- Doubs : la préfecture a arrêté les modalités du plan de chasse du chamois pour la saison 2026-2027. Le préfet Rémi Bastille fixe un prélèvement compris entre 277 et 331 animaux, contre un plafond de 451 lors de la saison précédente. Cette diminution sensible traduit une volonté d'adapter la gestion de l'espèce à l'évolution des effectifs et des observations de terrain, tout en conciliant préservation de la biodiversité et renouvellement des peuplements forestiers. Les autorités rappellent que le chamois peut exercer une pression sur les jeunes pousses d'essences forestières, notamment les érables, les frênes ou les chênes. L'objectif affiché est donc d'assurer une régénération durable des forêts, enjeu devenu encore plus important dans un contexte de changement climatique et de fragilisation des massifs.
Cette décision est toutefois vivement contestée par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui estime que les populations de chamois ont fortement diminué ces dernières années et souligne le rôle de la prédation naturelle exercée par le lynx dans leur régulation. En abaissant significativement le quota maximal de prélèvement, la préfecture semble avoir privilégié une approche mesurée, cherchant à anticiper l'avenir en ajustant progressivement la gestion de cette espèce emblématique plutôt qu'en maintenant les niveaux de chasse des années précédentes.
- Haute-Garonne : la FDC vient de franchir une nouvelle étape en rejoignant un vaste programme national consacré au suivi des espèces migratrices. Depuis le mois de juin, elle est équipée d'un radar ornithologique installé à son siège de Carbonne, dans le cadre d'un projet d'écocontribution piloté par la FNC. La FDC 31 fait ainsi partie des sept fédérations françaises sélectionnées pour intégrer ce réseau de surveillance de haute technologie. Fonctionnant 24 heures sur 24 et quelles que soient les conditions météorologiques, ce radar est capable de détecter les oiseaux migrateurs, mais aussi les chauves-souris et les insectes. Il enregistre avec précision leur altitude, leur vitesse, leur direction et leurs trajectoires de vol.
Les données recueillies alimenteront le réseau scientifique national AéroRad, qui rassemble déjà plusieurs dizaines de millions de signaux librement accessibles aux chercheurs et au grand public. Après une première analyse par les techniciens de la FDC 31, les informations seront transmises à la FNC afin d'enrichir cette base de connaissances. Au-delà du suivi des migrations, cet équipement permettra d'étudier les effets du changement climatique, de la pollution lumineuse ou encore des parcs éoliens sur les déplacements de l'avifaune, renforçant ainsi les connaissances scientifiques au service de la biodiversité.
- Jura : l'Association communale de chasse agréée (ACCA) de Montrond donne rendez-vous aux chineurs, collectionneurs et habitants du secteur, le dimanche 2 août pour la 34e édition de son traditionnel marché aux puces. Installée sur la place du village, cette manifestation est devenue, au fil des ans, un rendez-vous incontournable de l'été. Comme chaque année, de nombreux exposants proposeront une grande variété d'objets : mobilier ancien, vaisselle, livres, jouets, outils, décoration, vêtements, collections et curiosités en tout genre. Les visiteurs auront ainsi l'occasion de dénicher la perle rare tout en profitant d'une ambiance chaleureuse et conviviale. Les bénévoles de l'ACCA seront mobilisés tout au long de la journée pour assurer l'organisation et accueillir le public dans les meilleures conditions. Avec cette 34e édition, l'association perpétue une tradition locale qui contribue à l'animation du village et au dynamisme de la vie associative...

