Sous présidence française, le G7 Environnement s’est réuni à Paris les 23 et 24 avril 2026, dans un contexte international marqué par la fragmentation géopolitique et l’intensification des crises écologiques. Accueillie notamment au Musée de l’Homme et prolongée par une séquence de terrain en Forêt de Fontainebleau, cette rencontre ministérielle visait à transformer un diagnostic désormais largement partagé en engagements opérationnels. Les travaux ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les écosystèmes : près d’un million d’espèces menacées d’extinction à l’échelle mondiale, disparition de plus de 85 % des zones humides, multiplication des épisodes extrêmes liés au dérèglement climatique.
Les tensions sur les ressources en eau et l’avancée de la désertification ont été identifiées comme des facteurs aggravants de vulnérabilité économique et de déstabilisation géopolitique. Les ministres ont structuré leurs échanges autour de cinq axes majeurs : le financement de la biodiversité ; la protection de l’océan ; la sécurisation des ressources en eau ; les liens entre désertification et sécurité ; la résilience des territoires et des infrastructures face aux risques naturels. Ces priorités s’inscrivent dans la continuité des engagements internationaux, mais avec une volonté affichée d’accélération et de mise en œuvre. L’un des résultats centraux du sommet est le lancement officiel de l’Alliance pour le financement de la nature et des peuples. Cette initiative vise à améliorer la coordination entre États, institutions financières, acteurs privés et philanthropiques. Elle prévoit notamment : une meilleure mobilisation des flux financiers existants ; le développement de mécanismes innovants (finance mixte, garanties publiques) ; l’identification et la réplication de projets à fort impact sur la biodiversité. Au-delà des annonces, la réunion a marqué une évolution notable : la reconnaissance explicite de l’environnement comme enjeu de souveraineté, de sécurité et de prospérité. La séquence organisée à Fontainebleau a illustré cette approche en mettant en avant des exemples concrets de gestion durable des écosystèmes forestiers. En conclusion, ce G7 Environnement 2026 n’a pas seulement confirmé l’urgence écologique ; il a cherché à structurer une réponse collective plus opérationnelle. Reste désormais à traduire ces engagements en actions mesurables, dans un contexte où la crédibilité de l’action multilatérale est elle-même mise à l’épreuve.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Au-delà de l’OFB, c’est plus largement la gestion étatique qui est visée, notamment sur les réserves et la réglementation, considérées comme inadaptées aux réalités locales. Les tensions, déjà perceptibles lors du centenaire de la fédération, se cristallisent aujourd’hui autour d’un sentiment d’abandon et d’incompréhension. À froid, le message reste inchangé : les acteurs ruraux entendent peser davantage dans les décisions qui concernent leurs territoires. (Photo FDC 09 : Jean-Luc Fernandez et le Préfet de l’Ariège, Hervé Brabant)
Au total, 47 piégeurs issus de 31 communes ont participé à cette mobilisation coordonnée, visant à limiter la prolifération de cette espèce invasive. Sur une période plus large, allant de mars 2025 à avril 2026, ce sont 1 053 ragondins qui ont été capturés sur le secteur. Cette pression de piégeage répond à des enjeux environnementaux importants. Le ragondin est connu pour dégrader les berges, fragiliser les ouvrages hydrauliques et perturber les écosystèmes aquatiques. Les actions menées permettent ainsi de préserver la qualité des milieux et de réduire les risques associés. Cette campagne record illustre la montée en puissance des dispositifs locaux de régulation, reposant en grande partie sur l’engagement des acteurs de terrain...
En France, environ 1 800 lieutenants de louveterie, bénévoles et nommés par les préfets, assurent des missions essentielles de régulation, notamment lors de battues administratives. Aujourd’hui, leur statut repose sur un cadre réglementaire jugé insuffisant au regard de l’évolution de leurs missions. Le texte propose donc de reconnaître juridiquement leur engagement bénévole, tout en leur apportant une protection renforcée dans l’exercice de leurs fonctions, comparable à celle des agents publics.
