Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Les forêts : non protégées, elles brûlent. Protégées, elles brûlent aussi, mais....

Les perturbations forestières (incendies, sécheresses, exploitations) constituent des processus écologiques fondamentaux qui façonnent la structure, la composition et le fonctionnement des écosystèmes. Toutefois, leur intensification sous l’effet du changement climatique soulève la question de la résilience des forêts et du rôle que peut jouer la protection réglementaire dans cette dynamique. Deux approches s’opposent classiquement : renforcer la gestion active (réduction de la densité, diversification, limitation des combustibles) ou favoriser la succession naturelle vers des peuplements plus matures et structurellement complexes. Les forêts anciennes, riches en héritages biologiques et en diversité fonctionnelle, sont souvent considérées comme plus résistantes aux perturbations extrêmes. À l’inverse, la gestion active est présentée comme un levier d’adaptation face aux incendies, aux sécheresses ou aux ravageurs. Dans ce contexte, le réseau Natura 2000, pilier de la conservation européenne, offre un terrain d’analyse privilégié. L’étude conduite en Catalogne (1985–2023) a comparé, à partir de données de télédétection, d’inventaires forestiers (3400 placettes) et d’un suivi exhaustif du dépérissement (2012–2023), l’incidence des récoltes, des incendies et de la mortalité liée à la sécheresse à l’intérieur et à l’extérieur des zones protégées. Sur l’ensemble de la période, 20 % des surfaces forestières ont été affectées par des perturbations détectées par satellite, dont 60 % imputables aux récoltes et 40 % aux incendies. Plus récemment, la mortalité due à la sécheresse (11 % entre 2012 et 2023) a atteint une ampleur comparable à quarante années d’incendies cumulés, signalant un impact climatique croissant...

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La France adopte une trajectoire de réchauffement de référence

La France engage une nouvelle étape majeure de sa politique d’adaptation au changement climatique en inscrivant pour la première fois une Trajectoire de Réchauffement de Référence (TRACC) dans son droit national. Annoncée par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, cette trajectoire est intégrée au Code de l’environnement par décret et s’inscrit dans le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3). L’objectif est clair : d’ici 2030, faire de l’adaptation une composante systématique de toutes les politiques publiques, qu’il s’agisse de santé, d’économie, d’urbanisme, d’agriculture, d’aménagement du territoire ou encore de construction et de rénovation des infrastructures. Fondée sur les travaux du GIEC et les projections climatiques disponibles pour la France, la TRACC fixe des hypothèses communes de réchauffement : environ +2 °C dès 2030, +2,7 °C en 2050 et jusqu’à +4 °C à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, pour la France hexagonale. En adoptant une trajectoire unique, l’État établit un cadre partagé permettant aux collectivités, aux entreprises et aux citoyens d’évaluer les risques climatiques et d’orienter leurs décisions d’investissement et d’aménagement en fonction du climat futur. Le décret publié le 23 janvier précise les modalités de définition et de mise à jour de cette trajectoire, complété par un arrêté fixant les niveaux de réchauffement retenus. Concrètement, les plans de prévention des risques naturels — inondations, feux de forêt, glissements de terrain — devront être révisés pour intégrer ces projections, ce qui pourra entraîner l’extension de zones inondables ou de nouvelles règles de construction. Les normes techniques encadrant les infrastructures, telles que routes, ponts ou réseaux ferroviaires, évolueront également afin de résister à des conditions climatiques plus extrêmes. En anticipant dès aujourd’hui le climat de demain, la TRACC vise à éviter des reconstructions répétées et coûteuses, tout en protégeant les populations exposées aux canicules, sécheresses ou inondations. Elle constitue à la fois un outil de prévention et une garantie de bonne gestion des finances publiques. Élaborée en concertation avec les élus et soumise à consultation publique, elle s’appuie sur des services climatiques accessibles, notamment les projections locales mises à disposition par Météo-France via la plateforme DRIAS. La TRACC devient ainsi un instrument central pour planifier l’adaptation des territoires et agir avant que les crises ne s’imposent.