Aujourd'hui, une fois ces ouvrages supprimés, la situation est radicalement différente. Le niveau de la rivière s'abaisse parfois de plusieurs dizaines de centimètres, voire davantage. L'eau se concentre dans le chenal principal et s'écoule rapidement sur le fond du lit. La surface de contact entre l'eau et les sols diminue fortement. L'infiltration existe toujours, mais dans de nombreux secteurs elle est potentiellement réduite par la baisse du niveau d'eau et par la diminution des zones durablement immergées. Cette réalité est rarement évoquée dans les débats publics, alors même que la France connaît des sécheresses de plus en plus longues et que la recharge des nappes phréatiques devient un enjeu stratégique. Le plus étonnant est que cette politique est justifiée par la nécessité de restaurer une prétendue continuité écologique qui, dans de nombreux cours d'eau, n'avait jamais véritablement disparu. Depuis des décennies, voire des siècles, poissons, amphibiens, insectes, oiseaux, mammifères et végétation ont colonisé l'ensemble des rivières françaises, des confluents jusqu'aux sources. Les écosystèmes observés aujourd'hui se sont construits autour de ces ouvrages anciens, devenus eux-mêmes des habitats pour une biodiversité riche et parfois remarquable. Vouloir effacer systématiquement ces héritages hydrauliques au nom d'une vision uniforme des rivières apparaît comme une approche particulièrement dogmatique. Chaque ouvrage possède sa propre histoire, ses caractéristiques hydrologiques et ses enjeux écologiques. Les traiter indistinctement revient à ignorer la diversité des territoires. À l'heure où l'eau devient une ressource stratégique, la priorité devrait être de ralentir les écoulements plutôt que de les accélérer. Restaurer ou maintenir certaines retenues, lorsqu'elles présentent un intérêt hydraulique et environnemental, pourrait contribuer à soutenir les niveaux d'eau en période sèche, favoriser l'infiltration locale, limiter les assecs et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. Il est temps d'abandonner les réponses idéologiques au profit d'une véritable gestion de bon sens. Avant de poursuivre le démantèlement d'ouvrages parfois pluriséculaires, un bilan scientifique complet de leurs effets sur les nappes, les étiages, les zones humides et la biodiversité devrait être réalisé. Car lorsque l'eau quitte trop vite les territoires, ce sont les rivières, les agriculteurs, les milieux naturels… et finalement tous les usagers qui en paient le prix.
Présentée comme une mesure de bon sens, cette demande relève pourtant davantage de l'affichage militant que de la gestion rationnelle de la faune sauvage. La première réalité est d'ordre écologique. Les incendies ont effectivement détruit 2 200 hectares du massif de Fontainebleau. C'est considérable à l'échelle locale, mais cela représente environ 10 % d'une forêt de plus de 22 000 hectares. À l'échelle nationale, la situation mérite également d'être replacée dans son contexte. Depuis le début de l'année, 43 000 hectares ont brûlé en France. Un chiffre inquiétant, certes, mais rapporté aux 17,5 millions d'hectares de forêts métropolitaines, cela représente moins de 0,25 % du couvert forestier national. La seconde réalité est biologique. Les grands mammifères ne disparaissent pas avec les flammes. Cerfs, chevreuils ou sangliers disposent d'une remarquable capacité de déplacement et rejoignent rapidement les secteurs épargnés, où nourriture, eau et couvert restent disponibles. Les territoires incendiés sont rarement isolés, ils s'inscrivent dans un vaste réseau forestier où les animaux recolonisent progressivement les espaces sinistrés au fur et à mesure de leur régénération. Suspendre la chasse sur de vastes territoires ne ferait d'ailleurs qu'accentuer les déséquilibres. Les animaux survivants se concentreraient dans les massifs voisins, augmentant localement les densités, les dégâts agricoles, les collisions routières et la pression sur la végétation déjà fragilisée. Les plans de chasse, établis chaque année à partir de suivis biologiques précis, perdraient toute cohérence. La gestion adaptative de la faune ne se décide pas sous le coup de l'émotion, mais à partir de données de terrain. Il est d'ailleurs frappant de constater que les mêmes associations qui réclament aujourd'hui un arrêt de la chasse demeurent beaucoup plus discrètes lorsqu'il s'agit d'évoquer les véritables causes de ces catastrophes...
