Promulguée le 18 août 2026 et publiée au Journal officiel le 19 août, la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles entend apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par l’agriculture française, notamment face au changement climatique, à la concurrence internationale et aux contraintes administratives. Plusieurs de ses dispositions concernent directement ou indirectement les territoires ruraux et, à ce titre, intéressent le monde cynégétique. Le texte fait d’abord de l’accès à l’eau et de son stockage un enjeu majeur d’adaptation : l’État se fixe pour objectif de doubler les volumes de stockage d’eau agricole d’ici 2035, tandis que la réutilisation des eaux usées traitées devra fortement progresser. Certaines procédures sont simplifiées pour les retenues collinaires de moins de trois hectares et les plans d’eau de moins d’un hectare situés en zone humide.
La loi renforce également le rôle des préfets et des organismes de gestion collective de l’eau, tandis que les projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) sont consacrés par la loi. Pour les territoires ruraux, cette évolution est importante puisque la disponibilité de l’eau conditionne à la fois les productions agricoles, les milieux naturels et la capacité d’accueil de la faune sauvage. Le texte prévoit parallèlement une meilleure protection des terres agricoles, avec un renforcement des compensations et des mesures destinées à limiter leur artificialisation ou leur détournement. Mais la mesure la plus directement liée à la gestion de la faune sauvage concerne le loup. La loi sécurise le dispositif de tir et reconnaît que les modalités de gestion de l’espèce peuvent évoluer en fonction de l’intensité de la prédation. Elle consacre également le caractère non-protégeable des élevages bovins, autorise les éleveurs à utiliser certaines lunettes de tir reposant sur l’intensification de lumière, la détection thermique ou l’infrarouge passif et permet que la fixation du nombre de loups pouvant être éliminés chaque année tienne compte d’un seuil de viabilité de l’espèce, défini de manière à maintenir celle-ci dans un état de conservation favorable. L’intervention des lieutenants de louveterie est par ailleurs juridiquement sécurisée. Enfin, la loi renforce la protection des agriculteurs et des porteurs de projets contre certains recours abusifs : lorsqu’un projet d’élevage ou de stockage d’eau fait l’objet d’un recours reconnu abusif par le juge, son responsable pourra demander des dommages et intérêts. Au-delà des mesures agricoles proprement dites, le texte affirme donc une orientation claire : faciliter les projets, sécuriser l’élevage, améliorer l’accès à l’eau et adapter la gestion des grands prédateurs aux réalités du terrain, tout en maintenant la prise en compte des équilibres environnementaux.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Ensemble, ils forment une chaîne de nettoyage remarquablement complémentaire. Les petits charognards comme les corbeaux, corneilles, pies et milans jouent également un rôle important : souvent parmi les premiers à découvrir un cadavre, ils contribuent à le signaler et à entamer son exploitation. À côté de ces spécialistes, le renard roux, très répandu sur le territoire français, est un opportuniste capable d’exploiter les carcasses lorsqu’elles sont disponibles. Cette diversité montre que le nettoyage de la nature ne repose pas sur une seule espèce, mais sur une véritable communauté de nécrophages. Cette fonction écologique mérite cependant d’être envisagée avec une approche de gestion, plutôt que de protection aveugle ou de régulation indiscriminée. Dans les zones d’élevage extensif et de montagne, leur efficacité peut même compléter avantageusement l’équarrissage classique. Il serait donc paradoxal de vouloir réguler fortement ces spécialistes alors qu’ils rendent un service écologique reconnu. En revanche, les espèces opportunistes et généralistes doivent pouvoir faire l’objet d’un suivi précis de leurs effectifs et de leur impact local, notamment lorsque leur abondance crée des déséquilibres ou des conflits avec certaines activités. L’objectif ne devrait donc pas être de « réguler les charognards » indistinctement, mais de gérer finement chaque espèce selon son rôle, ses effectifs et le contexte local. La connaissance de l’écologie de la charogne rappelle une réalité fondamentale : dans la nature, même un cadavre devient une ressource et chaque nécrophage occupe une place particulière dans son recyclage.
