Les « traces » sont faites dans chaque commune et, en fonction des indices de présence, sur simple appel téléphonique, il est décidé dans quelle commune se déroulera la battue. Le chien courant de grand pied est ici chez lui : Bruno du Jura, Rouge du Comminges, Porcelaine, briquets du Pays, Gascon Saintongeois, Bleu de Gascogne. Il faut que cela rapproche, que cela mène et que cela crie sur la menée. Dans ce pays de rugby, les chasseurs et les chiens ont du caractère, de la « gnaque », et sont durs au mal. La venaison est partagée dans la commune où a eu lieu le prélèvement…
Les battues des 17 et 18 janvier 2026
À l’invitation d’André Debat, je me suis rendu sur ce territoire pour partager deux battues avec les chasseurs locaux. Le 17 janvier, battue à Bézues-Bajon, dans le Gers, sur un territoire qui n’avait pas été chassé depuis un certain temps et où les indices de présence étaient bien là. À 8 h 30, une trentaine de chasseurs étaient présents au local de chasse de la commune. Après les formalités d’usage (le rond, les consignes de sécurité, l’attribution des postes sur les lignes de tir), la battue s’est mise en place sereinement, sous un temps maussade et gris, mais sans pluie. Les meutes découplées étaient celles de Nicolas et Lisa, d’Arnaud, d’Éric, de Jean-Michel et de Kevin. Elles nous ont gratifiés de deux menées sonores et rythmées dans les collines qui ont résonné de ce concert aux nombreuses voies, où un petit sanglier d’une trentaine de kilos a été invité au tableau. Une fois les courants récupérés, la battue a pris fin et nous nous sommes retrouvés à la salle des fêtes pour partager un repas amical sous la forme d’une auberge espagnole, où l’on a partagé le pain, le sel et la boisson dans une excellente ambiance.
Et devinez quel fut le sujet principal tout au long du repas ? Je vous le donne en mille : le sanglier et les chiens courants. Après une bonne nuit de repos, le lendemain matin, j’ai accompagné Arnaud, avec son chien de pied, pour faire les traces sur Samaran. Après une heure d’efforts, nous avons trouvé le pied d’un gros sanglier, mais qui hélas sortait du territoire.
Nous sommes ensuite allés contrôler les traces trouvées par André Debat dans un champ derrière le cimetière et là, bonne pioche : le chien de pied s’est récrié immédiatement. Nous avons bouclé l’enceinte pour nous assurer que les sangliers n’étaient pas sortis. Ils y étaient toujours... La battue a donc été organisée avec rendez-vous à 13 heures à la mairie de Samaran, pour la quinzaine de chasseurs présents. Après les consignes de sécurité et l’attribution des postes, les deux meutes d’Arnaud et de Jean-Michel furent mises à la voie et empaumèrent immédiatement. Après un rapproché tonique d’une vingtaine de minutes, les courants étaient à la bauge, d’où giclèrent plusieurs bêtes de compagnie. Après une menée vive, un sanglier fut tué au fond de la vallée par un chasseur adroit, et un autre franchit la ligne sans dommage. Ainsi va la vie de la battue en terre gersoise, sous un ciel toujours gris.
J’ai rencontré des chasseurs passionnés et rigoureux, pratiquant leur art avec une éthique irréprochable, amoureux du chien courant. Ce superbe territoire offre de belles chasses au sanglier. Merci donc, chers Nicolas et André, de m’avoir fait partager votre quotidien de chasse, et continuez de la pratiquer avec passion.