Les collisions entre véhicules et grands mammifères sauvages représentent un enjeu majeur de sécurité routière dans de nombreux pays. Cerfs, chevreuils et sangliers sont impliqués chaque année dans des centaines de milliers d’accidents qui causent des dégâts matériels considérables, mais aussi des milliers de blessés et plusieurs centaines de décès. La majorité de ces collisions survient de nuit ou dans des conditions de faible luminosité. Une étude menée pendant deux ans en Caroline du Sud (États-Unis) s’est intéressée à l’influence de différents systèmes d’éclairage automobile sur le comportement du cerf de Virginie et du sanglier, lors de l’approche d’un véhicule.
Les chercheurs ont comparé l’effet des phares halogènes traditionnels et des phares à LED, tout en évaluant l’apport d’un éclairage supplémentaire grâce à une barre lumineuse installée sur le véhicule. Au total, 95 parcours nocturnes ont été réalisés sur un itinéraire de 75 kilomètres afin d’observer les réactions des animaux dans des conditions réelles. Les résultats montrent que les phares LED n’ont pas modifié le comportement d’évitement des cerfs. En revanche, chez les sangliers, ils ont entraîné une réaction de fuite plus précoce, permettant aux animaux de s’éloigner davantage avant l’arrivée du véhicule. Les chercheurs estiment que cette différence pourrait être liée à la sensibilité visuelle particulière des sangliers aux longueurs d’onde émises par les LED. L’ajout d’un éclairage frontal renforcé s’est révélé particulièrement intéressant. Chez les cerfs, il a réduit les situations où les animaux restaient immobiles face au danger et diminué le nombre de rencontres jugées critiques lorsque les véhicules circulaient à vitesse élevée. Chez les sangliers, cet éclairage supplémentaire a également augmenté la distance de fuite, offrant davantage de temps de réaction aux conducteurs. Les auteurs concluent que de simples améliorations des équipements d’éclairage pourraient contribuer à réduire le nombre de collisions avec la faune sauvage. Contrairement aux clôtures ou aux passages à faune, souvent coûteux à mettre en place, ces solutions embarquées pourraient être déployées à grande échelle et bénéficier à l’ensemble des usagers de la route confrontés au risque de collision avec les grands ongulés.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Créé pour mettre en lumière des projets exemplaires, le Prix Markhor s'adresse aussi bien aux institutions qu'aux associations, entreprises, collectivités ou particuliers engagés dans la préservation de la biodiversité. Son objectif est de valoriser les démarches capables d'associer protection de la nature, développement local et utilisation raisonnée des ressources naturelles. Le nom du prix fait référence au markhor (Capra falconeri), majestueuse chèvre sauvage des montagnes d'Asie centrale. Longtemps menacée, l'espèce est aujourd'hui souvent citée comme l'un des exemples les plus emblématiques de conservation réussie, grâce à une chasse strictement réglementée. Les revenus générés par cette activité ont permis de financer la protection des habitats, de lutter contre le braconnage et d'inciter les communautés locales à préserver une espèce devenue une ressource économique durable. Résultat : dans plusieurs régions du Pakistan et d'Asie centrale, les populations de markhors ont connu une nette progression.
Décerné lors de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP Biodiversité) et soutenu par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Prix Markhor est devenu au fil des années, une vitrine internationale des projets démontrant que conservation et utilisation durable ne sont pas incompatibles, mais peuvent au contraire se renforcer mutuellement. Cette vision s'inscrit pleinement dans le Cadre mondial pour la biodiversité à l'horizon 2030. Son objectif 5 reconnaît explicitement le rôle de l'utilisation durable des espèces sauvages dans les stratégies de conservation, en soulignant l'importance des bénéfices économiques et sociaux pour garantir l'adhésion des populations locales. Les candidatures sont ouvertes à l'échelle mondiale, sans restriction liée au pays ou au mode de gouvernance. Tous les projets démontrant une contribution mesurable à la conservation, y compris à travers la chasse durable, peuvent être présentés. Les dossiers seront évalués selon la qualité des résultats obtenus, l'implication des communautés locales et la possibilité de reproduire ces modèles dans d'autres territoires. Les candidatures devront être déposées avant le 14 août 2026.
