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Challenge national des chasseurs de France : les anciennes Journées Saint-Hubert essaiment dans les départements

Le Challenge National des Chasseurs de France commence à s’installer dans le calendrier cynégétique français. Depuis la fin de l’été, les épreuves départementales se multiplient et vont se poursuivre jusqu’à la fin de ce mois d’octobre, avant les finales régionales, puis la finale nationale prévue le 12 décembre en Ille-et-Vilaine. Derrière cette appellation récente se trouve une histoire beaucoup plus ancienne. Le Challenge est en effet l’héritier direct des Journées et Rencontres Saint-Hubert, organisées depuis plus de trente ans à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs et de la Société centrale canine, avec le concours du Saint Hubert Club de France et, à l’époque, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Jusqu’en 2024 encore, ces rencontres étaient organisées dans de nombreux départements et donnaient accès à des sélections régionales puis nationales. L’année 2025 marque le changement de nom et une volonté d’harmonisation nationale. La première édition sous son nouveau nom est alors déclinée dans les départements, avec l’objectif affiché de permettre à chaque chasseur de petit gibier de participer à une épreuve près de chez lui. Le principe reste celui d’une épreuve de chasse pratique avec un chien d’arrêt ou un leveur de gibier. Après la présentation du candidat, de son chien et de son matériel, le binôme effectue un parcours d’environ vingt minutes. Le jury juge notamment le travail et l’éducation du chien, la conduite du chasseur, la sécurité, la complicité entre l’homme et l’animal ainsi que l’adresse au tir. Deux oiseaux au maximum peuvent être prélevés pendant l’épreuve. En 2026, la deuxième édition prend de l’ampleur. Des épreuves ont déjà eu lieu les 26 et 27 septembre notamment dans la Drôme, les Vosges et la Savoie. D’autres sont programmées dans le Cher, la Côte-d’Or, l’Eure-et-Loir, l’Ille-et-Vilaine, la Loire, le Loir-et-Cher ou encore le Morbihan. L’objectif dépasse donc désormais la simple compétition locale : faire du couple chasseur-chien une vitrine d’une chasse au petit gibier présentée comme sportive, sécurisée, conviviale et attentive au milieu naturel. Les meilleurs concurrents de chaque catégorie accéderont aux finales régionales, avant la finale nationale de décembre.

En Chartreuse, l’ONF cherche l’équilibre entre bois et faune

En Grande Chartreuse, l’Office national des forêts (ONF) est confronté à une équation qui résume une partie des enjeux de la politique forestière actuelle : comment produire du bois tout en préservant une forêt capable de se renouveler et d’accueillir sa faune sauvage ? Avec 8 500 hectares, dont environ 6 200 boisés, la forêt domaniale de Grande Chartreuse est la plus vaste forêt domaniale des Alpes. Gérée en futaie irrégulière, elle repose sur un renouvellement continu des peuplements et la coexistence d’arbres d’âges différents. Mais depuis plusieurs années, les forestiers constatent une forte pression des ongulés sur les jeunes pousses. Plus de la moitié des hêtres, érables et sapins observés sur les placettes présentent des traces d’abroutissement. Le sapin, l’érable et le tilleul peinent notamment à franchir le stade du semis. Pour l’ONF, l’enjeu est donc à la fois sylvicole et écologique. Une régénération insuffisamment diversifiée compromet le renouvellement des peuplements et peut limiter leur capacité d’adaptation au changement climatique. L’établissement a ainsi renforcé la pression de chasse sur le cerf à partir de la saison 2025-2026 et repris directement la gestion de deux lots de plus de 500 hectares, à Valombré et Tenaison. Mais l’ONF ne veut pas mesurer la réussite de cette politique au seul nombre d’animaux prélevés. Un dispositif scientifique doit permettre d’évaluer ses conséquences sur l’ensemble de l’écosystème. À partir de 2027, le protocole Aldous permettra notamment de suivre plus finement la végétation et l’intensité de l’abroutissement. Des enregistreurs acoustiques sont également utilisés pour suivre la gélinotte des bois, tandis que des points d’écoute concernent les oiseaux forestiers. L’expérimentation sera menée sur environ 3 000 hectares et devra permettre de déterminer, dans la durée, ce qui fonctionne et dans quelles conditions. Les premiers effets sur la végétation pourraient être visibles dans trois à cinq ans ; pour les passereaux, il faudra probablement attendre une dizaine d’années. Une manière, pour l’ONF, de ne plus opposer systématiquement production de bois et préservation de la faune, mais de chercher le niveau d’équilibre permettant aux deux de coexister dans la même forêt.

