Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement - Un gite accueillant -

Journée mondiale de l’environnement

Chaque année, le 5 juin, la Journée mondiale de l’environnement rassemble des millions de personnes autour d’un même objectif : sensibiliser à la protection de la planète et à la préservation des ressources naturelles. Créée en 1972 par les Nations unies à l’issue de la Conférence de Stockholm, cette journée est devenue l’un des principaux rendez-vous internationaux consacrés aux enjeux environnementaux. Pollution, changement climatique, érosion de la biodiversité, raréfaction de certaines ressources : les défis sont nombreux et concernent désormais l’ensemble des continents. Mais au-delà des déclarations officielles, des campagnes de communication et des grands sommets internationaux, cette journée rappelle surtout une réalité souvent oubliée : l’environnement se protège d’abord sur le terrain. Partout en France, des milliers d’acteurs œuvrent quotidiennement en faveur des milieux naturels. Forestiers, agriculteurs, pêcheurs, gestionnaires d’espaces protégés, scientifiques, chasseurs ou encore bénévoles associatifs participent, chacun à leur manière, à la préservation de la biodiversité. Entretien des zones humides, restauration de haies, suivi des espèces sauvages, protection des sites de reproduction ou lutte contre les espèces invasives constituent autant d’actions discrètes mais essentielles. La connaissance du terrain demeure d’ailleurs l’un des meilleurs outils de conservation. Observer l’évolution d’une population animale, mesurer l’impact d’une sécheresse, suivre la progression d’une maladie ou évaluer l’état d’un habitat naturel exige du temps, de l’expérience et une présence régulière au cœur des territoires. Cette écologie du quotidien est souvent moins visible que les grands débats médiatiques, mais elle produit des résultats concrets. Les défis actuels imposent davantage de coopération entre les différents usagers des espaces naturels, et l’agriculture, la sylviculture, la chasse, le tourisme et la conservation ne peuvent plus être envisagés comme des mondes séparés. Leur avenir dépend de leur capacité à travailler ensemble pour maintenir des écosystèmes fonctionnels et des territoires vivants. Plus que jamais, la protection de l’environnement repose sur un principe simple : la responsabilité partagée. Car la nature ne se préserve pas une seule journée par an. Elle se protège chaque jour grâce à l’engagement de celles et ceux qui l’observent, la gèrent et la transmettent aux générations futures.

La FACCC en Assemblée générale dans le Finistère

La Fédération des Associations Françaises des Chasseurs aux Chiens Courants (FACCC) tiendra sa 37e Assemblée générale nationale le samedi 6 juin à Saint-Thois (Finistère), à l'occasion d'un week-end exceptionnel. Accueillis sur le site de Stervinou, en bordure du canal de Nantes à Brest, les représentants des associations départementales se réuniront dès 10 heures pour la traditionnelle réunion des présidents d'AFACCC. L'Assemblée générale nationale débutera ensuite à 16 h 30. Ce rendez-vous annuel majeur permettra de dresser le bilan des actions menées, d'aborder les enjeux actuels de la chasse aux chiens courants et de définir les orientations futures de la fédération. Les festivités débuteront le samedi 6 juin par l’accueil des meutes dès l’après-midi. La soirée laissera place à la convivialité avec un moment festif ouvert à tous : restauration sur place, concert rock et animation DJ rythmeront la nuit jusqu’à 1h du matin dans une ambiance chaleureuse et authentique. Le dimanche 7 juin sera dédié à la découverte, au partage et aux traditions. La journée débutera par une messe de Saint-Hubert, célébrée en musique avec les Échos de Keroual et le bagad des Bruyères, symbole fort de l’ancrage culturel breton. L’après-midi proposera de nombreuses démonstrations : chiens courants, équipages de vénerie, vénerie sous terre, louveterie, chiens de sang, chiens d’arrêt et de rapport. Un véritable panorama du monde cynégétique sera offert au public. En parallèle, un marché d’artisans et de créateurs mettra en valeur les savoir-faire locaux, tandis que de nombreuses associations cynégétiques et rurales présenteront leurs activités. Initiations, démonstrations et rencontres permettront à chacun de mieux comprendre les pratiques liées à la nature et à la chasse. Les familles ne seront pas oubliées avec de nombreuses animations pour les enfants : structures gonflables, poneys, maquillage ou encore balades en petit tracteur. Tout au long du week-end, buvette, restauration et bar à huîtres seront proposés. Ce rendez-vous unique promet d’allier tradition, convivialité et découverte, dans l’esprit d’une chasse responsable et vivante. Un événement à ne pas manquer pour célébrer ensemble 40 ans de passion. Pour ceux qui ne pourront pas être présents, la FACCC retransmettra, en direct Youtube, les travaux de l’assemblée générale, samedi, à partir de 16h30.

