Un gîte accueillant : « Chez Papé et Mita »

Interdiction de la chasse dans la Vienne : simple mesure de prévention ou nouvelle contrainte pour les chasseurs ?

Face aux fortes chaleurs et au risque accru d'incendie, la préfecture de la Vienne a pris un arrêté interdisant, jusqu'à nouvel ordre, toutes les activités impliquant l'usage d'une arme à feu. La mesure concerne notamment la chasse, le ball-trap et l'ensemble des activités susceptibles de provoquer un départ de feu dans un contexte de sécheresse marqué. Sur le fond, l'objectif affiché paraît difficilement contestable. Partout en France, les épisodes caniculaires se multiplient et les autorités cherchent à limiter au maximum les risques d'incendie. Dans plusieurs départements, des restrictions d'accès aux massifs forestiers ou des limitations d'activités sont régulièrement mises en place lorsque les conditions météorologiques deviennent critiques. L'arrêté de la préfecture de la Vienne s'inscrit donc dans cette logique de précaution. Pour autant, cette décision soulève aussi des interrogations dans le monde cynégétique. Si l'été n'est pas la période la plus intense pour la chasse, certaines activités demeurent essentielles, notamment dans le cadre de la gestion de certaines espèces. Consciente de cette réalité, la préfecture a maintenu la possibilité de réaliser des battues administratives, tout en interdisant leur déroulement entre 14 heures et 20 heures, période correspondant généralement au pic de chaleur. Les chasseurs à l'arc ne sont également pas concernés par cette mesure. La question qui se pose est donc celle de l'équilibre entre impératif de sécurité et maintien des activités de terrain. Pour certains chasseurs, ces restrictions apparaissent comme une mesure de bon sens dictée par des circonstances exceptionnelles. D'autres s'interrogent sur la multiplication des limitations qui touchent progressivement les activités de nature et craignent que ces décisions temporaires ne deviennent, à terme, la norme. À ce stade, rien n'indique que l'arrêté de la Vienne poursuive un autre objectif que la prévention des incendies. Mais dans un contexte où la chasse fait régulièrement l'objet de débats et de restrictions, la vigilance demeure. La véritable question est peut-être moins celle de l'interdiction elle-même que celle de sa proportionnalité et de sa durée.

Grand tétras : un combat perdu d'avance ?

Après plus d'un demi-siècle consacré à l'étude et à la protection du grand tétras dans le massif jurassien, Bernard Leclercq dresse un constat particulièrement sombre sur l'avenir de cette espèce emblématique. Ornithologue de formation et ancien enseignant, il estime que le principal facteur du déclin du grand tétras ne réside ni dans le dérangement touristique, ni dans la prédation, ni même dans le changement climatique, mais dans l'évolution de la gestion forestière. Selon lui, la disparition progressive des forêts anciennes compromet directement la survie du plus grand galliforme sauvage d'Europe. Le grand tétras, ou coq de bruyère, est présent dans le Jura depuis la fin des périodes glaciaires. Cet oiseau discret dépend d'écosystèmes forestiers complexes associant grands arbres, peuplements d'âges variés, sous-bois diversifiés et clairières naturelles. Dès les années 1970, alors qu'il participe à une mission scientifique consacrée aux causes de régression de l'espèce en France, Bernard Leclercq observe une corrélation entre le recul des populations de tétras et la disparition progressive de ces forêts matures qui constituaient son habitat privilégié. Cette conviction le conduit à s'investir durablement dans la conservation de l'espèce. Avec d'autres acteurs locaux, il participe à la création du Groupe Tétras Jura, structure réunissant naturalistes, chasseurs, forestiers, élus et représentants du tourisme. L'objectif est alors de mettre en œuvre une gestion concertée permettant de préserver les habitats du grand tétras tout en conciliant les différents usages de la forêt. Durant plusieurs décennies, différentes mesures voient le jour. Des zones de tranquillité sont instaurées, des arrêtés de protection de biotope sont adoptés et certaines pratiques forestières sont adaptées afin de maintenir des habitats favorables à l'espèce. Pour Bernard Leclercq, ces initiatives ont longtemps nourri l'espoir d'un redressement des populations. Cependant, il considère aujourd'hui que ces efforts ont été progressivement affaiblis par une orientation de la gestion forestière davantage tournée vers la production de bois que vers la préservation des écosystèmes...

