Champagne de la Côte des Bar Vendemiaire An XII -I

Mort d'Élisa Pilarski : le tribunal de Soissons a rendu son délibéré...

Plus de six ans après le drame qui avait profondément marqué l'opinion publique, le tribunal judiciaire de Soissons a rendu son délibéré dans l'affaire de la mort d'Élisa Pilarski. Le 16 novembre 2019, cette jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois, avait été retrouvée sans vie en forêt de Retz, dans l'Aisne, alors qu'elle promenait Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul. Après des années d'enquête et trois jours d'audience particulièrement éprouvants en mars dernier, la justice a tranché. Présents au procès en qualité de parties civiles, Nathalie Pilarski, la mère de la victime, et Vincent Labastarde, son oncle, avaient multiplié les interrogations dans l'espoir de comprendre précisément les circonstances du décès. Certaines zones d'ombre demeurent néanmoins, notamment concernant le contenu exact de l'appel téléphonique passé par Élisa Pilarski à son compagnon peu avant sa mort. Christophe Ellul n'a jamais précisé les mots prononcés par la jeune femme au cours de cet échange. Au cœur des débats, il fut question de la responsabilité des chiens impliqués dans l'attaque. Malgré des moments de doute exprimés à l'audience, Christophe Ellul a maintenu sa version des faits, mettant en cause la meute d'un équipage de chasse à courre qui évoluait ce jour-là dans le massif forestier. Une hypothèse écartée par les investigations menées depuis 2019. Les expertises réalisées au cours de l'enquête ont conduit les magistrats à retenir la responsabilité de Curtis, le chien appartenant au prévenu. Mis en cause à plusieurs reprises par Christophe Ellul, le maître d'équipage concerné n'avait pas souhaité assister au procès, estimant que sa place n'était pas à la barre des accusés. La Société de vénerie s'était toutefois constituée partie civile. Représentant l'institution de la chasse à courre en France, elle était présente lors de l'audience consacrée au délibéré, défendue par Me Guillaume Demarcq. Le jugement met donc un terme à l'un des dossiers judiciaires les plus médiatisés de ces dernières années, même si l'émotion suscitée par ce drame demeure intacte auprès des proches de la victime comme dans le monde cynégétique. Christophe Ellul a été condamné ce jeudi par le tribunal de Soissons (Aisne) à quatre ans de prison avec sursis pour homicide involontaire après la mort de sa compagne, tuée en 2019 par son pitbull Curtis, dont la justice a décidé l'euthanasie.

Axe Méditerranée-Rhône-Saône : vers une gouvernance renforcée pour accélérer le développement

Chargé par le Gouvernement de réfléchir à l’avenir de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS), Augustin de Romanet a remis son rapport au Premier ministre Sébastien Lecornu et au ministre des Transports Philippe Tabarot. Cette mission visait à proposer une gouvernance capable de mieux coordonner les nombreux acteurs publics et économiques intervenant sur cet ensemble stratégique qui relie la façade méditerranéenne au cœur de l’Europe. L’axe MeRS représente un enjeu majeur pour l’économie française. Il concentre plus du tiers du produit intérieur brut national, rassemble plus de 16 millions d’habitants et s’appuie sur près de 500 kilomètres de littoral. Véritable colonne vertébrale du transport fluvial français, il constitue également un levier essentiel pour la décarbonation des transports et le développement du report modal vers le rail et la voie d’eau. Malgré ces atouts, son potentiel reste insuffisamment exploité en raison d’un manque de coordination entre les différents acteurs institutionnels, portuaires et logistiques. Pour remédier à cette situation, le rapport préconise la création d’un « directoire » chargé de piloter la stratégie globale de l’État sur l’axe. Cette instance réunirait les présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les préfets concernés, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) ainsi que le Grand Port Maritime de Marseille. Les régions Bourgogne-Franche-Comté et Occitanie, Voies navigables de France (VNF) et SNCF Réseau seraient également associées afin d’assurer une cohérence entre les enjeux fluviaux, ferroviaires et fonciers. Le rapport insiste également sur la nécessité d'intégrer pleinement les enjeux environnementaux dans les futurs aménagements de l'axe. Si le développement du transport fluvial et ferroviaire constitue un levier reconnu de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les projets d'infrastructures associés ne sont pas sans conséquences potentielles pour les écosystèmes traversés. L'axe Méditerranée-Rhône-Saône irrigue en effet des territoires particulièrement riches sur le plan écologique, depuis les zones humides camarguaises jusqu'aux vallées alluviales du Rhône et de la Saône. Toute extension de plateformes logistiques, création d'emprises foncières ou modification des couloirs de transport devra donc veiller à préserver la fonctionnalité des continuités écologiques. Les acteurs de la biodiversité soulignent notamment l'importance de maintenir les corridors faunistiques permettant les déplacements de nombreuses espèces, ainsi que les équilibres des territoires ruraux concernés. Ces enjeux concernent également les espaces agricoles et cynégétiques traversés par l'axe, où les aménagements peuvent accroître la fragmentation des habitats et perturber les déplacements de la grande faune. Enfin, Augustin de Romanet propose par ailleurs de transformer l’actuel Conseil de coordination interportuaire et logistique en un véritable comité des parties prenantes, destiné à associer davantage les acteurs économiques. La création d’un coordinateur interministériel, d’un groupement d’intérêt économique pour la gestion foncière et d’une marque commune regroupant les ports de l’axe figurent également parmi les recommandations. Pour le Gouvernement, ces propositions doivent permettre de renforcer la compétitivité logistique française, d’accélérer les projets structurants et de faire de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône un moteur de développement économique et de transition écologique à l’échelle nationale.