Les territoires les plus fragmentés correspondent aux grands pôles urbains, aux régions d'agriculture intensive, comme les Hauts-de-France ou la Beauce, ainsi qu'aux principaux axes de transport, notamment le couloir rhodanien et les vallées de la Seine, de la Loire et de la Garonne. Routes, autoroutes et voies ferrées constituent de véritables barrières écologiques pour de nombreuses espèces. À l'inverse, les grands massifs forestiers, comme les Landes ou la Sologne, ainsi que les zones montagneuses des Alpes, des Pyrénées, du Massif central ou de la Corse, conservent des espaces naturels plus continus et donc moins fragmentés. Dans les départements d'outre-mer, la fragmentation se concentre principalement sur les zones littorales, soumises à une forte pression urbaine et touristique. L'étude montre également une évolution dans le temps. Entre 1990 et 2000, la fragmentation s'est fortement accélérée avec la construction de nombreuses infrastructures autoroutières et ferroviaires. La taille effective de maille est ainsi passée de 213 km² à 172 km², soit une diminution moyenne de 4,1 km² par an. Depuis le milieu des années 2000, le phénomène se poursuit mais à un rythme beaucoup plus lent, avec une baisse moyenne de seulement 0,3 km² par an. Cette tendance nationale masque toutefois des situations locales contrastées. Certains territoires sont restés relativement stables depuis plus de trente ans. D'autres, à l'image du bocage normand, ont connu une forte dégradation liée à la création ou à l'élargissement de grands axes de communication. Si le ralentissement observé constitue un signal encourageant, les auteurs soulignent que la fragmentation continue de progresser et demeure un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité. La prise en compte de la continuité écologique dans les futurs projets d'aménagement apparaît plus que jamais indispensable afin de préserver les déplacements de la faune et le bon fonctionnement des écosystèmes.
Ancienne responsable du Fonds pour l'environnement mondial puis de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, elle possède une solide expérience internationale. Mais une fois arrivée rue de Grenelle, les grands principes se heurtent à une réalité autrement plus complexe. Le ministère de la Transition écologique ne se résume pas à la biodiversité : il couvre aussi les forêts, l'eau, la chasse, la faune sauvage et entretient de nombreux liens avec l'agriculture. Le dossier de l'acétamipride illustre ces tensions. En défendant une ligne très ferme contre le retour de certaines substances interdites, Monique Barbut s'est attiré les critiques d'une partie du monde agricole, tandis que les organisations écologistes refusent tout recul. Le débat est rapidement devenu politique. L'annonce de sa possible démission, puis son maintien après un entretien avec le Premier ministre, n'ont pas dissipé les interrogations. Cette séquence laisse l'impression d'une autorité fragilisée, à huit mois de l'élection présidentielle, où chaque arbitrage est désormais analysé à travers son impact électoral. Les agriculteurs réclament davantage de stabilité, tandis que les chasseurs attendent un dialogue fondé sur la connaissance des territoires. Les décisions concernant la gestion de la faune sauvage, les arrêtés de chasse ou les missions de l'OFB influencent directement leurs activités. Au-delà de la personne de Monique Barbut, c'est la capacité de l'État à bâtir des politiques publiques équilibrées qui est en jeu. La transition écologique ne pourra réussir ni contre les agriculteurs, ni contre les forestiers, ni contre les chasseurs, pas plus qu'elle ne peut ignorer les impératifs de préservation des écosystèmes. Les prochains mois diront si cette séquence n'était qu'un incident de parcours ou le symptôme d'un ministère dont l'autorité s'est progressivement érodée.
Mais cinq ans après l'entrée en vigueur du dispositif, aucun fichier ne recense les personnes concernées. C'est pour combler cette lacune que l'association Mobilisation pour la cause animale (MCA) demande la création d'un registre national sécurisé recensant les personnes faisant l'objet d'une telle décision de justice. Selon ses promoteurs, ce fichier serait réservé aux seuls professionnels habilités : refuges, fourrières, vétérinaires, éleveurs, animaleries et associations de protection animale. Son objectif ne serait pas de constituer un « casier des propriétaires », mais de permettre à ces structures de s'assurer qu'une adoption, une cession ou une vente ne contrevient pas à une interdiction prononcée par un tribunal. Pour les défenseurs du projet, un tel outil donnerait enfin une véritable efficacité à cette peine. Faute de contrôle, une personne condamnée peut aujourd'hui acquérir un nouvel animal auprès d'un établissement qui ignore son passé judiciaire. La mise en place d'un tel registre devra toutefois respecter les règles relatives à la protection des données personnelles et à la vie privée. C'est pourquoi ses promoteurs préconisent un accès strictement limité aux professionnels autorisés, uniquement dans le cadre de la vérification des décisions judiciaires en vigueur.
