Demain : ouverture de la Convention SCI

La Convention internationale du Safari Club (SCI) est un événement annuel majeur réunissant chasseurs, défenseurs de l'environnement et experts en plein air autour de la conservation de la faune et des aventures de chasse. Organisée sur quatre jours, du 22 au 24 janvier 2025, elle propose des expositions de fabricants d'équipements, d'armes, d'optique, de vêtements, de taxidermie et d'art, ainsi que des ventes aux enchères et des séminaires éducatifs animés par des professionnels et des guides renommés. Cet événement célèbre la tradition de la chasse comme un mode de vie et offre une plateforme unique pour découvrir des équipements, planifier de nouvelles aventures et apprendre des leaders du secteur. Des figures emblématiques, comme Craig Boddington, Richard Childress et Jim Shockey, soulignent l'importance de préserver les grands espaces et de transmettre ces traditions aux générations futures. Avec ses 50 séminaires conçus pour tous les niveaux, du novice à l'expert, la convention SCI incarne une célébration inoubliable de la chasse et de la conservation. Leader de la défense de la liberté de chasse et de la promotion de la conservation durable de la faune sauvage, et dotée d'une équipe de défense nationale et internationale basée à Washington DC, le SCI mobilise près de 150 sections et réseaux affiliés représentant des millions de chasseurs à travers le monde. La Convention 2025 réunira 950 exposants, venus de 114 pays. 

OFB : les politiques s’emparent du sujet...

Depuis un an, la tempête impliquant l'Office Français de la Biodiversité (OFB) et le monde agricole créé des vagues qui auront du mal à s’estomper, et les critiques virulentes d'un syndicaliste de l'OFB, dénonçant des pratiques d'inspection jugées excessives et oppressantes à l'égard des agriculteurs ont acté la fracture. Malgré les tentatives du directeur de l'OFB, Olivier Thibaut, pour calmer le jeu, les tensions ont perduré, alimentées par des incidents tels que des manifestations, des dégradations de biens et même des incendies criminels visant les locaux de l'OFB à travers le pays. La crise a atteint un nouveau sommet lorsque le Premier ministre François Bayrou a critiqué publiquement les méthodes d'inspection, déplorant le recours à des visites armées qui ont exacerbé les tensions déjà vives dans le monde agricole en proie à des difficultés économiques et sociales. Cette intervention a provoqué une réaction immédiate des syndicats agricoles, exacerbant ainsi les divisions. En réponse à cette escalade, l'intersyndicale de l'OFB a émis une directive radicale : les agents sont appelés à cesser toute mission de contrôle sur le terrain et à ne plus se rendre dans les exploitations agricoles jusqu'à ce que des excuses officielles soient présentées par le gouvernement. Cette décision, qualifiée « d’historique » en interne, affecte directement les opérations essentielles de l'OFB, y compris la gestion des attaques de loups contre les troupeaux et d'autres missions cruciales pour la biodiversité et la sécurité environnementale...

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Une première dans les Ardennes : débarder le bois sans abîmer le sol de la forêt