Impact de la pollution sonore chez les oiseaux

Une méta-analyse américaine récente, fondée sur l’examen de données concernant 160 espèces d’oiseaux à l’échelle mondiale, met en évidence l’impact significatif de la pollution sonore d’origine anthropique sur les paramètres comportementaux et reproducteurs aviens. Les auteurs identifient le bruit environnemental – principalement lié au trafic routier et aux activités de chantier – comme un facteur perturbant l’ensemble du cycle reproducteur, depuis la formation des couples jusqu’à la survie des œufs et des juvéniles. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte global de déclin des populations : selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, 61 % des espèces d’oiseaux présentaient une tendance démographique négative en octobre dernier, contre 44 % en 2016. L’étude montre que l’augmentation du bruit ambiant interfère directement avec les signaux acoustiques essentiels à la communication intra-spécifique. Le chant, qui joue un rôle central dans l’attraction des partenaires et la défense du territoire, est masqué par les fréquences générées par les infrastructures humaines. Certaines espèces, notamment le rouge-gorge, apparaissent particulièrement sensibles à cette interférence. Les observations réalisées durant les périodes de réduction d’activité humaine ont confirmé une amélioration de la détectabilité des vocalisations. Face à cette contrainte acoustique, les oiseaux adoptent des stratégies compensatoires : augmentation de l’intensité vocale, allongement de la durée d’émission ou modification fréquentielle vers des tonalités plus aiguës. Ces ajustements entraînent un coût énergétique supplémentaire susceptible d’affecter la condition physique des individus. Par ailleurs, la pollution lumineuse agit conjointement en altérant les rythmes circadiens, provoquant notamment des vocalisations nocturnes inhabituelles en milieu urbain. Les auteurs suggèrent plusieurs mesures d’atténuation, telles que l’adaptation des matériaux de construction, la réduction des nuisances sonores durant les périodes critiques de reproduction et de migration, ainsi que le recours à des technologies moins bruyantes.

L’UE renforce sa stratégie climatique et environnementale commune

Les ministres de l’environnement et du climat de l’Union européenne se sont réunis à Lefkosia, à Chypre, dans le cadre de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, afin d’examiner les grands enjeux environnementaux et climatiques auxquels l’Europe est confrontée. Cette réunion ministérielle informelle, organisée au centre de conférences Filoxenia, était présidée par Maria Panayiotou, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de l’Environnement de la République de Chypre. Elle s’est tenue en présence de représentants clés de la Commission européenne, dont la commissaire à l’environnement et à l’économie circulaire, Jessika Roswall, et le commissaire au climat, Wopke Hoekstra. Les discussions ont porté sur trois axes étroitement liés : la résilience face au changement climatique et à la crise de l’eau, le rôle de l’UE dans les négociations climatiques internationales et la transition vers une économie circulaire compétitive. En amont de la réunion, les ministres ont participé à une visite de terrain dans le parc communautaire de Delikipos, où leur a été présentée une méthode innovante de mesure de la séquestration du carbone par les arbres. Cette initiative a illustré l’importance de la science, de l’innovation et de la transparence des données pour soutenir des politiques climatiques crédibles. Lors de la première session de travail, les ministres ont examiné les moyens de mieux coordonner les politiques, la législation et les financements européens afin de renforcer la résilience climatique et hydrique. Ils ont souligné l’impact croissant du changement climatique sur l’économie et la sécurité, notamment à travers la raréfaction de l’eau, et la nécessité d’une approche cohérente intégrant les niveaux européen et national, avec une attention particulière portée aux régions les plus vulnérables. La deuxième session a été consacrée à l’efficacité de l’Union européenne dans les négociations internationales sur le climat. Les participants ont tiré les enseignements des dernières conférences des parties (COP) et ont insisté sur l’importance d’une diplomatie climatique plus stratégique, fondée sur la coordination, la formation précoce de coalitions et l’utilisation cohérente des instruments de politique extérieure de l’UE. Enfin, les ministres ont débattu des perspectives de la future réglementation sur l’économie circulaire et des mesures européennes en matière d’énergie. Ils ont mis en avant le rôle central de l’économie circulaire pour renforcer la compétitivité, réduire les dépendances stratégiques et soutenir la résilience de l’Union. La réunion s’est conclue par un large consensus sur la nécessité d’une action européenne coordonnée, alignant ambitions et mise en œuvre, afin de renforcer simultanément la crédibilité mondiale, la compétitivité et la résilience de l’Europe.

