La séquence politique autour de la loi d'urgence agricole va coûter son poste à Monique Barbut. La ministre de la Transition écologique, reçue à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu, devrait présenter sa démission après l'adoption du texte autorisant, sous conditions strictes et à titre dérogatoire, le retour de l'acétamipride, un insecticide toujours homologué dans plusieurs pays de l'Union européenne mais interdit en France. Depuis plusieurs semaines, Monique Barbut avait fait de ce dossier une véritable « ligne rouge ». Ancienne présidente du WWF France et issue de la société civile, elle incarnait au sein du gouvernement la sensibilité écologiste la plus affirmée. Pour elle, accepter la réintroduction de cette molécule revenait à renoncer à un engagement environnemental majeur.
Au lendemain du vote, la ministre n'a d'ailleurs laissé planer que peu de doute sur ses intentions. « Dans ma tête, je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui, dans ma tête, je suis partie », aurait-elle confié à plusieurs proches. Le revirement du gouvernement l'aurait profondément surprise. Jusqu'au dernier moment, elle assurait avoir reçu des garanties d'Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu selon lesquelles la disposition introduite par le Sénat serait supprimée. La décision de ne finalement pas déposer d'amendement a précipité sa rupture avec l'exécutif. Cette démission dépasse largement la seule question de l'acétamipride. Elle illustre les contradictions auxquelles se heurte aujourd'hui la politique environnementale française. Face à une agriculture confrontée à une concurrence européenne jugée déloyale, le gouvernement a choisi de privilégier le pragmatisme économique. Une décision saluée par de nombreuses organisations agricoles, qui dénonçaient depuis plusieurs années des distorsions de concurrence pénalisant les productions françaises. Pour le monde rural, cette affaire résonne bien au-delà des seuls pesticides. Les chasseurs connaissent eux aussi ces arbitrages où les réalités du terrain se heurtent régulièrement à une vision idéologique de l'écologie. Gestion du grand gibier, régulation des espèces, entretien des milieux ou lutte contre certaines espèces invasives : autant de dossiers où les considérations scientifiques et économiques sont souvent reléguées derrière des positions de principe. L'épisode Barbut pourrait ainsi marquer un tournant, mais il révèle aussi les profondes fractures qui traversent le gouvernement entre une écologie de conviction et une écologie de gestion, confrontée aux exigences de souveraineté alimentaire, de compétitivité et d'aménagement des territoires.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Le premier bouleversement concerne la végétation. Avec la remontée progressive des températures, les conditions climatiques typiquement méditerranéennes gagneront plusieurs centaines de kilomètres vers le nord. Des espèces comme le chêne-liège, le chêne kermès, la garrigue ou encore la lavande pourraient s'implanter durablement bien au-delà de leur aire actuelle, jusque dans le centre-est de la France. Cette évolution modifiera profondément la sylviculture. Les forêts de demain ne produiront plus les mêmes essences ni les mêmes qualités de bois. Les débouchés industriels évolueront, obligeant les propriétaires forestiers à adapter leurs modes de gestion et leurs choix de plantations. Les paysages forestiers deviendront également plus sensibles aux sécheresses et aux incendies. La faune ne sera pas épargnée. Parmi les grands bénéficiaires de ces nouvelles conditions figure le sanglier. Espèce particulièrement adaptable, il profitera de milieux plus fermés, d'une alimentation plus abondante grâce à des glandées souvent plus régulières et d'hivers moins rigoureux favorisant la survie des jeunes. Cette dynamique pourrait accentuer encore les populations, avec des conséquences importantes pour l'agriculture, les collisions routières et la gestion cynégétique. À l'inverse, les espèces spécialisées risquent de voir leur espace vital se réduire. En montagne, le recul de l'enneigement favorise déjà la remontée en altitude des cerfs, chevreuils et sangliers, qui trouvent désormais nourriture et conditions favorables sur des secteurs autrefois réservés à la faune alpine. Cette colonisation crée une concurrence nouvelle avec les chamois, isards, mouflons et bouquetins, dont les habitats se restreignent progressivement. À cette compétition s'ajoute la pression exercée par les grands prédateurs, notamment le loup et le lynx, qui exploitent eux aussi ces nouveaux équilibres écologiques. Les espèces montagnardes devront donc faire face simultanément à la réduction de leur territoire, à une concurrence alimentaire accrue et à une prédation plus importante. Le changement climatique ne redistribue donc pas les cartes de manière uniforme. Certaines espèces, très opportunistes, comme le sanglier, devraient tirer profit de cette évolution, tandis que d'autres, plus spécialisées et moins mobiles, pourraient connaître un déclin progressif. Pour les forestiers, les agriculteurs, les gestionnaires d'espaces naturels et les chasseurs, cette transformation impose déjà d'anticiper les nouveaux équilibres. La gestion de la faune et des forêts devra évoluer rapidement afin d'accompagner une nature qui change désormais à un rythme inédit.