Déforestation : le Brésil lance un outil inédit pour tracer les matières premières à risque

À l’approche de l’entrée en vigueur du Règlement européen contre la déforestation (RDUE), le Brésil renforce ses outils de transparence environnementale. L’Institut Sociedade, População e Natureza (ISPN) a lancé une nouvelle plateforme numérique au sein de son Observatoire socio-environnemental afin de mieux identifier les impacts locaux liés à la production de matières premières destinées aux marchés internationaux. Cette initiative intervient alors que l’Union européenne s’apprête à appliquer pleinement le RDUE, qui interdira l’importation de produits issus de terres déboisées après le 31 décembre 2020. Initialement prévue fin 2024, l’application du règlement a été reportée et devrait concerner les grandes entreprises à partir de décembre 2025, puis les PME en 2026. Les filières concernées incluent notamment le soja, le cacao, le café, l’huile de palme, le caoutchouc, le bois et les produits bovins. La plateforme brésilienne rassemble des données remontant à 2002 et permet une analyse détaillée à l’échelle des municipalités et des États fédérés. Elle croise cinq grands indicateurs : la déforestation et les incendies, les conflits sociaux et fonciers, les régimes de propriété et territoires protégés, les risques climatiques liés à l’eau et à la sécurité alimentaire, ainsi que les données de production agricole et d’élevage. Au-delà du seul aspect environnemental, l’outil met l’accent sur les droits humains. Il recense notamment les conflits liés à l’accès à la terre et à l’eau, les cas signalés de travail forcé, les violences rurales ainsi que les atteintes aux droits des populations autochtones et des communautés quilombolas. L’objectif est de permettre aux entreprises, aux investisseurs et aux importateurs de mieux évaluer les risques associés à leurs chaînes d’approvisionnement. Sans désigner directement les entreprises impliquées, la plateforme identifie les territoires où existent des risques élevés de déforestation ou de violations des droits humains. Elle constitue ainsi un outil précieux de « due diligence » pour les opérateurs économiques qui devront démontrer la conformité de leurs approvisionnements avec les nouvelles exigences européennes. Pour les observateurs, cette initiative illustre l’évolution des marchés agricoles mondiaux, où les critères environnementaux et sociaux deviennent désormais aussi importants que les critères économiques dans l’accès aux marchés internationaux.