L’ONF innove en expérimentant, pour la première fois dans les Ardennes, l’utilisation d’un câble-mât pour le débardage des bois en zones difficiles d’accès. Depuis mi-décembre, cet équipement opère dans la forêt domaniale de Signy-l’Abbaye et y restera jusqu’au printemps. Traditionnellement utilisé dans les régions montagneuses, le câble-mât permet de transporter les grumes sans endommager le sol, particulièrement fragile dans certaines zones. A proximité de Dommery, les conditions rendent l’accès très compliqué. « Même en été, le sol reste humide, rendant le débardage conventionnel quasiment impossible », explique Thomas Zankoc, technicien forestier local. Utiliser des engins lourds dans cette zone boisée riche en feuillus est inenvisageable, car cela endommagerait irrémédiablement le sol. Pour Éric Marquette, directeur de l’ONF dans les Ardennes, préserver le sol est crucial pour la santé de la forêt. Le câble-mât fonctionne grâce à un système ingénieux. Positionné sur un chemin forestier, il utilise un câble de 400 mètres tendu entre plusieurs points d’accroche sur des arbres. Ces points, espacés de 70 à 80 mètres, permettent de relever le câble sur son trajet. Un chariot motorisé, contrôlé par ordinateur, transporte les grumes depuis leur point d’abattage jusqu’à la base du câble-mât. Ce dispositif minimise l’impact environnemental en limitant le piétinement du sol. Deux agents forestiers, placés aux extrémités du câble et équipés de radios, supervisent les opérations. Une fois les grumes arrivées à destination, une pelle à chenille équipée d’une tête d’abattage les récupère et les dépose soigneusement en bordure de chemin forestier. De là, les camions viennent récupérer le bois pour son transport ultérieur. L’expérience, réalisée avec la collaboration de l’entreprise Ferbois, est bien accueillie par les acteurs locaux et les professionnels du secteur forestier. Cette méthode innovante allie efficacité et respect de l’environnement, répondant aux enjeux de préservation des écosystèmes forestiers. L’ONF prévoit d’étendre cette technique à d’autres zones sensibles, notamment dans le secteur de la Croix-Scaille, dans la vallée de la Meuse. Sur cette parcelle de résineux recouverte de tourbières, l’enjeu est de protéger ce sol fragile tout en maintenant une exploitation forestière raisonnée. Cette démarche souligne l’engagement de l’ONF à adopter des pratiques durables pour une gestion forestière respectueuse de l’environnement et adaptée aux défis locaux.

Les faits divers de la semaine passée

- Ariège : les zones de quiétude, instaurées en 2019 dans la réserve naturelle régionale (RNR) du massif du Saint-Barthélemy, visent à protéger les lagopèdes alpins et les grands tétras, deux espèces fragiles sédentaires des Pyrénées. Ces oiseaux subissent les perturbations liées aux activités humaines, compromettant leur reproduction. La RNR, créée en 2015 près des Monts d’Olmes, est gérée par la mairie de Montségur et l’Ana-Cen Ariège. Laurent Serviere, conservateur de la réserve, souligne la situation critique du lagopède, aussi appelé perdrix des neiges, dont la population locale se limite à une dizaine d’individus entre le massif de Tabe et le pic de Soularac. Cet oiseau adapte son plumage à la neige pour se camoufler, mais son isolement pourrait conduire à son extinction faute de communication avec d’autres populations. Malgré une présence notable dans les Pyrénées, le lagopède reste vulnérable en France, et sa dynamique de reproduction reste mal connue. Ces efforts de conservation cherchent à limiter les dérangements pour permettre à ces espèces de subsister et se reproduire dans leur habitat fragile.

 

- Charente : lors d'une battue aux sangliers à Combiers, un chasseur de 74 ans, originaire du Grand Angoulême, a perdu la vie, jeudi dernier. Le drame serait dû au ricochet d’une balle tirée par un autre participant, qui l’a mortellement atteint au ventre. Selon les informations rapportées, les secours, alertés immédiatement, ont tenté de réanimer la victime pendant plus d’une heure, sans succès. Les gendarmes se sont rendus sur place pour effectuer les premières constatations, de même que des agents de l’OFB qui ont examiné les conditions de sécurité entourant la battue.

 

- Dordogne : à seulement 17 ans, Baptiste, un jeune chasseur de Chavagnac, est devenu vice-champion de France junior au concours Saint-Hubert, organisé le 28 décembre à Sissonne, dans l’Aisne. Accompagné de Saphir, son setter anglais de trois ans et demi, Baptiste s'est illustré dans cette compétition annuelle réservée aux jeunes de moins de 20 ans. Sa passion pour les setters anglais vient de son père, Olivier, ancien boulanger-pâtissier devenu éleveur de bovins. Ce dernier a découvert cette race dans... un cadeau de mariage. Il a ensuite créé un élevage, transmettant son amour pour ces chiens à son fils. Ensemble, père et fils partagent des sorties de chasse où les chiens brillent par leur talent et leur discipline. Baptiste nourrit de grandes ambitions : intégrer l’école forestière de Meymac après son bac et, à terme, travailler pour la fédération des chasseurs. Cette médaille d’argent au concours Saint-Hubert est une étape clé pour ce jeune passionné, déjà bien ancré dans la tradition familiale et déterminé à faire de sa passion un avenir professionnel.

