- Hérault : les chasseurs de Saint-Geniès ont récemment rendu hommage à deux passionnés : Pascal Lovis, chasseur à l'arc, et Bernard Chesné, conducteur de chiens de recherche au sang agréé par l'UNUCR 34. Installé dans la commune depuis 2022, Pascal Lovis a rejoint le groupe gros gibier du Saint-Hubert Club l'année suivante. Le 24 juin, lors d'une chasse à l'approche, il a prélevé une laie de 38 kg à l'arc. L'animal n'ayant pas été retrouvé immédiatement, il a fait appel à Bernard Chesné, conformément à l'éthique qui impose de tout mettre en œuvre pour retrouver un gibier blessé. Grâce au travail méthodique du conducteur et au flair de son chien, la laie a été localisée une centaine de mètres plus loin. À cette occasion, le maire Lionel Gayssot a salué la performance de l'archer, également conseiller municipal, rappelant que la chasse à l'arc exige « patience, silence et humilité ». Il a aussi mis en avant le rôle essentiel des conducteurs de chiens de sang et l'engagement des chasseurs dans la préservation des traditions rurales et le respect de la faune. La soirée s'est conclue dans une ambiance conviviale autour d'un repas préparé avec la venaison prélevée.

 

- Landes : face au risque exceptionnel d'incendie qui touche les Landes, la FDC 40 a demandé à l'ensemble des chasseurs de suspendre volontairement toutes les activités cynégétiques sur le département jusqu'à nouvel ordre. Cette décision intervient dans le prolongement de l'arrêté préfectoral renforçant les restrictions en raison de conditions météorologiques particulièrement critiques et vise à éviter tout risque supplémentaire de départ de feu. Battues, affûts et approches sont concernés. La fédération rappelle également que des contrôles sont effectués par l'Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie afin de veiller au respect des mesures en vigueur. Parallèlement à cette suspension, les chasseurs se sont une nouvelle fois mobilisés aux côtés des sapeurs-pompiers. Comme le souligne Régis Hargues, directeur de la FDC40, de nombreux bénévoles ont mis leur parfaite connaissance des massifs forestiers au service des secours. Guidage des équipes, repérage des pistes et des accès, surveillance de secteurs sensibles, soutien logistique et participation à l'évaluation des zones sinistrées : leur engagement a facilité les opérations sur le terrain. La fédération s'inquiète également des conséquences écologiques des incendies. Si les grands mammifères parviennent souvent à échapper aux flammes, les jeunes animaux, les reptiles et les oiseaux nichant au sol paient un lourd tribut, tandis que la destruction des habitats affectera durablement la biodiversité. Au-delà de la chasse, cet engagement illustre le rôle que jouent les chasseurs dans la prévention des risques et la protection des espaces naturels.

 

- Manche : les chasseurs alertent face aux restrictions : « on est en train de tuer la biodiversité dans nos mares... ». Entre les discours et la réalité du terrain, le fossé ne cesse de se creuser. Les chasseurs, régulièrement sollicités pour entretenir les mares, marais et autres zones humides favorables à la faune sauvage, se retrouvent aujourd'hui confrontés à une situation pour le moins paradoxale : on leur demande de maintenir ces milieux en bon état... tout en leur interdisant, dans de nombreux cas, de les alimenter en eau. Or, sans apport hydrique lors des périodes de sécheresse, ces espaces s'assèchent, perdent leur richesse écologique et voient disparaître amphibiens, insectes, oiseaux d'eau et végétation spécifique. Les mêmes acteurs qui investissent du temps et des moyens pour restaurer ces habitats se voient parfois refuser les autorisations nécessaires pour préserver leur fonctionnalité. Cette contradiction interroge. Comment exiger des gestionnaires qu'ils maintiennent des écosystèmes vivants si l'on prive ces derniers de leur élément essentiel ? À l'heure où le changement climatique accentue les épisodes de sécheresse, une gestion pragmatique de l'eau semble plus que jamais indispensable. Sans cohérence entre les objectifs affichés et les décisions administratives, les ambitions en faveur de la biodiversité risquent de rester lettre morte, au détriment des espèces que chacun affirme vouloir protéger