Le broutage répété empêche les plants de franchir la « ligne de broutage », bloquant ainsi le renouvellement du sous-bois. À terme, les peuplements vieillissent, la diversité végétale s'appauvrit et la structure des forêts se simplifie progressivement. Cette situation résulte en partie de l'essor spectaculaire des populations de cervidés observé depuis plusieurs décennies au Royaume-Uni. L'absence de grands prédateurs, des hivers plus cléments et l'abondance des ressources alimentaires ont favorisé cette expansion. Selon certaines évaluations, près de 40 % des forêts britanniques présenteraient aujourd'hui un état écologique jugé dégradé, en partie sous l'effet d'une pression de broutage devenue excessive. L'étude apporte toutefois une nuance importante. Toutes les forêts ne réagissent pas de la même manière. Les petits massifs, les peuplements très denses ou présentant une structure particulière sont les plus vulnérables. Les chercheurs montrent également qu'un broutage modéré peut parfois produire des effets bénéfiques en limitant la concurrence entre les végétaux et en favorisant l'installation de certaines essences pionnières. Ce n'est donc pas le cerf qui pose problème, mais le déséquilibre créé lorsque les densités dépassent la capacité d'accueil des milieux. Au-delà du cas britannique, cette étude interroge les politiques européennes de reboisement et de restauration des écosystèmes. À l'heure où l'Europe souhaite stocker davantage de carbone, accroître la biodiversité et développer de nouvelles forêts, la gestion des grands herbivores devient un enjeu incontournable. Pour de nombreux forestiers et gestionnaires cynégétiques, la régulation des populations de cervidés constitue désormais un levier indispensable pour préserver la capacité des forêts à se renouveler naturellement. Plus que jamais, la transition écologique rappelle que la forêt et la faune sauvage ne peuvent être pensées séparément : protéger les arbres passe aussi par la recherche d'un équilibre durable entre végétation et grand gibier.
c'est cette succession d'actions qui donnait tout son sens à la chasse. Lorsqu'une ou plusieurs de ces étapes disparaissent, l'acte cynégétique se trouve nécessairement amputé d'une partie de sa substance. Il ne s'agit évidemment pas de condamner la gestion cynégétique. Face à l'explosion de certaines populations de grand gibier, aux dégâts agricoles et forestiers ou aux collisions routières, elle est devenue indispensable. Mais à force de parler de plans de chasse, de quotas, d'objectifs, de réalisations et de prélèvements, n'avons-nous pas fini par transformer une passion en opération comptable ? Combien de sangliers ? Combien de chevreuils ? Combien d'animaux au tableau ? Combien de cartouches tirées ? Regardez certains retours de battue : le silence du chasseur bredouille interpelle. Comme si une journée sans animal mort était nécessairement une journée perdue. C'est peut-être là que se situe notre erreur. Avons-nous fini par faire croire que la chasse n'était réussie que lorsqu'un animal était tué ? Le problème devient encore plus préoccupant lorsqu'on pense à la transmission. Parlons-nous encore chasse aux jeunes générations qui n’entendent que trop souvent parler tir ? Nous revendiquons une activité ancestrale, faite de connaissance du vivant et de communion avec les territoires, mais l'image qui leur parvient peut parfois se résumer à une arme, une détonation et un tableau. Alors que la chasse devrait raconter une aventure, nous avons oublié tout ce qui la rendait passionnante...
Mais une avalanche de lettres recommandées ne constitue ni une expertise scientifique, ni une étude démographique des populations de gibier, ni une évaluation des conséquences d’une interruption de la régulation. Car derrière cette opération de communication se trouve une question beaucoup plus embarrassante : que se passera-t-il si l’on cesse de chasser alors même que les populations de sangliers et de cervidés disposent de capacités de reproduction considérables ? Les animaux ne vont évidemment pas disparaître parce que l’ASPAS demande un moratoire. Ils vont survivre, se déplacer, se concentrer dans les secteurs favorables et continuer à se reproduire. Et lorsque la pression sur les milieux agricoles et forestiers augmentera, qui paiera les dégâts ? C’est précisément là que le discours devient particulièrement déconnecté des réalités de terrain. La protection de la faune ne consiste pas à empiler les interdictions au gré des événements climatiques. Elle exige de regarder les populations, leurs effectifs, leurs ressources alimentaires, leurs déplacements et les capacités d’accueil des milieux. Quarante-quatre lettres recommandées ne remplacent pas quarante-quatre études de terrain. Elles ne permettent pas davantage de déterminer qu’une suspension de la chasse serait bénéfique aux animaux. Elles permettent surtout de faire beaucoup de bruit médiatique autour d’une vieille revendication idéologique : réduire la chasse, quel que soit le contexte.
