Les analyses génétiques réalisées sur les plaies de la victime ont révélé la présence de l’ADN du chien Curtis, retrouvé également sur les vêtements d’Elisa Pilarski. En revanche, aucun profil génétique correspondant aux chiens de la meute n’a été identifié. Les experts vétérinaires ont également conclu que la morphologie de la mâchoire de Curtis correspondait aux blessures observées, ce qui n’était pas le cas des chiens de chasse. La chronologie des événements constitue un autre élément clé du dossier. Selon les investigations, les chiens de la chasse à courre n’ont été sortis de leurs véhicules qu’à partir de 13h20, soit après l’appel de détresse passé par Elisa Pilarski. Pour l’accusation, ce décalage horaire rend impossible l’hypothèse d’une attaque initiée par la meute. Les chiens de vènerie ont par ailleurs été examinés après le drame sans présenter de blessures ou de traces de lutte. Les spécialistes rappellent que ces chiens sont sélectionnés et dressés pour poursuivre un seul type de gibier et ne sont pas entraînés au mordant. À l’audience, les débats ont également porté sur le comportement de Curtis. Le chien, acquis aux Pays-Bas par Christophe Ellul et introduit illégalement en France, était utilisé pour des activités sportives. Plusieurs experts ont évoqué un dressage au mordant sur leurre suspendu, une pratique interdite en France qui peut renforcer les comportements de prédation chez certains chiens. La présidente du tribunal a également rappelé que Curtis avait mordu son propriétaire deux jours après le drame, puis agressé une autre personne dans les jours suivants. Ces éléments ont contribué à convaincre Christophe Ellul de reconnaître finalement la responsabilité de son animal. Poursuivi pour homicide involontaire par agression d’un chien, l’homme est jugé pour avoir exposé sa compagne à un animal considéré comme potentiellement dangereux. Au terme de ces trois jours d’audience, le tribunal a annoncé que le jugement sera mis en délibéré et rendu dans plusieurs semaines. Un point est désormais établi : aucun élément, ni matériel, ni scientifique, ne permet d’impliquer les chiens de la chasse à courre dans la mort d’Elisa Pilarski.