Le Conseil d’État a rendu, le 2 mars, deux décisions importantes en matière d’environnement et de biodiversité. La haute juridiction administrative a d’abord annulé un arrêté gouvernemental adopté en juillet 2024 visant à faciliter la création de petits plans d’eau, parfois qualifiés de « microbassines », dans les zones humides. Ce texte avait été pris dans un contexte de forte mobilisation du monde agricole et faisait partie des mesures annoncées pour soutenir les agriculteurs face aux sécheresses de plus en plus fréquentes.
Concrètement, il permettait de créer des plans d’eau de moins d’un hectare, destinés à l’agriculture, à la pêche ou à des activités récréatives, avec de simples démarches déclaratives, en les dispensant de certaines obligations environnementales. Il abrogeait ainsi un arrêté de 2021 qui imposait des conditions beaucoup plus strictes pour toute création de retenue d’eau en zone humide. Saisi par plusieurs ONG, le Conseil d’État a estimé que cette mesure violait le principe de non-régression environnementale inscrit dans la loi de 2016 sur la reconquête de la biodiversité. Selon ce principe, la protection de l’environnement ne peut être affaiblie sans disposition législative explicite. Les juges ont considéré que l’assouplissement de la réglementation « amoindrissait illégalement la protection » des zones humides. Ces milieux naturels jouent en effet un rôle essentiel : ils abritent une riche biodiversité, stockent du carbone, filtrent l’eau et limitent les inondations. Or, 41 % des principales zones humides françaises se sont déjà dégradées entre 2010 et 2020, rappelle la décision.
Dans un autre dossier, le Conseil d’État a également demandé la suspension de la chasse du lagopède alpin pour une durée de cinq ans sur l’ensemble du territoire métropolitain.
Cette décision fait suite aux recours de plusieurs associations de protection de la nature qui dénonçaient l’autorisation de chasser cet oiseau dans certains départements alpins. Les juges estiment que cette pratique n’est pas compatible avec les efforts de conservation de l’espèce, dont les effectifs diminuent depuis plusieurs décennies. Le lagopède alpin, petit gallinacé des montagnes également appelé « perdrix des neiges », vit aujourd’hui en France dans des populations isolées dans les Alpes et les Pyrénées. Depuis 1950, il a disparu d’environ un tiers des communes alpines où il était présent et de plus d’un cinquième des communes pyrénéennes. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin : le réchauffement climatique, qui réduit l’enneigement et modifie son habitat, les aménagements touristiques en montagne et la fréquentation humaine, qui perturbent sa reproduction. La chasse constitue aussi une pression supplémentaire sur une espèce dont le taux de reproduction est souvent trop faible pour compenser les prélèvements. Le Conseil d’État a donc enjoint au gouvernement de prendre un arrêté suspendant la chasse dans un délai de deux mois.

En fin d’été, la reine produit des mâles et de futures reines fécondées. Seules ces dernières survivront à l’hiver pour recommencer le cycle.
Cependant, le piégeage printanier ne suffit pas à enrayer la progression de l’espèce. Certaines années, comme 2024 marquée par une météo humide, ont freiné l’expansion, mais la tendance reste à la hausse, avec parfois trois à quatre fois plus de nids d’une saison à l’autre. De plus, capturer une seule reine ne garantit pas l’absence de nid : toutes ne fondent pas de colonie et certaines s’éliminent entre elles. Il faudrait en capturer plusieurs dizaines pour empêcher réellement l’installation locale. Pour installer un piège, il est conseillé d’utiliser un attractif spécifique du commerce ou un mélange maison composé d’un tiers de vin blanc, d’un tiers de bière et d’un tiers d’eau sucrée ou miellée. L’appât doit être protégé afin d’éviter la noyade d’autres insectes. Les pièges doivent être contrôlés quotidiennement afin de relâcher les espèces non ciblées. L’impact du frelon asiatique sur la biodiversité est préoccupant : il se nourrit notamment d’abeilles et d’autres pollinisateurs, fragilisant les écosystèmes et l’apiculture. Les nids évoluent rapidement, passant au printemps de la taille d’une balle de ping-pong à celle d’un ballon de basket en été. En cas d’observation, il est recommandé de signaler le nid aux plateformes spécialisées et de ne jamais tenter une destruction soi-même. La lutte contre le frelon asiatique repose sur la vigilance collective et l’intervention de professionnels formés.
