Les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité. Introduites volontairement ou accidentellement par les activités humaines, ces espèces se sont implantées durablement dans de nouveaux milieux, parfois au détriment de la faune et de la flore locales. Les données de l’Observatoire national de la biodiversité montrent une augmentation continue de leur présence en France depuis plusieurs décennies. L’analyse d’un panel de 86 espèces révèle une progression régulière depuis les années 1950 et cette présence s’est progressivement accrue au fil des décennies, avec une accélération notable à partir des années 1980.
Cette tendance concerne également les espèces animales terrestres, qui figurent parmi les envahisseurs les plus visibles et parfois les plus problématiques. C’est notamment le cas du raton laveur, du chien viverrin, de la tortue de Floride, ou encore de l’écureuil de Corée, introduits à l’origine comme animaux de compagnie ou pour l’élevage. Une fois relâchés ou échappés dans la nature, ces animaux ont pu coloniser de nouveaux territoires. Le frelon asiatique, introduit accidentellement au début des années 2000, constitue un autre exemple emblématique d’espèce invasive terrestre. Sa progression rapide sur le territoire français illustre la capacité de certaines espèces à se diffuser très rapidement lorsqu’elles trouvent des conditions favorables. D’autres mammifères, comme le ragondin ou le rat musqué, bien qu’associés aux milieux aquatiques, exercent aussi des impacts sur les écosystèmes terrestres environnants. Les conséquences de ces introductions sont multiples. Les espèces envahissantes peuvent entrer en compétition avec les espèces locales pour l’alimentation ou les habitats, transmettre des maladies, ou perturber les équilibres écologiques. Certaines provoquent également des dommages agricoles ou économiques. Face à cette progression, les scientifiques et les gestionnaires de la biodiversité insistent sur l’importance de la prévention et de la surveillance. La détection précoce des nouvelles espèces, la limitation des introductions et la gestion des populations déjà installées constituent aujourd’hui des enjeux majeurs pour préserver les équilibres naturels.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Préfète du Puy-de-Dôme depuis le 17 décembre 2025 seulement, Anne Frackowiak-Jacobs appartient au corps préfectoral et dispose d’une solide expérience territoriale. Elle a exercé dans plusieurs départements, notamment dans des territoires ruraux où les questions agricoles et environnementales occupent une place centrale. Son arrivée au sein du conseil d’administration de l’OFB peut être interprétée comme une volonté de l’État de renforcer la dimension territoriale et administrative dans la gouvernance de l’établissement. Mais cette nomination ne survient pas isolément. Elle intervient peu après celle d’Anne Le Strat, figure bien connue des milieux écologistes, engagée dans les politiques publiques de gestion de l’eau et présidente de l’entreprise publique Eau de Paris. Ces deux arrivées, à quelques semaines d’intervalle, dessinent un équilibre intéressant au sein du conseil d’administration : d’un côté, une représentante de l’État issue du corps préfectoral et rompue à la gestion des territoires ; de l’autre, une personnalité engagée de longue date dans les politiques environnementales. Faut-il y voir une simple coïncidence ou une stratégie plus subtile ? Dans un contexte où l’OFB est régulièrement critiqué pour son rôle de police de l’environnement et où les tensions avec certains acteurs ruraux se multiplient, l’État semble chercher à rééquilibrer la gouvernance de l’établissement en associant des profils différents. Reste à savoir si cette combinaison permettra réellement d’apaiser les tensions ou si elle ne fera que refléter les lignes de fracture qui traversent aujourd’hui les politiques environnementales françaises.
Des observations préalables avaient permis d’identifier les secteurs favorables à l’espèce, certains possédant encore quelques individus, tandis que d’autres en étaient totalement dépourvus. L’objectif de cette initiative est de stabiliser les populations locales et de reconstituer des noyaux de reproduction capables de se développer naturellement. D’autres transferts de lapins sont d’ailleurs envisagés dans les prochaines semaines sur d’autres communes du département.
De l’aldicarbe, un pesticide extrêmement dangereux interdit en Europe depuis 2003, a été découvert. Le 21 janvier 2026, le pôle régional pour l’environnement de Montpellier a condamné deux personnes à dix mois de prison avec sursis et à un stage de sensibilisation à l’environnement. Les constitutions de partie civile de la LPO France et de la LPO Occitanie ont été déclarées recevables. Le tribunal a condamné les prévenus à verser à chacune des associations : 1 000 € pour le préjudice moral ; 2 000 € pour le préjudice écologique ; 800 € au titre des frais de procédure.