L’IPBES adopte le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité

Du 3 au 8 février 2026, la 12e plénière de l’IPBES s’est tenue à Manchester et a marqué une étape majeure : l’adoption à l’unanimité du premier rapport mondial consacré aux liens entre entreprises et biodiversité. Ce travail, mené pendant deux ans par 80 experts issus de 35 pays, analyse l’impact des activités économiques sur la nature ainsi que leur dépendance aux services écosystémiques. Son résumé pour les décideurs a été approuvé le 8 février par les 150 États membres. Le rapport souligne un constat central : toutes les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur, dépendent de la biodiversité et contribuent à son érosion. Pourtant, les cadres économiques et réglementaires actuels ne créent pas d’incitations suffisantes pour inverser la tendance. Les systèmes de soutien et de sanction sont jugés inadaptés, tandis que des financements massifs continuent d’alimenter des activités nuisibles. En 2023, les subventions publiques et investissements privés aux impacts négatifs directs sur la nature étaient estimés à 7 300 milliards de dollars. L’IPBES appelle à une transformation profonde des politiques publiques, des systèmes financiers et des modèles économiques, mais aussi des valeurs sociales. La coopération entre acteurs économiques et décideurs est jugée indispensable pour créer un environnement favorable à l’action. Le rapport met également en avant des leviers immédiats : mesure des impacts et dépendances, intégration de la biodiversité dans la gouvernance d’entreprise, mobilisation de l’ensemble de la chaîne de valeur et réorientation des flux financiers vers des activités à impacts positifs. Les entreprises sont encouragées à s’appuyer davantage sur la science, ainsi que sur les savoirs locaux et traditionnels. La délégation française, associant ministères, OFB et Fondation pour la recherche sur la biodiversite, a activement contribué aux discussions. L’OFB a notamment présenté l’outil ACT Biodiversité et participera à la diffusion des conclusions auprès des acteurs économiques.

La filière bois fragilisée par les intempéries : l’amont en grande difficulté

Le Syndicat des Exploitants de la Filière Bois (SEFB) alerte sur la situation critique que traversent actuellement les entreprises de l’amont forestier. Depuis le début du mois de janvier, des épisodes de pluies continues et particulièrement intenses affectent une large partie du territoire national. Dans de nombreux départements, les sols saturés d’eau rendent tout accès aux parcelles impossible et entraînent l’arrêt complet des chantiers depuis plus de dix jours. Dans l’ouest, notamment dans le Morbihan et le Finistère, des records historiques de précipitations ont été enregistrés. Ailleurs, des arrêtés préfectoraux interdisant temporairement l’accès aux massifs forestiers ont été pris pour des durées indéterminées. Ces interruptions d’activité ont des conséquences immédiates pour les exploitants forestiers, majoritairement des TPE et PME rurales : matériels immobilisés, équipes inactives, charges fixes maintenues et trésoreries déjà fragilisées par la hausse des coûts de l’énergie et des intrants. À ce jour, aucun mécanisme spécifique de compensation des pertes liées aux intempéries n’existe pour ces entreprises, contrairement à d’autres secteurs exposés aux aléas climatiques. En décembre dernier, le Sénat avait adopté, dans le cadre du projet de loi de finances, un amendement prévoyant la création d’une caisse d’intempéries pour les opérateurs forestiers. Le dispositif reposait sur un financement mixte associant un soutien public initial et des cotisations professionnelles. Cette mesure n’a finalement pas été retenue dans le texte adopté par le Gouvernement via l’article 49.3. Le SEFB estime que l’absence de ce mécanisme fragilise durablement la continuité des entreprises, l’emploi rural et la sécurisation de l’approvisionnement en bois, dans un contexte de multiplication des aléas climatiques.

PPE3 : un cap confirmé pour l’électrification, des ambitions discutées pour les renouvelables...

