Lancé en 2023 par l’Association suédoise pour la chasse et la gestion de la faune (SJF) et l’Université suédoise des sciences agricoles (SLU), le projet Viltbild visait à moderniser la surveillance de la faune grâce à l’exploitation des pièges photographiques. Deux ans plus tard, cette initiative s’est effectivement structurée et commence à produire des résultats concrets, tout en révélant certaines limites. Depuis sa mise en service opérationnelle en 2024, la plateforme a permis de centraliser un volume important d’images issues du terrain. Les chasseurs, gestionnaires et scientifiques participent désormais à un réseau collaboratif de collecte de données, offrant une vision plus fine de la répartition des espèces.
Les grands prédateurs, comme le loup ou le lynx, font l’objet d’un suivi renforcé, tout comme certaines espèces de gibier et des espèces exotiques envahissantes. L’un des apports majeurs de Viltbild réside dans l’amélioration des connaissances en temps quasi réel. Les données collectées alimentent les décisions publiques, notamment en matière de quotas de chasse et de gestion des populations, en conformité avec les exigences européennes. Par ailleurs, la plateforme contribue à détecter plus rapidement certaines menaces sanitaires, comme les épizooties, ou des évolutions liées au changement climatique. Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent. La participation des utilisateurs reste inégale selon les régions, ce qui peut créer des biais dans les données. La qualité et la standardisation des images représentent également un enjeu, tout comme le traitement et l’analyse automatisée des millions de clichés générés. Enfin, la question de la protection des données et de l’acceptabilité sociale de la surveillance par pièges photographiques continue de susciter des débats. En dépit de ces limites, Viltbild s’impose aujourd’hui comme un outil innovant à l’échelle européenne. Il illustre une évolution majeure : le passage d’une gestion de la faune basée sur des estimations ponctuelles à une approche fondée sur des données continues, partagées et analysées collectivement. À terme, le succès de cette initiative dépendra de sa capacité à mobiliser durablement les acteurs de terrain et à intégrer les progrès technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle. La Suède confirme ainsi son rôle de laboratoire en matière de gestion moderne de la faune sauvage.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Les chasseurs pourront découvrir une grande variété de séjours : grands espaces africains, territoires nord-américains, montagnes d’Asie centrale, forêts d’Europe de l’Est ou encore plaines d’Amérique du Sud. Chaque destination offre des expériences différentes, allant de la chasse au grand gibier à des séjours consacrés au petit gibier ou à des espèces locales emblématiques. Certains exposants mettront l’accent sur des régions réputées pour la chasse de montagne et les espèces adaptées à ces milieux exigeants. D’autres présenteront des safaris cynégétiques ou des séjours dans de vastes domaines naturels où la chasse s’inscrit dans des programmes de gestion de la faune. Au-delà de la dimension touristique, ces rencontres permettront aussi aux chasseurs de préparer concrètement leurs projets. Les professionnels pourront détailler les périodes de chasse, les espèces disponibles, les conditions d’accueil ainsi que les aspects logistiques et réglementaires liés à la chasse à l’étranger. Les visiteurs auront ainsi l’occasion d’échanger directement avec des guides et organisateurs expérimentés. Avec la présence annoncée de nombreux opérateurs internationaux, l’édition 2026 du Salon de la Chasse et de la Faune Sauvage s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour les passionnés souhaitant concrétiser un projet de chasse à l’étranger.