Les chasseurs ont signalé une forte présence de compagnies, et surtout un nombre important de marcassins, signe d’une reproduction dynamique et d’un potentiel de renouvellement élevé. Cette vitalité appelle toutefois à la vigilance : une population en croissance rapide peut générer des dégâts agricoles accrus et nécessiter une gestion fine et réactive. Du côté des grands cervidés, les prélèvements ont été jugés bons et globalement conformes aux objectifs fixés en début de saison. Néanmoins, ils semblent légèrement en retrait par rapport à la saison précédente. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution : conditions météorologiques, pression de chasse mieux répartie, ou encore modification des habitudes de déplacement des animaux. Il conviendra d’analyser plus précisément les données pour ajuster, si nécessaire, les plans de gestion à venir. Pour les chevreuils, la situation apparaît plus préoccupante. La perte de densité constatée au printemps dernier s’est confirmée au fil de la saison. Les observations répétées d’un nombre plus réduit d’animaux, ainsi que des tableaux en baisse, traduisent une fragilité locale qu’il faudra suivre attentivement. Les causes peuvent être multiples : pression sanitaire, prédation, conditions climatiques défavorables au moment des naissances, ou encore évolution des milieux. Une attention particulière devra être portée au suivi des populations dans les mois à venir...
Strictement piscivore, le balbuzard est un rapace spécialisé. Il patrouille au-dessus des lacs, rivières et lagunes, puis plonge serres en avant pour capturer un poisson qu’il repositionne en vol, tête vers l’avant, afin de réduire la résistance de l’air. Biologiquement, l’espèce présente des adaptations remarquables : doigts réversibles permettant une prise efficace, serres fortement courbées et plumage dense limitant la pénétration de l’eau. Migrateur au long cours, il hiverne en Afrique subsaharienne avant de revenir nicher en France, principalement dans des forêts proches de zones humides ou sur les falaises corses. Classé vulnérable sur la liste rouge nationale de l’UICN, il voit sa population continentale progresser, mais la population corse demeure précaire. Le pygargue à queue blanche, plus massif, adopte un régime opportuniste : poissons, oiseaux d’eau, petits mammifères et charognes. Son envergure impressionnante et sa silhouette massive déclenchent souvent la panique des anatidés lorsqu’il survole un étang. Il installe son aire dans de grands arbres en forêts calmes, à proximité immédiate de vastes plans d’eau. Espèce longévive, à maturité sexuelle tardive, il se reproduit lentement, ce qui rend chaque couple particulièrement précieux. Encore très rare en France, il est classé en danger critique sur la liste rouge des oiseaux nicheurs. Le PNA vise donc à sécuriser durablement son installation et à favoriser une cohabitation apaisée avec les activités humaines.
L’objectif est d’identifier les méthodes permettant de détecter le greenwashing à proximité des programmes d’information. Depuis janvier 2025, l’Observatoire mesure aussi la mésinformation climatique dans les médias audiovisuels français. À l’aide d’outils semi-automatisés et d’une vérification assurée par Science Feedback, il recense les principaux récits trompeurs liés au climat. En 2025, 665 cas de mésinformation climatique ont été détectés, soit une moyenne de 13 par semaine. Ces épisodes ont été particulièrement nombreux lors des débats sur la stratégie énergétique française. Sur le plan éditorial, l’année 2025 révèle des écarts marqués entre médias. La couverture environnementale oscille entre 2 % et 5 % du temps d’antenne selon les chaînes, l’audiovisuel public affichant globalement les meilleurs résultats. La COP 30 illustre cette asymétrie : RFI et France Info Radio l’ont couverte respectivement 18 et 5 fois plus que CNews. Malgré une actualité dense (canicules estivales, débats sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, loi Duplomb), les enjeux environnementaux n’ont représenté que 4,9 % du temps d’antenne en 2025, un niveau proche de 2023. Les sujets liés à la biodiversité atteignent toutefois un record de 2,6 %. Quant aux causes des canicules, elles demeurent marginales dans les traitements médiatiques, représentant moins de 10 % des contenus consacrés au changement climatique durant ces épisodes.
