Canon-Fronsac Château du Gazin

Biodiversité : en France, l’état des habitats et des espèces continue de se dégrader

Le constat se confirme, évaluation après évaluation : la biodiversité dite « remarquable » continue de perdre du terrain en France. Le dernier bilan portant sur la période 2019-2024 montre que 67 % des évaluations réalisées pour les habitats et les espèces d’intérêt communautaire sont défavorables, tandis que 39 % font apparaître une tendance au déclin. Plus préoccupant encore, la part des évaluations concluant à un état de conservation favorable est passée de 26 % en 2013-2018 à seulement 22 % en 2019-2024. Ces résultats proviennent de l’application de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore », adoptée en 1992 pour maintenir ou restaurer les habitats naturels et les espèces d’intérêt communautaire dans un état de conservation favorable. La France réalise cette évaluation tous les six ans. Pour la période 2019-2024, plus de 1 000 évaluations ont été conduites, avec la mobilisation de plus de 400 experts. Tous les milieux ne sont cependant pas touchés de la même manière. Les habitats forestiers et rocheux apparaissent parmi les mieux préservés. À l’inverse, les milieux littoraux, humides et aquatiques figurent parmi les plus fragiles. Les pressions exercées par l’artificialisation, la fragmentation des milieux, les modifications des pratiques agricoles, les changements hydrologiques ou encore les différentes formes de pollution pèsent sur leur état de conservation. Le détail des résultats montre également des disparités entre les groupes d’espèces et les territoires. Pour les espèces d’intérêt communautaire présentes dans l’Hexagone, 24 % seulement sont dans un état favorable, contre 28 % lors de l’évaluation précédente. Pour les habitats, la situation est également préoccupante : une part importante des évaluations fait apparaître une détérioration. Ce bilan ne signifie pas que toutes les espèces déclinent partout. Certaines bénéficient de mesures de protection et connaissent des évolutions positives. Mais la tendance générale reste défavorable.

Quand l’équilibre naturel se dérègle : qui doit réguler les populations de grand gibier ?

La question peut sembler provocatrice : la faune sauvage peut-elle finir par dégrader elle-même le milieu dont elle dépend ? Dans certains territoires, la réponse est oui, lorsque les populations d’ongulés atteignent une densité telle que leurs prélèvements sur la végétation dépassent les capacités de renouvellement du milieu. Il ne s’agit pas de considérer le gibier comme nuisible, mais de constater qu’un équilibre peut se rompre. Cerfs, chevreuils et sangliers jouent leur rôle dans les écosystèmes. Mais lorsque leurs effectifs deviennent trop importants localement, la pression exercée sur la végétation peut compromettre la régénération forestière. Abroutissement des jeunes pousses, écorçage et frottis des cervidés, consommation des fruits ou retournement des sols par les sangliers peuvent empêcher certains arbres de se renouveler. L’ONF constate ainsi que l’équilibre forêt-ongulés n’est plus satisfaisant que sur 45 % des forêts domaniales, contre 61 % en 2018. Cette situation peut également pénaliser les animaux eux-mêmes : en réduisant la diversité et la quantité de végétation disponible, une forte densité peut dégrader progressivement les conditions d’accueil du milieu. La question n’est donc pas celle d’une population « trop importante » dans l’absolu, mais d’un niveau compatible avec les ressources et la capacité de renouvellement de chaque territoire. La chasse constitue aujourd’hui le principal outil de régulation des grands ongulés en France. Lors de la saison 2024-2025, près de 1,56 million d’ongulés sauvages ont été prélevés : 881 372 sangliers, 569 183 chevreuils, 90 324 grands cervidés, auxquels s’ajoutent chamois, isards, mouflons, daims et cerfs sika. Ces chiffres traduisent l’ampleur de la gestion, mais ne signifient pas que la situation est identique partout. Les prélèvements sont ajustés selon les populations, les habitats et les dégâts observés. Dans certaines forêts, l’ONF estime d’ailleurs nécessaire de renforcer la régulation pour permettre le renouvellement des peuplements. Le retour ou le développement des grands prédateurs pose une autre question : peuvent-ils assurer seuls cette fonction de régulation ? Le loup exerce incontestablement une prédation sur les ongulés, mais son action ne se substitue pas mécaniquement à celle de la chasse. Sa répartition, son comportement et la disponibilité des proies déterminent son impact. À l’hiver 2024-2025, la population française était estimée à 1 082 loups en moyenne, avec une fourchette de 989 à 1 187 individus. Augmenter fortement leur nombre aurait par ailleurs des conséquences sur l’élevage. En 2025, 4 441 attaques de loups et 12 927 animaux victimes ont été recensés selon les premières estimations officielles. Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre chasseurs et prédateurs que de déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison de régulation permet de maintenir les équilibres entre faune sauvage, milieux naturels, forêt et activités humaines.

