J’aime la nature propre
« Il y a heureusement plein de choses qui vont bien, et sur cela, nous communiquons toute l’année. Je pense par exemple au franc succès de l’opération « J’aime la nature propre » qui a eu lieu le week-end dernier. Mais, le jour du congrès national, je veux surtout vous parler de mon action, de notre action, pour la défense de la chasse et de notre mode de vie rurale... ».
Les dégâts de gibier
Le discours commence par saluer l'accompagnement de l'État et remercier les ministres de l'Écologie pour leur soutien financier, face aux crises subies par les fédérations de chasseurs. Il met en avant l'efficacité de la boîte à outils fournie pour gérer les populations de grands animaux, illustrée par le prélèvement significatif de 863 000 sangliers lors de la saison 2023/2024. Mais, malgré ces avancées, le discours souligne une baisse continue du nombre de chasseurs depuis la pandémie de Covid-19, exacerbant la pression financière sur ceux qui restent. Cette situation met en lumière une crise du pouvoir d'achat parmi les chasseurs, impactant leur capacité à pratiquer la chasse au grand gibier, notamment le sanglier. Le président de la FNC réaffirme sa demande constante : les chasseurs ne devraient pas supporter seuls les coûts des dégâts aux cultures agricoles. Il appelle à une pérennisation des indemnisations, cruciale pour la souveraineté alimentaire nationale, en rappelant les montants élevés atteints ces dernières années. Il mentionne également les propositions de réforme législative émanant de parlementaires, telles que celles du sénateur Laurent Burgoa et de la députée Stéphanie Galzy, soulignant l'urgence d'une solution politique et législative. Le discours insiste sur la nécessité de sécuriser les engagements financiers de l'État suite aux accords de 2023, malgré un déficit actuel de 10 millions d'€ sur deux ans. Enfin, il aborde les défis politiques récents et l'incertitude ministérielle, soulignant la nécessité de sensibiliser les nouveaux ministres aux enjeux de la chasse et de maintenir un dialogue constant avec le législateur pour défendre les intérêts de la chasse française.
La maladie d’Aujesky
« A travers le sujet du grand gibier, il y a une problématique montante liée au contact des chiens et des sangliers... c’est la maladie d’Aujesky ! Là encore, nous avons décidé d’être proactifs sur cette maladie qui touche de plus en plus de chiens courants, et qui est une des préoccupations majeures pour la FACCC et son président Alain Benazet, présent parmi nous. Il faut dire qu’avec un vaccin fait pour des cochons, et qu’on inocule à des chiens, le résultat ne peut pas être concluant. Le laboratoire qui est à l’initiative de ce vaccin a été contacté, et vient de répondre favorablement à notre proposition de recherche sur un nouveau vaccin adapté aux chiens. Bien sûr il faudra du temps et des fonds de la part de la chasse française, mais aussi européenne. Mais, c’est aujourd’hui un enjeu majeur, car sans les chiens, il n’y aura plus de chasse suffisamment efficace pour contenir les populations de suidés. J’ai à nouveau reçu le soutien de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui s’est engagée à faciliter au maximum les étapes administratives d’un tel projet. Merci, Madame la Ministre ».
Le petit gibier
« Si, par endroit, le grand gibier semble trop bien se porter, ce n’est malheureusement plus le cas du petit gibier, victime depuis trois décennies des erreurs des politiques agricoles européennes successives. Il est devenu, dans certains territoires l’Arlésienne... Les FDC déploient aujourd’hui des moyens considérables pour maintenir cette biodiversité et je ne peux que les encourager et leur garantir le soutien de la FNC. J’ai l’impression que c’est la bataille du pot de fer contre le pot de terre. Le pot de fer, c’est « l’élite », mais quand je vois le contenu de ce rapport sur les « Esod » imaginé par deux technos de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable, je me dis que l’élite n’est plus ce qu’elle était... Je vous fais le pitch en plus simple : plus de piégeage ou de déterrage, seulement des actions ponctuelles en cas de dégâts économiques... Et des animaux qu’il ne faudrait plus tuer, mais déplacer après leur capture, pour qu’ils soient ensuite relâchés, avec précaution, dans un endroit où ils ne feront plus de dégâts... Dans deux ans il ne restera plus rien, sauf des nuisibles qui finiront par se bouffer entre eux... ».
Les loups
« Effectivement, le loup est maintenant moins protégé au niveau international. En France, ce sont nos amis éleveurs qui en sont victimes, mettant en péril la pérennité de l’élevage et du pastoralisme. Nous constatons également l’impact du loup sur la biodiversité avec la disparition d’espèces comme les ongulés à certains endroits. J’ai aussi une pensée pour le chasseur qui comparait avec d’autres prévenus dans le cadre de cette histoire tragique qui a vu l’ours Caramelles abattue alors qu’elle le chargeait. Grièvement blessé par cette ourse, j’aimerai que sa parole soit entendue et comprise par la justice. Je tenais à lui témoigner de notre solidarité. L’écologie, c’est le « bordel » généralisé dans tous les domaines de la protection de la nature. Et la veste verte de Marine Tondelier, la patronne d’EELV n’y changera rien... ».