 

- Meurthe et Moselle : les archives cynégétiques regorgent de récits qui feraient pâlir les scénaristes de films d'action. Celui-ci, qui date de décembre 1893, mérite une place de choix : « Aux environs de Mandres-aux-Quatre-Tours, dans l'arrondissement de Toul, une paisible compagnie de seize sangliers avait choisi de faire la grasse matinée dans les roseaux bordant un étang. Hélas pour eux, un chasseur, M. Renaud, passait justement par là avec une meute de dix chiens particulièrement motivés. Réveillés sans ménagement, les suidés n'eurent guère le temps de protester. Quatre d'entre eux optèrent pour une retraite aquatique, plongeant dans l'étang avec un sens de la natation qu'on ne leur soupçonnait pas. Les douze autres, moins inspirés ou moins rapides, furent rattrapés en une vingtaine de minutes. Le plus léger de la bande affichait tout de même 60 kilos sur la balance, preuve que le menu était copieux. Quant à M. Renaud, ce n'était pas le premier venu. Ancien piqueur de M. Vilberg, il avait hérité d'une partie de sa fortune, de ses chasses… et de sa meute. Comme quoi, certains héritent d'un service en porcelaine, d'autres d'une équipe de chasse prête à transformer une simple promenade en épisode épique. Une chose est sûre : ce jour-là, les roseaux de l'étang n'ont pas connu la tranquillité… et les sangliers encore moins ».

 

- Hautes-Pyrénées : le débat sur l'avenir de l'ours semble repartir de plus belle. À peine la population a-t-elle franchi le seuil des 108 individus que certains réclament déjà l'introduction d'une trentaine de nouveaux ours d'ici à 2040, au nom d'un risque de consanguinité présenté comme imminent. Pour les défenseurs de ces nouveaux lâchers, l'urgence serait telle que la population pourrait, à terme, s'effondrer malgré son expansion actuelle. Cette lecture est toutefois loin de faire l'unanimité. De nombreux observateurs estiment qu'il est prématuré d'agiter le spectre d'une disparition annoncée, alors que la population continue de progresser et poursuit son extension géographique sur l'ensemble du massif. Ils rappellent également que les questions de diversité génétique méritent d'être étudiées avec rigueur, sans transformer chaque résultat scientifique en argument automatique en faveur de nouvelles réintroductions. Pour ces critiques, présenter les Pyrénées comme une véritable « bombe génétique » relève davantage de la communication que d'un constat définitif. Ils soulignent qu'aucune expertise récente n'a conclu à l'effondrement inéluctable de la population à court terme et appellent à attendre les travaux scientifiques en cours avant de prendre des décisions irréversibles. Au fond, cette nouvelle polémique illustre surtout un débat ancien : chaque difficulté rencontrée par la population d'ours doit-elle systématiquement conduire à réclamer de nouveaux lâchers, ou faut-il d'abord évaluer objectivement l'état réel de conservation de l'espèce et les conséquences de nouvelles introductions sur les territoires concernés ?

 

- Pyrénées Orientales : l’OFB tire la sonnette d'alarme face à la progression de la tortue serpentine (Chelydra serpentina). Déjà présente depuis plusieurs années, cette espèce exotique originaire d'Amérique du Nord semble particulièrement abondante cet été. L'OFB invite donc les habitants à signaler toute observation, et recommande de ne jamais manipuler ces animaux.  Impressionnante par sa taille, la tortue serpentine peut mesurer près de 50 centimètres et dépasser 40 kg. Dotée d'une puissante mâchoire en forme de bec, d'un long cou très mobile et d'une queue évoquant celle d'un crocodile, elle est capable d'infliger de sérieuses blessures lorsqu'elle se sent menacée. Principalement aquatique, elle fréquente les rivières, étangs et canaux où elle chasse poissons, amphibiens, oiseaux d'eau, petits mammifères et écrevisses, tout en consommant également des charognes. Sa présence constitue une menace pour la biodiversité locale, notamment pour les espèces aquatiques indigènes avec lesquelles elle entre en compétition ou qu'elle prédate. Introduite le plus souvent à la suite d'abandons d'animaux de compagnie, cette tortue fait désormais l'objet d'une surveillance renforcée afin de limiter son installation durable dans les milieux naturels français.