Game Fair 2026 : trois jours au cœur de passion nature en Sologne

Les passionnés de chasse, de nature, de chiens, de tir, de pêche et d’activités de plein air ont déjà rendez-vous avec l’un des événements les plus attendus de l’année. Du vendredi 12 au dimanche 14 juin 2026, le Parc Équestre Fédéral de Lamotte-Beuvron accueillera une nouvelle édition du Game Fair, considéré comme le plus grand salon de la chasse en France et l’un des plus importants rassemblements cynégétiques d’Europe. Chaque année, le succès de l’événement ne se dément pas. Plus de cent mille visiteurs sont attendus pour découvrir les nouveautés présentées par plus de 650 exposants et quelque 5 000 marques couvrant tous les univers liés à la chasse, au tir sportif, aux armes, à l’optique, aux véhicules tout-terrain, à la pêche, aux chiens, à l’outdoor et à l’art de vivre rural. Durant trois jours, la Sologne devient ainsi la capitale française de la nature et des loisirs de plein air. Le Game Fair est aujourd’hui bien plus qu’un salon commercial. C’est un lieu de rencontres, d’échanges et de découvertes où se côtoient chasseurs, pêcheurs, forestiers, éleveurs, artisans, professionnels et simples amoureux de la nature. Les visiteurs pourront parcourir les différents villages thématiques : Village Premium, Village Chiens, Village Chasse à l’Arc, Village Pêche, Village des Artisans Couteliers ou encore les espaces dédiés aux voyages de chasse et aux destinations nature. Les animations promettent une nouvelle fois d’être spectaculaires. Démonstrations de ball-trap, essais d’armes et d’optiques, présentations de véhicules 4x4, démonstrations canines, initiations aux différentes pratiques cynégétiques, expositions artistiques, ventes aux enchères et rencontres avec les plus grandes marques rythmeront le week-end. Les amateurs de chiens de chasse pourront assister à de nombreuses démonstrations de travail mettant en valeur les qualités de races venues de toute la France et de l’étranger. Le salon ouvrira ses portes le vendredi 12 juin de 10 h 30 à 20 h, le samedi 13 juin de 9 h à 20 h et le dimanche 14 juin de 9 h à 18 h. Pour tous ceux qui vivent leur passion de la nature au quotidien, le Game Fair 2026 s’annonce une nouvelle fois comme un rendez-vous incontournable à ne manquer sous aucun prétexte.

Directive Oiseaux : chasseurs, scientifiques et élus européens cherchent un nouvel équilibre

Réunis le 2 juin au Parlement européen à Bruxelles à l’initiative de la Fédération des associations de chasse et de conservation de l’Union européenne (FACE), députés européens, représentants de la Commission européenne, scientifiques et acteurs de la conservation ont débattu de l’avenir de la directive Oiseaux, l’un des principaux textes encadrant la protection de l’avifaune en Europe. Cette rencontre visait à identifier les moyens d’améliorer la mise en œuvre de la directive tout en conciliant conservation de la biodiversité, activités humaines et réalités de terrain. Les échanges se sont déroulés dans un contexte particulier, marqué par l’évaluation de la robustesse des directives européennes relatives à la nature et par les débats sur leur simplification éventuelle. Tous les intervenants ont souligné l’importance de s’appuyer sur des données scientifiques solides, un suivi rigoureux des populations et une coopération renforcée entre institutions, associations et acteurs locaux. L’eurodéputé français Eric Sargiacomo a notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les traditions rurales et les pratiques locales dans les politiques de conservation. Il a cité l’exemple de la chasse traditionnelle à la palombe dans le Sud-Ouest de la France, estimant que la protection de la biodiversité passe aussi par la reconnaissance du rôle des communautés rurales. Un message partagé par plusieurs représentants du monde cynégétique, qui ont rappelé l’implication croissante des chasseurs dans le suivi des espèces et la gestion des habitats. La Commission européenne, représentée par Andrea Vettori, a réaffirmé l’efficacité de la directive Oiseaux, qu’elle considère comme un cadre fondé sur la science, permettant à la fois la conservation des espèces et une chasse durable. Bruxelles souhaite toutefois recueillir les avis des parties prenantes afin d’identifier les éventuelles simplifications susceptibles d’améliorer son application sur le terrain. Du côté des organisations de protection de la nature, BirdLife Europe a rappelé les succès obtenus grâce à cette directive, citant le spectaculaire retour d’espèces naguère menacées comme l’aigle impérial ibérique, le faucon pèlerin ou la grande aigrette. L’association a appelé à concentrer les efforts sur la restauration des habitats et la mise en œuvre de la récente législation européenne sur la restauration de la nature. Les participants ont enfin souligné l’importance de la coopération internationale pour la préservation des oiseaux migrateurs. Tous se sont accordés sur un point : la réussite de la conservation passera par des actions concrètes sur les habitats, des investissements de long terme et un dialogue permanent entre scientifiques, gestionnaires, chasseurs et décideurs publics.

