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Incendies : le gouvernement veut accélérer la restauration des forêts

Trois jours après la réunion de mobilisation organisée par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le gouvernement a détaillé les grandes lignes de son plan de restauration des forêts détruites par les incendies. Si ce débriefing technique n'a donné lieu à aucune nouvelle annonce majeure, il a permis de préciser la stratégie qui sera mise en œuvre dans les prochains mois. Le premier constat est largement partagé : les surfaces forestières touchées par les incendies augmentent sous l'effet du changement climatique et les moyens actuels ne permettent pas toujours d'engager rapidement les opérations de reboisement. L'État souhaite donc raccourcir les délais entre le sinistre et les premiers travaux, en simplifiant les procédures administratives et en améliorant la coordination entre les services publics, les collectivités et les propriétaires forestiers. Le financement constitue le second pilier de cette stratégie. Au-delà des crédits publics, le gouvernement entend attirer davantage de capitaux privés. La future plateforme « France Forêt 2100 » devra faciliter la rencontre entre les propriétaires de parcelles à restaurer et les investisseurs, tandis que le développement du Label bas-carbone, des crédits biodiversité et du mécénat environnemental est appelé à jouer un rôle croissant. Le gouvernement confirme également la création d'un programme budgétaire consacré à la forêt à partir de 2027 ainsi que la mobilisation de 100 millions d'euros du Fonds vert pour accompagner l'adaptation des massifs forestiers. La restauration ne devra toutefois pas se limiter à replanter les peuplements détruits. L'objectif affiché est de reconstruire des forêts plus résilientes face aux sécheresses, aux incendies et aux ravageurs. Les projets devront intégrer davantage de diversité dans les essences lorsque les conditions écologiques le permettent, tout en conservant une approche adaptée aux réalités locales. Le gouvernement souhaite enfin fédérer l'ensemble des acteurs de la filière. ONF, CNPF, collectivités, propriétaires privés, entreprises, associations et organismes de recherche sont appelés à travailler de manière plus coordonnée. La création du dispositif « Réserve verte », destiné à organiser l'engagement des bénévoles lors des crises environnementales, s'inscrit également dans cette logique. Si les orientations générales semblent désormais fixées, plusieurs questions restent en suspens. Les professionnels attendent notamment des précisions sur les critères d'attribution des financements, les délais de mise en œuvre des nouveaux dispositifs et les moyens qui seront réellement consacrés à l'accompagnement des propriétaires forestiers. Les prochains mois permettront de mesurer si cette mobilisation nationale se traduit par des mesures opérationnelles à la hauteur des enjeux auxquels les forêts françaises sont désormais confrontées.

La Pleine Lune du Cerf : quand la science rejoint les mystères du brame

Aujourd’hui 29 juillet, le ciel offrira la traditionnelle « Pleine Lune du Cerf », un rendez-vous aussi fascinant pour les astronomes que pour les amoureux de la nature. Si son nom trouve aujourd'hui un écho dans l'astrologie, il puise avant tout son origine dans l'observation du monde sauvage. Les peuples autochtones d'Amérique du Nord avaient en effet remarqué qu'à cette époque de l'année, les cerfs portent une ramure entièrement développée, prélude à la saison du brame qui débutera dans quelques semaines. Sur le plan scientifique, la ramure est achevée. Après plusieurs mois d'une croissance spectaculaire, les bois ont terminé leur développement. Il ne reste plus, au roi de la forêt, qu’à se débarrasser du velours desséché qui les recouvrait. Ce comportement permet au cerf de révéler ses bois, véritables armes de parade qui serviront moins à combattre qu'à impressionner les rivaux et séduire les biches. Dans un mois, les premières places de brame s'animeront de leurs puissants raires. Cette période marque également un changement de comportement. Les grands mâles quittent progressivement leur vie discrète des sous-bois pour réoccuper leur territoire. Ils s'alimentent abondamment afin de constituer les réserves énergétiques qui leur permettront de traverser un brame éprouvant, durant lequel certains perdront jusqu'à un quart de leur poids. Parallèlement, dans le ciel, la Pleine Lune de Cerf possède aussi quelques particularités bien réelles. Fin juillet, elle décrit une trajectoire très basse sur l'horizon. Sa lumière traverse une épaisse couche d'atmosphère qui filtre davantage les longueurs d'onde bleues, lui donnant des teintes dorées, orangées ou cuivrées. L'illusion d'optique créée par les éléments du paysage accentue encore cette impression de gigantesque disque suspendu au-dessus des forêts. Les astrologues voient dans cette Pleine Lune un symbole de transformation et d'affirmation de soi. Placée sous l'opposition du Soleil en Lion et de la Lune en Verseau, elle annoncerait une période de révélations, de décisions et de changements personnels. Sans validation scientifique, ces croyances rejoignent pourtant une réalité étonnante de la nature : chez le cerf aussi, tout est désormais prêt pour un nouveau cycle...