L’adoption définitive de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée au Journal officiel le 13 février, met fin à plusieurs années d’incertitudes pour les acteurs du secteur. Ce décret fixe la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035 et confirme la place centrale de l’électricité dans la stratégie nationale de décarbonation. La PPE3 prévoit une montée en puissance de l’électrification des usages, en cohérence avec la Stratégie nationale bas carbone. La consommation énergétique totale doit baisser, mais la part de l’électricité augmenter fortement, pour atteindre environ 38 % du mix en 2035 (soit près de 530 TWh). Afin d’absorber les variations de la demande, la production électrique devra se situer entre 650 et 693 TWh à cet horizon. Du côté des énergies renouvelables, le décret fixe plusieurs objectifs structurants. Il confirme l’objectif de 44 TWh de biométhane injecté dans les réseaux d’ici 2030. Il prévoit également une réduction de 20 % du parc de chaudières à gaz dans le résidentiel entre 2023 et 2030, grâce à des mécanismes d’incitation renforcés en faveur de solutions plus décarbonées. En revanche, les cibles de déploiement du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre ont été revues à la baisse par rapport aux attentes des filières. L’un des points majeurs du texte est la relance des appels d’offres (AO). Un appel d’offres photovoltaïque de 300 MW pour les grandes toitures doit être lancé rapidement. D’autres procédures simplifiées suivront, avec un volume cible de 2,9 GW sur les années 2026 à 2028. Pour l’éolien terrestre, deux appels d’offres de 800 MW chacun sont annoncés en 2026. En mer, les AO9 et AO10 seront ouverts prochainement, pour une désignation des lauréats en 2026. Les organisations patronales (Medef, industriels de l’électricité) saluent un cadre plus lisible et favorable à l’investissement, évoquant la perspective de 50 000 emplois supplémentaires en cinq ans. Les syndicats et fédérations des renouvelables accueillent positivement la reprise des appels d’offres, tout en regrettant l’ambition jugée insuffisante pour le solaire et l’éolien terrestre. Certaines voix restent critiques. L’Alliance pour l’énergie locale réclame une multiplication par trois de la production renouvelable locale d’ici 2030. La filière hydrogène pointe une incohérence entre l’objectif de 8 GW d’électrolyse en 2035 et une production visée de 20 TWh d’hydrogène décarboné, jugée trop faible. La PPE3 ouvre enfin la voie à un futur plan national d’électrification, annoncé pour l’été, qui devra préciser les mesures concrètes et les financements pour accélérer la transition énergétique.

Recrutement de « cadres techniques de l’ONF »

Par arrêté de la directrice générale de l’Office national des forêts (ONF), pris en application du code général de la fonction publique, du décret n° 2003-552 du 24 juin 2003 modifié portant statut particulier du corps des cadres techniques de l’ONF (notamment son article 5), de l’arrêté du 21 octobre 2009 relatif aux modalités d’organisation et à la nature des épreuves du concours interne, ainsi que de l’arrêté du 8 juillet 2024 fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l’accès à la fonction publique, un concours interne est ouvert au titre de l’année 2026 pour le recrutement de cadres techniques. Le nombre total de postes offerts est fixé à 15. Les inscriptions seront ouvertes du 16 février 2026 à 8 heures (heure de Paris) au 20 mars 2026 à minuit (heure de Paris), délai de rigueur. Elles s’effectueront en ligne via la plateforme dédiée. Les candidats ne pouvant procéder à une inscription dématérialisée pourront solliciter un dossier par courriel (concours@onf.fr) et le retourner à cette même adresse avant le 20 mars 2026. Le dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle devra être transmis au plus tard le 11 mai 2026, le cachet de la poste faisant foi. Les candidats en situation de handicap sollicitant un aménagement d’épreuves devront produire un certificat médical établi par un médecin agréé, datant de moins de six mois avant les épreuves et précisant les adaptations nécessaires ; ce document devra être adressé au plus tard le 21 août 2026, conformément à l’article R. 352-4 du code général de la fonction publique. L’épreuve d’admission se déroulera à partir du 21 septembre 2026. Les candidats résidant dans les collectivités mentionnées à l’article 72-3 de la Constitution ou à l’étranger, ainsi que ceux en situation de handicap, en état de grossesse ou dont l’état de santé le justifie, pourront demander à bénéficier de la visioconférence, sous réserve de fournir, avant le 21 août 2026, un certificat médical mentionnant cet aménagement.

Loups : les départements alpins sollicitent le Premier ministre

Les huit départements alpins et pré-alpins ont officiellement saisi le Premier ministre Sébastien Lecornu afin de demander une hausse significative du quota d’abattage des loups en France. Dans une lettre adressée au gouvernement, les présidents des Conseils départementaux concernés estiment que la survie de l’élevage pastoral est aujourd’hui menacée par la multiplication des attaques de troupeaux, particulièrement dans l’arc alpin où se concentre l’essentiel de la population lupine. Selon les autorités, la population de loups était évaluée en 2025 à 1 082 individus sur le territoire national. La réglementation actuelle autorise le « prélèvement » de 19 % de cette population chaque année, soit environ 205 loups. Les départements demandent de porter ce plafond à 30 % dès 2026, ce qui permettrait d’abattre jusqu’à 325 loups. Ils jugent l’estimation officielle sous-évaluée et considèrent que le quota actuel ne suffit pas à contenir la progression des attaques. Les élus invoquent non seulement les pertes économiques subies par les filières ovine et caprine, mais aussi la « détresse morale et psychologique » des éleveurs confrontés à des prédations répétées. Depuis 2023, ces collectivités réclament un durcissement des mesures sans avoir obtenu de réponse satisfaisante des gouvernements successifs. Sous la pression des syndicats agricoles, l’exécutif a annoncé une légère augmentation du quota à 21 % en 2026, soit 22 loups supplémentaires. Une mesure jugée largement insuffisante par les représentants du monde agricole, qui dénoncent l’ampleur des dégâts. Le débat demeure particulièrement sensible, opposant éleveurs et organisations de protection de la nature, et cristallise les tensions entre impératifs de biodiversité et défense des activités pastorales traditionnelles.

