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En mémoire : Louis de Rohan-Chabot, une vie consacrée à la chasse et à la conservation

Le Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC) a annoncé avec une profonde tristesse le décès, le 10 août 2026, de Louis de Rohan-Chabot, ancien chef de la délégation française du CIC et personnalité particulièrement estimée dans les milieux de la chasse et de la conservation, en France comme à l’étranger. Né le 7 décembre 1940 à Paris, Louis de Rohan-Chabot aura consacré une grande partie de son existence à la protection de la faune sauvage, à la promotion d’une chasse responsable et à la défense des institutions qui œuvrent en faveur de sa conservation. Au début des années 2000, il prit la direction de la délégation française du CIC, dont il accompagna les actions avec conviction, disponibilité et cette autorité discrète qui le caractérisait. Son engagement ne s’est pas limité au CIC. Il présida également le Club de la Chasse et de la Nature à Paris, et apporta durant de nombreuses années son concours à la Fondation François Sommer, notamment en qualité de trésorier. Au sein du CIC, il participa également au jury littéraire à partir de 2008, avant d’être élu en 2011 au comité de pilotage, instance consultative auprès du président. Mais au-delà des fonctions et des responsabilités, c’est surtout l’homme, le chasseur et l’ami que beaucoup garderont en mémoire. Passionné de chasse, chaleureux, généreux et doté d’un esprit particulièrement vif, Louis, affectueusement surnommé « Loulou » par ses proches, était apprécié pour son élégance, sa bonne humeur et sa fidélité en toutes circonstances. Ceux qui eurent la chance de chasser à ses côtés se souviendront d’un compagnon attentif et enthousiaste. Au cours de ses dernières années, confronté à la maladie, il conserva cette discrétion et cette dignité qui avaient toujours marqué son caractère. Il ne renonça jamais pour autant à son attachement au CIC, à ses amis ni à son amour de la nature et de la chasse. Avec sa disparition, le monde international de la conservation et de la chasse perd une personnalité engagée et profondément attachante. Son parcours témoigne d’une conviction forte : la connaissance de la faune, sa conservation et l’utilisation durable de ses ressources peuvent et doivent aller de pair. Louis de Rohan-Chabot laisse derrière lui bien plus qu’un parcours et des responsabilités : le souvenir d’un homme dont l’élégance, l’amitié et l’engagement continueront de vivre dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Nous nous associons à la peine de sa famille et de ses proches et leur adressons nos plus sincères condoléances.

Future PAC de l'Union européenne 2028/2034 : quelle place pour la chasse ?

Alors que l'Union européenne prépare la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2028/2034, une question revient avec insistance dans le monde rural : quelle place sera accordée à la chasse dans cette nouvelle architecture ? Si la PAC demeure avant tout un outil de soutien aux agriculteurs, ses orientations influencent directement la gestion des espaces naturels, de la biodiversité et, par conséquent, les activités cynégétiques. Depuis plusieurs années, la PAC consacre une part croissante de ses financements aux objectifs environnementaux. Haies, jachères, bandes enherbées, zones humides ou encore agroforesterie constituent autant d'aménagements favorables à la petite faune de plaine, aux oiseaux et aux pollinisateurs. Pour les chasseurs, ces mesures représentent une opportunité de restaurer des habitats qui ont fortement régressé au cours des dernières décennies. Mais les inquiétudes demeurent. Les débats portent également sur les financements. Plusieurs fédérations souhaitent que les projets portés par les associations de chasse puissent bénéficier plus facilement des fonds européens lorsqu'ils contribuent à la restauration des habitats, à la préservation des zones humides ou à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, en partenariat avec les agriculteurs et les collectivités. L'avenir de la PAC se jouera aussi sur sa capacité à concilier production agricole, souveraineté alimentaire et gestion durable des espaces ruraux. Dans cette équation, la chasse ne peut être réduite à une simple activité de loisir. Elle constitue, dans de nombreux territoires, un acteur de terrain impliqué dans la conservation de la biodiversité, le suivi des espèces et la prévention des conflits entre faune sauvage et activités humaines. Les négociations européennes s'annoncent longues et complexes. Pour le monde de la chasse, l'enjeu sera de faire reconnaître sa contribution à la gestion de la nature afin que la future PAC ne soit pas seulement une politique agricole, mais aussi un véritable outil au service de l'équilibre des territoires.

