La mise en œuvre de la loi de février 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels entre désormais dans une phase opérationnelle, à quelques mois de son échéance. En Sologne, un premier comité de suivi citoyen local s’est réuni le 20 avril 2026 à Aubigny-sur-Nère, sous l’impulsion du député François Cormier-Bouligeon. Cette instance, composée d’une trentaine de participants — représentants de l’État, élus, associations et acteurs cynégétiques — vise à suivre concrètement l’application du texte sur le terrain. La loi impose des règles strictes aux clôtures en milieu naturel : hauteur maximale de 1,20 mètre, surélévation de 30 centimètres du sol et matériaux permettant la libre circulation de la faune. Environ 4 000 kilomètres de clôtures sont recensés en Sologne. Celles installées entre 1993 et 2023 doivent être mises en conformité avant le 1er janvier 2027, tandis que les installations plus récentes doivent déjà respecter ces normes. À neuf mois de l’échéance, les autorités constatent encore des résistances. Plusieurs propriétaires invoquent les dérogations prévues par la loi, au nombre de dix, parfois de manière contestée. Les services de l’État ont déjà engagé des contrôles : une dizaine de procédures judiciaires ont été ouvertes et plusieurs procès-verbaux dressés. Les sanctions prévues sont importantes, pouvant aller jusqu’à 150 000 euros d’amende, trois ans d’emprisonnement et le retrait du permis de chasse. Au-delà des aspects réglementaires, la question de la gestion des populations animales constitue un enjeu majeur. L’ouverture progressive des enclos pourrait entraîner la libération d’animaux élevés pour la chasse, notamment des sangliers en forte densité. Des inquiétudes existent également concernant la présence d’espèces non indigènes, susceptibles de perturber les équilibres écologiques. Les autorités envisagent des opérations de recensement et des plans de gestion adaptés. Cette première réunion marque une étape dans la coordination entre acteurs publics et locaux. Elle intervient dans un contexte où l’application effective de la loi reste un défi, malgré une forte attente en matière de biodiversité, de sécurité et de préservation des paysages.