Cette tendance n’est plus conjoncturelle mais structurelle, conséquence de multiples facteurs qui affectent les milieux agricoles et les capacités de reproduction de ces espèces. Face à cette situation, le président de la FNC, Willy Schraen, a appelé à une mobilisation collective : « Aujourd’hui, il s’agit de passer de l’alerte à l’action. Nos chasseurs nous le demandent, nos territoires en ont besoin et notre crédibilité en dépend... ». Les enjeux sont également sociologiques. Selon une étude réalisée par la FNC avec l’IFOP, environ 25 % des chasseurs cesseraient de valider leur permis en raison de la raréfaction du petit gibier. Plusieurs pistes ont été évoquées au cours de la journée. La première concerne la production de données scientifiques fiables pour orienter les décisions de gestion. La base de données ISIGEO, récemment mise en place, permettra désormais de centraliser les informations historiques et les suivis réalisés sur le terrain. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de renforcer les réseaux d’observation et d’améliorer la coordination entre fédérations. Enfin, la question de la prédation et le rôle des piégeurs ont été largement abordés, les intervenants soulignant l’importance de leur engagement bénévole dans les actions de terrain. Ce séminaire marque ainsi une première étape vers l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à restaurer durablement les populations de petit gibier dans les territoires ruraux...
L’objectif affiché est d’améliorer la précision des estimations afin d’éclairer les décisions publiques concernant la gestion du Loup gris en France. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont affiné une méthode utilisée depuis plus de quinze ans. Celle-ci repose sur l’analyse génétique d’échantillons biologiques laissés par les loups dans leur environnement : excréments, poils ou encore traces d’urine. Ces indices sont collectés sur le terrain par le réseau de suivi Loup-Lynx piloté par l’OFB. Une fois analysés, ils permettent d’identifier les profils génétiques des individus présents sur un territoire donné. Les scientifiques utilisent ensuite des modèles statistiques dits de « capture-recapture ». Ces calculs de probabilité consistent à estimer la taille d’une population à partir des individus identifiés à plusieurs reprises dans les échantillons collectés. Autrement dit, on déduit le nombre total d’animaux à partir de traces indirectes, ce qui explique la difficulté, et la marge d’approximation, inhérente à ce type d’exercice. La nouveauté de la méthode tient à l’intégration d’une dimension spatiale. Les chercheurs prennent désormais en compte la localisation précise des échantillons. Cette donnée permet de considérer qu’un loup a plus de chances d’être détecté à proximité de son domaine vital qu’à grande distance. En intégrant ce paramètre dans les modèles, les estimations deviennent théoriquement plus robustes à l’échelle d’un territoire. Et pour parfaire cette quête de précision, les chercheurs ont donc choisi d’associer leurs résultats à une « fourchette d’incertitude », comparable à celles utilisées en météorologie. Une manière élégante de reconnaître que, même avec des outils statistiques sophistiqués, compter des animaux discrets qui parcourent de vastes territoires reste un exercice délicat. Selon les auteurs de l’étude, cette transparence méthodologique est essentielle pour mieux informer le débat public et les politiques de gestion de l’espèce en France.
Selon l’ONF, près de trois Français sur quatre se disent attachés aux forêts, un intérêt que ce rendez-vous national entend renforcer à travers des rencontres avec des forestiers et des spécialistes de l’environnement. À Paris, le festival s’installera à l’Académie du Climat, dans le 4e arrondissement, du 18 au 21 mars. Conférences, expositions et ateliers participatifs y seront proposés. Parmi les temps forts figure la « Sylvafresque », un atelier collaboratif permettant d’explorer les multiples fonctions de la forêt. Plusieurs personnalités interviendront également lors de rencontres publiques, parmi lesquelles le photographe animalier Vincent Munier, l’artiste Edi Dubien, l’autrice-compositrice Emily Loizeau ou l’historienne Martine Chalvet. Des activités scientifiques et culinaires seront aussi proposées aux plus jeunes. La programmation comprend également un cycle de projections dans six cinémas indépendants parisiens. Des films tels que « Le mal n’existe pas » de Ryusuke Hamaguchi, « Viendra le feu » d’Oliver Laxe ou « Nausicaa de la Vallée du Vent » de Hayao Miyazaki seront diffusés, suivis d’échanges avec des forestiers et des experts. Partout en France, des animations locales viendront compléter la programmation : conférences, balades guidées, ateliers pédagogiques ou découvertes de métiers forestiers. En Savoie, une conférence sur la gestion forestière en Tarentaise est prévue à Séez. Dans l’Ain, la forêt domaniale de Seillon accueillera une balade en calèche et un jeu de piste. En Moselle, les participants pourront s’initier au martelage, une opération de sélection des arbres à exploiter. Les Outre-mer participeront également à l’événement, notamment en Guyane et à La Réunion avec des visites guidées et des balades botaniques. Le programme complet et les inscriptions sont disponibles sur le site de l’ONF.