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Rage : le retour inquiétant d’une maladie que l’Europe croyait maîtrisée

Longtemps considérée comme quasiment éradiquée au sein de l’Union européenne, la rage connaît depuis quelques années une résurgence préoccupante en Europe centrale. Après plusieurs décennies de recul, la maladie est réapparue à partir de 2021 en Pologne, avant de gagner la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie. Le premier signal d’alerte est venu de Pologne. Alors que le pays ne recensait plus que quelques cas isolés chaque année, 113 animaux infectés ont été identifiés en 2021, dont plus d’une centaine de renards. L’année suivante, la situation s’est dégradée dans les pays voisins. La Hongrie et la Slovaquie, qui n’avaient plus enregistré de cas depuis plusieurs années, ont de nouveau détecté le virus. En Roumanie, la circulation de la maladie reste particulièrement active avec jusqu’à 109 cas recensés en 2025. Pour comprendre cette réémergence, les chercheurs du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy, laboratoire de référence de l’Union européenne, ont analysé des échantillons provenant des pays touchés mais également d’Ukraine et de Moldavie. Leurs travaux, publiés début 2026, montrent que deux lignées virales circulent désormais simultanément. À la souche dite NEE, présente en Europe centrale depuis les années 1990, s’ajoute désormais le groupe C, un variant originaire du sud de la Russie et de l’est de la Turquie qui n’avait plus été observé dans l’Union européenne depuis près d’une décennie. La géographie des foyers soulève également des interrogations. La plupart des cas recensés se situent à moins de 50 kilomètres des frontières ukrainienne et moldave. Pour les spécialistes, la guerre en Ukraine pourrait avoir favorisé la propagation du virus. Les campagnes de vaccination des renards par largage aérien d’appâts vaccinaux ont été fortement perturbées, tandis que les destructions d’habitats et les déplacements de la faune sauvage ont pu accélérer la diffusion de la maladie. Cette situation rappelle que la rage demeure l’une des zoonoses les plus redoutables. Transmise principalement par morsure, elle peut infecter tous les mammifères, y compris l’homme. Une fois les premiers symptômes déclarés, l’issue est presque toujours fatale. En 2025, un Roumain est ainsi décédé après avoir été mordu par un chien errant, premier décès humain lié à la rage terrestre enregistré dans l’Union européenne depuis 2012. Face à cette menace, les autorités sanitaires privilégient aujourd’hui une stratégie fondée sur la surveillance internationale et surtout sur la vaccination orale des renards roux, principal réservoir du virus. Les résultats obtenus en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie montrent que cette méthode demeure l’outil le plus efficace pour contenir puis éliminer durablement la maladie.

La semaine en bref...

- Ain : la présence d'un loup a été officiellement confirmée par l'OFB, après une observation réalisée dans un lotissement. Plusieurs habitants ont aperçu et filmé le canidé alors qu'il traversait tranquillement le quartier avant de disparaître vers une zone boisée située à proximité. D'abord pris pour un grand chien par certains riverains, l'animal a finalement été identifié comme un loup gris (Canis lupus) grâce à l'analyse des images transmises à l'OFB. Les agents se sont appuyés sur différents critères morphologiques, notamment la silhouette générale, le port de la queue et les caractéristiques de la robe. Selon l'établissement public, aucun comportement inhabituel n'a été constaté. L'animal n'a manifesté aucune agressivité et s'est contenté de poursuivre sa route en évitant les contacts avec l'homme. Cette apparition rappelle la progression de l'espèce sur le territoire national et sa capacité à fréquenter ponctuellement les abords des zones habitées.