Dans les Bouches-du-Rhône, une forêt laboratoire pour anticiper les effets du changement climatique

Au cœur de la forêt de Fontblanche, à Roquefort-la-Bédoule, une équipe de chercheurs de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) étudie depuis près de vingt ans la capacité des arbres méditerranéens à résister à la sécheresse. Ce site expérimental, situé à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Marseille, constitue un véritable laboratoire à ciel ouvert consacré aux conséquences du changement climatique. Le projet, baptisé Mirage et financé par l'Agence de la transition écologique (Ademe), repose sur un dispositif original destiné à reproduire les conditions climatiques attendues dans les prochaines décennies. Des gouttières installées à environ deux mètres du sol interceptent près de 30 % des précipitations avant qu'elles n'atteignent le sol. Les arbres évoluent ainsi dans des conditions de stress hydrique artificiellement accentuées, comparables à celles qui pourraient devenir la norme dans le bassin méditerranéen. Les scientifiques concentrent leurs observations sur deux essences emblématiques de ces milieux : le pin d'Alep et le chêne vert. Régulièrement, des campagnes de mesures sont réalisées afin d'évaluer leur état hydrique et leur capacité d'adaptation au déficit en eau. Les prélèvements doivent être effectués dans un laps de temps très court afin de garantir la fiabilité des résultats. Sur une surface de 0,6 hectare, plusieurs milliers de données sont enregistrées en continu grâce à un important réseau de capteurs. Le sol est équipé d'électrodes, de sondes d'humidité et de nombreux instruments permettant de suivre l'évolution des réserves en eau, de la croissance des arbres et de leur fonctionnement physiologique au fil des saisons. Ces recherches visent à mieux comprendre les mécanismes qui conduisent au dépérissement des peuplements forestiers lors des épisodes de sécheresse prolongée. Elles doivent également permettre d'améliorer les modèles de prévision de l'évolution des forêts méditerranéennes et d'identifier les essences ou les modes de gestion les plus aptes à faire face au réchauffement climatique. Les données recueillies contribuent enfin à mieux appréhender le lien entre déficit hydrique, affaiblissement des arbres et augmentation du risque d'incendie dans les massifs forestiers du sud de la France.

Fontainebleau : quand une intervention pour abréger les souffrances devient… une « reprise de la chasse »

Une biche et un daguet gravement brûlés après les incendies de juillet ont été abattus jeudi 6 août au niveau du Grand Parquet, en bordure de la forêt de Fontainebleau. Il n'en fallait pas davantage pour qu'une rumeur se répande : la chasse aurait-elle repris dans le massif ? La réponse de la préfecture de Seine-et-Marne est catégorique : non. Aucun chasseur n'était présent et aucune action cynégétique n'avait été programmée. L'intervention a été réalisée par un lieutenant de louveterie, à la demande de la Direction départementale des territoires et après consultation de l'Office français de la biodiversité. Son objectif était exclusivement sanitaire : mettre fin aux souffrances de deux animaux considérés comme agonisants. Pourtant, l'opération a suscité l'indignation de plusieurs associations de protection animale, certaines dénonçant une décision « incompréhensible » ou « choquante ». Une réaction qui interroge sur la manière dont certains défenseurs de la faune envisagent désormais la nature sauvage, car protéger un animal ne signifie pas nécessairement chercher à le maintenir en vie à tout prix. Un cerf gravement brûlé n'est pas un animal domestique que l'on peut transporter chez un vétérinaire, installer sur une table de soins, perfuser, panser et surveiller pendant plusieurs semaines. La faune sauvage ne dispose ni d'une infrastructure vétérinaire adaptée à chaque situation, ni des conditions permettant une longue convalescence. Un animal sauvage très gravement atteint peut être incapable de se nourrir, de se déplacer normalement ou d'échapper aux prédateurs. Ses blessures peuvent également provoquer des douleurs considérables et irréversibles. Dans ces circonstances, abréger les souffrances peut constituer non pas un abandon de l'animal, mais précisément un acte de protection. Le plus surprenant dans cette affaire reste finalement la confusion initiale. Une intervention sanitaire ciblée d'un auxiliaire de l'État a été interprétée comme une reprise de la chasse, avant que la préfecture ne soit obligée de démentir publiquement. Après les incendies, l'émotion est légitime. Mais elle ne devrait pas remplacer l'analyse. La faune sauvage mérite mieux que des réactions dictées par l'image d'un animal blessé : elle mérite que l'on décide aussi en fonction de sa biologie, de son état réel et de ses chances de survie. Et parfois, respecter la vie sauvage, c'est aussi savoir reconnaître qu'il n'y a malheureusement plus rien à sauver.