Drainage des zones humides, arasement des talus, arrachage des haies, rectification des cours d'eau et agrandissement des parcelles ont progressivement accéléré l'écoulement des eaux de pluie vers les rivières, limitant leur infiltration dans les sols. Cette évolution s'est installée lentement, presque silencieusement, sans que les conséquences sur la ressource en eau soient pleinement prises en compte. Pourtant, les spécialistes de l'hydrologie alertent depuis plusieurs années sur la nécessité de restaurer les capacités naturelles des sols à retenir l'eau. Lorsque celle-ci disparaît, les arbres deviennent beaucoup plus vulnérables aux parasites, aux maladies et aux épisodes de chaleur. En France, les constats sont similaires. Dans de nombreuses régions de plaine, les peuplements de chênes, de hêtres ou encore d'épicéas souffrent avant tout d'un déficit hydrique chronique. Les sécheresses successives aggravent une situation déjà fragilisée par des décennies d'aménagements ayant réduit la capacité des territoires à stocker l'eau. Les dépérissements observés dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, en Centre-Val de Loire ou encore dans le Massif central illustrent cette tendance. Les températures plus élevées augmentent effectivement l'évaporation et modifient la répartition des précipitations. Mais c'est bien le manque d'eau disponible dans les sols qui apparaît comme le principal facteur de dépérissement. Les essences méridionales résistent souvent mieux à la chaleur parce qu'elles disposent d'adaptations physiologiques particulières ou poussent dans des contextes où leurs systèmes racinaires peuvent accéder à des réserves profondes. Les introduire dans des territoires dont les zones humides ont disparu ne constitue probablement pas une solution durable. Restaurer le cycle naturel de l'eau, redonner toute leur place aux haies, aux mares et aux zones humides pourrait, à long terme, se révéler bien plus efficace que le simple remplacement des essences forestières.
Situé à proximité du lac Alster et du centre-ville, cet établissement constituera également un lieu privilégié pour les échanges informels et les rencontres entre participants. Comme chaque année, l’Assemblée générale du CIC entend associer conférences, débats et présentations à des moments de convivialité, indispensables pour favoriser les échanges entre les différentes délégations internationales. Le choix du thème de cette 73e édition souligne l’importance croissante de l’approche « Une seule santé », qui établit un lien étroit entre la santé des populations humaines, celle de la faune sauvage et l’état des écosystèmes. Une approche particulièrement pertinente à l’heure où les questions sanitaires, la conservation de la biodiversité, les changements environnementaux et la gestion des populations animales sont de plus en plus étroitement liées. Les personnes souhaitant participer ont tout intérêt à anticiper leur inscription. Un tarif préférentiel de 10 % est proposé jusqu’au 31 août, avec le code EARLYBIRD2027 lors du paiement. Les capacités d’accueil étant limitées, le CIC recommande de ne pas attendre les dernières semaines. L’inscription peut être réalisée en quelques minutes. Un guide détaillé accompagne les participants à chaque étape, depuis le choix du billet et la création du compte jusqu’au paiement et à l’ajout éventuel des accompagnateurs. Pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une assistance personnalisée, le Secrétariat du CIC peut également prendre en charge la procédure. Pour toute question ou demande d’information, le Secrétariat est joignable à office@cic-wildlife.org ou au +36 30 315 3776. Hambourg s’apprête ainsi à devenir, au printemps 2027, un nouveau point de rencontre international pour tous ceux qui s’intéressent à la conservation de la faune sauvage et à l’avenir des territoires.