 

- Rhône : dans le département, les chasseurs contribuent activement à renforcer la sécurité dans les massifs forestiers grâce à l'installation de plus de 200 Points de Rencontre des Secours en Forêt (PRSF). Ce dispositif, mené en partenariat avec les sapeurs-pompiers et les collectivités, vise à réduire les délais d'intervention lors d'un accident ou d'un départ d'incendie. Jusqu'à présent, ces points de repère figuraient uniquement sur les cartes utilisées par les services de secours. Désormais, ils sont matérialisés sur le terrain par des panneaux clairement identifiables. Chaque point est doté d'un numéro unique permettant aux promeneurs, randonneurs, vététistes, cavaliers, chasseurs ou exploitants forestiers de communiquer rapidement leur position au 18 ou au 112. En forêt, la difficulté à localiser précisément une victime ou un foyer d'incendie peut faire perdre de précieuses minutes. Grâce à leur parfaite connaissance des pistes et des chemins forestiers, les chasseurs ont participé au repérage et à l'implantation de ces points stratégiques. Cette initiative illustre leur engagement en faveur de la sécurité de tous les usagers de la forêt, tout en facilitant le travail des équipes de secours lors d'interventions parfois urgentes.

 

- Saône et Loire : l'OFB doit-il financer des spectacles de fiction écologique ? L’établissement a récemment annoncé son soutien financier à la compagnie « En transition Cie », dont le spectacle « ENFIN » était présenté lors de la 39e édition du festival Chalon dans la Rue. Cette fiction d'anticipation, qui imagine une société confrontée à l'effondrement énergétique, est également programmée dans plusieurs festivals et manifestations culturelles, notamment à Lodève, ainsi que dans différentes communes d'Occitanie et d'Île-de-France. En 2027, la compagnie bénéficiera à nouveau d'un accompagnement de l'OFB pour créer « Vous êtes des animaux », une nouvelle œuvre consacrée aux relations entre l'homme et le vivant, dont la première est annoncée au festival Chemins de Traverses, dans le Gard. Ce soutien financier soulève néanmoins une question de fond. La mission première de l'OFB est de protéger la biodiversité, de produire des connaissances scientifiques, d'assurer la police de l'environnement et d'accompagner les politiques publiques. Dans un contexte budgétaire souvent tendu, où les moyens consacrés aux suivis de terrain et aux agents sont régulièrement débattus, est-il prioritaire qu'un établissement public finance des spectacles de fiction ? L'OFB assume pleinement cette orientation en expliquant vouloir « proposer un nouveau regard sur le vivant » grâce à une politique culturelle. Le débat reste cependant ouvert : est-ce bien le rôle d'un établissement public à vocation scientifique et technique d'accompagner la création artistique, ou cette mission relève-t-elle avant tout des institutions culturelles spécialisées ?

 

- Tarn : en pleine saison des incendies, certaines initiatives en faveur de la biodiversité révèlent des bénéfices inattendus. Dans le Tarn, des jachères mellifères semées par les chasseurs ont contribué à ralentir la propagation d'un feu survenu sur la commune de Lombers, offrant un appui précieux aux sapeurs-pompiers. Initialement créées pour favoriser les pollinisateurs, la petite faune sauvage et la diversité floristique, ces parcelles ont joué le rôle de zones de rupture face aux flammes. En limitant la continuité du combustible, elles ont permis de ralentir l'avancée de l'incendie et facilité le travail des secours, tout en contribuant à préserver plusieurs cultures voisines. Alors que les incendies se multiplient cet été, notamment dans les Landes et en Gironde, cet épisode illustre qu'une gestion raisonnée des espaces naturels peut également renforcer la prévention des risques. Si les pare-feux restent les principaux outils de lutte, ces aménagements agroécologiques démontrent qu'ils peuvent constituer un complément efficace. Pour les chasseurs tarnais, cette expérience rappelle que les actions menées en faveur de la biodiversité peuvent aussi produire des effets positifs en matière de protection des territoires face aux incendies, tout en illustrant leur implication concrète dans la gestion des espaces ruraux.