 

- Drôme : le premier prélèvement de l’année 2025 a été effectué dans la nuit du 9 au 10 janvier, dans le cadre de la régulation des loups, sur la commune de Montbrun-les-Bains. Cette région, réputée pour ses paysages préservés, est régulièrement confrontée à cette problématique de cohabitation entre le prédateur et les activités pastorales. Dans les zones comme les Baronnies provençales, où l’élevage extensif représente une part importante de l’activité économique et culturelle, la présence du loup est perçue à la fois comme une menace et un défi. Si certains plaident pour des actions plus fermes afin de protéger les troupeaux, d’autres mettent en avant la préservation de cet inutile prédateur, déclassé dernièrement par la Convention de Berne. Le prélèvement qui vient d’être effectué, inscrit dans un cadre légal, relance le débat sur la gestion du loup en France. Les autorités locales, en collaboration avec les acteurs du territoire, devront poursuivre leurs efforts afin de choisir entre protection des activités humaines et préservation de cette biodiversité... pas très naturelle.

 

- Haute-Marne : depuis le 26 novembre 2024, 46 brebis ont été tuées sur le département, victimes d’attaques de loups de plus en plus fréquentes et meurtrières. Ces agressions, qui touchent des troupeaux à proximité des habitations, provoquent un lourd impact psychologique chez les éleveurs, déjà confrontés à des pertes financières importantes. Les indemnisations proposées sont jugées insuffisantes, notamment parce qu’elles ne couvrent ni les pertes liées aux agneaux à naître ni les effets du stress sur les troupeaux. Face à des moyens de protection inadaptés et des attaques persistantes, les éleveurs demandent des solutions, et un soutien psychologique renforcé. Pierre-Edouard Brutel, éleveur et représentant syndical, déplore une absence de réponse efficace de la part des autorités et envisage des actions concertées avec d’autres départements touchés. Ces éleveurs, attachés au pastoralisme, réclament avant tout de pouvoir exercer leur métier dans des conditions sereines...

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Ces images qui divisent...

Imaginez une vidéo qui débute par un calme apparent dans une forêt, suivi d’un coup de feu et d’un animal qui s’effondre. Ces images, largement partagées sur les réseaux sociaux, provoquent souvent une réaction immédiate : choc, colère, ou parfois, admiration. Mais pourquoi ces vidéos suscitent-elles des émotions si vives ? La chasse, pratique millénaire, semble aujourd’hui cristalliser des tensions entre tradition, éthique et perception publique. Ces vidéos, en ne montrant que la mise à mort, soulèvent une question fondamentale : que disent-elles de notre rapport à la nature et à la vie animale ? Elles confrontent la société à la réalité, brutale : la mort comme finalité de la chasse. Pour certains, elles rappellent une relation ancestrale où l’homme, en tant que prédateur, participe à l’équilibre des écosystèmes. Pour d’autres, elles symbolisent une rupture entre l’éthique moderne, qui valorise la protection des animaux, et une pratique perçue comme archaïque. Ces images, dénuées de contexte, deviennent ainsi un écran où chacun projette ses valeurs : domination, respect, ou indifférence. Pour les anti-chasse, ces vidéos sont une preuve tangible de la cruauté qu’ils dénoncent. Elles alimentent un discours où la chasse est perçue comme un acte de barbarie incompatible avec une société civilisée. Les neutres, souvent peu informés, oscillent entre désapprobation instinctive et curiosité, face aux arguments pour la gestion de la faune. Les chasseurs eux-mêmes sont divisés : certains estiment que ces vidéos desservent leur cause, d’autres y voient un moyen de montrer la réalité sans filtre. Cette divergence reflète les tensions internes entre tradition et adaptation aux attentes d’une société en mutation...

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L’OFB dans la tourmente pour un propos incivil