La ville transforme la faune sauvage : des animaux plus audacieux et plus agressifs

Une vaste méta-analyse internationale publiée dans le Journal of Animal Ecology révèle que l’urbanisation modifie profondément le comportement des animaux sauvages à travers le monde. En compilant les résultats de 80 études menées dans 28 pays et portant sur 133 espèces – oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens et insectes –, les chercheurs ont constaté que les populations vivant en milieu urbain présentent partout les mêmes caractéristiques : elles sont plus audacieuses, plus actives et plus agressives que leurs homologues des zones rurales. L’audace apparaît comme le changement le plus marqué. Habitués à la présence humaine, les animaux urbains s’approchent davantage des personnes, explorent plus volontiers leur environnement et réagissent moins fortement aux perturbations. Pour les scientifiques, cette évolution s’explique par un mécanisme de sélection naturelle. Le bruit, l’éclairage artificiel, la densité humaine et la fragmentation des habitats favorisent les individus les plus tolérants au stress. En quelques générations seulement, ces traits comportementaux peuvent devenir dominants au sein d’une population. Les chercheurs soulignent également que l’urbanisation ne modifie pas seulement les comportements individuels. Elle influence aussi l’organisation sociale des espèces. Les signaux d’alerte, les déplacements, les interactions entre individus et même certains comportements de reproduction peuvent être perturbés par les conditions propres aux villes. Ces adaptations ont été observées sur plusieurs continents, démontrant que les environnements urbains exercent des pressions similaires sur la faune, quelle que soit la région du globe. Cette évolution n’est toutefois pas sans conséquences. Des animaux moins craintifs entrent plus fréquemment en contact avec les humains, ce qui peut accroître les risques de transmission de maladies zoonotiques et multiplier les conflits avec la faune sauvage. Les auteurs de l’étude estiment donc nécessaire d’intégrer davantage la biodiversité dans l’aménagement urbain. Ils recommandent notamment de préserver et de connecter les espaces verts afin de maintenir les échanges génétiques entre populations et de limiter les effets de l’isolement. Selon eux, la faune urbaine évolue aujourd’hui à un rythme particulièrement rapide, dessinant déjà les contours des écosystèmes qui cohabiteront demain avec les sociétés humaines.

Viticulture : Bruxelles valide un nouveau plan d’arrachage des vignes en France

La Commission européenne a donné son accord à la France pour mettre en œuvre un nouveau dispositif d’arrachage définitif des vignes destiné à répondre à la crise structurelle que traverse une partie du vignoble français. Cette mesure, réclamée par les professionnels et portée par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, vise à adapter durablement le potentiel de production à une consommation en recul, particulièrement pour les vins rouges. Ce nouveau programme fait suite à une première campagne menée en 2024-2025, dotée de 120 millions d’euros. Sa mise en place a nécessité une modification de la réglementation européenne dans le cadre du « paquet vin », négociée durant plusieurs mois entre les États membres, le Parlement européen et la Commission. L’approbation officielle obtenue le 1er juin permet désormais à la France de lancer rapidement le dispositif. Après validation des modalités par le Conseil spécialisé « vin et cidre » de FranceAgriMer, une téléprocédure sera ouverte afin de confirmer les déclarations d’intention déjà déposées par les viticulteurs. L’aide envisagée s’élève à 4 000 euros par hectare arraché. Pour les pouvoirs publics, cette mesure doit contribuer à rééquilibrer durablement l’offre face à une demande en forte évolution, tout en apportant une réponse immédiate aux difficultés économiques rencontrées dans plusieurs bassins viticoles. Elle s’inscrit dans un plan plus large de sortie de crise destiné à accompagner les exploitations confrontées à la baisse des ventes, à la concurrence internationale et aux changements des habitudes de consommation. Le gouvernement présente ce dispositif comme un outil de restructuration indispensable pour certains territoires viticoles particulièrement fragilisés. Si l’arrachage définitif constitue une décision difficile pour de nombreux producteurs, il est considéré par une partie de la profession comme un levier nécessaire pour limiter les excédents, soutenir les cours et préparer l’avenir de la filière. Les prochains mois permettront de mesurer l’ampleur de l’adhésion des viticulteurs à ce nouveau programme et son impact sur l’équilibre économique du vignoble français.

