L’histoire des porcs redevenus sauvages, en Nouvelle-Zélande, illustre de manière exemplaire ces mécanismes de plasticité biologique et génétique. Les populations actuelles de « wild pigs » résultent de multiples introductions successives de porcins domestiques, sans apport direct de sangliers européens à l’état sauvage. Il y a plus de mille ans, des porcs d’origine mélanésienne ont accompagné les migrations des Maoris vers les îles principales de l’archipel.
À partir du 18e siècle, les explorateurs européens ont, à leur tour, contribué à ces introductions. Les porcs embarqués sur les navires servaient de réserve alimentaire, se nourrissant notamment des eaux grasses issues de la cuisine de bord. Certains individus échappés, ou volontairement relâchés, ont ainsi colonisé les milieux naturels. En 1773, le capitaine James Cook fit libérer plusieurs porcs sur les deux îles principales, dont les descriptions historiques mentionnent déjà des différences morphologiques marquées. D’autres lâchers ont suivi, principalement à partir de porcs issus d’élevages anglais ou acquis lors d’escales dans le Pacifique. Bien que domestiques, ces animaux conservaient encore, à l’époque, des gènes sauvages leur permettant de survivre et de se reproduire efficacement en milieu naturel, une aptitude devenue plus rare chez les lignées d’élevage modernes. Au fil des générations, la sélection naturelle a favorisé un retour progressif vers des phénotypes proches du sanglier : apparition de marcassins rayés, silhouettes plus élancées, comportements farouches. Toutefois, la persistance d’individus gris ou tachetés témoigne de l’hybridation initiale. Ces populations démontrent qu’un faible nombre de fondateurs, souvent dominés par un seul mâle reproducteur, peut suffire à établir une population viable sans dérive génétique notable, grâce à un fort taux de reproduction et à un brassage génétique rapide. Ce modèle éclaire plus largement les dynamiques de féralisation et la capacité remarquable des porcins à reconquérir des niches écologiques variées.
Un peu en avance sur le calendrier, les marcassins arrivent en masse...
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