- Dordogne : à Périgueux, l’émotion était palpable lors de l’assemblée générale de la FDC. Après près de vingt ans à sa tête, Michel Amblard a annoncé son départ, invoquant une santé fragilisée. « Je n’ai pas vu le temps passer », a-t-il confié, marquant la fin d’un mandat débuté en 2007 et qui devait se poursuivre jusqu’en 2028. La décision a suscité une vive émotion. Dans la salle de la Filature, les chasseurs se sont levés pour lui offrir une longue ovation, saluant un président unanimement respecté pour son engagement et sa proximité avec le terrain. Son action aura notamment été marquée par la défense du monde cynégétique et la gestion de dossiers sensibles liés à la faune et aux territoires. La préfète Marie Aubert a tenu à lui rendre hommage en lui remettant la médaille de la préfecture, soulignant « une carrière exemplaire » et son rôle structurant pour la fédération. Ce départ ouvre une nouvelle page pour les chasseurs de Dordogne, appelés à élire une nouvelle gouvernance dans un contexte où les enjeux environnementaux et sociétaux liés à la chasse restent particulièrement sensibles.

 

- Eure-et-Loir : l’Office national des forêts (ONF) a décidé de ne pas reconduire l’expérimentation d’un rideau plastique de près de deux kilomètres, installé en forêt domaniale de Dreux, à la demande d’un équipage de chasse à courre. Cette décision intervient après plusieurs mois de contestation, marqués notamment par une mobilisation citoyenne importante. Mis en place fin 2025, ce dispositif, une bâche de trois mètres de haut, visait à orienter les déplacements du grand gibier afin d’éviter leur fuite vers des zones sensibles comme les routes ou les habitations. L’expérimentation, autorisée pour un nombre limité de journées de chasse, avait été validée sur le plan réglementaire, avec l’appui de l’OFB. Si l’ONF reconnaît une certaine efficacité technique du dispositif, son bilan met en avant une incompatibilité avec les usages multiples de la forêt. La bâche a été perçue comme une forme d’artificialisation du milieu, altérant l’expérience des usagers. De fait, son installation le long d’un sentier de grande randonnée très fréquenté a suscité de nombreuses critiques, d’autant que les randonneurs et acteurs locaux n’avaient pas été consultés. Au final, cette expérimentation illustre les limites de dispositifs trop intrusifs en milieu ouvert. D’autres solutions, plus discrètes, existent pour concilier sécurité, chasse et fréquentation du public sans perturber les randonneurs.

 

- Hérault : le tribunal judiciaire de Béziers a rendu une décision nuancée dans un litige opposant une propriétaire de chat à son voisin, autour de la question de la divagation animale. En juillet 2024, la propriétaire du chat avait été assignée après que son chat ait été accusé de dégradations et de nuisances sur une propriété voisine. En janvier 2025, une première décision avait condamné la dame à verser 1 250 € de dommages et intérêts, assortis d’une obligation d’empêcher les intrusions de l’animal, sous peine d’une astreinte financière journalière. Cette décision a toutefois été réexaminée. Le tribunal a finalement assoupli sa position, reconnaissant que le comportement du chat relève de sa nature. Les juges ont estimé qu’imposer des mesures strictes pour empêcher toute divagation pouvait porter atteinte au bien-être de l’animal, difficilement compatible avec ses besoins comportementaux. Si la responsabilité du propriétaire n’est pas totalement écartée, cette décision marque une prise en compte plus fine des spécificités de l’espèce féline dans l’application du droit, en cherchant un équilibre entre troubles de voisinage et respect de l’animal.

 

- Loire : À Montbrison, l’assemblée générale de la FDC a été animée. Son président, Gérard Aubret, a défendu une ligne ferme sur plusieurs sujets sensibles, en particulier la présence du loup dans le département. Selon lui, l’installation du prédateur était prévisible, avec une progression naturelle d’est en ouest. Des indices, comme la baisse des populations de chevreuils observée depuis plusieurs années, auraient dû alerter plus tôt. Si la présence du loup est désormais admise, Gérard Aubret refuse catégoriquement que les chasseurs soient mis à contribution pour les dégâts causés : « Les chasseurs ne paieront pas pour les dégâts des loups ». Il critique également la complexité administrative encadrant les tirs et s’oppose à l’idée de former des chasseurs pour cette mission, qu’il estime relever des louvetiers mandatés par l’État. Autre point de tension : les dégâts de sangliers. Malgré les critiques du monde agricole, il souligne la forte mobilisation des chasseurs, avec des prélèvements dépassant les objectifs fixés. Il craint toutefois une rupture du dialogue avec les agriculteurs, dans un contexte national déjà tendu. Enfin, la fédération s’engage dans plusieurs études, notamment sur le déclin du lièvre et la baisse du nombre de chasseurs. Des initiatives comme l’usage de drones pour protéger la faune illustrent une volonté d’adaptation face aux enjeux actuels.