Feux de forêts : les agriculteurs appelés à renforcer les secours dans un cadre coordonné

Face aux violents incendies qui frappent la Gironde, le ministère de l'Agriculture souligne la forte mobilisation du monde agricole aux côtés des sapeurs-pompiers et des services de secours. Tracteurs équipés de tonnes à eau, citernes, matériels agricoles ou encore personnels volontaires : les exploitants apportent un soutien précieux pour lutter contre les flammes et protéger les populations. Cette solidarité, saluée par les autorités, doit toutefois s'inscrire dans une organisation rigoureuse. Le ministère rappelle que toute intervention spontanée, aussi généreuse soit-elle, peut exposer les volontaires à des dangers importants et compliquer le travail des secours déjà engagés sur le terrain. C'est pourquoi les agriculteurs souhaitant participer aux opérations sont invités à se déclarer au préalable auprès de la Chambre d'agriculture de la Gironde, en indiquant leur identité, leurs coordonnées ainsi que les matériels dont ils disposent. Cette procédure permet, en lien avec la préfecture, de recenser les moyens mobilisables et de les orienter vers les secteurs où les besoins sont les plus importants. Le dispositif vise également à éviter les interventions dans des zones dangereuses ou déjà prises en charge par les services d'incendie et de secours. Une coordination étroite entre les agriculteurs, la préfecture et les sapeurs-pompiers constitue ainsi la meilleure garantie d'une action efficace, utile et réalisée dans des conditions de sécurité optimales. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a tenu à rendre hommage à l'engagement du monde agricole. « Je salue l'engagement des agriculteurs aux côtés des combattants du feu... ». Elle insiste toutefois sur la nécessité d'un engagement organisé : « Pour être pleinement efficace et garantir la sécurité de tous... ».

Une étude révèle que la montée des océans menace bien plus de personnes que prévu

Une étude publiée dans la revue scientifique Nature met en évidence une possible sous-estimation des risques liés à l'élévation du niveau de la mer. Selon les chercheurs, la plupart des études consacrées aux inondations côtières utilisent un point de référence qui ne correspond pas au niveau réel des eaux en bord de mer, ce qui conduit à minimiser les surfaces exposées aux futures submersions. Les auteurs ont analysé plusieurs centaines de travaux scientifiques et concluent qu'environ 90 % des études sous-estiment le niveau de référence des eaux côtières d'environ 30 centimètres en moyenne. Cet écart est particulièrement marqué dans les régions du Pacifique, en Asie du Sud-Est et dans de nombreux pays du Sud, alors qu'il apparaît plus limité en Europe et sur les façades atlantiques. Selon les chercheurs, cette différence provient d'un décalage entre les méthodes utilisées pour mesurer l'altitude des terres et celles servant à mesurer le niveau de la mer. De nombreuses évaluations considèrent un niveau marin théorique, sans intégrer certains phénomènes naturels comme les marées, les courants, les vagues, le vent ou encore les variations océaniques. Ce choix méthodologique fausserait le point de départ des calculs. En corrigeant ce paramètre, l'étude estime que, dans un scénario où le niveau des mers s'élèverait de plus d'un mètre d'ici la fin du siècle, les surfaces potentiellement submergées pourraient être 37 % plus importantes que prévu. Les chercheurs soulignent également que ces résultats pourraient avoir des conséquences sur la planification des politiques d'adaptation, notamment pour les infrastructures, l'aménagement du littoral et la protection des populations. Ces travaux invitent à réexaminer les méthodes utilisées pour évaluer les risques côtiers, afin de mieux prendre en compte les conditions réelles du niveau de la mer et d'affiner les projections concernant les populations exposées aux futures submersions marines.

La semaine en bref...