Si leurs objectifs sont jugés légitimes, le SEFB regrette l'absence de véritable concertation avec les professionnels de la filière. Le premier constat est simple : près de 75 % des forêts françaises appartiennent à des propriétaires privés. Ce sont les exploitants forestiers qui assurent quotidiennement les travaux de récolte, d'entretien, de renouvellement et de sécurisation des massifs. Renforcer les moyens de l'Office national des forêts ne doit donc pas occulter le rôle essentiel de ces entreprises. Or, leur activité est de plus en plus contrainte. Les normes environnementales, les procédures administratives et les restrictions liées aux espèces protégées réduisent fortement les périodes de travail. Entre les arrêtés préfectoraux pris lors des fortes chaleurs, les limitations imposées pendant plusieurs mois pour préserver la faune et les contraintes liées aux zones protégées, les exploitants disposent de peu de temps pour intervenir. Cette situation soulève une contradiction.
Alors que les incendies deviennent plus fréquents et plus violents, ceux qui entretiennent les parcelles, retirent les arbres dépérissants, évacuent les bois morts et entretiennent les pistes forestières sont régulièrement empêchés d'agir. Selon le SEFB, ce manque d'entretien favorise l'accumulation de combustible et augmente les risques de propagation des feux. À ces difficultés s'ajoutent des enjeux économiques. Les exploitants supportent chaque année des coûts importants liés aux aléas climatiques, tandis que l'application prochaine du règlement européen contre la déforestation (RDUE) alourdira encore les démarches administratives. La création d'une nouvelle REP représenterait, selon eux, une charge supplémentaire pour une filière déjà fragilisée. Le SEFB plaide ainsi pour des mesures pragmatiques : simplifier les procédures, mettre en place un dispositif d'indemnisation des aléas climatiques, reconnaître officiellement le rôle des exploitants dans la prévention des incendies, leur permettre d'intervenir lorsque les conditions le permettent et faciliter l'accès au cadastre pour identifier les propriétaires de parcelles abandonnées. Pour le syndicat, la forêt française ne sera pas préservée par une accumulation de normes, mais grâce à une gestion active, durable et fondée sur l'expertise de ceux qui l'entretiennent au quotidien. Restaurer la confiance envers les professionnels apparaît, selon lui, comme une condition essentielle pour adapter les forêts aux défis climatiques et renforcer leur résilience face aux incendies.
Son objectif est simple : valoriser les chasseurs qui, sur le terrain, innovent et agissent concrètement pour une chasse responsable, moderne et pleinement intégrée aux enjeux environnementaux actuels. Chaque saison, des milliers de bénévoles consacrent du temps et des moyens à restaurer des habitats, aménager des zones favorables à la faune, entretenir les milieux naturels ou développer des projets utiles aux territoires ruraux. Ces initiatives restent pourtant souvent méconnues. La Fondation souhaite aujourd'hui leur offrir la reconnaissance qu'elles méritent. Le jury examinera les 50 premières candidatures complètes reçues avant la date limite. Les projets peuvent être portés par un chasseur individuel, une société de chasse, une association ou tout autre groupement cynégétique. De nombreuses actions peuvent être récompensées, notamment : la création ou la restauration d'habitats favorables à la faune sauvage ; la restauration de zones humides ou de réservoirs de biodiversité ; la mise en place de pratiques cynégétiques innovantes ; les actions de dialogue avec les agriculteurs, les riverains ou les acteurs locaux ; l'ouverture des territoires aux non-chasseurs à travers des animations pédagogiques ; la valorisation locale de la venaison ou toute initiative favorisant une meilleure intégration de la chasse dans la société. Ce prix s'inscrit donc pleinement dans la philosophie de François et Jacqueline Sommer, qui considéraient la chasse comme un engagement au service de la nature. Dès 1968, François Sommer rappelait déjà que les chasseurs avaient la responsabilité de préserver le patrimoine naturel pour les générations futures. Au-delà des 10 000 euros attribués au lauréat, ce Prix constitue une formidable occasion de faire connaître le travail souvent discret mais essentiel des chasseurs engagés au service de la nature. Alors, si vous pensez que votre action peut inspirer d'autres territoires, ne tardez pas : les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 août 2026.