La semaine en bref...

- Ain : un grave accident s’est produit peu après 12 h 15, dimanche dernier, sur les hauteurs de la commune de Gex, alors qu’une battue de chasse était en cours dans un secteur forestier escarpé. Un chasseur de 75 ans a fait une chute de plusieurs mètres pour une raison encore indéterminée. La victime, blessée à la tête lors de sa chute, a nécessité une intervention rapide des secours. Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rendus sur place afin de lui prodiguer les premiers soins. Compte tenu de la gravité des blessures et de la localisation de l’accident, un transport médicalisé a été mis en place vers l’hôpital cantonal de Genève, où le chasseur a été admis en urgence. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.

 

- Hautes-Alpes : une opération conjointe de contrôle a été menée dans la forêt du Prorel, au-dessus de Briancon, afin de faire respecter la réglementation en vigueur dans ce massif partiellement protégé. Au total, 50 personnes ont été sensibilisées et 11 verbalisées pour avoir enfreint l’interdiction de skier dans la zone classée. Depuis les années 1990, un décret ministériel protège en effet 392 hectares de forêt situés sur les communes de Briançon, Puy-Saint-Pierre et Saint-Chaffrey. Dans ce périmètre, la pratique du ski est strictement interdite afin de préserver les milieux naturels et la faune. Selon l’ONF, les bonnes conditions d’enneigement ont entraîné une recrudescence des infractions ces dernières semaines. Pourtant, les accès à la zone réglementée sont clairement matérialisés par des panneaux, des filets et des cordages, des dispositifs qui seraient parfois franchis, voire volontairement dégradés. Face à cette situation, des agents de l’ONF, appuyés par des gendarmes spécialisés en enquêtes environnementales, ont conduit cette opération de surveillance. D’autres contrôles similaires sont d’ores et déjà annoncés.

 

-Ardèche : le département a validé un programme de réintroduction du chamois sur son territoire. Environ trente individus seront relâchés dans les prochaines années dans les massifs du Tanargue et de Montselgues, marquant le retour d’une espèce disparue localement depuis très longtemps. Le projet, porté de longue date par la FDC de l’Ardèche, a pris une nouvelle dimension depuis 2023 avec l’implication du département, du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche et de la Communauté de communes Beaume-Drobie. Une étude de faisabilité finalisée en avril 2025 a confirmé la compatibilité du territoire avec les exigences écologiques de l’espèce. Les reliefs escarpés, falaises, crêtes ventées, landes ouvertes et zones peu fréquentées, notamment entre le plateau de Montselgues et les vallées de la Beaume et de la Drobie, ont été identifiés comme favorables à son implantation. Les animaux seront capturés dans des populations sources, notamment dans les Bauges et le Puy-de-Dôme. Leur âge, leur état sanitaire et leur capacité d’adaptation seront évalués avant leur transfert. Le chamois, herbivore, contribue à l’entretien des pentes et au maintien des milieux ouverts. Le coût de l’opération est estimé à environ 300 000 euros, financés par le Département. À terme, une gestion cynégétique raisonnée pourrait être envisagée.

 

- Cantal : un loup a été retrouvé mort le 4 février à Laveissenet, porteur d’une blessure par balle située près de la colonne vertébrale. Selon les éléments communiqués par le parquet d’Aurillac, un chasseur s’est présenté spontanément à la gendarmerie après avoir appris la découverte du cadavre. Il a déclaré avoir tiré lors d’une battue organisée le samedi 31 janvier, affirmant avoir cru viser un renard. Il a également indiqué ne pas être allé vérifier l’animal abattu. Les gendarmes ont estimé que le tir n’était pas dangereux en lui-même. Le parquet considère qu’il n’y a pas d’intentionnalité et écarte, à ce stade, la qualification de braconnage. Le Cantal connaît le retour du loup depuis le milieu des années 2010. Une meute composée d’un couple et d’un jeune a été confirmée dans les monts du Cantal, mais l’animal tué ne ferait pas partie de ce groupe et serait probablement un jeune mâle en dispersion. En 2025, 103 animaux domestiques ont été classés « loup non exclu » après attaque dans le département. Laveissenet, située en cercle 2, n’a pas connu de prédations liées au loup en 2025. Une enquête confiée à l’OFB est en cours...

