Restaurer une forêt est l’un des moyens de reconstituer progressivement les stocks de carbone contenus dans les arbres. Mais une nouvelle étude menée dans des forêts subalpines montre qu’un même résultat peut être obtenu par des mécanismes écologiques très différents. Les chercheurs ont comparé des forêts secondaires, qui se régénèrent naturellement après une perturbation, et des forêts plantées. Ils se sont particulièrement intéressés aux mycorhizes, ces champignons vivant en association avec les racines des arbres et jouant un rôle essentiel dans l’absorption des nutriments.
Deux grands types ont été distingués : les mycorhizes arbusculaires (AM) et les ectomycorhizes (EcM). Ces associations ne jouent toutefois pas exactement le même rôle. Les champignons AM pénètrent dans les cellules des racines et sont généralement associés à une acquisition efficace du phosphore, tandis que les EcM forment un réseau autour des racines et peuvent notamment faciliter l’accès à l’azote et à la matière organique du sol. Les chercheurs ont suivi une chronoséquence, c’est-à-dire des peuplements d’âges différents permettant de reconstituer les étapes de récupération. Ils ont ainsi séparé le carbone stocké dans les arbres selon leur association mycorhizienne et étudié simultanément la structure des peuplements, la diversité fonctionnelle et plusieurs propriétés du sol. Cette approche permet de distinguer la simple accumulation de biomasse des mécanismes écologiques qui la rendent possible. Au cours du temps, les deux types de forêts accumulent globalement des quantités comparables de carbone dans leurs arbres. Pourtant, le chemin suivi n’est pas le même. Dans les forêts qui se régénèrent naturellement, l’augmentation du carbone est davantage liée aux changements dans les communautés de champignons associés aux racines et au renouvellement des espèces et de leurs caractéristiques fonctionnelles. Dans les forêts plantées, elle dépend davantage de la structure du peuplement (diversité des tailles et organisation des arbres), ainsi que des caractéristiques du sol. La quantité totale de carbone ne suffit donc pas à juger de la réussite d’une restauration forestière. Deux forêts peuvent stocker autant de carbone tout en reposant sur des fonctionnements écologiques très différents. Ces résultats plaident ainsi pour une vision plus fine de la restauration : mesurer le carbone stocké, mais aussi comprendre comment la forêt parvient à le stocker.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Cette suspension peut courir jusqu’à la fin de l’année civile. Le texte renforce également la coordination des opérations conduites par les services spécialisés. Les décisions prises par les préfets de département concernant les tirs réalisés par les lieutenants de louveterie ou les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) peuvent désormais être soumises à l’accord préalable du préfet coordonnateur. Celui-ci dispose donc d’un moyen supplémentaire pour assurer une cohérence nationale des interventions, au-delà des seules décisions préfectorales départementales. Sur le plan administratif, le décret élargit ainsi le champ de l’intervention du préfet coordonnateur : son pouvoir de suspension ne porte plus uniquement sur les autorisations délivrées par les préfets, mais également sur les tirs faisant l’objet d’une déclaration auprès d’eux. La référence aux tirs de défense « simple ou renforcée » est par ailleurs supprimée dans le texte réglementaire, afin d’adapter la rédaction aux nouvelles règles. Cette évolution traduit une volonté de centraliser davantage le pilotage des opérations de destruction du loup, tout en maintenant leur mise en œuvre au niveau départemental. Elle donne surtout au préfet coordonnateur une capacité d’intervention plus large et plus réactive sur les opérations de tir autorisées ou déclarées.
- Le premier volet concerne l’appui aux territoires. Il s’adresse notamment aux collectivités locales et doit les accompagner dans la conception et la mise en œuvre de projets en faveur de la biodiversité.
