A proximité du village du Général De Gaulle : un gite accueillant

La semaine en bref...

- Ardèche : le président du département, Olivier Amrane (LR), a récemment appelé à la suppression de l’OFB, dénonçant des contrôles qu’il juge excessifs et déconnectés des réalités locales. Dans un communiqué offensif, il estime que « la situation devient intenable » pour les élus, les agents territoriaux et les agriculteurs. Il s’appuie notamment sur plusieurs exemples récents : un maire mis en cause pour avoir salé des routes afin d’assurer la sécurité de ses administrés, ou encore des agents départementaux inquiétés après des opérations de débroussaillement pourtant jugées nécessaires. Pour Olivier Amrane, ces situations illustrent un « excès de zèle administratif » et même une forme de « harcèlement » institutionnel à l’encontre d’acteurs de terrain. Selon lui, des réglementations trop rigides finissent par décourager ceux qui œuvrent au quotidien pour l’entretien et la sécurité des territoires. Il dénonce une pression croissante, vécue parfois comme une humiliation, et appelle à revoir en profondeur le rôle de l’OFB, voire à le supprimer. Si cette position reste clivante, elle commence néanmoins à trouver un écho chez certains élus locaux et acteurs ruraux. L’idée, encore marginale il y a peu, semble désormais faire son chemin dans le débat public.

 

- Corse : pour sa quatrième édition, Caccia d’Oru innove en quittant L’Île-Rousse pour s’installer à Corte, au cœur de la Corse, à l’Espace Chabrières, facilement accessible avec un parking gratuit pour les visiteurs. Devenu un rendez-vous incontournable, l’événement séduit autant les passionnés de chasse que les curieux et les familles, grâce à une ambiance conviviale et des échanges riches autour des pratiques cynégétiques insulaires. Le programme 2026 s’annonce dense, avec près de 50 exposants, des démonstrations de chiens d’arrêt et des recherches de gibier blessé encadrées par l’UNUCR (Union Nationale des Utilisateurs de Chiens de Rouge). Le salon mettra également à l’honneur la gastronomie, avec des démonstrations culinaires réalisées par des chefs. Sont aussi annoncées la présence de l’École d’armurerie de Liège et une exposition de véhicules spécialisés (quads, 4x4). Côté animations, les visiteurs pourront s’initier au tir à l’arc, au ball-trap laser ou encore au tir sportif. Une démarche écoresponsable sera mise en place avec le ramassage des douilles. Un espace restauration, des animations pour enfants et un concert live le samedi soir complètent l’événement.

 

- Côte d’Or : à Fain-lès-Montbard, sept daims ont été tués le jeudi 9 avril 2026 sur une propriété privée. Le propriétaire des animaux a alerté les autorités après avoir découvert plusieurs carcasses autour d’un plan d’eau situé près de son habitation. Sur place, les gendarmes, accompagnés d’un agent de l’OFB et d’un lieutenant de louveterie, ont identifié l’animal en cause. Il s’agissait en réalité d’un grand chien en divagation, décrit comme un croisement entre un husky et un chien-loup tchèque. L’animal, retrouvé à proximité des daims morts, a été capturé sans difficulté. Les constatations ont permis d’établir qu’il était responsable de la mort de plusieurs bêtes, majoritairement égorgées. Un appel à témoins diffusé par la commune a permis de retrouver rapidement son propriétaire. Aucun élément ne confirme la présence d’un loup dans ce secteur. Les faits relèvent d’un cas de divagation animale ayant entraîné des pertes importantes pour le propriétaire concerné.

 

- Côtes d’Armor : la Cour d’appel de Rennes a confirmé la condamnation d’un propriétaire forestier des Côtes-d’Armor, pour avoir exploité un élevage clandestin de sangliers. L’homme écope d’une amende de 25 000 euros, dont 10 000 euros ferme, pour des faits remontant à plusieurs années. L’installation avait été découverte en mars 2022 par des agents de l’OFB, au cœur d’une propriété de 225 hectares. Un enclos de 3,6 hectares, grillagé et électrifié, abritait une trentaine de sangliers sans marquage ni traçabilité. Aucun dossier administratif ni autorisation n’avait été déposé. Lors de l’audience du 13 février 2026, le prévenu a maintenu sa défense, affirmant avoir conservé un dispositif existant avant l’achat du terrain, remontant selon lui à 1975. Il a également soutenu relâcher des animaux en compensation de ceux prélevés à la chasse. Ces arguments ont été rejetés par la cour, qui a confirmé la culpabilité pour détention illégale d’animaux sauvages, tout en prononçant une peine légèrement inférieure à celle infligée en première instance.

