Le milieu est-il toujours favorable ?

Dans une autre étude intitulée : « Utilisation des habitats par le sanglier dans le sud de la Montagne Noire », les chercheurs ont conforté les travaux de leurs collègues wallons, dans le sens où les observations faites, montrent que les animaux se dispersent moins dans les zones où ils trouvent leur nourriture. Cela pourrait être une lapalissade, mais entraîne cependant des situations bien différentes. En Wallonie, la dislocation des compagnies est moindre en plaine, alors que la situation est inversée chez nous, dans les départements du sud, où les sangliers se concentrent davantage dans les forêts de châtaigniers. Mais, le biotope n’est pas le seul paramètre qui intervient dans la dispersion des jeunes. Dans l’étude wallonne qui démontre également que la diversité génétique peut intervenir dans le phénomène d’éclatement des hardes, un génotypage a été pratiqué sur un peu plus de mille sangliers pour vérifier cette affirmation. Les résultats sont clairs : quatre « sous populations » sont génétiquement homogènes, bien que leurs territoires soient fractionnés. C’est donc la preuve que les limites géographiques ne s’arrêtent pas à ces barrières supposées infranchissables, ce qui est le cas par exemple des emprises autoroutières et ferroviaires. Si la faible dispersion des jeunes femelles présente un avantage, elle a aussi un inconvénient de taille : elle facilite la synchronisation des chaleurs déclenchées par la matrone. Ce phénomène, qui n’est pas propre qu’au sanglier, garantit donc des périodes de naissances assez bien groupées dans le temps, avec un risque accru de casse en cas de rigueurs climatiques extrêmes à cette période des naissances. Ajoutons à cela la présence de grands prédateurs, qui est de plus en plus prégnante, et il faut garder à l’esprit que le loup s’étend sur le territoire national. S’il ne prélève pas encore beaucoup dans les compagnies (bien qu’aucune étude ne le révèle), l’effet « d’effroi » est bien là, et peut décantonner, pour de longues périodes, les animaux proies. Enfin, cette faible dispersion des jeunes femelles est un inconvénient majeur lorsque les tableaux de chasse sont élevés, car plusieurs maillons de la chaîne de filiation sont souvent rompus, et il n’est pas facile de reconstituer des populations dont le nombre de reproducteurs est devenu trop faible. Ceci explique, en partie, le fait que sur certains départements et pour la saison qui vient de se terminer, des tableaux sont en baisse. La dynamique du sanglier est certes très forte, mais elle a aussi ses limites…