Afin de mieux quantifier ces risques, une analyse à l’échelle européenne a été menée à partir de données de suivi GPS de sangliers issues de la base EUROBOAR, couvrant 32 zones d’étude dans huit pays entre 2005 et 2022. Après filtrage des données, 187 individus ont été retenus, représentant 2 091 combinaisons individu–ferme–mois. Les localisations des élevages porcins actifs ont été obtenues auprès des autorités nationales et régionales, puis converties en polygones géographiques afin de spatialiser précisément les exploitations. Un « contact » a été défini comme toute visite d’un sanglier à l’intérieur ou à proximité immédiate d’une ferme porcine, susceptible d’entraîner une transmission d’agents pathogènes, soit par interaction directe avec les porcs domestiques, soit par contamination indirecte via l’environnement (sol, eau, résidus alimentaires, équipements). Pour améliorer la précision des estimations, des modèles de mouvement en temps continu ont permis de simuler des trajectoires à intervalles de cinq minutes et d’identifier les événements de contact en tenant compte des marges d’erreur GPS. Les taux mensuels de contact ont ensuite été standardisés afin de corriger les différences de durée de suivi. Les analyses ont permis d’identifier des individus et des exploitations concentrant une part importante des contacts, suggérant une forte hétérogénéité du risque zoonotique. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer la dynamique spatio-temporelle des interactions sanglier–porc domestique dans les stratégies de prévention et de surveillance des maladies transmissibles à l’interface faune–élevage.