 

- Creuse : la Région Nouvelle-Aquitaine a confié à l’ONF la gestion de la forêt de l’île de Vassivière, en Limousin, avec l’objectif de concilier production forestière, préservation paysagère et valorisation artistique. Un plan d’aménagement sur quatorze ans (2026-2040) a ainsi été adopté, illustrant la logique de temps long propre à la gestion forestière. L’île, propriété régionale, abrite une forêt de 34 hectares façonnée par l’homme. Issue de plantations mêlant feuillus et résineux, elle a évolué au fil des décennies, notamment après la tempête de 1999, qui a conduit à renforcer la part des feuillus pour améliorer la résilience des peuplements face aux aléas climatiques. Mais la singularité du site tient aussi à sa dimension culturelle. L’île de Vassivière est un véritable musée à ciel ouvert, où plus de soixante œuvres de land art jalonnent les chemins. L’ONF doit donc intégrer cette contrainte dans sa gestion : préserver les perspectives, garantir l’accessibilité et éviter toute intervention qui nuirait à la mise en valeur des œuvres. Ce projet incarne une approche multifonctionnelle de la forêt, conciliant écologie, création artistique et accueil du public, dans un contexte de changement climatique qui impose d’adapter durablement les modes de gestion.

 

- Doubs : un jeune lynx a été découvert piégé dans les filets d’une pisciculture, à Cusance. Le gérant, d’abord surpris, pensait avoir affaire à un simple chat avant d’identifier l’animal sauvage. Par prudence, il a rapidement contacté un agent de l’Office français de la biodiversité pour signaler la situation. Des pompiers spécialisés, accompagnés d’un vétérinaire, sont intervenus rapidement. L’opération de dégagement a été menée en quelques minutes seulement. Toutefois, la jeune femelle lynx, estimée à une dizaine de kilos, était blessée. Lors de l’intervention, un pompier a également été légèrement touché, sans gravité, et pris en charge selon le protocole habituel. Les secours ont précisé que les blessures de l’animal n’étaient pas liées à l’intervention. Après sa capture, le lynx a été confié à un centre de soins, avec l’objectif, si son état le permet, d’être réintroduit dans son milieu naturel...

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Offre de stage : Politique agricole et biodiversité (Bruxelles)

La FACE (Fédération des Associations des Chasseurs Européens), basée à Bruxelles, recrute un stagiaire en politique agricole pour renforcer son équipe. Ce stage rémunéré s’inscrit dans une priorité stratégique : améliorer la biodiversité des terres agricoles et les conditions de vie du petit gibier en Europe. Dans un contexte de réforme de la politique agricole commune (PAC), la FACE souhaite développer des solutions concrètes et fondées sur des données scientifiques pour enrayer le déclin de la faune sauvage en milieu agricole. Le stagiaire participera activement à ce travail en contribuant au suivi des politiques européennes et à la préparation d’outils de plaidoyer. Ses missions incluront la collecte et l’analyse d’informations, la rédaction de notes et rapports, ainsi que l’appui aux échanges avec les membres et partenaires à travers l’Europe. Le poste s’adresse à un candidat intéressé par les politiques agricoles et environnementales, doté de solides capacités d’analyse et de rédaction. Une excellente maîtrise de l’anglais est requise. Le stage, d’une durée de six mois, renouvelable, est basé à Bruxelles avec possibilité de télétravail. Les candidatures sont attendues avant le 4 mai 2026. Principales responsabilités :

- soutenir le travail de la FACE sur la réforme de la politique agricole commune (PAC),

- collecte et analyse des informations pertinentes en matière de politiques, de sciences et de techniques,

- préparation de notes d'information, de rapports et de documents de plaidoyer,

- soutenir l'engagement des membres de la FACE et des principales parties prenantes à travers l'Europe

Candidature : envoyer votre CV et une lettre de motivation à la FACE

Le choc des visions écologistes : laisser faire ou intervenir ?