Vente de chiens en animalerie : des sanctions financières désormais applicables

Le Gouvernement renforce l'application de la loi sur le bien-être animal. Un décret publié le 1er août 2026 instaure des sanctions financières à l'encontre des animaleries qui ne respecteraient pas l'interdiction de vendre des chiens et des chats dans leurs établissements. Ces nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 2 août 2026. Pour mémoire, la loi du 30 novembre 2021 interdit, depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et de chats en animalerie. Elle proscrit également, depuis le 1er décembre 2021, la présentation d'animaux visibles depuis la voie publique, quelle que soit l'espèce concernée. Ces mesures visent à lutter contre les achats impulsifs d'animaux de compagnie, souvent réalisés sans réflexion suffisante sur les responsabilités qu'implique leur détention. Jusqu'à présent, ces interdictions ne s'accompagnaient toutefois d'aucune sanction spécifique. Le nouveau décret vient combler ce vide juridique. Désormais, toute animalerie qui commercialiserait un chien ou un chat s'expose à une contravention de cinquième classe, pouvant atteindre 1 500 euros par animal, montant porté à 3 000 euros en cas de récidive. La présentation d'animaux visibles depuis une voie ouverte à la circulation publique est, quant à elle, passible d'une contravention de quatrième classe, pouvant atteindre 750 euros par animal. Pour le ministère de l'Agriculture, ce dispositif s'inscrit dans une politique plus globale de protection des animaux de compagnie et de lutte contre les abandons. L'objectif est de favoriser une adoption réfléchie. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a salué l'entrée en vigueur de ces sanctions, rappelant que l'acquisition d'un animal ne doit jamais être un acte anodin mais un engagement durable envers son bien-être. Avec ce décret, les autorités disposent désormais d'un outil de contrôle et de sanction destiné à garantir le respect effectif de la réglementation.

La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : depuis plus de quinze ans, l'ONF et le Groupe pour la préservation de la faune sud-alpine (GPFSA) travaillent de concert afin de concilier exploitation durable des forêts publiques et préservation des rapaces. Une vingtaine d'agents de l'ONF se sont retrouvés à Digne-les-Bains pour une journée de formation consacrée aux rapaces forestiers. Animée par les spécialistes du GPFSA et les référents rapaces de l'ONF, cette session a permis d'approfondir les connaissances sur les principales espèces présentes dans les Alpes du Sud, leurs habitats, les périodes de reproduction, les indices de présence et les règles de protection applicables. Le partenariat repose sur un important travail de suivi des populations. Le GPFSA centralise les observations réalisées sur le territoire, tandis que les agents forestiers, présents quotidiennement en forêt, signalent les indices pouvant révéler la présence de nids. Ces données permettent d'anticiper les interventions forestières et d'adapter les chantiers lorsque des secteurs sensibles sont concernés. Les Alpes-de-Haute-Provence accueillent près de 250 couples nicheurs de circaètes Jean-le-Blanc, soit environ 10 % de la population française de cette espèce protégée. (Photo Céline Bernard, ONF).

 

- Ardennes : symbole emblématique des Ardennes, Woinic, le plus grand sanglier du monde, a célébré son 18e anniversaire ce samedi 8 août, sur l'aire d'autoroute de l'A34 où il est installé depuis le 8 août 2008. Pour l'occasion, l'association Capteur organisait une journée festive. Comme chaque année, le marché du terroir a réuni une quarantaine de producteurs et artisans locaux proposant bières artisanales, miel, charcuteries, cidres, pâtisseries, bijoux et de nombreux produits estampillés « Ardennes mon ADN ». L'événement mettait avant tout à l'honneur le savoir-faire ardennais. Les visiteurs ont aussi profité de nombreuses animations : château gonflable pour les enfants, concerts des groupes Sunday Jazz et Four to One, ainsi que la projection en continu du film Le Voyage de Woinic, qui retrace le spectaculaire transport de la sculpture monumentale jusqu'à son emplacement actuel. Imaginé par le sculpteur Éric Sléziak, Woinic mesure plus de 8 mètres de haut, près de 14 mètres de long et pèse environ 50 tonnes. Au fil des années, son anniversaire est devenu un rendez-vous incontournable de l'été ardennais, attirant aussi bien les habitants que les nombreux voyageurs de passage. Les organisateurs préparent déjà les festivités du 20? anniversaire, qu'ils annoncent encore plus spectaculaires.