Tiques : un nouvel outil pour mieux évaluer leur abondance...

Les tiques ne sont pas seulement associées aux massifs forestiers. Les haies, lisières, bandes enherbées et autres éléments qui structurent les parcelles peuvent également constituer des habitats favorables à leur présence. Des scientifiques d’INRAE et du CNRS ont développé un outil de simulation permettant de mieux estimer l’abondance de la tique Ixodes ricinus, principale espèce impliquée dans la transmission de la maladie de Lyme en France. Les résultats ont été publiés dans Basic and Applied Ecology. Jusqu’à présent, les cartes permettant d’évaluer le risque lié aux tiques reposaient principalement sur des données générales concernant les forêts ou les caractéristiques climatiques. Elles prenaient moins bien en compte les structures fines des paysages. Le nouvel outil permet ainsi de simuler leur abondance à différentes positions dans le paysage : au cœur des forêts, en bordure de forêt, mais également au niveau des haies. Cette approche doit contribuer à mieux comprendre la répartition spatiale des tiques et, à terme, à affiner l’évaluation des zones où les humains et les animaux sont susceptibles d’y être exposés. Cette question prend une importance particulière avec les températures élevées observées ces dernières années. La chaleur, lorsqu'elle s'accompagne d'une humidité suffisante, peut favoriser l'activité des tiques et prolonger les périodes durant lesquelles elles sont susceptibles de rechercher un hôte. Pour les chasseurs, qui évoluent régulièrement dans les bois, les broussailles, les hautes herbes et les haies, la vigilance reste donc de mise. Quelques précautions simples permettent de réduire le risque. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants, de rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes ou les chaussures lorsque les conditions s’y prêtent et d’inspecter soigneusement son corps après une sortie : jambes, plis de l’aine, aisselles, dos, cuir chevelu et zones derrière les oreilles sont notamment à surveiller. Une douche et une inspection minutieuse au retour de chasse permettent également de repérer rapidement une tique avant qu’elle ne reste fixée. Les chiens de chasse doivent eux aussi faire l’objet d’une attention particulière. Leur pelage peut dissimuler des tiques, notamment autour des oreilles, du cou, entre les doigts et sur les parties moins fournies en poils. Un contrôle systématique après chaque sortie, associé à une protection antiparasitaire adaptée et conseillée par un vétérinaire, constitue une précaution importante. Au-delà de la prévention individuelle, le nouvel outil offre surtout aux chercheurs un moyen de mieux intégrer la structure réelle des paysages dans l’étude des tiques et des risques sanitaires associés.