 

- Var : une semaine après le déclenchement du gigantesque incendie de Pontevès, la situation reste sous haute surveillance. Lundi dernier, deux reprises de feu ont été signalées sur les communes de Barjols et de Correns, avant d'être rapidement circonscrites grâce à l'intervention des sapeurs-pompiers. Depuis le 21 juillet, plus de 4 700 hectares de forêts, de garrigues et d'espaces naturels ont été ravagés par les flammes. Le sinistre a profondément marqué le massif du Gros Bessillon, entraînant la destruction de nombreux habitats naturels. La faune sauvage paie un lourd tribut : reptiles, petits mammifères, oiseaux nicheurs et insectes ont été durement touchés, tandis que les grands animaux devront recoloniser progressivement des territoires désormais dévastés. Les secours restent fortement mobilisés. Lundi, quatre pompiers du centre de secours de Puget-Ville ont été légèrement blessés lorsque leur camion s'est renversé alors qu'ils rejoignaient une intervention sur une reprise de feu. Leur état n'inspire heureusement aucune inquiétude. En parallèle, la justice poursuit son enquête sur plusieurs départs de feu suspects. Un homme de 23 ans, interpellé près de Brignoles, a été mis en examen pour des incendies volontaires et placé en détention provisoire. Les enquêteurs cherchent à déterminer son implication exacte dans cette série de sinistres survenue alors que le département connaissait un risque incendie particulièrement élevé. Sur le terrain, la logistique demeure un défi permanent. Malgré la disponibilité de la ressource en eau, son acheminement jusqu'aux zones de combat mobilise un important dispositif de porteurs d'eau, indispensable au ravitaillement continu des engins engagés face aux flammes.

 

A l’étranger

 

- Allemagne : plusieurs quartiers résidentiels de Berlin sont confrontés à une importante prolifération de chenilles processionnaires du chêne. Face à cette invasion, les autorités ont dû fermer plusieurs espaces verts et installations sportives, notamment dans l'arrondissement de Charlottenburg-Wilmersdorf. Le secteur de Jungfernheide est particulièrement touché. Les habitants décrivent une situation devenue difficile à vivre. Les chenilles et leurs nids sont présents sur les arbres, mais aussi sur les façades, les voitures, les encadrements de portes ou encore les lampadaires. Selon un élu local, certaines personnes âgées n'osent plus quitter leur domicile, tandis que de nombreux enfants souffrent d'irritations cutanées. Le danger provient des poils urticants des chenilles. Très fins et facilement transportés par le vent, ils contiennent une protéine allergène capable de provoquer de fortes démangeaisons, des éruptions cutanées, des conjonctivites et parfois des difficultés respiratoires. Munis de minuscules crochets, ces poils pénètrent facilement dans la peau ou les voies respiratoires. Autre difficulté, ces soies restent actives pendant de longs mois dans les anciens nids, même après la disparition des chenilles, ce qui prolonge le risque d'exposition. Face à cette situation, les riverains dénoncent une réponse insuffisante des autorités sanitaires et réclament des interventions plus rapides pour éliminer les foyers de contamination.

 