 

- Meuse : la FDC traverse une phase décisive. Après avoir évité une mise sous tutelle préfectorale, elle doit désormais prouver sa capacité à maîtriser la hausse des populations de grand gibier, responsables de dégâts agricoles coûteux. Lors de l’assemblée générale organisée à Benoîte-Vaux, qui a réuni plus de 500 participants, les chasseurs ont validé à une large majorité un budget plus exigeant pour le service des dégâts. Ce choix implique une réduction significative des indemnisations, avec un écart d’environ un million d’euros entre les deux options proposées. Sous la présidence de Denis Renard, récemment élu après des élections anticipées, la fédération adopte une stratégie de responsabilisation accrue des chasseurs. L’objectif est clair : intensifier les prélèvements de grand gibier, notamment les sangliers et cervidés, afin de limiter les dégâts sur les cultures et rétablir l’équilibre financier. L’état des lieux récent confirme l’urgence. La dette accumulée liée aux indemnisations reste très élevée et fragilise durablement la structure. Par ailleurs, les autorités locales, notamment la préfecture, maintiennent une vigilance étroite sur la gestion de la fédération. Dans ce contexte, les chasseurs sont appelés à accroître leur mobilisation dès les prochaines saisons. Cette nouvelle orientation marque un tournant : la survie financière de la fédération dépend désormais directement des résultats obtenus sur le terrain. Entre pression économique, attentes agricoles et encadrement administratif, la FDC 55 joue une partie déterminante pour son avenir.

 

- Maine et Loire : dans le département, la présence du loup reste très incertaine. Le préfet François Pesneau a récemment fait un point précis : depuis le 1er janvier, aucune attaque de bétail signalée à l’OFB n’a pu être attribuée au prédateur. Toutes les expertises ont écarté sa responsabilité. À ce jour, la seule preuve formelle demeure une photographie prise en décembre 2024 à La Séguinière. Pour les autorités, il s’agirait d’un individu isolé, simplement de passage, et non d’une installation durable. Aucun « front de sédentarisation » n’a été identifié, ce qui signifie qu’aucune meute ne semble s’être implantée dans le département. Toutefois, la vigilance reste de mise. Deux zones sont particulièrement surveillées : le nord du département, en limite de la Mayenne et de la Sarthe, où les conditions pourraient favoriser une future installation. Pour analyser les attaques suspectes, un protocole strict est appliqué. Un expert examine les carcasses : profondeur des morsures, importance des hématomes, zones touchées. Un second spécialiste valide ensuite l’analyse avant d’attribuer, ou non, la responsabilité au loup. Ainsi, si le prédateur n’est pas considéré comme installé en Maine-et-Loire, les autorités restent attentives à toute évolution de sa présence.

 

- Morbihan : à Lanester, une battue administrative a été organisée au Rohu, afin de répondre à l’inquiétude croissante des habitants. Depuis plusieurs mois, dans les quartiers de la Campagne et du Cosquer, les riverains signalent une présence régulière de sangliers, parfois accompagnés de petits, notamment en soirée lors des promenades. Si aucun incident grave n’a été relevé, la proximité de ces animaux avec les habitations suscite un sentiment d’insécurité. Pour prévenir tout risque, une opération encadrée a été menée sous l’autorité d’un lieutenant de louveterie. Le périmètre concernait un large secteur entre les rives du Blavet, les terrains de sport de la Grande Lande, le lotissement du Cosquer, la chapelle de Locunel et la zone d’activité du Rohu. Au total, vingt-deux chasseurs, accompagnés de dix-huit chiens et de personnels chargés de la sécurité, ont été mobilisés entre 8 h et 15 h. Cette intervention a permis le prélèvement de quatre sangliers. Les habitants espèrent désormais un retour à une situation plus apaisée, même si les sangliers semblent s’adapter durablement à ces environnements périurbains.