- Doubs : la préfecture a arrêté les modalités du plan de chasse du chamois pour la saison 2026-2027. Le préfet Rémi Bastille fixe un prélèvement compris entre 277 et 331 animaux, contre un plafond de 451 lors de la saison précédente. Cette diminution sensible traduit une volonté d'adapter la gestion de l'espèce à l'évolution des effectifs et des observations de terrain, tout en conciliant préservation de la biodiversité et renouvellement des peuplements forestiers. Les autorités rappellent que le chamois peut exercer une pression sur les jeunes pousses d'essences forestières, notamment les érables, les frênes ou les chênes. L'objectif affiché est donc d'assurer une régénération durable des forêts, enjeu devenu encore plus important dans un contexte de changement climatique et de fragilisation des massifs. Cette décision est toutefois vivement contestée par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui estime que les populations de chamois ont fortement diminué ces dernières années et souligne le rôle de la prédation naturelle exercée par le lynx dans leur régulation. En abaissant significativement le quota maximal de prélèvement, la préfecture semble avoir privilégié une approche mesurée, cherchant à anticiper l'avenir en ajustant progressivement la gestion de cette espèce emblématique plutôt qu'en maintenant les niveaux de chasse des années précédentes.

 

- Haute-Garonne : la FDC vient de franchir une nouvelle étape en rejoignant un vaste programme national consacré au suivi des espèces migratrices. Depuis le mois de juin, elle est équipée d'un radar ornithologique installé à son siège de Carbonne, dans le cadre d'un projet d'écocontribution piloté par la FNC. La FDC 31 fait ainsi partie des sept fédérations françaises sélectionnées pour intégrer ce réseau de surveillance de haute technologie. Fonctionnant 24 heures sur 24 et quelles que soient les conditions météorologiques, ce radar est capable de détecter les oiseaux migrateurs, mais aussi les chauves-souris et les insectes. Il enregistre avec précision leur altitude, leur vitesse, leur direction et leurs trajectoires de vol. Les données recueillies alimenteront le réseau scientifique national AéroRad, qui rassemble déjà plusieurs dizaines de millions de signaux librement accessibles aux chercheurs et au grand public. Après une première analyse par les techniciens de la FDC 31, les informations seront transmises à la FNC afin d'enrichir cette base de connaissances. Au-delà du suivi des migrations, cet équipement permettra d'étudier les effets du changement climatique, de la pollution lumineuse ou encore des parcs éoliens sur les déplacements de l'avifaune, renforçant ainsi les connaissances scientifiques au service de la biodiversité.

 

- Jura : l'Association communale de chasse agréée (ACCA) de Montrond donne rendez-vous aux chineurs, collectionneurs et habitants du secteur, le dimanche 2 août pour la 34e édition de son traditionnel marché aux puces. Installée sur la place du village, cette manifestation est devenue, au fil des ans, un rendez-vous incontournable de l'été. Comme chaque année, de nombreux exposants proposeront une grande variété d'objets : mobilier ancien, vaisselle, livres, jouets, outils, décoration, vêtements, collections et curiosités en tout genre. Les visiteurs auront ainsi l'occasion de dénicher la perle rare tout en profitant d'une ambiance chaleureuse et conviviale. Les bénévoles de l'ACCA seront mobilisés tout au long de la journée pour assurer l'organisation et accueillir le public dans les meilleures conditions. Avec cette 34e édition, l'association perpétue une tradition locale qui contribue à l'animation du village et au dynamisme de la vie associative...

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À force de démonter les retenues, la France laisse filer son eau

