A proximité du village du Général De Gaulle : un gite accueillant

Etude expérimentale sur le potentiel de systèmes de production agricoles sans pesticides

Cultiver sans pesticides en grandes cultures apparaît techniquement possible et économiquement viable sous certaines conditions, selon les résultats d’une étude conduite pendant 10 ans sur 9 systèmes de culture dans le cadre du réseau expérimental « Rés0Pest ». Coordonnée par INRAE, en partenariat avec l’école d’ingénieurs de Purpan et le Cirad, cette recherche s’inscrit dans le prolongement du plan Ecophyto Dephy Expe lancé en 2012. Elle répond à une question centrale : peut-on se passer totalement de pesticides tout en maintenant des niveaux de rendement acceptables et une viabilité économique ? L’enjeu est majeur, car l’usage généralisé et répété des pesticides entraîne des impacts importants sur la contamination des sols, de l’eau et de l’atmosphère, affecte la santé humaine et la biodiversité, et représente un coût significatif pour la société comme pour les agriculteurs. Les chercheurs ont conçu 9 systèmes originaux sans recours aux pesticides, tout en autorisant le travail du sol et l’usage d’engrais minéraux de synthèse. Ces systèmes ont été élaborés lors d’ateliers de co-conception associant conseillers agricoles, agriculteurs et scientifiques, puis testés sur 9 sites expérimentaux répartis dans l’Hexagone, couvrant une grande diversité de contextes pédoclimatiques et socio-économiques. Parmi eux figuraient 5 systèmes de grande culture et 4 systèmes en polyculture-élevage incluant des prairies temporaires. L’objectif était de n’utiliser aucun pesticide tout en réduisant fortement les stress biotiques liés aux ravageurs, maladies et adventices, grâce à des rotations longues de 5 à 9 ans. Les systèmes reposaient sur trois piliers agroécologiques : la prophylaxie (gestion des résidus, semences saines, nettoyage du matériel), la diversification et la valorisation de la biodiversité végétale (successions culturales variées, cultures associées, mélanges variétaux), et l’amélioration ou la préservation de la santé des sols (implantation de cultures intermédiaires, réduction du travail du sol sans exclure le labour). Les résultats montrent que les rendements sont le plus souvent inférieurs à ceux des systèmes conventionnels avec protection chimique, mais peuvent, dans certaines situations, atteindre des niveaux équivalents voire supérieurs, sans augmentation significative des dégâts dus aux maladies et ravageurs au fil du temps...

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Biodiversité : l’OFB lance l’appel à projets « Mission Nature 2026 »

L’Office français de la biodiversité (OFB) vient d’ouvrir un nouvel appel à projets dans le cadre du programme « Mission Nature 2026 », un dispositif destiné à soutenir financièrement des actions concrètes de restauration de la biodiversité sur l’ensemble du territoire français. L’objectif est d’identifier de nouveaux projets capables de restaurer des habitats naturels, protéger des espèces menacées ou réhabiliter des écosystèmes dégradés. Lancé en 2023 en partenariat avec FDJ United, le dispositif repose sur un principe original : permettre au grand public de contribuer à la protection de la nature de manière ludique, grâce à des jeux dédiés dont une partie des recettes est directement reversée à l’OFB pour financer des actions environnementales. Depuis sa création, « Mission Nature » a déjà permis de soutenir 64 projets de restauration écologique, pour un montant total de 21,6 millions d’euros entre 2023 et 2025. Parmi eux, 14 projets situés en Outre-mer, représentant à eux seuls 5,4 millions d’euros de financements, illustrent l’importance de préserver des territoires à forte richesse écologique. Les initiatives soutenues couvrent une grande diversité d’actions et d’espèces emblématiques. Le programme a notamment contribué au retour de l’Effraie des clochers et du Gypaète barbu, à la restauration des Pozzis du Renosu en Corse, à la remise en état des pelouses calcaires de la forêt de Verdun, ou encore à la protection de la Tortue d’Hermann et des tortues marines. D’autres projets ont permis la restauration de zones humides en Brenne et dans la baie du Mont-Saint-Michel, ainsi que la conservation d’espèces rares comme le Gecko vert de Manapany à La Réunion ou l’Iguane des petites Antilles. Pour l’édition 2026, l’appel à projets est ouvert à tous les types de milieux naturels : terrestres, marins ou aquatiques. Il s’adresse à un large éventail d’acteurs engagés dans la protection du vivant : associations, fondations, collectivités territoriales, établissements publics ou organismes professionnels. Les porteurs de projets doivent déposer leur dossier exclusivement en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées :

https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/mission-nature-appel-a-projets-2026