Elle impose notamment la désignation de zones de protection spéciale (ZPS). La directive Habitats a complété ce dispositif en instaurant le réseau Natura 2000, aujourd’hui le plus vaste réseau coordonné d’aires protégées au monde. Ce réseau couvre environ 18 % des terres de l’Union européenne et près de 10 % de ses zones marines, soit plus de 27 000 sites. Ces textes ont déjà fait l’objet d’un « contrôle d’aptitude » en 2016. À l’époque, la Commission avait conclu qu’ils restaient « adaptés à leur objectif », tout en soulignant d’importantes lacunes dans leur mise en œuvre. Selon les derniers rapports européens sur l’état de la nature, près de 80 % des habitats d’intérêt communautaire sont encore jugés en état de conservation défavorable, et environ 40 % des espèces d’oiseaux présentent un déclin à long terme dans l’UE. Le « test de résistance » prévu en 2026 examinera plusieurs enjeux contemporains : adaptation au changement climatique, sécurité alimentaire, compétitivité économique, résilience des territoires, évolution de la jurisprudence et besoin de sécurité juridique. Il ne s’agit pas officiellement d’une révision législative, mais d’une évaluation approfondie de la robustesse du cadre existant face aux nouveaux défis. Toute évolution pourrait avoir des conséquences directes sur la gestion des habitats, la désignation des sites Natura 2000 ou les listes d’espèces chassables. Les organisations représentatives du secteur cynégétique, comme la FACE (Fédération des associations de chasse et de conservation de la faune sauvage de l’UE), suivront donc étroitement ce processus. L’enjeu dépasse la seule question de la chasse : il concerne l’équilibre entre conservation de la biodiversité, activités rurales et objectifs climatiques. Le rendez-vous de 2026 pourrait ainsi redéfinir, à la marge ou plus profondément, le cadre européen de protection de la nature pour les décennies à venir.
pollinisation, régulation des populations, fertilité des sols, qualité de l’eau ou encore stockage du carbone. La biodiversité constitue également un pilier de nombreuses activités humaines, qu’il s’agisse de l’agriculture, de la chasse, de la pêche, de la santé ou du tourisme, et participe directement au bien-être des sociétés. Pourtant, cette richesse naturelle est aujourd’hui gravement menacée. La destruction et la fragmentation des habitats, le changement climatique, la pollution, la surexploitation des ressources naturelles et le commerce illégal d’espèces sauvages accélèrent le déclin de nombreuses populations animales et végétales. Selon les estimations internationales, des milliers d’espèces sont actuellement en danger d’extinction, souvent à un rythme sans précédent dans l’histoire récente de la planète. La Journée mondiale de la vie sauvage est ainsi l’occasion de mettre en lumière les actions de conservation menées à différentes échelles. Aires protégées, programmes de surveillance des espèces, restauration des habitats, lutte contre le trafic illégal ou encore recherche scientifique sont autant de leviers mobilisés pour préserver la biodiversité. Cette journée rappelle aussi l’importance d’une approche intégrée, reliant la santé des écosystèmes à celle des animaux domestiques et des êtres humains. Au-delà des politiques publiques et des initiatives scientifiques, chacun peut agir à son niveau. Consommer de manière responsable, soutenir des projets de conservation, limiter son impact environnemental ou s’informer sur les enjeux liés à la biodiversité sont des gestes concrets qui contribuent à la protection de la vie sauvage. Le 3 mars est donc bien plus qu’une date symbolique : c’est un appel collectif à reconnaître que préserver la faune et la flore sauvages, c’est aussi préserver notre avenir commun.
Ouverte à tous, l’initiative mobilise collectivités, écoles, associations, entreprises, habitants et acteurs ruraux autour d’un objectif commun : dépolluer les milieux naturels et sensibiliser le public à l’impact des déchets. Devenue la plus grande opération nationale de collecte, JLNP a connu une croissance continue : 89 000 participants en 2023, 140 000 en 2024 et 150 000 en 2025, dont 44 000 enfants. L’an dernier, plus de 17 000 m³ de déchets ont été retirés dans 93 départements. L’édition 2026 ambitionne d’aller plus loin encore, avec l’entrée de nouveaux territoires comme La Réunion et un maillage renforcé de points de collecte accessibles via une carte interactive en ligne. Soutenue par de nombreux partenaires institutionnels et associatifs, dont l’Office français de la biodiversité, l’Office national des forêts, Communes Forestières France, Gestes Propres ou encore Adivalor, l’opération illustre une coopération élargie entre acteurs publics, privés et bénévoles. Des entreprises spécialisées dans les activités de nature et des fédérations sportives ou cynégétiques contribuent également à cette mobilisation. Pour la FNC, cette opération démontre que la protection de l’environnement dépasse les clivages et rassemble bien au-delà du monde de la chasse. L’événement vise ainsi à créer un lien entre tous les usagers de la nature et à encourager une responsabilité partagée face à la pollution.
Occupant près d’un tiers du territoire national, la forêt française constitue un atout écologique, économique et paysager majeur. Mais les équilibres sur lesquels elle reposait sont fragilisés par la multiplication des sécheresses, des incendies, des ravageurs et des maladies. Pour la ministre, l’enjeu est clair : adapter dès aujourd’hui les forêts pour garantir leur avenir. Première priorité : le renouvellement forestier et la diversification des essences. L’État concentrera ses efforts sur la reconstitution des peuplements fragilisés, notamment dans les zones sinistrées par les incendies ou touchées par des dépérissements massifs.