L’ONF met en vente les récoltes de ses vergers à graines

L’Office national des forêts (ONF) a lancé, fin mai, une procédure de consultation préalable à une vente publique des fruits issus des vergers à graines de l’État. Cette opération, organisée sous forme d’appel d’offres informatisé, concerne des récoltes destinées à la production de semences forestières utilisées pour le renouvellement et l’adaptation des forêts françaises. Les candidats intéressés doivent déposer leurs offres exclusivement sur la plateforme spécialisée de l’ONF avant le 15 juin à midi. La procédure porte sur des ventes « sur pied et à la mesure », c’est-à-dire que les acheteurs sélectionnés assureront eux-mêmes la récolte des fruits dans les vergers concernés, selon les modalités définies par l’établissement public. Afin de garantir une parfaite connaissance des sites, une visite préalable des vergers est obligatoire. Elle devra être réalisée en présence des gestionnaires de terrain, qui délivreront une attestation indispensable au dépôt d’une offre. Les candidats, qu’ils soient français ou étrangers, devront également fournir plusieurs documents administratifs attestant de leur identité, de leur capacité professionnelle et de leur couverture en responsabilité civile. Les dossiers de consultation précisent notamment la localisation des différents vergers, les volumes moyens produits au cours des dix dernières années ainsi que les règles de partage des récoltes entre l’ONF et les entreprises retenues. Ces vergers à graines constituent un maillon essentiel de la politique forestière nationale. Ils permettent la production de semences sélectionnées pour leurs qualités génétiques, leur résistance aux maladies et leur capacité d’adaptation aux évolutions climatiques. Dans un contexte marqué par le dépérissement de certaines essences et la nécessité de préparer les forêts aux conditions futures, ces ressources génétiques représentent un enjeu stratégique majeur. Les offres seront formulées sur la base d’un prix unitaire par produit et par lot. L’ONF prévoit de communiquer les résultats de la consultation au début du mois de juillet. Cette opération illustre l’importance croissante accordée à la production de matériel forestier de qualité, indispensable aux vastes programmes de reboisement et de renouvellement des peuplements engagés partout en France.

Loi d’urgence agricole : l’eau au cœur des débats parlementaires

Adopté par l’Assemblée nationale par 369 voix contre 178, le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles marque une nouvelle étape dans la politique agricole française. Au-delà des mesures économiques et administratives, le texte comporte plusieurs dispositions importantes concernant la gestion de l’eau. Les débats ont notamment porté sur la gouvernance de la ressource, les possibilités de stockage, la protection des captages d’eau potable et le statut des zones humides. Le gouvernement défend un texte destiné à sécuriser durablement la production agricole tout en préservant les équilibres environnementaux. Parmi les mesures phares figure la simplification de certaines procédures administratives liées aux projets de stockage de l’eau destinés à l’irrigation. Les défenseurs du texte considèrent que ces ouvrages constituent un levier essentiel pour garantir la souveraineté alimentaire nationale et sécuriser les productions agricoles face à la multiplication des aléas climatiques. Le texte clarifie également plusieurs dispositions relatives aux zones humides, dont le rôle dans la régulation des cycles de l’eau et la préservation de la biodiversité est largement reconnu. La protection des captages d’eau potable figure aussi parmi les priorités du projet. Les députés ont cherché à concilier la nécessité de préserver la qualité de l’eau avec le maintien d’une activité agricole économiquement viable dans les territoires concernés. Cette adoption illustre les tensions persistantes entre impératifs de production, préservation de l’environnement et adaptation climatique. Le texte doit désormais poursuivre son parcours législatif, mais il confirme déjà que la question de l’eau est devenue l’un des principaux enjeux stratégiques de l’agriculture française pour les décennies à venir.