En déplacement dans la forêt de Haguenau, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a promis de « se battre » à l'automne pour obtenir les financements nécessaires au fonctionnement de l'ONF. Selon elle, l'établissement devra disposer de moyens suffisants pour poursuivre ses missions d'adaptation des massifs forestiers, alors que le prochain contrat État-ONF pour la période 2026-2030 est en cours de négociation. Le constat est connu : sécheresses répétées, épisodes de chaleur extrême, ravageurs, espèces invasives ou encore déséquilibres hydriques fragilisent de nombreuses essences.
Face à cette situation, l'ONF expérimente de nouvelles pratiques sylvicoles et teste l'introduction d'espèces supposées mieux adaptées au climat futur. Mais derrière ce volontarisme affiché, se cache une réalité plus dérangeante. La forêt, qui devrait constituer une richesse durable, capable de contribuer à son propre entretien grâce à la valorisation du bois, devient progressivement un secteur sous perfusion budgétaire. Après avoir vu ses effectifs fondre, passant de près de 13 000 agents en 2000 à moins de 8 000 aujourd'hui, l'établissement public réclame désormais des moyens supplémentaires pour financer des stratégies dont personne ne peut garantir l'efficacité à long terme. Car c'est bien là que réside l'interrogation. Planter aujourd'hui les forêts censées résister au climat de 2070 relève davantage du pari que de la certitude scientifique. Déplacer des essences, modifier profondément les modes de gestion ou expérimenter de nouveaux itinéraires sylvicoles peut s'avérer pertinent... ou produire des effets inattendus, voire contre-productifs. Le risque existe que le remède se révèle pire que le mal. À vouloir réinventer dans l'urgence des écosystèmes façonnés sur plusieurs siècles, avec l'argent du contribuable comme unique garantie, la prudence devrait rester de mise. Plus que jamais, la forêt mérite une vision de long terme fondée sur l'observation, l'humilité et le bon sens. Car, en matière de sylviculture, les erreurs d'aujourd'hui ne se corrigent souvent qu'à l'échelle de plusieurs générations.
Aujourd'hui, l'espèce ne subsiste plus que dans quelques noyaux de population de l'ouest de la France et du pourtour méditerranéen. Dans la plaine de l'Ain, seules quelques observations ponctuelles réalisées ces dernières années témoignaient encore de sa présence. Le choix du camp militaire de La Valbonne n'est pas le fruit du hasard. Ce site de près de 1 600 hectares conserve l'un des plus vastes ensembles de pelouses sèches steppiques d'Auvergne-Rhône-Alpes. Protégés de l'urbanisation et de l'agriculture intensive par l'activité militaire, ces milieux accueillent une biodiversité remarquable et plus de 150 espèces d'oiseaux. Plus de 1 100 hectares sont par ailleurs intégrés au réseau Natura 2000. Le programme LIFE La Valbonne, doté d'un budget supérieur à 4,5 millions d'euros, vise à restaurer durablement les habitats naturels du camp tout en maintenant sa vocation militaire. Trois axes majeurs structurent l'action : la restauration de 700 hectares de pelouses sèches, la réhabilitation des anciennes lônes du Rhône et l'amélioration de la qualité écologique des massifs forestiers. La réintroduction de l'Outarde constitue l'une des opérations les plus emblématiques de ce programme. Engagée depuis 2025, cette réintroduction repose à la fois sur la restauration préalable des habitats steppiques et sur des lâchers d'oiseaux destinés à recréer une population viable. L'objectif est de rétablir durablement une espèce emblématique des milieux ouverts tout en démontrant qu'un terrain militaire peut également devenir un territoire pilote en matière de conservation de la biodiversité. Cette opération s'inscrit plus largement dans le Plan national d'actions 2019-2028 consacré à l'Outarde canepetière et constitue aujourd'hui l'une des initiatives les plus ambitieuses menées en France pour la sauvegarde de cette espèce menacée.
