Ce calibre incarne une longue tradition d'excellence dans le domaine des armes à feu, étant devenu un pilier tant sur les champs de bataille que dans les grands espaces de chasse. L'histoire de cette cartouche légendaire remonte à ses racines militaires au début du 20e siècle, lorsque l'armée américaine cherchait à moderniser ses armes à feu après l'ère du Krag-Jorgensen.
Initialement introduit comme le .30-03, un dérivé du Mauser allemand, il a été rapidement amélioré pour devenir le .30-06 en 1906, marquant ainsi le début d'une ère nouvelle pour la puissance de feu et la précision. Cette transformation a permis à la cartouche de gagner en popularité, tant chez les militaires que chez les chasseurs, grâce à sa capacité à tirer des balles plus légères et plus rapides, connues sous le nom de spitzers. Le .30-06 s'est rapidement imposé comme un choix incontournable pour la chasse des grands animaux, offrant une polyvalence remarquable. Sa capacité à s'adapter à une variété de charges, des balles de 150 grains pour une trajectoire tendue, aux 180 grains pour une puissance maximale, en fait un choix privilégié parmi les chasseurs. Au fil des décennies, le .30-06 a évolué avec les avancées technologiques en matière de poudres propulsives et de balles de chasse, maintenant sa position en tant que l'une des cartouches les plus utilisées dans le monde entier. Les chasseurs apprécient sa fiabilité et sa capacité à fournir des performances constantes dans une gamme de situations de chasse, des vastes plaines aux terrains montagneux...
Balistique de but… pour gagner en efficacité

- il faut se garder de conclure trop rapidement car le double aspect des effets destructeurs des projectiles existe bel et bien,
- la quantité de mouvement est une notion de nature vectorielle, c'est-à-dire orientée. Elle s’exprime par le produit de la masse multipliée par la vitesse. Son unité est le Newton
En parallèle, le Royaume-Uni connaissait une activité plus soutenue avec des variantes comme le .240 H&H Magnum de Holland and Holland et d'autres cartouches européennes. En 1955, à une époque où les actions de fusils à verrou court n'étaient pas encore répandues,
Winchester et Remington ont introduit respectivement les .243 Winchester et .244 Remington. Ces deux cartouches utilisaient des douilles de calibres différents : Winchester réduisant la douille .308 et Remington basant sa conception sur la douille Mauser 7x57. La différence de longueur de douille a eu un impact sur la capacité interne, le .244 offrant une légère augmentation de volume par rapport au .243, ce qui potentiellement autorisait des vitesses plus élevées. Cependant, les décisions de conception ont conduit à des résultats divergents. Remington a positionné le .244 comme une cartouche spécialisée pour la chasse aux nuisibles à longue portée, utilisant des balles légères et un pas de canon qui n'était pas optimal pour stabiliser les balles plus lourdes. En revanche, Winchester a conçu le .243 comme une solution polyvalente, capable de chasser à la fois les nuisibles et le gros gibier avec des balles plus lourdes et un pas de canon mieux adapté à ces charges...
En fait, tout part de la cartouche telle qu’elle se présente dans les normes qui définissent ses dimensions, et que l’on trouve dans les documents émis par la C.I.P. ou le S.A.A.M.I. selon que l’on est dans la sphère d’influence européenne ou américaine. Pas de souci de ce côté-là, puisque les deux organisations conversent harmonieusement, ce qui conduit à des documents de définition des cartouches parfaitement cohérents, en dépit d’une présentation légèrement différente. Ces documents, purement techniques, définissent les limites dimensionnelles de la chambre et de la cartouche. Pour tout dire, on y fixe les dimensions de la cartouche à ses cotes maximales, et la chambre, à ses cotes minimales.
Ça, c’est pour être certain qu’en toutes circonstances, la cartouche « rentrera » sans difficulté dans la chambre. En conséquence, ces cotes sont le moyen de dialogue entre les fabricants d’armes et les fabricants de munitions. On pourrait supposer que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes… Eh bien non ! Il manque encore un paramètre, la longueur hors tout de la cartouche, y compris la balle. En effet, dans le cas d’une carabine basculante, express ou kipplauf, cela n’a aucune espèce d’importance, puisque le chargement se fait à la main. En revanche, pour les carabines à répétition, il est indispensable de fixer la longueur du chargeur. Les cotes de la cartouche sont donc totalement encadrées, et si l’on revient à la balle, elle se trouve donc coincée en termes de longueur, coté base par la place occupée par la poudre dans la douille, et côté extrémité par la cote maximale de la cartouche...