 

- Bouches du Rhône : la découverte de plusieurs lapins de garenne morts au Domaine de la Tour, à La Ciotat, suscite l'inquiétude des promeneurs. Si certains évoquent les effets des fortes chaleurs qui frappent la région depuis la fin du printemps, aucune cause officielle n'a, à ce jour, été établie. Dans une colonie aussi dense, plusieurs facteurs peuvent expliquer une hausse de la mortalité. Les épisodes caniculaires répétés fragilisent incontestablement les animaux en provoquant un stress thermique et en raréfiant les ressources alimentaires et les points d'eau. Toutefois, les spécialistes rappellent que les principales causes de mortalité chez le lapin de garenne restent les maladies virales, notamment la myxomatose et l'EBHS, dont la circulation est étroitement liée à celle de leurs vecteurs biologiques. La myxomatose est principalement transmise par les moustiques, les puces et d'autres insectes piqueurs, tandis que ces mêmes vecteurs jouent également un rôle important dans la diffusion de l'EBHS. Les épisodes de contamination suivent donc généralement la dynamique saisonnière des populations de moustiques et de puces, favorisées par les conditions climatiques. En l'absence d'analyses sanitaires, il est donc impossible d'attribuer cette mortalité à la seule sécheresse. Seules des investigations permettront de déterminer s'il s'agit d'un épisode lié aux fortes chaleurs, d'une épizootie ou d'une combinaison de plusieurs facteurs...

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Moratoire sur la chasse après les incendies : Gérard Aubret dénonce une « connerie »

Les incendies qui ont ravagé plusieurs massifs forestiers cet été continuent de susciter de vives réactions. Profondément marqué par ces catastrophes, le Cantalien Bruno Valentin a lancé, le 14 juillet dernier, une pétition demandant l'instauration d'un moratoire de trois ans sur toute forme de chasse dans les forêts incendiées et leurs abords. À l'origine de cette initiative, il explique avoir été bouleversé par les destructions causées à la faune, à la flore et par le décès de plusieurs sapeurs-pompiers. « Je suis un particulier qui a été choqué par les incendies, choqué par les décès de pompiers. Tout cela m'a poussé à aller plus loin », explique-t-il. En parallèle de cette pétition, qui a recueilli un important soutien, il a également adressé un courrier au Premier ministre et au Président de la République afin qu'un texte rende obligatoire l'arrêt de la chasse dans les secteurs touchés par les flammes. Cette proposition ne convainc cependant pas les représentants du monde cynégétique. Gérard Aubret, président de la Fédération régionale des chasseurs d'Auvergne-Rhône-Alpes, rejette catégoriquement l'idée d'un moratoire imposé par les pouvoirs publics. « Cette pétition est une connerie », tranche-t-il sans détour. Pour lui, les chasseurs n'ont pas attendu une mobilisation citoyenne pour adapter leurs pratiques aux circonstances exceptionnelles. « On n'a besoin de personne pour décider de nos jours de chasse ou de nos interdictions. Nous sommes suffisamment responsables pour le faire nous-mêmes. Depuis toujours, nos plans de gestion nous permettent d'adapter notre activité. S'il y a un risque ou si les conditions ne s'y prêtent pas, nous ne chassons pas ». Il rappelle également que les chasseurs ont été mobilisés durant les incendies pour épauler les services de secours. « Pendant les feux, les chasseurs étaient présents pour aider les pompiers. À chaque épisode climatique majeur, certains réclament de nouvelles interdictions. Pourtant, les décisions sont déjà prises sur le terrain par ceux qui connaissent les territoires. Les chasseurs sont maîtres des destinées de leur chasse et savent faire preuve de responsabilité lorsqu'une situation exceptionnelle l'exige.... ».