Montagne : trois tables rondes pour préparer l’avenir des territoires à l’horizon 2050

Le 42e Congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) se tiendra les 15 et 16 octobre 2026 à Gex, dans l’Ain, au cœur du massif du Jura. Près de 500 élus et acteurs de la montagne sont attendus pour deux journées consacrées aux mutations économiques, climatiques et institutionnelles auxquelles sont confrontés les territoires montagnards. Trois tables rondes structureront les débats. La première, jeudi 15 octobre au matin, sera consacrée au changement climatique et à l’avenir des territoires de montagne à l’horizon 2050. Elle réunira Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique (sous réserve de confirmation), Xavier Roseren, vice-président de l’ANEM et député de la Haute-Savoie, Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère et présidente du Conseil national de la montagne, Arnaud Murgia, maire de Briançon et président du Parc national des Écrins, ainsi qu’Anne Marty, présidente de Domaines skiables de France. L’après-midi, la deuxième table ronde portera sur le financement des territoires de montagne et l’accès aux crédits nationaux et européens. Participeront Frédérique Espagnac, secrétaire générale de l’ANEM et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Sylvie Vermeillet, sénatrice du Jura et présidente du comité de massif du Jura, ainsi que Michel-François Delannoy, directeur à la Banque des Territoires. Les échanges viseront notamment à aider les élus à planifier leurs investissements et à mieux mobiliser les dispositifs existants. Enfin, vendredi matin, la troisième table ronde s’intéressera à l’agriculture, la biodiversité, l'élevage et la prédation, ainsi que la coopération transfrontalière. Autour d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, interviendront Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Éric Sargiacomo, député européen, Danièle Carteron, députée de la Haute-Savoie, Patrice Dunand, maire de Gex et président de Pays de Gex Agglo, Jean Peyrony, directeur général de la Mission opérationnelle transfrontalière, et Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana. Le congrès entend ainsi croiser enjeux climatiques, financement public, agriculture,  biodiversité et coopération européenne pour nourrir les réflexions sur l’avenir des territoires de montagne.

Canicule, sécheresse, incendies : un été 2026 à 16 milliards d’euros...

L’été 2026 laissera-t-il une facture de 16 milliards d’euros à la France ? C’est l’estimation minimale avancée le 5 octobre par une mission d’information de l’Assemblée nationale conduite par Éric Coquerel, président de la commission des finances. Son rapport cherche à mesurer les conséquences économiques et sociales des fortes chaleurs, de la sécheresse et des incendies qui ont marqué la saison. Le chiffre repose sur trois grands ensembles de coûts. Le premier concerne l’impact macroéconomique des événements climatiques. Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.

L’eau, un enjeu de civilisation au cœur des Assises nationales du fleuve 2026

L’eau s’impose comme l’un des grands enjeux des Assises nationales du fleuve 2026, qui se tiendront à Marseille. Bien au-delà de la seule question de la ressource, les échanges entendront montrer combien l’avenir des fleuves concerne désormais l’ensemble de la société : entreprises, collectivités, associations, gestionnaires des voies navigables, acteurs économiques et citoyens. Dans un contexte marqué par les sécheresses, les épisodes de fortes pluies, la dégradation de certains écosystèmes et les tensions croissantes autour des usages de l’eau, les organisateurs souhaitent mettre en lumière les initiatives concrètes qui contribuent à une meilleure cohabitation entre les activités humaines et les milieux aquatiques. L’objectif des Assises est ainsi de mobiliser davantage les acteurs du fleuve, mais aussi de faire connaître les projets déjà engagés sur les territoires. L’eau n’est plus seulement considérée comme une ressource à gérer : elle devient un enjeu transversal touchant l’économie, l’aménagement, l’environnement, les transports et la qualité de vie. Les entreprises et les structures publiques sont notamment appelées à intégrer davantage la préservation de la ressource dans leurs stratégies et leurs pratiques. Cette réflexion sera au cœur de la table ronde « L’eau, un enjeu de civilisation : les acteurs du fleuve s’engagent ». Elle réunira notamment Clémence Aubert, secrétaire générale d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Benoit Martin, directeur des programmes Green Business – Agir pour l’eau aux Banques Populaires, et Lionel Rouillon, directeur du développement de Voies navigables de France. Les échanges permettront de confronter les approches économiques, environnementales et opérationnelles de la gestion de l’eau. La dimension internationale sera également mise en avant avec les Prix « Living with Rivers 2026 ». Le 15 octobre, à Marseille, Erik Orsenna, président d’IAGF, et les membres du jury remettront les distinctions aux trois lauréats de cette édition. La cérémonie permettra également de présenter les 52 nouveaux projets labellisés en 2026, conduits dans différents territoires à travers le monde. Ces initiatives visent à favoriser une coexistence durable entre les fleuves, les écosystèmes et les populations qui en dépendent. À travers ces rencontres, les Assises entendent rappeler une évidence devenue stratégique : préserver l’eau, c’est aussi préparer l’avenir des territoires et des sociétés qui vivent avec leurs fleuves...