Le ministère public avait d’ailleurs requis des sanctions incluant des amendes et des peines d’inéligibilité. Cependant, le tribunal a considéré que ces subventions avaient été utilisées conformément à leur objet, dans le cadre d’actions d’intérêt général. Parmi celles-ci figurent notamment l’opération « Hauts-de-France Propres », dédiée au ramassage des déchets, ainsi que l’événement « Ruralité en Fête », valorisant les produits du terroir. Autant d’initiatives qui relèvent clairement du service public et de la préservation de l’environnement. Dès lors, l’élément intentionnel nécessaire à la qualification de prise illégale d’intérêts n’a pas été retenu. Il convient de souligner l’importance de cette décision au regard de la personnalité des élus concernés. Loin d’être de simples acteurs politiques, ils sont engagés de longue date dans la vie locale et associative. Leur implication dans les FDC s’inscrit dans une tradition de gestion territoriale et environnementale, souvent méconnue. Les accuser à tort pouvait non seulement nuire à leur réputation, mais aussi fragiliser la confiance des citoyens envers leurs représentants. Cette relaxe rappelle ainsi un principe fondamental de l’État de droit : la présomption d’innocence et la nécessité de juger sur des faits établis, et non sur des suppositions. Elle met également en lumière la complexité des situations dans lesquelles les élus cumulent plusieurs responsabilités, sans que cela constitue nécessairement un conflit d’intérêts. Enfin, cette affaire souligne l’importance d’un débat démocratique apaisé, fondé sur des faits vérifiés. Si le rôle d’alerte des élus d’opposition est légitime, il doit s’exercer avec prudence. En relaxant ces trois élus, la justice réaffirme à la fois leur intégrité et l’équilibre indispensable entre contrôle démocratique et respect des personnes.
Le pastoralisme, fondé sur le pâturage de végétations naturelles, joue un rôle clé dans la valorisation de territoires difficiles, qu’ils soient montagnards ou de plaine. Il contribue au maintien de paysages ouverts, à la préservation de la biodiversité, à la réduction du risque d’incendie et au développement de productions agricoles spécifiques. Dans un contexte de changement climatique, de pression foncière et d’évolution des pratiques agricoles, ce mode d’élevage suscite un intérêt croissant pour sa capacité d’adaptation et les services environnementaux qu’il rend. Pendant trois jours, le séminaire proposera communications scientifiques, retours d’expérience et échanges autour de thématiques majeures : organisation et mobilité des troupeaux, accès aux ressources naturelles (eau, pâturages), valorisation économique des produits pastoraux, santé animale, conditions de vie des éleveurs, politiques publiques, formation et transmission des savoir-faire. L’objectif est d’identifier des leviers concrets pour assurer la pérennité et le renouvellement du pastoralisme. La rencontre mettra en dialogue science et terrain, en croisant les approches disciplinaires et les expériences issues de différents territoires, notamment en Occitanie, région fortement concernée, mais aussi dans d’autres zones européennes et nord-africaines. Cette dimension internationale vise à enrichir la réflexion collective face à des enjeux communs. Un point presse est prévu le 26 mars à 17 h à l’Institut Agro Montpellier afin de présenter les principaux enseignements et perspectives. Un kit média sera également mis à disposition des journalistes.
D’autre part, l’administration n’a pas prouvé que les éleveurs concernés avaient réellement mis en place des mesures de protection de leurs troupeaux avant d’obtenir l’autorisation de tir. Cette décision s’inscrit dans une série de jugements similaires. En 2024, le tribunal administratif de Besançon avait déjà annulé des arrêtés comparables, et en janvier 2026, le tribunal administratif de Nice a censuré sept décisions prises dans les Alpes-Maritimes. Ces jugements contribuent à renforcer une jurisprudence exigeant que toute dérogation à la protection du loup soit strictement justifiée. L’affaire intervient toutefois dans un contexte politique sensible. Le gouvernement français a récemment adopté un dispositif destiné à faciliter les tirs de défense contre les loups, afin de répondre aux inquiétudes des éleveurs confrontés à des attaques répétées sur leurs troupeaux.
Ce renforcement concerne en priorité trois secteurs : le Gapençais, l’Embrunais et le Champsaur-Valgaudemar. Les lieutenants de louveterie interviennent dans la régulation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, notamment aux troupeaux, aux cultures et aux pâturages. Ils participent à la mise en œuvre du plan national loup et activités d’élevage, organisent des battues administratives et peuvent constater des infractions. Pour candidater, il faut être de nationalité française, âgé de moins de 75 ans, titulaire du permis de chasser depuis au moins cinq ans, et disposer d’une condition physique adaptée. Les candidats doivent également pouvoir mobiliser des chiens de chasse. Les dossiers, comprenant notamment une lettre de motivation et un certificat médical récent, doivent être adressés à la Direction départementale des territoires. Une phase d’immersion est prévue pour les candidats sans expérience...