- Canada : les résultats de la saison de chasse 2025 sur l'île d'Anticosti confirment l'abondance exceptionnelle de la population de cerfs. Selon les données de la SÉPAQ-Anticosti, les quelque 3 850 chasseurs présents sur le territoire ont observé plus de 85 000 cerfs au cours de la saison, soit une moyenne de 42 animaux par chasseur, ou neuf cerfs par journée de chasse. Bien qu'un même animal ait pu être comptabilisé plusieurs fois, ces observations témoignent d'une très forte densité du cheptel. Les chasseurs ont prélevé 6 649 cerfs, pour un taux de réussite moyen de 1,83 cerf par chasseur, un résultat identique à la moyenne enregistrée sur l'ensemble de l'île. Les mâles représentent 61 % des animaux récoltés. La SÉPAQ, qui accueille près des trois quarts des chasseurs fréquentant Anticosti, concentre également près de 78 % des prélèvements réalisés sur l'île. Les différents types de forfaits proposés affichent des résultats comparables, avec un succès légèrement supérieur pour les séjours en plan européen avec guide. Les réservations pour la saison de chasse 2026 affichent déjà complet. L'île poursuit également son développement touristique avec ses auberges, tandis que le parc national d'Anticosti célébrera prochainement ses 25 ans, mettant en valeur un territoire réputé autant pour la richesse de sa faune que pour ses paysages et son patrimoine naturel.

 

- Colombie : un ocelot albinos... et déjà la déforestation désignée coupable ! La découverte du premier ocelot albinos jamais recensé constitue un événement scientifique exceptionnel. L'animal, recueilli il y a un an près d'Amalfi avant d'être étudié au Parc de conservation de Medellín, est aveugle et ne pourrait probablement pas survivre dans son milieu naturel. Des analyses génétiques ont confirmé qu'il s'agit d'un cas unique connu à ce jour. Jusque-là, les faits sont incontestables. En revanche, l'affirmation selon laquelle cet unique cas serait la conséquence directe de la déforestation mérite davantage de prudence. Les biologistes avancent que la fragmentation des forêts favoriserait l'isolement des populations d'ocelots, augmentant les risques de consanguinité et donc l'apparition de mutations génétiques récessives comme l'albinisme. Le raisonnement est scientifiquement plausible, mais il ne constitue pas une démonstration. Avec un seul individu observé dans le monde, établir un lien de causalité relève davantage de l'hypothèse que de la preuve. L'albinisme est une mutation génétique spontanée connue chez de très nombreuses espèces, y compris dans des populations parfaitement connectées et évoluant dans des habitats peu fragmentés. Pourtant, certains médias présentent déjà cette découverte comme une illustration directe des effets de la déforestation. Une conclusion pour le moins hâtive...

 

- Croatie : chaque année, le petit village de Cigoc voit revenir un spectacle devenu sa marque de fabrique : des dizaines de cigognes blanches quittent l'Afrique pour s'installer sur les toits des maisons et des granges. Leur nombre dépasse souvent celui des habitants, faisant de Cigoc le premier « village des cigognes » d'Europe depuis plus de trente ans. Situé au cœur du parc naturel de Lonjsko Polje, à 90 km de Zagreb, le village bénéficie d'un environnement exceptionnel. Cette vaste zone humide, riche de quelque 250 espèces d'oiseaux, offre aux cigognes une abondance de grenouilles, poissons, insectes et petits reptiles. Grâce à cette ressource alimentaire, les couples élèvent en moyenne trois à quatre poussins, un résultat bien supérieur à la moyenne européenne. À Cigoc, les oiseaux vivent en parfaite harmonie avec les habitants. Malgré le déclin démographique du village et l'abandon progressif de certaines terres agricoles, les nids sont soigneusement préservés. Les habitants considèrent les cigognes comme des voisines de longue date, présentes bien avant eux. Cette cohabitation exemplaire fait aujourd'hui de Cigoc un symbole de la coexistence réussie entre l'homme et la nature, où les traditions rurales contribuent encore à la préservation d'une espèce emblématique.

 

