En France, près de 7,5 millions de foyers utilisent le bois pour se chauffer. À cette réalité s’ajoute celle, plus discrète mais bien ancrée, des pavillons de chasse, où le chauffage au bois est également présent. Cette pratique, perçue comme traditionnelle et conviviale, repose sur une énergie renouvelable largement disponible. Pourtant, elle constitue aussi une source significative de pollution atmosphérique. Une expertise récente de l’Anses met en évidence les effets de ce mode de chauffage, qui dégage une part majeure des émissions de particules fines : environ 40 % des PM 2,5, ainsi qu’une proportion très importante de particules organiques et de suies. Ces émissions concernent aussi bien l’air extérieur que l’air intérieur, notamment dans les habitations mal ventilées ou équipées d’appareils anciens. Les impacts varient selon les territoires. Ils sont plus marqués dans les zones froides, encaissées ou densément peuplées, où les conditions climatiques limitent la dispersion des polluants. Les facteurs aggravants sont bien identifiés : équipements vétustes, foyers ouverts, bois humide ou mauvaises pratiques d’utilisation. Sur le plan sanitaire, ces polluants sont associés à des troubles respiratoires et cardiovasculaires, touchant particulièrement les populations fragiles. Ce constat concerne également les pavillons de chasse. Souvent isolés, utilisés de manière saisonnière et parfois équipés d’installations anciennes, ils participent eux aussi, à leur échelle, à ces émissions. Le recours au bois y est culturel, mais il n’échappe pas aux mêmes enjeux environnementaux et sanitaires que dans les habitations. Face à cette situation, les autorités encouragent le renouvellement des équipements, l’entretien régulier et l’adoption de bonnes pratiques. L’amélioration de la qualité de l’air passe ainsi par une évolution globale des usages, qu’ils soient domestiques ou liés aux activités de plein air, afin de concilier tradition et responsabilité environnementale.