La liste complète des documents nécessaires à la constitution du dossier est disponible sur le site de l’OFB :

https://ofb.gouv.fr/financements/aap-mission-nature

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 mai 2026. Les projets sélectionnés seront dévoilés en juillet 2026 et bénéficieront d’un financement issu de la prochaine édition de « Mission Nature ».

Des ultrasons pour protéger les hérissons européens

Les hérissons européens possèdent une capacité auditive bien plus large qu’on ne le pensait. Des chercheurs de l’université d’Oxford ont montré qu’ils peuvent percevoir des ultrasons, inaudibles pour l’oreille humaine. Cette découverte ouvre une nouvelle piste pour protéger cette espèce fragile, notamment contre l’un de ses plus grands dangers : la circulation routière. Les scientifiques ont mené une série d’expériences sur vingt hérissons recueillis dans des centres de soins pour la faune sauvage au Danemark. Les animaux ont été exposés à de brèves émissions sonores diffusées par un petit haut-parleur. Grâce à des électrodes placées sur leur tête, les chercheurs ont enregistré les signaux électriques circulant entre l’oreille interne et le cerveau. Les résultats ont montré que le tronc cérébral des hérissons réagissait à des fréquences allant de 4 à 85 kHz, avec une sensibilité maximale autour de 40 kHz. À titre de comparaison, l’être humain n’entend généralement pas au-delà de 20 kHz. Pour compléter ces observations, l’équipe a également étudié l’anatomie de l’oreille d’un hérisson décédé à l’aide de micro-scanners CT. Les images ont permis de créer un modèle 3D détaillé de l’oreille interne. Les chercheurs ont découvert une structure osseuse comparable à celle des chauves-souris capables d’écholocalisation. Les os de l’oreille semblent conçus pour vibrer rapidement, ce qui facilite la transmission de sons très aigus. Cette capacité auditive pourrait être utilisée pour mettre au point des dispositifs répulsifs ultrasoniques destinés à éloigner les hérissons des routes. Selon certaines estimations, les collisions avec des véhicules peuvent tuer jusqu’à un tiers des individus dans certaines populations locales. Les populations de hérissons européens ont diminué d’environ 30 % au cours des dix dernières années, ce qui leur a valu d’être classés « quasi menacés » sur la Liste rouge de l’UICN en 2024. L’urbanisation, l’agriculture et les infrastructures routières fragmentent leur habitat et augmentent les risques de mortalité. Si les futurs dispositifs s’avèrent efficaces, ils pourraient réduire considérablement l’impact du trafic routier sur l’espèce.