La FNC publie les génomes de la sarcelle d’hiver et de la bécassine des marais

La Fédération nationale des chasseurs franchit une nouvelle étape dans son programme de recherche HUNTomics, avec la publication des génomes de deux espèces emblématiques des zones humides et de la chasse française : la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais. Les travaux, menés durant plusieurs années avec le CEA-Genoscope d’Évry, permettent désormais de disposer d’une véritable cartographie de référence de l’ADN de ces deux oiseaux. Les données sont mises gratuitement à disposition de la communauté scientifique internationale, notamment via l’European Nucleotide Archive (ENA). Concrètement, séquencer un génome revient à identifier et organiser les milliards d’éléments qui composent l’ADN d’une espèce, afin de reconstituer leur disposition sur les chromosomes. Cette gigantesque « bibliothèque génétique » constitue ensuite un outil de référence pour de nombreuses recherches. Les génomes publiés pourront notamment servir à étudier l’histoire démographique des populations, leur diversité génétique, leur évolution et leur capacité d’adaptation aux changements environnementaux. Ils pourront également contribuer à améliorer le suivi des populations et les connaissances nécessaires à la conservation des espèces. Pour la FNC, cette démarche s’inscrit dans une politique d’investissement dans les nouvelles technologies et les sciences de la biodiversité. Le programme HUNTomics vise ainsi à produire des données génétiques sur des espèces sauvages et à les rendre accessibles aux chercheurs. Le projet bénéficie par ailleurs d’une reconnaissance internationale puisqu’il figure parmi les réseaux associés à l’Earth BioGenome Project, vaste initiative scientifique consacrée au séquençage de la biodiversité mondiale. Avec la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais, HUNTomics enrichit donc les ressources génétiques disponibles sur les oiseaux sauvages. Au-delà de la chasse, ces données constituent un outil scientifique à long terme, susceptible d’alimenter de futurs travaux sur la dynamique, l’évolution et la conservation des populations.

Journée mondiale des animaux

Le 4 octobre, les animaux investiront à nouveau les Champs-Élysées, à l’occasion de la Journée mondiale qui leur est consacrée. Pour sa deuxième édition parisienne, la Marche des Animaux réunira chiens, familles et amoureux des bêtes dans un cortège aussi populaire qu’insolite. Après avoir accueilli des armées, des défilés nationaux et des manifestations politiques, la célèbre avenue deviendra le théâtre d’un rassemblement consacré à la place des animaux dans notre société. Créée à Nice en 2022, la Marche des Animaux entend privilégier la rencontre, la convivialité et la sensibilisation. Son arrivée à Paris, en 2025, a donné une portée symbolique à cette initiative : les faire entrer dans un espace habituellement réservé aux grandes représentations humaines. La journée sera également marquée par la Sausage Walk, la marche des teckels. Cette manifestation festive permettra aux passionnés de cette race de se retrouver dans les rues de la capitale. Elle rappelle toutefois que l’attachement aux animaux doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur les conséquences de la sélection morphologique. Le sujet n’est pas de remettre en cause l’affection des propriétaires, mais de s’interroger sur les limites à fixer lorsque des critères esthétiques peuvent affecter la santé animale. Cette réflexion dépasse largement les seuls animaux de compagnie. Les villes abritent également des hérissons, des oiseaux, des chauves-souris, des insectes, des amphibiens, des renards et parfois des sangliers. Haies, mares, prairies fleuries, nichoirs et passages à faune peuvent contribuer à leur maintien dans des milieux urbains soumis à la circulation, à la pollution lumineuse et à l’artificialisation. Lors de cette Journée mondiale des animaux, des manifestations, rencontres, opérations de sensibilisation et rassemblements seront organisés dans de nombreuses villes françaises. Partout, les participants porteront la même interrogation : quelle place voulons-nous accorder aux animaux, qu’ils soient domestiques, sauvages ou d’élevage ?