L’écologie contemporaine est traversée par une fracture profonde, souvent invisible mais déterminante : celle qui oppose une vision protectionniste du vivant à une approche gestionnaire. La première repose sur un principe simple en apparence : la nature possède ses propres équilibres, et l’intervention humaine, historiquement destructrice, doit désormais se faire la plus discrète possible. Dans cette logique, protéger revient à sanctuariser, à laisser les écosystèmes évoluer librement, quitte à accepter des déséquilibres temporaires. Les tenants de cette approche considèrent que toute action humaine, y compris la chasse, prolonge une domination sur le vivant devenue incompatible avec les enjeux contemporains de biodiversité. La disparition de certaines espèces, le retour des prédateurs ou encore les fluctuations naturelles des populations sont perçus comme des dynamiques à accepter plutôt qu’à corriger. À l’inverse, l’écologie gestionnaire part d’un constat radicalement différent : les milieux naturels européens sont profondément anthropisés, façonnés depuis des siècles par l’agriculture, la sylviculture et l’aménagement du territoire. Dans ce contexte, prétendre « laisser faire la nature » serait une illusion, car les équilibres d’origine ont déjà été bouleversés. Pour ses défenseurs, l’intervention humaine devient non seulement légitime, mais nécessaire pour maintenir des équilibres fonctionnels. La chasse s’inscrit alors comme un outil parmi d’autres, au même titre que la restauration des habitats ou la gestion des espèces. Ce clivage dépasse la simple question cynégétique : il interroge notre rapport fondamental au vivant. Sommes-nous des observateurs extérieurs, appelés à nous effacer, ou des acteurs responsables, contraints d’assumer les conséquences de notre empreinte ? C’est derrière cette opposition que se joue, en réalité, une divergence philosophique majeure sur la place de l’humain dans la nature...

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Directive Oiseaux : Bruxelles rebat les cartes...

Face à la multiplication des contentieux liés à la protection des oiseaux sauvages dans l’Union européenne, la Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices visant une « application pragmatique » de la Directive Oiseaux. Ce texte, pilier de la politique européenne de biodiversité depuis 1979, impose aux États membres de protéger l’ensemble des espèces d’oiseaux sauvages présentes sur leur territoire. L’objectif de cette clarification est double : intégrer la jurisprudence récente de la Cour de justice de l'Union européenne, tout en réduisant les contraintes administratives pesant sur des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou les transports. En effet, de nombreux projets d’infrastructures (éoliennes, lignes électriques, aménagements agricoles) ont été ralentis ou contestés en raison d’un manque de lisibilité dans l’application des règles. Les lignes directrices rappellent que l’article 5 de la directive instaure une protection générale, permanente et étendue à toutes les espèces, qu’elles soient menacées ou non, et sur l’ensemble du territoire européen, y compris hors zones protégées. Elles insistent également sur l’obligation pour les États d’assurer une mise en œuvre effective sur le terrain, un point souvent critiqué par les ONG environnementales. Un apport majeur concerne la notion d’acte « délibéré ». Désormais, une action est considérée comme telle non seulement si elle est intentionnelle, mais aussi si son auteur est conscient des risques qu’elle fait peser sur les oiseaux ou leurs habitats. Cette interprétation, issue de la jurisprudence, renforce la responsabilité des porteurs de projets. Cependant, la Commission met aussi l’accent sur la prévention. Elle encourage le recours à des mesures d’évitement en amont (modification des tracés, adaptation des périodes de travaux, dispositifs anti-collision). Si ces mesures sont jugées efficaces, les impacts résiduels peuvent être considérés comme non intentionnels, ce qui limite le recours aux dérogations et simplifie les procédures administratives. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de concilier protection de la biodiversité et développement économique, notamment dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe. Le document aborde également deux espèces en forte expansion : l’oie bernache et le grand cormoran. Leur croissance démographique, favorisée par les politiques de protection, génère des tensions avec les agriculteurs et les pêcheurs, notamment en Europe du Nord et de l’Ouest. La Commission propose donc des pistes de gestion plus souples, tout en maintenant les objectifs de conservation. Sans modifier le droit existant, ces lignes directrices marquent une évolution importante : elles visent à sécuriser juridiquement les acteurs économiques tout en garantissant un haut niveau de protection des oiseaux sauvages, dans un contexte où la biodiversité européenne continue de se dégrader.