Ce processus immuable, quel que soit le calibre ou l’arme utilisée, commence dès que le tireur presse la détente. Ce geste libère le mécanisme de percussion, amorçant la première phase clé : le déplacement du percuteur. Ce laps de temps, bien que court, peut provoquer un « bougé », redouté aussi bien des tireurs de précision que des chasseurs. Les armes modernes, comme les carabines de compétition ou à verrou, minimisent ce délai, contrairement à celles équipées de chiens oscillants. Une fois l’amorce écrasée par le percuteur, le composé qu’elle contient détonne, générant une incandescence qui enflamme la poudre.
Cette combustion quasi instantanée libère des gaz brûlants (2 500 à 3 000 °C) qui se dilatent rapidement, atteignant des pressions colossales pouvant dépasser 4 000 bars. Sous cette pression, la balle surmonte la résistance du sertissage, s’engage dans les rayures du canon et commence son accélération, bien avant que toute la poudre ne soit consumée. La force exercée sur la base de la balle, proportionnelle à la pression et à sa section, évolue au fil de sa trajectoire. Elle atteint son maximum avant de décroître, tandis que le projectile sort du canon à une vitesse dépassant souvent 800 m/s. Cette accélération, qui peut atteindre 65 000 fois celle de la gravité terrestre, met en lumière les contraintes extrêmes que subit la balle. Sa solidité doit être exemplaire pour résister à de telles forces, surpassant de loin les limites du corps humain, qui peine à supporter 8 à 10 « g ». Ainsi, ce qui se déroule en une fraction de seconde dans le canon d’une arme est le résultat d’un enchaînement précis et parfaitement orchestré, où mécanique et chimie collaborent pour produire une puissance spectaculaire...
Les adeptes du 6 mm BR, du .243 WSSM, du 6 mm Creedmoor, du .243 Win., du 6 mm Rem. ou encore du .240 Weatherby vantent les mérites de ces calibres. Cependant, ils restent peu utilisés en battue, notamment en Europe. À tort, peut-être, car les 6 mm ne sont pas aussi récents qu’on pourrait le croire. Leur histoire débute outre-Atlantique en 1895 avec le 6 mm Lee Navy, conçu pour le fusil à verrou à tirage direct Lee. Ce calibre, utilisant une balle de 112 grains (7,26 g) et atteignant une vitesse de 780 m/s, était innovant pour l’époque. Malgré cela, il fut abandonné en 1935, cédant sa place au fameux .220 Swift. En Europe, dans les années 1920, des manufacturiers britanniques comme Holland & Holland introduisirent des calibres tels que le .240 Flanged Nitro Express et le .240 Belted Nitro Express, tirant des balles de 100 grains à des vitesses respectives de 880 m/s et 915 m/s. Purdey suivit en 1923 avec le .246 Flanged, et d'autres calibres similaires firent leur apparition, comme le .242 Vickers Rimless Nitro Express ou le .244 Halger en Allemagne, atteignant des vitesses impressionnantes pour l’époque. Toutefois, des variations fantaisistes dans le diamètre des projectiles avant-guerre freinèrent leur adoption massive…
Si on analyse de ce qui les réuni, ou les oppose, ils concernent, tous les deux, le choix d’une trajectoire de réglage pour un calibre donné. Nous savons qu’à la sortie du canon, la balle n’aura pas une trajectoire rectiligne. Elle sera le résultat de la composition des forces qui s’exercent sur le projectile. L’une d’elle sera l’effet de l’attraction universelle, la pesanteur, qui règne sur notre bonne vieille terre. Elle s’applique à tous les objets, mobiles ou immobiles. Parfois elle est utile, car c’est grâce à elle que nous pouvons nous déplacer en restant en contact avec le sol. La force qui en résulte est le poids du projectile, qui, en respectant les unités scientifiques légales, s’exprime en Newton, et se calcule comme étant le produit de la masse du projectile par l’accélération de la pesanteur : P (Newtons) = masse (kilogrammes) x G (accélération de la pesanteur= 9,81 m/s²). Si votre masse est de 100 kg, votre poids est bel et bien de 981 N, que vous le vouliez ou non ! Voilà donc pour la force première, inévitable, quel que soit le lieu où l’on se trouve, à l’équateur comme aux pôles…
