Bas-Rhin
Un cerf à l’architecture originale
Prélevé le 17 décembre dernier sur le massif forestier de Schirmeck, ce cerf âgé d’environ 8 à 9 ans présente une architecture de bois particulièrement remarquable. Dès le premier regard, c’est la symétrie générale du trophée qui frappe, avec des merrains bien équilibrés et une harmonie globale peu fréquente chez des animaux de cet âge. Les chevillures, longues et élégamment recourbées à leurs extrémités, apportent de la hauteur à l’ensemble, tandis que les andouillers d’œil, très développés, renforcent l’impression de puissance. Plus singulière encore est la présence de surandouillers également longs et recourbés, mais dont la croissance semble légèrement désaxée par rapport aux andouillers d’œil. Cette dissymétrie subtile, loin de nuire à l’esthétique, confère au trophée une allure dynamique et presque sculpturale. On retrouve ici un exemple typique de ces cerfs vosgiens dont la richesse alimentaire et la qualité du biotope permettent l’expression de formes originales.
Charente
Un beau brocard de la vallée du Né
Prélevé en juillet 2025 sur la commune de Péreuil, au cœur de la vallée du Né, ce brocard tiré par Clément Lache présente des mensurations solides et homogènes. Avec un poids net de 452 g, un volume de 175 ml et des perches mesurant respectivement 19,4 cm et 21,6 cm, ce chevreuil s’inscrit dans une belle moyenne régionale, témoignant d’un milieu favorable et d’une bonne maturité de l’animal. Si les meules apparaissent peu marquées, ce qui limite légèrement l’impression de puissance à la base des bois, l’ensemble conserve une certaine élégance. Les critères de beauté, tels que la coloration, le grain et la qualité des pointes, se situent dans une moyenne correcte. Toutefois, on remarquera une particularité intéressante : le merrain gauche ainsi que l’andouiller antérieur présentent une discrète mini-fourche sommitale, ajoutant une touche d’originalité au trophée. Ce détail reflète les variations naturelles fréquentes chez le chevreuil. Avec une cotation finale de 117,95 points, ce brocard constitue un très bel exemplaire charentais, à la fois équilibré et singulier, représentatif des animaux de qualité.
Ardennes
Un magnifique solitaire
Tiré le 7 février dernier sur le territoire de la commune d’Omicourt, dans la vallée de la Bar, ce sanglier solitaire prélevé par Bastien Perrachi présente des caractéristiques impressionnantes. Ce ragot, peut-être même quartanier, se distingue par la qualité et le développement de ses défenses, mesurant 20,6 cm et 20,3 cm de longueur, pour une largeur respective de 24,4 mm et 24,8 mm. Les grès, bien marqués, affichent une circonférence de 6,9 cm à gauche et 6,8 cm à droite, traduisant une usure régulière et un bon équilibre de la dentition. La courbure harmonieuse des défenses, associée à celle des grès, a permis l’attribution de points de beauté, renforçant la valeur esthétique du trophée. Avec une cotation finale de 110,95 points, ce sanglier constitue un trophée de grande qualité, illustrant la richesse cynégétique de ce territoire vallonné et boisé.
Indre
Vieux six cors régulier
Ce cerf âgé de plus de 10 ans présente une architecture typique de six cors, mais avec une régularité qui mérite d’être soulignée. Les deux merrains, solides et bien implantés, portent chacun un andouiller d’œil et un surandouiller harmonieusement développés. L’ensemble s’inscrit dans une symétrie presque parfaite, rare chez des animaux ayant atteint un âge avancé. Cette régularité témoigne d’une croissance stable au fil des années, sans accident majeur ni carence notable. Les bois, bien que ne comportant pas un nombre élevé de cors, dégagent une impression de force tranquille et de maturité. Ce type de trophée illustre parfaitement la notion de qualité, où l’équilibre des formes prime sur la multiplication des pointes. Dans les forêts de l’Indre, connues pour abriter une population de cervidés bien implantée, ce genre d’animal constitue un objectif recherché.
Moselle
Un bon cerf du massif de la Canner
Situé à l’est de Thionville, le massif forestier de la Canner constitue un territoire particulièrement propice au développement des cervidés. Alternant boisements et plaines agricoles riches, ce biotope offre aux cerfs des conditions idéales pour atteindre une belle maturité. Chaque saison, les prélèvements réalisés permettent d’observer des sujets de grande qualité, à l’image de ce 14 cors remarquable. Ce cerf se distingue par ses bois noirs, bien développés et massifs, témoignant d’une excellente minéralisation. L’architecture générale est harmonieuse, malgré une cassure visible sur le surandouiller droit, probablement due à un choc ou à un accident en période de croissance. Cette imperfection n’altère que légèrement l’esthétique globale du trophée. Avec une cotation de 187,22 points, ce cerf a été classé meilleur trophée de Moselle pour la saison 2025/2026. Il illustre parfaitement le potentiel du massif de la Canner et le travail de gestion mené par les acteurs locaux. Ce type d’animal confirme l’importance d’une gestion durable, permettant de concilier équilibre écologique et qualité cynégétique.
Aisne
Un six pointes tout en massif
Tiré le 22 juillet 2024 sur un domaine militaire de l’Aisne par Pierrick Moncourtois, ce six-pointes se distingue avant tout par sa masse impressionnante. Avec un volume de 155 ml et un poids net de 455 g, ce brocard présente une densité remarquable, traduisant des conditions de vie favorables et une bonne alimentation. Les merrains, particulièrement épais, sont aplatis dans leur partie sommitale, conférant au trophée une silhouette robuste et peu commune. La fourche droite, composée de trois pointes, ajoute une touche d’originalité à l’ensemble, rompant avec la symétrie classique attendue chez un six-pointes. Ce type de trophée met en avant l’importance de la masse plutôt que de la longueur ou de la finesse des bois. Il illustre également la variabilité morphologique du chevreuil, espèce capable de produire des formes très diverses selon les individus et les milieux. Avec une cotation de 110,60 points, ce brocard constitue un très bel exemple de trophée massif, apprécié pour sa puissance visuelle et son caractère atypique.
Meuse
Un cerf original
Prélevé dans le centre du département, ce cerf présente une tête particulièrement atypique, digne d’intérêt. Le bois droit affiche une architecture classique de 14 cors, avec des andouillers fortement développés et une empaumure en double fourche légèrement décalée, offrant un aspect à la fois puissant et élégant. En contraste total, le bois gauche révèle une structure beaucoup plus irrégulière. Surmonté d’une empaumure à trois épois, il ne présente pas de chevillure identifiable. Sa base est constituée d’un amas osseux dense, duquel émerge un andouiller d’œil dédoublé dès son insertion, formant une excroissance singulière. Cette dissymétrie marquée peut être liée à un traumatisme ancien ou à une anomalie de croissance, phénomène relativement rare mais bien connu chez les cervidés. Elle confère au trophée une valeur unique, bien au-delà des critères habituels de cotation. Ce cerf incarne parfaitement l’imprévisibilité de la nature et fascine par son caractère hors norme, rappelant que certains trophées valent avant tout par leur singularité.