Un décret publié au Journal officiel le 4 février 2026 modifie en profondeur les règles d’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup. Le décret n° 2026-53 du 3 février 2026 vient ainsi modifier le décret n° 2019-722 du 9 juillet 2019, en étendant la conditionnalité de l’indemnisation aux exploitations situées en cercle 2, c’est-à-dire dans les zones où la prédation est jugée possible au cours de l’année. Jusqu’à présent, le dispositif distinguait plusieurs niveaux de zonage. Le cercle 0 correspond aux foyers de prédation avérée, tandis que le cercle 1 recouvre les zones de présence permanente du loup.
Dans ces secteurs, l’indemnisation des dommages était déjà conditionnée à la mise en place préalable de mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, parcs électrifiés, gardiennage renforcé, etc.). En revanche, les exploitations situées en cercle 2, souvent qualifiées de front de colonisation, pouvaient être indemnisées sans obligation préalable de protection, en raison du caractère émergent ou incertain du risque. Le nouveau décret met fin à cette distinction. Désormais, dans les zones classées en cercle 2, le versement des indemnisations sera conditionné à la mise en œuvre effective de moyens de protection au-delà de la deuxième attaque reconnue au cours de l’année. Autrement dit, les deux premières attaques restent indemnisables sans exigence de protection préalable, mais toute attaque ultérieure ne donnera lieu à indemnisation que si l’éleveur a engagé des mesures de prévention adaptées. Cette évolution marque un tournant dans la politique de gestion du risque de prédation. Elle vise à encourager l’anticipation et la généralisation progressive des dispositifs de protection dans les territoires en phase de colonisation, tout en tenant compte des difficultés techniques et économiques rencontrées par les éleveurs lors des premières attaques. Le décret apporte également une clarification terminologique importante. Jusqu’ici, certaines décisions d’indemnisation faisaient principalement référence à la mortalité des animaux. Le nouveau texte élargit explicitement le champ des indemnisations à l’ensemble des dommages subis par les troupeaux, incluant désormais les blessures, en cohérence avec la réalité des impacts économiques et sanitaires pour les exploitations. Cette réforme s’inscrit dans un contexte de progression géographique du loup et de tensions croissantes entre objectifs de conservation de l’espèce et viabilité des systèmes d’élevage extensifs. Elle renforce la logique de responsabilité partagée entre l’État et les éleveurs, en faisant de la prévention un préalable de plus en plus central à l’accès à l’indemnisation publique.
Prédation du loup : l’indemnisation désormais conditionnée à la protection en cercle 2
ACCUEIL
>
>
Prédation du loup : l’indemnisation désormais conditionnée à la protection en cercle 2