L’Europe aime les grands discours. Elle se proclame championne de la lutte contre le changement climatique, multiplie les règlements contre la déforestation importée et impose à ses agriculteurs des normes toujours plus strictes. Mais, dans le même temps, elle ouvre grand ses frontières à la viande d’Amérique du Sud, dans le cadre de l’accord Mercosur. Cherchez l’erreur... Car derrière les mots policés du libre-échange se cache une réalité brutale : importer massivement de la viande bovine du Brésil, d’Argentine ou du Paraguay revient à encourager directement la destruction des forêts tropicales.
En Amazonie comme dans le Cerrado, la déforestation progresse d’abord pour une raison simple : créer des pâturages et des surfaces agricoles destinées à l’exportation. Chaque tonne de viande sud-américaine consommée en Europe est potentiellement issue d’hectares de forêts rasés, brûlés, anéantis. L’hypocrisie est totale. D’un côté, Bruxelles explique vouloir interdire les produits liés à la déforestation, de l’autre, elle signe un accord qui rendra ces mêmes produits plus compétitifs sur le marché européen. Comment croire à une politique environnementale crédible quand les décisions commerciales contredisent frontalement les objectifs affichés ? Le cynisme atteint son sommet lorsque l’on comprend la logique économique sous-jacente. En échange de ces concessions agricoles majeures, l’Europe espère vendre davantage de voitures, notamment allemandes, sur les marchés sud-américains. Autrement dit, on sacrifie des forêts millénaires, des écosystèmes uniques et le climat mondial pour quelques parts de marché supplémentaires dans l’automobile. Pour quelques roues de plus sous des berlines, on marche sur la tête. Ce choix est aussi une trahison envers les agriculteurs européens. On leur impose des règles environnementales strictes, des coûts de production élevés, des contrôles permanents, tout en les mettant en concurrence avec des filières qui ne respectent ni les mêmes normes sanitaires, ni les mêmes exigences sociales, ni les mêmes contraintes écologiques. C’est une concurrence déloyale institutionnalisée, assumée, organisée. L’Europe doit choisir. Soit elle fait de la biodiversité, du climat et de la cohérence écologique une priorité réelle, soit elle continue à empiler des discours vertueux sur des accords commerciaux destructeurs. On ne peut pas, durablement, défendre la planète d’une main et la vendre de l’autre. Le Mercosur n’est pas un détail technique : c’est un révélateur brutal de l’incohérence européenne.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Sur le plan chimique, le pétrichor est principalement attribué à la présence de composés organiques volatils, dont la géosmine et le 2 méthylisobornéol (2 MIB), des molécules produites par des micro organismes du sol, en particulier les actinobactéries. À ces composés s’ajoutent des huiles végétales hydrophobes sécrétées par certaines plantes et accumulées à la surface des sols et des roches durant les périodes sèches, contribuant à la complexité du bouquet olfactif. Les actinobactéries jouent un rôle central dans la genèse biologique du pétrichor. En conditions de stress hydrique, ces micro organismes produisent des spores contenant de la géosmine, lesquelles s’accumulent dans les couches superficielles du sol. L’arrivée de la pluie provoque leur remise en suspension et leur dispersion dans l’air. Cette libération soudaine suggère une fonction écologique potentielle, notamment en facilitant la dissémination des spores ou en agissant comme signal chimique pour certains organismes du sol ou insectes. Le mécanisme de transfert des composés odorants vers l’atmosphère repose sur un processus physique d’aérosolisation. Lorsque les gouttes de pluie impactent un sol sec et poreux, elles emprisonnent de fines bulles d’air qui remontent rapidement à la surface et éclatent. Ce phénomène projette dans l’air des micro aérosols chargés de composés organiques et microbiens. L’intensité du pétrichor dépend ainsi de plusieurs paramètres, tels que la taille et la vitesse des gouttes de pluie, la porosité et la composition du sol, ainsi que les conditions atmosphériques locales. Au delà de l’expérience sensorielle humaine, le pétrichor présente des enjeux scientifiques et écologiques notables. Il constitue un indicateur des échanges entre le sol et l’atmosphère et offre un modèle pertinent pour l’étude des aérosols naturels. Ses applications potentielles concernent des domaines variés, allant de l’agronomie à la qualité de l’air, en passant par la parfumerie. Ainsi, le pétrichor illustre la complexité des interactions invisibles reliant les processus biologiques, chimiques et physiques au sein des environnements terrestres.
