoles et forestières, restent également au cœur des préoccupations. Entre promesses écologiques et incertitudes pratiques, ces initiatives alimentent un débat plus large : jusqu’où faut-il aller pour restaurer des équilibres naturels ? Pour leurs détracteurs, ces études illustrent une tendance à multiplier les arguments en faveur des réintroductions, quitte à en minimiser les contraintes.
La rencontre avec le Premier ministre n’échappe pas à cette impression. Certes, les sujets abordés sont nombreux : dégâts de gibier, espèces classées, usage du plomb, gestion adaptative. Mais leur simple énumération ne suffit pas à faire politique. Aucun arbitrage clair n’est annoncé, aucune orientation ferme ne se dégage. Le seul élément tangible tient dans la promesse d’un « planning de travail » et de futurs points d’étape. Autrement dit, du temps, encore du temps. Faut-il s’en satisfaire ? La question mérite d’être posée sans excès, mais sans naïveté non plus. Car si le dialogue est indispensable, il ne saurait constituer un aboutissement en soi. À trop valoriser l’écoute, on en viendrait presque à oublier que l’enjeu reste la décision. Or, sur des dossiers aussi sensibles que les indemnisations, les statuts d’espèces ou les contraintes réglementaires à venir, l’absence de cap précis nourrit une forme d’incertitude durable. Il ne s’agit pas ici de nier l’intérêt de ces échanges au plus haut niveau de l’État. Ils témoignent d’une reconnaissance institutionnelle réelle. Mais cette reconnaissance, pour être pleinement crédible, doit s’accompagner de résultats lisibles. À défaut, elle risque de se transformer en simple exercice de communication, où chacun trouve matière à afficher sa bonne volonté sans pour autant modifier l’équilibre des décisions. Au fond, ce double épisode laisse une impression contrastée. D’un côté, une Fédération qui revendique sa place dans le dialogue public. De l’autre, un pouvoir exécutif qui écoute, consulte, mais s’engage peu. Entre les deux, un espace qui se remplit de mots... mais peine encore à produire des actes.
Après avoir frôlé l’extinction au 20e siècle, la population italienne s’est progressivement reconstituée dans les Abruzzes, puis a entamé une expansion naturelle vers le nord. Les premières observations officielles en France remontent à 1992 dans le parc du Mercantour. Depuis, les analyses génétiques confirment l’origine italienne des individus présents sur le territoire. Cette recolonisation est cohérente avec la dynamique observée ailleurs en Europe, où le loup regagne spontanément des territoires favorables. Aujourd’hui, la population française dépasse les 1 000 individus d'après les sources officielles. Mais, parallèlement, certains acteurs, notamment dans les milieux cynégétiques ou agricoles, contestent cette version. Ils évoquent des introductions volontaires, parfois illégales. C’est dans ce contexte que s’inscrit le témoignage d'un guide de chasse renommé, qui rapporte qu’en 1991, en Mongolie, des responsables locaux lui auraient indiqué capturer des louveteaux « destinés à la France ». D’autres rumeurs évoquent des lâchers par des associations écologistes ou des programmes encore plus discrets. Au-delà des faits biologiques, la controverse reflète surtout un conflit d’usages et de perceptions. Pour les scientifiques, le dossier est largement tranché : les données génétiques, les observations de terrain et la dynamique européenne plaident en faveur d’un retour naturel. Mais pour de nombreux éleveurs, confrontés aux attaques sur leurs troupeaux, cette explication ne suffit pas. Le sentiment d’avoir subi une situation imposée, sans concertation, nourrit la défiance envers les institutions et les discours officiels. En l’état des connaissances, aucune preuve solide ne vient étayer l’hypothèse d’une réintroduction organisée. Le retour naturel du loup constitue donc l’explication la plus robuste. Mais tant que les tensions liées à la cohabitation persisteront, ces récits alternatifs continueront d’alimenter le débat.
Les collectivités peuvent ainsi bénéficier d’un accompagnement pour planifier leur transition écologique, prévenir les risques naturels – notamment en montagne ou face aux inondations – ou encore valoriser et recycler leur foncier. Le dispositif soutient également les initiatives favorisant la restauration des milieux naturels, le développement de solutions fondées sur la nature et la réduction des pressions sur la biodiversité. Parmi les actions financées figurent la réalisation d’atlas de la biodiversité communale, la renaturation des villes et villages, le recyclage des friches, ou encore le soutien à l’ingénierie de projets locaux. Le programme inclut aussi des aides pour la transition des espaces littoraux, l’adaptation au recul du trait de côte, la prévention des incendies de forêt, ainsi que la rénovation énergétique des bâtiments publics et le développement des mobilités durables. Chaque mesure est détaillée dans un cahier d’accompagnement précisant les objectifs, les modalités et les critères d’éligibilité. Créé en 2023, le Fonds vert constitue aujourd’hui un levier central pour accélérer la transformation écologique des territoires, en soutenant des projets concrets, adaptés aux réalités locales et aux besoins des citoyens.