 

- Hautes-Alpes : huit nouveaux lieutenants de louveterie ont officiellement reçu leurs insignes, mercredi 17 juin, lors d'une cérémonie organisée à la préfecture, à Gap. Les distinctions leur ont été remises par le préfet Philippe Bailbé, en présence des représentants de la louveterie départementale. Ces bénévoles assermentés, recrutés à l'issue d'un appel à candidatures lancé au printemps, viennent renforcer un dispositif particulièrement sollicité dans un département fortement touché par la prédation du loup sur les troupeaux domestiques. Leur mission consistera notamment à participer aux opérations de régulation, aux battues administratives et aux actions de décantonnement mises en œuvre sous l'autorité préfectorale. Au cours de la cérémonie, le préfet a également remis la médaille d'honneur de la louveterie à Bruno Drevet, président de l'association départementale et doyen des lieutenants de louveterie, en reconnaissance de douze années d'engagement au service de l'État. Avant de pouvoir être pleinement opérationnels, les huit nouveaux louvetiers devront suivre une formation théorique et pratique. Leur nomination vise à renforcer le maillage territorial dans plusieurs secteurs particulièrement exposés aux attaques de loups, notamment dans le Gapençais, l'Embrunais et le Champsaur-Valgaudemar. Leur mandat s'étendra jusqu'au 31 décembre 2029.

 

- Ariège : le paysage politique ariégeois pourrait bien être bousculé à l'occasion des élections sénatoriales du 27 septembre prochain. Jean-Luc Fernandez, président de la FDC, a officialisé sa candidature, créant la surprise dans le département. Connu pour son franc-parler et son engagement en faveur du monde rural, il entend porter au Palais du Luxembourg les préoccupations des élus locaux et des habitants des territoires de montagne. « Croyez-moi, si je suis élu, on entendra parler de l'Ariège », a-t-il lancé pour expliquer sa démarche. Figure bien identifiée en Ariège à travers ses responsabilités cynégétiques, Jean-Luc Fernandez souhaite défendre des dossiers tels que la ruralité, la gestion de la faune sauvage, l'agriculture ou encore le maintien des services publics de proximité. Sa candidature introduit un nouvel acteur dans la campagne sénatoriale et pourrait rebattre les cartes à quelques mois du scrutin réservé aux grands électeurs...

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Espèces exotiques envahissantes : votre avis est essentiel !

Vous êtes confronté, directement ou indirectement, aux problématiques liées aux espèces exotiques envahissantes (EEE) dans le cadre de vos activités professionnelles ou associatives ? Vous souhaitez que les outils, ressources et accompagnements proposés répondent davantage aux réalités du terrain ? Le Centre de ressources Espèces Exotiques Envahissantes lance une grande enquête afin de mieux connaître les attentes, les besoins et les difficultés rencontrées par les acteurs concernés. Votre participation contribuera à orienter les futures actions du réseau et à renforcer les services proposés aux professionnels engagés dans la prévention, la gestion ou l’étude des EEE. Cette enquête s’adresse à un large public : gestionnaires d’espaces naturels, collectivités territoriales et leurs groupements, services de l’État, entreprises, établissements de recherche, bureaux d’études, associations, fédérations, organismes de formation, ainsi qu’à toute structure concernée par les impacts des espèces exotiques envahissantes. Les réponses permettront notamment de :

• Mieux identifier les profils des utilisateurs et leurs usages du Centre de ressources EEE ;

• Recenser les difficultés techniques, scientifiques ou opérationnelles rencontrées sur le terrain ;

• Déterminer les besoins en matière d’accompagnement, de partage d’expériences, d’animation de réseau et de montée en compétences ;

• Adapter les outils et les ressources aux attentes réelles des acteurs.