Les racines qui occupaient cette zone ne sont plus alimentées et l'arbre entre en situation de stress hydrique. Cette représentation schématique résume un phénomène aujourd'hui bien connu des scientifiques et des gestionnaires forestiers. Le problème n'est pas uniquement la quantité de pluie tombée au cours de l'année. C'est surtout sa répartition dans le temps. L'alternance de périodes très humides et de longues phases sèches épuise progressivement les arbres. Les forestiers le constatent depuis plusieurs années sur le terrain. Après un hiver correctement arrosé, les arbres semblent repartir normalement. Les feuillaisons sont abondantes, la croissance reprend. Mais lorsque plusieurs semaines de chaleur et d'absence de pluie s'installent, la réserve utile, c'est-à-dire l'eau réellement accessible aux racines, diminue rapidement. L'arbre ferme progressivement ses stomates pour limiter les pertes d'eau. Cette réaction lui permet de survivre, mais elle réduit également la photosynthèse et donc la fabrication des sucres indispensables à sa croissance. La profondeur du système racinaire joue alors un rôle déterminant. Les espèces capables de développer une racine pivotante ou un réseau profond peuvent encore accéder à des réserves situées bien en dessous de la couche desséchée. À l'inverse, les arbres dont les racines exploitent principalement les horizons superficiels souffrent beaucoup plus rapidement dès que ces derniers s'assèchent. Cette différence ne signifie pas qu'un arbre profondément enraciné est à l'abri. Si la sécheresse se prolonge, même les réserves profondes finissent par diminuer. Les chercheurs de l'INRAE rappellent d'ailleurs que lors des sécheresses sévères, le transport de l'eau dans les vaisseaux du bois peut être interrompu par la formation de bulles d'air dans les vaisseaux conducteurs de sève (un phénomène appelé embolie gazeuse), pouvant conduire à la mort de certaines branches, voire de l'arbre tout entier...
Au lendemain du vote, la ministre n'a d'ailleurs laissé planer que peu de doute sur ses intentions. « Dans ma tête, je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui, dans ma tête, je suis partie », aurait-elle confié à plusieurs proches. Le revirement du gouvernement l'aurait profondément surprise. Jusqu'au dernier moment, elle assurait avoir reçu des garanties d'Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu selon lesquelles la disposition introduite par le Sénat serait supprimée. La décision de ne finalement pas déposer d'amendement a précipité sa rupture avec l'exécutif. Cette démission dépasse largement la seule question de l'acétamipride. Elle illustre les contradictions auxquelles se heurte aujourd'hui la politique environnementale française. Face à une agriculture confrontée à une concurrence européenne jugée déloyale, le gouvernement a choisi de privilégier le pragmatisme économique. Une décision saluée par de nombreuses organisations agricoles, qui dénonçaient depuis plusieurs années des distorsions de concurrence pénalisant les productions françaises. Pour le monde rural, cette affaire résonne bien au-delà des seuls pesticides. Les chasseurs connaissent eux aussi ces arbitrages où les réalités du terrain se heurtent régulièrement à une vision idéologique de l'écologie. Gestion du grand gibier, régulation des espèces, entretien des milieux ou lutte contre certaines espèces invasives : autant de dossiers où les considérations scientifiques et économiques sont souvent reléguées derrière des positions de principe. L'épisode Barbut pourrait ainsi marquer un tournant, mais il révèle aussi les profondes fractures qui traversent le gouvernement entre une écologie de conviction et une écologie de gestion, confrontée aux exigences de souveraineté alimentaire, de compétitivité et d'aménagement des territoires.