Stratégie nationale biodiversité 2030 : deux ans après, l’heure d’accélérer

Deux ans après son lancement, la Stratégie nationale biodiversité 2030 confirme une dynamique réelle, mais encore insuffisante face à l’ampleur du déclin du vivant. Pilier de la politique environnementale française, elle s’inscrit dans la continuité des engagements européens et internationaux, notamment le cadre mondial adopté lors de la COP15 biodiversité de Montréal, qui fixe l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Sur le terrain, les avancées sont tangibles. La France a poursuivi l’extension de ses aires protégées, qui couvrent désormais près de 33 % du territoire terrestre et plus de 30 % des espaces marins, même si les zones bénéficiant d’une protection forte restent encore limitées. En parallèle, les opérations de restauration écologique se multiplient : réhabilitation de zones humides, renaturation de cours d’eau, replantation de haies et adaptation des pratiques forestières. Ces actions contribuent également à la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, renforçant la résilience des territoires face aux sécheresses, aux inondations et aux épisodes climatiques extrêmes. La réduction des pressions sur la biodiversité constitue un autre levier majeur. Des efforts sont engagés pour diminuer l’usage des produits phytosanitaires, restaurer les continuités écologiques et limiter l’artificialisation des sols, avec l’objectif de « zéro artificialisation nette » à horizon 2050. Les collectivités locales jouent un rôle central, soutenues par des financements publics pour des projets de désimperméabilisation, de végétalisation urbaine et de reconquête des friches. Malgré ces progrès, les indicateurs scientifiques restent préoccupants. Selon l’OFB, près d’un tiers des espèces évaluées en France sont aujourd’hui menacées ou en déclin. Les populations d’oiseaux des milieux agricoles ont chuté de plus de 30 % en trente ans, tandis que les insectes pollinisateurs continuent de disparaître à un rythme alarmant. Face à ce constat, l’enjeu est désormais de changer d’échelle. La stratégie vise non seulement à stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2030, mais aussi à inverser durablement la tendance. Cela implique de mobiliser l’ensemble des acteurs — État, entreprises, collectivités et citoyens — et de transformer en profondeur les modèles économiques.

 

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Formation nationale 2026 de l’OFB pour les agents en charge du contrôle des EEE (Espèces Exotiques Envahissantes)

L’Office français de la biodiversité (OFB) a organisé, au sein de son centre de formation du Paraclet à Fouencamps, une deuxième session consacrée aux espèces exotiques envahissantes (EEE), à destination des agents territoriaux chargés de leur contrôle. Après une première édition en 2024 ayant permis de former onze agents issus de différents services (9 OFB, 1 DDTM, 1 Parc Naturel), cette session 2026 a réuni huit inspecteurs de l’environnement pendant trois jours intensifs. Cette formation vise à renforcer les compétences des participants autour de six objectifs principaux : comprendre les notions fondamentales liées aux EEE, maîtriser les cadres institutionnels et stratégiques, savoir identifier les espèces problématiques, mieux appréhender la réglementation, situer le rôle de l’OFB dans leur gestion et, enfin, devenir référent sur ces enjeux à l’échelle locale. L’approche pédagogique repose sur un continuum allant de la prévention à la gestion, en passant par la surveillance, avec des méthodes actives mêlant théorie et exercices pratiques. Certifiée « Qualiopi », la formation garantit un haut niveau d’exigence. Afin d’ancrer les apprentissages dans la réalité territoriale, plusieurs intervenants régionaux des Hauts-de-France ont partagé leurs expériences, notamment sur la mise en œuvre des stratégies locales et les outils de priorisation des actions. Une attention particulière a également été portée au cadre réglementaire, avec des retours d’expérience concrets en matière de contrôle, illustrant les enjeux de police administrative et judiciaire. Les échanges ont mis en lumière plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain : identification des espèces, notamment végétales, complexité du commerce en ligne, gestion des animaux saisis, ou encore nécessité de protocoles respectueux du bien-être animal. Les participants ont aussi souligné l’importance de la communication, de la pédagogie réglementaire et de la mobilisation des acteurs en amont, notamment sur les questions de biosécurité. Coordonnée par des experts de l’OFB, cette formation confirme l’importance de renforcer les compétences face à un enjeu croissant pour la biodiversité. Dans cette dynamique, une troisième session est d’ores et déjà prévue du 6 au 9 octobre 2026 sur le site de Pérols, près de Montpellier, afin de poursuivre cet effort de formation auprès des agents de l’OFB et de la sphère publique.