 

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Manifestation non déclarée lors de la Fête de la Vénerie : un militant d’AVA condamné

Le tribunal judiciaire de Senlis a rendu, hier 1er juin, son délibéré dans l’affaire opposant Stanislas Broniszewski, figure connue du mouvement anti-chasse à courre Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA), au ministère public. Le militant était poursuivi pour avoir organisé une manifestation non déclarée à l’occasion de la Fête de la Vénerie, organisée le 14 juin 2025 pour célébrer le 90e anniversaire du musée de la Vénerie de Senlis. Ce jour-là, plusieurs centaines de personnes avaient participé aux animations proposées autour de ce patrimoine culturel et cynégétique, parmi lesquelles un défilé de chiens de chasse dans les rues de la cité royale. L’événement avait toutefois été perturbé par la présence de militants opposés à la chasse à courre, venus manifester leur hostilité à la pratique tout au long du parcours. Les protestataires avaient suivi le cortège et multiplié les prises à partie verbales des participants. Les enquêteurs avaient alors estimé que Stanislas Broniszewski avait joué un rôle central dans l’organisation et la coordination de cette mobilisation. Une analyse contestée par l’intéressé, qui n’a cessé de nier être l’organisateur de la manifestation. Lors de l’audience, tenue début mai, il avait expliqué être présent en tant que militant de longue date contre la vénerie, tout en affirmant n’être ni dirigeant ni porte-parole d’AVA. Selon lui, il s’était limité à relayer l’information concernant le rassemblement. Ces arguments n’ont finalement pas convaincu le tribunal. Dans son jugement, la juridiction a considéré que le prévenu avait bien occupé un rôle actif dans la préparation et le déroulement de la manifestation. Les magistrats ont rappelé que toute manifestation sur la voie publique est soumise à des obligations déclaratives auxquelles les organisateurs doivent se conformer. Stanislas Broniszewski a ainsi été reconnu coupable d’organisation d’une manifestation sans déclaration préalable. Il a été condamné à une amende de 2 000 euros, dont 1 000 euros assortis du sursis. Il devra également verser près de 6 000 euros au total à la Ville de Senlis, aux Amis du musée de la Vénerie, à la Société de Vénerie et à la FDC de l’Oise, au titre des préjudices et frais de justice engagés. Cette décision rappelle que le débat autour de la chasse à courre, aussi vif soit-il, doit s’exprimer dans le respect du cadre légal. Elle souligne également que la vénerie demeure en France une activité autorisée, strictement réglementée et encadrée par la loi, dont la pratique s’inscrit dans un patrimoine historique et culturel reconnu.

Du 6 au 14 juin : Fête des mares 2026 : pour éveiller à la nature et transmettre...

