Un parasite jusqu’ici jamais signalé en France vient d’être identifié dans le foie d’un daim en Sologne. Baptisé Fascioloides magna, ou « grande douve américaine », ce trématode — un ver plat parasite — peut atteindre environ 5 centimètres de longueur. Sa découverte par le réseau SAGIR, chargé de surveiller la santé de la faune sauvage, constitue un signal sanitaire important : les premières investigations suggèrent que le parasite pourrait déjà circuler parmi les cervidés de la région. Originaire d’Amérique du Nord, Fascioloides magna s’est implanté durablement dans plusieurs régions d’Europe, notamment en Italie et en Europe centrale. Son cycle de développement repose sur deux hôtes successifs. Les œufs éliminés dans les excréments des animaux infestés atteignent le milieu aquatique. Après éclosion, les larves infectent de petits gastéropodes d’eau douce, notamment certaines limnées, au sein desquels elles poursuivent leur développement. Des formes larvaires infectantes sont ensuite libérées dans l’environnement et peuvent être ingérées par des herbivores lors de leur alimentation. Les cervidés, en particulier le cerf élaphe, le daim et le chevreuil, constituent les principaux hôtes définitifs en Europe. Les zones humides — étangs, marais et berges — favorisent donc la transmission en réunissant mollusques, végétation et animaux fréquentant ces milieux. Chez les cervidés, les douves adultes vivent dans le foie et provoquent des lésions hépatiques d’intensité variable. Une infestation peut se traduire par une altération de l’état corporel, une croissance réduite et, indirectement, une dégradation des performances reproductrices ou de la qualité des bois. Les daims et les chevreuils figurent parmi les espèces particulièrement vulnérables. À l’inverse, chez certains autres hôtes, le parasite peut survivre sans parvenir à achever efficacement son cycle. Les ovins, les caprins et les mouflons sont particulièrement sensibles : chez ces animaux, l’infection peut entraîner des atteintes graves, voire la mort. D’autres mammifères peuvent être infestés, mais leur rôle dans le maintien du parasite varie selon leur sensibilité et leur capacité à contribuer à sa transmission. Le mode d’introduction en Sologne demeure inconnu. Aucun risque de transmission à l’être humain n’est actuellement reconnu pour ce parasite. Sa découverte justifie néanmoins une vigilance accrue. Le réseau SAGIR et ses partenaires renforcent les capacités de diagnostic afin de préciser son implantation, sa distribution et ses conséquences potentielles pour la faune sauvage et les élevages sensibles. (Photo OFB)