À l’échelle mondiale, les incendies de 2025 ont affecté des écosystèmes sur tous les continents habités. La revue Nature Reviews Earth & Environment souligne notamment la succession d’incendies extrêmes au Canada, en Europe, en Californie et en Corée du Sud, avec des conséquences humaines et environnementales considérables. Pour les animaux, le danger ne s’arrête évidemment pas aux flammes. Brûlures, inhalation de fumées, déshydratation, stress et mortalité directe peuvent toucher la faune et les troupeaux. Mais les conséquences peuvent également se prolonger après l’incendie. Les animaux sauvages déplacés peuvent gagner les exploitations agricoles ou les zones habitées, tandis que les troupeaux évacués sont parfois transférés vers d’autres territoires. La destruction des habitats peut aussi modifier les équilibres écologiques et les dynamiques de transmission de certaines maladies. Dans ce contexte, le vétérinaire ne doit plus intervenir uniquement après la catastrophe. Les services vétérinaires ont un rôle à jouer avant, pendant et après l’incendie : préparation des plans d’évacuation, identification des élevages vulnérables, organisation des secours, soins d’urgence, évaluation du bien-être, surveillance sanitaire et accompagnement du retour à la normale. L’OMSA cite notamment l’Australie, où les vétérinaires sont intégrés aux dispositifs de gestion des urgences animales, et le Brésil, où des professionnels ont participé au sauvetage, aux soins et à la réhabilitation de la faune touchée par les incendies du Pantanal. Cette approche relève pleinement du concept « Une seule santé », qui considère que santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes sont étroitement liées. Face à des incendies plus complexes et à des écosystèmes fragilisés, protéger les animaux n’est donc plus une conséquence secondaire de la gestion des catastrophes : c’est une composante à part entière de leur prévention et de leur réponse.
Une nécessité alors que les interactions entre ces trois mondes se multiplient sous l’effet de l’évolution des paysages, du changement climatique, des échanges internationaux et de la pression exercée sur les écosystèmes. La stratégie repose notamment sur une surveillance renforcée des populations sauvages. Le principe est simple : détecter plus rapidement l’apparition d’une maladie permet de réagir avant qu’elle ne se transforme en crise sanitaire. Pour améliorer cette surveillance, la WOAH poursuit le développement de WAHIS, son système mondial d’information sur la santé animale, et déploie WildEpi, une nouvelle plateforme destinée à recueillir et analyser les événements sanitaires touchant la faune sauvage. Cette dernière doit permettre aux professionnels autorisés de partager des informations presque en temps réel sur les maladies, les mortalités inhabituelles ou les autres événements sanitaires. Elle intègre également des outils d’intelligence artificielle, notamment pour faciliter l’identification des espèces. La WOAH insiste toutefois sur un point essentiel : aucun système de surveillance ne peut fonctionner efficacement en vase clos. Vétérinaires, chercheurs, laboratoires, gestionnaires d’espaces naturels, services de l’État et acteurs de la conservation doivent partager leurs observations et leurs données. Cette approche relève directement du concept « Une seule santé » (One Health), qui considère que la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes sont étroitement liées. La nouvelle stratégie ne se limite donc pas à établir des principes. Elle prévoit également des projets régionaux, des formations et des partenariats destinés à renforcer les capacités locales. Pour la faune sauvage, l’enjeu est majeur : mieux connaître son état sanitaire, c’est pouvoir détecter plus tôt les menaces, protéger les populations animales et réduire les risques de transmission des maladies aux élevages et à l’homme. La surveillance devient ainsi un véritable outil de prévention, au service de la biodiversité comme de la santé mondiale.
Le corps sans vie de l’octogénaire a finalement été découvert en contrebas du secteur où il chassait, dans le lit de la Truyère. Selon les premiers éléments rapportés, le chasseur aurait été surpris par un lâcher d’eau provenant du barrage de Lanau. Les circonstances précises de l’accident devront toutefois être établies par l’enquête.
Ces opérations sont réalisées avec l’ONF et les chasseurs locaux, selon le protocole INA (Indice nocturne d’abondance), validé par l’OFB. L’objectif n’est pas simplement de compter les animaux aperçus, mais de disposer d’indicateurs comparables permettant de suivre l’évolution des populations au fil des années. Un enjeu important, alors que le cerf élaphe connaît une forte expansion en France. Intégrés au programme ICE Occitanie, ces suivis sont complétés par des données biométriques sur les animaux. Ils doivent notamment aider à maintenir l’équilibre entre cerfs, agriculture et forêt, en permettant d’adapter les prélèvements à la situation observée localement. Les résultats seront présentés dans le prochain carnet cynégétique, avant que les campagnes suivantes ne permettent d’évaluer les mesures de gestion mises en œuvre...