Une conception qui correspondait particulièrement à son engagement sur la chasse. En 1999, alors député de Côte-d’Or, il fut chargé par Lionel Jospin d’une mission consacrée à l’avenir de la chasse française. Surnommé alors « Monsieur chasse », il sillonna plusieurs départements et rencontra aussi bien les représentants du monde cynégétique que les associations de protection de la nature. Lui-même chasseur, il connaissait directement cette pratique et ses réalités de terrain. De cette mission naquit le rapport « Propositions pour une chasse responsable et apaisée », remis au Premier ministre. François Patriat y défendait une vision moderne de la chasse, considérée comme une activité participant à la gestion durable de la faune et des habitats. Il proposait notamment de légitimer une chasse responsable, d'améliorer le fonctionnement des structures cynégétiques et de renforcer le dialogue avec les autres utilisateurs de la nature. Il appelait également à passer progressivement d’une « chasse de cueillette » à une véritable « chasse de gestion ». Son approche reposait donc moins sur l’affrontement que sur la recherche d’un compromis. Lors de ses rencontres avec les chasseurs et les défenseurs de l’environnement, il insistait sur la nécessité de dépasser les oppositions traditionnelles et de construire une gestion partagée des espaces naturels. Cette conception explique sans doute pourquoi son travail conserve une résonance particulière dans le monde cynégétique. Le communiqué du Premier ministre rappelle avec émotion que, quelques semaines seulement avant sa disparition, François Patriat avait encore pris la parole au Sénat, lors de sa dernière question au Gouvernement. Ce moment avait alors été salué par l’ensemble de l’hémicycle. Personne ne pouvait imaginer que cet hommage constituerait si rapidement un dernier adieu. En conclusion de son hommage, Sébastien Lecornu adresse ses pensées les plus affectueuses à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont partagé son parcours politique et personnel. « Adieu François », écrit-il, en saluant la mémoire d’un homme dont l’engagement restera associé au dialogue, à la fidélité et à la fraternité républicaine.
Eux connaissent les dégâts, les déséquilibres, les maladies, les collisions, les cultures détruites, les forêts abrouties et les espèces qui prolifèrent lorsque plus personne ne veut assumer la régulation. Mais cela, évidemment, est beaucoup moins confortable qu’un communiqué dénonçant une nouvelle fois la chasse. Il est tellement plus facile de proclamer que la nature « se régulera toute seule » lorsqu’on n’a jamais eu à protéger une parcelle, une plantation ou un troupeau. À force de confondre amour de la nature et ignorance de son fonctionnement, certains finissent par défendre une nature imaginaire : une carte postale sans agriculteurs, sans forestiers, sans dégâts et, surtout, sans conséquences. Et que dire de cette écologie à géométrie variable ? Ces mêmes contempteurs de la chasse viennent volontiers profiter des espaces naturels qu’ils prétendent défendre. Ils aiment la montagne en hiver, les stations de ski, les paysages préservés, les sentiers d’altitude et les panoramas exceptionnels. Certains essaient même de grimper jusqu'au sommet du Mont-Blanc en espadrilles, comme si la montagne était un décor de vacances mis gratuitement à leur disposition. L’été venu, direction les plages, les lacs, les rivières et les zones naturelles les plus fragiles, avec parfois leur lot de véhicules, de déchets, de nuisances et de fréquentation massive. Curieusement, la morale environnementale devient alors beaucoup plus discrète. Il ne s’agit évidemment pas de mettre tous les visiteurs dans le même sac, mais de rappeler une évidence : protéger la nature suppose aussi d’accepter des contraintes, des responsabilités et parfois des renoncements. Or, ceux qui réclament l’interdiction de la chasse devraient commencer par expliquer concrètement comment ils entendent gérer les populations sauvages, prévenir les dégâts et préserver les équilibres qu’ils invoquent. Compter les animaux, publier des rapports et dénoncer les chasseurs ne constitue pas une politique de gestion. La nature n’a que faire des postures. Elle impose des réalités. Et peut-être serait-il temps que ces écolos de salon les regardent enfin en face : la nature n’est pas un décor, et ceux qui la connaissent vraiment ne sont pas nécessairement ceux qui en parlent le plus.