Depuis plusieurs années, au nom de la « continuité écologique », des centaines de seuils, moulins, chaussées et petites retenues ont été arasés sur les rivières françaises. Présentée comme une victoire pour les milieux aquatiques, cette politique soulève pourtant une question de plus en plus préoccupante : en supprimant ces ouvrages, n'a-t-on pas sacrifié une fonction essentielle des cours d'eau, celle de retenir et de diffuser progressivement l'eau dans les sols ? Pendant des siècles, ces retenues ont façonné les paysages ruraux. Elles ralentissaient naturellement l'écoulement, relevaient le niveau des rivières sur plusieurs centaines de mètres et augmentaient considérablement la surface d'eau en contact avec les berges et le sous-sol. Derrière chaque seuil, l'eau stagnait ou s'écoulait lentement, laissant le temps à une partie de son volume de s'infiltrer dans les terrains riverains et de participer à l'alimentation locale des nappes phréatiques. Aujourd'hui, une fois ces ouvrages supprimés, la situation est radicalement différente. Le niveau de la rivière s'abaisse parfois de plusieurs dizaines de centimètres, voire davantage. L'eau se concentre dans le chenal principal et s'écoule rapidement sur le fond du lit. La surface de contact entre l'eau et les sols diminue fortement. L'infiltration existe toujours, mais dans de nombreux secteurs elle est potentiellement réduite par la baisse du niveau d'eau et par la diminution des zones durablement immergées. Cette réalité est rarement évoquée dans les débats publics, alors même que la France connaît des sécheresses de plus en plus longues et que la recharge des nappes phréatiques devient un enjeu stratégique. Le plus étonnant est que cette politique est justifiée par la nécessité de restaurer une prétendue continuité écologique qui, dans de nombreux cours d'eau, n'avait jamais véritablement disparu. Depuis des décennies, voire des siècles, poissons, amphibiens, insectes, oiseaux, mammifères et végétation ont colonisé l'ensemble des rivières françaises, des confluents jusqu'aux sources. Les écosystèmes observés aujourd'hui se sont construits autour de ces ouvrages anciens, devenus eux-mêmes des habitats pour une biodiversité riche et parfois remarquable. Vouloir effacer systématiquement ces héritages hydrauliques au nom d'une vision uniforme des rivières apparaît comme une approche particulièrement dogmatique. Chaque ouvrage possède sa propre histoire, ses caractéristiques hydrologiques et ses enjeux écologiques. Les traiter indistinctement revient à ignorer la diversité des territoires. À l'heure où l'eau devient une ressource stratégique, la priorité devrait être de ralentir les écoulements plutôt que de les accélérer. Restaurer ou maintenir certaines retenues, lorsqu'elles présentent un intérêt hydraulique et environnemental, pourrait contribuer à soutenir les niveaux d'eau en période sèche, favoriser l'infiltration locale, limiter les assecs et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. Il est temps d'abandonner les réponses idéologiques au profit d'une véritable gestion de bon sens. Avant de poursuivre le démantèlement d'ouvrages parfois pluriséculaires, un bilan scientifique complet de leurs effets sur les nappes, les étiages, les zones humides et la biodiversité devrait être réalisé. Car lorsque l'eau quitte trop vite les territoires, ce sont les rivières, les agriculteurs, les milieux naturels… et finalement tous les usagers qui en paient le prix.

Tribune : après les incendies, la biodiversité mérite mieux que les postures anti-chasse

Les images des incendies qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau sont bouleversantes. Deux mille hectares partis en fumée, des paysages dévastés, une faune éprouvée, des animaux brûlés, blessés ou contraints de fuir leur territoire. Face à un tel drame, chacun partage le même sentiment de tristesse. Mais cette émotion ne doit pas servir de prétexte à des revendications idéologiques sans fondement scientifique. À peine les flammes éteintes, certaines associations de protection animale réclament déjà la suspension de la chasse, estimant que les populations de gibier auraient besoin de se reconstituer. Présentée comme une mesure de bon sens, cette demande relève pourtant davantage de l'affichage militant que de la gestion rationnelle de la faune sauvage. La première réalité est d'ordre écologique. Les incendies ont effectivement détruit 2 200 hectares du massif de Fontainebleau. C'est considérable à l'échelle locale, mais cela représente environ 10 % d'une forêt de plus de 22 000 hectares. À l'échelle nationale, la situation mérite également d'être replacée dans son contexte. Depuis le début de l'année, 43 000 hectares ont brûlé en France. Un chiffre inquiétant, certes, mais rapporté aux 17,5 millions d'hectares de forêts métropolitaines, cela représente moins de 0,25 % du couvert forestier national. La seconde réalité est biologique. Les grands mammifères ne disparaissent pas avec les flammes. Cerfs, chevreuils ou sangliers disposent d'une remarquable capacité de déplacement et rejoignent rapidement les secteurs épargnés, où nourriture, eau et couvert restent disponibles. Les territoires incendiés sont rarement isolés, ils s'inscrivent dans un vaste réseau forestier où les animaux recolonisent progressivement les espaces sinistrés au fur et à mesure de leur régénération. Suspendre la chasse sur de vastes territoires ne ferait d'ailleurs qu'accentuer les déséquilibres. Les animaux survivants se concentreraient dans les massifs voisins, augmentant localement les densités, les dégâts agricoles, les collisions routières et la pression sur la végétation déjà fragilisée. Les plans de chasse, établis chaque année à partir de suivis biologiques précis, perdraient toute cohérence. La gestion adaptative de la faune ne se décide pas sous le coup de l'émotion, mais à partir de données de terrain. Il est d'ailleurs frappant de constater que les mêmes associations qui réclament aujourd'hui un arrêt de la chasse demeurent beaucoup plus discrètes lorsqu'il s'agit d'évoquer les véritables causes de ces catastrophes...