En 2026, la Fête des mares met à l’honneur le thème « Les mares pour éveiller et transmettre », plaçant ces milieux humides au cœur de la découverte du vivant et du partage des connaissances. Souvent discrètes, les mares constituent pourtant des espaces riches en biodiversité et jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. Elles offrent également un cadre privilégié pour sensibiliser le public, en particulier les plus jeunes, à la nature. Observer des têtards, écouter le chant des grenouilles ou découvrir la diversité des insectes aquatiques sont autant d’expériences simples qui éveillent la curiosité. Ces moments favorisent la transmission des savoirs entre générations et renforcent le lien entre l’humain et son environnement. La Fête des mares s’inscrit ainsi dans une démarche pédagogique et participative, visant à faire connaître et préserver ces milieux fragiles. Organisée partout en France, cette manifestation mobilise chaque année un public de plus en plus large. Associations, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, enseignants ou passionnés de nature sont invités à proposer des animations : sorties nature, ateliers pédagogiques, chantiers participatifs ou encore conférences. Pour accompagner ces initiatives, des outils pratiques sont mis à disposition, incluant supports pédagogiques, kits d’animation et ressources de communication. Au-delà de l’événement, la Fête des mares s’inscrit dans plusieurs politiques publiques en faveur de la biodiversité, notamment le Plan national milieux humides (2022-2026) et la Stratégie nationale biodiversité 2030. Elle contribue à sensibiliser les citoyens à la préservation des écosystèmes aquatiques et à encourager des actions concrètes sur le terrain. Chacun peut participer en organisant une activité et en la labellisant via la plateforme « J’agis pour la nature ». Cette mobilisation collective permet de mieux faire connaître les mares et de valoriser leur rôle écologique, tout en favorisant une prise de conscience durable en faveur de la protection du vivant.

Loi d’urgence agricole : les députés renforcent le rôle des lieutenants de louveterie

Discrets mais omniprésents sur le terrain, les lieutenants de louveterie viennent d’obtenir une reconnaissance que beaucoup jugeaient nécessaire depuis longtemps. À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole, les députés ont adopté plusieurs dispositions destinées à mieux encadrer leurs missions et à permettre un accompagnement matériel de l’État. Une évolution qui marque une étape importante pour ces auxiliaires bénévoles de l’administration, dont le rôle n’a cessé de s’accroître ces dernières années. Institution plusieurs fois centenaire, la louveterie demeure l’un des plus anciens corps de l’administration française. Placés sous l’autorité du préfet, les lieutenants de louveterie participent aujourd’hui à de nombreuses missions d’intérêt général : régulation des populations de sangliers, destruction administrative d’animaux occasionnant des dégâts, interventions liées à la sécurité publique, gestion sanitaire de la faune sauvage ou encore protection des élevages confrontés à la prédation. Pourtant, malgré l’importance de leurs responsabilités, ces hommes et ces femmes exercent leurs fonctions à titre bénévole. Véhicules, équipements, temps consacré aux missions et déplacements sont le plus souvent assumés sur leurs propres deniers. Une situation régulièrement dénoncée par les représentants de la louveterie, alors même que les sollicitations de l’État se multiplient. C’est dans ce contexte que les députés ont adopté plusieurs amendements inspirés d’une proposition de loi transpartisane, visant à mieux reconnaître le statut des lieutenants de louveterie dans le Code de l’environnement. L’objectif est de sécuriser juridiquement leurs missions, tout en consacrant leur rôle croissant dans la gestion de la faune sauvage et la prévention des conflits liés aux animaux sauvages...

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Les femmes redessinent l’avenir de la chasse durable

