À l'issue de l'examen du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 2 juin dernier, plusieurs dispositions destinées à moderniser le statut des lieutenants de louveterie ont été intégrées au texte. Une avancée saluée par Sophie Pantel, députée de la Lozère, Jean-François Rousset, député de l'Aveyron, et Marc Fesneau, député du Loir-et-Cher, à l'origine de cette initiative transpartisane. Faute d'avoir pu inscrire leur proposition de loi spécifique à l'ordre du jour de l'Assemblée, en raison d'un calendrier législatif particulièrement chargé, les parlementaires ont choisi d'en reprendre les principales dispositions sous forme d'amendements adoptés lors de l'examen de l'article 14. Les mesures votées consacrent dans la loi le caractère bénévole de l'engagement des lieutenants de louveterie, tout en rappelant qu'ils concourent, sous l'autorité du préfet, à une mission de service public et d'intérêt général. Elles précisent également les conditions de recrutement et d'exercice de leurs fonctions, sécurisent juridiquement leur intervention et renforcent l'encadrement des relations avec leurs employeurs afin de faciliter la conciliation entre activité professionnelle et missions de terrain. Institués il y a plus de deux siècles, les lieutenants de louveterie constituent aujourd'hui encore un maillon essentiel de la politique de gestion de la faune sauvage. Nommés par le préfet pour une durée déterminée, ils interviennent notamment dans l'organisation des battues administratives, la régulation des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts ou encore dans le cadre des dispositifs de protection des élevages confrontés à la prédation. Cette reconnaissance législative apparaît d'autant plus importante que ces missions reposent sur l'engagement volontaire d'environ 1 800 lieutenants de louveterie répartis sur l'ensemble du territoire national. Souvent mobilisés dans l'urgence, parfois au cœur de situations sensibles, ils exercent leurs responsabilités sans rémunération, au service de l'intérêt général. Pour les députés à l'origine de ces amendements, il s'agit donc d'une première étape visant à mieux reconnaître et sécuriser l'action de ces auxiliaires historiques de l'administration, dont le rôle demeure plus que jamais d'actualité dans les territoires ruraux.