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Fragmentation des milieux naturels terrestres : quels constats pour les territoires français ?

Le développement des infrastructures de transport, l'urbanisation et certaines pratiques agricoles continuent de fragmenter les milieux naturels en France. Ce phénomène, qui morcelle les habitats et limite les déplacements de la faune, constitue aujourd'hui l'une des principales pressions exercées sur la biodiversité. Une étude du Service des données et études statistiques (SDES) permet d'en mesurer l'évolution entre 1990 et 2018 grâce à un nouvel indicateur : la taille effective de maille, qui évalue la superficie moyenne d'un espace naturel continu, sans obstacle écologique. Plus cette valeur est élevée, moins le territoire est fragmenté. En 2018, cette taille moyenne atteint 164 km² à l'échelle nationale. Les analyses mettent en évidence de fortes disparités géographiques. Les territoires les plus fragmentés correspondent aux grands pôles urbains, aux régions d'agriculture intensive, comme les Hauts-de-France ou la Beauce, ainsi qu'aux principaux axes de transport, notamment le couloir rhodanien et les vallées de la Seine, de la Loire et de la Garonne. Routes, autoroutes et voies ferrées constituent de véritables barrières écologiques pour de nombreuses espèces. À l'inverse, les grands massifs forestiers, comme les Landes ou la Sologne, ainsi que les zones montagneuses des Alpes, des Pyrénées, du Massif central ou de la Corse, conservent des espaces naturels plus continus et donc moins fragmentés. Dans les départements d'outre-mer, la fragmentation se concentre principalement sur les zones littorales, soumises à une forte pression urbaine et touristique. L'étude montre également une évolution dans le temps. Entre 1990 et 2000, la fragmentation s'est fortement accélérée avec la construction de nombreuses infrastructures autoroutières et ferroviaires. La taille effective de maille est ainsi passée de 213 km² à 172 km², soit une diminution moyenne de 4,1 km² par an. Depuis le milieu des années 2000, le phénomène se poursuit mais à un rythme beaucoup plus lent, avec une baisse moyenne de seulement 0,3 km² par an. Cette tendance nationale masque toutefois des situations locales contrastées. Certains territoires sont restés relativement stables depuis plus de trente ans. D'autres, à l'image du bocage normand, ont connu une forte dégradation liée à la création ou à l'élargissement de grands axes de communication. Si le ralentissement observé constitue un signal encourageant, les auteurs soulignent que la fragmentation continue de progresser et demeure un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité. La prise en compte de la continuité écologique dans les futurs projets d'aménagement apparaît plus que jamais indispensable afin de préserver les déplacements de la faune et le bon fonctionnement des écosystèmes. 