Longtemps considérée comme un univers essentiellement masculin, la chasse connaît aujourd’hui une profonde transformation. Réunies au Portugal à l’occasion de la huitième Conférence internationale « Women and Sustainable Hunting » (WaSH), organisée par le Conseil international de la chasse et de la conservation de la faune sauvage (CIC), des spécialistes venus d’Europe, d’Afrique et des Amériques ont dressé un constat désormais largement partagé : les femmes représentent le segment de chasseurs connaissant la plus forte progression dans le monde cynégétique moderne. Organisé le 22 mai 2026 dans la ville historique de Vila Viçosa, au cœur de l’Alentejo portugais, le congrès avait pour thème « Gardiennes de la nature : les femmes et l’avenir du tourisme cynégétique ». Chercheuses, chasseresses, professionnelles du tourisme de chasse et responsables de la conservation y ont échangé autour du rôle croissant des femmes dans l’évolution des pratiques cynégétiques et de la gestion durable de la faune sauvage. Le président du CIC, Luis de la Peña, a marqué les esprits en déclarant aux participantes : « Vous n’êtes pas des invitées dans le monde de la chasse. Vous en êtes l’avenir... ». Une phrase qui résume l’orientation prise par une partie du secteur cynégétique international, convaincue que les femmes apportent une nouvelle approche de la chasse, davantage centrée sur l’éthique, la transmission, la conservation et le lien avec les territoires. Plusieurs études scientifiques présentées lors du congrès sont venues étayer cette évolution. Une recherche menée au Mozambique sur des safaris spécialement conçus pour les femmes montre que lorsque les séjours de chasse intègrent des dimensions éducatives, culturelles et environnementales fortes, les freins historiques à la participation féminine diminuent nettement. Les participantes accordent une importance particulière à la sécurité, à la convivialité, à la valorisation de la venaison et aux enjeux de conservation. Des travaux finlandais présentés durant le congrès soulignent également que les femmes placent davantage l’éthique, la responsabilité et la durabilité au cœur de leurs choix cynégétiques. Pour les professionnels du tourisme de chasse, cette évolution représente un enjeu économique majeur, mais aussi une opportunité de renforcer l’acceptabilité sociale de certaines pratiques. En Afrique australe, plusieurs opérateurs de safaris ont également témoigné de cette mutation profonde. Selon eux, les femmes contribuent progressivement à faire évoluer le tourisme cynégétique vers des modèles davantage axés sur la gestion communautaire, l’éducation à la nature et la transmission intergénérationnelle. Pour le CIC et son groupe Artemis, organisateur historique du congrès WaSH, le message est désormais clair : les femmes ne se contentent plus de participer à la chasse moderne, elles en redéfinissent progressivement les valeurs et les priorités.

La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : le partenariat entre Enedis et la FDC se poursuit. Une convention a été signée à Champtercier entre Sébastien Matheron, directeur territorial Enedis des Alpes du Sud, et André Pesce, président de la fédération départementale des chasseurs. Cette collaboration vise principalement à renforcer la coopération entre les deux structures sur des enjeux environnementaux et de sécurité, liés aux territoires ruraux et montagnards. Les chasseurs, présents quotidiennement sur le terrain, constituent en effet un relais précieux pour signaler rapidement des incidents sur le réseau électrique, des départs de feu, des arbres menaçant les lignes ou encore certaines anomalies observées dans des secteurs difficiles d’accès. La convention prévoit également des actions communes de sensibilisation à la protection de l’environnement et à la préservation de la biodiversité. Dans un département marqué par de vastes espaces naturels et une forte exposition aux risques climatiques, ce partenariat entend aussi favoriser une meilleure circulation de l’information entre les acteurs locaux présents sur le terrain. Une coopération pragmatique qui illustre le rôle grandissant des fédérations de chasse dans les missions d’observation et de veille environnementale.

 

- Aveyron : à Mostuéjouls, dans les gorges du Tarn, les techniciens de la FDC ont repris leur traditionnel comptage des mouflons. Cette opération annuelle, menée dans le cadre du programme CYNOBS, soutenu par l’Écocontribution et l’OFB, mobilise plusieurs équipes d’observateurs réparties sur des points stratégiques du territoire. Tôt le matin ou en soirée, jumelles ou longues-vues en main, les chasseurs scrutent les reliefs afin de recenser les animaux visibles. Le choix de Mostuéjouls n’est pas anodin : la commune abrite à elle seule plus de 90 % de la population départementale de mouflons. Les premiers résultats sont encourageants. Malgré une augmentation des plans de chasse ces dernières années, les effectifs observés continuent de progresser, signe d’une population dynamique et en bonne santé sur le territoire aveyronnais. Les observateurs restent toutefois attentifs à la présence désormais régulière du loup dans le secteur. Ailleurs en France, la prédation exercée sur les mouflons a parfois provoqué un net recul des populations, renforçant l’importance de ces suivis annuels.