Dans plusieurs départements, des restrictions d'accès aux massifs forestiers ou des limitations d'activités sont régulièrement mises en place lorsque les conditions météorologiques deviennent critiques. L'arrêté de la préfecture de la Vienne s'inscrit donc dans cette logique de précaution. Pour autant, cette décision soulève aussi des interrogations dans le monde cynégétique. Si l'été n'est pas la période la plus intense pour la chasse, certaines activités demeurent essentielles, notamment dans le cadre de la gestion de certaines espèces. Consciente de cette réalité, la préfecture a maintenu la possibilité de réaliser des battues administratives, tout en interdisant leur déroulement entre 14 heures et 20 heures, période correspondant généralement au pic de chaleur. Les chasseurs à l'arc ne sont également pas concernés par cette mesure. La question qui se pose est donc celle de l'équilibre entre impératif de sécurité et maintien des activités de terrain. Pour certains chasseurs, ces restrictions apparaissent comme une mesure de bon sens dictée par des circonstances exceptionnelles. D'autres s'interrogent sur la multiplication des limitations qui touchent progressivement les activités de nature et craignent que ces décisions temporaires ne deviennent, à terme, la norme. À ce stade, rien n'indique que l'arrêté de la Vienne poursuive un autre objectif que la prévention des incendies. Mais dans un contexte où la chasse fait régulièrement l'objet de débats et de restrictions, la vigilance demeure. La véritable question est peut-être moins celle de l'interdiction elle-même que celle de sa proportionnalité et de sa durée.
Fini les formulaires papier, les documents égarés ou les démarches administratives fastidieuses : les données sont saisies en temps réel et peuvent être transmises rapidement aux services vétérinaires compétents. L’intérêt de cette innovation dépasse largement le simple confort d’utilisation. À l’heure où la valorisation alimentaire du gibier constitue l’un des grands enjeux de la chasse moderne, la question sanitaire est devenue centrale. La France prélève chaque année plusieurs centaines de milliers de sangliers, chevreuils et cervidés, mais seule une partie de cette ressource rejoint les circuits commerciaux. Parmi les freins identifiés figurent justement la complexité des procédures sanitaires et le manque de fluidité dans la transmission des informations. En facilitant la traçabilité des carcasses, Zacharie répond à une attente ancienne de la filière. L’application contribue à sécuriser l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis le prélèvement jusqu’au consommateur final. Elle offre également une meilleure visibilité aux services vétérinaires et permet un suivi plus efficace des éventuelles anomalies. Autre atout majeur : sa dimension pédagogique. Les chasseurs peuvent bénéficier de retours d’expérience et d’un accompagnement technique leur permettant d’améliorer leurs pratiques. Cette approche favorise une montée en compétence collective tout en renforçant l’image d’une chasse moderne, responsable et soucieuse des exigences sanitaires. À l’heure où la venaison est de plus en plus présentée comme une ressource locale, durable et porteuse d’avenir, Zacharie apparaît comme un outil particulièrement pertinent. En rapprochant le monde de la chasse des standards modernes de traçabilité alimentaire, l’application pourrait contribuer à lever l’un des principaux obstacles au développement d’une véritable filière française du gibier sauvage.