Le nouveau spot TV
« Ce nouveau spot TV (le 5ème) se veut piquant sans être méchant. Il rappelle cette réalité : les chasseurs, eux, se sont réellement engagés, depuis des décennies, sur les enjeux environnementaux. Ils n’ont pas attendu que ces sujets deviennent à la mode pour s’y intéresser… Chers écologistes, hors sol, laissez-nous gérer nos territoires au lieu de nous mettre une cible dans le dos, et surtout arrêtez d’avoir des idées... ».
L’ONF
« Si une discussion virile peut s’installer avec la forêt privée, je me rends compte de la difficulté à discuter au niveau local avec l’ONF. Et ce ne sont pas nos collègues du Grand-Est qui nous diront le contraire. Là comme ailleurs, une idéologie anti-chasse à la sauce Brossier/Pallu sévit à certains endroits, provoquant la colère du monde de la chasse. Et comment se fait-il que les accords nationaux ne soient pas applicables partout et de la même façon ? Et pourquoi faudrait-il faire disparaître la méthode scientifique des ICE, au profit d’une simple méthode de concertation, parfois utile, mais qui n’a strictement rien à voir avec une méthode scientifique surtout à l’échelle d’un massif... Ensemble, Madame la Directrice de l’ONF, nous allons faire le maximum pour que tout cela rentre dans l’ordre. Concernant encore l’ONF, plusieurs fois lors de notre dernier tour de France, il m’a été rapporté l’incompréhension des chasseurs des lots domaniaux de devoir à la fois renseigner les prélèvements à leur fédération, mais aussi à l’ONF. Il serait dommage de dédoubler les outils de collectes de données et d’obliger les chasseurs à une double saisie. Il nous faut travailler ensemble afin de répondre à vos besoins et aux nôtres ».
Chassadapt
« Nous disposons d’un outil extraordinaire de collecte des prélèvements et des données : ChassAdapt. Nous avons été les premiers à créer cet outil fiable et performant. Nous savons que c’est par la connaissance et par la science que la légitimité de la chasse sera consolidée... La prochaine saison, nous allons faire plusieurs essais volontaires sur la dématérialisation du plan de chasse et du plan de gestion. Des bagues virtuelles entreront donc en application à l’échelle d’un territoire, avec les mêmes garanties de contrôle que nous apporte la pose d’une bague plastique. Nous verrons à quelle vitesse les fédérations souhaiteront entrer dans ce système... ».
Dématérialisation du permis de chasser
« Dans ce contexte, l’Etat doit comprendre que le temps de la dématérialisation du permis de chasser n’est plus une option, mais une évidence. A l’échelle de son territoire, le chasseur de demain sera une personne connectée, réactive, et en contact permanent avec sa fédération et sa structure de chasse. Qui peut oser dire que la chasse n’est pas moderne ? La chasse n’a jamais cessé de se réformer et de s’inscrire dans une dynamique de progrès, qu’il soit environnemental ou sociétal ».
Valoriser la venaison
« Promouvoir la venaison française pour la rendre plus accessible aux consommateurs français, est mon objectif depuis toujours... Manger du gibier, c’est déjà faire un pas vers la chasse et les chasseurs... Sur le terrain, la situation dans ce domaine de la venaison semble enfin vouloir évoluer dans le bon sens, tout au moins dans les intentions, car quand je vois la difficulté que nous avons connue pour obtenir enfin le droit de commercialiser les carcasses découpées en 6 morceaux à titre d’expérimentation, je peux vous dire que là, comme ailleurs, le principe de précaution lié à la lourdeur administrative s’avère redoutablement efficace... pour ne rien faire ! Le principe de précaution à outrance ne protège rien du tout, ou plutôt ça protège les autres pays qui continuent d’inonder le marché français avec une venaison dont la traçabilité sanitaire reste plus que douteuse... ».
L’OFB dans la tourmente
« L’OFB est dans une mauvaise passe... Mon cher Olivier (Thibaut), de façon très officielle, je te témoigne de tout mon soutien. Mais vous me connaissez, j’en profite aussi pour vous rappeler Monsieur le Directeur que nous avons quelques dossiers qui commencent à sentir le moisi dans notre placard administratif commun. Rapidement : êtes-vous enfin d’accord pour ce permis à l’arc ? Pouvez-vous nous donner les coudées franches pour gérer tout l’examen du permis de chasser sous la tutelle de l’OFB bien sûr ? Et puis pour finir, j’aimerais bien qu’on avance sur l’idée que les fédérations aient un peu plus de police de la chasse et de proximité rurale... ».