La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : la préfecture lance un appel à candidatures pour le recrutement de quatre nouveaux lieutenants de louveterie. Les dossiers devront être déposés avant le 20 juin prochain. Le département compte actuellement 27 lieutenants de louveterie, bénévoles assermentés placés sous l’autorité du préfet. Leur mission consiste notamment à participer à la régulation de certaines espèces et à intervenir dans le cadre de la prévention des dommages causés par le loup aux troupeaux domestiques. Pour postuler, plusieurs conditions doivent être remplies. Les candidats doivent être de nationalité française, âgés de moins de 75 ans et résider dans le pays cynégétique concerné ou dans un canton limitrophe. Ils doivent également être titulaires du permis de chasser depuis au moins cinq ans et justifier d’une bonne connaissance de la faune sauvage ainsi que de la réglementation en vigueur. Cette fonction exige disponibilité, expérience du terrain et sens du service public au bénéfice de la gestion de la faune et de l’équilibre entre activités humaines et biodiversité. Les candidatures doivent transmises avant le 20 juin à :  ddt@alpes-de-haute-provence.gouv.fr

 

- Aude : l’enquête sur le gigantesque incendie qui a ravagé près de 17 000 hectares dans les Corbières, en août 2025, connaît un rebondissement majeur. Trois agents de l’Office national des forêts (ONF) ont été placés en garde à vue et entendus par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier, dans le cadre des investigations visant à déterminer l’origine du sinistre. Ce feu historique avait coûté la vie à une personne, détruit 36 habitations et profondément marqué les populations locales. À l’issue des auditions, l’un des agents a été présenté à la justice puis mis en examen le 4 juin pour « destruction involontaire par incendie aggravée ». Selon le parquet de Montpellier, il est soupçonné d’avoir provoqué involontairement le départ du feu en jetant un mégot de cigarette depuis la fenêtre d’un véhicule de patrouille. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

 

- Aveyron : dans la vallée de la Dourbie, entre l’Aveyron et le Gard, Enedis mène actuellement un important chantier d’enfouissement de ligne électrique afin de sécuriser l’un des secteurs fréquentés par le gypaète barbu, l’un des rapaces les plus rares d’Europe. L’objectif est de limiter les risques de collision et d’électrocution auxquels sont particulièrement exposés les jeunes oiseaux lors de leurs premiers déplacements. Les lignes aériennes constituent en effet une menace importante pour ces grands planeurs pouvant atteindre près de trois mètres d’envergure. Réintroduit depuis plusieurs années dans les massifs des Grands Causses, le gypaète barbu reste une espèce fragile dont chaque individu compte pour assurer la pérennité de la population. La vallée de la Dourbie représente un corridor naturel stratégique pour ces rapaces en phase de dispersion. Pour Enedis, ce chantier illustre également la montée en puissance des projets conciliant infrastructures énergétiques et préservation de la biodiversité.

 

- Bouches-du-Rhône : quinze organisations nationales de protection de la nature et gestionnaires d’espaces protégés appellent l’État à abandonner le projet de ligne électrique aérienne à très haute tension (400 kV) destinée à alimenter le développement industriel de la zone de Fos-Berre. Longue de 65 kilomètres, cette infrastructure traverserait la Camargue, la Crau et la Terre d’Argence, trois territoires reconnus pour leur richesse écologique exceptionnelle. Les signataires dénoncent une accumulation de projets d’aménagement (ligne THT, pipelines d’hydrogène, infrastructures routières et parcs éoliens offshore) dont les impacts cumulés pourraient fragiliser durablement les habitats naturels, les continuités écologiques et les activités traditionnelles locales. Ils soulignent également qu’une alternative enterrée, soutenue par de nombreux élus et acteurs du territoire, avait émergé lors du débat public organisé en 2025. Malgré cette opposition locale, l’État a engagé en mai 2026 la procédure de déclaration d’utilité publique de la ligne aérienne. Les associations demandent désormais que la vocation environnementale de la Camargue soit réaffirmée et que toute transition énergétique s’inscrive dans le respect des espaces naturels protégés et de la biodiversité...