La disparition et la dégradation des zones humides, les modifications des pratiques agricoles et les effets du changement climatique figurent parmi les principales menaces pesant sur l’espèce. Face à cette situation, le projet « Snipe » a été lancé afin d’améliorer les connaissances scientifiques sur la bécassine des marais et de soutenir des stratégies de conservation adaptées. Cette initiative est portée par le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier (CIC), en partenariat avec l’Union pour la conservation de la nature et de la biodiversité (NABU) et l’Université d’Aveiro (Portugal). Le projet bénéficie du soutien financier de la délégation allemande du CIC, qui a permis de mettre en place les premières phases de recherche. Un rôle central est joué par le Dr José A. Alves, chercheur à l’Université d’Aveiro, dont l’équipe mène des campagnes de terrain intensives dans plusieurs zones clés de reproduction, notamment en Islande.
Durant l’été, les scientifiques travaillent dans des conditions particulières liées au phénomène du soleil de minuit, qui permet de suivre les oiseaux presque en continu. Ces missions ont déjà permis de recueillir des données précieuses sur la reproduction et les déplacements des bécassines. La technologie de géolocalisation miniaturisée constitue l’un des outils essentiels du projet. De petits capteurs sont fixés sur certains individus afin de suivre leurs migrations à grande échelle. Ces dispositifs permettent de reconstituer les routes migratoires reliant les zones de reproduction nordiques aux quartiers d’hivernage situés plus au sud de l’Europe et en Afrique du Nord. Les premières données mettent en évidence l’importance de sites d’escale migratoire stratégiques, indispensables pour l’alimentation et le repos des oiseaux. Au-delà de la recherche scientifique, le projet « Snipe » illustre la coopération entre chercheurs, chasseurs et organisations de conservation. Les informations collectées contribueront à orienter les politiques de gestion des zones humides et à promouvoir des pratiques de chasse durables. En combinant science, conservation et gestion responsable, cette initiative vise à garantir que la bécassine des marais demeure une composante essentielle de la biodiversité européenne pour les générations futures.
À travers ces thèmes, Willy Schraen interroge une question de fond : quelle place reste-t-il à l’homme dans une nature de plus en plus encadrée ? Mais c’est surtout sur le terrain économique que l’alerte est la plus forte. Le système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, financé par les chasseurs, apparaît aujourd’hui à bout de souffle. En cause, selon la FNC : la multiplication des zones interdites à la chasse, où les populations animales prospèrent sans régulation. Résultat, les fédérations départementales voient leurs finances se tendre dangereusement. « Les caisses sont vides », résume en substance le président, qui pointe également le non-versement par l’État d’une aide de 10 millions d’euros pourtant annoncée. Derrière ce constat, c’est toute la question du modèle économique de la chasse française qui est posée. Autre ligne de fracture majeure : la relation avec l’Office français de la biodiversité (OFB). Willy Schraen accuse l’établissement public de s’être éloigné du monde cynégétique, au point de devenir un adversaire. Il réclame une reprise en main par les chasseurs de missions structurantes, comme la formation, le permis de chasser ou encore la police de la chasse. Plus encore, il dénonce l’utilisation, par l'OFB, de l'argent des chasseurs pour financer des actions jugées hostiles à la chasse. Une critique qui traduit une rupture profonde et désormais assumée. Au-delà des prises de position, le discours esquisse une ligne politique claire : défense des chasses traditionnelles, promotion du gibier, reconquête du petit gibier. Mais une question demeure : avec quels moyens ? Entre tensions institutionnelles, contraintes réglementaires et fragilité financière, la stratégie affichée par la FNC apparaît aussi ambitieuse qu’incertaine.