Un même patrimoine génétique peut ainsi produire des animaux très différents lorsque les conditions environnementales changent. L’histoire des populations françaises de cerfs en fournit une bonne illustration. Une partie importante des animaux introduits provenait notamment de Chambord, et a été implantée dans des milieux très différents. Un même génotype peut donc donner naissance à des phénotypes différents, selon les ressources et les conditions offertes par le territoire. L’hérédité n’en demeure pas moins essentielle dans la forme du trophée. Certaines caractéristiques des bois semblent se retrouver régulièrement d’une génération à l’autre : forme générale en cœur, en V ou en U, longueur des surandouillers, particularités des empaumures ou encore diamètre exceptionnel des merrains. Mais déterminer précisément si ces caractères sont dominants ou récessifs reste complexe, notamment parce que le patrimoine génétique transmis par les biches intervient également. Un grand trophée n’est donc jamais uniquement une affaire de gènes. Il est le produit d’une rencontre entre l’hérédité et le territoire. Vouloir sélectionner une population de cervidés uniquement à partir de ce que nous voyons au bout des bois pourrait bien nous faire oublier ce que nous ne voyons pas : la richesse génétique qui se cache derrière chaque cerf.
Le rôle du forestier est particulièrement important. Sa connaissance des arbres, de la végétation, des sols et du comportement du feu lui permet d’interpréter les traces laissées par l’incendie. Il connaît également le terrain, les activités qui s’y déroulent et peut s’appuyer sur les informations recueillies par les patrouilles forestières. Une fois le feu maîtrisé, les enquêteurs reconstituent sa progression à partir des conditions météorologiques, des photographies, des vidéos aériennes, des témoignages et surtout des indices physiques présents sur le terrain. Une pierre noircie sur un seul côté, un arbre brûlé de manière asymétrique, l’état des cendres ou la végétation peuvent révéler le sens de propagation des flammes. En quadrillant progressivement la zone sinistrée, les enquêteurs réduisent leur périmètre de recherche jusqu’à identifier l’aire d’éclosion, voire le point précis de départ. Ils recherchent ensuite l’origine du feu : ligne électrique, travaux agricoles ou forestiers, véhicule, négligence, accident ou acte volontaire. Les indices sont photographiés, géolocalisés et, si nécessaire, placés sous scellés pour être analysés. Les résultats alimentent la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF). Ils permettent de mieux connaître les causes des incendies et d’adapter les politiques de prévention. Aujourd’hui, la cause est identifiée pour 60 à 70 % des incendies de forêt. Les cellules RCCI jouent donc un rôle essentiel : elles transforment les traces laissées par les flammes en informations utiles à la justice, aux forestiers et à la prévention.
Le résultat est particulièrement intéressant : l’Europe préhistorique n’était pas une nature totalement sauvage et immuable. Les humains contribuaient déjà à modifier la végétation. Deux facteurs ont joué un rôle majeur : le feu, utilisé pour ouvrir certains milieux, mais aussi la chasse aux grands herbivores, dont les conséquences écologiques étaient considérables. À cette époque, l’Europe abritait une extraordinaire diversité de grands animaux : bisons, aurochs, chevaux, cerfs, rhinocéros et même éléphants. Ces herbivores entretenaient naturellement des espaces ouverts en broutant, en piétinant la végétation et en cassant les jeunes arbres. En les chassant, les hommes agissaient donc indirectement sur les paysages. Moins d’herbivores signifiait moins de pâturage et davantage de végétation susceptible de se refermer. La chasse ne se limitait ainsi pas à fournir de la viande, des peaux ou des os : elle modifiait aussi les équilibres entre forêts, clairières et espaces ouverts. Les simulations indiquent que, durant le Mésolithique, l’action des chasseurs-cueilleurs aurait pu influencer jusqu’à 50 % de la répartition des types de végétation. L’effet des Néandertaliens était plus limité, mais néanmoins mesurable. Cette découverte permet surtout de mieux comprendre le rôle historique de la chasse qui a façonné les générations humaines qui ont suivi et, avec elles, les paysages dans lesquels ces sociétés se sont développées. Pendant des millénaires, l’homme a appris à observer les animaux, à suivre leurs déplacements, à connaître leurs habitats et à intervenir dans les équilibres naturels. Lorsque l’agriculture apparaît ensuite, elle ne marque donc pas le début de l’influence humaine sur la nature : elle constitue une nouvelle étape d’une relation ancienne entre l’homme, le gibier, la végétation et les territoires.