Les écolos à la peine : la LPO face à ses contradictions

Invité de RMC vendredi dernier, Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), s'est vivement insurgé contre les critiques formulées à l'encontre des associations de protection de la nature après les incendies qui ont ravagé plusieurs massifs forestiers. Selon lui, il serait « indécent » de rendre ces organisations responsables des difficultés rencontrées sur le terrain pour débroussailler et prévenir la propagation des flammes. Une défense qui peut s'entendre, mais qui résiste mal à l'examen de ses propres arguments. Le président de la LPO affirme ainsi que son association a « toujours été favorable » à l'Obligation légale de débroussaillement (OLD). Pourtant, quelques mois plus tôt, la LPO se félicitait de la décision du Conseil d'État du 6 février 2026 imposant, dans certains cas, une dérogation lorsqu'un débroussaillement est susceptible d'affecter des espèces protégées. Voilà toute l'ambiguïté du discours. D'un côté, le débroussaillement est présenté comme indispensable ; de l'autre, l'association soutient des procédures administratives supplémentaires qui peuvent en ralentir ou en compliquer la mise en œuvre. Certes, ces deux positions ne sont pas juridiquement incompatibles, mais elles traduisent une hiérarchie des priorités qui interroge lorsque la prévention des incendies devient un enjeu de sécurité publique. Allain Bougrain-Dubourg assure également que les dérogations sont obtenues « immédiatement ». L'affirmation est difficile à vérifier et ne répond pas au problème de fond. Même rapide, une dérogation suppose un dossier, une instruction administrative, une prise de responsabilité et une incertitude juridique. Pour un maire, un propriétaire forestier ou une collectivité, cette simple perspective peut suffire à retarder, voire à renoncer à certains travaux. Le débat ne porte donc pas sur le principe du débroussaillement, que personne ne conteste réellement, mais sur les conditions dans lesquelles il peut être réalisé et sur l'empilement de règles qui finissent par décourager ceux qui souhaitent agir...

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La vraie nature n'est pas celle des réseaux sociaux

À chaque grand incendie de forêt, le même scénario se répète. Avant même que les flammes ne soient éteintes, certains militants écologistes prêtent aux animaux sauvages des raisonnements, des émotions et des comportements calqués sur ceux des humains. Les réseaux sociaux se remplissent alors de commentaires affirmant que les animaux « ont perdu leur maison », qu'ils sont « sans toit », « sans nourriture », qu'ils « ne savent plus où aller » ou encore qu'ils « attendent de pouvoir rentrer chez eux ». À force d'anthropomorphisme, le débat finit par sombrer dans le ridicule. La nature ne fonctionne pas selon les codes de notre société. Un chevreuil ne possède pas une maison comme un humain possède son logement. Un sanglier ne signe pas un bail et ne rêve pas de retrouver son salon après une catastrophe. Les animaux exploitent un territoire tant qu'il leur procure sécurité, nourriture et tranquillité. Lorsque ces conditions disparaissent, ils s'adaptent, explorent et rejoignent d'autres secteurs favorables. Cette capacité d'adaptation constitue précisément l'un des fondements de la survie des espèces sauvages. Cela ne signifie évidemment pas que les incendies sont sans conséquences. La petite faune, les reptiles, les amphibiens, les insectes ou les jeunes animaux incapables de fuir paient un lourd tribut. Les pertes peuvent être importantes et méritent toute l'attention des gestionnaires d'espaces naturels. En revanche, les grands mammifères disposent généralement de capacités de déplacement qui leur permettent d'échapper aux flammes dès les premiers signes du danger. Une question mérite d'ailleurs d'être posée : combien de cadavres de cerfs, de chevreuils ou de sangliers sont réellement retrouvés après les grands incendies ? Ils existent parfois, mais ils restent sans commune mesure avec les images catastrophistes laissant croire que toute la grande faune aurait péri dans les flammes. Vouloir absolument interpréter chaque réaction animale avec des sentiments humains conduit à une vision déformée du fonctionnement des écosystèmes. La faune sauvage évolue dans un environnement où les perturbations – incendies, tempêtes, crues ou sécheresses – font partie de l'histoire naturelle depuis toujours. Les espèces qui subsistent sont justement celles qui savent s'adapter. Finalement, les animaux nous donnent même une leçon de réalisme. Quand des sangliers ou des cervidés passent plusieurs mois dans des cultures agricoles, ils ne « pleurent » pas lorsque vient le temps de la récolte. Ils perdent un couvert qui leur était favorable, puis en recherchent rapidement un autre. La nature est faite de changements permanents. La véritable naïveté n'est donc pas du côté des animaux, mais bien de ceux qui persistent à leur prêter nos propres états d'âme.