Le questionnaire nécessite environ 20 minutes. Vous pouvez y consacrer plus ou moins de temps selon le niveau de détail que vous souhaitez apporter à vos réponses. Chaque contribution compte. Plus les retours seront nombreux et représentatifs, plus le Centre de ressources pourra développer des actions adaptées aux enjeux auxquels vous êtes confrontés au quotidien. Date limite de participation : 17 juillet 2026.

 

Pour répondre à l’enquête, c’est ICI

Coupe du monde de foot 2026 : ces animaux adulés dans les stades, mais menacés dans la nature...

Des stades pleins à craquer, des milliards de téléspectateurs et une passion qui transcende les frontières. Tous les quatre ans, la Coupe du monde de football s'impose comme l'un des événements les plus suivis de la planète. Pourtant, derrière les exploits sportifs et les drapeaux agités dans les tribunes, un autre invité participe régulièrement à la fête : le monde animal. Dans ce Mondial 2026, organisé par le Canada, les États-Unis et le Mexique, la faune sauvage est une nouvelle fois mise à l'honneur. Les trois pays hôtes ont choisi des mascottes inspirées d'espèces emblématiques de leur territoire : l'élan pour le Canada, le pygargue à tête blanche pour les États-Unis et le jaguar pour le Mexique. Au-delà de ces représentations officielles, le football mondial entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec les animaux. Les Lions de l'Atlas du Maroc, le corbeau mythologique Yatagarasu associé à la sélection japonaise ou encore le kangourou australien témoignent de cette fascination universelle. Mais pourquoi ces espèces occupent-elles une telle place dans l'imaginaire sportif ? Parce qu'elles incarnent des qualités auxquelles aspirent les équipes : la puissance du lion, la rapidité du jaguar, la vision de l'aigle ou l'endurance du kangourou. Des milliers de supporters portent ainsi des maillots, des écharpes ou des drapeaux ornés de ces figures animales, devenues des symboles d'identité et de fierté nationale. Mais cette omniprésence cache une réalité plus troublante : certaines des espèces les plus célébrées dans les stades figurent aussi parmi les plus fragilisées à l'état sauvage...

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Disparition de l'ONCFS : enquête sur une révolution institutionnelle passée inaperçue...

Comment un établissement public né du monde cynégétique, disposant d'une expertise scientifique reconnue et d'une forte légitimité rurale, a-t-il disparu au profit d'une structure dont les racines plongent largement dans le Grenelle de l'environnement ? La polémique suscitée par la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité (OFB) a remis sous les projecteurs une question bien plus vaste que celle d’un simple recrutement. Derrière les débats actuels se cache en réalité une transformation profonde de la politique française de la nature engagée depuis près de vingt ans. Pour en comprendre les ressorts, il faut revenir au milieu des années 2000, lorsque plusieurs organisations environnementales commencent à promouvoir l’idée d’une grande agence nationale de la biodiversité. Dès 2006, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) plaide officiellement pour la création d’une structure capable de coordonner les politiques publiques relatives à la biodiversité. L’année suivante, le Grenelle de l’environnement offre à ces organisations une occasion unique de faire avancer leurs propositions au sein même des groupes de travail mis en place par l’État. Parmi les acteurs les plus impliqués figurent la Ligue Roc (Rassemblement des Opposants à la Chasse), devenue ensuite Humanité et Biodiversité (H&B), le Comité français de l’UICN, mais aussi plusieurs personnalités qui joueront par la suite un rôle majeur dans les nouvelles institutions environnementales. Les archives de ces associations montrent qu’elles revendiquent elles-mêmes un travail soutenu auprès des cabinets ministériels, de l’Élysée et des administrations centrales, afin de promouvoir cette future agence. Le projet finit par être repris par François Hollande lors de la Conférence environnementale de 2012. H&B se félicite alors publiquement de voir ses propositions reprises par le chef de l’État. La future Agence française pour la biodiversité (AFB), créée en 2017, porte ainsi l’empreinte de personnalités comme Gilles Bœuf, Bernard Chevassus-au-Louis ou Christophe Aubel, tous impliqués à différents titres dans les associations ayant défendu sa création. À ce stade pourtant, la plupart des observateurs considèrent encore cette nouvelle agence comme un simple outil de coordination administrative. Peu imaginent qu’elle constituera quelques années plus tard la matrice d’une réforme beaucoup plus profonde. Car parallèlement à la montée en puissance de l’AFB, une autre institution poursuit son action dans une relative discrétion : l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), héritier d’une longue tradition de gestion de la faune et principal établissement de référence du monde cynégétique français...