Ruralité et environnement : eau, faune et risques naturels au cœur des préoccupations des Français en 2025

En 2025, les préoccupations environnementales des Français liées aux territoires ruraux se concentrent principalement sur l’eau, la biodiversité et les risques naturels. La pollution des milieux aquatiques s’impose désormais comme un sujet majeur, en forte progression ces dernières années. Rivières, nappes phréatiques et lacs sont perçus comme particulièrement exposés, notamment en raison de polluants émergents. Cette inquiétude est particulièrement marquée chez les populations vivant hors des grandes agglomérations, plus directement confrontées à ces enjeux. La question de la biodiversité, bien que rarement citée en priorité, reste importante. La disparition d’espèces animales et végétales est régulièrement mentionnée en second choix, notamment par les jeunes générations. En milieu rural, ce sujet est davantage ressenti, en lien avec l’évolution des paysages, des forêts et des milieux naturels. Les risques naturels constituent également une préoccupation significative dans les zones rurales. Les habitants y expriment plus fréquemment des inquiétudes liées aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses, les inondations ou les épisodes de chaleur. Ces événements, souvent perçus comme les conséquences concrètes du changement climatique, affectent directement les activités agricoles, les ressources en eau et les écosystèmes forestiers. Le sentiment d’une dégradation de la nature reste présent, particulièrement en milieu rural, où près de la moitié des habitants estiment que l’état de l’environnement s’est détérioré ces dernières années. Toutefois, cette perception tend légèrement à diminuer. Les attentes des Français en matière d’action publique reflètent ces préoccupations. La lutte contre la pollution de l’eau apparaît comme une priorité, devant même certaines politiques climatiques. La préservation des espèces et la prévention des risques naturels figurent également parmi les actions jugées essentielles. Enfin, les habitants des zones rurales expriment un besoin accru d’informations sur les impacts environnementaux, notamment en matière de santé et de pollution. Ils attendent des réponses concrètes face aux enjeux qui touchent directement leur cadre de vie, entre ressources naturelles, faune sauvage et équilibre des écosystèmes.

Formation des ingénieurs agronomes : analyse des dispositifs et leviers d’évolution à l’horizon 2030

La loi d’orientation agricole du 25 mars 2025 fixe un objectif d’augmentation de 30 % du nombre d’ingénieurs formés en agronomie et agroalimentaire d’ici 2030, par rapport à 2017. Dans ce cadre, une mission conjointe du CGAAER et de l’IGESR a évalué l’offre de formation existante et son adéquation aux besoins futurs. L’analyse s’appuie sur plusieurs sources : documents prospectifs, dossiers issus des appels à manifestation d’intérêt « Compétences et métiers d’avenir » (AMI-CMA), évaluations du Hcéres et de la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Une enquête a également été menée auprès des établissements relevant du ministère de l’Agriculture, complétée par des entretiens avec directions, enseignants, étudiants, diplômés et partenaires professionnels. Les formations intègrent globalement les quatre transitions majeures (numérique, énergétique, alimentaire et environnementale), avec toutefois un besoin de consolidation identifié sur les volets énergétique et alimentaire. Les critères de professionnalisation fixés par la CTI et le Hcéres sont respectés, mais une harmonisation des référentiels métiers est recommandée pour améliorer la lisibilité de l’offre. Les modalités d’accès aux formations restent diversifiées. La voie des classes préparatoires aux grandes écoles demeure structurante, tout en coexistant avec d’autres dispositifs de recrutement. La formation continue et la validation des acquis de l’expérience (VAE) apparaissent encore peu développées. L’étude souligne également des limites dans la visibilité des filières, notamment en phase d’orientation. Des outils comme la plateforme ONISEP et les dispositifs AMI-CMA sont identifiés comme leviers de valorisation. Par ailleurs, l’internationalisation des formations et la structuration d’une identité commune entre établissements constituent des axes de développement. Enfin, la mise en œuvre de ces évolutions repose sur une coordination entre les ministères concernés, les rectorats et les collectivités territoriales, dans une logique de pilotage stratégique et d’objectifs mesurables.

