Car l’essentiel de la chasse se joue ailleurs : dans son utilité écologique et territoriale. Dans des paysages profondément anthropisés, où de nombreux équilibres naturels ont été rompus, la chasse participe à la régulation de certaines populations animales lorsque celle ci est nécessaire, non par idéologie, mais par pragmatisme écologique. Elle contribue également, et peut être surtout, à l’entretien et à la préservation de milieux qui disparaîtraient sans intervention humaine : prairies ouvertes, haies bocagères, zones humides, clairières, landes. Les chasseurs sont des acteurs de terrain qui restaurent des mares, entretiennent des chemins, luttent contre l’enfrichement, maintiennent des habitats favorables à une biodiversité bien plus large que le seul gibier.
Ce travail discret, largement bénévole, profite à de nombreuses espèces protégées et à la qualité paysagère des territoires ruraux. La chasse est aussi un outil de connaissance : comptages, suivis, remontées de données, participation à des programmes scientifiques. Elle relie savoir empirique et expertise naturaliste, et constitue un maillon souvent sous estimé des politiques de conservation. Défendre la chasse, ce n’est donc pas défendre le tir ; c’est défendre une pratique encadrée, perfectible certes, mais profondément ancrée dans la réalité des écosystèmes et des territoires.
L’avenir de la chasse ne se jouera pas dans la crispation autour de l’arme, mais dans la reconnaissance de ce qu’elle apporte lorsqu’elle est pratiquée avec exigence, humilité et sens des responsabilités. Le vœu que l’on peut formuler est simple : que la chasse continue d’évoluer, de s’ouvrir au dialogue, de renforcer ses pratiques vertueuses et de mieux faire connaître son utilité réelle. Car c’est par la gestion, l’entretien, la connaissance et le respect du vivant, bien plus que par le tir, que la chasse pourra conserver sa légitimité et assurer son avenir.