Mais, sur le terrain, les conséquences interrogent. Ce recours, porté par une association environnementale, illustre une dérive devenue trop fréquente : celle qui consiste à multiplier les contentieux contre des projets de gestion forestière, au nom d'une vision idéalisée de la nature où toute intervention humaine devient suspecte. À force de privilégier l'immobilisme au pragmatisme, certains finissent par combattre les outils mêmes qui permettraient d'adapter les forêts aux bouleversements climatiques. Les forestiers, qu'ils soient publics ou privés, savent pourtant que de nombreux peuplements arrivent en fin de cycle ou dépérissent rapidement. Dans bien des régions, il ne s'agit plus de transformer la forêt, mais simplement d'éviter sa disparition. Renouveler les peuplements, diversifier les essences, préparer les massifs aux climats de demain ne relève plus d'un choix idéologique mais d'une nécessité. Cette annulation intervient alors que la forêt de Fontainebleau vient de subir un incendie majeur, que les départements multiplient les restrictions face à la sécheresse et que la mortalité des arbres atteint des niveaux inédits. Dans ce contexte, bloquer un dispositif destiné à soutenir le renouvellement forestier apparaît pour beaucoup comme un très mauvais signal. Les Français apprécieront sans doute qu'au moment où les massifs souffrent comme jamais, l'énergie de certains soit consacrée à ralentir les projets de reboisement plutôt qu'à accélérer leur mise en œuvre. La forêt française n'a pas besoin de procédures interminables ni de postures militantes. Elle a besoin d'investissements, de gestion, de renouvellement et d'une vision à long terme. Défendre la forêt ne consiste pas seulement à s'opposer ; cela suppose aussi d'accepter qu'il faille parfois agir pour qu'elle puisse continuer à exister demain.
Le ministère de la Transition écologique tire la sonnette d'alarme. Les débits des cours d'eau diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire et près d'un tiers des stations de mesure enregistrent des niveaux inférieurs aux minima observés au cours des vingt dernières années. Plus inquiétant encore, un quart des petits cours d'eau sont désormais complètement à sec, une situation jamais observée depuis le début du suivi national en 2012. Les conséquences sont déjà bien visibles. Dans le Doubs, placé en alerte sécheresse renforcée, plusieurs kilomètres du lit de la rivière sont totalement asséchés, ne laissant subsister que quelques flaques d'eau stagnante. Certaines communes doivent être ravitaillées en eau potable par camions-citernes.
