Si l’on en croit « Acteurs Publics », les fonctionnaires du ministère de la Transition écologique vivraient actuellement une période de profond découragement. Il est vrai que, autrefois considéré comme un pilier de l'administration, le ministère a subi un revers en étant relégué au 12ème rang, dans l'ordre protocolaire. C'est un contraste frappant avec sa position de prestige en 2017, lorsqu'il occupait la deuxième place, tenue également en son temps par Jean-Louis Borloo, entre 2007 et 2010. Probablement en cause, plusieurs agences placées sous la tutelle du ministère ont été la cible de vives critiques. L'OFB, accusé d'approches trop agressives envers les agriculteurs, l’Ademe (Agence de la transition écologique) qui exaspèrent, poussant même certains élus à réclamer sa suppression, l'Agence bio pour le développement de l'agriculture biologique et ses initiatives qui cumulent les critiques au point de déclencher des initiatives au Sénat pour la supprimer. Ajoutons à cela le budget 2025, qui prévoit une réduction de plus de 200 postes, et une révision des missions du ministère. L'ambiance à l'hôtel de Roquelaure est donc à la morosité et peut-être même, pour ce qui concerne la chasse à la radicalisation. Selon certains, tout a commencé lorsque Michel Barnier a retiré le secrétariat général à la planification écologique (SGPE) de l'influence de Matignon, et François Bayrou qui n’a pas mentionné « la crise climatique » dans son discours de politique générale, signalant un changement de priorités gouvernementales. Pour certains hauts fonctionnaires, la priorité semble être de simplifier, ce qui est souvent perçu comme une attaque indirecte contre les normes environnementales. A vouloir griller les étapes, les verts ont inventé l’écologie punitive, ancrée aujourd’hui dans les esprits comme une machine à reculer au Moyen-Âge, un programme rejeté par la majorité de nos concitoyens...