[ LIRE LA SUITE... ]

La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : un accident mortel s’est produit dimanche 4 octobre dans le secteur d’Entrages. Un homme a fait une chute alors qu’il évoluait dans le secteur du bois des Dourbettes, au cours d’une partie de chasse. Les circonstances précises de l’accident restent à établir. Face à la gravité de la situation, d’importants moyens de secours ont été mobilisés. Les sauveteurs du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Jausiers ont été dépêchés sur place par hélicoptère. Un médecin a également été transporté afin de prendre en charge la victime au plus vite. L’intervention aérienne a été assurée avec le concours de la section aérienne de la gendarmerie de Jausiers. Malgré l’intervention rapide des secours et les soins prodigués sur place, l’homme n’a pas pu être sauvé et a succombé à ses blessures. L’accident rappelle les risques liés aux déplacements sur des terrains escarpés et accidentés, particulièrement présents dans les secteurs montagneux lors des parties de chasse. Les circonstances exactes de la chute devront être précisées par les investigations.

 

- Ariège : réunis à Ax-les-Thermes, à l’occasion de la 41e Rencontre nationale du pastoralisme, éleveurs, élus et représentants du monde pastoral ont adopté la « Motion d’Ax-les-Thermes ». Ils demandent l’élaboration, dès 2026, d’une nouvelle loi consacrée au pastoralisme afin de mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les éleveurs de montagne. Les participants alertent sur une accumulation de crises : changement climatique, sécheresses, difficultés sanitaires, évolution des pratiques agricoles et pression croissante de la faune sauvage. La présence des grands prédateurs, en particulier de l’ours, constitue l’un des principaux sujets de tension. Selon les acteurs réunis en Ariège, la densité atteindrait désormais un ours pour 7 km² dans certains secteurs, une situation jugée incompatible avec le maintien d’un élevage pastoral viable. La motion réclame notamment une meilleure protection des troupeaux, des moyens adaptés aux réalités du terrain et une évolution du cadre réglementaire. Les professionnels souhaitent également que le rôle économique, environnemental et culturel du pastoralisme soit davantage reconnu dans les politiques publiques.

 

- Aude : la justice administrative a rejeté la demande de suspension en urgence de la chasse à la perdrix grise des Pyrénées, déposée par l’association One Voice. Saisi en référé, le tribunal administratif de Montpellier a considéré que la condition d’urgence n’était pas remplie et a donc refusé de suspendre l’arrêté préfectoral autorisant la chasse de cette espèce dans l’Aude. One Voice contestait cette autorisation en invoquant notamment l’état préoccupant des populations. L’association souhaitait obtenir une suspension immédiate de la chasse, dans l’attente du jugement sur le fond de l’affaire. Le juge des référés n’a toutefois pas retenu l’urgence. La chasse peut donc se poursuivre dans le cadre fixé par l’arrêté préfectoral. Cette décision ne constitue pas pour autant une validation définitive de la chasse par la justice administrative : elle porte uniquement sur la demande de suspension en urgence. Le tribunal devra encore examiner le recours sur le fond, notamment la légalité de l’autorisation et les éléments relatifs à l’état de conservation de la population...