Il prévoit également une structuration plus claire des conditions de recrutement et l’instauration d’une formation initiale et continue obligatoire. La proposition de loi introduit par ailleurs des mesures concrètes pour faciliter l’exercice des missions : droit à autorisation d’absence, protection contre les sanctions professionnelles, conventions de disponibilité avec les employeurs. Elle vise aussi à corriger les inégalités territoriales en imposant une dotation minimale en équipements (tenues, matériel de vision, armement encadré), ainsi qu’une prise en charge des frais engagés lors des interventions, sans remettre en cause le caractère bénévole de la fonction. Enfin, le texte renforce la coordination locale en instaurant une réunion annuelle sous l’autorité du préfet, réunissant l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif affiché est clair : moderniser, sécuriser et reconnaître une mission de service public devenue stratégique face aux enjeux environnementaux et agricoles contemporains.
Malgré des prélèvements en hausse, les populations, notamment de sangliers, continuent de progresser. Sur le plan financier, les indicateurs restent pourtant au vert. Présenté par Hervé Lavenarde, le bilan au 30 juin 2025 affiche 4,026 millions d’euros de recettes pour 3,724 millions de dépenses, soit un excédent de plus de 300 000 euros, validé par le commissaire aux comptes. Une gestion maîtrisée, mais sous tension. Car sur le terrain, la situation se complique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 500 sangliers prélevés cette saison, sans pour autant enrayer la dynamique des populations. « Ce n’est pas suffisant », reconnaît Thomas Corvasce. Résultat : les dégâts agricoles atteignent 1,5 million d’euros. Un seuil critique. Jusqu’ici, le système reposait sur un principe simple : « qui profite paie », via le prix des bracelets. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Dans certaines zones, le coût par sanglier pouvait grimper jusqu’à 450 euros. Une charge devenue insupportable pour les chasseurs. À cette pression financière s’ajoute un rappel à l’ordre juridique. Des décisions de justice ont pointé des écarts jugés injustifiés entre territoires, obligeant la fédération à revoir sa copie. Face à cette double contrainte, un nouveau dispositif a été présenté...
Environ 4 000 kilomètres de clôtures sont recensés en Sologne. Celles installées entre 1993 et 2023 doivent être mises en conformité avant le 1er janvier 2027, tandis que les installations plus récentes doivent déjà respecter ces normes. À neuf mois de l’échéance, les autorités constatent encore des résistances. Plusieurs propriétaires invoquent les dérogations prévues par la loi, au nombre de dix, parfois de manière contestée. Les services de l’État ont déjà engagé des contrôles : une dizaine de procédures judiciaires ont été ouvertes et plusieurs procès-verbaux dressés. Les sanctions prévues sont importantes, pouvant aller jusqu’à 150 000 euros d’amende, trois ans d’emprisonnement et le retrait du permis de chasse. Au-delà des aspects réglementaires, la question de la gestion des populations animales constitue un enjeu majeur. L’ouverture progressive des enclos pourrait entraîner la libération d’animaux élevés pour la chasse, notamment des sangliers en forte densité. Des inquiétudes existent également concernant la présence d’espèces non indigènes, susceptibles de perturber les équilibres écologiques. Les autorités envisagent des opérations de recensement et des plans de gestion adaptés. Cette première réunion marque une étape dans la coordination entre acteurs publics et locaux. Elle intervient dans un contexte où l’application effective de la loi reste un défi, malgré une forte attente en matière de biodiversité, de sécurité et de préservation des paysages.
Dès l’entrée, le ton est donné : une chatte en céramique, familière de l’artiste, accueille les visiteurs comme un symbole de ce lien personnel. Très vite, le musée se transforme en un véritable théâtre vivant où se croisent peluches, animaux naturalisés, dessins, textes et installations. Sous l’impulsion de la directrice Alice Gandin et du commissaire Colin Lemoine, l’exposition explore la dimension animale de l’œuvre de Messager avec une grande fluidité, en dialogue constant avec les collections du musée. Le parcours, structuré comme un récit en seize chapitres, joue sur les contrastes. L’humour y est omniprésent : un teckel affublé d’un masque chirurgical, des armes en mousse glissées parmi de véritables fusils, ou encore des peluches malicieuses qui détournent les codes de la chasse. Mais derrière cette légèreté affleure une tonalité plus sombre.