Comparer les agriculteurs à des dealers était osé. C’est pourtant la bourde qu’a lâché un syndicaliste de l’OFB, lors d’une intervention sur France Inter. Réagissant aux critiques sur les inspections armées des exploitations agricoles, il a déclaré : « C’est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités ». Une comparaison outrancière qui a immédiatement suscité un tollé dans les milieux agricoles. Ces propos illustrent le fossé qui sépare les agriculteurs des inspecteurs de l’OFB, qui semblent s’éloigner de leur rôle de médiateur et de garant de la biodiversité. Les inspecteurs de l’organisation qui se déplacent en patrouilles musclées, désormais armés, ne suscitent pas la coopération, mais la défiance. Cette attitude, perçue comme autoritaire et punitive, heurte profondément des agriculteurs déjà sous pression. Alors que le Premier ministre François Bayrou dénonçait récemment les inspections armées comme une « humiliation » et une « faute », les propos du syndicaliste viennent jeter de l’huile sur un feu déjà ardent. Ils révèlent une institution non seulement déconnectée des réalités du terrain, mais aussi encline à mépriser les acteurs ruraux qu’elle est censée accompagner. Assimiler des agriculteurs à des criminels est une offense qui dépasse l’entendement. Cela revient à nier leur rôle fondamental : nourrir une nation. Ces propos marquent un nouveau sommet dans la déconsidération d’un métier crucial, déjà fragilisé par les crises économiques, climatiques et réglementaires. La colère du monde agricole est légitime. En dénonçant ces paroles comme « indignes », les syndicats agricoles et de nombreuses figures politiques reflètent un ras-le-bol général. Cette affaire met en lumière une fracture grandissante entre ceux qui protègent la biodiversité et ceux qui cultivent la terre. La mission de l’OFB est mise en péril par une communication calamiteuse et une posture agressive. Si l’OFB souhaite regagner la confiance des agriculteurs et du public, il devra opérer une réforme en profondeur de ses méthodes et de son discours. Faute de quoi, cette institution risque de devenir le symbole d’un échec environnemental et social.

Sologne : la loi engrillagement à nouveau soumise au Conseil constitutionnel

Depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels pour permettre la libre circulation du gibier, les contrôles ont débuté en Sologne pour contraindre ou inciter les propriétaires de domaines de chasse à adapter leurs clôtures. Malgré cette réglementation, de nouvelles clôtures non conformes ont été installées. L’OFB a recensé 90 signalements en deux ans et présenté le 10 janvier 2025 un premier bilan en présence d’élus, autorités judiciaires et préfets concernés. Après enquête, 13 procédures ont été ouvertes, dont 7 dans le Loiret. Parmi elles :

- 3 condamnations avec obligation de remise en état, amendes ou stages de citoyenneté environnementale,

- 5 classements sans suite,

- 5 procédures toujours en cours.

Certains cas signalés étaient néanmoins conformes à la loi grâce aux 9 dérogations prévues, telles que la proximité d’une route ou la protection des cultures. Une campagne d’information a été lancée pour rappeler aux propriétaires leurs obligations. Les clôtures doivent désormais respecter les normes suivantes : être posées à 30 cm du sol et ne pas dépasser 1,2 m de hauteur, sauf si elles datent de plus de 30 ans. Jean-Noël Rieffel, directeur régional de l’OFB, s’est réjoui de la diminution des signalements depuis l’envoi des courriers d’information à l’été 2024. Cependant, certains propriétaires continuent de résister, ce qui a amené le député Richard Ramos (MoDem, Loiret) à souligner l’importance de clarifier les modalités d’application des dérogations pour prévenir les contournements. Mais... bien que validée par le Conseil constitutionnel en octobre 2024, la loi fait face à une nouvelle question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Jean-Noël Cardoux, ancien sénateur du Loiret, a révélé que cette contestation porte sur une disposition clé : l’abrogation des privilèges de chasse accordés aux parcs et enclos. Pour rappel, voici les principales mesures de la loi :

- alignement des dates de chasse sur celles des territoires ouverts,

- participation financière obligatoire à l’indemnisation des dégâts causés par le gibier, y compris via une taxe à l’hectare,

- interdiction de l’agrainage, sauf exceptions locales,

- obligation de plans de gestion sanitaire validés par les fédérations de chasseurs.

Ces mesures, supprimant les avantages réservés aux espaces clos, sont contestées par des requérants anonymes. Ils invoquent une atteinte aux droits des propriétaires et aux principes de financement constitutionnels. Le débat illustre la tension entre gestion équitable de la chasse et préservation des droits historiques. En attendant la décision du Conseil constitutionnel, l’État maintient ses efforts pour appliquer la loi.