Monique Barbut : une ministre entre convictions, compromis et incertitudes

Il est des séquences politiques qui en disent davantage qu'un long discours. Celle vécue par Monique Barbut en fait incontestablement partie. En quelques jours, la ministre de la Transition écologique est passée du statut de ministre sur le départ à celui de ministre finalement maintenue. « Bien que je ne sois pas partie, je suis déjà revenue… » La formule pourrait prêter à sourire si elle ne révélait pas le malaise d'un ministère devenu l'un des plus exposés du gouvernement. Le parcours de Monique Barbut ne souffre pourtant d'aucune contestation. Ancienne responsable du Fonds pour l'environnement mondial puis de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, elle possède une solide expérience internationale. Mais une fois arrivée rue de Grenelle, les grands principes se heurtent à une réalité autrement plus complexe. Le ministère de la Transition écologique ne se résume pas à la biodiversité : il couvre aussi les forêts, l'eau, la chasse, la faune sauvage et entretient de nombreux liens avec l'agriculture. Le dossier de l'acétamipride illustre ces tensions. En défendant une ligne très ferme contre le retour de certaines substances interdites, Monique Barbut s'est attiré les critiques d'une partie du monde agricole, tandis que les organisations écologistes refusent tout recul. Le débat est rapidement devenu politique. L'annonce de sa possible démission, puis son maintien après un entretien avec le Premier ministre, n'ont pas dissipé les interrogations. Cette séquence laisse l'impression d'une autorité fragilisée, à huit mois de l'élection présidentielle, où chaque arbitrage est désormais analysé à travers son impact électoral. Les agriculteurs réclament davantage de stabilité, tandis que les chasseurs attendent un dialogue fondé sur la connaissance des territoires. Les décisions concernant la gestion de la faune sauvage, les arrêtés de chasse ou les missions de l'OFB influencent directement leurs activités. Au-delà de la personne de Monique Barbut, c'est la capacité de l'État à bâtir des politiques publiques équilibrées qui est en jeu. La transition écologique ne pourra réussir ni contre les agriculteurs, ni contre les forestiers, ni contre les chasseurs, pas plus qu'elle ne peut ignorer les impératifs de préservation des écosystèmes. Les prochains mois diront si cette séquence n'était qu'un incident de parcours ou le symptôme d'un ministère dont l'autorité s'est progressivement érodée.

Interdiction de détention d'animaux : vers la création d'un fichier national ?

Bien que le Code pénal permette aux tribunaux d'interdire à une personne condamnée pour sévices graves, ou actes de cruauté, de détenir un animal, cette sanction reste aujourd'hui difficile à faire respecter. En l'absence d'un registre national, aucun professionnel ne peut vérifier si un candidat à l'adoption ou à l'acquisition d'un animal est frappé d'une telle interdiction. Pourtant, depuis la loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale, l'article 521-1 du Code pénal prévoit des peines pouvant atteindre trois ans d'emprisonnement, 45 000 euros d'amende, ainsi qu'une interdiction, temporaire ou définitive, de détenir un animal. Mais cinq ans après l'entrée en vigueur du dispositif, aucun fichier ne recense les personnes concernées. C'est pour combler cette lacune que l'association Mobilisation pour la cause animale (MCA) demande la création d'un registre national sécurisé recensant les personnes faisant l'objet d'une telle décision de justice. Selon ses promoteurs, ce fichier serait réservé aux seuls professionnels habilités : refuges, fourrières, vétérinaires, éleveurs, animaleries et associations de protection animale. Son objectif ne serait pas de constituer un « casier des propriétaires », mais de permettre à ces structures de s'assurer qu'une adoption, une cession ou une vente ne contrevient pas à une interdiction prononcée par un tribunal. Pour les défenseurs du projet, un tel outil donnerait enfin une véritable efficacité à cette peine. Faute de contrôle, une personne condamnée peut aujourd'hui acquérir un nouvel animal auprès d'un établissement qui ignore son passé judiciaire. La mise en place d'un tel registre devra toutefois respecter les règles relatives à la protection des données personnelles et à la vie privée. C'est pourquoi ses promoteurs préconisent un accès strictement limité aux professionnels autorisés, uniquement dans le cadre de la vérification des décisions judiciaires en vigueur.

Forêt française : assez de lois, il est temps de laisser travailler ceux qui l'entretiennent