Agriculture : le bouc émissaire commode du climat

Un nouveau rapport scientifique européen recommande de réduire les subventions à l’élevage, taxer davantage les exploitations agricoles et inciter les Européens à consommer moins de viande afin d’atteindre les objectifs climatiques de l’Union européenne pour 2040 et 2050. Une fois de plus, l’agriculture est placée au banc des accusés. Une fois de plus, elle sert de variable d’ajustement politique. Le raisonnement est devenu mécanique : il faut réduire les émissions, donc il faut s’attaquer aux bovins, aux tracteurs et aux engrais. Les chiffres circulent : un tiers des émissions de gaz à effet de serre serait lié au système alimentaire européen, et la conclusion tombe, implacable : l’élevage doit changer, se réduire, se transformer. Mais cette lecture simplifiée ignore une réalité fondamentale : l’agriculture n’est pas une industrie comme les autres. Elle produit ce que personne ne peut remplacer, la nourriture, et elle le fait dans un équilibre fragile avec les sols, les paysages et les territoires ruraux. Pointer l’élevage comme responsable du réchauffement revient à désigner un bouc émissaire facile, visible, localisé, politiquement vulnérable. Pendant que l’on explique aux éleveurs qu’ils doivent disparaître ou se transformer, l’Union européenne continue d’importer massivement de la viande et des produits agricoles issus de systèmes bien moins exigeants sur le plan environnemental. Les accords commerciaux se multiplient. Les cargaisons arrivent par bateaux ou par avions, et personne ne semble s’émouvoir des émissions liées au transport mondial des denrées. Le paradoxe est saisissant : on demande aux agriculteurs européens de produire moins, tout en ouvrant davantage les frontières à des productions étrangères. Le climat devient alors un argument commode pour restructurer silencieusement l’agriculture. L’élevage européen n’est pourtant pas un modèle archaïque. Dans de nombreuses régions, il entretient les prairies permanentes, stocke du carbone dans les sols et maintient des paysages ouverts qui disparaîtraient sans lui. Supprimer ces systèmes reviendrait à transformer des territoires entiers. Ce débat révèle surtout une tendance inquiétante : faire porter à l’agriculture la responsabilité d’un dérèglement climatique mondial dont les causes sont multiples : industrie lourde, transports internationaux, urbanisation massive, consommation énergétique. Les agriculteurs sont aujourd’hui sommés de résoudre seuls un problème global. On leur demande d’être à la fois producteurs, gestionnaires de biodiversité, régulateurs climatiques et désormais cibles fiscales. À force de transformer l’agriculture en problème, on oublie qu’elle reste avant tout une solution vitale : nourrir les populations. Et ce rôle, contrairement aux rapports et aux recommandations, ne peut pas être délocalisé dans les laboratoires ou les bureaux de Bruxelles.

Quatre finales nationales pour les chiens de chasse ce printemps

 

Le printemps s’annonce particulièrement animé pour les passionnés de chiens de chasse, avec plusieurs finales nationales organisées par la FACCC, dans différentes régions de France au cours des prochaines semaines. Ces rendez-vous rassemblent les meilleurs chiens et conducteurs issus des sélections régionales, venus démontrer les qualités de travail de leurs compagnons. Le week-end prochain, 20, 21 et 22 mars, deux finales nationales se dérouleront simultanément :

- dans la Sarthe, les concurrents se retrouveront pour la finale nationale chevreuil, une épreuve qui met en valeur la capacité des chiens à mener une voie avec précision et régularité sur ce grand gibier. Les équipages sélectionnés tenteront de convaincre les juges par la qualité du travail de leurs chiens, leur application et leur endurance ;

- dans l’Aveyron, une autre spécialité sera à l’honneur avec la finale nationale de rapprocher sur sanglier. Dans cette discipline spectaculaire, les chiens doivent retrouver la trace du sanglier et la remonter jusqu’au moment où l’animal est lancé. Le rapprocher constitue une phase essentielle de la chasse au sanglier et demande aux chiens un mélange de finesse, d’intelligence et de ténacité.

- Direction ensuite le Lot les 27, 28 et 29 mars, pour la finale nationale lièvre. Cette épreuve, très technique, exige des chiens un excellent nez et une grande persévérance pour suivre la voie souvent complexe du lièvre. Les meilleurs spécialistes de cette discipline seront présents pour tenter de décrocher le titre national.

- Puis, un mois plus tard, les 25 et 26 avril, une quatrième finale nationale viendra compléter ce calendrier. La finale nationale chien de pied se tiendra en Haute-Saône. Cette discipline met en avant des chiens capables de travailler la voie d’un animal avant son lever, en suivant patiemment la piste laissée au sol. Elle requiert calme, concentration et une excellente capacité d’analyse de la voie. Ces différentes finales nationales constituent des moments forts pour les amateurs de chiens courants. Elles permettent non seulement de valoriser les qualités de travail des chiens, mais aussi de partager la passion de la chasse et de l’élevage canin entre conducteurs, juges et spectateurs venus nombreux assister à ces épreuves de haut niveau.

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La semaine en bref...