- Espagne : la CIC poursuit son développement en Europe avec l'adhésion officielle de trois communautés autonomes espagnoles : la Castille-et-León, l'Aragon et l'Estrémadure. Cette décision a été actée lors de la réunion du Comité exécutif organisée au monastère historique de San Pelayo. Ces trois régions figurent parmi les principaux territoires de chasse du pays et considèrent la gestion durable de la faune sauvage comme un levier essentiel pour préserver les habitats naturels, soutenir les économies rurales et assurer la conservation des espaces protégés. Leurs représentants, accompagnés de plusieurs responsables politiques régionaux, ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une chasse encadrée au service de la biodiversité. Le gouvernement espagnol a également marqué son soutien à cette adhésion. Ana Rodríguez Castaño, secrétaire générale aux Ressources agraires et à la Sécurité alimentaire, est intervenue au nom de l'État espagnol pour souligner l'importance de l'utilisation durable des ressources naturelles dans les politiques de conservation. Le président du CIC, Luis de la Peña, s'est félicité de cette arrivée, estimant qu'elle confirme une vision partagée selon laquelle la faune sauvage est mieux protégée lorsqu'elle possède une valeur écologique, économique et sociale reconnue par les territoires. Au-delà des adhésions, le Comité exécutif a consacré ses travaux à la gouvernance et aux orientations stratégiques de l'organisation. Les participants se sont également retrouvés autour d'un dîner consacré à la gastronomie du gibier, préparé par le chef espagnol Luis Lera. Cette rencontre a permis de mettre en avant les qualités nutritionnelles, culturelles et environnementales de la venaison, présentée comme une ressource alimentaire naturelle et durable, en cohérence avec l'approche « Une seule santé », qui relie la santé humaine, animale et environnementale.

 

- Kenya : une enquête a été ouverte après la découverte de 15 éléphants morts dans le parc national d'Amboseli. Les autorités de la faune sauvage cherchent à déterminer l'origine de cette mortalité inhabituelle, qui touche principalement des femelles accompagnées de leurs petits. Un seul mâle figure parmi les victimes. Selon le Service kenyan de la faune sauvage (KWS), dix pachydermes présentaient des signes de paralysie partielle avant de mourir en l'espace de deux jours. Les cinq autres carcasses ont été retrouvées plus tard, déjà partiellement consommées par des charognards. Les premières analyses réalisées par l'université de Nairobi ont mis en évidence la présence d'une « substance potentiellement toxique » dans les prélèvements effectués sur les animaux. En revanche, les examens conduits par le laboratoire gouvernemental n'ont détecté aucune des toxines habituellement recherchées. Les investigations se poursuivent avec des analyses complémentaires portant notamment sur les points d'eau et d'éventuels contaminants environnementaux. Le Kenya a déjà connu plusieurs épisodes d'empoisonnement d'éléphants, souvent liés au braconnage. Les autorités précisent toutefois qu'aucun élément ne laisse penser à un risque de transmission à l'homme.

 

- Ouganda : les autorités ougandaises ont lancé le transfert de 12 girafes de Nubie, une sous-espèce en danger critique d'extinction, du parc national des chutes Murchison vers la réserve naturelle d'Ajai, située à 106 kilomètres. Cette opération vise à créer une nouvelle population reproductrice afin de sécuriser l'avenir de l'espèce face aux menaces qui pèsent sur son habitat. L'Autorité ougandaise de la faune sauvage souligne que le parc de Murchison est confronté au développement des activités pétrolières, au changement climatique, à la prolifération d'espèces invasives et à la réduction des espaces naturels. La création d'un second noyau de population permettra de limiter les risques en cas de dégradation de l'habitat. Les girafes sont anesthésiées avant d'être transportées par remorque vers leur nouveau territoire. La réserve d'Ajai avait perdu ses grands mammifères dans les années 1980 en raison de l'insécurité et d'un braconnage intense. Aujourd'hui, cette réintroduction s'inscrit dans un vaste programme de restauration écologique qui concerne également les rhinocéros blancs du Sud, les buffles, les zèbres et les kobs de l'Ouganda.

 

