En janvier 1813, le déclin de l’Empire était déjà bien entamé, mais il fallait sauver ce qui pouvait encore l’être. Napoléon eut alors l’idée d’utiliser la chasse pour dissimuler ses déplacements. Le mardi 19 janvier 1813, il prit pour prétexte une partie de chasse à Grosbois, pour arriver à l’improviste à Fontainebleau, afin d’y rencontrer le pape Pie VII, et négocier un second concordat. Si l’anecdote de l’empereur brutalisant le pape, inventée par Chateaubriand, est demeurée célèbre, l’épisode de la chasse du 24 janvier est moins connu. Parti des Tuileries à onze heures et demie, Napoléon envoya ses secrétaires à Fontainebleau, chassa jusqu’à quinze heures trente, puis déclara à ses courtisans stupéfaits, qu’ils passeraient la nuit à Fontainebleau, où il arriva au château trois heures plus tard. Le matin du 25 janvier, jour de la signature du second Concordat, un « petit tiré » fut organisé pour meubler l’attente de Napoléon et de ses courtisans avant la signature. Napoléon obligea donc toute sa cour à le suivre à Fontainebleau. La générale Durand se souvint que « personne n’avait de domestique, point de femme de chambre, point de bonnet de nuit, rien enfin pour la toilette. Avec cela il faisait un froid excessif, l’eau gelait auprès du feu ». D’autres témoignent aussi des difficultés du séjour, où « l’impératrice et les dames qui l’accompagnaient n’avaient absolument que leur costume de chasse, et l’empereur se divertit un peu des tribulations de coquetterie que les dames éprouvèrent en se voyant inopinément engagées dans une campagne sans munitions de toilette ». Ces deux journées n’eurent donc que les apparences d’un séjour de plaisance. Les enjeux de la signature du nouveau Concordat étaient en effet très élevés. La dernière grande chasse de cour du règne de Napoléon ne fut donc qu’une mise en scène, loin du rôle qui lui était assigné depuis 1804...