24e Rendez-vous des cerfs : un temps fort de la gestion cynégétique à Châteauroux

Les 11 et 12 avril 2026, le Hall des Expositions de Belle-Isle à Châteauroux accueillera un événement incontournable pour tous les passionnés de grande faune : le 16e Salon de la Chasse, couplé au 24e Rendez-vous des cerfs. Bien plus qu’une simple exposition, ce rendez-vous s’impose comme un véritable outil de lecture et de compréhension de la gestion cynégétique menée à l’échelle du territoire. Au cœur de la manifestation, plus de 900 trophées de cerfs, issus de la campagne 2025-2026, seront présentés au public. Chaque pièce, rigoureusement classée par classe d’âge grâce à l’analyse des mandibules, s’inscrit dans une scénographie à la fois pédagogique et méthodique. Cette organisation permet d’appréhender concrètement les résultats des politiques de gestion, en mettant en lumière la structure des populations, la qualité des animaux prélevés et les équilibres recherchés entre prélèvement et renouvellement. Une immersion précieuse pour les chasseurs comme pour les non-initiés. Au-delà des trophées, le salon se veut un lieu d’échanges et de rencontres. Les acteurs de la ruralité, associations cynégétiques départementales, auteurs en séance de dédicace et photographes amateurs y seront réunis. Une exposition et un concours photos viendront enrichir le programme autour de deux thématiques sensibles et évocatrices : « Moments de tendresse » et « Les animaux en nombre », offrant un regard différent, parfois plus intimiste, sur la faune sauvage. Un espace commercial proposera aux visiteurs une large palette de produits et de services liés à la chasse et à la nature, tandis qu’un espace dédié aux savoir-faire mettra en lumière artisans et artistes, valorisant des métiers souvent méconnus mais essentiels à cet univers. L’événement s’ouvrira au son des trompes du Cercle Saint-Hubert Bas-Berry, avec une animation assurée tout au long du week-end par la délégation de l’Indre de la Fédération Internationale des Trompes de France, apportant une dimension sonore et culturelle unique.

Campagne vidéo de la FNC : beaucoup d’images, peu d’impact, et... toujours les mêmes questions

Une fois de plus, la campagne de communication de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) s’est achevée dans une relative indifférence. Diffusée du 15 mars au 5 avril 2026, cette sixième offensive médiatique, portée par trois spots TV et un dispositif digital conséquent, n’a guère marqué les esprits. Et pour cause : elles se suivent et se ressemblent, au point que nombre de chasseurs eux-mêmes s’interrogent désormais sur leur utilité réelle. Le concept est pourtant bien rodé. Montrer un quotidien urbain contraint, presque subi (embouteillages, écrans, anxiété...), puis proposer la chasse comme échappatoire, comme retour à l’essentiel. Le message est clair, simple, presque trop. Car à force de simplification, il en devient caricatural. Qui, aujourd’hui, peut sérieusement croire qu’un spot de 20 secondes suffira à faire basculer un non-chasseur vers la pratique ? La promesse affichée : « Qui va à la chasse… trouve sa place », se veut inclusive, moderne, ouverte. Mais elle sonne creux à force d’être répétée sans évolution notable du discours. Les déclinaisons ciblant jeunes, femmes ou quadragénaires relèvent davantage d’un habillage marketing que d’une réelle réflexion sur les attentes profondes de ces publics. Là encore, l’intention est louable, mais l’exécution manque de substance. Quant au choix de la chanson de Michel Delpech, il joue sur la corde nostalgique, mais interroge : faut-il vraiment regarder en arrière pour tenter de séduire de nouveaux pratiquants ? Cette esthétique du « retour aux sources » parle avant tout à ceux qui sont déjà convaincus. Plus troublant encore : l’ampleur des moyens mobilisés. Plus de 1 400 diffusions TV, une présence massive sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs… pour quel résultat concret ? Où sont les indicateurs ? Combien de nouveaux chasseurs recrutés grâce à ces campagnes successives ? La question reste posée, et elle dérange. Car au fond, le problème est peut-être là. À vouloir « vendre » la chasse comme un produit de consommation, on en oublie sa complexité, ses exigences, son ancrage territorial. La chasse ne se résume pas à une parenthèse de liberté entre deux contraintes urbaines. Elle est engagement, apprentissage, responsabilité. À quoi servent donc ces campagnes, sinon à rassurer en interne et à donner l’illusion d’une dynamique ? À force de répéter les mêmes recettes, le risque est grand de parler dans le vide. Il serait peut-être temps de changer de regard, de discours… et surtout de stratégie.