Frelon asiatique : un plan national de lutte officialisé

La lutte contre le frelon à pattes jaunes, Vespa velutina, franchit une nouvelle étape. Entériné par la loi du 6 mars 2025, puis précisé par le décret du 29 décembre 2025, le plan national de lutte vient d’être validé par arrêté. Sa déclinaison dans chaque département devra intervenir dans les six mois suivant sa publication au Journal officiel. Cette officialisation doit permettre de structurer une lutte engagée depuis plus de vingt ans contre une espèce invasive désormais largement implantée en France. Depuis l’arrivée du frelon asiatique en 2004, les interventions reposaient principalement sur des initiatives locales, avec des pratiques variables selon les territoires. En l’absence de cadre national, les méthodes de surveillance, de destruction des nids et de prévention ne faisaient pas toujours l’objet d’une coordination suffisante. Le nouveau plan entend remédier à cette situation en donnant une direction commune aux acteurs concernés. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du plan national lancé en 2022 et actualisé en 2024. Elle vise notamment à favoriser le recours à des méthodes validées, à améliorer le partage des connaissances et à renforcer la coordination entre les services de l’État, les collectivités, les professionnels et les autres intervenants de terrain. La présence de Vespa velutina soulève plusieurs problématiques. Le frelon asiatique exerce une pression sur les populations d’abeilles domestiques, dont il capture les individus à proximité des ruches. Cette prédation peut fragiliser les colonies et compliquer le travail des apiculteurs. L’espèce constitue également un enjeu de biodiversité, en raison de son régime alimentaire diversifié et de ses interactions avec les insectes locaux. La sécurité des personnes représente un autre volet de la lutte. La proximité de nids, notamment dans les zones habitées, peut exposer la population à des piqûres, particulièrement lors d’interventions non maîtrisées. La réussite du dispositif dépendra désormais de sa mise en œuvre départementale. Les six prochains mois devront permettre de préciser les responsabilités, les modalités d’intervention et les moyens mobilisables. L’enjeu sera de transformer cette reconnaissance officielle en une action cohérente, fondée sur des pratiques partagées et adaptée aux réalités de chaque territoire.

Sommet de l’Élevage 2026 : quatre jours au cœur du pastoralisme et... des prédateurs

Du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026, le Sommet de l’Élevage retrouvera le parc des expositions de Clermont-Ferrand-Cournon pour sa 35e édition. Le rendez-vous annonce près de 1 800 exposants et environ 2 000 animaux, avec une place importante accordée cette année au pastoralisme, aux systèmes herbagers et aux enjeux de biodiversité. Le programme officiel prévoit par ailleurs 160 conférences, ainsi que de nombreux concours et présentations animales. La première journée sera notamment marquée par les concours bovins. Le concours Aubrac se déroulera au Zénith de 8 h 30 à 11 heures, suivi notamment du concours Parthenais de 11 heures à 12 h 30. L’après-midi, le concours national Limousin prendra place de 13 heures à 17 h 30. Côté conférences, les questions agricoles et territoriales seront au centre des échanges, avec notamment, de 10 heures à midi, une rencontre consacrée aux éleveurs, aux prairies, aux revenus et à l’avenir de la PAC. Le pastoralisme constituera l’un des fils rouges de cette édition. Dès le mardi 6 octobre, une conférence consacrée au « Pastoralisme et Biodiversité » se tiendra de 18 h 30 à 21 heures. Elle abordera notamment le rôle du pâturage dans la biodiversité, l’évolution des paysages et la place des systèmes pastoraux dans les modèles agricoles futurs. Le mercredi 7 octobre, le programme approfondira cette thématique avec une matinée consacrée aux territoires d’élevage et aux systèmes herbagers et pastoraux, de 10 heures à 12 heures. Une autre conférence, de 10 h 30 à 11 h 30, portera sur les dynamiques et les enjeux actuels du pastoralisme. Jeudi 8 octobre, le rôle de l’élevage pastoral dans la préservation des paysages sera notamment abordé de 16 heures à 17 heures. Enfin, vendredi 9 octobre, une conférence consacrée au pastoralisme et aux zones humides se déroulera de 13 h 30 à 14 h 30, avant une projection documentaire sur les estives pyrénéennes de 14 h 30 à 16 heures. Le salon sera ouvert au public de 8 h 30 à 19 heures les mardi 6, mercredi 7 et jeudi 8 octobre, puis de 8 h 30 à 17 h 30 le vendredi 9 octobre.