 

- Nièvre :  le 6 novembre 2024, sur la commune d’Isenay, une battue au sanglier organisée à proximité d’un pré a viré au drame. Des chasseurs, sortis de leur zone autorisée, se sont postés illégalement dans un champ où pâturait Altesse de la Serre, une jument de 14 ans appartenant à un cavalier de l’équipe de France de saut d’obstacles. Lors de l’action de chasse, un sanglier est tiré à deux reprises. L’un des projectiles traverse l’animal, ricoche vraisemblablement sur un os, puis atteint mortellement la jument à plusieurs dizaines de mètres. L’animal succombe sur place. L’enquête met en lumière de multiples manquements : absence de consignes de sécurité claires, dépassement du nombre d’animaux autorisés à tirer et dissimulation d’un second sanglier. Cinq personnes comparaissaient le 30 mars 2026 devant le tribunal de police de Nevers. Dans son jugement rendu le 27 avril, la présidente Lydie Samour a retenu des responsabilités partagées. Les chasseurs ont été reconnus coupables d’infractions à la réglementation cynégétique. Des amendes ont été prononcées et plusieurs permis de chasse suspendus ou retirés, sanctionnant une succession de négligences graves à l’origine de ce tir accidentel.

 

- Pyrénées Orientales : seize femmes, passionnées de chasse, ont décidé de se regrouper au sein d’une nouvelle association : les Dianes du Canigou. D’âges et de profils variés, mères de famille, étudiantes, chasseresses expérimentées ou débutantes, elles partagent une même volonté : vivre pleinement leur passion tout en affirmant leur place dans un univers encore largement masculin. À l’origine de cette initiative, une conviction commune : la chasse est avant tout un espace de partage. Pour ces femmes, elle représente autant un moment de convivialité qu’un temps pour soi, une parenthèse dans des vies souvent rythmées par les contraintes professionnelles et familiales. Malgré des emplois du temps chargés, toutes soulignent l’importance de ces moments collectifs et l’envie de se retrouver régulièrement sur le terrain. Sur le plan pratique, leur intégration dans les équipes existantes se déroule globalement dans un climat bienveillant, même si certaines reconnaissent que des remarques persistent parfois. Mais loin de se laisser marginaliser, elles entendent participer pleinement à toutes les étapes de la chasse, du terrain jusqu’au traitement du gibier, affirmant ainsi leur légitimité. L’association favorise également les échanges et les déplacements, permettant à ses membres de découvrir d’autres territoires et pratiques de chasse, en France comme ailleurs. Ces expériences enrichissent leurs connaissances et renforcent leur esprit de groupe. Tournées vers l’avenir, les Dianes du Canigou souhaitent se développer, attirer de nouvelles adhérentes et s’impliquer davantage dans la vie cynégétique locale. À leur échelle, elles contribuent à renouveler l’image de la chasse, en y apportant diversité, dynamisme et un regard différent.

 

- Rhône : une étude menée sur vingt ans par la FDC du Rhône et la Métropole de Lyon analyse le régime alimentaire du renard roux. Réalisée entre 2005 et 2025, elle repose sur le suivi de 2 400 terriers et l’observation des proies rapportées pour l’alimentation des renardeaux. Les données collectées montrent un comportement alimentaire opportuniste. Au total, 52 espèces ont été identifiées, dont 10 domestiques et 42 sauvages. Parmi les espèces domestiques, les poules sont présentes dans 70 % des terriers, suivies des canards (14 %), pintades (8 %), chats domestiques (8 %), puis moutons (4 %) et, plus marginalement, dindes, oies, chèvres, porcs et lapins. Du côté de la faune sauvage, le lièvre brun apparaît dans 42 % des cas, suivi du faisan (26 %), du lapin de garenne (8 %), du canard colvert (6 %) et de la perdrix rouge (3 %). D’autres espèces sont observées de manière ponctuelle. Parallèlement, les prélèvements de renards ont fortement augmenté, passant de 800 à 900 individus par an il y a trente ans à plus de 3 500 aujourd’hui. L’espèce est également observée en zones urbaines du territoire lyonnais.