- Ardèche : la FDC a lancé une opération de réintroduction de lapins de garenne, afin de renforcer les populations locales, en fort déclin. Au total, 150 lapins ont été relâchés dans cinq territoires du département. Les animaux proviennent de l’Hérault, où leur population est actuellement excédentaire. Avant leur arrivée, les zones d’accueil ont été soigneusement préparées. Des abris et refuges ont été créés, certaines zones de chasse ont été limitées et des aménagements ont été réalisés pour favoriser la reproduction et l’installation durable des animaux. Des observations préalables avaient permis d’identifier les secteurs favorables à l’espèce, certains possédant encore quelques individus, tandis que d’autres en étaient totalement dépourvus. L’objectif de cette initiative est de stabiliser les populations locales et de reconstituer des noyaux de reproduction capables de se développer naturellement. D’autres transferts de lapins sont d’ailleurs envisagés dans les prochaines semaines sur d’autres communes du département.

 

- Aude : une enquête de police judiciaire menée par l’OFB a permis de mettre au jour un empoisonnement de vautours fauves, une espèce protégée, sur la commune de Missègre. Les faits remontent à avril 2024, lorsque plusieurs oiseaux ont été retrouvés morts ou en détresse dans le secteur. Certains vautours étaient équipés de balises GPS utilisées dans le cadre d’un programme scientifique de suivi. L’analyse de ces données a montré que plusieurs oiseaux s’étaient nourris au même endroit, avant de cesser brutalement toute activité, orientant rapidement les enquêteurs vers l’hypothèse d’un empoisonnement. Les analyses toxicologiques ont confirmé la présence d’un poison. Les investigations ont permis d’identifier des parcelles suspectes et leurs propriétaires. En janvier 2025, des perquisitions ont été menées par les agents de l’OFB, accompagnés d’une chienne spécialisée dans la détection de produits toxiques. De l’aldicarbe, un pesticide extrêmement dangereux interdit en Europe depuis 2003, a été découvert. Le 21 janvier 2026, le pôle régional pour l’environnement de Montpellier a condamné deux personnes à dix mois de prison avec sursis et à un stage de sensibilisation à l’environnement. Les constitutions de partie civile de la LPO France et de la LPO Occitanie ont été déclarées recevables. Le tribunal a condamné les prévenus à verser à chacune des associations : 1 000 € pour le préjudice moral ; 2 000 € pour le préjudice écologique ; 800 € au titre des frais de procédure.

 

- Cher : le Tribunal administratif d’Orléans a rendu, le 5 mars 2026, une décision partiellement favorable à l’Association départementale des chasseurs de grand gibier du Cher (ADCGG 18). L’association contestait un arrêté du préfet du Cher daté du 8 avril 2024, qui autorisait les exploitants agricoles à effectuer des tirs à l’affût de sangliers sur leurs parcelles agricoles, de nuit, entre le 1er avril et le 30 juin 2024. Les chasseurs avaient saisi la justice le 26 avril 2024, estimant que certaines modalités prévues par l’arrêté ne respectaient pas la réglementation nationale encadrant les procédés de chasse. Le litige portait notamment sur l’autorisation d’utiliser des dispositifs de vision thermique fixés directement sur les armes pour effectuer ces tirs nocturnes. Le tribunal a jugé cette disposition illégale et a donc annulé l’article de l’arrêté qui autorisait l’usage de ces équipements. Les juges ont rappelé qu’un arrêté préfectoral ne peut pas élargir les méthodes de chasse autorisées par la réglementation nationale, notamment celles définies par l’arrêté ministériel du 1er août 1986. En revanche, le reste de l’arrêté autorisant les tirs de sangliers par les agriculteurs a été maintenu. L’association parle ainsi d’une victoire partielle, qu’elle présente comme une défense d’une chasse « éthique et responsable »...

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Petit gibier : 5 leviers pour inverser la tendance...