 

Programme officiel du Sommet de l’Élevage 2026

Climat et impacts humains sur le chevauchement des niches alimentaires entre le bétail et les ongulés sauvages

Alors que les activités anthropiques continuent de s’étendre à l’échelle mondiale, l’empiètement du bétail dans les habitats de la faune sauvage menace de plus en plus les équilibres écologiques, notamment en modifiant les interactions entre espèces. Des millions d’ongulés sauvages partagent désormais les ressources végétales avec les herbivores domestiques, subissant une double pression liée à la concurrence et au stress nutritionnel provoqué par la diminution de la qualité des fourrages. Si de nombreuses recherches ont étudié les interactions potentielles entre espèces sauvages et domestiques, une synthèse quantitative de leur ampleur et de leurs principaux déterminants faisait jusqu’ici défaut. Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse portant sur 57 études évaluées par des pairs, représentant 329 cas, afin d’étudier à l’échelle mondiale le partage des ressources alimentaires entre ongulés sauvages et bétail. Les résultats montrent que les caractéristiques des espèces sauvages ainsi que le type d’élevage influencent significativement l’intensité de cette concurrence. Les conditions climatiques, les précipitations annuelles et l’importance des activités humaines modifient également les relations observées. Les régions polaires et les espèces de grande taille apparaissent particulièrement sensibles aux perturbations anthropiques. À l’inverse, dans les secteurs bénéficiant de précipitations abondantes, les variations d’intensité du partage alimentaire sont moins importantes. Ces résultats montrent que les relations entre herbivores sauvages et domestiques dépendent d’une combinaison de facteurs écologiques et humains. Pour les chercheurs, la conservation doit donc intégrer plusieurs leviers : réduire les perturbations dans les régions polaires, mieux coordonner la gestion du pâturage et la limitation des activités humaines dans les grands habitats d’ongulés, ou encore adapter la composition des troupeaux et l’apport d’aliments complémentaires dans les régions tropicales ou pauvres en eau. Le chevauchement alimentaire ne constitue toutefois qu’un des paramètres à prendre en compte : il doit être croisé avec les autres menaces pesant sur les populations sauvages afin d’obtenir une évaluation plus complète des risques de conservation.

États-Unis : Washington veut « redynamiser le patrimoine cynégétique américain »

Le Boone and Crockett Club, organisation américaine historique engagée dans la conservation de la faune et la défense de la chasse, a salué le décret présidentiel du 17 septembre 2026 intitulé « Reinvigorating America’s Hunting Heritage » (« Redynamiser le patrimoine cynégétique américain »). Le texte a été annoncé lors d’un dîner organisé à la Maison-Blanche en présence de responsables de la conservation, de la chasse et de la pêche. Le décret s’articule autour de plusieurs priorités : faciliter l’accès des chasseurs aux terres fédérales, développer l’éducation et le recrutement de nouveaux pratiquants, favoriser des populations de gibier et accroître le don de viande de gibier. Il demande notamment aux administrations fédérales de proposer des mesures élargissant les possibilités de chasse, de pêche et de tir sur certains terrains publics, tout en prévoyant des actions concernant les habitats, les espèces invasives et certains facteurs limitant les populations de gibier. Le texte prévoit également des mesures en faveur de la formation des jeunes chasseurs et le développement de programmes permettant de distribuer de la venaison aux écoles et aux banques alimentaires. Le Boone and Crockett Club indique vouloir travailler avec les agences concernées sur les espèces dont certaines populations restent fragiles, notamment le cerf mulet et le mouflon d’Amérique. Derrière ces mesures apparaît une conception particulière de la philosophie cynégétique américaine. Depuis Theodore Roosevelt, fondateur du Boone and Crockett Club en 1887, une partie importante du mouvement des chasseurs-conservationnistes défend l’idée que la chasse réglementée peut participer directement au financement, à la gestion et à la protection de la faune. Le principe de « fair chase », ou chasse loyale, constitue l’un des fondements de cette tradition : le chasseur doit rechercher le gibier dans des conditions éthiques, sans avantage déloyal, et considérer l’expérience de chasse comme aussi importante que le prélèvement. Cette vision s’inscrit dans le North American Model of Wildlife Conservation, fondé notamment sur la gestion scientifique des populations, l’accès public à la faune et le principe selon lequel les ressources sauvages constituent un patrimoine collectif.