La FNC a donc logiquement annoncé une plainte et plusieurs saisines des pouvoirs publics. Sur le fond, chacun est évidemment libre d’être hostile à la chasse et de réclamer son interdiction. C’est le jeu démocratique. Mais appeler à une confrontation physique avec des citoyens qui exercent une activité légale est d’une tout autre nature. Et lorsque ces propos viennent d’une députée de la République, potentiellement candidate à l’élection présidentielle de 2027, on est en droit d’attendre davantage de responsabilité. Alors, puisque Madame Rousseau souhaite mobiliser « ce peuple de l’écologie », pourquoi ne pas transformer cette provocation en une occasion de mesurer très concrètement son audience ? Notre suggestion est simple : ne répondons surtout pas à la confrontation par la confrontation. Comptons ! Le jour de l’ouverture, chaque société de chasse pourrait simplement photographier, dans le respect des règles, les éventuels manifestants venus répondre à l’appel de la dame, puis transmettre ces informations à sa Fédération départementale. Les FDC pourraient ensuite établir un bilan départemental, et faire remonter le résultat à la FNC. Combien seront-ils réellement ? Dix ? Cent ? Mille ? Dix mille ? Davantage ? Nous découvririons ainsi le véritable poids de cette mobilisation annoncée à grands renforts de déclarations martiales. Car entre appeler à la confrontation depuis une tribune et être effectivement présent sur le terrain, il existe parfois un monde. Et surtout, les chasseurs n'ont aucune raison de tomber dans le piège tendu. Pas de provocation, pas de surenchère, pas de face-à-face recherché. La meilleure réponse à une tentative de rapport de force reste le sang-froid, la légalité et… les chiffres. Madame Rousseau voulait peut-être démontrer la puissance de son mouvement. Très bien. Qu’elle nous permette donc d’en mesurer l’importance...
Aujourd’hui, de nombreuses fédérations départementales conseillent aux chasseurs de viser un prélèvement maximum de l’ordre de sept sangliers pour 100 hectares. Mais il ne s’agit que d’une recommandation. Pourquoi ne pas officialiser une fois pour toutes un seuil de référence, quitte à l’adapter aux caractéristiques des territoires ? Car, en l’absence de limite claire, chacun peut légitimement contester les reproches qui lui sont adressés. « Il y a trop de sangliers chez vous », entend-on régulièrement. Mais ce « trop », à quoi correspond-il exactement ? À dix animaux aux 100 hectares ? À vingt ? À cinquante ? Et surtout, qui décide ? Fixer un objectif commun permettrait de sortir de ces querelles souvent stériles. Chasseurs, agriculteurs, propriétaires et gestionnaires disposeraient enfin d’une référence partagée. À partir de là, les mesures à prendre deviendraient beaucoup plus faciles à justifier. Revenons donc au débat qui crée actuellement des tensions entre la Marne et l’Aisne. Pourquoi ne pas adopter une règle simple, lisible et contrôlable ? Les sociétés qui prélèvent moins de sept sangliers aux 100 hectares pourraient continuer à pratiquer l’agrainage, dans les conditions réglementaires prévues. En revanche, celles qui dépassent durablement et largement ce seuil devraient se voir imposer sa suspension, jusqu’au retour à une situation compatible avec l’objectif fixé. Trop simple ? Peut-être. Mais parfois, la bonne gestion commence précisément par des règles simples, mesurables et identiques pour tous. Et surtout, ne mélangeons plus les deux sujets : le nourrissage entretient artificiellement les animaux ; l’agrainage doit être considéré comme un outil de gestion, dont la pertinence est de pouvoir être évaluée au regard des résultats obtenus.
Derrière les grands discours sur la « coexistence », ce sont pourtant les éleveurs qui supportent les conséquences concrètes : animaux tués ou blessés, troupeaux désorganisés, surveillance accrue et pression permanente sur le pastoralisme. Et lorsqu’il s’agit de l’ours, certains réclament déjà de nouveaux lâchers au nom de la diversité génétique et agitent la menace de la consanguinité. Peu importe, semble-t-il, que le terrain pyrénéen soit déjà confronté à des conflits récurrents. La logique reste la même : toujours plus de prédateurs, toujours plus de contraintes pour ceux qui doivent les subir.