En Pays de la Loire, le fleuve Loire affiche un débit historiquement faible, mettant sous tension l'alimentation en eau potable puisque près de 78 % de l'eau distribuée dans la région en dépend. La Loire-Atlantique est d'ailleurs placée en alerte renforcée. Face à cette situation, le gouvernement annonce un renforcement du dispositif national de gestion de la sécheresse. Les comités départementaux « ressource en eau » sont mobilisés afin d'adapter rapidement les mesures de restriction. Irrigation agricole, remplissage des piscines, arrosage des jardins, lavage des véhicules ou encore certains usages industriels font l'objet de limitations variables selon la gravité de la situation. À ce jour, 201 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, la Nouvelle-Aquitaine étant la région la plus touchée avec onze départements sur douze classés en crise. Au-delà des conditions météorologiques, certains spécialistes rappellent que les politiques menées depuis plusieurs années sur les cours d'eau interrogent également. La suppression de nombreux seuils, barrages, chaussées et petites retenues, destinée à rétablir la continuité écologique, a parfois accéléré l'écoulement des eaux vers l'aval. Ces ouvrages retenaient pourtant une partie des volumes en période humide, contribuaient localement à la recharge des nappes et maintenaient des réserves utiles pendant les épisodes de sécheresse. Leur disparition alimente aujourd'hui un débat sur la nécessité de concilier restauration écologique et stockage de l'eau.
Les syndicats avaient alors dénoncé un choix incompréhensible, rappelant que l'arc alpin « n'est ni un sanctuaire à loups, ni une zone d'expérimentation ». La présence d'un collier GPS sur l'animal abattu renforce aujourd'hui cette hypothèse, même si aucune confirmation officielle n'a encore été apportée. Les Jeunes Agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes réclament désormais que l'État rende publiques les données de suivi de ce loup afin de lever toute ambiguïté sur son identité et son parcours.
Le constat est également positif pour le mouflon, présent dans plusieurs secteurs du département. Les suivis de terrain mettent en évidence des populations bien implantées, permettant d'envisager sereinement la prochaine saison cynégétique. Ces bons résultats sont le fruit d'une gestion concertée entre les services de l'État, les chasseurs et les acteurs locaux. Les plans de chasse, établis à partir de comptages et d'indicateurs biologiques, permettent d'adapter les prélèvements à l'état réel des populations tout en garantissant leur pérennité. Cette gestion raisonnée contribue à préserver l'équilibre entre la grande faune de montagne, les milieux naturels et les activités humaines, tout en assurant le maintien d'espèces emblématiques du patrimoine faunistique des Pyrénées audoises.
Naturellement présent sur le site, le lapin de garenne y prolifère depuis plusieurs années. Les derniers comptages ont permis d'observer 258 individus, ce qui laisse estimer une population totale comprise entre 400 et 500 animaux. Une densité exceptionnelle qui s'explique principalement par l'absence de prédateurs naturels et par des conditions de reproduction particulièrement favorables.
Pour favoriser l'hydratation, certains maîtres préparent des glaçons réalisés avec un bouillon de poulet pauvre en sel ou du yaourt nature, particulièrement appréciés lors des fortes chaleurs. Entre deux traques, privilégiez une alimentation humide, plus riche en eau que les croquettes sèches, sans toutefois modifier brutalement le régime alimentaire habituel du chien. Les coussinets sont également très exposés. Les chemins empierrés, les pistes forestières ou les surfaces en plein soleil peuvent atteindre des températures élevées. Lorsque cela est possible, il est préférable de découpler les chiens tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la chaleur est moins intense et que les conditions de quête sont souvent meilleures. Après chaque sortie, inspectez systématiquement les pattes. Une boiterie, un léchage excessif, des rougeurs ou des cloques doivent alerter. En cas de blessure, installez immédiatement le chien à l'ombre, rincez délicatement les coussinets à l'eau fraîche, désinfectez si nécessaire et consultez rapidement un vétérinaire si la plaie est importante. Le coup de chaleur représente l'urgence la plus grave. Un chien lancé derrière un animal ne s'arrête pas de lui-même et peut continuer jusqu'à l'épuisement. Une température corporelle trop élevée peut provoquer un malaise grave, voire être mortelle. Les premiers signes sont un halètement très rapide, une langue rouge foncé, une faiblesse inhabituelle, des troubles de l'équilibre ou des vomissements. Dans ce cas, il faut interrompre immédiatement l'effort, placer le chien dans un endroit ombragé et ventilé, le refroidir progressivement avec de l'eau fraîche – sans utiliser d'eau glacée – et contacter un vétérinaire sans attendre. Enfin, quelques habitudes font toute la différence : ne jamais laisser un chien enfermé dans un véhicule au soleil, même quelques minutes, transporter une réserve d'eau suffisante, prévoir des pauses régulières et adapter la durée des battues aux conditions météorologiques. La réussite d'une journée de chasse ne se mesure pas seulement au tableau, mais aussi au retour de chaque chien en parfaite santé. Une meute bien hydratée, surveillée et respectée est la meilleure garantie d'une chasse efficace et responsable.
