Les marais de Steart, situés dans le sud-ouest de l'Angleterre, offrent un exemple de la manière dont les Britanniques réévaluent leur approche face aux menaces croissantes d'inondations côtières. Entre la rivière Parrett et le canal de Bristol, les marais ont subi une transformation significative au cours des dernières décennies. Historiquement, des digues artificielles étaient érigées pour protéger ces terres contre les inondations, permettant ainsi leur utilisation agricole. Cependant, avec le temps, ces défenses se sont affaiblies et le niveau de la mer a augmenté, exposant davantage les zones environnantes aux risques d'inondation. Face à cette réalité croissante, les habitants, les agences gouvernementales et les organisations de conservation ont adopté une approche novatrice : plutôt que de lutter contre les forces naturelles, ils ont choisi de les accepter. Cela s'est traduit par la décision délibérée de rompre les digues, permettant ainsi à la zone de retrouver sa forme originelle de marais salant, habitats essentiels situés à la rencontre de la terre et de la mer, écosystèmes précieux pour la biodiversité. Ils abritent une variété de vie marine, servent de nurseries pour de nombreux poissons et agissent comme des amortisseurs naturels contre les vagues de tempête, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique en stockant des quantités importantes de carbone. Le Royaume-Uni a perdu environ 85 % de ses marais salants depuis le XIXe siècle, principalement en raison du développement côtier. Les marais de Steart se distinguent donc comme un projet exemplaire de restauration écologique. Gérés par le Wildfowl and Wetlands Trust, ces marais sont non seulement un refuge pour la faune locale mais aussi un modèle potentiel pour d'autres projets mondiaux similaires.