Quel que soit l’endroit de l’atteinte, et plus que le calibre employé, c’est le projectile qui occupe la place prépondérante dans la réussite d'un tir. Pour mieux cerner le sujet, il est important de connaître l'architecture d'une balle, qui peut être soit monométal (cuivre ou alliage), soit à noyau de plomb chemisé, indispensable pour prendre le pas de rayures des armes modernes. Or, les vitesses induites aujourd’hui par les poudres avoisinent, voir dépassent les 800 m/s… A l’impact, le projectile provoque des lésions dont le but est d'entraîner la mort dans les plus brefs délais. Mais, plus cette vitesse d'impact est élevée, plus le projectile perd de la matière dans le corps de l’animal. Pour y remédier, les fabricants ont donc augmenté la masse de la balle en veillant toutefois à ce que ce supplément de poids, donc de longueur, ne perturbe pas sa stabilité sur la trajectoire. C’est ainsi que l’on a déterminé qu’une balle ne devait pas avoir une longueur supérieure à 5,3 fois son calibre. Pour matérialiser ce propos, on dira qu'une balle de calibre 7 mm (en réalité 7,21 mm en fond de gorge), ne doit pas avoir une longueur supérieure à : 7,21 x 5,3 = 38,21 mm. Mais, si l'on regarde les nomenclatures des différents fabricants, une balle de chasse de cette longueur est introuvable… pour une simple raison : les pas de rayures des armes n’étant pas identiques, les fabricants ont opté pour le compromis, et sauf exception, dans ce calibre de 7,21 mm, une balle de 175 grains (11,34 g) aura une longueur voisine de 35,56 mm…
A l’époque, tous les possesseurs d'armes classées en 4ème catégorie, et bien sûr celle de 1ère catégorie, furent dans l'obligation d'acquérir un coffre ou une armoire forte. Au-delà de l'obligation légale, il était déjà évident que stocker ses armes et ses munitions dans un tel dispositif les mettait à l'abri des voleurs, mais aussi et surtout des autres occupants de la maison, qu'ils soient grands ou petits. Voici donc un résumé des recommandations principales pour le stockage des armes et des munitions :
La plastiline balistique est sans doute la matière la plus connue pour évaluer la déformation des balles à l’impact, car elle a le mérite de pouvoir tester les projectiles dans le même produit, à la condition cependant qu’ils soient préparés avec la même matière et dans des conditions identiques.
Cette matière est censée représenter la consistance moyenne-du corps d'un animal, ce qui n’a souvent rien à voir avec la réalité. Moins dure qu'un os, mais plus dure que la panse du sanglier, il n’est pas facile d'en extrapoler l’efficacité dans le contexte réel de la chasse. Tous les essayeurs, y compris les fabricants de balles eux-mêmes, s'accordent pour dire que, pour un même projectile, la vitesse d’impact a un rôle déterminant. Ce que l'on dit moins souvent, c’est que plus la distance d’impact est grande, moins la balle va vite et moins la déformation sera importante. Donc cette déformation sera variable tout au long de la trajectoire du projectile. Cerise sur le chapeau de la balle, il faut aussi prendre en compte la forme de sa partie ogivale. Une balle à blindage mince manifestera une expansion supérieure à celle d'une balle monométallique,
mais une balle à structure dure offrira une meilleure pénétration puisque l’expansion sera plus faible. Que dire aussi de l’efficacité de l’une ou de l’autre, si, sur leur trajectoire, elles rencontrent un os dur, et comment faire pour choisir ? A question difficile, réponse ambigüe : entrainez-vous au tir, sur cible, sur sanglier courant, pour maîtriser parfaitement la précision, la maîtrise du recul et de l’émotion. Vous constaterez alors que, sachant placer comme il faut votre balle, son choix en sera facilité. Enfin, souvenez-vous : ne demandez jamais au calibre de votre carabine et au type de balle utilisé de compenser... votre maladresse.