Sa célèbre robe rayée lui offre un excellent camouflage parmi les herbes hautes, les fougères ou les ronciers où la laie installe son chaudron. Pendant plusieurs semaines, les jeunes se nourrissent exclusivement de lait maternel, particulièrement riche, qui leur permet une croissance rapide. Si les conditions météorologiques sont favorables et les ressources alimentaires abondantes, les marcassins prennent environ un kilo par semaine, quelques fois plus, avant de commencer à explorer leur environnement. Très tôt, les jeunes accompagnent leur mère dans ses déplacements et découvrent les premières ressources naturelles : vers de terre, insectes, larves, bulbes, racines, fruits sauvages ou jeunes pousses.
Dans les territoires agricoles, les cultures offrent également une alimentation énergétique qui favorise leur développement. Vers l'âge de trois mois, les rayures qui caractérisent les marcassins commencent progressivement à disparaître. Leur robe devient brun-roux, signe de leur entrée dans une nouvelle phase de croissance. À l'automne, lorsque les conditions ont été favorables, certains jeunes dépassent déjà 25 à 30 kilogrammes et sont parfaitement capables d'accompagner la compagnie dans tous ses déplacements. Cette année, un autre facteur attire particulièrement l'attention des chasseurs et des gestionnaires : les fortes chaleurs et le déficit hydrique qui touchent de nombreuses régions. Les marcassins supportent généralement mieux les températures élevées que les très jeunes faons de cervidés, grâce à la protection constante de leur mère. En revanche, ils demeurent étroitement dépendants de la disponibilité en eau et de la fraîcheur des remises...
La FACE souligne que la chasse a été réduite d'environ 90 % depuis le lancement du plan de gestion adaptative. En 2025, la reprise de la chasse sur la voie occidentale s'est faite sous un quota très limité représentant un taux de prélèvement de 1,5 %. En pratique, seuls 43 000 oiseaux ont été prélevés, soit à peine un tiers du quota autorisé, en raison notamment d'une ouverture tardive de la saison, d'une faible mobilisation des chasseurs et de contraintes administratives. Sur la voie centrale-orientale, les prélèvements restent eux aussi très faibles, avec environ 95 000 oiseaux, correspondant à un taux estimé de 3,3 %. Or, selon les modèles démographiques développés dans le cadre du programme européen, des prélèvements pouvant atteindre 4 % demeureraient compatibles avec une croissance des populations. Le rapport met également en avant les progrès réalisés dans le suivi des prélèvements. Tous les États membres concernés déclarent désormais leurs tableaux de chasse, la plupart grâce à des applications mobiles, tandis que les contrôles révèlent un très fort respect des quotas, avec un nombre d'infractions jugé marginal. Face à l'absence de véritable reprise sur la voie centrale-orientale malgré la forte réduction de la chasse, la FACE estime qu'il devient nécessaire d'explorer d'autres facteurs limitants, notamment la qualité des habitats, les conditions de reproduction ou les variations locales des populations. Des travaux menés en Bulgarie montrent d'ailleurs une amélioration récente des densités de reproduction et une bonne productivité. Enfin, le rapport salue la publication par la Commission européenne d'un guide consacré à la restauration des habitats de la tourterelle des bois, considérée comme un levier essentiel pour assurer le rétablissement durable de l'espèce.