Des efforts ont notamment permis d’améliorer l’identification et la protection des habitats essentiels, ainsi que celle des corridors migratoires. Les connaissances scientifiques se sont également enrichies grâce à une cartographie plus précise des routes migratoires. Ces actions ont contribué à l’amélioration du statut de conservation de plusieurs espèces, dont sept ont été reclassées dans une catégorie de menace moins élevée. Plusieurs initiatives internationales ont aussi renforcé la compréhension des déplacements des espèces migratrices. Parmi elles figurent notamment l’Initiative mondiale sur la migration des ongulés (GIUM), le système MiCO consacré à la connectivité migratoire dans les océans, ainsi que les travaux de BirdLife International visant à cartographier les principales voies migratoires. Malgré ces progrès, la situation globale demeure alarmante. Les espèces migratrices sont exposées à une multiplication de pressions d’origine humaine tout au long de leurs routes migratoires. La destruction et la fragmentation des habitats, la surexploitation, la pollution et le changement climatique agissent souvent de manière combinée et à différents endroits de leurs cycles de vie. Les dernières mises à jour de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) confirment cette tendance. Les réévaluations publiées dans la version 2025-1 de la Liste rouge concernent environ un tiers des espèces inscrites aux annexes de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS). Face à ces constats, le rapport souligne la nécessité d’accélérer les efforts de conservation afin d’atteindre les objectifs du Plan stratégique de Samarcande pour les espèces migratrices, notamment la cible visant à protéger et restaurer tous les habitats importants d’ici 2032.
Une telle décote est perçue par la direction de Ruger comme défavorable pour les actionnaires existants, puisqu’elle permettrait à Beretta d’accumuler rapidement une participation importante à un prix inférieur à la valeur de marché. Au-delà de l’aspect financier, la principale source de tension concerne les conditions de gouvernance associées à cette opération. Ruger affirme que Beretta souhaite obtenir une représentation disproportionnée au sein du conseil d’administration, ainsi qu’un droit de vote renforcé pouvant s’apparenter à un quasi-droit de veto sur certaines décisions stratégiques. L’entreprise américaine estime que ces exigences donneraient à Beretta une influence excessive par rapport à la taille de sa participation. Ruger indique également que Beretta aurait demandé la nomination de son propre directeur général au conseil d’administration de Ruger. Selon la société américaine, une telle situation pourrait entrer en conflit avec certaines réglementations antitrust américaines, dans la mesure où elle impliquerait la présence d’un dirigeant d’un concurrent direct au sein de l’organe de gouvernance. Dans son communiqué, Ruger souligne toutefois que son conseil d’administration a tenté d’adopter une approche constructive. Des représentants de l’entreprise se sont rendus à plusieurs reprises en Europe afin de rencontrer la direction de Beretta et d’explorer les possibilités de dialogue. Malgré ces échanges, les deux groupes ne sont pas parvenus à un accord sur les modalités d’une coopération ou d’un investissement. Face à ce qu’elle qualifie de « campagne agressive », la direction de Ruger affirme qu’elle restera mobilisée pour protéger les intérêts des actionnaires et des autres parties prenantes. Cette situation ouvre désormais la voie à une possible confrontation stratégique entre les deux fabricants d’armes, qui pourrait se jouer à la fois sur le terrain financier, juridique et de la gouvernance d’entreprise.
Depuis sa création en 2021, l’initiative vise à sensibiliser le public aux conséquences des déchets abandonnés dans la nature et à encourager des actions concrètes de ramassage. L’édition 2026 a une nouvelle fois illustré l’ampleur de cet engagement collectif. Des citoyens de tous âges ont répondu présents aux côtés d’associations, de clubs sportifs, de collectivités, d’établissements scolaires, d’entreprises et de nombreux acteurs locaux. Malgré un calendrier marqué par les vacances scolaires et le contexte des élections municipales, la mobilisation est restée très forte. Au total, 160 000 bénévoles, dont 52 000 enfants, ont participé à ces actions de nettoyage dans divers milieux naturels : forêts, campagnes, bords de routes, rivières et littoraux. Au-delà de la collecte de déchets, ces opérations ont également constitué un moment privilégié de sensibilisation à la préservation de l’environnement, notamment auprès des plus jeunes. L’édition 2026 marque également l’extension de l’opération aux territoires ultramarins. Pour la première fois, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon ont participé à l’initiative, avec plusieurs actions de ramassage et points de collecte organisés localement, permettant aux habitants de rejoindre ce mouvement national. Au cours du week-end, 17 000 m³ de déchets ont été collectés sur l’ensemble du territoire. Ce volume témoigne à la fois de l’ampleur du problème des déchets abandonnés et de la capacité de mobilisation citoyenne face à cet enjeu environnemental. Au fil des années, « J’aime la Nature Propre » s’impose comme un rendez-vous majeur de l’engagement citoyen pour la nature, illustrant la dynamique collective impulsée par la Fédération nationale des chasseurs et ses partenaires. Pour le président de la FNC, cette édition confirme la progression constante de l’opération : elle démontre que les citoyens sont toujours plus nombreux à vouloir agir concrètement pour préserver l’environnement et protéger les espaces naturels sur l’ensemble du territoire.