Abandons : pas de chiens de chasse parmi les profils cités...

Près de 39 000 chiens n’ont pas pu être accueillis en 2025 par les structures de protection animale, faute de places disponibles. C’est l’un des enseignements de la deuxième étude consacrée à l’abandon et à l’adoption, réalisée par la SPA et la Fondation Affinity auprès de 880 structures. Au total, celles-ci ont pris en charge environ 111 000 chiens, majoritairement des adultes. Le profil du chien recueilli est assez éloigné de certaines représentations. L’étude indique une forte présence de molosses, qui représentent 23 % des chiens pris en charge, notamment des Rottweilers ou des American Bully, ainsi que de malinois, à hauteur de 19 %. Ces chiens sont souvent plus difficiles à replacer en raison de leur comportement, des contraintes réglementaires ou des préjugés qui les entourent. Le rapport présente plutôt un chien type de taille moyenne ou grande, croisé et adulte. Il indique également que 37 % des chiens pris en charge proviennent d’un abandon direct par leur propriétaire, tandis que 46 % sont considérés comme des animaux errants. Distinction importante : contrairement aux chats, les chiens arrivent principalement dans les structures à la suite d’une séparation avec leur propriétaire. Les changements de vie, les difficultés financières ou la perte d’autonomie, mais aussi les problèmes de comportement, font partie des motifs régulièrement déclarés. Un élément mérite d’être relevé : les races de chiens de chasse ne figurent pas parmi les profils détaillés par l’étude. Cette absence est d’autant plus notable que le chien de chasse occupe une place importante dans la population canine française. Les chiffres disponibles ne permettent pas de recenser précisément ces animaux, mais les estimations généralement avancées dans le monde cynégétique évoquent environ quatre millions de chiens de chasse ou apparentés, sur un total d’environ huit millions de chiens en France. La France compte par ailleurs près d’un million de pratiquants de la chasse, ce qui donne une idée du nombre de propriétaires de chiens de chasse. Ces animaux sont principalement sélectionnés pour une fonction précise : chiens d’arrêt, courants, broussailleurs, rtetrievers, de terriers, d'ordre, ou chiens spécialisés dans la recherche du gibier blessé.

PPA : les sangliers au cœur des nouvelles règles sur le commerce des viandes de suidés

Face à la progression de la peste porcine africaine (PPA) en Europe, l’administration française rappelle les règles applicables au commerce et aux mouvements des viandes de porcs et de sangliers. Publiée début septembre 2026, l’instruction technique DGAL/SDSSA/2026-531 précise les conditions permettant les échanges depuis les zones réglementées. Le sanglier constitue un enjeu particulier. La PPA, qui ne présente pas de danger pour l’homme, peut en revanche provoquer de lourdes mortalités chez les suidés sauvages et domestiques. Le virus possède par ailleurs une importante capacité de survie dans les produits carnés. Il peut notamment persister plusieurs mois dans de la viande de porc congelée et jusqu’à 300 jours dans certains jambons secs. Cette résistance explique l’importance accordée aux mouvements de viandes. Des produits contaminés peuvent contribuer à diffuser la maladie sur de longues distances. L’un des risques identifiés est celui du « sandwich » : des restes de viande contaminée abandonnés dans la nature peuvent être consommés par des sangliers et participer ainsi à l’introduction du virus dans une population sauvage. Pour les viandes provenant de suidés sauvages, une exigence supplémentaire s’applique : elles doivent être associées à un test de dépistage de la PPA négatif. L’instruction apporte également une précision importante concernant les sangliers chassés. La commercialisation ou la distribution de carcasses en peau de suidés sauvages provenant d’autres États membres touchés par la PPA est désormais interdite dans les circuits non agréés. La règle est encore plus stricte pour les sangliers provenant d’une zone française réglementée vis-à-vis de la PPA : leur entrée sur le territoire est interdite, y compris lorsqu’il s’agit d’un usage domestique privé. Ces dispositions renforcent donc la surveillance des flux de viandes et de carcasses de sangliers, alors que les échanges et déplacements de produits issus de zones contaminées constituent l’un des moyens possibles de propagation de la peste porcine africaine.