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Salons agricoles et rendez-vous cynégétiques : des vitrines essentielles du monde rural

Les grands salons agricoles ne sont pas de simples foires d'exposition : ils constituent des lieux de rencontre, de transmission et de promotion de l'excellence française. En réaffirmant leur volonté d'accueillir l'ensemble des espèces animales lors des prochaines éditions du SPACE, du Sommet de l'Élevage ou du Salon international de l'Agriculture, leurs organisateurs rappellent combien ces manifestations sont indispensables à la vitalité de nos filières. Ces rendez-vous permettent aux éleveurs de présenter le fruit de décennies de sélection génétique, d'échanger sur les innovations techniques et sanitaires, mais aussi de susciter des vocations auprès des jeunes générations. Ils jouent également un rôle économique majeur pour les territoires qui les accueillent. Cette nécessité de maintenir des espaces de dialogue et de découverte concerne également le monde de la chasse. Des événements comme le Game Fair, les fêtes de la chasse ou les concours canins sont devenus des vitrines incontournables du patrimoine cynégétique français. Ils offrent au grand public l'occasion de découvrir la diversité des races de chiens, les savoir-faire liés à la gestion du gibier, les actions menées en faveur des habitats ou encore le rôle des chasseurs dans la régulation des espèces et la surveillance sanitaire de la faune sauvage. À l'heure où le fossé continue de se creuser entre les réalités rurales et une partie de la société, ces manifestations constituent des passerelles indispensables. Elles permettent de dépasser les caricatures et de montrer une agriculture comme une chasse modernes, responsables et profondément ancrées dans les territoires. Bien entendu, la sécurité sanitaire doit demeurer une priorité absolue. Mais la France dispose déjà de règles parmi les plus strictes d'Europe. Les renforcer sans discernement au point de décourager la participation des professionnels reviendrait à fragiliser des filières déjà soumises à de fortes pressions économiques et sociétales. Préserver ces grands rendez-vous, c'est défendre bien plus que des traditions. C'est soutenir des métiers, des savoir-faire, des territoires vivants et un patrimoine culturel qui participent pleinement à l'identité française. Agriculture, élevage, chasse et gestion durable de la faune ont tout à gagner à continuer de se montrer, d'expliquer leurs pratiques et de dialoguer avec le grand public.

Grippe aviaire : une étude alerte sur l’impact majeur du virus chez les oiseaux sauvages