Les aides publiques seront mieux ciblées vers les situations les plus urgentes, tout en accompagnant propriétaires publics et privés vers une sylviculture plus durable et résiliente. Le renforcement de la souveraineté nationale en semences et plants forestiers fait également partie des axes stratégiques. La prévention des incendies constitue le deuxième pilier de l’action gouvernementale. Face à des feux plus fréquents et plus intenses, la mise en œuvre effective des obligations légales de débroussaillement devient une priorité nationale afin de protéger populations, habitations et massifs forestiers. Sur le plan opérationnel, la ministre a annoncé la réouverture immédiate du guichet de renouvellement forestier du programme « France Nation Verte », garantissant la continuité des soutiens financiers. Un nouveau cahier des charges, applicable à partir du 1er juillet 2026, intégrera davantage les enjeux d’adaptation climatique. Un appel à manifestation d’intérêt, piloté par l’ADEME, soutiendra par ailleurs des expérimentations territoriales en gestion forestière. Enfin, les travaux visant à sécuriser juridiquement les interventions forestières seront accélérés, au niveau national comme européen. Objectif affiché : faire de la forêt un pilier durable de la souveraineté écologique et économique française. (Photo Fransylva)
La manœuvre, rendue délicate par l’étroitesse du trou et la profondeur importante, a nécessité l’utilisation de techniques spécifiques de progression sur corde. Après avoir atteint le chien, les secours ont procédé à son hissage vers la surface. L’animal a été récupéré sain et sauf et remis à son propriétaire. L’intervention s’est déroulée sans incident et n’a pas nécessité de prise en charge vétérinaire immédiate.
Depuis que la chasse est rattachée à l’écologie, elle est d’abord regardée comme une variable d’ajustement de la biodiversité, une activité à encadrer, parfois à restreindre, rarement à valoriser. La séquence politique récente n’a fait qu’exacerber les crispations. L’arrivée de l’ancienne présidente de WWF France, Monique Barbut, au gouvernement, puis la nomination de Anne Le Strat à l'OFB, ont été lues par certains acteurs cynégétiques comme le signe d’un durcissement assumé. Faut-il s’en étonner ?
Un ministère dont la boussole est la protection de la nature peut-il, sans ambiguïté, porter aussi la voix des chasseurs ? Peut-on être à la fois arbitre et partie, gardien et partenaire ? Les chasseurs ne contestent pas l’exigence écologique, mais ils rappellent qu’ils financent massivement la gestion des milieux, qu’ils entretiennent et réimplantent des haies, restaurent des zones humides, suivent les populations. Pourtant, l’image publique de notre ministère de tutelle reste celle d’un organe répressif, avec ses contrôles, ses sanctions, ses fermetures anticipées et ses interdictions. Mais le débat ne porte pas seulement sur une ligne budgétaire ou un organigramme. Il interroge sur la place de la ruralité dans la décision publique. Qui parle au nom des territoires ? Qui fixe les équilibres ? Si la chasse est d’abord un outil de gestion, elle est aussi un fait culturel, malheureusement abordé actuellement uniquement sous l’angle de la contrainte. La fracture est là : dans ce sentiment diffus d’être jugé, plus qu’écouté...
Ces dynamiques varient fortement dans le temps et dans l’espace, rendant leur compréhension essentielle pour la gestion des risques sanitaires. L’interface entre le sanglier (Sus scrofa) et le porc domestique (Sus scrofa domesticus) constitue un cas emblématique. La propagation mondiale de la peste porcine africaine (PPA) a mis en évidence le rôle central du sanglier dans le maintien et la diffusion de pathogènes affectant les élevages, avec des conséquences économiques majeures. Au-delà de la PPA, le sanglier est porteur de multiples agents infectieux, dont certains zoonotiques, le plaçant au cœur des circulations pathogènes entre faune, élevage et humains. Cette interface demeure pourtant moins étudiée que d’autres systèmes faune–bétail en Europe. Or, la diversité des systèmes d’élevage porcin, allant d’unités confinées à des exploitations avec accès extérieur, influence fortement la perméabilité de l’interface. Les fermes peuvent constituer des points d’attraction pour les sangliers, notamment en raison de ressources alimentaires accessibles ou de signaux olfactifs liés aux porcs domestiques, favorisant des visites répétées susceptibles d’augmenter les risques de contamination environnementale ou de transmission directe...