Peste porcine africaine : un modèle révèle des échanges de contamination entre élevages et sangliers

La peste porcine africaine (PPA), maladie virale hautement contagieuse et mortelle pour les porcs domestiques comme pour les sangliers, continue de progresser en Europe et de peser lourdement sur la filière porcine. Pour mieux comprendre ses mécanismes de diffusion, des chercheurs d’INRAE, de l’ENVT et de l’Anses ont déterminé un modèle épidémiologique multi-espèces innovant, fondé sur les données d’une épidémie survenue en Roumanie. Cette étude, publiée dans Nature Communications, s’appuie sur l’analyse détaillée de la première phase de l’épidémie en 2018, dans un pays particulièrement touché, représentant à lui seul une large part des foyers européens. Les chercheurs ont combiné des données d’élevage, des informations environnementales et la localisation des cas pour reconstituer les dynamiques de transmission. Les résultats montrent que la majorité des infections dans les élevages (environ 60 %) provient d’autres élevages contaminés, soulignant le rôle central des échanges entre exploitations. Toutefois, près de 27 % des contaminations seraient liées à la proximité de sangliers infectés, confirmant que la faune sauvage constitue une source significative de diffusion. À l’inverse, l’étude met également en évidence une transmission dans l’autre sens : environ 40 % des infections observées chez les sangliers proviendraient d’élevages voisins. Cette interaction bidirectionnelle démontre l’interdépendance entre populations domestiques et sauvages dans la propagation du virus. Les zones forestières, habitats privilégiés des sangliers, apparaissent comme des facteurs clés dans la persistance du virus. Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les mesures de biosécurité à l’interface entre élevages et milieu naturel. Plus largement, ce modèle constitue un outil précieux pour anticiper et mieux gérer les maladies émergentes impliquant plusieurs espèces, dans un contexte où la PPA continue de s’étendre en Europe avec des milliers de cas recensés chaque année.

À Copenhague, les chasseurs européens renforcent leur coordination et leurs priorités communes

Les 24 et 25 mars, les représentants des associations nationales de chasse réunies au sein de FACE se sont retrouvés à Copenhague pour leur réunion annuelle. Cet événement a rassemblé des organisations représentant plus de sept millions de chasseurs à travers l’Europe, avec pour objectif principal de renforcer la coordination face aux enjeux communs liés à la chasse et à la conservation. Le président de FACE, Laurens Hoedemaker, a salué l’accueil de l’Association danoise des chasseurs et l’implication de son président, Claus Lind Christensen. Il a souligné la solidité du réseau européen, capable selon lui de répondre de manière coordonnée aux évolutions politiques et environnementales. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la protection du petit gibier et des oiseaux migrateurs, la gestion des grands carnivores et les évolutions réglementaires concernant les armes et les munitions. Les participants ont également travaillé à l’actualisation des priorités stratégiques de FACE à l’horizon 2030, dans une volonté d’adapter leur action aux défis actuels. En parallèle, un groupe de travail dédié à la communication a réuni des experts issus des différents pays membres. Les échanges ont porté sur les moyens d’améliorer la visibilité des actions menées, de renforcer le plaidoyer auprès des institutions européennes et de favoriser une meilleure acceptation sociale de la chasse. La rencontre a aussi permis de présenter les spécificités de la chasse au Danemark ainsi que les dynamiques propres aux pays nordiques. Les conclusions de ces échanges devraient contribuer à orienter les actions futures de l’organisation. La prochaine assemblée générale de FACE est prévue les 29 et 30 septembre 2026 à Bruxelles.