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Quand les terres agricoles changent discrètement d’usage

Alors que la lutte contre l’artificialisation des terres commence à produire ses effets, la Fédération nationale des Safer (FN Safer) tire la sonnette d’alarme sur un phénomène moins visible mais en forte progression : la « consommation masquée » des terres agricoles. Il s’agit de parcelles acquises non pas pour une activité agricole, mais pour des usages détournés tels que les loisirs, le stockage de matériaux, l’installation de cabanons ou encore la spéculation foncière en vue d’une future urbanisation. Selon les données présentées par la fédération, ce phénomène a concerné 28 400 hectares en 2025, soit plus de trois fois la surface artificialisée la même année (8 500 hectares). Si l’artificialisation recule sous l’effet du ralentissement économique et des politiques liées au zéro artificialisation nette (ZAN), les Safer redoutent que cette baisse ne masque une pression foncière toujours importante. Après une progression marquée entre 2015 et 2021, la consommation masquée repartirait à la hausse depuis 2025. Les territoires les plus touchés sont ceux où le foncier est particulièrement convoité : pourtour méditerranéen, vallée du Rhône, façade atlantique, zones de montagne ou de bocage. Dans 80 % des cas, les parcelles concernées font moins d’un hectare. Ces changements d’usage réduisent progressivement les surfaces disponibles pour l’agriculture, compliquent l’installation des jeunes exploitants et favorisent une hausse des prix du foncier. Certains acquéreurs sont en effet prêts à payer plusieurs fois la valeur agricole réelle d’un terrain. La FN Safer rappelle l’exemple emblématique d’Arbonne, au Pays basque, où une propriété comprenant quinze hectares de prairies avait trouvé preneur pour 3,2 millions d’euros, soit quatre fois son estimation agricole. Cette affaire avait relancé le débat sur le renforcement du droit de préemption des Safer, notamment lorsqu’un bien agricole est vendu avec une habitation. Face à ces dérives, la fédération appelle les collectivités à agir davantage par la veille foncière, les outils d’urbanisme et le recours au droit de préemption. Elle se félicite également des dispositions prévues dans le projet de loi d’urgence agricole, qui renforcent les moyens d’intervention des Safer. Pour son président, Thierry Bussy, l’enjeu est majeur : alors que près de la moitié des exploitations agricoles devront être transmises dans les prochaines années, préserver l’accès au foncier constitue une condition essentielle au renouvellement des générations et à la souveraineté alimentaire française.

Journée mondiale des océans : un patrimoine naturel à protéger et à transmettre

Chaque année, le 8 juin, la Journée mondiale des océans rappelle le rôle fondamental que jouent les mers et les océans dans l'équilibre de la planète. Véritables poumons bleus de la Terre, ils produisent près de la moitié de l'oxygène que nous respirons, absorbent une part importante du dioxyde de carbone émis par les activités humaines et contribuent à réguler le climat mondial. Ils abritent également une biodiversité exceptionnelle dont dépend directement ou indirectement une grande partie de l'humanité. Mais les océans sont aujourd'hui confrontés à de nombreuses pressions : pollution plastique, artificialisation du littoral, surexploitation de certaines ressources halieutiques ou encore effets du réchauffement climatique. La préservation de ces milieux fragiles constitue désormais un enjeu majeur pour les générations futures. Cette protection ne concerne pas uniquement les activités maritimes professionnelles. Sur les côtes françaises, de nombreux usagers participent également à la connaissance et à la préservation des espaces littoraux. C'est notamment le cas des chasseurs pratiquant la chasse maritime, une activité ancestrale étroitement liée aux marais côtiers, aux estuaires et aux zones humides littorales. Des baies de Somme et du Mont-Saint-Michel jusqu'aux rivages atlantiques et méditerranéens, les chasseurs de gibier d'eau contribuent depuis des décennies à l'entretien et à la gestion de nombreux habitats favorables à l'avifaune migratrice. Hutteaux, tonnes, gabions et marais aménagés participent souvent au maintien d'espaces naturels riches en biodiversité, fréquentés par une multitude d'espèces d'oiseaux, bien au-delà du seul gibier, et les observations réalisées par les chasseurs alimentent régulièrement les suivis de migration et les programmes de surveillance de certaines populations d'oiseaux d'eau. À l'occasion de cette Journée mondiale des océans, le message demeure universel : protéger les mers, les estuaires et les zones humides littorales revient à préserver un patrimoine naturel irremplaçable. Une responsabilité collective qui associe scientifiques, gestionnaires, pêcheurs, plaisanciers, chasseurs et plus largement tous ceux qui vivent au contact de ces espaces où la terre rencontre la mer.