La restauration des terres progresse à l’échelle mondiale, mais reste très en retard sur les engagements pris par les États. Selon le rapport 2026 de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), plus de 124,3 millions d’hectares font actuellement l’objet d’actions de restauration, de réhabilitation ou de gestion améliorée. Cette superficie équivaut à environ deux fois celle de la France, mais ne représente que 10,4 % des 1,2 milliard d’hectares que les pays se sont engagés à restaurer dans différents cadres internationaux.
Ces engagements sont notamment liés à la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, au Cadre mondial de Kunming-Montréal sur la biodiversité, à la lutte contre la désertification et aux politiques climatiques nationales. La plupart des échéances convergent vers 2030, mais le rythme actuel apparaît insuffisant pour atteindre ces objectifs. Les efforts sont très inégalement répartis. L’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne concentrent 80 % des superficies recensées. L’Asie de l’Est représente 38,8 millions d’hectares, notamment grâce à la restauration forestière, soit 35 % de ses engagements. L’Asie du Sud atteint 37,8 millions d’hectares, principalement grâce à des interventions agricoles et à l’amélioration de la productivité des terres, soit environ 40 % de ses objectifs. L’Afrique subsaharienne compte 23,3 millions d’hectares restaurés, mais ce chiffre ne représente que 5 % de ses ambitions, qui portent sur 480 millions d’hectares. L’UICN souligne toutefois que ces chiffres constituent probablement une estimation minimale. Certains projets de restauration ne sont pas encore intégrés aux systèmes internationaux de suivi, en raison de lacunes dans la collecte et la transmission des données. Le rapport insiste donc sur plusieurs priorités : renforcer les systèmes nationaux de suivi, harmoniser les méthodes de déclaration, améliorer le financement et la coordination institutionnelle. Pour l’UICN, l’enjeu n’est désormais plus seulement de multiplier les hectares annoncés, mais de mesurer précisément les superficies effectivement restaurées et leurs bénéfices pour les populations, les sols, la biodiversité et la résilience climatique.
Restauration des terres : 124 millions d’hectares engagés, mais seulement 10 % des objectifs atteints
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Restauration des terres : 124 millions d’hectares engagés, mais seulement 10 % des objectifs atteints