 

- Haute-Savoie : dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), la brucellose circule au sein de la population de bouquetins depuis 2012. Cette maladie bactérienne, très contagieuse, affecte principalement les bovins et les petits ruminants. Afin de limiter sa propagation, les autorités ont mis en place un dispositif combinant surveillance, capture, marquage et abattages ciblés, renforcé depuis 2021. Le 22 avril, la préfecture a présenté un état des lieux actualisé. La campagne de surveillance menée en 2025 confirme la persistance de la maladie : 7 bouquetins ont été détectés positifs sur 79 testés, contre 6 sur 2024. Sur le secteur du Petit Bargy, 6 animaux sur 19 se sont révélés infectés lors d’opérations de tir. Un arrêté préfectoral signé le 13 avril autorise la capture d’animaux non marqués, la recapture d’individus identifiés ainsi que des tirs sélectifs et limités. Cette stratégie repose sur des recommandations de l’Anses émises en 2024 et sur un avis favorable du Conseil national de protection de la nature. Un nouvel avis rendu en mars 2026 doit orienter la gestion jusqu’en 2030. Par ailleurs, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu partiellement un précédent arrêté autorisant l’abattage de bouquetins non testés, en raison du risque d’élimination d’animaux sains. En revanche, les opérations de capture et d’abattage des individus testés positifs sont maintenues. L’objectif affiché reste la maîtrise de la maladie et la protection des élevages locaux.

 

- Seine-Maritime : à Eslettes, le braquage de l’armurerie Zone 10 survenu le 9 janvier 2024 continue de connaître des suites judiciaires. Ce jour-là, plusieurs individus armés avaient attaqué l’établissement. Un employé, confronté à une menace immédiate, avait fait usage de son arme, tuant l’un des assaillants à l’intérieur et en blessant un autre alors qu’il tentait de fuir. Si la légitime défense a été retenue pour le premier tir, la question du second, effectué à l’extérieur, reste au cœur du débat judiciaire. Ce point devait être examiné le 28 avril 2026 devant le tribunal de Rouen. Toutefois, le procès de l’ancien employé, poursuivi pour ce second tir, a été renvoyé et se tiendra finalement le 1er décembre 2026.

 

- Vendée : 45 639 ragondins et rats musqués ont été capturés dans le Marais breton vendéen, en 2025, sur un territoire couvrant dix communes. Cette action est coordonnée par le Syndicat mixte de la baie de Bourgneuf, en charge depuis 2024 de la lutte contre les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Au total, environ 300 piégeurs bénévoles sont mobilisés, dont 27 ont dépassé les 500 captures sur l’année. Une indemnisation de 2,75 euros par animal est en place depuis avril 2025. Les captures sont collectées régulièrement par les agents du syndicat pour être orientées vers l’équarrissage. Les ragondins représentent 87 % des prises, contre 13 % pour les rats musqués. L’activité a connu un pic durant l’été, avec plus de 5 000 captures en juillet et en août. Ces niveaux s’inscrivent en hausse par rapport à 2024, qui comptait environ 29 000 captures. Depuis 2001, près de 954 000 individus ont été piégés sur ce secteur. Malgré ces résultats, les opérations visent principalement à contenir les populations de ces espèces invasives.

 

- Vosges : la réintroduction du grand tétras se poursuit dans le massif des Vosges, sous l’impulsion du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, avec de nouveaux lâchers d’oiseaux, notamment dans la réserve du Grand Ventron. Cette nouvelle phase intervient après un bilan défavorable des campagnes 2024 et 2025, marquées par une mortalité élevée des individus relâchés. Depuis avril 2024, seize oiseaux importés de Norvège ont été introduits dans le massif. À ce jour, seuls un à deux individus subsisteraient, sans localisation précise en raison de la défaillance des balises. Parallèlement, les populations autochtones sont estimées à un niveau critique, avec seulement un à trois individus recensés à l’échelle du massif. La principale cause de mortalité des oiseaux est due à la prédation, en particulier par la martre, responsable d’environ 85 % de cette mortalité. Malgré cela, des signes de reproduction existent : bien qu’ayant échouées plusieurs tentatives de nidification ont été constatées. Des dispositifs expérimentaux, comme la protection des nids par ultrasons, sont actuellement testés pour limiter ces pertes. Espèce exigeante et dépendante d’habitats vastes et peu perturbés, le grand tétras demeure extrêmement fragile dans les Vosges.

 

- Val d’Oise : située à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris, la forêt domaniale de Montmorency s’étend sur près de 2 000 hectares et constitue le plus vaste massif forestier du Val-d’Oise. Acquise par l’État dans les années 1970, elle représente aujourd’hui un espace naturel majeur aux portes de la métropole, accueillant chaque année près de six millions de visiteurs. Son paysage vallonné, ponctué d’étangs, de points de vue et de sites historiques, en fait un lieu particulièrement fréquenté. La forêt se distingue par une forte dominance du châtaignier, qui représente environ 70 % des peuplements. Cette spécificité s’explique par son histoire : anciennement privée, elle a été largement plantée pour répondre aux besoins de la viticulture et des usages traditionnels du bois. Le châtaignier était alors une ressource essentielle, utilisée pour les échalas, les tonneaux ou encore comme combustible. Aujourd’hui, cette monoculture constitue une fragilité. Une forêt dominée par une seule essence est plus vulnérable aux maladies et aux aléas climatiques. La maladie de l’encre, présente depuis longtemps dans les sols, provoque un dépérissement progressif des arbres et affecte fortement le massif depuis les années 2010. Face à ces enjeux, la forêt a récemment été classée « forêt de protection », garantissant sa préservation face à la pression foncière. L’Office national des forêts prépare désormais un plan de gestion sur dix ans, visant à accompagner la transition du massif, renforcer sa résilience et assurer son renouvellement.

