Rappelons d’abord les faits, calmement, avant que l’émotion ne tienne lieu d’argument. Le 12 janvier 2026, le Tribunal administratif de Grenoble a annulé un arrêté préfectoral autorisant l’abattage de 75 bouquetins dans le massif du Bargy. Motif : le préfet est passé en force malgré une suspension judiciaire antérieure, sans démontrer qu’aucune alternative crédible n’existait pour lutter contre la brucellose. Résultat : une condamnation symbolique (5 000 €) et, surtout, un nouvel épisode dans un feuilleton vieux de plus de dix ans. Premier quiproquo, et non des moindres : la chasse n’a strictement rien à voir avec cette affaire. Le bouquetin est une espèce protégée, malheureusement non chassable en France. Aucun chasseur, aucune FDC n’a donc demandé, organisé ces abattages administratifs. Assimiler cette opération à un acte de chasse relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi. On parle ici d’une décision sanitaire de l’État, prise par arrêté, exécutée par ses services. Point final. Deuxième quiproquo, soigneusement entretenu par certaines organisations écologistes : faire croire que ces abattages seraient une concession au « lobby de la chasse » ou à une pulsion destructrice d’un État autoritaire. En réalité, le cœur du problème est ailleurs. Depuis le début, la gestion de la brucellose dans le Bargy est pensée presque exclusivement à travers le prisme de l’élevage et de la filière fromagère locale. Et pas n’importe laquelle : celle des producteurs de Reblochon, et le bouquetin, animal sauvage protégé, sert ici de variable d’ajustement. C’est là que le discours des écolos devient franchement indécent. En prétendant défendre la biodiversité, ils piétinent allègrement l’élevage de montagne, pourtant déjà sous pression. Leur combat n’est ni social ni scientifique : il est idéologique. Ce qui compte, c’est de gagner en justice, de faire tomber le préfet et d’alimenter le récit d’un État destructeur. Ironie finale : à force de postures, on obtient exactement l’inverse de ce qui est affiché. La brucellose circule toujours et l’élevage reste sous tension... Un quiproquo, certes, mais un quiproquo mortel !