La lutte contre le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus), parasite particulièrement destructeur des forêts de conifères, repose principalement sur deux approches : la coupe rase et la coupe sélective. Une étude récente met en évidence l’importance de trouver un compromis entre efficacité sanitaire et coût économique. La réglementation européenne impose actuellement une coupe rase dans un rayon de 500 mètres autour des arbres infestés. Cette méthode vise à éliminer rapidement toute source potentielle de contamination. Cependant, les résultats montrent qu’elle présente des limites importantes.
Non seulement elle entraîne la destruction d’arbres sains, mais elle génère également des coûts économiques élevés liés à la perte de production forestière. De plus, son efficacité reste relative dans les massifs homogènes de pins, où elle n’a pas permis d’éradiquer durablement la maladie. À l’inverse, la coupe sélective apparaît comme une alternative plus performante. Elle consiste à abattre uniquement les arbres présentant des symptômes d’infestation. Cette stratégie permet de préserver les arbres sains et de réduire considérablement les pertes économiques. Selon les simulations, dans des conditions optimales, elle pourrait diviser jusqu’à 200 fois les coûts liés à la gestion de la crise par rapport à une coupe rase. Toutefois, l’efficacité de la coupe sélective dépend étroitement de la capacité à détecter rapidement et précisément les arbres infestés. Une surveillance performante est donc indispensable pour garantir le succès de cette méthode. Lorsque la détection est optimale — notamment grâce à des observations fréquentes et efficaces — l’éradication du nématode devient envisageable. En revanche, lorsque les conditions de surveillance sont insuffisantes, aucune des deux méthodes ne permet une éradication complète. Dans ce cas, l’objectif évolue vers une stratégie de limitation de la propagation. Même dans ce contexte, la coupe sélective reste la solution la plus pertinente en termes de rapport coût/efficacité. Ainsi, les travaux montrent que l’amélioration des capacités de détection constitue un levier essentiel pour optimiser les stratégies d’éradication. La réussite de la lutte contre le nématode du pin ne dépend pas uniquement du choix de la méthode de coupe, mais aussi de la qualité du suivi sanitaire des peuplements forestiers.
Nématode du pin : quelles stratégies d’éradication sont les plus efficaces ?
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Nématode du pin : quelles stratégies d’éradication sont les plus efficaces ?