Certaines œuvres dévoilent une violence symbolique, comme des peluches éventrées ou transformées, évoquant des souvenirs d’enfance, des peurs ou des fantasmes enfouis. Les animaux deviennent alors des figures ambivalentes, à la fois familières et troublantes. À travers eux, l’artiste interroge les projections humaines : tendresse, cruauté, domination ou identification. Expressions populaires, créatures hybrides et mises en scène décalées composent une sorte de langage poétique où l’animal reflète nos propres contradictions. La dernière partie de l’exposition accentue cette dimension intime. Corps, féminité et métamorphoses s’entrelacent dans des œuvres mêlant textiles et dessins. Une araignée faite de soutiens-gorge, des figures animales chargées de symboles ou encore des formes organiques évoquent une sensibilité à la fois fragile et puissante. Au final, Annette Messager signe une exposition captivante, où son bestiaire agit comme un miroir de l’âme humaine. Entre rêve et inquiétude, elle nous entraîne dans un monde où les frontières entre l’enfance, le corps et l’animal s’effacent, révélant toute la complexité de notre rapport au vivant. A voir, jusqu'au 20 septembre 2026.
Sans surprise, les conclusions, rendues le 17 avril, sont sans ambiguïté : aucun manquement, aucune irrégularité, tout a été fait « dans les règles ». Le dossier est classé sans suite. Circulez, il n’y a rien à voir ! Une issue qui risque de ne pas apaiser les tensions. Car au-delà du fond, c’est bien la méthode qui interroge : une enquête dite « impartiale » menée par l’administration elle-même. Pour ses détracteurs, cette séquence illustre un fonctionnement en vase clos des institutions, peu susceptible de répondre aux inquiétudes exprimées sur le terrain.
Elle doit être déposée auprès de la fédération départementale des chasseurs du lieu où se situe la parcelle endommagée, et les dégâts doivent dépasser un seuil minimal de 150 euros par exploitation et par campagne cynégétique. Le respect du calendrier est déterminant, tout comme l’obligation de ne pas récolter la parcelle avant le passage de l’expert. Le dossier doit également être complet, avec des justificatifs prouvant l’exploitation et la localisation des parcelles (documents cadastraux, déclarations agricoles, etc.). Le guide insiste sur les bonnes pratiques qui conditionnent le bon déroulement de la procédure. Il recommande de déclarer les dégâts dès leur apparition et d’évaluer les pertes avec le plus d’objectivité possible. Une surestimation importante peut entraîner des pénalités financières, allant jusqu’à la prise en charge totale ou partielle des frais d’expertise. L’agriculteur doit aussi être présent lors de la visite de l’estimateur, ou se faire représenter, et préparer en amont tous les documents nécessaires. En cas de désaccord, il conserve le droit de ne pas signer le constat, à condition de motiver sa position. L’outil met également en avant la simplification des démarches grâce à la télédéclaration, qui permet de suivre l’avancement du dossier et de transmettre les pièces justificatives en ligne, tout en maintenant la possibilité d’un format papier. Enfin, le guide précise les règles d’indemnisation. Celle-ci dépend de la réalité de la récolte, sauf destruction totale. Des cas particuliers, comme les vignes ou vergers replantés, peuvent donner lieu à des indemnisations pluriannuelles. Des abattements peuvent être appliqués, notamment en cas de responsabilité partielle de l’exploitant. Au final, ce guide se distingue par son pragmatisme : il ne se contente pas d’expliquer la règle, il cherche à sécuriser chaque étape pour éviter les litiges et garantir une indemnisation juste et rapide.
Or, certaines de ces zones ne répondent pas pleinement aux standards de conservation, ce qui alimente le débat : protéger sur le papier ne garantit pas une préservation effective de la biodiversité. À ces limites qualitatives s’ajoute un défi quantitatif majeur. L’objectif international issu du cadre de Kunming-Montréal, protéger 30 % des océans d’ici 2030, apparaît encore lointain. Pour l’atteindre, il faudrait classer une surface équivalente à celle de l’océan Indien en seulement quelques années, ce qui suppose une accélération sans précédent des politiques de conservation. Aujourd’hui, la protection se concentre principalement dans les eaux nationales, tandis que la haute mer reste très peu encadrée, malgré des avancées comme le traité sur la biodiversité en haute mer. C’est dans ce contexte exigeant que s’inscrit l’annonce du franchissement du seuil des 10 % d’océans protégés, rendue publique début avril 2026 par le centre de suivi du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Ce cap symbolique, atteint avec retard par rapport aux objectifs précédents, a été rendu possible grâce à l’intégration de nombreuses nouvelles aires marines, notamment en Asie et dans le Pacifique. Certaines initiatives d’envergure, comme la création de vastes réserves ou l’extension de zones existantes, ont contribué à cette progression. Si ce seuil constitue une étape importante, il ne doit pas masquer l’ampleur du chemin restant. Les progrès récents montrent qu’une dynamique est engagée, mais aussi que l’effort doit changer d’échelle et de nature. Plus que l’extension des surfaces, c’est désormais la qualité, la gestion effective et l’ambition des protections qui détermineront la capacité réelle à préserver les océans dans les années à venir.