Selon lui, la disparition progressive des forêts anciennes compromet directement la survie du plus grand galliforme sauvage d'Europe. Le grand tétras, ou coq de bruyère, est présent dans le Jura depuis la fin des périodes glaciaires. Cet oiseau discret dépend d'écosystèmes forestiers complexes associant grands arbres, peuplements d'âges variés, sous-bois diversifiés et clairières naturelles. Dès les années 1970, alors qu'il participe à une mission scientifique consacrée aux causes de régression de l'espèce en France,
Bernard Leclercq observe une corrélation entre le recul des populations de tétras et la disparition progressive de ces forêts matures qui constituaient son habitat privilégié. Cette conviction le conduit à s'investir durablement dans la conservation de l'espèce. Avec d'autres acteurs locaux, il participe à la création du Groupe Tétras Jura, structure réunissant naturalistes, chasseurs, forestiers, élus et représentants du tourisme. L'objectif est alors de mettre en œuvre une gestion concertée permettant de préserver les habitats du grand tétras tout en conciliant les différents usages de la forêt. Durant plusieurs décennies, différentes mesures voient le jour. Des zones de tranquillité sont instaurées, des arrêtés de protection de biotope sont adoptés et certaines pratiques forestières sont adaptées afin de maintenir des habitats favorables à l'espèce. Pour Bernard Leclercq, ces initiatives ont longtemps nourri l'espoir d'un redressement des populations. Cependant, il considère aujourd'hui que ces efforts ont été progressivement affaiblis par une orientation de la gestion forestière davantage tournée vers la production de bois que vers la préservation des écosystèmes...
En Roumanie, la circulation de la maladie reste particulièrement active avec jusqu’à 109 cas recensés en 2025. Pour comprendre cette réémergence, les chercheurs du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy, laboratoire de référence de l’Union européenne, ont analysé des échantillons provenant des pays touchés mais également d’Ukraine et de Moldavie. Leurs travaux, publiés début 2026, montrent que deux lignées virales circulent désormais simultanément. À la souche dite NEE, présente en Europe centrale depuis les années 1990, s’ajoute désormais le groupe C, un variant originaire du sud de la Russie et de l’est de la Turquie qui n’avait plus été observé dans l’Union européenne depuis près d’une décennie. La géographie des foyers soulève également des interrogations. La plupart des cas recensés se situent à moins de 50 kilomètres des frontières ukrainienne et moldave. Pour les spécialistes, la guerre en Ukraine pourrait avoir favorisé la propagation du virus. Les campagnes de vaccination des renards par largage aérien d’appâts vaccinaux ont été fortement perturbées, tandis que les destructions d’habitats et les déplacements de la faune sauvage ont pu accélérer la diffusion de la maladie. Cette situation rappelle que la rage demeure l’une des zoonoses les plus redoutables. Transmise principalement par morsure, elle peut infecter tous les mammifères, y compris l’homme. Une fois les premiers symptômes déclarés, l’issue est presque toujours fatale. En 2025, un Roumain est ainsi décédé après avoir été mordu par un chien errant, premier décès humain lié à la rage terrestre enregistré dans l’Union européenne depuis 2012. Face à cette menace, les autorités sanitaires privilégient aujourd’hui une stratégie fondée sur la surveillance internationale et surtout sur la vaccination orale des renards roux, principal réservoir du virus. Les résultats obtenus en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie montrent que cette méthode demeure l’outil le plus efficace pour contenir puis éliminer durablement la maladie.
Ces bénévoles assermentés, recrutés à l'issue d'un appel à candidatures lancé au printemps, viennent renforcer un dispositif particulièrement sollicité dans un département fortement touché par la prédation du loup sur les troupeaux domestiques. Leur mission consistera notamment à participer aux opérations de régulation, aux battues administratives et aux actions de décantonnement mises en œuvre sous l'autorité préfectorale. Au cours de la cérémonie, le préfet a également remis la médaille d'honneur de la louveterie à Bruno Drevet, président de l'association départementale et doyen des lieutenants de louveterie, en reconnaissance de douze années d'engagement au service de l'État. Avant de pouvoir être pleinement opérationnels, les huit nouveaux louvetiers devront suivre une formation théorique et pratique. Leur nomination vise à renforcer le maillage territorial dans plusieurs secteurs particulièrement exposés aux attaques de loups, notamment dans le Gapençais, l'Embrunais et le Champsaur-Valgaudemar. Leur mandat s'étendra jusqu'au 31 décembre 2029.
