- Alpes-de-Haute-Provence : le Tribunal administratif de Marseille a suspendu, les 8 et 9 octobre 2026, la chasse au lièvre variable, au tétras-lyre et à la perdrix bartavelle dans le département, pour la saison 2026-2027. Les décisions ont été prises à la suite de recours déposés par l’association One Voice. Pour le lièvre variable, le tribunal a notamment retenu l’état de conservation défavorable de l’espèce. Celle-ci est classée « quasi menacée » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le juge s’est également appuyé sur une étude de l’Office français de la biodiversité (OFB), publiée en mai 2026, faisant état d’une aire de répartition en recul et fragmentée.
L’absence de plafond maximal de prélèvements dans l’arrêté préfectoral a également été relevée. De son côté, la FDC souligne que cette chasse reste limitée à une petite vingtaine de communes de montagne et concerne peu de pratiquants. Selon ses données, les prélèvements de lièvres variables ont oscillé entre 25 et 37 individus par saison lors des trois dernières campagnes cynégétiques.
- Ariège : la consanguinité est devenue un argument central des défenseurs de l’ours dans les Pyrénées. Selon eux, malgré l’augmentation des effectifs, la population resterait génétiquement fragile, ce qui rendrait indispensable l’introduction de nouveaux individus. Mais entre constat scientifique et conclusion politique, il existe un pas qu’il convient de ne pas franchir trop rapidement. La génétique d’une population ne se résume pas au nombre d’animaux recensés. Elle dépend aussi de leur diversité génétique, du nombre d’individus qui se reproduisent effectivement, des liens de parenté et de la circulation des animaux entre groupes. La consanguinité constitue donc un indicateur pertinent, mais elle ne peut être interprétée isolément ni servir, à elle seule, de justification automatique à de nouveaux lâchers. L’exemple des chamois de Nouvelle-Zélande mérite d’être rappelé. Introduits au début du XXe siècle à partir de deux couples, dont un mâle est mort au cours du voyage, les trois survivants sont à l’origine d’une population de plusieurs millions d’individus. Cette expansion démontre qu’une population issue d’un nombre limité d’animaux peut connaître un développement démographique important. Avant toute décision, les pouvoirs publics doivent donc rendre accessibles les données, préciser les indicateurs retenus et comparer les scénarios de gestion. Quel bénéfice génétique attendre de nouveaux lâchers ? Quels risques et quelles conséquences pour les territoires concernés ? Ces questions méritent des réponses documentées.
- Gironde : le banc d’Arguin, situé à l’entrée du bassin d’Arcachon, a encore diminué entre mars et septembre 2026. Selon les dernières mesures communiquées par la Réserve naturelle nationale du banc d’Arguin, sa surface émergée a reculé de 11 % sur cette période, malgré un été marqué par une faible houle.
Cette évolution s’inscrit dans un phénomène d’érosion observé depuis plusieurs années. Benoît Dumeau, conservateur de la réserve naturelle, précise qu’Arguin s’érode depuis cinq ans et que cette évolution est devenue récurrente. Situé entre la dune du Pilat et la presqu’île du Cap Ferret, le banc est soumis aux effets de la houle et des tempêtes, qui contribuent à remodeler ses contours et à fragmenter ses surfaces émergées. La réduction du banc affecte également les espaces disponibles pour la faune et l’accueil du public. Selon les informations rapportées, il ne reste que quatre îlots de végétation utilisés par les oiseaux, tandis que les espaces nécessaires à l’installation des cabanes d’accueil estivales ont disparu. Les prochaines tempêtes hivernales constituent une nouvelle échéance à surveiller pour suivre l’évolution du site. Les mesures de septembre confirment en tout cas la poursuite de la réduction du banc, sans permettre à elles seules de déterminer son évolution future...
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