Certaines espèces sont aujourd’hui particulièrement menacées par la disparition des prairies, l’artificialisation des milieux, les pesticides ou le changement climatique. D’autres sont capables de performances étonnantes, tel le monarque, en Amérique du Nord, qui effectue de spectaculaires migrations sur plusieurs milliers de kilomètres. Pour un insecte aussi léger, voilà qui s’appelle « filer à tire d’ailes » et impose le respect ! Mais le papillon réserve encore quelques surprises. Ses couleurs extraordinaires ne sont pas toujours là pour faire joli. Chez certaines espèces, elles constituent un avertissement destiné aux prédateurs. Quant à ceux qui seraient tentés de passer du jardin à la cuisine, mieux vaut préciser que, dans certaines traditions alimentaires, notamment en Asie, ce sont surtout les chenilles qui sont consommées, davantage que les papillons adultes. Alors, aujourd’hui 28 août, vous pouvez fêter les deux : le nœud papillon autour du cou et le vrai papillon dans la nature. Et attention, point de confusion : si votre nœud papillon fait du vol stationnaire à quelques centimètres devant vous, cherchez l’autre, en tissu ! Vous êtes probablement sous le charme d’un Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), également appelé sphinx colibri. Un papillon qui, pour le coup, ne se porte pas autour du cou… mais qui sait parfaitement vous tourner autour !
On peut contester la chasse dans les assemblées, dans les médias, dans les urnes. On peut réclamer sa réforme ou son interdiction. Mais organiser, encourager ou banaliser la confrontation physique n’est pas une méthode acceptable dans une République apaisée. D’autant que l’obstruction concertée à une action de chasse est elle-même sanctionnée par le Code de l’environnement. Et puis vient une question que cette déclaration impose : que représente réellement cette mouvance ? Combien sont-ils, ceux qui se reconnaissent dans ces appels à l’affrontement ? Quelques militants visibles sur les réseaux sociaux peuvent-ils prétendre parler au nom d’une majorité silencieuse ? Le jour où certains seront invités à « faire face physiquement » aux chasseurs, il serait presque tentant que les chasseurs fassent, eux aussi, les comptes. Non pas pour répondre à la provocation par la provocation, mais simplement pour mesurer, sur le terrain démocratique, combien seront réellement ceux venus répondre à l’appel de la dame Rousseau. La chasse rassemble plus de 900 000 pratiquants annuels, au sein d’un réseau de près de 70 000 associations. Voilà une réalité sociale autrement plus consistante qu’une mouvance dont personne ne semble même connaître les effectifs. Mais le plus triste reste ailleurs. Voir une députée de la République, et candidate potentielle à la magistrature suprême, employer un vocabulaire qui rapproche dangereusement le militantisme de l’affrontement laisse une aversion certaine.
La surface initialement annoncée atteignait 17 000 hectares, avant d’être ramenée à environ 11 000 hectares réellement brûlés. L’écart dépassait ainsi 50 %. En Gironde, l’incendie de Saumos a été annoncé à 42 000 hectares par les autorités, tandis qu’Effis évaluait la surface impactée à 37 500 hectares. Le bilan définitif intervient plusieurs mois après l’extinction du feu. Les contours de la zone brûlée sont relevés au GPS, notamment avec l’appui de l’ONF, puis comparés à des images satellites prises avant et après l’incendie. Les secteurs où la végétation a été endommagée, qu’il s’agisse d’arbres, d’arbustes ou d’herbes, sont comptabilisés. Des vérifications de terrain peuvent compléter ces données. Les résultats sont intégrés à la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF), dont les données sont publiées au printemps suivant. Cette base ne recense que les feux de forêt et exclut notamment les incendies agricoles et certains feux de végétation. Les estimations opérationnelles dépassent souvent d’environ 20 % les mesures définitives, mais l’écart peut être beaucoup plus important selon la topographie et l’évolution du sinistre. Les interventions répétées des pompiers dans les mêmes secteurs peuvent également influencer les estimations réalisées pendant le feu. Effis présente l’avantage d’une grande rapidité, mais peut manquer certains incendies masqués par les nuages ou éteints entre deux passages satellitaires. Ses statistiques annuelles excluent aussi les feux de moins de 30 hectares et intègrent certains brûlages légaux, comme l’écobuage. La BDIFF repose, elle, sur des relevés plus précis mais nécessite plusieurs mois de traitement. Ces différences imposent également la prudence pour comparer les incendies actuels avec ceux des décennies précédentes, dont les surfaces étaient généralement exprimées en hectares parcourus.