 

Martinique : du 27 au 29 avril, un séminaire réunissant les gestionnaires des biens naturels et mixtes insulaires français, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, s’est tenu, rassemblant plusieurs acteurs institutionnels majeurs. Parmi eux figuraient notamment l’Association des biens français du patrimoine mondial, les Terres australes et antarctiques françaises, le ministère de la Transition écologique, le Parc national de la Martinique et l’Agence néo-calédonienne de la biodiversité. Durant trois jours, les participants ont pris part à des ateliers et à des échanges consacrés aux enjeux spécifiques des territoires insulaires. Les discussions ont porté sur des thématiques telles que la gouvernance, la gestion des espèces invasives, les risques d’incendie, la pression touristique ou encore l’adaptation au changement climatique. Ces travaux ont également permis de partager des retours d’expérience et des initiatives concrètes en matière de conservation et de gestion durable. Le séminaire a favorisé l’identification des enjeux communs et la mise en réseau des gestionnaires, dans l’objectif de renforcer les dynamiques collectives. Les participants ont également travaillé sur l’intégrité des sites, en priorisant les problématiques et en évaluant les capacités d’action des structures en charge de leur gestion. Une visite de terrain a été organisée dans le sud de l’île de La Réunion, dans le secteur de Grand Coude, permettant d’illustrer concrètement les enjeux abordés.

 

A l’étranger

 

- Afrique du Sud : le 9 avril, un drame s’est produit dans la réserve de Klaserie. Gary Freeman, propriétaire d’une réserve privée et guide expérimenté de 65 ans, a été mortellement piétiné par un éléphant lors d’une excursion pédestre avec des touristes. Dans cette zone réputée pour sa richesse faunique, qui compte plusieurs centaines d’éléphants, le groupe a été confronté à la charge soudaine d’un mâle. Selon les témoignages, l’attaque a été extrêmement rapide, laissant peu de possibilités de réaction. Gary Freeman aurait sorti son arme pour intimider l’animal, mais n’a pas tiré. Gravement blessé après l’impact, il a été évacué par le chauffeur et le pisteur présents sur place, avant l’arrivée des secours. Malgré leur intervention, il a succombé à ses blessures peu après. Ce choix de ne pas faire feu s’inscrit dans les convictions profondes du guide, connu pour son respect de la faune sauvage. Certains témoignages évoquent un homme prêt à prendre des risques pour préserver les animaux qu’il côtoyait quotidiennement. Une enquête a été ouverte afin d’évaluer le comportement de l’éléphant impliqué et déterminer s’il représente un danger durable. Chaque année, les attaques d’éléphants causent plusieurs centaines de décès en Afrique, rappelant la dangerosité de ces interactions en milieu sauvage.

 

- Gabon : un chasseur américain fortuné, Ernie Dosio, a trouvé la mort le 17 avril lors d’un safari. Âgé de 75 ans, ce propriétaire de vignoble californien était une figure connue de la chasse au trophée, pratiquée depuis des décennies en Afrique et aux États-Unis. Ce jour-là, il participait à une expédition encadrée visant un céphalophe à dos jaune, une antilope des forêts tropicales. Accompagné d’un chasseur professionnel, il évoluait en milieu dense lorsqu’ils ont croisé un groupe de cinq éléphantes accompagnées d’un petit. Se sentant menacés, les animaux ont immédiatement chargé. La scène a été d’une extrême violence. Le guide, équipé d’un fusil de gros calibre, a été projeté au sol et grièvement blessé. Ernie Dosio, qui disposait d’une arme moins puissante, n’a pas pu se défendre efficacement et a été piétiné par les pachydermes. Il est décédé sur le coup.

