Les plateformes de science participative, qui recueillent des millions de photographies d'observateurs bénévoles, reposent sur l'identification précise des espèces. Or les logiciels de retouche peuvent modifier, volontairement ou involontairement, des critères essentiels, conduisant à des erreurs d'identification. Les chercheurs citent ainsi le cas d'une photographie retouchée par une intelligence artificielle qui a transformé un oiseau commun du Brésil en une espèce nord-américaine jamais observée dans le pays. L'auteur de la photo ne cherchait pourtant pas à tromper les scientifiques : il souhaitait simplement améliorer l'esthétique de son cliché. Ces exemples illustrent une menace nouvelle. À mesure que les images générées ou modifiées par l'IA deviennent indiscernables de la réalité, elles risquent de fausser les connaissances scientifiques, de perturber les programmes de conservation et de brouiller la perception que le public se fait de la nature. Les chercheurs estiment qu'une réglementation internationale sera difficile à mettre en place rapidement et plaident avant tout pour une meilleure éducation aux médias numériques. Apprendre à questionner l'origine et l'authenticité des images est désormais indispensable afin que la fascination pour ces créations artificielles ne se fasse pas au détriment de la connaissance, de la science et de la protection de la biodiversité.
L'IA fabrique une fausse nature : les scientifiques tirent la sonnette d'alarme
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L'IA fabrique une fausse nature : les scientifiques tirent la sonnette d'alarme