Après plusieurs années de moratoire, la tourterelle des bois pourrait être chassée en France lors de la saison 2026-2027. Le projet d’arrêté soumis à consultation prévoit même une hausse du plafond national, porté à 12 000 oiseaux, contre 10 560 la saison précédente. Une décision qui s’inscrit dans le dispositif de gestion adaptative mis en place pour accompagner le redressement des populations sur l’axe migratoire occidental. Le chiffre mérite toutefois d’être mis en perspective : le quota de 10 560 oiseaux attribué en 2025-2026 n’avait pas été atteint. 7 483 tourterelles avaient finalement été prélevées et déclarées, soit environ 71 % du plafond. Pour la prochaine saison, chaque prélèvement devra de nouveau être déclaré immédiatement dans ChassAdapt. Les données seront transmises quotidiennement à l’OFB et au ministère. Une fois les 12 000 oiseaux atteints, les déclarations seront bloquées et tout prélèvement supplémentaire deviendra illégal. Cette augmentation du quota repose principalement sur l’amélioration enregistrée à l’échelle de la voie migratoire occidentale. Selon les données reprises par le Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA), celle-ci comptait environ 2,12 millions de couples reproducteurs en 2025. Depuis la mise en place du moratoire, les effectifs auraient progressé de 46,6 %, soit une hausse moyenne de 9,6 % par an entre 2021 et 2025. Les indicateurs de survie des adultes et des jeunes se sont également améliorés. C’est sur cette dynamique que repose le principe d’une reprise encadrée de la chasse. Le niveau de prélèvement retenu correspond à une fraction limitée de la population de la voie migratoire, puis répartie entre les différents pays. Dans cette logique, les experts considèrent que les 12 000 oiseaux attribués à la France peuvent être compatibles avec une exploitation durable à l’échelle de cette population ouest-européenne. Pour les chasseurs, cette évolution constitue donc un signe encourageant : l’amélioration des populations sur l’axe occidental permet de maintenir une chasse sous contrôle, avec un quota précisément défini et un suivi des prélèvements en temps réel. La gestion adaptative prend ici tout son sens : lorsque les indicateurs progressent, le prélèvement peut évoluer lui aussi, sans remettre en cause le principe de surveillance scientifique.