Une étude menée par des scientifiques français et récemment présentée par le réseau Sagir dresse un constat préoccupant sur les conséquences de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) sur l’avifaune sauvage entre 2020 et 2023. Publiés dans la revue Nature, ses résultats mettent en évidence des épisodes de mortalité d’une ampleur inédite, susceptibles de compromettre la conservation de certaines espèces. Les oiseaux nichant en colonies figurent parmi les plus durement touchés. L’été 2022 a notamment été marqué par des hécatombes chez les oiseaux marins. En Europe, près de 75 % des colonies de fous de Bassan de l’Atlantique Nord ont été affectées par le virus H5 de clade 2.3.4.4b. En Écosse, certaines colonies ont vu leur effectif diminuer de 70 %, tandis que leur succès reproducteur chutait de 75 %. En France, la mortalité a dépassé 58 % chez les adultes et 67 % chez les juvéniles. D’importantes pertes ont également été signalées au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Russie et en Amérique du Nord. D’autres espèces ont été sévèrement touchées, notamment les grands labbes, les sternes, les mouettes et les goélands. En Afrique, des cas ont été recensés chez les pélicans, les cormorans et même les manchots. Des mortalités ont également concerné les anatidés, les rapaces et plusieurs oiseaux terrestres, bien que dans des proportions moindres. Au-delà du bilan immédiat, les chercheurs s’interrogent sur une évolution plus profonde du phénomène. La diversité croissante des espèces infectées pourrait favoriser l’apparition de nouveaux réservoirs viraux capables d’assurer une circulation continue du virus au sein de l’avifaune sauvage. Selon les auteurs, l’endémicité de l’IAHP chez les oiseaux sauvages pourrait devenir une nouvelle norme à l’échelle mondiale. Une telle perspective suscite de vives inquiétudes, d’autant que le virus a déjà été détecté chez de nombreuses espèces de mammifères sauvages et domestiques. Elle relance également la question du risque d’émergence, à terme, d’une souche mieux adaptée à l’être humain.

Océans, forêts, montagnes : la biodiversité n'a pas fini de nous surprendre...

La planète a beau être observée par satellites, sondée par drones et explorée par des milliers de scientifiques, elle continue de révéler des formes de vie inconnues. La preuve avec le programme international Ocean Census, lancé en 2023 par la Fondation Nippon et l'institut britannique Nekton. En seulement un an, ses chercheurs ont recensé 1 121 nouvelles espèces marines, principalement dans les grands fonds océaniques. Parmi les découvertes les plus remarquables figurent un ver marin translucide vivant à près de 800 mètres de profondeur dans une éponge de verre, un requin fantôme apparenté aux chimères, mais aussi de nouveaux coraux, crustacés, mollusques et poissons adaptés à des conditions extrêmes. Certaines de ces espèces évoluent à plusieurs milliers de mètres sous la surface, dans des zones encore très peu explorées. Ces résultats rappellent à quel point les océans demeurent l'une des dernières grandes frontières scientifiques. Les spécialistes estiment d'ailleurs que près de 90 % des espèces marines seraient encore inconnues. Mais les découvertes ne concernent pas uniquement les abysses. Chaque année, plusieurs milliers d'espèces nouvelles sont également décrites sur les continents. Si la plupart sont des insectes, des plantes ou des champignons, certaines appartiennent à des groupes bien plus emblématiques. Ces dernières années, des mammifères de taille respectable ont ainsi été identifiés en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, parfois dans des régions pourtant fréquentées depuis longtemps par l'homme. De nouvelles espèces d'antilopes, de primates, de cervidés ou encore de félins ont été distinguées grâce aux progrès de la génétique, révélant une diversité insoupçonnée au sein de populations que l'on croyait parfaitement connues. Ces découvertes rappellent une évidence souvent oubliée : la biodiversité ne se résume pas aux espèces déjà répertoriées dans les guides naturalistes. Même la grande faune sauvage, pourtant la plus visible, continue parfois de livrer ses secrets. Dans le même temps, de nombreuses espèces disparaissent avant même d'avoir été étudiées ou décrites. Pour les scientifiques, l'enjeu dépasse donc la simple curiosité. Mieux connaître le vivant, qu'il se cache dans les profondeurs océaniques, les forêts tropicales ou les montagnes isolées, constitue une condition indispensable à sa préservation. Car protéger une espèce suppose d'abord de savoir qu'elle existe.