Climat : une carte révèle où l'agriculture reculera d'ici la fin du siècle

Le changement climatique ne modifiera pas seulement les températures : il redessinera également la carte mondiale de l'agriculture. C'est la conclusion d'une étude menée par l'Institut d'analyse économique (IAE-CSIC) de Barcelone, dont les chercheurs ont développé un nouvel outil baptisé CADI (Climate-induced Agricultural Decline Index). Cette plateforme permet d'évaluer, avec une résolution de seulement 9,3 kilomètres au carré, l'évolution du potentiel agricole mondial jusqu'en 2100. Pour établir leurs projections, les scientifiques ont croisé les données historiques de rendement agricole de la FAO avec les relevés climatiques du programme européen Copernicus. Le modèle compare les rendements potentiels des terres agricoles en conservant les mêmes cultures qu'en 2020, afin d'isoler l'impact du seul changement climatique, sans tenir compte des futures adaptations des agriculteurs, comme l'introduction de nouvelles variétés ou l'évolution des pratiques culturales. Les premiers constats sont déjà préoccupants. Au cours des vingt dernières années, une parcelle agricole sur six dans le monde aurait perdu plus de 10 % de son potentiel de production par rapport à la période 1981-2000. Les régions tropicales sont les plus touchées, tandis que certaines zones situées à des latitudes plus élevées voient leur potentiel progresser. Toutefois, ces gains restent limités, car ils concernent souvent des territoires historiquement peu productifs. L'Europe suit cette même tendance. Les pays du Nord, comme la Scandinavie, certaines régions d'Écosse ou les Alpes, pourraient bénéficier de conditions plus favorables. À l'inverse, le sud du continent subirait une baisse de ses capacités agricoles. En Espagne, les contrastes sont particulièrement marqués : la Galice, la côte cantabrique et les Pyrénées conserveraient un potentiel relativement favorable, alors que le centre et une grande partie de l'intérieur de la péninsule enregistreraient les pertes les plus importantes. Les projections deviennent encore plus préoccupantes à l'horizon du milieu du siècle. Si le réchauffement mondial suit les scénarios actuels, près d'un habitant sur deux pourrait vivre, entre 2041 et 2060, dans une région où le potentiel agricole est fortement dégradé. Les chercheurs soulignent également une forte concentration des impacts : une minorité de pays supportera l'immense majorité des pertes, souvent parmi ceux qui ont historiquement le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Au-delà du constat, l'outil CADI se veut un véritable instrument d'aide à la décision. Il permettra d'identifier les territoires les plus vulnérables afin d'anticiper les adaptations nécessaires : introduction de cultures mieux adaptées, nouvelles technologies, évolution des systèmes de production ou réorganisation des zones agricoles. Pour les chercheurs, agir suffisamment tôt sera indispensable afin de limiter les pertes économiques, préserver les revenus des agriculteurs, garantir la sécurité alimentaire et éviter que les bouleversements climatiques ne provoquent de nouvelles tensions sur les territoires ruraux.