Magnum court, pouvant être tiré dans les boîtiers standards, il est arrivé sur le marché en 1958. Le poids des balles, régulièrement chargées par les manufacturiers, oscille entre 12 g et 16,2 g (de 185 à 250 gr). En tir de battue, ce calibre offre une alternative intéressante par rapport au 9,3x62, parfois assez contraignant à tirer, mais aussi par rapport au 300 Winchester Magnum, très en vogue, en raison d'un diamètre plus important des projectiles (8,61 mm contre 7,82 mm). Globalement, avec des chargements de 230 gr, les vitesses relevées s’étagent entre 810 et 850 m/s, et l'énergie disponible à 82 mètres oscille entre 4000 et 4600 joules. En optant pour une masse de balle de 200 grains (12,96 g), la vitesse devient nettement plus élevée, de l'ordre de 880 à 900 m/s, et dans ces chargements, l'énergie dépasse les 5000 joules. 
Ce double aspect destructeur existe bel et bien, puisqu'il y a traumatisme balistique provoqué par l’énergie cinétique transformée en travail au moment de l’impact, et choc par impulsion dû à la quantité de mouvement. Reprenons la notion d'énergie cinétique qui, selon Wilhelm von Leibniz et Johann Bernoulli, serait comme une force vivante responsable du mouvement des corps. Poursuivons avec celle de quantité de mouvement, décrite par Descartes et Newton, entité rationnelle censée jouer le même rôle, mais pas toujours utilisée à bon escient. D'abord, petits rappels théoriques de ce qu'est l'énergie cinétique, et les valeurs publiées sur les tables balistiques, ainsi que leurs importances quant au choix du calibre et de la masse d'un projectile…
Les autres se laissent tenter par des arguments commerciaux fallacieux, ou s’assoient sur l’éthique, ce qui est dramatique pour la chasse. Certes, il n’y a rien d’illégal, mais ces tirs de « longue portée » ne peuvent être uniquement définis par des distances spécifiques, car elles varient selon chaque individu, en fonction de l'équipement, des conditions de tir, de l'espèce chassée,
de l'expérience du chasseur et de ses compétences en tir. Mais cela dépend aussi de l’engagement moral de chaque chasseur responsable, à éviter d’infliger des souffrances inutiles, à tuer rapidement et sans cruauté, et à faire tout son possible pour ne jamais dilapider les animaux poursuivis comme proie légale. Il est largement reconnu que la probabilité de blessure, et les défis liés à la récupération des animaux blessés, augmentent proportionnellement avec l’augmentation des distances de tir. Si l’on veut avoir l’honneur de vaincre l’instinct de survie de la proie convoitée, il faut accepter le risque de l’échec. Il s’agit d’un compromis, auto-imposé, qui améliore l’expérience de la chasse et le respect de l’animal chassé.
On pourrait supposer qu’une fois calée confortablement dans la chambre de l’arme, la cartouche est bien à l’abri des précipitations. Ce n’est pas le cas. Le côté bouche est toujours ouvert, et, en se rendant au poste, combien d’entre nous portent le canon vers le bas ? Peu sans doute. Durant toute la période de transport, canon dirigé vers le haut, l’eau peut pénétrer sans retenue les jours de pluie. Certes, l’ouverture n’a pas la taille d’un pluviomètre, mais plus le calibre est important plus le risque est grand. Ne soyons pas pessimiste, il a fort peu de chance de se remplir… Cependant, le peu d’eau qui y pénétrera ne demandera qu’à couler vers le fond, et venir au contact des cartouches. Ainsi, elles seront encore humides quand, en fin de traque ou lors du changement de poste, l’arme sera déchargée. Evidemment, en pareille situation, rares sont ceux qui pensent à les sécher. Elles finissent invariablement par échouer au fond de la poche, ou mieux, rejoindre l’alvéole de la cartouchière. Victimes des lois du hasard, elles seront reprises pour charger l’arme à nouveau avec les éventuels inconvénients que l’on devine…