 

- Côte d’Or : le premier Festival d’histoires naturelles de Montbard, organisé du 5 au 7 juin 2026, donnera une large place aux enjeux environnementaux et scientifiques liés aux milieux aquatiques. À cette occasion, l’Office français de la biodiversité (OFB) participera à une table ronde consacrée à la restauration des cours d’eau. La rencontre se tiendra vendredi 5 juin, de 17h30 à 18h45, à la salle Paul-Éluard. Julien Bouchard, ingénieur connaissance à l’OFB Bourgogne–Franche-Comté, échangera avec plusieurs spécialistes du sujet : Matthias Alloux, chef de projet à l’EPAGE de l’Armançon, Philippe Amiotte-Suchet, hydro-géochimiste à l’Université Bourgogne-Europe, sous la modération de la journaliste et réalisatrice Marina Julienne, spécialiste des relations entre sciences et société. Les intervenants aborderont une question essentielle : comment mesurer concrètement l’efficacité des opérations de restauration des rivières ? Indices biologiques, analyses morphologiques, protocoles scientifiques et retours d’expérience issus du réseau national des sites de démonstration seront au cœur des échanges. Les exemples bourguignons permettront notamment d’illustrer les méthodes utilisées pour évaluer l’évolution des milieux aquatiques après les travaux de restauration écologique...

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De la forêt à l’assiette : la venaison française, future filière d’avenir ?

Longtemps cantonnée au monde de la chasse et à quelques circuits gastronomiques confidentiels, la venaison française pourrait bientôt changer de dimension. Un amendement reconnaissant sa valorisation a été adopté et ajouté au projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le député IDL (Identité Libertés) Eddy Casterman, cet amendement reconnait la venaison comme une véritable filière agricole d’avenir. Le sujet quitte donc progressivement le seul terrain cynégétique pour entrer dans le débat économique, alimentaire et territorial. Le constat est en effet paradoxal : alors que la France prélève chaque année plus de 850 000 sangliers, près de 600 000 chevreuils, 100 000 grands cervidés et environ 10 000 chamois et isards, le pays importe encore plus de la moitié de la viande de gibier consommée sur son territoire, notamment en provenance d’Europe de l’Est ou de Nouvelle-Zélande. Selon plusieurs estimations professionnelles, près de 36 000 tonnes de venaison sont consommées chaque année en France, mais une part majeure provient encore de l’importation. Dans certains rayons ou restaurants, le consommateur croit déguster du gibier français alors qu’il consomme parfois du cerf d’élevage néo-zélandais ou du sanglier venu des pays de l’Est. Derrière cette situation se cache une immense faiblesse structurelle : la France chasse beaucoup mais transforme peu. Une grande partie du gibier finit encore en autoconsommation, en dons privés ou parfois détruite faute de débouchés organisés. L’objectif affiché par les parlementaires favorables au texte consiste désormais à intégrer pleinement la production, la transformation et la commercialisation du gibier sauvage dans les politiques agricoles nationales, avec une logique de souveraineté alimentaire et de valorisation des ressources locales. Car la venaison possède aujourd’hui de nombreux arguments capables de séduire les consommateurs modernes. Viande sauvage par excellence, elle ne nécessite ni élevage intensif, ni alimentation importée, ni artificialisation supplémentaire des terres agricoles, et son empreinte carbone reste particulièrement faible comparée à certaines productions industrielles...

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Loups : l’Assemblée nationale assouplit les tirs de défense pour protéger les élevages