L'intérêt d'une telle collection réside dans la comparaison. Les archéologues travaillent fréquemment sur des fragments très incomplets, parfois altérés par le temps, le feu ou les conditions de conservation. En confrontant un éclat d'os à un spécimen de référence, ils peuvent déterminer avec précision la partie anatomique concernée, l'espèce, voire le sexe, l'âge ou certaines pathologies de l'individu auquel appartenait l'os. Pour les archéozoologues, l'ostéothèque animalière est une véritable mine d'informations. L'étude des ossements permet de reconstituer les espèces présentes sur un site, de comprendre les pratiques d'élevage, d'évaluer l'alimentation des populations anciennes ou encore de mettre en évidence certaines activités artisanales. Les bois de cervidés, par exemple, servaient à fabriquer des outils, tandis que les cornes pouvaient être transformées en peignes, manches ou armes. Les os conservent également les traces de maladies, de traumatismes ou de sollicitations mécaniques liées aux travaux agricoles, offrant ainsi un aperçu précieux de la vie quotidienne des hommes et des animaux il y a plusieurs siècles. Cette connaissance bénéficie aussi, de façon plus indirecte, aux spécialistes de la faune sauvage. Les collections ostéologiques constituent en effet une référence précieuse pour distinguer les différentes espèces de cervidés, de suidés ou de carnivores, identifier des restes découverts sur le terrain ou mieux comprendre l'évolution historique de leur répartition. Autant d'informations qui enrichissent les connaissances sur les grands mammifères fréquentant aujourd'hui nos territoires. Au-delà de la recherche, l'ostéothèque d'Artehis joue un rôle majeur dans la formation des futurs archéologues. Les étudiants y apprennent à reconnaître les structures osseuses en manipulant des spécimens réels, une étape indispensable pour acquérir les gestes et le regard indispensables au travail de terrain. Grâce à cette exceptionnelle bibliothèque anatomique, les os continuent ainsi de raconter l'histoire des hommes, des animaux… et des paysages qu'ils ont façonnés ensemble au fil des millénaires. (Photo E. Wittmann, ARTEHIS, 2026)
Pour établir une estimation plus fiable des effectifs, les scientifiques ont compilé plusieurs centaines d'études de terrain portant sur la densité des léopards. Ces données ont été intégrées dans un modèle combinant qualité de l'habitat, disponibilité des proies et pressions exercées par les activités humaines. L'analyse montre que la densité des léopards diminue fortement à proximité des zones habitées, dans les secteurs agricoles et dans les régions où l'élevage de moutons et de chèvres est important. À l'inverse, les populations sont plus abondantes dans les paysages riches en ongulés sauvages, notamment les bovidés et les suidés. Selon cette nouvelle modélisation, la population actuelle de léopards en Afrique subsaharienne serait inférieure à 140 000 individus, sensiblement inférieure aux estimations historiques. Cette réévaluation a des conséquences directes pour la gestion de l'espèce. Les auteurs montrent que, dans plus de la moitié des pays concernés, les quotas d'exportation de trophées autorisés par la CITES dépassent le seuil considéré comme durable, fixé à environ 10 % de la population de mâles adultes. Une révision des quotas apparaît donc nécessaire afin d'éviter une surexploitation locale. L'étude apporte également une vision plus optimiste en estimant que, si les habitats étaient restaurés et les populations de proies reconstituées, l'Afrique subsaharienne pourrait accueillir au moins 30% de léopards en plus, dans les conditions écologiques actuelles. Au-delà de ce constat, les chercheurs proposent un véritable outil d'aide à la décision. Leur modèle permet d'identifier les secteurs où les investissements en conservation seront les plus efficaces, qu'il s'agisse de protéger les habitats, de restaurer les populations de proies, de limiter les conflits avec les activités humaines ou d'adapter les politiques nationales de chasse. Ces travaux fournissent ainsi une base scientifique solide pour orienter la conservation du léopard à travers l'ensemble de son aire de répartition africaine.