Connu pour son franc-parler et son engagement en faveur du monde rural, il entend porter au Palais du Luxembourg les préoccupations des élus locaux et des habitants des territoires de montagne. « Croyez-moi, si je suis élu, on entendra parler de l'Ariège », a-t-il lancé pour expliquer sa démarche. Figure bien identifiée en Ariège à travers ses responsabilités cynégétiques, Jean-Luc Fernandez souhaite défendre des dossiers tels que la ruralité, la gestion de la faune sauvage, l'agriculture ou encore le maintien des services publics de proximité. Sa candidature introduit un nouvel acteur dans la campagne sénatoriale et pourrait rebattre les cartes à quelques mois du scrutin réservé aux grands électeurs...
Votre participation contribuera à orienter les futures actions du réseau et à renforcer les services proposés aux professionnels engagés dans la prévention, la gestion ou l’étude des EEE. Cette enquête s’adresse à un large public : gestionnaires d’espaces naturels, collectivités territoriales et leurs groupements, services de l’État, entreprises, établissements de recherche, bureaux d’études, associations, fédérations, organismes de formation, ainsi qu’à toute structure concernée par les impacts des espèces exotiques envahissantes. Les réponses permettront notamment de :
Dans ce Mondial 2026, organisé par le Canada, les États-Unis et le Mexique, la faune sauvage est une nouvelle fois mise à l'honneur. Les trois pays hôtes ont choisi des mascottes inspirées d'espèces emblématiques de leur territoire : l'élan pour le Canada, le pygargue à tête blanche pour les États-Unis et le jaguar pour le Mexique. Au-delà de ces représentations officielles, le football mondial entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec les animaux. Les Lions de l'Atlas du Maroc, le corbeau mythologique Yatagarasu associé à la sélection japonaise ou encore le kangourou australien témoignent de cette fascination universelle. Mais pourquoi ces espèces occupent-elles une telle place dans l'imaginaire sportif ? Parce qu'elles incarnent des qualités auxquelles aspirent les équipes : la puissance du lion, la rapidité du jaguar, la vision de l'aigle ou l'endurance du kangourou. Des milliers de supporters portent ainsi des maillots, des écharpes ou des drapeaux ornés de ces figures animales, devenues des symboles d'identité et de fierté nationale. Mais cette omniprésence cache une réalité plus troublante : certaines des espèces les plus célébrées dans les stades figurent aussi parmi les plus fragilisées à l'état sauvage...
Dès 2006, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) plaide officiellement pour la création d’une structure capable de coordonner les politiques publiques relatives à la biodiversité. L’année suivante, le Grenelle de l’environnement offre à ces organisations une occasion unique de faire avancer leurs propositions au sein même des groupes de travail mis en place par l’État. Parmi les acteurs les plus impliqués figurent la Ligue Roc (Rassemblement des Opposants à la Chasse), devenue ensuite Humanité et Biodiversité (H&B), le Comité français de l’UICN, mais aussi plusieurs personnalités qui joueront par la suite un rôle majeur dans les nouvelles institutions environnementales. Les archives de ces associations montrent qu’elles revendiquent elles-mêmes un travail soutenu auprès des cabinets ministériels, de l’Élysée et des administrations centrales, afin de promouvoir cette future agence. Le projet finit par être repris par François Hollande lors de la Conférence environnementale de 2012. H&B se félicite alors publiquement de voir ses propositions reprises par le chef de l’État. La future Agence française pour la biodiversité (AFB), créée en 2017, porte ainsi l’empreinte de personnalités comme Gilles Bœuf, Bernard Chevassus-au-Louis ou Christophe Aubel, tous impliqués à différents titres dans les associations ayant défendu sa création. À ce stade pourtant, la plupart des observateurs considèrent encore cette nouvelle agence comme un simple outil de coordination administrative. Peu imaginent qu’elle constituera quelques années plus tard la matrice d’une réforme beaucoup plus profonde. Car parallèlement à la montée en puissance de l’AFB, une autre institution poursuit son action dans une relative discrétion : l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), héritier d’une longue tradition de gestion de la faune et principal établissement de référence du monde cynégétique français...