Opération « Découverte de la viande de gibier haut-marnais »

Dans le cadre du second week-end de l’opération « Découverte de la viande de gibier haut-marnais » qui se tiendra dans les cantines du département du 18 au 20 janvier 2025, la Fédération des Chasseurs sollicite votre participation bénévole. Si vous avez des sangliers de moins de 50 kg à offrir, vous pouvez les signaler par e-mail à : plandechasse@fdc52.fr (en indiquant nom, prénom, téléphone, n° matricule de plan de chasse, type de gibier offert) ou par téléphone au 03 25 02 47 38. Vous pourrez également déposer les carcasses dans l’une des chambres froides suivantes : Saint-Dizier : Marina, chez M. Mayeur ; Cirey-sur-Blaise : Château, chez M. Maître ; Rimaucourt : Chez M. Henriot ; Fayl-Billot : Ferme de Gilles Huguet ; Marcilly : Chez Franck Leclerc ; Vitry-en-Montagne : Chez M. Chauvirey ; Arc-en-Barrois : Les Essarts, chez M. Jehle. Si vous ne pouvez pas transporter le gibier, informez la FDC qui pourra organiser une collecte. Pour participer à cette opération : -Prélever un animal avec une balle adaptée ; - Remplir une fiche d’examen initial (contacter la FDC52 si besoin) ; - Déposer la carcasse vidée avec bracelet et fiche dans une chambre froide. La collecte se fera le 21 janvier 2025. Vous serez contactés en amont précise la FD qui ajoute : « Merci pour votre générosité ».

Les prairies, garantes de la biodiversité

Les prairies, couvrant près d'un tiers de la surface agricole en France, jouent un rôle essentiel à la fois patrimonial, environnemental, cynégétique et agricole. Parmi elles, les prairies semi-naturelles sont particulièrement précieuses. Cependant, elles régressent depuis plusieurs décennies, une tendance exacerbée par le changement climatique. Mondialement, les prairies représentent 36 % des surfaces continentales, comparables aux forêts et terres arables. En France, présentes dans diverses régions (montagnes, plaines, zones mixtes d'élevage et cultures), elles ont perdu 15 % de leur superficie depuis 2000. Pourtant, indispensables à la biodiversité, elles soutiennent la production animale et réduisent les intrants. Elles limitent aussi l'érosion, stockent jusqu'à 30 % du carbone des sols, et soutiennent des fonctions écosystémiques comme la pollinisation. Enfin, élément clé des systèmes durables, elles favorisent une faune et flore diversifiées, stabilisant les rendements agricoles. Les menaces qui pèsent sur elles sont principalement : le surpâturage avec ses intrants excessifs et labours qui dégradent les sols ; l’embroussaillement qui a gagné 6,5 millions d'hectares depuis 1970 ; l’artificialisation et la fragmentation qui ont entrainé la perte de dizaines de milliers d’hectares. Si on y ajoute les sécheresses et canicules qui affectent leur résilience et la production fourragère, on comprend l’utilité des mesures prises pour les sauvegarder. Parmi les actions en cours, il y a :

- le concours « Prairies et Parcours » : créé en 2010, il valorise les pratiques agroécologiques sur l’ensemble du territoire,

- le plan national : l’OFB, en collaboration avec divers partenaires, élabore un plan d’action pour renforcer les connaissances, surveiller et restaurer les prairies,

- la restauration : techniques innovantes comme le transfert de foin ou la récolte des graines sont promues via des initiatives locales et des vidéos pédagogiques.

La préservation des prairies est donc un enjeu clé pour la biodiversité, la petite faune, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique.

Des sachets de thé... pour étudier des zones humides

Des scientifiques néo-zélandais participent à une étude internationale utilisant des sachets de thé pour analyser les flux de carbone dans les zones humides. Ces écosystèmes (tourbières, mangroves, marécages) jouent un rôle crucial en stockant plus de carbone que toutes les forêts de la planète, bien qu’ils ne couvrent que 3 % de la surface terrestre. Cependant, le réchauffement climatique menace ce stockage en accélérant la décomposition de la matière organique. Plus de 19 000 sachets de thé ont été enterrés dans 180 zones humides de 28 pays. Le thé vert, plus rapide à se décomposer, et le rooibos, plus résistant, permettent de mesurer les taux de décomposition et le potentiel de stockage de carbone des différents types de zones humides. Les données montrent que des températures élevées augmentent la décomposition, réduisant ainsi le stockage de carbone. Les zones humides d’eau douce se montrent plus vulnérables, tandis que les habitats côtiers comme les mangroves semblent mieux résister. Cette recherche, essentielle face au changement climatique, souligne l’importance de préserver ces écosystèmes fragiles, qui sont aussi des refuges pour la biodiversité. Protéger et restaurer les zones humides est une priorité pour maintenir leur rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité.