Mais le choix du syndicat n’est pas celui de l’apaisement : il est celui de la désignation d’adversaires et de la montée en tension. FNSEA, Coordination rurale, élus, gouvernement… tous sont renvoyés dans le camp des « tourmenteurs ». Le message est clair : il ne s’agit plus seulement de défendre des conditions de travail, mais de livrer un combat idéologique. Cette posture interroge, car sur le terrain, la réalité est plus nuancée que ne le laisse entendre ce discours binaire. Les agriculteurs, souvent pointés du doigt, ne sont pas des ennemis de la nature par principe. Ils sont, eux aussi, confrontés à des injonctions contradictoires, à une pression économique forte et à des normes parfois déconnectées des réalités de terrain. Les opposer frontalement aux agents de l’OFB, c’est prendre le risque d’aggraver une fracture déjà profonde. Plus encore, en politisant à outrance le débat, en invoquant la fenêtre d’Overton, l’extrême droite ou une supposée collusion généralisée, le syndicat sort du cadre strict de la défense du service public pour entrer dans celui du militantisme. Ce glissement n’est pas neutre. Il fragilise la crédibilité d’un établissement dont la légitimité repose justement sur son expertise technique, scientifique et juridique. Oui, la protection de l’environnement est un enjeu majeur. Oui, les agents de l’OFB doivent être respectés et protégés. Mais transformer chaque désaccord en affrontement, chaque critique en attaque politique, c’est enfermer le débat dans une logique de bloc contre bloc. À l’heure où la conciliation entre production agricole et préservation des milieux est plus nécessaire que jamais, ce choix de la conflictualité apparaît moins comme une solution que comme une impasse.
La première instruction porte sur la surveillance évènementielle des pestes porcines, africaine et classique, dans les élevages de suidés. Elle précise les procédures à suivre en cas de suspicion clinique, depuis le signalement jusqu’aux analyses de confirmation. Ce document inclut également des recommandations pratiques, notamment une fiche dédiée aux bonnes pratiques d’autopsie en élevage, afin de faciliter la détection précoce de la maladie. La deuxième instruction détaille les mesures à mettre en œuvre lorsqu’un foyer est confirmé dans un élevage. Elle encadre les opérations d’abattage sanitaire, les restrictions de mouvements d’animaux, les mesures de biosécurité renforcées et les opérations de nettoyage et de désinfection. L’objectif est de contenir rapidement la propagation du virus et de sécuriser les exploitations voisines. La troisième instruction, publiée pour la première fois, précise les règles applicables dans les zones réglementées après la confirmation d’un cas ou d’un foyer. Elle distingue plusieurs niveaux d’intervention. Dans un premier temps, des zones de protection (ZP) et de surveillance (ZS) sont instaurées autour des élevages touchés, ou une zone infectée (ZI) en cas de détection dans la faune sauvage. Si la situation évolue, un dispositif de régionalisation est mis en place avec des zones réglementées I, II et III (ZRI, ZRII, ZRIII), impliquant des restrictions graduées. Cette phase peut durer au moins un an après le dernier cas recensé, afin de garantir l’éradication du virus.
Le règlement définit également le champ de la « mise sur le marché », incluant la vente, la mise en vente et tout transfert de propriété à caractère commercial. En revanche, les cessions occasionnelles et non commerciales (dons ponctuels) sont explicitement exclues, afin de ne pas soumettre les activités privées à des contraintes disproportionnées. Cette distinction est essentielle pour différencier les activités commerciales structurées des pratiques individuelles. Une classification des éleveurs est introduite selon le volume d’activité : les petits éleveurs (jusqu’à deux portées par an) bénéficient d’exigences allégées, tandis que les éleveurs au-delà de ce seuil sont soumis à des obligations plus strictes. Néanmoins, un socle minimal de règles de bien-être s’applique à tous les détenteurs impliqués dans la reproduction, la vente ou la cession d’animaux, indépendamment de l’échelle de l’activité. Certaines pratiques sont interdites dans le cadre des activités commerciales, notamment l’utilisation de dispositifs délivrant des décharges électriques. Toutefois, cette interdiction ne s’applique pas aux chiens qui ne sont pas destinés à être mis sur le marché, ce qui préserve certains usages spécifiques, notamment dans le cadre de la chasse. Le règlement encadre également certaines pratiques vétérinaires. La caudectomie est autorisée à titre prophylactique lorsqu’elle est justifiée pour des raisons de santé, conformément aux législations nationales. Par ailleurs, les exigences relatives aux conditions d’hébergement évoluent : une période minimale de huit heures sans lumière artificielle est imposée, tandis que les seuils de température ne sont plus fixés de manière uniforme, laissant une marge d’adaptation aux contextes climatiques locaux. Enfin, le texte entrera en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne, avec une application différée de deux ans, permettant aux acteurs concernés de se conformer progressivement aux nouvelles exigences.
Leur système digestif, basé sur la fermentation dans la panse, transforme partiellement ces sucres en alcool. Ce phénomène naturel, comparable à une fermentation végétale, entraîne une légère intoxication. L’alcool ainsi produit passe dans le sang et peut altérer les réflexes de l’animal : perte de vigilance, déplacements erratiques, difficulté à évaluer le danger. Cela explique pourquoi certains individus semblent désorientés, voire attirés par des environnements inhabituels. À cette cause physiologique s’ajoute un facteur comportemental important : la dispersion des jeunes. Au printemps, les femelles s’isolent pour la naissance des nouveaux faons. Ces jeunes de l’année dernière, brusquement livrés à eux-mêmes, s’éloignent de leur territoire d’origine et partent à la recherche d’un nouvel espace. Cela les conduit souvent à traverser des zones inconnues, y compris des infrastructures humaines comme les routes ou les zones périurbaines. Désorientés et inexpérimentés, ils sont particulièrement vulnérables. Enfin, le printemps correspond à une phase de forte activité globale pour l’espèce. Les déplacements augmentent, les territoires se redéfinissent et les interactions entre individus se multiplient. Cette agitation accroît mécaniquement les risques de rencontre avec les humains. Ces différents éléments expliquent la présence accrue de chevreuils près des axes routiers à cette période. Pour les automobilistes, le danger est réel : un animal désorienté peut surgir brusquement ou rester immobile face aux phares. La prudence est donc essentielle, notamment à l’aube et au crépuscule, moments où les chevreuils sont les plus actifs.