Le 2 décembre dernier, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a réuni à Paris plus de 150 représentants des fédérations départementales afin de dresser un état des lieux du petit gibier de plaine et d’esquisser une stratégie nationale de reconquête. Le constat partagé lors de ce séminaire est sans appel : les populations de perdrix grises, de perdrix rouges, de lapins et, dans une moindre mesure, de lièvres et de faisans, connaissent une baisse durable dans de nombreux territoires. Cette tendance n’est plus conjoncturelle mais structurelle, conséquence de multiples facteurs qui affectent les milieux agricoles et les capacités de reproduction de ces espèces. Face à cette situation, le président de la FNC, Willy Schraen, a appelé à une mobilisation collective : « Aujourd’hui, il s’agit de passer de l’alerte à l’action. Nos chasseurs nous le demandent, nos territoires en ont besoin et notre crédibilité en dépend... ». Les enjeux sont également sociologiques. Selon une étude réalisée par la FNC avec l’IFOP, environ 25 % des chasseurs cesseraient de valider leur permis en raison de la raréfaction du petit gibier. Plusieurs pistes ont été évoquées au cours de la journée. La première concerne la production de données scientifiques fiables pour orienter les décisions de gestion. La base de données ISIGEO, récemment mise en place, permettra désormais de centraliser les informations historiques et les suivis réalisés sur le terrain. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de renforcer les réseaux d’observation et d’améliorer la coordination entre fédérations. Enfin, la question de la prédation et le rôle des piégeurs ont été largement abordés, les intervenants soulignant l’importance de leur engagement bénévole dans les actions de terrain. Ce séminaire marque ainsi une première étape vers l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à restaurer durablement les populations de petit gibier dans les territoires ruraux...

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Une nouvelle méthode pour estimer plus précisément l’effectif de la population de loups en France

Les scientifiques chargés de suivre la population de loups en France annoncent avoir amélioré leur méthode d’estimation. Résultat : ils estiment que la population se situait entre 920 et 1 125 individus durant l’hiver 2023-2024. Une précision notable… obtenue notamment grâce à l’introduction d’une fameuse « fourchette d’incertitude », un outil statistique qui permet de donner une estimation tout en reconnaissant que le chiffre exact reste difficile à déterminer. Cette approche, mise au point par des chercheurs du CNRS, de l’OFB et du laboratoire Antagène, a récemment été présentée dans la revue scientifique Biological Conservation. L’objectif affiché est d’améliorer la précision des estimations afin d’éclairer les décisions publiques concernant la gestion du Loup gris en France. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont affiné une méthode utilisée depuis plus de quinze ans. Celle-ci repose sur l’analyse génétique d’échantillons biologiques laissés par les loups dans leur environnement : excréments, poils ou encore traces d’urine. Ces indices sont collectés sur le terrain par le réseau de suivi Loup-Lynx piloté par l’OFB. Une fois analysés, ils permettent d’identifier les profils génétiques des individus présents sur un territoire donné. Les scientifiques utilisent ensuite des modèles statistiques dits de « capture-recapture ». Ces calculs de probabilité consistent à estimer la taille d’une population à partir des individus identifiés à plusieurs reprises dans les échantillons collectés. Autrement dit, on déduit le nombre total d’animaux à partir de traces indirectes, ce qui explique la difficulté, et la marge d’approximation, inhérente à ce type d’exercice. La nouveauté de la méthode tient à l’intégration d’une dimension spatiale. Les chercheurs prennent désormais en compte la localisation précise des échantillons. Cette donnée permet de considérer qu’un loup a plus de chances d’être détecté à proximité de son domaine vital qu’à grande distance. En intégrant ce paramètre dans les modèles, les estimations deviennent théoriquement plus robustes à l’échelle d’un territoire. Et pour parfaire cette quête de précision, les chercheurs ont donc choisi d’associer leurs résultats à une « fourchette d’incertitude », comparable à celles utilisées en météorologie. Une manière élégante de reconnaître que, même avec des outils statistiques sophistiqués, compter des animaux discrets qui parcourent de vastes territoires reste un exercice délicat. Selon les auteurs de l’étude, cette transparence méthodologique est essentielle pour mieux informer le débat public et les politiques de gestion de l’espèce en France.