[ LIRE LA SUITE... ]

Grand Tétras : mardi 13 octobre, à Saint-Dié des Vosges, comité de pilotage de la dernière chance...

Le 1er septembre, nous posions une question simple : a-t-on encore le droit d’essayer ? Après plusieurs décennies de protection, le constat demeure implacable. Le Grand Tétras, autrefois présent en nombre dans les Vosges, est aujourd’hui au bord de l’extinction. Sa population est passée d’environ 2 200 adultes en 1939 à quelques individus seulement à la fin de 2023. Face à cet échec, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a choisi une autre voie : tenter, avec l’appui de l’État et de la Norvège, un renforcement de population à partir d’oiseaux sauvages. L’expérimentation, autorisée pour cinq ans, doit permettre d’en mesurer objectivement les résultats. Les premières années ont été difficiles, avec une mortalité importante parmi les oiseaux transférés. Mais 2026 a apporté des éléments nouveaux : dix-sept oiseaux supplémentaires ont été relâchés, au moins quatre jeunes ont été détectés dans la réserve du Grand Ventron et « Nora », une femelle transférée en 2024, a encore été photographiée plus de 820 jours après son lâcher. Ces observations ne prouvent évidemment pas que l’opération réussira. Elles démontrent cependant qu’elle produit des résultats qui méritent d’être étudiés. Interrompre maintenant une expérimentation prévue jusqu’en 2029 reviendrait à rendre un verdict avant d’avoir recueilli toutes les données.

Une mobilisation sans précédent...

Depuis le début du mois de septembre, la défense du renforcement de population du Grand Tétras vosgien a changé de dimension. Autour de la nécessité de conserver l’oiseau emblématique des montagnes vosgiennes, se sont progressivement réunis des chasseurs, des scientifiques, des naturalistes, des spécialistes du Grand Tétras et des acteurs de la conservation venus de plusieurs régions et de plusieurs pays européens. La Fédération des chasseurs des Vosges, sous l’impulsion de son président Frédéric Tissier, de ses administrateurs Jean-Jacques Claude et Jean-Pierre Briot, a pris toute sa part dans cette mobilisation. Leur engagement rejoint celui de Jean-Marc Delcasso, président de la Fédération des chasseurs des Hautes-Pyrénées, vice-président de l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM) et président de l’Association nationale des chasseurs de montagne (ANCM), qui représente une trentaine de fédérations départementales. Son expérience et ses relations avec les acteurs espagnols du centre de Valsemana, dans la cordillère Cantabrique, ont également permis d’élargir la réflexion aux expériences européennes de conservation. Sur le terrain scientifique, Emmanuel Menoni, biologiste spécialiste du Grand Tétras en France, a mobilisé une dizaine de scientifiques référents afin de rédiger une tribune adressée à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Une démarche importante : au-delà des convictions de chacun, le débat doit désormais être replacé sur le terrain des données, des méthodes et de l’évaluation scientifique....

[ LIRE LA SUITE... ]

Georges Frédéric Rötig : la faune sauvage au cœur de la peinture

Les amateurs d’art animalier ont rendez-vous au Musée municipal de Moret-sur-Loing (Seine et Marne), qui consacre une exposition à Georges Frédéric Rötig (1873-1961) jusqu’au 29 novembre 2026. Intitulée Georges Frédéric Rötig : un peintre, deux ateliers, l’exposition réunit plus de 70 œuvres, exceptionnellement rassemblées à partir de collections privées. Né au Havre en 1873, Rötig suit les cours de l’École des Beaux-Arts de sa ville avant de poursuivre sa formation à Paris. Il expose notamment au Salon des Artistes français et connaît, de son vivant, une carrière couronnée de succès et une certaine notoriété. L’exposition propose de découvrir son parcours à travers six salles, chacune mettant en avant une facette de son travail. Les croquis et études préparatoires permettent notamment d’entrer dans sa technique et de comprendre la construction de ses œuvres. Une salle est consacrée à la neige, environnement dans lequel Rötig excelle à représenter les animaux sauvages. Une autre rassemble ses modèles privilégiés : cerfs, sangliers et chevreuils, particulièrement présents dans sa production. Mais la palette du peintre ne se limite pas au grand gibier. Les animaux exotiques, observés notamment dans les parcs zoologiques, occupent également une place dans son œuvre, tandis qu’une dernière section témoigne de la diversité des espèces qu’il a représentées. À travers ses tableaux, Rötig cherche à saisir les animaux dans leur environnement et dans des attitudes naturelles. L’exposition invite ainsi à pénétrer « au cœur des forêts », mais aussi dans cette intimité animale que le peintre s’attachait à observer et à restituer. Présentée au 4 bis, place de Samois, à Moret-Loing-et-Orvanne, l’exposition est ouverte les vendredis, samedis et dimanches, de 14 h à 18 h. L’entrée est libre. Un catalogue regroupant les visuels des œuvres exposées est également disponible à l’accueil du musée. La ville de Moret-sur-Loing, où Rötig a vécu, offre ainsi un cadre particulièrement approprié pour redécouvrir l’œuvre de ce peintre animalier.

