Deux ans après son lancement, la Stratégie nationale biodiversité 2030 confirme une dynamique réelle, mais encore insuffisante face à l’ampleur du déclin du vivant. Pilier de la politique environnementale française, elle s’inscrit dans la continuité des engagements européens et internationaux, notamment le cadre mondial adopté lors de la COP15 biodiversité de Montréal, qui fixe l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Sur le terrain, les avancées sont tangibles.
La France a poursuivi l’extension de ses aires protégées, qui couvrent désormais près de 33 % du territoire terrestre et plus de 30 % des espaces marins, même si les zones bénéficiant d’une protection forte restent encore limitées. En parallèle, les opérations de restauration écologique se multiplient : réhabilitation de zones humides, renaturation de cours d’eau, replantation de haies et adaptation des pratiques forestières. Ces actions contribuent également à la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, renforçant la résilience des territoires face aux sécheresses, aux inondations et aux épisodes climatiques extrêmes.
La réduction des pressions sur la biodiversité constitue un autre levier majeur. Des efforts sont engagés pour diminuer l’usage des produits phytosanitaires, restaurer les continuités écologiques et limiter l’artificialisation des sols, avec l’objectif de « zéro artificialisation nette » à horizon 2050. Les collectivités locales jouent un rôle central, soutenues par des financements publics pour des projets de désimperméabilisation, de végétalisation urbaine et de reconquête des friches. Malgré ces progrès, les indicateurs scientifiques restent préoccupants. Selon l’OFB, près d’un tiers des espèces évaluées en France sont aujourd’hui menacées ou en déclin. Les populations d’oiseaux des milieux agricoles ont chuté de plus de 30 % en trente ans, tandis que les insectes pollinisateurs continuent de disparaître à un rythme alarmant. Face à ce constat, l’enjeu est désormais de changer d’échelle. La stratégie vise non seulement à stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2030, mais aussi à inverser durablement la tendance. Cela implique de mobiliser l’ensemble des acteurs — État, entreprises, collectivités et citoyens — et de transformer en profondeur les modèles économiques.