Selon les estimations internationales, plusieurs milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre ou à des services d’assainissement adéquats. Cette situation a des conséquences directes sur la santé, le développement économique et la stabilité sociale de nombreuses régions du monde. Le changement climatique accentue ces déséquilibres. L’augmentation des températures, la modification des régimes de précipitations et la multiplication des événements extrêmes, comme les sécheresses et les inondations, perturbent les cycles de l’eau. Certaines zones deviennent plus arides, tandis que d’autres subissent des excès d’eau, souvent difficiles à gérer. Par ailleurs, les pressions liées aux activités humaines continuent de croître. L’agriculture, qui représente la majorité des prélèvements d’eau douce à l’échelle mondiale, doit répondre à une demande alimentaire en hausse. L’urbanisation et l’industrialisation accentuent également la pression sur les ressources, tout en contribuant à leur pollution. Face à ces enjeux, la Journée mondiale de l’eau rappelle l’importance d’une gestion intégrée et durable, conciliant les besoins humains, économiques et environnementaux...
Entre ces deux mondes, une figure est apparue : le protecteur du dimanche. Le protecteur du dimanche ne se lève pas à l’aube pour observer les migrations, restaurer une haie ou curer une mare. Il se lève pour signer une pétition contre la chasse entre deux cafés équitables. La nature, il la fréquente surtout en photo, cadrée, filtrée et légendée d’un cœur vert. Dans ce récit moderne, tout est simple : les animaux sont des victimes innocentes et la chasse est devenue l’ennemi public numéro un. Peu importe que l’effondrement de la biodiversité ait des causes bien documentées : artificialisation des sols, agriculture industrielle, disparition des habitats...
Non, le coupable idéal est tout trouvé : le chasseur, caricature commode d’un monde rural devenu suspect. La recette fonctionne à merveille. Une vidéo choc, un slogan bien huilé, et les dons affluent. Les campagnes s’enchaînent, les indignations aussi. L’économie de la compassion tourne à plein régime. Mais sur le terrain, dans les forêts, les plaines et les marais, la réalité est moins spectaculaire : il faut entretenir, réguler, restaurer, surveiller. Des tâches ingrates, peu photogéniques, qui rapportent peu de likes. La nature réelle est un chantier permanent. Elle exige du temps, de la présence et parfois des décisions difficiles. Tout ce qui résiste aux slogans. Pendant ce temps, le protecteur du dimanche s’indigne avec constance et générosité, surtout avec le portefeuille des autres. Il rêve d’une nature parfaite, débarrassée des humains, sauf quand il s’agit, pour lui, de la contempler le week-end. Quarante-cinq ans ont passé. La nature n’a jamais été aussi invoquée. Elle n’a jamais été aussi mal comprise. Et peut-être qu’au fond, la grande différence entre ceux qui la vivent et ceux qui la brandissent tient en une chose simple : les bottes des premiers sont chargées de boue, les doigts des seconds sont chargés de la poussière de leurs écrans. Précisons que le document de 1980 a été reconstitué, mais celui de 2025 est authentique...
Entre 2017 et 2019, un total de 2 009 tiques ayant piqué des humains a été collecté dans différentes régions françaises et analysé. Chaque spécimen a été identifié morphologiquement, puis examiné afin de détecter la présence d’environ vingt agents pathogènes potentiellement transmissibles à l’être humain. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique « Ticks and Tick-borne Diseases ». Les analyses montrent que 27 % des tiques étudiées étaient porteuses d’au moins un agent pathogène susceptible d’infecter l’homme. La grande majorité des spécimens collectés (94 %) appartient à l’espèce Ixodes ricinus, principale tique impliquée dans les piqûres humaines en Europe occidentale. Parmi ces tiques, 15,4 % contenaient la bactérie Borrelia burgdorferi sensu lato, responsable de la Maladie de Lyme. D’autres agents pathogènes ont également été identifiés : 7,1 % des spécimens étaient porteurs de Anaplasma phagocytophilum, agent de l’anaplasmose granulocytaire humaine, tandis que 2,9 % contenaient Neoehrlichia mikurensis, responsable de la néoehrlichiose. Par ailleurs, 4,5 % des tiques analysées présentaient des co-infections, hébergeant simultanément plusieurs agents pathogènes. Un résultat notable concerne les larves de Ixodes ricinus. Environ 7,3 % d’entre elles se sont révélées porteuses de Borrelia burgdorferi, alors que ces stades précoces sont généralement considérés comme indemnes avant leur premier repas sanguin. Cette observation, cohérente avec d’autres travaux récents, suggère la possibilité d’une transmission précoce de la bactérie. Les auteurs rappellent toutefois que la détection d’un agent pathogène dans une tique ne signifie pas nécessairement qu’une infection survient chez l’hôte. Le risque dépend notamment de la durée d’attachement du parasite, de la charge bactérienne et de la réponse immunitaire de la personne exposée. Le programme CiTIQUE illustre enfin l’apport des sciences participatives à la surveillance épidémiologique. En fournissant des échantillons provenant de situations réelles de piqûres sur l’ensemble du territoire, ce dispositif permet d’améliorer la cartographie des risques sanitaires et d’affiner les stratégies de prévention contre les maladies transmises par les tiques.