Directives Oiseaux et Habitats : Bruxelles met la protection de la nature à l’épreuve

Faut-il changer les règles européennes de protection de la nature ou apprendre à mieux les appliquer ? C’est, en substance, la question posée par le « test de résistance » lancé en 2026 par la Commission européenne sur les directives Oiseaux et Habitats. L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause le niveau de protection, mais de vérifier si ces deux textes permettent toujours d’atteindre leurs objectifs de conservation de façon efficace et cohérente. La Commission entend notamment rechercher les lourdeurs administratives qui pourraient être supprimées, simplifier certaines procédures et renforcer la sécurité juridique, sans diminuer les exigences environnementales. Le sujet est loin d’être anecdotique. La directive Oiseaux constitue depuis la fin des années 1970 l’un des piliers de la politique européenne de conservation, tandis que la directive Habitats, adoptée au début des années 1990, a notamment contribué à la construction du réseau Natura 2000. Leur application concerne donc directement la gestion des territoires, la protection des espèces et, dans certains cas, les activités agricoles, forestières, touristiques ou cynégétiques. La Commission veut surtout savoir où se trouvent les difficultés concrètes. Le calendrier est désormais engagé : après la consultation publique et les échanges avec les États membres et les parties prenantes, un nouveau dialogue avec la commissaire Jessika Roswall est prévu ce mois-ci, avant un rapport attendu d’ici à la fin de 2026. À ce stade, aucune modification des directives n’est donc arrêtée...

[ LIRE LA SUITE... ]

Accidents de chasse : les principales causes restent liées au comportement

Le nombre d’accidents de chasse continue de diminuer sur le long terme. Dans son bilan de la saison précédente, l’Office français de la biodiversité (OFB) recense 92 accidents, dont quatre mortels. Sur vingt ans, leur nombre a baissé de 49 %. Les chasseurs restent largement majoritaires parmi les personnes concernées, avec 89 % des victimes. Derrière cette tendance favorable, l’analyse des circonstances montre que les règles fondamentales de sécurité restent déterminantes. La manipulation, la tenue et le transport de l’arme constituent notamment des points de vigilance importants, en particulier dans les accidents impliquant une seule personne. Le grand gibier concentre également une part importante de l’accidentologie, en raison notamment de l’usage plus fréquent des armes à feu et des situations de tir qui peuvent être complexes. Autre règle essentielle : l’identification de la cible et la prise en compte de l’environnement avant chaque tir. Une route, une habitation, un chemin ouvert au public, un véhicule ou un autre participant à la chasse doivent être intégrés dans l’analyse de la situation. L’OFB rappelle que le respect des angles de sécurité constitue l’un des moyens essentiels de limiter les risques. Le bilan fait apparaître un phénomène différent pour les incidents. L’OFB en a recensé 122 au cours de la saison 2025-2026, correspondant notamment à des dégâts matériels ou à des blessures infligées à des animaux domestiques, sans dommage corporel pour les personnes. Alors que les accidents diminuent sur vingt ans, ces incidents tendent, eux, à augmenter. Cette évolution rappelle que la sécurité ne se limite pas à prévenir les accidents corporels. Les tirs en direction d’habitations ou de véhicules, comme les mauvaises appréciations de l’environnement immédiat, peuvent également avoir des conséquences importantes sans provoquer de blessure. La baisse de l’accidentologie depuis vingt ans est notamment mise en relation avec l’évolution de la formation et de l’examen du permis de chasser, ainsi qu’avec les actions de sensibilisation menées par l’OFB et les fédérations. Mais les chiffres montrent aussi que la vigilance individuelle demeure le principal rempart : identifier avant de tirer, maîtriser son arme et connaître précisément son environnement restent les réflexes essentiels pour continuer à faire reculer les accidents.