La semaine en bref...

- Aisne : les chasseurs ont clairement rejeté la suspension hivernale de l’agrainage du sanglier lors du référendum organisé le 19 septembre par la FDC. Sur les 2 250 votants, 1 433, soit 63,7 %, se sont prononcés contre l’interdiction, tandis que 817 (36,3 %) l’ont approuvée. La participation représente un peu plus de 20 % des quelque 11 000 chasseurs du département. La consultation portait sur une mesure inscrite dans le Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) 2026-2032, approuvé par le préfet en mai dernier. Celle-ci prévoit de suspendre l’agrainage du 15 octobre au 15 février, tout en maintenant la pratique en dehors de cette période selon les conditions prévues par le schéma. Le sujet est particulièrement sensible dans un département où près de 20 000 sangliers ont été prélevés lors de la dernière saison et où les dégâts agricoles indemnisés atteignent environ 2 millions d’euros. La FDC avait défendu cette suspension, considérant que l’agrainage pouvait contribuer au maintien de fortes densités de sangliers. À l’inverse, ses opposants estiment qu’il constitue un outil de dissuasion permettant notamment de limiter les déplacements des animaux vers les cultures. Le résultat du référendum ne supprime pas automatiquement la disposition du SDGC. Le président de la FDC, Nicolas Hansen, a toutefois annoncé qu’il respecterait le vote et porterait auprès de l’administration la demande de levée de l’interdiction.

 

- Allier : depuis 2022, la FDC mène un vaste programme de création et de restauration de mares. Quatre ans plus tard, près de 600 points d’eau ont déjà été réhabilités ou créés dans le département. Et le programme se poursuit, les demandes continuant d’affluer. Pour Jean-Pierre Gaillard, président de la fédération bourbonnaise, chaque mare constitue un véritable petit écosystème : « À chaque fois que vous créez ou restaurez une mare, vous recréez un écosystème favorable aux insectes, aux batraciens, à une espèce rare comme la cistude d’Europe, et à la biodiversité en général ». Ces points d’eau rendent également service à l’agriculture, notamment en offrant des ressources pour l’abreuvement du bétail. Ils bénéficient enfin à la faune chassable en favorisant le retour des oiseaux d’eau, qui disposent ainsi de nouveaux habitats entre cours d’eau et grands étangs.

 

- Ariège : une matinée de chasse mouvementée s’est terminée par un heureux dénouement, dimanche 20 septembre, à La Tour-du-Crieu. Les sapeurs-pompiers ont été appelés après la chute d’un chien de chasse dans un puits situé au milieu d’un champ de maïs. L’animal était prisonnier à environ cinq mètres de profondeur, rendant toute intervention particulièrement délicate. Six sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour mener à bien cette opération de sauvetage, qui aura duré près d’une heure. Compte tenu de la configuration du terrain et de l’accès difficile au puits, les secours ont dû réaliser une manœuvre d’excavation afin d’approcher progressivement l’animal. Chaque étape a été effectuée avec précaution pour éviter de le blesser davantage et garantir la sécurité des intervenants. Les pompiers sont finalement parvenus à atteindre le chien et à le sortir de son piège, sain et sauf...

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