- Portugal : la Mata Nacional do Bussaco, au cœur du Portugal, vient d'entrer dans un cercle particulièrement restreint. Cette forêt de 105 hectares a officiellement obtenu la certification internationale de forêt thérapeutique, devenant la première de la péninsule Ibérique à recevoir cette distinction. À ce jour, seules quatre forêts dans le monde bénéficient de ce label, les trois autres étant situées en Autriche et en Allemagne. Délivrée par le Healing Forest – International Certification Office, cette reconnaissance récompense plusieurs années de travaux destinés à adapter le site à un usage thérapeutique. La forêt de Bussaco, réputée pour sa remarquable richesse botanique avec près de 250 espèces d'arbres et d'arbustes, répond désormais à un cahier des charges particulièrement exigeant. Une forêt thérapeutique ne se résume pas à un espace boisé agréable à parcourir. Elle doit offrir un environnement favorable à des programmes de santé encadrés par des professionnels formés. Les critères de certification prennent en compte la qualité de l'air, le calme, la protection contre le vent et les nuisances sonores, la diversité des paysages, la présence de sentiers adaptés à différents publics ainsi que d'espaces dédiés à la relaxation et aux activités thérapeutiques. Selon les études scientifiques citées par les organismes de certification, ces environnements naturels favoriseraient une diminution du stress, de l'anxiété et de la pression artérielle, tout en améliorant les fonctions cognitives, le sommeil et certaines réponses immunitaires. Cette certification, valable jusqu'en 2031, conforte également l'ambition du Portugal de développer un tourisme de santé fondé sur la valorisation de son patrimoine forestier.

 

- Serbie : le pays fait face à son premier foyer de variole ovine et caprine de l'année 2026. La maladie a été détectée dans un élevage du village de Nosoljin, près de Raška, dans le sud-ouest. Après confirmation du virus par l'Institut vétérinaire spécialisé de Kraljevo, les autorités ont immédiatement appliqué les mesures sanitaires prévues. Au total, 127 animaux, dont 67 moutons et 60 agneaux, ont été euthanasiés afin d'éviter toute propagation de cette maladie virale très contagieuse. Selon le ministère serbe de l'Agriculture, la rapidité de l'intervention aurait permis de contenir le foyer. Le ministre Dragan Glamocic affirme que le virus aurait été introduit clandestinement depuis le Kosovo, où plusieurs cas avaient été signalés dès la fin du mois de mai. Aucune preuve n'a toutefois été rendue publique pour étayer cette hypothèse. La variole ovine et caprine touche exclusivement les petits ruminants domestiques. Elle se transmet par contact direct entre animaux ou par l'intermédiaire de matériels, véhicules, vêtements et chaussures contaminés. En revanche, elle ne présente aucun danger pour l'homme et n'affecte pas la consommation de viande ou de lait issus des circuits contrôlés. Les autorités appellent les éleveurs à renforcer les mesures de biosécurité et à signaler immédiatement tout cas suspect.

 

- Nouvelle-Zélande : endémique de la Nouvelle-Zélande, le kakapo (Strigops habroptilus) est l'un des oiseaux les plus extraordinaires de la planète. Ce perroquet nocturne est aussi le plus lourd du monde, certains mâles dépassant les 4 kg. Contrairement à la plupart de ses cousins, il est incapable de voler. Ses ailes lui servent seulement à ralentir sa chute lorsqu'il descend d'un arbre, tandis que ses puissantes pattes lui permettent de parcourir de longues distances au sol. Le kakapo possède un plumage vert tacheté de noir et de jaune qui le camoufle parfaitement dans la végétation. Son visage, rappelant celui d'une chouette, est entouré de plumes fines qui l'aident à s'orienter dans l'obscurité. Strictement herbivore, il se nourrit de feuilles, de fruits, de graines et de jeunes pousses. Sa reproduction est particulièrement singulière. Elle dépend des années de forte fructification de certains arbres indigènes, notamment le rimu, qui ne surviennent que tous les deux à quatre ans. Les mâles se rassemblent alors sur des sites de parade où ils creusent de petites cuvettes dans le sol. Pendant des semaines, ils émettent de puissants grondements graves, audibles à plusieurs kilomètres, afin d'attirer les femelles. Longtemps décimé par les prédateurs introduits par l'homme, comme les chats, les rats et les hermines, le kakapo a frôlé l'extinction. Grâce à un vaste programme de conservation, chaque individu est aujourd'hui identifié, suivi et protégé sur des îles exemptes de prédateurs. Bien que l'espèce reste en danger critique, les effectifs progressent lentement, faisant du kakapo l'un des plus remarquables exemples de sauvegarde d'un oiseau unique au monde.