Les captures annuelles de pigeons ramiers et colombins sont estimées à environ 70 000 individus, un niveau considéré comme très inférieur au seuil de durabilité pour des espèces classées en « préoccupation mineure » par l’UICN. Les filets utilisés dans les palombières, qu’ils soient horizontaux au sol ou verticaux dans les arbres, sont installés de manière ciblée afin d’attirer uniquement les pigeons. Des études menées sur le terrain avancent un taux de sélectivité supérieur à 99 %, les captures accidentelles étant immédiatement relâchées. Au-delà de la dimension réglementaire, les chasseurs rappellent que cette pratique s’inscrit dans une gestion globale des populations de pigeons. Le pigeon ramier, en particulier, connaît depuis plusieurs décennies une expansion démographique notable en Europe occidentale. Cette progression s’accompagne localement de dégâts agricoles significatifs, notamment dans les cultures de tournesol, de maïs ou de céréales d’hiver. Dans plusieurs départements, l’espèce figure d’ailleurs sur la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), ce qui autorise des opérations de régulation afin de limiter les pertes pour les exploitations agricoles. Dans ce contexte, les défenseurs des chasses traditionnelles estiment que les palombières constituent un outil complémentaire de gestion de la faune sauvage. Contrairement à la chasse au fusil, non soumise à des quotas précis, la capture au filet est strictement encadrée et repose sur un nombre limité d’installations et de jours de pratique. Les acteurs du monde cynégétique soulignent également la dimension patrimoniale et scientifique de cette activité. Dans plusieurs régions du sud-ouest, les palombières représentent un élément important du paysage rural et participent à la transmission de savoir-faire anciens. Elles permettent aussi la mise en place d’opérations de baguage et de suivi des migrations, contribuant à l’amélioration des connaissances scientifiques sur les populations de pigeons migrateurs. Face aux critiques de Bruxelles, l’État français poursuit donc le dialogue avec la Commission européenne, en s’appuyant sur des données techniques et scientifiques destinées à démontrer la sélectivité et la durabilité de cette chasse traditionnelle.
Pour accélérer le mouvement, elle prévoit même de lancer prochainement un prix récompensant les projets de plantations d’arbres les plus innovants et efficaces. Malgré ces initiatives, les forêts restent un élément central dans la lutte contre le réchauffement climatique. En Europe, près de 40 % des terres sont couvertes d’espaces forestiers. Ces milieux abritent une grande partie des espèces animales, végétales et fongiques du continent. Ils jouent aussi un rôle essentiel en absorbant le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. En plus de stocker du carbone, les forêts contribuent à l’approvisionnement en eau potable, limitent les risques d’inondation et soutiennent la sécurité alimentaire. Toutefois, certains chercheurs estiment que leur capacité à absorber le carbone pourrait diminuer dans les décennies à venir. Les récents incendies illustrent déjà cette fragilité. L’année dernière, plus de 1 800 feux de forêt ont été enregistrés dans l’Union européenne, libérant environ 38 millions de tonnes de CO2. L’été 2025 a été particulièrement dramatique au Portugal et en Espagne, où des méga-feux ont causé la majorité des dégâts forestiers européens. Selon plusieurs analyses, ces catastrophes ont été rendues beaucoup plus probables par des conditions climatiques plus chaudes et plus sèches. Les chercheurs préviennent d’ailleurs que l’Europe du Sud et de l’Ouest devrait subir les transformations les plus marquées dans les décennies futures. Même si l’Europe du Nord pourrait être globalement moins touchée, certains foyers de dégâts forestiers devraient malgré tout apparaître. Une étude internationale publiée dans la revue Science montre que tempêtes, incendies et pullulations de scolytes risquent d’augmenter fortement Europe. Même avec des politiques climatiques ambitieuses les surfaces forestières perturbées pourraient atteindre environ 216 000 hectares chaque année d’ici 2100.