Dans ce contexte, la question de la faune sauvage occupe une place centrale. Les populations animales sont directement affectées par la fragmentation des habitats, la disparition des corridors écologiques et la pression croissante exercée par l’homme. Certaines espèces déclinent fortement, tandis que d’autres modifient leurs comportements, leurs aires de répartition ou leurs cycles biologiques pour s’adapter aux nouvelles conditions. Les grands migrateurs, les espèces forestières ou encore la faune des zones humides sont particulièrement sensibles à ces transformations. À l’inverse, certaines espèces opportunistes, comme le sanglier ou le renard, s’adaptent à des environnements anthropisés, y compris en périphérie urbaine, illustrant les déséquilibres actuels. Ces évolutions soulignent la nécessité d’une gestion fine des populations et des habitats, fondée sur des données scientifiques et une approche globale des écosystèmes. La préservation de la biodiversité repose en grande partie sur la restauration des milieux naturels : reconstitution des zones humides, gestion durable des forêts, maintien des haies et des continuités écologiques. Ces actions favorisent non seulement la faune sauvage, mais aussi la résilience globale des territoires face aux changements climatiques. La santé des écosystèmes conditionne celle des espèces, mais aussi celle des activités humaines qui en dépendent, notamment en milieu rural. Cette journée mondiale souligne ainsi l’urgence d’engager des actions concrètes et coordonnées. Restaurer les équilibres écologiques, mieux intégrer les enjeux de biodiversité et repenser les modes de gestion des ressources apparaissent comme des leviers essentiels pour préserver durablement la Terre et l’ensemble du vivant.
Deux hypothèses principales ont été testées : d’une part, que les effets de l’ingénierie animale diffèrent selon les variables écologiques observées tout en conservant une certaine cohérence globale entre les taxons ; d’autre part, que la taille corporelle des animaux module ces effets sur les dimensions structurelles, fonctionnelles des écosystèmes.
Ce choix est loin d’être anodin : il reconnaît que les solutions ne peuvent être uniformes et qu’elles doivent émerger des réalités écologiques et humaines propres à chaque territoire. En ce sens, l’expérimentation de sites pilotes dès 2026 marque une volonté d’agir vite, mais aussi d’apprendre en marchant, en testant, ajustant et diffusant des méthodes reproductibles. Autre apport notable : la structuration progressive d’une coopération durable. En prévoyant des guides techniques et des points d’étape jusqu’au printemps 2027, l’accord ne se limite pas à une déclaration d’intention. Il s’inscrit dans une logique de résultats mesurables, avec l’ambition de transformer des pratiques de terrain et d’installer un dialogue continu entre acteurs. Cette orientation pragmatique, centrée sur l’efficacité, tranche avec des approches plus institutionnelles souvent éloignées des enjeux quotidiens. Enfin, l’accord porte une dimension symbolique forte : il entérine le passage d’une logique de confrontation à une logique de co-construction. En affirmant que l’équilibre forêt-gibier ne peut être atteint que collectivement, il repositionne les responsabilités et ouvre la voie à une gestion plus intégrée des écosystèmes. Reste cependant une légère impression d’inachevé. Si la méthode est pertinente et le cadre solide, l’ambition aurait pu aller plus loin : en intégrant plus explicitement d’autres acteurs du territoire, en fixant des objectifs chiffrés, ou en engageant dès à présent des leviers plus contraignants. L’initiative pose des bases utiles et originales, mais elle laisse entrevoir ce qu’elle aurait pu devenir avec un petit supplément d’audace... (Photo FNC : à gauche, Pascal Secula, président de la FDC 21 et trésorier délégataire de la FNC, et à droite Anne-Marie Bareau, présidente du CNPF)