La tête à perruque est l’échantillon même de l’une des bizarreries de la nature. Au-delà de son côté spectaculaire, la perruque révèle souvent un problème hormonal. Chez les cervidés, les anomalies testiculaires entraînent des malformations de la ramure. A titre d’exemple, la castration accidentelle, ou la perte des deux testicules par infection, entraîne une chute avancée du trophée et une repousse d’embryons de bois qui restent en permanence sous velours.
Quand la castration intervient pendant le refait, la calcification s’arrête et le tissu sous-jacent se développe de façon totalement anarchique. Cette prolifération entraîne alors la formation d’une perruque. Ce phénomène reste très rare chez le cerf, mais plus fréquent chez le chevreuil. Cependant, l’absence ou une anomalie des bois n’est pas forcément provoquée par une altération des testicules. Les conditions climatiques sont parfois à l’origine de têtes bizarres. C’est notamment le cas pour le brocard qui refait ses bois pendant l’hiver. Des carences alimentaires continues ou répétées ne favorisent pas la croissance des bois, qui peuvent alors pousser de façon complètement anarchique. D’autre part, une longue période de froid très intense pendant le refait peut aller jusqu’à geler le velours qui irrigue les bois naissants. Ce genre d’aléa climatique exceptionnel entraîne alors une perturbation dans le développement de la ramure. Au niveau hormonal, le cycle est intimement lié à la concentration sanguine en testostérone. Ce taux est au plus bas pendant le refait et doit remonter à son maximum pour favoriser la chute des velours. La moindre perturbation de ce cycle peut donc entraîner les mêmes troubles. Découvert dans l’Allier, ce curieux mais exceptionnel massacre d’un brocard retrouvé mort, montre, après un séjour à l’extérieur qui l’a entièrement débarrassé de ses derniers lambeaux de peau et poils, la calcification de la perruque.
Du côté des Trophées et curiosités...


Suspendu durant deux saisons en raison de la pandémie, le traditionnel « Rendez-vous des cerfs » a retrouvé toute sa superbe, pour sa 20ème édition qui s’est déroulée comme par le passé, hall des Expositions de la ville. Dès le samedi, de nombreux visiteurs, chasseurs et autres, étaient déjà sur les lieux pour découvrir le tableau de chasse départemental de l’Indre, de l’espèce cerf. Tous les coiffés étaient systématiquement présentés, par unité de gestion et par classes d’âge, un étiquetage rassemblant les principales composantes du prélèvement...



Ce cerf, qui provient du massif d’Abreschviller, est estimé à 8/9 ans. Il n’est pas à proprement parler un grand cerf, malgré son âge, mais sa conformation de 8 cors à surandouiller, en fait un trophée assez original, et qui apporte la preuve que, dans des conditions de vie parfois difficiles, certains individus ne parviennent pas à produire de grandes ramures en dépit de leur âge… Comme chez les hommes, les cerfs ne sont pas tous égaux face à la vieillesse ! Le trophée, de couleur brun foncé, est malgré tout assez bien perlé et d’une belle régularité. Il a été tiré le 2 octobre 2017.
Malgré la cassure du grès droit, ce beau sanglier a été tiré sur le territoire de Thilay, le 6 octobre 2019, par Mathieu Mouze. Avec des défenses larges de 25 mm, et qui mesurent, à gauche, 17,1 cm, et 18,9 à droite et une circonférence des grès identique de chaque côté de 6,9 cm, ce trophée est coté à 107,80 points. Un beau solitaire comme on aimerait en rencontrer plus souvent ! 