L’interdiction du plomb
« Si rien n’est fait, dans 18 mois le plomb sera interdit dans nos balles de carabines, et dans 3 ans pour la grenaille. Si le plomb, est un polluant évident à fortes doses, des études ont été menées par plusieurs pays nordiques pour attester que l’utilisation de celui-ci pour la chasse était sûrement de loin le meilleur compromis entre pollution infinitésimale, sécurité pour tout le monde, et respect de l’animal tué rapidement et proprement. La seule motivation de Bruxelles vis-à-vis de nos pratiques est de détruire la chasse en écoeurant chaque jour un peu plus ses pratiquants pour des raisons idéologiques et financières... Il va falloir trouver une solution pragmatique, loin des délires de l’Europe, qui devra respecter à la fois les chasseurs et les fabricants qui tentent vraiment d’oeuvrer pour cette mutation industrielle... ».
Anatidés et limicoles
« Quand j’observe la haine qui habite la Commission européenne sur la chasse des anatidés et des limicoles... Les canards, les limicoles, les oies, c’est une longue et systématique attaque de la liste des espèces, où la seule réponse scientifique qui est avancée est de faire porter le chapeau aux chasseurs... J’espère vraiment que le Parlement continuera à détricoter cette infamie de normes et de contraintes pour la chasse, la pêche, l’agriculture et en général toutes activités en lien avec le vivant faunistique ou floristique ».
Les traditions cynégétiques et identités culturelles
« Parlons maintenant des chasses traditionnelles. Nous les pratiquons depuis des millénaires, bien avant la création de l’Europe et de sa « milice » verte qu’est la DG de l’environnement. Il ne nous reste plus que les palombières pour l’instant, et c’est encore trop pour ces semeurs de tristesse. Ça les rend malades que quelques oiseaux soient piégés avec des pratiques vieilles comme le monde, et comble de l’horreur, qu’on prenne du plaisir à le faire... La célèbre directive européenne « oiseaux », vous donne en réalité, selon l’interprétation qu’en font les juges, le moyen de détruire les méthodes que l’espèce humaine a dû imaginer pour survivre dans la nature hostile au démarrage de son histoire, et par la suite, tout ce qui nous a été transmis par nos pères et nos grands-pères... Vouloir ainsi, de manière obsessionnelle, gommer les identités culturelles et rurales des peuples composants l’Europe, me révolte... Il faut se rappeler que la passion pour la chasse et la nature qui coule dans nos veines, nous a portés au sommet de la pyramide des espèces ».
Ce « LIERRE » qui veut nous étouffer
« Pour ceux qui ne connaissent pas cette association « LIERRE », disons que des milliers de personnes, aux postes clé de l’Etat, de l’administration ou de la justice en France et en Europe, ont décidé de favoriser l’écologie punitive en faisant, je cite « des services publics, le fer de lance de la transformation écologique », en mettant volontairement de côté la neutralité de leurs fonctions... Et si vous n’y croyez pas, rappelez-vous les propos d’Alain Bougrain-Dubourg sur cette attaque contre les palombières. Il a annoncé qu’il était capable de faire reculer la Commission, si j’acceptais de renoncer à la chasse de quelques espèces migratrices. Cela veut dire que le patron de la LPO a plus de poids sur la Commission que nos élus et que nos ministres ! Même pas un journaliste politique, et bien peu de la presse cynégétique, pour y revenir et dénoncer une grave dérive idéologique... ».
Organisons la riposte !
« Devant l’acharnement contre nos passions rurales, le conseil d’administration de la FNC, totalement mobilisé, organise la riposte... Je vous donne donc, de façon solennelle, rendez-vous devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, que nous saisirons prochainement sur l’accusation de détruire de façon méthodique, l’entièreté de nos identités culturelles et traditionnelles françaises. Il est temps de passer à la vitesse supérieure, rendez-vous est pris... le samedi 17 mai prochain, à 11 heures précises, devant toutes les mairies de France. Nous allons donc, tous ensemble, porter toutes nos revendications sur la chasse aux maires. Dans chaque village, dans chaque ville, dans chaque arrondissement, nous allons montrer que nous sommes capables de faire passer, en même temps, dans les 35 000 communes de France, un manifeste qui sera notre cri du cœur... ».
La sécurité
« Un dernier mot sur un sujet qui impacte directement l’image de la chasse française et des chasseurs dans notre pays : la sécurité. Alors que la saison s’est achevée, les chiffres d’accidents mortels, tous chasseurs, ne sont pas en diminution cette année... Nous avons le devoir d’être irréprochables et d’une extrême fermeté vis-à-vis d’individus qui auraient un comportement inapproprié à la chasse... Le Conseil d’Etat vient de rejeter la demande de l’association One Voice, qui voulait imposer de nouvelles restrictions à la chasse pour des raisons de sécurité. La haute juridiction a estimé que la chasse est suffisamment encadrée, cela ne justifiant pas de mesures supplémentaires. Je le redis encore aujourd’hui, il n’y a qu’une seule règle que nous devons mettre au-dessus de toutes les autres : la sécurité, toujours la sécurité, rien que la sécurité… ».