La marée noire qui a frappé les côtes de la mer d’Azov suite au naufrage des pétroliers Volgoneft 239 et Volgoneft 212, le 15 décembre dernier, a engendré une catastrophe environnementale d'une ampleur considérable. Des milliers de tonnes de mazout se sont déversées, souillant les plages et mettant en péril l'écosystème marin de la région. Cette pollution massive a eu un impact dévastateur sur la faune locale, notamment les oiseaux migrateurs et les mammifères marins, avec des centaines d’oiseaux et plusieurs dauphins retrouvés morts. Si la mobilisation des bénévoles ne faiblit pas, les moyens mécaniques manquent. « Nous avons dû tout mettre en place nous-mêmes. Heureusement, des ornithologues sont venus nous enseigner les protocoles de soin. Nous avons travaillé jour et nuit sans relâche » raconte une volontaire. Malgré les efforts déployés, les spécialistes estiment que 80 % des oiseaux touchés n’ont pu être sauvés. Cependant, un traitement original, découvert il y a quelques années par les Israéliens a permis de sauver quelques animaux terrestres : la mayonnaise. Sur les 160 kilomètres de côtes souillées, les sauveteurs ont testé ce remède surprenant, mais efficace grâce à ses propriétés hydrophiles et hydrophobes. Les molécules de lécithine contenues dans le jaune d'œuf permettent en effet de décomposer le goudron et d'en faciliter l’expulsion du système digestif. En appliquant stratégiquement cette méthode, les sauveteurs ont pu dégager les voies respiratoires d’animaux touchés, nettoyer leurs yeux et leur gorge, tout en leur permettant d'expulser les hydrocarbures ingérés. Si les autorités affirment qu'un quart des 9 000 tonnes de mazout transportées par les deux pétroliers s'est déversé en mer, des images satellite récentes montrent l'apparition de nouvelles taches de pollution. « On nous dit qu'il n'y a pas de fuite, mais les images prouvent le contraire » dénonce Evgueni Simonov, un activiste écologique russe en exil.