Treize cors, merrains de 99 et 100 cm, 8,100 kg de poids brut, âge estimé à 5/6 ans, pour 197,54 points CIC, c’est la cotation d’un 3e cerf qui a fini tristement, toujours dans la région du plateau de Langres. Côté par Christian Bolmont et Michel Valette, cet animal a été découvert à Noidant-Chatenoy, le 30 septembre dernier, gravement blessé à la suite d’un sévère combat pendant le brâme. C’est le président de la FDC lui-même, Thomas Corvasce, qui l’a aperçu agonisant, au cours d’une sortie randonnée à vélo. Alerté, Sébastien Pécher, le technicien de la FDC responsable du secteur, s’est rapidement rendu sur les lieux et a mis fin aux souffrances de ce jeune cerf prometteur, confirmant pour la troisième fois, le très fort potentiel des grands cervidés qui colonisent la région. Ce cerf, qui comme beaucoup d’autres malheureusement est mort trop jeune, pourrait provenir comme les précédents (voir en rubrique trophées) de Haute-Saône ou du GIC du sud haut-marnais.
Décidément, le secteur de Saulles, en limite de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, est propice aux grands cerfs. Nous avons vu, il y a quelques jours, celui qui a été trouvé mort dans un puits, porteur d’un trophée de 200,8 points (voir en rubrique Trophées
En plus de la puissance qui se dégage, il a la particularité d’avoir sur le crâne et à la base du pivot gauche, un andouiller de… 48 cm. Malheureusement, cet andouiller surnuméraire n’étant pas implanté sur le merrain, ne peut être compté, ce qui l’a privé du point qui lui aurait permis de franchir le cap de la médaille d’or. La présence de cet andouiller est certainem
Le 16 janvier dernier, en forêt communale de Gespunsart, Vivian Moutarde tirait un très grand cerf… Avec une cotation finale qui atteint 201,49 points, ce 14 cors irrégulier, estimé à 9 ans, vient d’ailleurs s’inscrire à la 8e place du classement des meilleurs cerfs du département. Surmonté de deux empaumures totalisant quelques 14 épois de plus de 15 cm, le trophée est d’une élégance indiscutable confortée par une couleur presque noire, des pointes bien blanches, de longs surandouillers et un grain très bien marqué. Ainsi totalise-t-il 13 points de beauté. Pour les principales mensurations, on entre dans la cour des grands : - poids net : 7,4 kg ; - longueur des merrains : 105,5 et 105,7 cm ; - longueur des andouillers d’œil : 40,5 et 40,8 cm ; - longueur des chevillures : 39 et 37,2 cm ; - circonférences des meules : 26,4 et 25,4 cm ; circonférences des merrains : 16,1 et 15,8 cm pour le bas, et 14,3 et 15,1 cm pour le haut. A ce jour, les cerfs de plus de 200 points sont au nombre de 9 dans le département des Ardennes, et leur classement s’établit conformément au tableau.
Estimé à 8 ans, ce très beau dix cors régulier, à surandouillers, a été tiré par Michel Joly le 11 novembre 2018, en forêt domaniale du Ban d’Harol, à l’ouest d’Epinal. Bien perlé et de couleur brun foncé, le trophée pèse net 6,600 kg. Il présente de longs andouillers aux pointes bien blanches. Leur implantation est aussi d’une symétrie quasi géométrique, ce qui confère à l’ensemble des bois une esthétique indiscutable. Prélevé à l’âge adulte, on peut tout de même reconnaître que ce cerf à fourches, est d’une beauté qui n’a rien à envier aux cerfs à empaumures. La cotation, effectuée par Daniel Anders et Bertrand Pfeiffer, est arrêtée à 180,45 points.
Tiré à l’âge de 12 ans, lors de la saison 2018/2019, ce cerf du massif vosgien s’inscrit dans une architecture de 14 cors, avec des empaumures à double fourches décalées. Cependant, l’amorce d’épois du côté gauche, insuffisamment développé, ne peut pas être pris en considération dans la cotation. Au premier coup d’œil, ce cerf peut être caractérisé par une courbure assez impressionnante des andouillers d’œil et des chevillures, dont les longueurs quasi équivalentes, se situent entre 35 et 36,6 cm. Ses merrains mesurent respectivement 93,40 et 95,60 cm, et leurs circonférences varient entre 12 et 14 cm. Celles des meules atteignent 27,6 et 27 cm. Net, le trophée pèse 5,300 kg, pour une envergure de 64 cm. La cotation, qui a été effectuée par Bruno Michel et Pascal Briswalter, s’élève à 182,24 points.
Curieusement ces trois grands trophées, records de leur département d’origine, ont été prêtés pour illustrer une journée pédagogique sur le cerf élaphe. Malheureusement, sans doute par inattention, un écart de trajet a fait qu’ils ne sont jamais revenus vers leurs propriétaires. Si par hasard un de ces trophées était proposé à la revente, sachez qu’ils sont recherchés…
L’information a été communiquée par Michel Valette, taxidermiste retraité, cotateur de l’AFMT (Association Française de Mensurations des Trophées) et toujours passionné par les trophées et leurs curiosités. « Ce grand cerf a été trouvé mort le 16 septembre 2020, à l’époque du brame, par Alexandre Maillot de Pierrecourt (Haute-Saône). L’animal était tombé dans un puit, à Saulles, petite commune voisine, d’où il n’a pu s’extraire. Agé de sept ou huit ans, la cotation de son trophée est de 200,8 points CIC. Une bien triste fin pour cet animal au fort potentiel génétique… ».
Ce grand et vieux cerf est tombé, le 28 décembre dernier, sous la balle tirée par François Faber, actionnaire de la chasse domaniale de Blinfey (52), dont l’adjudicataire est David Bélatèche, patron de l’Armurerie Bonaparte, à Brienne le Château (Aube). Lors de la battue, cherchant le passage pour quitter l’enceinte traquée, l’animal fut brièvement aperçu par un chasseur, et ce fut la parfaite immobilité du tireur qui trompa sa vigilance. La balle, assurément bien placée, le terrassa sur place. Les mensurations (en cm) du trophée de cette 12e tête sont intéressantes : longueurs des merrains : 97,9 et 93,4. Andouillers d’œil : 23,7 et 19,5. Chevillures : 34,9 et 33,6. Circonférences des meules : 30,6 et 31. Poids brut du trophée : 9,41 kg. Ce cerf avait été vu au cours du brame de septembre 2020, en bordure de la forêt privée de Cirey sur Blaise, qui touche la domaniale. Pour la petite histoire, c’est au château de Cirey sur Blaise que Voltaire, invité fermement à quitter Paris après la publication des « Lettres Philosophiques », avait trouvé refuge auprès de Gabrielle Émilie de Breteuil, Marquise du Châtelet, autre brillant esprit du XVIIIème siècle dont il avait fait la connaissance une année auparavant. Il y resta 15 ans, de 1734 à 1749...