Lieutenants de louveterie : l'Assemblée nationale reconnaît enfin leur engagement

À l'issue de l'examen du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 2 juin dernier, plusieurs dispositions destinées à moderniser le statut des lieutenants de louveterie ont été intégrées au texte. Une avancée saluée par Sophie Pantel, députée de la Lozère, Jean-François Rousset, député de l'Aveyron, et Marc Fesneau, député du Loir-et-Cher, à l'origine de cette initiative transpartisane. Faute d'avoir pu inscrire leur proposition de loi spécifique à l'ordre du jour de l'Assemblée, en raison d'un calendrier législatif particulièrement chargé, les parlementaires ont choisi d'en reprendre les principales dispositions sous forme d'amendements adoptés lors de l'examen de l'article 14. Les mesures votées consacrent dans la loi le caractère bénévole de l'engagement des lieutenants de louveterie, tout en rappelant qu'ils concourent, sous l'autorité du préfet, à une mission de service public et d'intérêt général. Elles précisent également les conditions de recrutement et d'exercice de leurs fonctions, sécurisent juridiquement leur intervention et renforcent l'encadrement des relations avec leurs employeurs afin de faciliter la conciliation entre activité professionnelle et missions de terrain. Institués il y a plus de deux siècles, les lieutenants de louveterie constituent aujourd'hui encore un maillon essentiel de la politique de gestion de la faune sauvage. Nommés par le préfet pour une durée déterminée, ils interviennent notamment dans l'organisation des battues administratives, la régulation des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts ou encore dans le cadre des dispositifs de protection des élevages confrontés à la prédation. Cette reconnaissance législative apparaît d'autant plus importante que ces missions reposent sur l'engagement volontaire d'environ 1 800 lieutenants de louveterie répartis sur l'ensemble du territoire national. Souvent mobilisés dans l'urgence, parfois au cœur de situations sensibles, ils exercent leurs responsabilités sans rémunération, au service de l'intérêt général. Pour les députés à l'origine de ces amendements, il s'agit donc d'une première étape visant à mieux reconnaître et sécuriser l'action de ces auxiliaires historiques de l'administration, dont le rôle demeure plus que jamais d'actualité dans les territoires ruraux.

Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse...

Célébrée chaque année le 17 juin, la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse vise à sensibiliser l'opinion publique aux conséquences de la dégradation des terres et à promouvoir des solutions durables pour préserver les ressources naturelles. Instituée par les Nations unies en 1994, à la suite de l'adoption de la Convention sur la lutte contre la désertification, cette journée rappelle que la qualité des sols constitue l'un des fondements de la sécurité alimentaire, de la biodiversité et du développement économique. Selon les estimations internationales, jusqu'à 40 % des terres émergées seraient aujourd'hui dégradées, affectant directement près de la moitié de la population mondiale. L'intensification des sécheresses, la déforestation, certaines pratiques agricoles inadaptées ou encore l'urbanisation excessive contribuent à fragiliser les écosystèmes. Chaque année, des millions d'hectares de terres fertiles perdent ainsi leur capacité de production. Longtemps perçue comme un phénomène touchant principalement les régions arides d'Afrique ou d'Asie, la désertification concerne désormais de nombreuses zones tempérées. En Europe, plusieurs pays méditerranéens sont particulièrement exposés. En France, certaines régions du sud connaissent déjà des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, avec des conséquences sur l'agriculture, les ressources en eau et les milieux naturels. La Journée mondiale du 17 juin constitue donc un appel à l'action. Restaurer les sols dégradés, préserver les zones humides, développer des pratiques agricoles plus résilientes ou améliorer la gestion de l'eau figurent parmi les solutions mises en avant. Les experts rappellent qu'un sol en bonne santé stocke davantage de carbone, limite l'érosion et favorise la biodiversité. Au-delà des enjeux environnementaux, la lutte contre la désertification représente aussi un défi social et économique majeur. Protéger les terres, c'est garantir des moyens de subsistance à des millions de personnes et renforcer la capacité des territoires à faire face aux effets du changement climatique. Une responsabilité collective qui concerne désormais l'ensemble de la planète.