Inauguré en avril dernier en Nouvelle-Zélande, le laboratoire international de recherche CliMoA (Climate, Modelling, Agroecology) constitue une première mondiale. Fruit d'un partenariat entre le CNRS et le Bioeconomy Science Institute (BSI), il a pour ambition d'aider les territoires agricoles à faire face aux conséquences du changement climatique. Cette coopération scientifique s'appuie sur une quinzaine d'années de travaux communs entre chercheurs français et néo-zélandais. Initialement centrées sur les vignobles, ces recherches visaient à modéliser, à l'échelle de la parcelle, l'impact des évolutions climatiques pour orienter les choix des viticulteurs. Aujourd'hui, le champ d'étude s'étend à l'ensemble des agroécosystèmes.
L'originalité de CliMoA réside dans son approche dite des « paysages intelligents face au climat » (Climate-Smart Landscapes). L'objectif est de concevoir des territoires conciliant production agricole, adaptation climatique, restauration de la biodiversité et résilience économique. Pour y parvenir, les scientifiques combinent climatologie, agronomie, écologie, géographie et intelligence artificielle afin de simuler différents scénarios d'évolution des paysages. Les acteurs locaux occupent une place centrale dans cette démarche. Agriculteurs, gestionnaires forestiers, collectivités et autres usagers participent à l'élaboration des modèles et à l'évaluation des solutions proposées. Les stratégies d'adaptation ne sont donc pas imposées d'en haut, mais construites avec ceux qui vivent et travaillent sur ces territoires. Au-delà de l'agriculture, ces travaux intéressent également le monde de la chasse. Les modifications des pratiques agricoles, le maintien des haies, la préservation des zones humides ou encore la restauration des continuités écologiques influencent directement la qualité des habitats de nombreuses espèces de petit et grand gibier. Autant de paramètres qui conditionnent également la capacité des espèces à s'adapter aux évolutions climatiques. L'approche développée par CliMoA pourrait ainsi fournir des outils précieux pour anticiper les effets du changement climatique sur la faune sauvage et intégrer davantage les enjeux cynégétiques dans les futurs aménagements ruraux. À travers ce laboratoire, la France et la Nouvelle-Zélande entendent renforcer leur coopération scientifique et développer de nouveaux outils d'aide à la décision au service de territoires plus résilients.
CliMoA : un laboratoire franco-néo-zélandais pour adapter les territoires ruraux au changement climatique
ACCUEIL
>
>
CliMoA : un laboratoire franco-néo-zélandais pour adapter les territoires ruraux au changement climatique