Capitale française de la biodiversité 2026 : six territoires distingués pour restaurer la nature

Consacrée cette année à la restauration de la nature, l’édition 2026 du concours Capitale française de la biodiversité distingue six collectivités pour leurs actions en faveur des écosystèmes. Marseille décroche le titre de Capitale française de la biodiversité 2026. Les communes de La Rochelle et Saintes sont distinguées parmi les meilleures communes, tandis que trois intercommunalités - la communauté de communes Chinon, Vienne et Loire, Loire Forez Agglo et Valence Romans Agglo – figurent parmi les lauréates. Le concours, organisé depuis 2010, vise à identifier et à valoriser les démarches des collectivités. Marseille devient ainsi la 15e Capitale française de la biodiversité. La ville est notamment distinguée pour ses actions de restauration de ses espaces naturels emblématiques et pour la reconquête de la nature en milieu urbain. Dans le Parc national des Calanques, la restauration des secteurs soumis à l’érosion s’accompagne d’une régulation de la fréquentation mise en place depuis 2022. Des récifs artificiels ont notamment été installés sur 200 hectares de fonds sableux. En ville, près de 300 friches urbaines naturelles ont été recensées et étudiées afin d’évaluer leur rôle dans les continuités écologiques, leur intérêt patrimonial et leurs usages. La démarche marseillaise concerne également les espaces verts et naturels urbains. Des forestiers municipaux formés aux enjeux de biodiversité favorisent notamment la conservation du bois mort et des micro-habitats susceptibles d'abriter une faune et une flore associées au bois en décomposition, tout en recherchant un équilibre avec les impératifs de sécurité du public et de prévention des incendies. La ville a par ailleurs restauré la grotte Loubière, considérée comme un site important pour les chauves-souris. Ces différentes actions illustrent l’approche mise en avant par le concours : restaurer les milieux tout en intégrant les contraintes et les usages propres aux territoires. Au-delà du palmarès, les organisateurs soulignent la diversité des expériences recensées depuis la création du concours. Plus d’une centaine de retours d’expérience constituent ainsi une source d’exemples pour les collectivités souhaitant restaurer leurs écosystèmes et renforcer la biodiversité. La remise des trophées et le colloque de restitution sont prévus le 13 novembre 2026 à Paris. L’édition 2027 est déjà ouverte sur le thème « Biodiversité & société », avec des candidatures possibles jusqu’au 28 février 2027.

Incident de sécurité sur l’application Permis de chasser

L’Office français de la biodiversité (OFB) a identifié, le 4 octobre, un incident de sécurité affectant l’application Permis de chasser. Une attaque a permis un accès non autorisé à des données personnelles de certaines personnes ayant récemment utilisé le service pour s’inscrire à l’examen du permis de chasser ou demander un duplicata. Selon les premières informations communiquées par l’OFB, environ 1 200 personnes seraient concernées. Elles seront prochainement informées individuellement par courrier électronique. À ce stade, l’OFB précise que les données auxquelles il a été accédé sont des données à caractère personnel. En revanche, l’incident ne concernerait aucune donnée relative à la santé, aux comptes bancaires ou à la détention d’armes. L’organisme poursuit ses investigations afin de déterminer précisément la nature et l’étendue des données piratées. Par mesure de précaution, l’accès à l’application Permis de chasser a été temporairement suspendu. Cette interruption doit permettre aux équipes techniques de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour sécuriser le service avant son rétablissement. L’OFB indique être pleinement mobilisé sur ce dossier. L’établissement appelle également les utilisateurs à renforcer leur vigilance face aux tentatives de fraude qui pourraient exploiter cet incident. Courriels, SMS ou appels faisant référence au permis de chasser et demandant des informations personnelles ou bancaires doivent être considérés avec prudence. L’OFB recommande de ne transmettre aucune donnée en réponse à une sollicitation dont l’origine ne peut être vérifiée. L’incident fait par ailleurs l’objet des démarches prévues auprès des autorités compétentes. Pour toute question concernant la protection des données personnelles, l’OFB indique qu’il est possible de contacter son délégué à la protection des données à l’adresse dpd@ofb.gouv.fr. L’OFB regrette cet incident et assure mettre en œuvre les mesures nécessaires pour en limiter les conséquences et rétablir le service dans des conditions de sécurité adaptées.