Forêts en Scène : dix jours d’animations pour célébrer les forêts françaises

À l’occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée chaque année le 21 mars à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies, l’Office national des forêts (ONF) organise une nouvelle édition du festival « Forêts en Scène ». Du 18 au 29 mars 2026, près de 200 animations gratuites seront proposées en France métropolitaine et dans les territoires ultramarins afin de sensibiliser le public aux enjeux forestiers et de faire découvrir ces milieux naturels. Au-delà de la dimension festive, l’événement vise à mieux faire comprendre le rôle des forêts dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources. Selon l’ONF, près de trois Français sur quatre se disent attachés aux forêts, un intérêt que ce rendez-vous national entend renforcer à travers des rencontres avec des forestiers et des spécialistes de l’environnement. À Paris, le festival s’installera à l’Académie du Climat, dans le 4e arrondissement, du 18 au 21 mars. Conférences, expositions et ateliers participatifs y seront proposés. Parmi les temps forts figure la « Sylvafresque », un atelier collaboratif permettant d’explorer les multiples fonctions de la forêt. Plusieurs personnalités interviendront également lors de rencontres publiques, parmi lesquelles le photographe animalier Vincent Munier, l’artiste Edi Dubien, l’autrice-compositrice Emily Loizeau ou l’historienne Martine Chalvet. Des activités scientifiques et culinaires seront aussi proposées aux plus jeunes. La programmation comprend également un cycle de projections dans six cinémas indépendants parisiens. Des films tels que « Le mal n’existe pas » de Ryusuke Hamaguchi, « Viendra le feu » d’Oliver Laxe ou « Nausicaa de la Vallée du Vent » de Hayao Miyazaki seront diffusés, suivis d’échanges avec des forestiers et des experts. Partout en France, des animations locales viendront compléter la programmation : conférences, balades guidées, ateliers pédagogiques ou découvertes de métiers forestiers. En Savoie, une conférence sur la gestion forestière en Tarentaise est prévue à Séez. Dans l’Ain, la forêt domaniale de Seillon accueillera une balade en calèche et un jeu de piste. En Moselle, les participants pourront s’initier au martelage, une opération de sélection des arbres à exploiter. Les Outre-mer participeront également à l’événement, notamment en Guyane et à La Réunion avec des visites guidées et des balades botaniques. Le programme complet et les inscriptions sont disponibles sur le site de l’ONF.

État de conservation des espèces migratrices : une situation toujours préoccupante

Une espèce migratrice sur quatre (24 %) est aujourd’hui menacée d’extinction et près de la moitié (49 %) voit sa population décliner. C’est le principal constat d’un rapport intermédiaire préparé avant la COP15 sur la conservation des espèces migratrices, qui se tiendra du 23 au 29 mars à Campo Verde, au Brésil. Ce document actualise le rapport de référence publié en 2024 lors de la COP14. Ce premier rapport constituait la première évaluation mondiale complète de l’état de conservation des espèces migratrices. La nouvelle analyse vise à mesurer l’évolution de leur situation depuis cette date. Depuis la COP14, certaines avancées ont été enregistrées. Des efforts ont notamment permis d’améliorer l’identification et la protection des habitats essentiels, ainsi que celle des corridors migratoires. Les connaissances scientifiques se sont également enrichies grâce à une cartographie plus précise des routes migratoires. Ces actions ont contribué à l’amélioration du statut de conservation de plusieurs espèces, dont sept ont été reclassées dans une catégorie de menace moins élevée. Plusieurs initiatives internationales ont aussi renforcé la compréhension des déplacements des espèces migratrices. Parmi elles figurent notamment l’Initiative mondiale sur la migration des ongulés (GIUM), le système MiCO consacré à la connectivité migratoire dans les océans, ainsi que les travaux de BirdLife International visant à cartographier les principales voies migratoires. Malgré ces progrès, la situation globale demeure alarmante. Les espèces migratrices sont exposées à une multiplication de pressions d’origine humaine tout au long de leurs routes migratoires. La destruction et la fragmentation des habitats, la surexploitation, la pollution et le changement climatique agissent souvent de manière combinée et à différents endroits de leurs cycles de vie. Les dernières mises à jour de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) confirment cette tendance. Les réévaluations publiées dans la version 2025-1 de la Liste rouge concernent environ un tiers des espèces inscrites aux annexes de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS). Face à ces constats, le rapport souligne la nécessité d’accélérer les efforts de conservation afin d’atteindre les objectifs du Plan stratégique de Samarcande pour les espèces migratrices, notamment la cible visant à protéger et restaurer tous les habitats importants d’ici 2032.

Offre de rachat inamicale de Beretta sur Sturm, Ruger & Company...