L’Assemblée nationale a adopté plusieurs dispositions visant à renforcer les moyens de protection des élevages confrontés à la prédation du loup, dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole. Les députés ont notamment validé un assouplissement des procédures encadrant les tirs de défense ainsi qu’une augmentation du plafond annuel de prélèvement de l’espèce. Le texte prévoit désormais un relèvement du plafond de destruction de 19 à 21 % de la population estimée de loups présents sur le territoire national, avec une possibilité de porter ce seuil à 23 % en cas de nécessité. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, cette évolution pourrait permettre le prélèvement d’environ 227 individus contre 192 auparavant, sur une population estimée à près de 1 082 loups. Par ailleurs, les députés ont approuvé un amendement autorisant, sous conditions, l’utilisation de dispositifs de visée nocturne ou thermique dans le cadre des tirs de défense réalisés par les chasseurs et les éleveurs. Cette disposition a été adoptée malgré les réserves exprimées par le ministère chargé de la Transition écologique, qui a évoqué des enjeux liés à la sécurité publique. Le texte adopté simplifie également les modalités administratives applicables aux tirs de défense des bovins et équins. Jusqu’à présent soumis à un régime d’autorisation préalable, ces tirs relèveront désormais d’un dispositif déclaratif, aligné sur celui applicable aux élevages ovins, sous réserve du respect des conditions réglementaires en vigueur. Un amendement porté par Christophe Bentz, Rassemblement National, député de la circonscription de Chaumont-Langres (52) a en outre été adopté contre l’avis du gouvernement. Celui-ci prévoit que le tir de défense soit présumé légitime en cas d’attaque imminente ou d’intrusion manifeste d’un loup, sans nécessité d’autorisation préalable ni de récépissé administratif, sous réserve d’une constatation a posteriori des faits. Le gouvernement a défendu ces évolutions en mettant en avant l’augmentation continue des dommages liés à la prédation. Selon les données présentées dans l’hémicycle par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, 4 400 attaques ont été recensées en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, pour environ 12 500 animaux domestiques victimes. Plusieurs groupes parlementaires de gauche et écologistes ont contesté l’utilité de ces mesures, estimant qu’elles relèvent principalement d’un affichage politique et plaidant pour un renforcement des dispositifs de protection des troupeaux. Le gouvernement affirme pour sa part que ces ajustements visent à maintenir un équilibre entre la préservation du loup dans un état de conservation favorable et la protection des activités d’élevage dans les territoires ruraux.

Les chemins, maillons essentiels de la ruralité

Les chemins ruraux font partie de ces éléments du paysage que l’on remarque à peine… jusqu’au jour où ils disparaissent. Pourtant, ils constituent un maillon essentiel de la ruralité française. Hérités d’anciens tracés agricoles, forestiers ou communaux, ces voies permettent depuis des siècles de relier villages, parcelles, bois et pâtures tout en offrant au public un accès privilégié à la nature. Selon plusieurs estimations, près de 250 000 kilomètres de chemins auraient disparu en France depuis les années 1950, absorbés par l’urbanisation, les remembrements agricoles ou simplement abandonnés faute d’entretien. Une disparition silencieuse qui soulève aujourd’hui des enjeux à la fois environnementaux, patrimoniaux et sociaux. Il convient tout d’abord de distinguer les différents types de voies rurales. Les chemins ruraux appartiennent au domaine privé des communes, contrairement aux voies communales qui relèvent du domaine public routier. Le Code rural précise, dans son article L.161-1, qu’un chemin rural est un chemin appartenant à la commune, affecté à l’usage du public et qui n’est pas classé comme voie communale. Ils sont donc affectés à l’usage du public sans pour autant bénéficier du même régime juridique qu’une route classique. À côté de ces chemins, existent également les chemins d’exploitation ou chemins d’associations foncières, généralement réservés à la desserte des parcelles agricoles et appartenant aux propriétaires riverains ou à des structures foncières spécifiques. Cette distinction est essentielle car elle conditionne les droits de circulation, les obligations d’entretien et les responsabilités en cas de litige. Les chemins ruraux restent en principe ouverts à tous : promeneurs, randonneurs, cavaliers, cyclistes ou chasseurs peuvent les emprunter librement, sauf arrêté municipal motivé. En revanche, le passage sur des chemins privés repose souvent sur une simple tolérance du propriétaire, qui peut être retirée à tout moment. C’est là que naissent de nombreux conflits de terrain. Certains chemins historiquement utilisés par le public se retrouvent labourés, clôturés ou intégrés à des exploitations agricoles. Dans plusieurs régions, des associations se mobilisent désormais pour défendre ce patrimoine rural et obtenir la réouverture de voies oubliées. Car au-delà de leur fonction de circulation, ces chemins jouent aussi un rôle écologique majeur : véritables corridors naturels, ils favorisent le déplacement de la faune, préservent des haies, des talus et des zones refuges pour la biodiversité...

