Une étude de scientifiques de l’Université d'État de New York à Binghamton, publiée dans la revue Science, révèle qu'entre 2000 et 2020, les populations de papillons ont diminué d’un tiers. Ce déclin touche particulièrement 107 espèces, dont 22 ont vu leur population chuter de plus de 90%. Mais ces conclusions ne se limitent pas à un simple constat localisé. Elles reflètent une tendance mondiale préoccupante, où les insectes essentiels à nos écosystèmes, voient leurs populations décliner. En Europe, par exemple, les insectes pollinisateurs ont diminué de 70 à 80% dans les paysages agro-industriels au cours des dernières décennies, selon le Muséum National d’Histoire Naturelle. Les causes de ce déclin sont diverses et souvent interconnectées. L'urbanisation entraîne la perte d'habitats naturels des papillons, tandis que l'utilisation massive de pesticides et d'insecticides contribue également à cette hécatombe. Les changements climatiques jouent également un rôle crucial, la sécheresse et les températures élevées réduisant les zones favorables pour ces insectes, les poussant vers des climats plus frais. Pourtant, malgré ces défis, des solutions existent. Les chercheurs soulignent que la protection et la restauration des habitats peuvent favoriser la reprise des populations de papillons. Des initiatives telles que le Parc Urbain des Papillons, à Marseille, montrent que des aménagements urbains adaptés peuvent accroître la biodiversité locale. En outre, la conservation de petites zones naturelles telles que les haies peut offrir des sanctuaires cruciaux pour ces insectes. Les chercheurs insistent sur l'importance d'une sensibilisation continue et d'une collaboration étroite entre les scientifiques, les décideurs politiques et le grand public pour assurer un avenir où les papillons, et par extension l'ensemble des insectes pollinisateurs, peuvent prospérer.