Après vingt ans de discussions au niveau européen et plus de 17 mois de négociations intensives, la FACE (Fédération des associations de chasse et de conservation de la faune sauvage de l’UE) estime que le projet final de restriction des munitions au plomb constitue désormais un compromis acceptable pour les chasseurs européens. L’organisation appelle à ne pas s’opposer au texte et à utiliser pleinement les sept années de transition prévues pour préparer le passage aux munitions sans plomb. La restriction européenne, actuellement examinée par le Parlement européen et le Conseil, a sensiblement évolué au fil des discussions. La principale avancée mise en avant par la FACE concerne la durée de transition accordée pour les cartouches à grenaille de plomb. Elle a été portée à sept ans, contre 18 mois initialement recommandés par le Comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques, puis trois ans dans la proposition de la Commission européenne. Autre évolution importante : les balles et autres projectiles sont désormais totalement exclus du champ de la restriction. Cette modification répond notamment aux difficultés techniques, à la disponibilité des alternatives et à certaines préoccupations liées aux munitions pour armes rayées. La FACE souligne également que les considérations liées à la défense européenne ont contribué à cette évolution du texte. L’organisation estime que sept ans constituent une période suffisante pour organiser la transition, à condition que celle-ci soit préparée dès maintenant. Elle s’appuie notamment sur l’expérience du Danemark, des Pays-Bas et de la Flandre, où l’abandon de la grenaille de plomb a déjà été engagé. Selon la FACE, ces expériences montrent qu’une transition peut être menée sans baisse du nombre de chasseurs ni des prélèvements. Les alternatives devraient être constituées à plus de 90 % de grenaille d’acier. La FACE souligne que les cartouches standard en acier sont déjà disponibles et que leurs prix sont comparables à ceux des cartouches au plomb. Reste un enjeu majeur : garantir qu’à l’issue des sept années, les chasseurs puissent trouver dans les armureries des munitions sans plomb adaptées à leurs armes et aux différents modes de chasse. La capacité de l’industrie européenne des munitions à assurer cet approvisionnement sera donc déterminante. Pour la FACE, une objection au texte présenterait davantage d’incertitudes que de garanties. Le Parlement européen et le Conseil ne peuvent en effet pas modifier ponctuellement la proposition : une objection entraînerait son rejet et son retour à la Commission européenne, qui pourrait alors élaborer un nouveau texte qui pourrait être moins favorable aux chasseurs.