Le texte supprimait l’obligation de satisfaire aux trois conditions imposées depuis 2021 : prouver un intérêt général majeur ou des bénéfices supérieurs à la préservation du milieu naturel, démontrer l’absence d’alternative moins dommageable pour l’environnement et prévoir des mesures de réduction ou de compensation des impacts écologiques. Saisi par plusieurs associations environnementales, le Conseil d’État a estimé que cet arrêté constituait un recul du droit environnemental. La haute juridiction administrative a jugé qu’il était « contraire au principe de non-régression en matière de protection de l’environnement », inscrit dans la loi française depuis 2016. L’arrêté a donc été annulé. Les organisations écologistes ont salué cette décision, estimant qu’elle protège des milieux naturels fragiles.
Les zones humides jouent en effet un rôle important dans la biodiversité, la filtration naturelle de l’eau et la régulation des crues. Mais cette décision ravive aussi les tensions autour de la gestion de la ressource en eau. Dans des territoires agricoles soumis à des sécheresses de plus en plus fréquentes, certaines retenues d’eau sont présentées comme un moyen d’anticiper les pénuries estivales. Des acteurs du monde agricole dénoncent une approche qu’ils jugent idéologique. Ils accusent certaines organisations écologistes de s’opposer systématiquement aux projets liés à l’activité économique tout en se montrant peu préoccupées par la question concrète du stockage de l’eau. À l’approche des étés de plus en plus secs, le débat reste ouvert : la protection stricte des zones humides permettra-t-elle de préserver durablement la ressource, ou empêchera-t-elle les territoires de s’adapter aux tensions hydriques ? La réponse pourrait apparaître dès les prochains étés.
L’enjeu est majeur, car l’usage généralisé et répété des pesticides entraîne des impacts importants sur la contamination des sols, de l’eau et de l’atmosphère, affecte la santé humaine et la biodiversité, et représente un coût significatif pour la société comme pour les agriculteurs. Les chercheurs ont conçu 9 systèmes originaux sans recours aux pesticides, tout en autorisant le travail du sol et l’usage d’engrais minéraux de synthèse. Ces systèmes ont été élaborés lors d’ateliers de co-conception associant conseillers agricoles, agriculteurs et scientifiques, puis testés sur 9 sites expérimentaux répartis dans l’Hexagone, couvrant une grande diversité de contextes pédoclimatiques et socio-économiques. Parmi eux figuraient 5 systèmes de grande culture et 4 systèmes en polyculture-élevage incluant des prairies temporaires. L’objectif était de n’utiliser aucun pesticide tout en réduisant fortement les stress biotiques liés aux ravageurs, maladies et adventices, grâce à des rotations longues de 5 à 9 ans. Les systèmes reposaient sur trois piliers agroécologiques : la prophylaxie (gestion des résidus, semences saines, nettoyage du matériel), la diversification et la valorisation de la biodiversité végétale (successions culturales variées, cultures associées, mélanges variétaux), et l’amélioration ou la préservation de la santé des sols (implantation de cultures intermédiaires, réduction du travail du sol sans exclure le labour). Les résultats montrent que les rendements sont le plus souvent inférieurs à ceux des systèmes conventionnels avec protection chimique, mais peuvent, dans certaines situations, atteindre des niveaux équivalents voire supérieurs, sans augmentation significative des dégâts dus aux maladies et ravageurs au fil du temps...