Patrick Sébastien affirme vouloir donner une voix à ce qu’il décrit comme « une France oubliée », éloignée des cercles de décision et des formations politiques traditionnelles. Le mouvement repose sur un site internet permettant aux citoyens de transmettre leurs propositions, parfois de manière anonyme, sur des sujets variés tels que le pouvoir d’achat, les services publics, la sécurité ou encore la justice sociale. L’objectif affiché est de recueillir des idées concrètes et applicables, puis d’en faire une synthèse. Le fonctionnement de « Ça suffit » repose sur une stratégie assumée d’influence plutôt que de conquête du pouvoir. Patrick Sébastien a exclu à plusieurs reprises toute candidature personnelle à une élection. Il se définit comme un porte-voix, utilisant sa notoriété pour relayer des revendications citoyennes auprès des responsables politiques. L’une des ambitions du mouvement serait de peser sur le second tour de la présidentielle en présentant aux finalistes une liste de propositions issues de la plateforme, et en appelant les électeurs à soutenir le candidat qui s’engagerait à les reprendre. Cette démarche, que l’intéressé qualifie parfois de « chantage démocratique », suscite des réactions contrastées. Certains y voient une tentative originale de revitalisation de la participation citoyenne, dans un contexte de défiance envers les partis et les institutions. D’autres dénoncent une initiative floue, portée par une figure médiatique sans cadre politique structuré ni légitimité élective. Patrick Sébastien assume ce positionnement atypique, insistant sur le caractère indépendant du mouvement. « Ça suffit » ne revendique aucune affiliation partisane et ne présente pas de programme clé en main. Il s’agit, selon son promoteur, d’un outil de pression citoyenne plus que d’un projet de gouvernement.
Or, cette dimension temporelle, indispensable à l’analyse scientifique du vivant, est aujourd’hui fragilisée par une érosion des financements, une remise en cause croissante de l’expertise scientifique et la diffusion de discours de désinformation qui brouillent le débat public. Les pressions anthropiques sur les systèmes naturels (changement climatique, artificialisation des sols, pollutions, surexploitation des ressourc
es biologiques) entraînent une accélération inédite de l’érosion de la biodiversité. Dans ce contexte, les « signaux faibles » détectés par les chercheurs deviennent rapidement des indicateurs d’alerte, annonçant des ruptures écologiques majeures aux conséquences systémiques pour le fonctionnement des écosystèmes et les sociétés humaines. Seules les recherches écologiques à long terme permettent d’identifier les trajectoires réelles de la biodiversité, de distinguer les fluctuations naturelles des tendances de fond et d’évaluer les capacités d’adaptation des espèces face aux perturbations globales. Dans un article publié dans la revue BioScience, le CNRS alerte sur les conséquences de cette fragilisation : sans infrastructures pérennes d’observation du vivant, la communauté scientifique perdra sa capacité à anticiper les points de bascule écologiques et à proposer des réponses fondées sur des données robustes. Pour répondre à cet enjeu, le CNRS a lancé le programme SEE-Life, dédié au soutien de la recherche écologique et évolutive à long terme. Ce programme vise à garantir la continuité des suivis, à renforcer l’interdisciplinarité et à produire des connaissances directement mobilisables par les politiques publiques.
Une partie de ces terrains est exploitée par des agriculteurs dans le cadre de baux ruraux environnementaux, qui encadrent les pratiques agricoles afin de concilier production et protection des milieux naturels. Le partenariat avec la Fnab vise à renforcer cette orientation en accompagnant les exploitants vers des pratiques biologiques ou agroécologiques. Selon le communiqué commun, la Fnab apportera son expertise technique et son réseau pour soutenir les agriculteurs déjà installés sur les terres du Conservatoire, mais aussi ceux susceptibles de s’y installer. L’accompagnement portera notamment sur l’évolution des systèmes de production, la conversion à l’agriculture biologique et la valorisation économique de pratiques jugées favorables à la biodiversité et au climat. L’objectif affiché est de sécuriser les parcours de transition, dans un contexte où la conversion au bio peut représenter un risque économique pour les exploitations. Le partenariat prévoit également de mieux valoriser les modèles agricoles déjà en place sur les sites du Conservatoire du littoral. Ces territoires accueillent majoritairement de l’élevage extensif et des cultures à faible intrant, considérés comme compatibles avec la préservation des sols, des zones humides et des espèces protégées.