Les populations des Vosges demeurent particulièrement faibles et isolées, tandis que celles des Alpes du Nord peinent encore à se consolider. Cette fragmentation limite les échanges entre individus, réduit la diversité génétique et fragilise durablement les populations. Le rapport met également en évidence que la première cause de mortalité du lynx reste liée aux activités humaines. Les collisions routières représentent de loin la principale menace identifiée. Plusieurs individus suivis par balise GPS ont ainsi vu leurs déplacements interrompus brutalement après un accident de la circulation, illustrant les difficultés rencontrées par l'espèce lors de ses phases de dispersion. Les auteurs du rapport soulignent donc la nécessité d'améliorer la connectivité écologique entre les différents massifs forestiers. Le développement de passages à faune, la préservation des corridors écologiques et une meilleure prise en compte des déplacements de l'espèce dans les infrastructures routières figurent parmi les priorités pour favoriser sa recolonisation. Espèce discrète et essentiellement nocturne, le lynx boréal joue un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes forestiers en régulant principalement les populations de chevreuils. Sa présence reste cependant très limitée à l'échelle nationale. Si les résultats publiés par l'OFB témoignent d'une dynamique globalement positive, ils montrent également que le retour du lynx en France demeure un processus lent, dépendant autant de la qualité des habitats que de la capacité des territoires à limiter les pressions d'origine humaine. La poursuite du suivi scientifique apparaît ainsi essentielle pour accompagner durablement la conservation de ce grand prédateur emblématique des massifs forestiers français.
Le premier bouleversement concerne la végétation. Avec la remontée progressive des températures, les conditions climatiques typiquement méditerranéennes gagneront plusieurs centaines de kilomètres vers le nord. Des espèces comme le chêne-liège, le chêne kermès, la garrigue ou encore la lavande pourraient s'implanter durablement bien au-delà de leur aire actuelle, jusque dans le centre-est de la France. Cette évolution modifiera profondément la sylviculture. Les forêts de demain ne produiront plus les mêmes essences ni les mêmes qualités de bois. Les débouchés industriels évolueront, obligeant les propriétaires forestiers à adapter leurs modes de gestion et leurs choix de plantations. Les paysages forestiers deviendront également plus sensibles aux sécheresses et aux incendies. La faune ne sera pas épargnée. Parmi les grands bénéficiaires de ces nouvelles conditions figure le sanglier. Espèce particulièrement adaptable, il profitera de milieux plus fermés, d'une alimentation plus abondante grâce à des glandées souvent plus régulières et d'hivers moins rigoureux favorisant la survie des jeunes. Cette dynamique pourrait accentuer encore les populations, avec des conséquences importantes pour l'agriculture, les collisions routières et la gestion cynégétique. À l'inverse, les espèces spécialisées risquent de voir leur espace vital se réduire. En montagne, le recul de l'enneigement favorise déjà la remontée en altitude des cerfs, chevreuils et sangliers, qui trouvent désormais nourriture et conditions favorables sur des secteurs autrefois réservés à la faune alpine. Cette colonisation crée une concurrence nouvelle avec les chamois, isards, mouflons et bouquetins, dont les habitats se restreignent progressivement. À cette compétition s'ajoute la pression exercée par les grands prédateurs, notamment le loup et le lynx, qui exploitent eux aussi ces nouveaux équilibres écologiques. Les espèces montagnardes devront donc faire face simultanément à la réduction de leur territoire, à une concurrence alimentaire accrue et à une prédation plus importante. Le changement climatique ne redistribue donc pas les cartes de manière uniforme. Certaines espèces, très opportunistes, comme le sanglier, devraient tirer profit de cette évolution, tandis que d'autres, plus spécialisées et moins mobiles, pourraient connaître un déclin progressif. Pour les forestiers, les agriculteurs, les gestionnaires d'espaces naturels et les chasseurs, cette transformation impose déjà d'anticiper les nouveaux équilibres. La gestion de la faune et des forêts devra évoluer rapidement afin d'accompagner une nature qui change désormais à un rythme inédit.