Prévention de la PPA : l’État consacre 2 millions d’€ pour 3 000 audits en élevage de porcs et de sangliers...

Entre les 23 et 29 décembre, les cas de sangliers touchés par la peste porcine africaine (PPA) se sont densifiés dans le sud du Land de Hesse, en Allemagne. Ainsi, 42 nouveaux cas sauvages ont été repérés dans la province de Bergstraße, dont plusieurs cas dans la commune de Lampertheim, située le long du Rhin, à environ 70 km de la frontière avec la France. Afin de consolider la lutte contre la PPA, et après un appel à candidatures, l’Association nationale sanitaire porcine (ANSP) a été officiellement retenue par le ministère de l’Agriculture, pour concrétiser la formation de 600 auditeurs et la réalisation de 3 000 audits en élevages de porcs et de sangliers. Le ministère financera cette opération à hauteur de deux millions d’€ sur un an. L’objectif est de renforcer l’application des mesures de biosécurité en élevage, visant à prévenir l’introduction de la peste porcine africaine (PPA). Les premiers audits seront organisés dès ce mois de janvier 2025. L’ANSP s’appuiera sur l’Ifip-Institut du porc pour la formation des auditeurs, et sur la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV et son réseau) pour la mobilisation des vétérinaires et la réalisation des audits de biosécurité. L’objectif est de prioriser les élevages n’ayant pas encore réalisé ce type d’audit, c’est-à-dire principalement les exploitations de petite taille. Tout élevage ayant commercialisé moins de mille porcs en 2023, ainsi que tous les élevages de sangliers, sont éligibles à une prise en charge de cet audit par l’État. Un courrier individuel leur sera adressé afin de les informer de cette opération. Les vétérinaires, notamment ceux intervenant dans ces élevages éligibles, seront informés des modalités de mise en place de cette opération et de formation à la conduite de ces audits. La France est, à ce jour, indemne de PPA, mais reste exposée à l’introduction du virus sur son territoire depuis de nombreux pays où la maladie sévit chez les porcs et les sangliers. L’application rigoureuse des mesures de biosécurité en élevage est un moyen incontournable de protéger efficacement le cheptel français, en réduisant les risques d’introduction et de propagation du virus.

Quand l'enseignement supérieur rencontre les territoires...

Avec les « Ateliers hors les murs » on découvre une démarche innovante et collaborative où des étudiants issus de diverses disciplines (architecture, paysage, urbanisme, agronomie, sociologie, design, artisanat, écologie...) s’associent avec les acteurs d’un territoire. Leur objectif : repenser collectivement les projets locaux pour répondre aux défis actuels. Ces ateliers favorisent le croisement des savoirs académiques et des expériences locales, permettant d'ouvrir de nouvelles perspectives sur le développement territorial. Aujourd’hui, les petites villes et communes rurales font face à des défis majeurs : perte d’activité, déclin démographique, fragilité économique… Pourtant, ces territoires recèlent souvent d’importantes richesses patrimoniales (paysages, architecture, savoir-faire) qui pourraient être valorisées. Le rapport Yves Dauge (décembre 2016) alerte sur ces enjeux et appelle à des politiques publiques ambitieuses pour enrayer ce déclin. Pour revitaliser les centres-bourgs, il ne suffit pas de s’intéresser à l’aménagement urbain. Il faut aussi aborder les problématiques liées à la mobilité, au logement, à l’économie locale, ) l’agriculture péri-urbaine, aux ressources naturelles, à l’énergie durable... Une approche cohérente et transversale est essentielle, dépassant les frontières du centre-bourg pour intégrer une vision élargie à l’échelle intercommunale. Ces ateliers, d’une durée d’une semaine, offrent un cadre d’apprentissage immersif et collaboratif. Pour soutenir cette dynamique, une bourse de 2 500 euros est mise à disposition, facilitant la logistique et l’accueil des participants...

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