Les spécialistes estiment que cette progression résulte principalement d’une expansion naturelle des populations européennes. Doté d’une remarquable capacité de dispersion, le chacal doré est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nouveaux territoires. Il profite des corridors écologiques et s’adapte à une grande diversité de milieux, qu’il s’agisse de zones agricoles, de forêts, de plaines, de montagnes ou encore de milieux semi-ouverts. Son régime alimentaire très opportuniste constitue également l’un des facteurs de son succès. Il consomme aussi bien de petits mammifères, des oiseaux, des invertébrés et des fruits que des carcasses d’animaux, jouant ainsi parfois un rôle de charognard. Cette grande faculté d’adaptation lui permet de s’implanter discrètement dans des secteurs où sa présence peut passer inaperçue pendant plusieurs années. Si l’observation vosgienne est authentifiée, elle s’inscrirait dans cette dynamique d’expansion déjà observée à l’échelle européenne. Pour autant, l’installation durable de l’espèce soulève plusieurs interrogations. Les scientifiques s’intéressent notamment à ses interactions avec les autres carnivores présents, comme le renard ou le loup, ainsi qu’à ses éventuels effets sur certaines populations de faune sauvage et sur les activités humaines, notamment l’élevage. À ce jour, les connaissances disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur l’ensemble de ces impacts. C’est pourquoi le suivi de l’espèce demeure essentiel. Chaque observation mérite d’être vérifiée et documentée afin de mieux comprendre l’évolution de sa répartition et d’adapter, si nécessaire, les mesures de gestion qui pourraient s’avérer utiles à l’avenir.
Mais cette ambitieuse politique de renouvellement forestier se heurte à un obstacle majeur : la pression exercée par les grands ongulés sauvages. Cerfs, chevreuils et, dans une moindre mesure, sangliers provoquent des dégâts importants sur les jeunes plantations en consommant les bourgeons, les pousses ou en frottant leurs bois contre les jeunes tiges. Sans une régulation efficace de leurs populations, une partie de ces investissements risque d'être compromise. Les chiffres de l'Office national des forêts (ONF) illustrent cette dégradation.
Aujourd'hui, près de 50 % des forêts domaniales présentent un déséquilibre entre la forêt et les populations d'ongulés, contre 34 % en 2015. Cela représente environ 850 000 hectares sur les 1,7 million d'hectares de forêts appartenant à l'État. Le phénomène touche désormais la quasi-totalité du territoire. Si le Grand Est demeure la région la plus concernée, la situation s'est également aggravée en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que sur le littoral landais. Seule la Bretagne reste relativement épargnée. Pour préserver les jeunes arbres, les gestionnaires forestiers n'ont souvent d'autre choix que d'installer des clôtures autour des parcelles ou des protections individuelles sur chaque plant. Ces dispositifs, maintenus en place pendant une quinzaine d'années, représentent un investissement considérable. Selon l'ONF, ils augmentent en moyenne de 50 à 60 % le coût d'une plantation, sans compter les dépenses d'entretien et de remplacement. Au-delà de leur coût, ces protections modifient les paysages forestiers, compliquent les déplacements de la faune comme des promeneurs et génèrent, à terme, des déchets qu'il faut récupérer et recycler. Pour les forestiers, ces équipements constituent donc une solution de dernier recours plutôt qu'une réponse durable. Le maintien d'un équilibre entre les populations de grand gibier et la capacité d'accueil des milieux apparaît comme une condition essentielle à la réussite des programmes de reboisement. Dans cette perspective, la chasse demeure un outil de gestion indispensable. En permettant de maîtriser les effectifs d'ongulés à un niveau compatible avec la régénération naturelle et les nouvelles plantations, elle contribue directement à la préservation des forêts françaises et à leur adaptation aux défis climatiques des prochaines décennies.