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Dégâts de gibier : Xavier Bertrand ouvre le débat du « qui doit payer ? »

Le dossier explosif des dégâts de grand gibier vient de franchir un nouveau cap politique. En prenant publiquement position sur les réseaux sociaux, lundi 25 mai, Xavier Bertrand a repris presque mot pour mot les arguments défendus depuis plusieurs mois par la Fédération nationale des chasseurs : les chasseurs ne peuvent plus être tenus financièrement responsables dans des territoires où ils ne sont plus autorisés à réguler les populations animales. Une sortie qui résonne comme un avertissement adressé à l’État, mais aussi aux collectivités, associations et propriétaires qui contribuent à multiplier les zones interdites à la chasse. Car derrière l’augmentation continue des indemnisations agricoles se cache une réalité de terrain de plus en plus dénoncée par les fédérations départementales : sangliers et cervidés prolifèrent précisément dans les espaces sanctuarisés, où toute régulation devient impossible ou extrêmement limitée. Emprises ferroviaires, autoroutières, zones industrielles, plateformes logistiques, réserves naturelles, friches sécurisées ou secteurs périurbains forment désormais un maillage considérable de refuges pour le grand gibier. À cela s’ajoutent les territoires où la chasse peut être bloquée par opposition idéologique, refus de céder les droits de chasse ou multiplication des contraintes administratives et contentieuses. Résultat : les animaux circulent depuis ces sanctuaires vers les cultures voisines, tandis que les chasseurs continuent d’assumer, presque seuls, le coût des dégâts. Pour Xavier Bertrand, cette situation atteint aujourd’hui ses limites. Son intervention marque un tournant car elle pose ouvertement une question longtemps évitée par le monde politique : peut-on interdire la chasse tout en faisant payer les chasseurs ? Derrière cette interrogation se profile un débat financier majeur. Le système français d’indemnisation repose historiquement sur un principe simple : les chasseurs régulent le gibier et indemnisent les dégâts causés aux cultures. Mais ce modèle suppose qu’ils disposent réellement des moyens d’agir. Or, dans de nombreux territoires, les chasseurs expliquent qu’ils deviennent juridiquement responsables d’animaux qu’ils ne peuvent plus prélever efficacement...

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Montagne : les élus obtiennent une reconnaissance renforcée de leurs spécificités

Les territoires de montagne viennent de franchir une étape politique importante. L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine », portée par l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) et soutenue par 122 députés issus de plusieurs groupes politiques. Un texte que ses promoteurs présentent comme une nouvelle pierre fondatrice après la loi Montagne de 1985 et sa modernisation en 2016. À l’origine de cette initiative figurent notamment Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, et Xavier Roseren, député de Haute-Savoie. Tous défendent une même idée : reconnaître officiellement le droit à la différenciation territoriale pour des zones confrontées à des contraintes géographiques, climatiques et démographiques particulières. Le texte adopté s’articule autour de onze mesures destinées à adapter les politiques publiques aux réalités de la montagne. L’éducation figure parmi les priorités avec une volonté d’assouplir la carte scolaire afin de tenir compte de l’isolement de certaines communes. En matière de santé, les élus souhaitent garantir un accès plus rapide aux soins d’urgence dans les vallées et zones enclavées. La gouvernance locale est également concernée avec la création de commissions spécifiques « montagne » dans certaines intercommunalités. Les parlementaires entendent ainsi mieux intégrer les enjeux propres aux massifs dans les décisions locales. La question de l’eau occupe aussi une place centrale. Le texte encourage une gestion multiusage de la ressource et le développement de capacités de stockage adaptées aux besoins agricoles, touristiques et environnementaux. Dans le même esprit, les infrastructures de recharge pour véhicules électriques devraient être accélérées afin de favoriser une mobilité décarbonée dans les stations et vallées.