Le 9 mars 2026, Sturm, Ruger & Company a publié une réponse officielle à une initiative de Beretta Holding, qui cherche à acquérir une participation significative dans l’entreprise américaine. Selon Ruger, cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une tentative de prise d’influence jugée hostile par son conseil d’administration. D’après la communication de Ruger, Beretta a proposé d’acheter des actions de la société via un placement privé avec une décote d’environ 15 % par rapport au prix du marché. Une telle décote est perçue par la direction de Ruger comme défavorable pour les actionnaires existants, puisqu’elle permettrait à Beretta d’accumuler rapidement une participation importante à un prix inférieur à la valeur de marché. Au-delà de l’aspect financier, la principale source de tension concerne les conditions de gouvernance associées à cette opération. Ruger affirme que Beretta souhaite obtenir une représentation disproportionnée au sein du conseil d’administration, ainsi qu’un droit de vote renforcé pouvant s’apparenter à un quasi-droit de veto sur certaines décisions stratégiques. L’entreprise américaine estime que ces exigences donneraient à Beretta une influence excessive par rapport à la taille de sa participation. Ruger indique également que Beretta aurait demandé la nomination de son propre directeur général au conseil d’administration de Ruger. Selon la société américaine, une telle situation pourrait entrer en conflit avec certaines réglementations antitrust américaines, dans la mesure où elle impliquerait la présence d’un dirigeant d’un concurrent direct au sein de l’organe de gouvernance. Dans son communiqué, Ruger souligne toutefois que son conseil d’administration a tenté d’adopter une approche constructive. Des représentants de l’entreprise se sont rendus à plusieurs reprises en Europe afin de rencontrer la direction de Beretta et d’explorer les possibilités de dialogue. Malgré ces échanges, les deux groupes ne sont pas parvenus à un accord sur les modalités d’une coopération ou d’un investissement. Face à ce qu’elle qualifie de « campagne agressive », la direction de Ruger affirme qu’elle restera mobilisée pour protéger les intérêts des actionnaires et des autres parties prenantes. Cette situation ouvre désormais la voie à une possible confrontation stratégique entre les deux fabricants d’armes, qui pourrait se jouer à la fois sur le terrain financier, juridique et de la gouvernance d’entreprise.

L’opération citoyenne « J’aime la Nature Propre »

Organisé par la FNC, l’opération citoyenne « J’aime la Nature Propre » a confirmé en 2026 son succès et sa capacité à mobiliser largement autour de la protection de l’environnement. Cette 6e édition s’est déroulée du 6 au 8 mars 2026 dans 95 départements, rassemblant près de 160 000 bénévoles sur 3 232 points de collecte à travers la France. Depuis sa création en 2021, l’initiative vise à sensibiliser le public aux conséquences des déchets abandonnés dans la nature et à encourager des actions concrètes de ramassage. L’édition 2026 a une nouvelle fois illustré l’ampleur de cet engagement collectif. Des citoyens de tous âges ont répondu présents aux côtés d’associations, de clubs sportifs, de collectivités, d’établissements scolaires, d’entreprises et de nombreux acteurs locaux. Malgré un calendrier marqué par les vacances scolaires et le contexte des élections municipales, la mobilisation est restée très forte. Au total, 160 000 bénévoles, dont 52 000 enfants, ont participé à ces actions de nettoyage dans divers milieux naturels : forêts, campagnes, bords de routes, rivières et littoraux. Au-delà de la collecte de déchets, ces opérations ont également constitué un moment privilégié de sensibilisation à la préservation de l’environnement, notamment auprès des plus jeunes. L’édition 2026 marque également l’extension de l’opération aux territoires ultramarins. Pour la première fois, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon ont participé à l’initiative, avec plusieurs actions de ramassage et points de collecte organisés localement, permettant aux habitants de rejoindre ce mouvement national. Au cours du week-end, 17 000 m³ de déchets ont été collectés sur l’ensemble du territoire. Ce volume témoigne à la fois de l’ampleur du problème des déchets abandonnés et de la capacité de mobilisation citoyenne face à cet enjeu environnemental. Au fil des années, « J’aime la Nature Propre » s’impose comme un rendez-vous majeur de l’engagement citoyen pour la nature, illustrant la dynamique collective impulsée par la Fédération nationale des chasseurs et ses partenaires. Pour le président de la FNC, cette édition confirme la progression constante de l’opération : elle démontre que les citoyens sont toujours plus nombreux à vouloir agir concrètement pour préserver l’environnement et protéger les espaces naturels sur l’ensemble du territoire.