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Photovoltaïque, agrivoltaïsme et usages ruraux : quel rôle pour la chasse ?

De plus en plus de départements, et principalement ceux du Midi, connaissent une multiplication de projets photovoltaïques et agrivoltaïques, s’inscrivant dans les objectifs nationaux de transition énergétique. Ces projets, par leur emprise foncière et leur caractère durable, transforment en profondeur des espaces agricoles, naturels et ruraux. Ils soulèvent des interrogations qui dépassent le seul cadre énergétique et concernent l’ensemble des usages existants, dont la chasse, la gestion de la faune sauvage et les équilibres agro-sylvo-cynégétiques. Dans ce contexte, la FDC de Haute-Garonne a publié une doctrine visant à clarifier sa position : ne pas s’opposer aux projets, mais combler un angle mort des études d’impact actuelles, et proposer un cadre de dialogue avec les porteurs de projets, les collectivités et les propriétaires fonciers. Cette prise de position interroge plus largement la place de la chasse face aux projets industriels en milieu rural. En Haute-Garonne, comme dans les autres départements, les projets photovoltaïques et agrivoltaïques peuvent générer des impacts multiples : artificialisation durable de surfaces importantes, modification des habitats de la faune, création de zones non chassables, report de populations animales vers les parcelles voisines ou les infrastructures routières, et contraintes nouvelles en matière de sécurité publique. Dans le même temps, ces projets répondent à des objectifs d’intérêt général liés à la production d’énergie renouvelable et à la lutte contre le changement climatique. La question centrale devient alors celle de la conciliation entre ces objectifs et les usages ruraux existants...

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David Fenard, nouveau directeur du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de l’Anses

Depuis le 2 février 2026, David Fenard a pris la direction du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de l’Anses, situé à Nancy. Virologue de formation, il succède à Élodie Monchâtre-Leroy, qui a dirigé le laboratoire de 2011 à fin 2025. Il est désormais responsable d’un laboratoire clé dédié à l’étude des agents pathogènes circulant dans la faune sauvage, en particulier ceux susceptibles d’être transmis aux animaux domestiques et à l’être humain. Tout au long de sa carrière, David Fenard s’est distingué par le développement de méthodologies innovantes en biotechnologie à visée thérapeutique. Il a mené des travaux de recherche pour des organismes publics et privés et a publié plus de trente articles scientifiques dans des revues internationales de référence. Ses domaines d’expertise couvrent notamment la virologie, l’immunologie, la biologie moléculaire, la thérapie cellulaire et l’édition génomique. Créé à l’origine pour lutter contre la rage chez les renards en France, le Laboratoire de la rage et de la faune sauvage regroupe aujourd’hui une quarantaine de personnes. Ses activités portent sur la surveillance des agents pathogènes, l’analyse de leurs mécanismes de transmission et le développement de stratégies de prévention et de lutte. Les équipes étudient notamment les lyssavirus (dont le virus de la rage), les parasites du genre Echinococcus, les virus de l’encéphalite à tiques et de la maladie de Lyme, ainsi que les coronavirus. L’expertise du laboratoire est reconnue au niveau national, européen et international. Dans une approche s’inscrivant pleinement dans la stratégie « One Health – Une seule santé », David Fenard souhaite poursuivre et renforcer les missions de référence du laboratoire autour de la rage et d’Echinococcus. Il entend également structurer et développer les travaux de recherche et d’épidémio-surveillance sur d’autres risques sanitaires majeurs, tels que la tuberculose bovine, les coronavirus et les agents infectieux transmis par les tiques. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en pharmacologie et d’un doctorat en virologie obtenus à l’Université de Nice, David Fenard a mené des recherches sur le VIH à l’Institut Gladstone à San Francisco, puis à l’Université de Montpellier. Il a ensuite évolué dans le secteur des biotechnologies et de la thérapie génique, où il a dirigé des équipes de recherche spécialisées dans le développement de vecteurs viraux et l’édition génomique. Il a obtenu son habilitation à diriger des recherches en 2012 à l’Université d’Évry.