Objectif affiché : contrôler ce qui entre sur le territoire. « Ils contrôlent ce qui sort, nous contrôlons ce qui rentre », résume Tom Gremont, éleveur à Dieppe. À l’aide de disqueuses, plusieurs remorques ont été ouvertes. Verdict répété à plusieurs reprises : « la viande n’est pas française ». Derrière le geste symbolique, l’argument est avant tout économique. Selon les organisations agricoles, le coût de production d’un kilo de viande bovine en France dépasse souvent 5 à 6 euros, contre 2 à 3 euros dans certains pays d’Amérique du Sud. En cause : des salaires et des charges sociales élevées, des normes sanitaires et environnementales strictes. À l’inverse, les producteurs étrangers bénéficient de coûts salariaux bien plus faibles et de réglementations moins contraignantes, leur permettant d’exporter à des prix imbattables. Les agriculteurs dénoncent aussi un risque de pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs français, déjà fragilisés par la hausse des charges énergétiques et des intrants. À la mi-journée lundi, une quinzaine de camions avaient été contrôlés, sans incident avec les forces de l’ordre, restées en observation. Les actions pourraient se poursuivre, les agriculteurs affirmant ne pas être prêts à lever les barrages tant que leurs revendications économiques et financières ne seront pas entendues.
En 2020, le concours s’est élargi avec l’introduction d’une seconde catégorie dédiée à l’agroforesterie, afin de mieux refléter la diversité des pratiques agroécologiques mises en œuvre sur le terrain. Deux catégories structurent désormais le concours. La catégorie « Prairies & Parcours » distingue les pratiques de fauche et de pâturage sur des prairies naturelles à forte diversité floristique. Ces milieux produisent un fourrage de qualité, apprécié des animaux, et favorisent des produits agricoles reconnus pour leurs qualités gustatives. En intégrant arbres et haies, ces systèmes offrent également des habitats favorables à de nombreuses espèces animales. La catégorie « Agroforesterie » récompense quant à elle l’association de l’arbre à l’agriculture sous différentes formes : haies, bocages, prés-vergers, alignements d’arbres en grandes cultures ou en maraîchage. Ces pratiques limitent l’érosion, renforcent le stockage du carbone, améliorent le bien-être animal et peuvent constituer un complément de revenu pour les exploitations. L’organisation du concours repose sur deux niveaux de sélection. Au niveau local, des structures organisatrices compétentes (collectivités, chambres d’agriculture, parcs naturels, associations ou groupements d’intérêt économique et environnemental) accompagnent les agriculteurs candidats dans l’inscription et le choix des parcelles. Des jurys indépendants, réunissant des compétences variées (botanique, agronomie, entomologie, ornithologie…), évaluent ensuite les pratiques selon des grilles d’analyse spécifiques et désignent les lauréats locaux. Ces finalistes accèdent au niveau national, piloté par un comité d’orientation rassemblant notamment les chambres d’agriculture, l’INRAE, l’INAO, les ministères concernés, l’Office français de la biodiversité et les réseaux des parcs naturels. Les lauréats nationaux sont enfin récompensés lors d’une cérémonie officielle au Salon international de l’Agriculture, consacrant des pratiques agricoles exemplaires au service de la biodiversité et des territoires.
Les scientifiques ont utilisé la datation par luminescence, une méthode reposant sur le piégeage d’électrons dans les grains minéraux lorsqu’ils sont enfouis. L’exposition à la lumière permet ensuite de déterminer la dernière période où le sédiment a été à l’air libre. Les résultats ont révélé que le dôme de Prudhoe avait fondu il y a environ 7 000 ans, au début de l’Holocène. Cette période correspond à une phase post-glaciaire où les températures globales étaient déjà 3 à 5 °C supérieures à celles de l’époque préindustrielle. Ces observations suggèrent que le dôme de Prudhoe est très sensible à des réchauffements modérés et que même de petites augmentations de température peuvent déclencher sa fonte. Si la calotte venait à disparaître, les conséquences seraient majeures : l’apport de cette glace pourrait provoquer une élévation mondiale du niveau de la mer pouvant atteindre 73 centimètres. Les chercheurs soulignent également que la fonte passée de Prudhoe s’est produite dans un contexte climatique stable, où l’activité humaine était limitée à des pratiques agricoles émergentes. Comme l’explique Jason Briner, codirecteur de l’étude et professeur de sciences de la Terre : « Si un changement climatique naturel et modéré a suffi à provoquer la fonte du dôme de Prudhoe il y a 7 000 ans, il n’est probablement plus qu’une question de temps avant qu’il ne recule à nouveau sous l’effet du changement climatique d’origine humaine actuel ». L’équipe prévoit de poursuivre les forages pour affiner les modèles de dynamique de fonte et évaluer la vitesse à laquelle la calotte pourrait disparaître. Ces travaux sont cruciaux pour mieux comprendre la sensibilité des calottes glaciaires au réchauffement et pour anticiper les impacts sur le niveau des mers et sur les écosystèmes côtiers.
