Vaut-il mieux privilégier la vitesse au détriment de la masse ou, au contraire, à vitesse constante et dans un même calibre, choisir la balle la plus lourde ? Intéressons-nous à l’aspect énergétique du problème balistique, dont l’efficacité des tirs va dépendre. Auparavant, tordons le cou aux fausses-bonnes idées, puisqu’il y a controverse. C’est un fait, les effets de la vitesse et ceux de la masse des projectiles sont souvent présentés en opposition. Alors, prenons en compte les éléments suivants :
- il faut se garder de conclure trop rapidement car le double aspect des effets destructeurs des projectiles existe bel et bien,
- le choc par impulsion dû à la quantité de mouvement et le traumatisme balistique provoqué par l’énergie cinétique (ou force vive) est transformée en travail au moment de l’impact.
A ce stade, quelques rappels théoriques sont nécessaires :
- lorsqu’une balle heurte le corps d’un animal, on peut envisager son aptitude à conférer du mouvement ou bien son aptitude à produire du travail,
- la quantité de mouvement est une notion de nature vectorielle, c'est-à-dire orientée. Elle s’exprime par le produit de la masse multipliée par la vitesse. Son unité est le Newton´seconde (N.s),
- l’énergie cinétique est égale au demi-produit de la masse par le carré de la vitesse. Elle s’exprime, quant à elle, en Joule (J)...
En théorie cinétique, une modification de la vitesse d’un corps doit être attribuée à une certaine force, agissant sur ce corps. Encore faut-il tenir compte de l’inertie du corps sur lequel s’exerce la force en question. La variation de la quantité de mouvement correspond à cette idée. C’est une fonction de la vitesse et du temps. Si on considère le bilan énergétique de ce même mouvement, l’énergie de transfert est aussi une fonction de la vitesse, donc du temps. Or, les deux effets, bien que coexistant, ne sont évidemment pas semblables. Au moment du choc, la quantité de mouvement de la balle est censée communiquer du mouvement au gibier par effet de poussée, et le transfert d’énergie entre le projectile et l’organisme de l’animal, produire un travail de destruction (broiement, cisaillement, éclatement, etc.). Mais, deux projectiles de même énergie cinétique peuvent cependant accuser des quantités différentes de mouvement...
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