La forêt française est au cœur de nombreux débats : changement climatique, prévention des incendies, biodiversité, filière bois ou encore décarbonation. Les textes législatifs se multiplient, mais, pour le Syndicat des Exploitants de la Filière Bois (SEFB), une réalité est trop souvent oubliée : une forêt se protège avant tout sur le terrain, pas uniquement par la réglementation. Le syndicat s'inquiète notamment de deux récentes propositions de loi portant sur l'adaptation des forêts au changement climatique et sur la création d'une nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les matériaux bois. Si leurs objectifs sont jugés légitimes, le SEFB regrette l'absence de véritable concertation avec les professionnels de la filière. Le premier constat est simple : près de 75 % des forêts françaises appartiennent à des propriétaires privés. Ce sont les exploitants forestiers qui assurent quotidiennement les travaux de récolte, d'entretien, de renouvellement et de sécurisation des massifs. Renforcer les moyens de l'Office national des forêts ne doit donc pas occulter le rôle essentiel de ces entreprises. Or, leur activité est de plus en plus contrainte. Les normes environnementales, les procédures administratives et les restrictions liées aux espèces protégées réduisent fortement les périodes de travail. Entre les arrêtés préfectoraux pris lors des fortes chaleurs, les limitations imposées pendant plusieurs mois pour préserver la faune et les contraintes liées aux zones protégées, les exploitants disposent de peu de temps pour intervenir. Cette situation soulève une contradiction. Alors que les incendies deviennent plus fréquents et plus violents, ceux qui entretiennent les parcelles, retirent les arbres dépérissants, évacuent les bois morts et entretiennent les pistes forestières sont régulièrement empêchés d'agir. Selon le SEFB, ce manque d'entretien favorise l'accumulation de combustible et augmente les risques de propagation des feux. À ces difficultés s'ajoutent des enjeux économiques. Les exploitants supportent chaque année des coûts importants liés aux aléas climatiques, tandis que l'application prochaine du règlement européen contre la déforestation (RDUE) alourdira encore les démarches administratives. La création d'une nouvelle REP représenterait, selon eux, une charge supplémentaire pour une filière déjà fragilisée. Le SEFB plaide ainsi pour des mesures pragmatiques : simplifier les procédures, mettre en place un dispositif d'indemnisation des aléas climatiques, reconnaître officiellement le rôle des exploitants dans la prévention des incendies, leur permettre d'intervenir lorsque les conditions le permettent et faciliter l'accès au cadastre pour identifier les propriétaires de parcelles abandonnées. Pour le syndicat, la forêt française ne sera pas préservée par une accumulation de normes, mais grâce à une gestion active, durable et fondée sur l'expertise de ceux qui l'entretiennent au quotidien. Restaurer la confiance envers les professionnels apparaît, selon lui, comme une condition essentielle pour adapter les forêts aux défis climatiques et renforcer leur résilience face aux incendies.

Prix Chasse durable François Sommer 2026 : mettez en lumière vos initiatives de terrain !

La chasse évolue et, partout en France, de nombreux chasseurs démontrent chaque jour qu'elle constitue un véritable levier en faveur de la biodiversité, de la gestion des territoires et du lien avec la société. Pour récompenser ces démarches exemplaires, la Fondation François Sommer lance le Prix Chasse durable François Sommer 2026, doté de 10 000 euros. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 août 2026. Ce nouveau prix s'inscrit dans la continuité du livre blanc « Chasse, Nature et Société 2040 » et prolonge l'esprit du prestigieux Prix des Honneurs de la Chasse Laurent-Perrier. Son objectif est simple : valoriser les chasseurs qui, sur le terrain, innovent et agissent concrètement pour une chasse responsable, moderne et pleinement intégrée aux enjeux environnementaux actuels. Chaque saison, des milliers de bénévoles consacrent du temps et des moyens à restaurer des habitats, aménager des zones favorables à la faune, entretenir les milieux naturels ou développer des projets utiles aux territoires ruraux. Ces initiatives restent pourtant souvent méconnues. La Fondation souhaite aujourd'hui leur offrir la reconnaissance qu'elles méritent. Le jury examinera les 50 premières candidatures complètes reçues avant la date limite. Les projets peuvent être portés par un chasseur individuel, une société de chasse, une association ou tout autre groupement cynégétique. De nombreuses actions peuvent être récompensées, notamment : la création ou la restauration d'habitats favorables à la faune sauvage ; la restauration de zones humides ou de réservoirs de biodiversité ; la mise en place de pratiques cynégétiques innovantes ; les actions de dialogue avec les agriculteurs, les riverains ou les acteurs locaux ; l'ouverture des territoires aux non-chasseurs à travers des animations pédagogiques ; la valorisation locale de la venaison ou toute initiative favorisant une meilleure intégration de la chasse dans la société. Ce prix s'inscrit donc pleinement dans la philosophie de François et Jacqueline Sommer, qui considéraient la chasse comme un engagement au service de la nature. Dès 1968, François Sommer rappelait déjà que les chasseurs avaient la responsabilité de préserver le patrimoine naturel pour les générations futures. Au-delà des 10 000 euros attribués au lauréat, ce Prix constitue une formidable occasion de faire connaître le travail souvent discret mais essentiel des chasseurs engagés au service de la nature. Alors, si vous pensez que votre action peut inspirer d'autres territoires, ne tardez pas : les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 août 2026.

 

Pour voir le règlement du Prix Chasse durable, c’est ICI