Pour ces écolos, la réussite des projets menés en Europe repose donc sur la coexistence entre biodiversité et usages : élevage, sylviculture, chasse, tourisme, randonnée. Mais le retour d’espèces emblématiques pose aussi des défis concrets. La gestion de la faune sauvage ne peut plus être pensée de manière sectorielle ou idéologique. Elle doit s’appuyer sur des données scientifiques, une régulation adaptée des populations et un dialogue constant entre protecteurs de la nature, agriculteurs, chasseurs et usagers de l’espace rural. Dans ce cadre, la chasse raisonnée conserve un rôle essentiel. Elle participe à l’équilibre des populations, limite certains conflits d’usages et s’inscrit dans une tradition de gestion durable lorsqu’elle est encadrée, proportionnée et fondée sur des objectifs écologiques clairs. Les succès observés pour de nombreuses espèces en Europe reposent d’ailleurs sur une combinaison de protection juridique, d’actions de conservation ciblées et d’évolution des pratiques cynégétiques. Enfin, le réensauvagement ne peut s’inscrire durablement sans modèle économique viable. Valorisation des services écosystémiques, tourisme de nature, produits forestiers diversifiés ou filières locales constituent autant de leviers pour ancrer la biodiversité dans les économies rurales. À condition de corriger certaines distorsions liées aux subventions et de favoriser les initiatives locales, cette approche offre une voie pragmatique pour concilier nature vivante, activités humaines et acceptabilité sociale.
Entre mai 2024 et octobre 2025, l’équipe dirigée par le Dr Ghyslain Mombo-Ngoma a conduit un essai clinique auprès de plus de 1 000 patients atteints de paludisme non compliqué, dont près de la moitié étaient des enfants de moins de dix ans, population particulièrement vulnérable. Les résultats se révèlent très encourageants : 93 % des patients traités avec la dose unique ne présentaient plus de parasites dans le sang 28 jours après l’administration, contre 90 % pour ceux ayant suivi le traitement standard sur trois jours, actuellement recommandé.
Au-delà de l’efficacité clinique, l’enjeu principal réside dans l’observance thérapeutique. « Un tiers des patients ne vont pas au bout des traitements actuels, souvent en raison de leur durée ou de contraintes logistiques », explique le Dr Mombo-Ngoma. Une prise unique permettrait de limiter les abandons, réduire le risque de résistances médicamenteuses et améliorer significativement la prise en charge, notamment dans les zones rurales ou à accès limité aux structures de santé. Cette innovation intervient dans un contexte préoccupant. Au Gabon, le paludisme demeure un problème majeur de santé publique. Selon les données nationales les plus récentes, plus de 154 000 cas ont été enregistrés en 2024, avec une incidence de 62 cas pour 1 000 habitants. La morbidité et la mortalité liées à la maladie sont en hausse dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, malgré les efforts de prévention et de traitement. Avant une mise sur le marché, le traitement devra encore franchir plusieurs étapes réglementaires, notamment des essais cliniques complémentaires et une évaluation par les autorités sanitaires internationales.
Il complète et renforce les dispositifs existants, notamment la directive Habitats, la directive Oiseaux et la politique agricole commune, afin d’orienter les États membres vers des actions concrètes de restauration de la biodiversité et des services écosystémiques. Ce règlement fixe des objectifs ambitieux : restaurer au moins 20 % des zones terrestres et marines dégradées d’ici 2030 et atteindre des gains significatifs en biodiversité et en séquestration carbone. Pour accompagner sa mise en œuvre, ce document de cadrage synthétise les concepts, repères et références bibliographiques essentiels pour les porteurs de projets. Il vise à fournir un cadre méthodologique et stratégique pour la planification et la conduite de projets de restauration, qu’il s’agisse de milieux forestiers, humides, agricoles ou littoraux. Les projets doivent être conçus comme des projets de territoire, intégrant les objectifs réglementaires tout en tenant compte des caractéristiques locales : contexte écologique, pressions anthropiques, dynamiques sociales et économiques, et besoins des populations locales. Le document propose des critères de succès et des recommandations pratiques : définition claire des objectifs, évaluation préalable des conditions écologiques, suivi scientifique des interventions et implication des parties prenantes dès la phase de conception. Il insiste également sur l’importance de la multidisciplinarité, combinant écologie, hydrologie, pédologie et sciences sociales pour maximiser la réussite des actions.