 

- Honduras : dans les montagnes de Sierra del Merendón, un événement rare redonne espoir aux défenseurs de la biodiversité : un jaguar a été filmé à plus de 2 200 mètres d’altitude, une première depuis dix ans dans cette région. Captée par une caméra-piège de l’organisation Panthera, l’image montre un jeune mâle évoluant seul dans ces forêts nuageuses, un habitat inhabituel pour l’espèce, généralement présente sous les 1 000 mètres. Surnommés « jaguars des nuages », ces individus de haute altitude sont extrêmement rares. Leur présence suggère ici un déplacement le long d’un corridor écologique reliant le Honduras au Guatemala, probablement à la recherche de territoire ou de partenaires. La zone ne semble toutefois pas abriter de population stable. Cette observation intervient dans un contexte préoccupant : entre 2001 et 2024, le Honduras a perdu près de 20 % de sa couverture forestière, principalement à cause de l’agriculture et de l’élevage. Le braconnage des proies du jaguar fragilise également son écosystème. Face à ces menaces, des actions de conservation ont été renforcées : surveillance accrue, réintroduction de proies et protection des habitats. Intégrée au corridor du jaguar, un vaste réseau allant du Mexique à l’Argentine, la région joue un rôle clé. Cette apparition rare confirme que, malgré les pressions, l’espèce conserve encore des capacités de dispersion et d’adaptation.

 

- Italie : dans le Parc national des Abruzzes, Latium et Molise, une série de découvertes a suscité une vive inquiétude. En l’espace d’une semaine, 18 loups ont été retrouvés morts, principalement victimes d’empoisonnement. Le 22 avril, trois carcasses ont été découvertes près de Pescasseroli, venant s’ajouter à plusieurs autres trouvées les jours précédents dans différentes zones du parc, ainsi qu’à des renards et une buse, également morts. Les premières analyses menées sur treize animaux ont révélé la présence de pesticides agricoles, suggérant l’utilisation d’appâts empoisonnés. Ces empoisonnements inquiètent fortement les autorités et les associations, car ils pourraient affecter d’autres espèces. Le ministre de l’Environnement, Gilberto Pichetto Fratin, a dénoncé un acte grave, rappelant le rôle essentiel du loup dans l’équilibre des écosystèmes. Une enquête a été ouverte par le parquet de Sulmona afin d’identifier les responsables de ces actes.

 

- Namibie : une étude menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague a permis de réaliser le plus vaste séquençage génomique jamais effectué sur les éléphants d’Afrique. Ce travail, conduit sur plusieurs années, a porté sur l’analyse complète du génome de différentes populations d’éléphants de savane et de forêt, aujourd’hui reconnues comme deux espèces distinctes. Les résultats, publiés dans la revue Nature Communications, ont mis en évidence des dynamiques préoccupantes. Les chercheurs ont notamment observé une fragmentation croissante des habitats, liée au développement des infrastructures humaines. Cette évolution limite les déplacements des animaux et entraîne un isolement progressif des populations. Cette réduction des échanges constitue un risque majeur pour la diversité génétique des espèces, élément essentiel à leur adaptation et à leur survie à long terme. Les scientifiques soulignent que certains mécanismes observés rappellent ceux identifiés chez le mammouth avant sa disparition, notamment la diminution de la variabilité génétique et l’isolement des groupes. Jusqu’à récemment, les connaissances génétiques sur les éléphants d’Afrique restaient limitées, parfois inférieures à celles disponibles sur des espèces disparues. Cette étude comble en partie ce retard et fournit des données essentielles pour mieux comprendre l’évolution et les menaces qui pèsent sur ces animaux. Elle met en lumière l’impact direct des activités humaines sur leur avenir.

 

- Pologne : dans la région montagneuse des Bieszczady, une femme de 58 ans a perdu la vie après avoir été attaquée par un ours brun, près du village de Plonna. Le drame s’est produit dans une zone boisée et difficile d’accès. Les secours ont été alertés par le fils de la victime. Pompiers et policiers se sont rapidement mobilisés, mais leur intervention a été compliquée par le relief accidenté et le manque d’indications précises sur le lieu exact de l’attaque. À leur arrivée, ils n’ont pu que constater le décès, la gravité des blessures rendant toute tentative de secours impossible. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances précises de l’incident, notamment les conditions de la rencontre entre la victime et l’animal. La Pologne abrite environ une centaine d’ours bruns, dont près de 80 % vivent dans le massif des Bieszczady. Bien que leur présence y soit bien établie, les attaques mortelles restent extrêmement rares. Cet événement tragique relance néanmoins la question de la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage dans ces zones naturelles, où la vigilance est essentielle lors des déplacements en milieu isolé.