Quand enterrer son animal devient possible : l'essor des cimetières animaliers

Longtemps considérée comme une pratique marginale, l'inhumation des animaux de compagnie se développe progressivement en France. Face à l'attachement grandissant des propriétaires envers leurs chiens, ou autres compagnons, de plus en plus de collectivités s'interrogent sur la création de cimetières animaliers, offrant une alternative à la crémation ou à l'équarrissage. Le premier cimetière animalier au monde a vu le jour en 1899 à Asnières-sur-Seine, sous l'impulsion de la journaliste Marguerite Durand et de plusieurs défenseurs de la cause animale. L'objectif était double : répondre au besoin de recueillement des propriétaires tout en mettant fin aux enterrements anarchiques, voire aux dépôts de cadavres d'animaux dans la Seine. Depuis, quelques dizaines de cimetières, publics, privés ou associatifs, ont été créés en France, mais ils restent encore peu nombreux. Parmi les initiatives récentes figure celle de Roanne (Loire), où un cimetière animalier municipal a ouvert ses portes en 2022. Le projet est né d'une proposition du Conseil municipal des enfants, après une étude des équipements existants et une concertation avec les associations locales de protection animale. Implanté à proximité du cimetière communal sur un terrain déjà propriété de la ville, le site s'étend sur 2 000 m², avec une capacité de 200 concessions en pleine terre, extensible à 4 000 m² si nécessaire. L'équipement comprend également un colombarium et un « puits du souvenir » permettant de déposer gratuitement les cendres d'un animal après crémation. Une parcelle spécifique est réservée aux animaux retrouvés morts sur la voie publique. La municipalité estime que cet investissement de 130 000 euros répond à une véritable attente des habitants, tout en limitant les inhumations illégales dans la nature ou les jardins, interdites dans de nombreuses situations par la réglementation sanitaire. Les vétérinaires ont également un rôle croissant à jouer dans cet accompagnement du deuil animalier. Au moment du décès, ils doivent informer les propriétaires des différentes solutions possibles : crémation individuelle ou collective, inhumation dans un cimetière animalier lorsqu'il en existe un à proximité, ou encore recours aux services funéraires spécialisés. Cette information permet aux familles de faire un choix éclairé dans un moment souvent difficile.

Quand la France brûle, certains n'ont qu'une seule obsession : interdire la chasse

Pendant que des milliers d'hectares partaient en fumée, que des pompiers, des agriculteurs, des chasseurs, des élus locaux et des bénévoles luttaient jour et nuit contre les flammes, une étrange agitation régnait loin du front de feu. À peine les incendies étaient-ils maîtrisés que certains mouvements écologistes retrouvaient leur cheval de bataille : réclamer, une fois encore, l'interdiction de la chasse. Le contraste est saisissant. D'un côté, ceux qui ouvrent leurs pistes, mettent leurs citernes à disposition, connaissent chaque chemin forestier et prêtent main-forte aux services de secours. De l'autre, ceux qui, derrière leurs communiqués, leurs pétitions et leurs réseaux sociaux, semblent voir dans chaque catastrophe une occasion supplémentaire de poursuivre une croisade idéologique. Les premiers éteignent les feux ; les seconds soufflent sur les braises de la polémique. Où étaient donc ces grands donneurs de leçons lorsque les flammes ravageaient les massifs ? Beaucoup auront surtout retenu les appels de certaines associations à faire des dons. Une initiative qui peut avoir son utilité, certes, mais qui paraît bien dérisoire face à l'ampleur des moyens humains mobilisés pour sauver des vies, des habitations et des milliers d'hectares de forêt. Le plus étonnant reste cette propension à désigner systématiquement les mêmes coupables : les chasseurs, les forestiers, les agriculteurs. Pourtant, lorsqu'il faut débroussailler, entretenir les espaces naturels, limiter les risques ou participer concrètement à la vie des territoires ruraux, ce sont toujours ces acteurs qui répondent présents. À force de faire de la chasse l'ennemi absolu, certains mouvements écologistes donnent le sentiment d'avoir perdu de vue l'essentiel : protéger la nature suppose d'abord de bien la connaître, de dialoguer avec ceux qui y vivent et d'accepter que la gestion de la biodiversité ne se résume pas à des interdictions. Une question finit alors par s'imposer : que deviendraient ces associations si la chasse disparaissait ? Sans cette cible idéale, il leur faudrait convaincre autrement, par des actions visibles, des résultats mesurables et une présence sur le terrain. Ce serait sans doute un exercice plus exigeant que la dénonciation permanente. Certains découvriraient alors qu'ils ont perdu bien davantage qu'un adversaire : ils auraient perdu le moteur même de leur mobilisation. Une drôle de victoire, en somme. Après tout, un ennemi utile est parfois plus précieux qu'une victoire définitive. Voilà pourquoi ils continuent à tirer sur les chasseurs… mais sans jamais vraiment souhaiter leur disparition...